Bon j'espère que vous avez aimé le rapprochement Peeta/Sakura je ne pouvais attendre plus de deux chapitres :) mais il faut bien commencer l'histoire !
Que va-t-il donc arriver à notre Sakura adorée ?
Et je remercie tout particulièrement Miss De Lune qui est ma bêta lectrice et qui retouchera tous mes chapitres ( je suis une calamité en conjugaison ^^). Alors on est tous très gentil et on va faire un tour sur son profil == u/3752897/Miss_De_Lune
Enclenchement
Un ange passait. Les pacificateurs pouvaient être partis depuis dix minutes ou deux heures, cela n'aurait fait aucune différence. Ma taille était endolorie et je sentais qu'on me poussait. Je ne me débattais pas et tout se passait comme dans un rêve. Je sentis l'air frais me fouetter le visage et je repris peu à peu contenance. Je regardais alors vraiment autour de moi, j'étais sur une pelouse assez sauvage, des fleurs et des mauvaises herbes s'entrelaçaient. Peeta m'aida à m'assoir sur une chaise de jardin et Haymitch se laissa tomber en face de moi. Peeta resta debout.
« Que vient-il juste de se passer ? » articulais-je avec difficulté.
Haymitch soupira.
« Tu es comme moi. Un aimant à emmerdes. »
Je sursautais.
« Tu ne viens pas d'ici. Ça se voit et ça dérange. Et tu as l'âge pour être fauchée durant la Moisson. Et ils seraient capables de truquer le tirage juste pour faire un exemple. Les gens qui dérangent, s'acoquinant avec des gens qui dérangent.. Tu vois le tableau. »
Je soupirai à mon tour. « Pas vraiment, non. Je ne comprends rien à cette société, qu'est-ce qui ne va pas chez eux ? » Je me rappelais soudain de Peeta à mes côtés.
Il ne sourcilla presque pas, se contentant d'avoir l'air renfrogné. Haymitch me regardait avec un air vide. Peeta prit alors la parole.
« Je ne vais pas vous causer de problèmes. Si j'avais voulu, je ne serais pas resté. Je ne sais pas ce qui se passe ici, mais je ne laisse jamais personne sans défense, surtout dans l'état dans laquelle je l'ai trouvée hier. »
« Oh le joli prince charmant. Faudrait arrêter l'image 'preux chevalier' car tu auras bientôt toi aussi des ennuis. Les Pacificateurs ne sont pas aveugles, ils t'ont vu ici et surtout soutenir Sakura. Et ça tu vas le payer. » dit Haymitch avec une pointe de remord dans la voix.
Tiens il éprouve des remords maintenant, un peu tard tonton…
Je m'asseyai avec un peu plus de prestance sur la chaise. Je triturais le bout de ma tresse, essayant de reprendre contenance.
« Mais je ne peux pas être sélectionnée. Si je comprends bien, je vais être inscrite sur la liste, mais il y a plein de jeunes filles de 12 à 18 ans. Je pourrais très bien passer à travers. »
« Oh mais ce n'est pas que tu sois choisie qui m'effraie, enfin ils peuvent très bien truquer le choix, mais ta capacité à toujours vouloir sauver la femme et l'orphelin. Je me rappelle de ta sale capacité à fouiner dans les affaires des autres. »
Je fis la moue. Il avait raison, le nombre de fois où j'avais mis mes amis en danger pour sauver un parfait inconnu ou pour protéger le plus de gens possible. Je n'avais jamais compris l'adage qui voulait qu'en guerre on puisse devenir un monstre pour sauver le plus grand nombre. Même, s'il le fallait, tuer de notre propre main nos alliés. Un raisonnement peut-être enfantin mais il me paraissait juste.
« Ce n'est pas de ma faute pour l'instant. J'essaierais de rester loin des gens, pas de contacts, moins de bourdes possibles, ça te va ? » Dis-je.
Haymitch hocha simplement la tête. Il ne semblait pas convaincu mais peut-être y avait-il une chance de passer au travers des filets. Peeta était resté silencieux. Je me tournais vers lui.
« Tu sais, je pense que tu devrais rentrer, on t'a assez causé de problèmes comme ça. »
« Ne t'inquiètes pas pour moi, je ne serais pas là si j'avais peur des Pacificateurs . Ces gens me dégoûtent. Et tu as bien raison pour notre société, elle est infernale. Si tu as eu la chance de connaitre autre chose, tu es sûrement la personne la plus chanceuse de ce district. » Me dit-il en souriant doucement.
Je rougis légèrement.
« Oui, j'ai connu autre chose comme tu dis. Mais la cruauté humaine n'a pas de limites. Ce stade revient toujours dans l'histoire. Et comme d'habitude, je suis au mauvais moment au mauvais endroit » soupirais-je. Je rejetai ma tête en arrière, profitant du soleil sur ma peau. Mes yeux se fermaient et je commençais à ressentir le manque de sommeil mon corps toute entier réclamait du repos.
« Je pense que tu es trop fatiguée pour continuer à parler » dit Peeta. « Va donc te reposer, je vais essayer de savoir un peu plus ce qui se trame dans le district sur ton cas. Les Pacificateurs ne sont jamais très discrets quand ils parlent. »
J'ouvrais les yeux pour répondre à Peeta quand je vis Haymitch juste au-dessus de moi avec ces yeux cernés comme s'il avait eu deux yeux aux beurres noirs.
« Putain ! » Je perdis l'équilibre sur lequel je me balançais avec ma chaise et tombai en arrière. L'atterrissage sur le sol couvert d'herbe fut assez doux mais mon cœur battait la chamade. Je me relevais sur un coude.
« Non mais ça va pas ? Vous trouvez ça drôle ? Je ne vous ai même pas entendu approcher ! » grommelai-je en me relevant tant bien que mal tandis que Peeta m'aidait à me relever en me soutenant par le coude.
Haymitch rigolait tout seul avant de commencer à s'étouffer légèrement.
« Bon c'est pas le tout mais j'ai soif moi ! » et il retourna à l'intérieur chercher une de ces précieuses bouteilles.
Peeta leva les yeux au ciel et le suivit en me trainant derrière lui, un sourire moqueur aux lèvre. Je décidai de bouder. Ça je pouvais encore le faire sans trop de mal.
On prenait le couloir de tout à l'heure et Peeta ouvrit une porte donnant sur une chambre très simple, un lit, une armoire et une sorte de fauteuil rembourré près de la fenêtre. Elle donnait sur le jardin. Il me dirigeait vers le lit et je m'asseyais dessus, l'épuisement me gagnant. Trop d'émotions en 24h.
« Tu sais, si ma mère n'était pas quelqu'un d'effroyable, je t'aurais bien proposé de rester chez moi. Je n'ai pas confiance en cet ivrogne. »
Je souriais, lasse.
« Ne t'inquiètes pas, je sais me défendre. Ça ne se voit pas là tout de suite, j'avoue, mais tu ferais mieux de ne pas m'énerver » Je baissais les yeux sur mon corps, frêle et mal nourri. Je devrais remédier à ça après avoir dormi.
Je m'allongeai, me mis sous les draps frais mais quand même assez poussiéreux, et enlevai la robe par-dessus la tête, la lançant sur le fauteuil. Ma tête se posa sur l'oreiller et je fermai les yeux. J'entendis Peeta remettre la robe en place dans un froissement de tissu et je sentis qu'il remettait la couverture la couverture sur moi avant de sombrer dans un sommeil sans rêve.
….
Hum, que je me sens bien …. Ces draps avaient une odeur incroyable. De la cannelle peut être. Ils étaient chaud et moelleux. Comme si on les avait mis au soleil. Pourtant lit n'était pas sous la lumière de la fenêtre, bizarre. Surement ma propre chaleur corporelle. Je remuais un peu et me mis sur le coté. Mes jambes sur le côtébuttèrent contre quelque chose posé sur le lit. Je forçais un peu et la chose remua.
Qu'est ce que …
J'ouvris de grand yeux sur Peeta, allongé à côté de moi sur les draps, et il tourna la tête vers moi.
Je retins mon souffle.
« Explications. Maintenant. »
Il se frotta les yeux.
« Je suis désolé si je t'ai fait peur. Je t'ai bordée et je me suis assis dans le fauteuil le temps que tu t'endormes. Tu as commencé à t'agiter dans ton sommeil alors je me suis assis sur le lit et je t'ai caressé les cheveux. Et je crois que je me suis endormi. Je ne suis pas un pervers ! »
Je le regardais fixement durant un moment, me demandant si je devais crier et mordre ou laisser couler. Il m'avait sauvé la vie, tout de même. Et puis il ne me semblait pas bizarre .
« Ok je te crois. Mais j'ai raté un battement là je crois. Je ne t'attendais pas là » dis-je en riant doucement. « Et Haymitch ? Il ne s'est pas demandé pourquoi tu étais toujours là ? »
« Je crois qu'il s'est affalé dans le canapé, le coma le guettant. C'est Haymitch. On est habitué à ses beuveries. »
Il se tourna vers moi, appuyé sur son avant bras. J'étais allongée sur le flanc, face à lui, à une trentaine de centimètres. J'avais les yeux endormis, les cheveux tressés mais légèrement détachés et j'étais en sous-vêtement. Attendez quoi ?
Je collai la couverture sur moi, bien serrée, comme un saucisson, mode protection.
Il rougit voyant que je me rendais compte de ma tenue légère, même s'il ne voyait rien.
« Je ne veux pas te rendre mal à l'aise. Je n'allais pas… enfin je n'ai pas… Les couvertures sont restées là où elles devaient être, quoi. » Il se gratta l'arrière de la tête, ses yeux ne sachant plus où se poser.
Je tendais ma main timidement et j'accrochais un pan de sa chemise. Je commençai à remuer le tissu entre mes mains d'un air absent. Mes yeux se fixaient sur une imperfection du mur, derrière Peeta.
« Tu sais Peeta, tu es la chose la plus réelle qui me soit arriver depuis 24h. Ou des années. Cela pourrait faire des siècles que je ne m'en rendrais pas compte. J'ai l'impression d'être Alice au pays des merveilles. » Ma voix devenait plus étouffée.
Il posa sa main libre sur ma tête et fit de petits cercles, de manière presque imperceptible.
« Tu connais ce livre ? » repris-je. Dans la périphérie de mon regard, j'aperçus son hochement de tête.
« Ouais, il était dans notre petite bibliothèque. On l'a étudié à l'école. Ça a été écrit il y a tellement longtemps. Avant la Révolution. Cela me semblait si irréel. Surtout ici dans le district Douze. Rêver est presque un luxe et je n'ai pas à me plaindre pourtant. » dit-il avec une sorte d'amertume dans la voix.
« C'est bien que ce livre ne se soit pas perdu… Tu vois, j'ai l'impression qu'on joue avec moi, comme Alice. On fait ce qu'on veut de moi, on m'envoie dans un monde aux règles incongrues et aux gens bizarres. Je suis là, à essayer de passer inaperçue mais c'est comme si on m'avait agrandie et que je faisais 3 mètres de haut. Je suis une erreur tu comprend ? Une putain d'erreur qui ne devrait pas être ici… » ma voix devenait tremblante.
« Non ne dit pas ça tout va-»
Je le coupais vivement, presque hargneusement.
« Rien ne va s'arranger Peeta. C'est un putain de cauchemar ambulant. Je devrais être morte, complétement refroidie ! » Je m'assis vivement sur le lit, retenant toujours les draps sur mon torse. « Je ne suis pas d'ici et je ne le veux pas. J' ai trop donné. Trop perdu. Tout est mort, anéanti, retourné aux cendres depuis longtemps. Pourquoi n'ai-je pas droit moi aussi à ce repos ? Pourquoi ? » Les larmes avaient envahi mes yeux. J'étais si en colère. Contre qui ? Je ne le savais pas. Je voulais juste que cela s'arrête. Juste, comme on éteint un interrupteur, j'avais perdu toute cette joie de vivre qui me caractérisait. J'avais tellement souffert, j'en avais assez.
« Je veux juste les … les retrouver. Rentrer à la maison… » Une larme roula sur ma joue et je baissais les yeux sur la couverture. Elle commençait à être parsemée de tâches sombres, résultat de mes pleurs. Je sentis la main de Peeta quitter ma tête et se poser sur ma joue. Il essuya ma larme. Le plat de sa main, qui dégageait une chaleur apaisante, me fit appuyer mon visage sur elle. Je levai les yeux sur Peeta et je le vis alors tout proche de moi. Mon cœur rata un battement et je retins ma respiration. Comme si ce moment avait été figé dans le temps. Ma vision obscurcie par le chagrin ne me laissa pas le temps de comprendre ce qui m'arrivait. Le moment d'après, les lèvres de Peeta rencontraient les miennes. Un baiser doux, réconfortant, peiné aussi. Ses lèvres pleines et chaudes représentaient le contact humain, une chose réelle à laquelle j'avais désespérément besoin de me raccrocher. Je répondis alors à cette marque d'affection : mes lèvres se mouvaient sous les siennes et j'entrouvris légèrement la bouche. Sa langue s'insinua, comprenant l'invitation. Je jouais avec lui mettant ma main derrière sa tête, approfondissant le baiser. Juste embrasser, le mouvement des langues, une sensation de chaleur qui se repend, un moment durant lequel notre cerveau est absent. Je me raccrochais à ce moment comme ma bouée de sauvetage.
Il passa le bras autour de ma taille. J'ouvris alors les yeux et je le vis qui me fixais. J'esquissais un sourire, refermant doucement la bouche et lui posant un dernier baiser sur les lèvres. Je m'écartais légèrement, repoussant gentiment son bras.
« Écoute… ce n'est pas contre toi mais on ne se connaît pas. Je n'aurais pas dû faire ça mais.. Je te remercie… Tu as su ce qui me fallait au bon moment. Mais je ne veux pas te donner de fausses impressions. » Je resserrai les draps autour de moi.
Il secoua la tête. « Je ne voulais pas aller plus loin. Enfin ce n'est pas que je ne te trouve pas attirante , loin de là. Enfin, ce que je veux dire, et avec beaucoup de mal, c'est que ce baiser était …. Waouh ! » Je souris alors. Je me redressais pour m'asseoir contre la bordure du lit.
« J'ai trouvé aussi. Tu te débrouilles bien. » dis-je avec un clin d'œil. « Et tu as su m'écouter. C'est une qualité rare de nos jours tu sais ? Et pourtant tu ne connais rien de moi. Tu dois me prendre une fêlée du genre d'Haymitch. »
« Mais pas du tout. Ça se voit que tu as vécu des choses plus que difficiles. D'où que tu viennes, c'est traumatisant. Et je ne suis pas là pour juger, surtout en ne connaissant rien d'autre que ton nom. C'est ton vrai nom au moins ? » dit-il avec une pointe de curiosité.
Voilà le moment redouté, les questions… L'important , rester vague on ne sait jamais. Je ne connais rien de ce futur et ce qu'on a fait aux miens. Et surtout ce que Peeta sait…
« Oui je m'appelle Sakura Kinomoto. »
« Et ? » dit-il avec un air taquin. Je lui souris et lui donnai une tape dans l'épaule.
« Ne vois-tu pas que je suis dans un état émotionnel fragile ? » dis-je en levant le menton, faisant mine de bouder.
« Et tu as donc bientôt 18 ans ? Nous avons donc le même âge ! » Je grimaçai alors.
« Ben quoi ? » dit-il
« Eh bien, nous sommes en l'an 2087 suivant le calendrier pré-révolution comme tu m'as dit. Et si je te disais que je suis née en l'année 1995 , qu'est-ce que tu en dirais ? »
Il resta interdit mais de toutes les réactions inimaginables , il fit celle à laquelle je n'avais même pas penser.
« Ta crème anti-rides est vachement bien. Ma mère adorait connaître ton secret mais ne lui donnes pas, c'est une sorcière. »
Je ris. Je ris si fort et franchement que je me demandais si ce n'était pas nerveux. Il venait d'apprendre que j'avais plus de 80 ans dans son monde mais il s'en fichait. Ce garçon était une perle de fraîcheur.
« Promis ! » dis-je essayant de réfréner mon fou rire.
« Tu sais, Sakura, c'est la première fois que je vois tes yeux verts pétiller comme ça. Tu as l'air d'avoir une nature bien heureuse, alors ne gâches pas ça d'accord ? »
Il était perspicace. Il faisait plus mature que son âge. Ironique.
« Promis, Peeta. Je ne l'oublierais plus. »
