Auteur de la fic : Sushi

Genre : Sérieuse

Rating : G

Disclaimer : les personnages de Full metal alchemist ne m'appartiennent pas mais sont la propriété d'Hiromu Arakawa sauf Nathan Hokart et Anna et je n'ai pas un sous pour écrire cette fic…

Note de l'auteur : Salutationnnnnnn ! Bon voilà 4ème chap ! Que dire de plus ? Bha rien lol… Si j'ai vu pirates des caraïbes 2 mercredi et j'ai passé un bon moment au cinéma. Et du coup mercredi j'ai pas écris… Journée de repos en somme XD. Enfin bref, a propos d'After Brothers je suis plutôt sadique avec nos fréros préférés non ? lol Mais bon faut ce qu'il faut ! Le chapitre d'avant était assez léger, avec beaucoup d'humour (enfin je pense.) Mais celui-ci est un chouilla moins marrant. Nos chers Elric ne sont pas au bout de leur peine, Nathan non plu mais je n'en dis pas plus…Bonne lecture au prochain chapitre ! (Et non pas d'illustration d'Edo nu …. XD perverse va lolololololol … bon on verra peut être un jours :p )

After Brothers

Chapitre 4 : Rêve

Edward et son frère marchaient d'un bon pas dans les rues de Dublith. Le soleil était au beau fixe, cela faisait une semaine que la deuxième crise de fièvre s'était produite et le jeune alchimiste semblait être en pleine forme depuis…Bref tout semblait aller bien…Mais pourtant ce dernier affichait une expression irritée.

-« Ni-san ! Faut pas le prendre mal ! » Tenta de raisonner Alphonse essayant de ne pas se faire distancer par son grand frère.

Edward marchait à une cadence infernale du fait qu'intérieurement il bouillait, il ne répliqua pas à son cadet, le regard doré flamboyant braqué devant lui.

« Ni-sannnn ? » Se plaignit Al.

-« …Heu…Les gosses….Vous pouvez pas ralentir un chouilla ? C'est que… suis plus aussi endurant moi ? » Gémit Havoc le souffle court et crachant pratiquement ses tripes.

-« Vous avez qu'a rentrer! » Lança d'un ton acide le blond. « On n'a pas besoin d'escorte ! »

-« ….C…C'est les ordres….du….Généralissime… j'ai….Pas l'choix… » Répliqua le lieutenant tentant de retrouver son peu de souffle avec ses mauvaises habitudes de fumeur.

Ed fit une moue, plus furax que jamais.

-« …. Putain Mustang … il ne perds rien pour attendre… » Marmonna-t-il de mauvaise humeur.

-« Mais voyons c'est juste au cas où tu as de nouveau… » Tenta de raisonner à nouveau Alphonse.

-« JE SUIS PAS IMPOTANT ! » Coupa net Edward.

-« Mais bien sûr on n'a jamais dit ça voyons ! »

-« Alors pas besoin de garde du corps ! »

-« Si je rentre le généralissime va me faire ma fête donc que cela te plaise ou non je te suis, c'est comme ça !»

Edward grommela de plus belle mais abandonna l'idée de se débarrasser de ce militaire coller à ses basques.

Pour le moment il avait une chose urgente à faire et pas toute la journée devant lui pour l'accomplir.

Aujourd'hui était un jour assez spécial, c'était l'anniversaire d'un évènement pas très joyeux, celle de la mort de leur senseï Izumi Curtis. Et ils se rendaient tout deux vers la boucherie tenu encore par le mari de leur maître en alchimie.

-« On aurait peut être dû acheter quelques fleurs non ? » S'exclama Alphonse quand justement ils passèrent tout près d'un fleuriste.

Edward visa la boutique et s'immobilisa.

-« Hm…. » Il passa sa main dans ses mèches blondes. « Mouais… C'est vrai que… Pas tort ! »

-« Je m'en occupe ! » Proposa le cadet avec un petit sourire.

-« Après tout si tu veux. » Il n'y connaissait rien en fleurs et n'avait pas la même sensibilité que son frérot pour ces choses-là.

Aussi il le laissa entrer pour choisir et acheter les fleurs et l'attendit en compagnie du lieutenant devant la boutique.

Appuyé contre un poteau il jeta un long regard à ce dernier tout à son occupation d'allumer sa énième cigarette de la matinée.

« Hm…Dites-moi Lieutenant…. »

La clope au bec il posa son regard bleu sur le jeune blond.

-« Mouais ? »

-« Hm…Est-ce qu'à votre idée… Il existe à central des archives relatant des phénomènes similaires a ce…Qui m'est arrivé dernièrement ? »

Havoc laissa échapper un long nuage de nicotine vers le ciel.

-« A propos de la fièvre et le fait de perdre la boule ? »

-« Je ne perds pas la boule ! » Lança Edward un chouilla vexé.

-« Hm… J'en sais trop rien ! Peut-être ! Tu sais moi les bouquins… » Laissa-t-il entendre.

Edward haussa un sourcil.

-« Ouais je vois… » Répliqua-t-il d'un ton plein de sous entendus.

-« ….Suis pas un inculte ! Juste que lire ce n'est pas trop mon truc. »

Le blondinet afficha un petit sourire narquois.

-« Mais je n'ai rien dit de tel ! »

-« Voilà ! » Alphonse coupa net cette discussion, sortant de la boutique avec un magnifique bouquet composé de Tulipes et de mimosa. « Il est magnifique non ? La fleuriste m'a un peu aidé grâce au langage des fleurs… Les tulipes veulent dire d'après elle que la personne est admirable et le mimosa symbolise une grande délicatesse. »

-« ….. Tu es sûr que c'est pour Senseï Izumi ce bouquet ? »

-« Bha oui pourquoi ? »

Edward afficha une grimace.

-« Je me souviens pas d'une grande délicatesse chez elle moi, c'était plutôt le contraire. »

-« Si t'es pas content fallait y aller toi-même. » Répliqua le cadet un peu irrité.

-« Bon ça va ! J'ai rien dit ! Pas la peine de te fâcher pour ça ! Il est bien ton bouquet…Puis c'est que des fleurs… » Il soupira. « Bon allons-y… Pas envie de prendre racine ici. » Les mains dans les poches il tourna les talons et reprit la route vers la boucherie.

Quelques heures plus tard, ils étaient devant la pierre tombale portant le nom de leur maître et en compagnie de son mari Sig Curtis.

Alphonse s'avança avec le bouquet et doucement le déposa devant la stèle.

-« Maître…. » Prononça-t-il d'une voix un peu vibrante d'émotion. « Nous sommes venu vous saluer. »

Edward se tenait un peu en retrait, ses mains toujours enfoncées dans les poches de son étroit pantalon noir. Les yeux dorés braqués sur la tombe mais demeurant silencieux et un peu renfrogné.

Il ne décrocha pas un mot durant toute cette petite cérémonie, pas même de retour dans la boutique autour d'une tasse de café en compagnie de l'imposant veuf.

Il serra néanmoins la grande main de ce dernier avant de quitter la maison et repartir.

Durant le trajet Edward marchait devant, Alphonse et Havoc légèrement en arrière. Le jeune Elric ne quittait pas son aîné du regard. Finalement n'y tenant plus il se lança :

-« Ni-san ? »

-« Hm ? » Edward continua sa marche sans se retourner.

-« Tu aurais pu dire quelque chose tout à l'heure devant la tombe…. »

Un grand silence accompagna cette remarque.

« Puis aussi à monsieur Curtis… Ca lui aurait fait certainement plaisir. »

-« Et pour dire quoi ? »

-« Hein ?...Bha j'en sais rien… Quelque chose n'importe quoi… »

Edward s'immobilisa brusquement, surprenant son frère.

-« Hm du genre…. Heu salut m'sieur Curtis ! Suis navré pour notre maître c'est moche ce qui lui est arrivé…. Mourir si jeune et après tant d'années à souffrir, toutes mes sincères condoléances un peu en retard mais cela tient au fait que je suis resté bloqué dans l'autre monde car j'ai fais la plus grosse connerie de ma vie… la connerie que justement notre maître voulait nous faire sortir de nos petits crânes mais voilà on a rien pigé à ce moment-là…. Toutes nos excuses…. » Il marqua une courte pause. « Franchement Al… Tu crois que ce genre de baratin aurait été de circonstance ? »

-« …Non bien sûr… Mais au moins un petit mot… Enfin… »

Edward reprit sa marche.

-« Tu sais parfois… Un silence vaut tous les mots du monde…Al… »

Que pouvait-il répondre à ça ? Alphonse baissa légèrement la tête et n'ajouta plus rien.

Ils marchaient sur le petit chemin de terre menant à travers champs vers la petite maison, en silence, tout semblait paisible…Oui, tout semblait normal…. Mais à nouveau….

-« NI-SAN ? » Alphonse se précipita vers Edward qui venait de s'écrouler au sol.

Havoc s'empressa de venir à son aide, et en même temps que le cadet réalisa qu'a nouveau le blond était pris d'une forte fièvre.

Le lieutenant le souleva et le porta le reste du chemin dans ses bras, Alphonse inquiet sur les talons.

Il fut vite allongé dans son lit, Alphonse refusa avec obstination de quitter son chevet.

« NON ! JE VEUX RESTER AUPRES DE LUI ! » Puis plus calmement. « Laissez-moi pour le moment être à ses côtés….Je ne ferais pas comme ces quatre jours c'est promis, j'irais me reposer… » Il posa un regard suppliant à Mustang et à Riza présents dans la chambre.

-« Très bien ! » Capitula le généralissime. « Mais…Je reste également. » Et saisit une chaise pour s'y installer.

Alphonse n'accorda plus d'attention au reste, seul son frère comptait. Il se pencha vers lui, essuya la sueur de son visage avec un linge humide, reprenant les mêmes gestes que les deux autres fois.

-« Ni-san ? » Appela-t-il doucement, ignorant si sous cette fièvre et en proie à ce sommeil agité il pouvait l'entendre. « Ni-san ?... Tiens le coup… » Ses mots étaient presque comme une prière.

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Ce matin-là, Nathan se leva particulièrement tôt, Anna dormait encore quand il quitta l'appartement. Une heure bien matinale pour sortir ainsi, bien trop tôt pour aller travailler… mais d'ailleurs il ne prenait même pas la direction. Il marchait d'un bon pas dans cette rue sous cette légère brume froide. Après avoir remonté toute la ruelle, il s'immobilisa finalement devant un bâtiment, pendant un moment il contempla l'édifice portant le drapeau anglais. Après de longues minutes d'hésitation, il gravit les marches et puis poussa la porte, disparaissant derrière celle-ci.

Anna s'éveilla doucement et tourna son regard vers la petite pendule qui trônait sur la table de chevet.

Huit heures tapantes… Elle se redressa doucement et rejeta la couverture. Aussitôt elle frissonna, l'air était vraiment frais et humide ce matin.

Elle enfila rapidement son épaisse robe de chambre et glissa ses pieds nus dans ses vieux chaussons.

C'est alors qu'une odeur de café vint lui chatouiller le nez, elle se tourna lentement vers la porte un peu surprise, car d'habitude c'était elle qui préparait le petit déjeuner. Cette bonne odeur flottant dans l'air indiquait qu'il s'était levé très tôt ce matin.

Elle quitta sa chambre et le trouva effectivement assis à table tout habillé.

-« Nathan ? »

Ce dernier tourna son visage souriant vers elle.

-« Bonjour Anna, bien dormi ? »

-« Heu oui… merci. » Elle resserra les pans de sa lourde robe de chambre en laine.

Il se leva en galant homme et lui présenta une chaise.

-« J'ai pour une fois préparé le petit déjeuner, venez donc manger. »

Toujours autant intriguée, elle s'avança et s'installa à table.

Une fois la jeune fille assise, il fit le service, versa le café dans le bol et déposa un pain frais qu'il avait acheté ce matin même à son retour.

Elle le remercia d'un petit sourire, puis entreprit de mettre un fond de confiture sur la tranche de pain.

Nathan reprit place en face d'elle et finit tranquillement le fond de café qui restait dans son bol.

Anna commença à déjeuner tranquillement, mais de temps en temps jetait des petits coups d'œil discrets vers lui.

Pourquoi était-il déjà debout ? Puis… Elle s'arrêta de manger consultant la pendule avec stupeur.

-« Nathan ? Vous êtes en retard pour aller travailler ! » S'exclama-t-elle avec effroi.

-« Je ne travaille pas aujourd'hui. » Répliqua-t-il doucement sans la regarder.

-« Vraiment ? Vous avez pris une journée de repos ? » S'étonna Anna.

L'alchimiste demeura un moment silencieux.

-« Non… En réalité… J'ai donné ma démission. »

Anna lâcha sa tartine et écarquilla les yeux.

-« Démissionné ? Mais… ? Pourquoi ? »

A nouveau un profond silence accueillit sa question, seul le léger bruit rythmé de l'horloge le troubla.

Finalement Nathan se cala au fond de sa chaise et lentement posa un long regard sur elle, il n'avait plus ce sourire chaleureux, mais un air grave et triste.

Doucement il poussa une enveloppe devant elle, Anna abaissa son regard et d'une main hésitante elle l'a saisit. D'un geste incertain, elle l'ouvrit et retira une liasse de billets. Face à tant d'argent elle afficha clairement sa surprise.

« Mais….C'est beaucoup d'argent ! Comment ?... » Elle leva un regard d'incompréhension vers lui. « Comment avez-vous gagné autant d'argent ? »

-« Avec ceci il sera facile de partir aux Etats-Unis. » Expliqua-t-il calmement. « Vous pourrez prendre le prochain bateau. »

Quelque chose l'avertissait que cette nouvelle en cachait une autre bien moins agréable.

-« Nous… N'est ce pas ?... Nous pourrons prendre le bateau pour l'Amérique… c'est bien ce qu'on avait décidé n'est ce pas ? » Insista-t-elle avec un petit sourire crispé.

Nathan baissa les yeux.

-« Anna… Je… Je ne pars pas avec vous… » Annonça-t-il lentement.

Le sourire de la jeune femme s'évanouit aussitôt.

-« Pourquoi ? » Demanda-t-elle blême et légèrement tremblante.

-« Car… Je pars… Pour la France….Demain… »

La jeune fille eut l'impression de recevoir une douche glacée, elle en lâcha l'enveloppe et les billets.

-« ….C…Comment ?... La…France ? »

-« Je ne pouvais plus rester sans rien faire. Je veux pouvoir apporter mon aide… »

Anna n'arrivait même plus à voir son visage, des larmes brûlantes brouillaient sa vue et coulaient abondamment sur ses joues.

-« NON ! » Hurla-t-elle de désespoir. « VOUS M'AVIEZ PROMIS ! POURQUOI ?... » Elle se leva brusquement de sa chaise.

-« Anna je… » Il se leva à son tour, triste et inquiet face à la détresse de la jeune femme. « J'ai fait mon choix… Je ne peux plus reculer… »

-« VOUS M'AVIEZ PROMIS QU'ON RESTERAIT ENSEMBLE ! NATHAN ! N'ALLEZ PAS LA-BAS ! NE ME LAISSEZ PAS ! JE… » Ses sanglots redoublèrent. « Je…Je vous aime tant ! Nathan! » Elle enfouit son visage dans ses mains tremblantes.

Pris de court il resta un moment interdit, fixant avec stupeur cette jeune femme qui lui criait entre ses larmes tout son amour. Finalement il s'avança et délicatement la prit dans ses bras.

Aussitôt elle logea sa tête contre lui et pleura ainsi dans son étreinte.

-« …Je suis désolé…Anna…Veuillez me pardonner… » Murmura-t-il doucement plusieurs fois son visage enfoui dans sa chevelure. « Veuillez me pardonner…Anna… »

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Alphonse avait cédé finalement au généralissime et était parti se reposer un peu dans la soirée, sous la promesse explicite que si Edward avait une quelconque évolution de son état, ont viendrait aussitôt l'informer.

Riza poussa doucement la porte et s'avança vers la chaise qu'occupait Mustang, une bonne tasse de café bien fort à la main. Elle s'immobilisa à ses côtés, l'observant.

Roy la main devant les yeux se tenait légèrement voûté, une attitude quelque peu différente chez lui.

-« Généralissime ? » Appela-t-elle doucement.

Le gradé retira la main de son visage leva lentement son regard sombre vers elle, Le lieutenant-colonel lui présenta sous le nez la tasse pleine.

Il afficha aussitôt un petit sourire de remerciement et but avec plaisir quelques gorgées du précieux liquide noir bien fort, idéale quand on reste à veiller un malade durant des heures.

« Pas de changement ? » Demanda la jeune femme posant un long regard sur Edward.

Roy passa une main sur sa nuque douloureuse, tout en buvant à petites gorgées le contenu de la tasse.

-« Non… Il dort plus paisiblement en tout cas. » Il posa à son tour son attention sur le concerné.

-« Vous devriez à votre tour aller dormir…Je vais prendre la relève. » Conseilla-t-elle refaisant face à son supérieur.

-« Hm…Oui peut-être… » Il hésita puis finalement se leva de sa chaise.

Mais alors qu'il fit un pas vers la porte, Edward remua brusquement dans le lit.

-« Al….AL…Non….AL….Me laisse pas... » Murmura-t-il en s'agitant.

Mustang se retourna et revint sur ses pas, posant hâtivement sa tasse sur la chaise et se penchant vers le malade.

-« Edward ?... » Appela-t-il.

Mais le blond continuait à délirer.

-« Non… Attends…… Al…AL !» Soudain, d'un geste brusque la main d'Edward saisit le bras de Roy et le serra très fort, son visage crispé par une vive inquiétude. « ILS SONT LA ! …. ILS ARRIVENT ! »

-« Edward ? » Insista Roy saisissant les épaules du jeune homme. « Qui vous menace ? »

-« Généralissime ? » Riza fit un pas en avant.

-« Lieutenant-colonel…Allez réveiller son frère…Vite ! »

-« Oui! » La jeune femme s'empressa de sortir.

Une fois seul Mustang se pencha un peu plus vers Edward.

-« Edward ?... Dites moi qui sont ses Ils ?... »

-« Non…. Ils vont m'entendre… Ils vont nous trouver….Al… »

-« Qui donc ? »

-« Ceux qui les ont emmenés…. » La main d'Edward serra convulsivement le bras du gradé. « Al…. Al…. AL ?... » De nouveau il s'agita grandement dans le lit ne faisant que répéter le prénom de son frère.

-« NI-SAN ? Je suis là ! » Alphonse se rua vers le lit.

Mustang lâcha les épaules d'Edward et s'écarta doucement laissant le passage au plus jeune.

-« AL… AL… AL… »

-« Chuttttt ! Ni-san…Je suis là…Calme-toi… » Il prit doucement la main brûlante de son frère et la serra doucement. « Oui je suis là…. Tu m'entends ? » Doucement il posa sa main fraîche sur le front fiévreux de son aîné.

Etait-ce la voix ? Le geste ? Le contact ? En tout cas petit à petit Edward sembla se détendre et son délire s'apaiser.

Un instant il entrouvrit les yeux, un court moment ses prunelles dorées semblèrent fixer Alphonse puis il esquissa un léger sourire rassuré.

-« Tu es là…. Dieu… merci… » Il referma les yeux dans un soupir las et laissa son visage doucement glisser sur le côté, le sommeil le reprenant.

-« Oui je suis là ni-san… » Alphonse s'était assis sur le rebord du lit et l'observa petit- à-petit s'endormir à nouveau paisiblement.

Une fois Edward bien plus calme, dormant profondément, il se pencha et arrangea avec soin la couverture, couvrant mieux ses épaules, puis se redressa lentement.

« Merci de m'avoir prévenu… » Murmura-t-il à l'intention des deux militaires toujours présents dans la pièce.

-« Alphonse ? »

Doucement le cadet se tourna vers le généralissime.

-« Avez-vous une idée de la signification de ses propos ? »

Le jeune Elric secoua négativement la tête.

-« Non… je n'en ai aucune idée. » Avoua-t-il reportant toute son attention sur son frère.

-« On aurait dit qu'il… » Commença Riza.

-« Qu'il rêvait… » Finit Mustang.

-« Un rêve ? » Alphonse leva un regard interrogateur.

Roy porta sa main à son menton.

-« Il semblait craindre quelque chose… Une menace…»

Le cadet observa le visage fiévreux de son frère.

-« Ni-san craindre quelque chose ? » Répéta-t-il.

Cela lui semblait si peu lui…Edward Elric avoir peur… Enfin, bien sûr que tout le monde… Mais tout de même… A ce point. Qu'est-ce qui pouvait autant affoler Edward dans ce rêve… ?

L'état d'Edward demeura plus ou moins stable mais sans changement notable durant la nuit.

Au petit matin, alors qu'une légère brume enveloppait les champs aux alentours et que petit-à -petit les ombres de la nuit se réduisaient face au soleil qui lentement se levait à l'horizon, Alphonse quitta sa chambre et prépara le petit déjeuner. Ils avaient tous certainement besoin, d'un solide repas après cette nuit. Il descendit le plus doucement possible l'escalier, passant à côté du salon sans bruit, il jeta un regard, Mustang dormait sur le canapé, sa veste posée sur ses épaules.

Il avait les traits tirés, la nuit avait été courte pour tout le monde.

Doucement il ferma la porte, afin de ne pas le réveiller pendant les préparatifs puis s'activa à la tâche dans la cuisine.

Bientôt de bonnes odeurs flottèrent dans toute la maison, odeurs appétissantes qui éveillèrent certainement Riza, elle quitta le petit bureau dans lequel avait été aménagé un lit de fortune avec un matelas. Elle passa à côté de la chambre d'Edward, doucement elle ouvrit la porte et se pencha par l'ouverture.

Havoc assis sur la chaise luttait contre le sommeil.

-« Lieutenant ? »

Ce dernier sursauta légèrement et leva un visage fatigué vers la direction de la voix.

-« Lieutenant-colonel ! » D'un geste las il effectua le salut militaire.

-« Pas de changement ? » S'enquit-elle.

-« Hmmm ?... » Havoc s'étira et se massa la nuque. « Non ! Rien, il dors toujours à poings fermés. »

-« Très bien ! Je vais me rafraîchir et je reviens prendre le relais. »

Le subordonné laissa voir une expression de soulagement, enfin il pourrait aller dormir un peu, quel bonheur.

-« Haaa ! Merci Lieutenant-Colonel Hawkeye ! »

Elle referma la porte et descendit retrouvant Alphonse en cuisine.

Alphonse l'accueillit avec un petit sourire, sourire qu'elle lui rendit légèrement.

-« Vous avez bien dormi ? » Demanda le jeune homme disposant les bols sur la table.

-« Dans la mesure du possible, oui pas trop mal. » Il tourna son regard vers la porte du salon. « Le généralissime dort encore ? »

-« Oui. »

-« Je vois… Sinon je suis allé voir le lieutenant Havoc à l'instant. »

Alphonse cessa un instant les préparatifs posant un long regard sur la jeune femme.

« Visiblement la nuit a été paisible pour Edward…Rassuré ? »

Le cadet hocha lentement la tête et reprit sa tâche.

-« Par moments… J'ai l'impression d'être inutile… Comme quand on cherchait la pierre philosophale… Il a déjà enduré tellement de choses… J'espérais tellement qu'enfin il puisse vivre en paix… Je pensais en avoir fini avec tout ça… » Il posa un peu brutalement, dû à son émotion, le pichet de café, manquant de tout renverser. « … Et alors qu'il pouvait enfin vivre normalement… Qu'il avait même retrouvé son bras et sa jambe… Voilà que… » Alphonse baissa la tête et se mordit doucement la lèvre pour retenir des sanglots.

Riza posa une main sur son épaule et la pressa doucement.

-« Allons ne vous laissez pas abattre Alphonse… Et je peux vous assurez que vous n'êtes aucunement inutile pour votre frère, loin de là. Il tient beaucoup à vous. »

Alphonse porta la main à son visage, il se sentait si désemparé si fatigué en même temps. Et pourtant les paroles de la jeune femme lui faisait un bien fou.

-« Merci… » Il retrouva un léger sourire.

-« Le lieutenant-colonel a raison ! » S'exclama une voix derrière eux, une voix bien reconnaissable.

Ils se retournèrent d'un même mouvement vers Mustang. Riza aussitôt le salua comme il se devait, se mettant au garde-à-vous.

-« Bonjour Généralissime ! »

-« Hm… » Il se passa une main dans ses cheveux pour y remettre un semblant d'ordre. « Bonjour… » Il étouffa un bâillement et prit place à table. « Repos Lieutenant, Détendez-vous… Ici le protocole… » Il mit sa main devant sa bouche pour cacher un second bâillement bruyant. « N'a pas d'importance… » Et il saisit tranquillement le pichet de café fumant. « Bonjour a vous aussi…Alphonse. »

-« …Bonjour monsieur Mustang… » Répliqua plus hésitant ce dernier.

-« Avez-vous bien dormi ? » Il fit le service, remplissant les bols disposés sur la table. « Lieutenant Hawkeye…Venez donc déjeuner. » Continua-t-il d'un ton calme.

-« Oui ! » Elle prit place.

-« Alphonse ? » Roy leva son regard sombre vers lui.

-« Je… Vous avez raison. » Et le jeune homme fit de même, s'installant en face des deux autres. « Et…Heu…Pour monsieur Havoc ? »

-« Il descendra tout à l'heure… Gardez-lui du café au chaud. »

Le cadet hocha lentement la tête.

Roy commença à manger tranquillement, Alphonse l'observa discrètement, il demeurait si calme, si impassible, il était donc difficile de comprendre les pensées de cet homme.

Pourtant malgré cette impassibilité constante, il était là… Il avait répondu présent à son appel à l'aide et depuis… Il n'avait pas quitté la maison, l'épaulant à sa manière.

Oui mine de rien le généralissime Mustang se sentait concerné par leurs problèmes et même si Edward râlait souvent à son sujet, Alphonse était persuadé qu'au fond ses deux là se respectaient beaucoup et qu'il y avait…une sorte d'amitié entre eux.

Al ne pu retenir un petit sourire à cette constatation et porta le bol à ses lèvres, se détendant légèrement, étant considérablement plus rassuré maintenant.

« Au fait… cette nuit j'ai pas mal réfléchi à la situation… » S'exclama Mustang rompant ainsi la douce quiétude qui régnait dans la cuisine pendant le repas.

Le jeune Elric reposa aussitôt son bol et dirigea ses prunelles d'or sombre sur lui. Riza également était toute à l'écoute de son supérieur. Ce dernier finissait tranquillement de beurrer une tartine de pain. « Il serait peut être préférable qu'Edward intègre l'hôpital militaire de Central. »

-« ….L'hôpital militaire ? » S'étonna le jeune frère.

-« Oui ! Il serait mieux installé et bien mieux surveillé qu'ici. » Il trempa tranquillement sa tartine dans son bol et en mordit un bon bout.

-« Mais… Je ne pense pas que ni-san serait vraiment d'accord d'être hospitalisé. »

Roy finit de mâcher et leva enfin un regard vers lui.

-« La question n'est pas de savoir s'il approuverait ou pas, mais ce qui serait le mieux pour lui. Et cela nous permettra d'agir l'esprit plus clair que de s'épuiser de plus en plus. »

Alphonse savait que le généralissime avait parfaitement raison. Vu les fréquentes crises de fièvre dont il était sujet, la situation devenait délicate, puis… ses propos d'hier… Ce…rêve ?...

-« Mais…l'hôpital militaire… Ni-san n'est plus alchimiste d'état… Il n'a donc pas le droit… »

A ce moment Roy lâcha sa tartine et toussota dans son poing un peu gêné.

Alphonse haussa un sourcil interrogateur.

« Il n'a pas le droit… Si ? »

-« En fait… Votre frère est toujours Alchimiste d'état ! » Répliqua Riza d'un ton calme et naturel tout en tournant sa cuillère dans son bol.

Pendant un moment Al crut avoir mal entendu.

-« …Ni-san ? Alchimiste d'état ? Mais… ? Il à donné sa démission quant on est revenu à Central y a dix mois de ça environ ! »

Mustang demeura étrangement silencieux.

-« Effectivement… Mais la lettre qu'a transmise Edward Elric a été égarée par le généralissime. » Expliqua du même air impassible la jeune femme blonde.

Le concerné détourna un peu la tête.

-« Hm… Une petite erreur de ma part je l'admets. » Lança-t-il d'un ton embarrassé. « Elle s'est certainement égarée avec les quelques dossiers dont j'avais la charge à ce moment là. »

-« Vous voulez parler de la montagne de dossiers qui attendaient votre signature depuis trois semaines ? »

-« Hm… Enfin bon ! Ne revenons pas sur cette petite étourderie sans conséquence notable Lieutenant-colonel. »

Alphonse n'en revenait pas… Edward était toujours à la botte de l'armée.

-« Ni-san… Alchimiste d'état… »

-« Effectivement… Il est toujours aux yeux de l'administration de Central… et officiellement toujours le full metal alchimiste. »

Il posa un long regard sur la jeune femme qui finissait tranquillement son café.

-« Lui qui pensait en avoir fini avec ça… Il ne va pas être heureux du tout de l'apprendre… »

Roy se tassa sur la chaise, reprit son bol et s'empressa de boire le fond de café demeurant étrangement bien plus silencieux et discret qu'a son habitude.

L'idée que le gamin blondinet apprenne qu'il avait commis une bévue en égarant sa lettre de démission ne l'enchantait pas spécialement. Non il n'était pas bon d'être face à un Edward Elric furax même aussi petit qu'il soit…

A suivre.