Chapitre 4 : ( désolé pour l'attente 'omo )

Les reviews :

Miss Yuki 66 : Aujourd'hui encore, j'aime bien le relire, il m'emplit de satisfaction. On reverra Dabi, ne t'inquiète pas X) mais pas dans healing. ( une troisième partie est prévu ;D )

Alshert : En effet, pourquoi est-ce que j'écris des trucs aussi triste TwT ? Aaaaah pour le DekuTodo, je t'invite à être patiente ;D


Shouto était seul et il était en train de regarder le paysage dehors, il faisait froid et c'était l'hivers. A travers la fenêtre de sa chambre, il ne voyait que du blanc. Du blanc encore et encore : La neige épaisse recouvrait absolument tout, montait dans le jardin, atteignait presque sa fenêtre, réduisant les alentours de la maison à un désert de neige. Tout était gelé, même l'eau de son verre posé sur la table de nuit s'était changé en glace tant la température était basse, tout était monochrome et mort. Et Shouto regardait par la fenêtre, ses grands yeux d'enfants cherchaient, scrutaient au loin pour trouver la moindre petite échappatoire, avec un petit quelque chose de désespéré, comme sil il attendait que quelque chose arrive en sachant que jamais ça ne viendrait.

Il regardait par la fenêtre, tout était blanc. Tout... Sauf les tâches rouges sur son futon. Tâches rouges qui avaient lentement coulés de ses jambes. Laissant sur sa peau, la sensation dégoûtante du liquide sale et tiède qui s'échappait peu à peu. Puis les gouttes s'étaient misent à couler plus abondement, jusqu'à ce qu'un flot de rouge se mette à se répandre sur le plancher, coulant sur le sol, laissant une flaque entre ses cuisses. Il se vidait lentement et il devenait blanc lui aussi.

Son coeur battait si fort qu'il résonnait dans ses tempes. Et puis, le bruit entêtant de son coeur fut bientôt remplacé par des tapotements dans le couloir à coté de sa chambre. Des pas, répétitifs, qui venaient vers lui. Il connaissait les bruits de pas comme une chanson.

Tap tap tap tap tap tap

Régulier et sans hésitation, les doigts de Shouto serraient les draps. Le rouge s'étalait par terre, formant d'abord une flaque, puis une marre, avant d'inonder le sol. Du rouge dégoûtant, sale. La pièce se mit lentement à empester le fer en premier lieu, puis l'odeur de la sueur, celle de son frère et puis celle du viol...

Sa fenêtre était gelée, il n'y avait que de la neige épaisse et du blizzard dehors. Il n'y avait aucun chemin, il était prisonnier pour toujours dans un monde réduit à un désert de glace ou personne ne l'écoutait de toute façon. Un monde ou personne ne se souciait jamais de ce qu'il ressentait et ou il mourrait tout seul dans la crasse et le sang.

Tap tap tap tap tap tap

Les pas devenaient plus fort, s'approchaient de la porte, la respiration tremblante de Shouto résonna dans sa propre tête, nouvel instrument qui se mêlait à cette symphonie macabre. Et son coeur battait fort, au point où il pensait qu'il allait finir par lâcher. Il avait peur, il était terrorisé et malheureux. Mais ça ne servait à rien de crier ou de se cacher, il n'y échapperait pas. Même si il le voulait de toute ses forces.

Tap tap tap...Tap... Tap...

Les pas s'arrêtaient toujours lentement devant la porte, et ce moment était toujours celui durant lequel, son cœur battait le plus vite et le plus douloureusement. Maintenant, il n'y avait plus de blanc dans la chambre, juste du rouge, du rouge humide, tiède, chaud et sale.

La poignet de la porte grinça et une larme rouge coula de son œil vide. Et il entendit alors la voix doucereuse et suave lui murmurer à l'oreille.

- Est-ce que tu aimes ton grand frère ?


Natsuo s'était levé en pleine nuit, après un court sommeil qu'il avait peiné à trouver. Il était si perturbé et bouleversé que ça l'avait presque empêché de dormir. La soif le titillait et c'est avec un soupir qu'il avait finit par sortir de son lit douillé pour aller se faire à boire. Il passa dans le couloir sombre et se stoppa net quand il passa devant la porte de la chambre de Shouto. Il entendit de faibles halètements. Il se figea instantanément au bruit en levant un sourcil, et doucement il posa son oreille contre la porte. Ce qui semblait être des gémissement et des pleurs résonnaient dans la pièce. Sa respiration s'alourdie et il ouvrit la porte silencieusement en entrant dans la pièce sombre. Il discerna la forme de Shouto étalé sur le lit qui se tortillait en s'étouffant, Natsuo avança plus vite vers lui, l'inquiétude l'envahissait, il commença à voir les larmes sur le visage de son frère et avec une voix faible et étranglée, le garçon supplia dans son sommeil.

- Tou... Touya...

L'entendre souffler le nom de son aîné avec cette voix emplie de terreur fit frissonner Natsuo, il se rua finalement sur lui en le prenant par les épaules. Il l'appela en murmurant.

- Shouto ! Shouto tu fais un cauchemar ! Réveilles toi !

- Arrêtes... Arrêtes... S'il te plait...Pourquoi tu ne m'écoutes pas grand frère ?

Le garçon tremblait, sa voix était si faible, si douloureuse, comme si pleurer lui bloquait la gorge et la respiration. Natsuo sentit son coeur battre à la chamade, il souleva Shouto et le serra contre lui en murmurant.

- Réveilles-toi... Tout va bien, je suis là. Réveilles toi.

- Huuuh...Touya...

Le garçon pleura doucement, Natsuo le sentit devenir mou et malléable, comme une poupée, comme s'il n'avait plus de force pour se débattre. Cependant, il sentit sentit les mains de Shouto s'agripper faiblement à son t-shirt avant de l'entourer comme si il s'accrochait à lui comme à une bouée de sauvetage. Le ton de sa voix lui brisa le coeur, car on aurait dit un enfant qui suppliait en cherchant la pitié de son bourreau.

- Pourquoi Touya...Pourquoi tu fais ça... ?

Le plus grand le serra en le secouant très délicatement.

- Réveilles toi, reprends tes esprits Shouto. C'est moi... C'est Natsuo. C'est moi. Je ne te ferais jamais de mal. Je ne laisserais personne te blesser, tu es en sécurité. Réveilles-toi je t'en pris !

Le garçon continua de murmurer frénétiquement le nom de son aîné, chaque fois que Natsuo lui répondait. Ca faisait peur. Est-ce qu'il le prenait vraiment pour Touya ? Ne sachant que faire, il se tut en le relevant légèrement, le poussant à s'asseoir, il ne dit plus rien en attendant que son petit frère revienne à la raison. Shouto était dans un état second : Ses yeux vairons étaient à présent écarquillés dans une expression pleine d'horreur, on aurait dit qu'il n'était pas tout à fait réveillé et il regardait dans le vague. Pendant un long moment, Natsuo resta près de lui en essayant de le calmer, passant une main dans son dos pour lui masser les omoplates tandis que l'autre serrait celle de son cadet. La main de son petit frère était fortement serrée sur la sienne. Après plusieurs minutes, il l'appela doucement. Il avait l'air réveillé et ses yeux étaient grands ouverts. Pourtant, il ne lui répondit pas.

- Shouto ? Shouto ça va ?

Il n'eut aucune réponse, l'adolescent ne bougea même pas, il s'était statufié...Durant un moment Natsuo pensa qu'il faudrait appeler l'hôpital, son petit frère était dans un état... Bizarre : Il ne parlait plus, il regardait juste dans le vide avec un regard irréaliste digne d'un film d'horreur, ses pupilles dilatées et sa respiration tremblante.

- Shouto tout va bien... Tout va bien maintenant. Je suis là ...

Il ne recevait aucune réponse. Était-ce un genre de crise de catatonie ?

- Shouto ?

Il angoissa au fil des minutes. Ce n'est qu'après un long moment que le garçon fit une légère grimace en secouant légèrement la tête dans un mouvement nerveux. Il susurra.

- Il... Il faut laver les draps...

- Hein ?

Natsuo fronça les sourcils. Shouto souleva le drap en haletant.

- Il... Il y a du sang sur le matelas... Il... Il

Natsuo paniqua, Shouto c'était blessé ? Il regarda les draps en les soulevant à son tour. Cela dit il ne vit rien. Pourtant l'adolescent regardait son matelas avec des yeux horrifiés, il murmurait encore et encore '' Il faut laver ça... C'est sale... Il faut laver le sang sur les draps...''.

Il était en train de délirer.

- Shouto calmes-toi.

Il passa une main sous son menton pour lui tourner la tête afin qu'il arrête de regarder aussi intensément le matelas.

- Calmes-toi. Tout vas bien.

- Non... Non.. Je saigne... Je saigne... Regardes ! Répondit-il, ses yeux cherchant nerveusement les tâches sur le tissus blanc.

- Mais non..

- Je saigne... J'ai mal...

Il lui ordonna gentiment.

- Regardes-moi !

Shouto planta son regard terrorisé sur son frère, étrangement, les yeux noirs de Natsuo le rassurèrent. Merci mon dieu, qu'il n'ai pas les même yeux bleu de loup que Touya...

- Regardes moi Shouto... C'est moi Natsuo. Tu es dans ta chambre, chez moi. Tu es en sécurité ici.

Il caressa le haut de sa tête.

- Il n'y a que toi et moi. Tu vois ?

Il murmura encore et encore.

- Regardes autour de toi. Tu vois. On est pas à la maison. Personne ne pourrait te blesser ici.

Shouto sembla se calmer doucement, son grand frère ajouta.

- Tu ne saignes pas, personne ne t'a attaqué. Tu n'es pas blessé, c'était un cauchemar, rien d'autre.

Le garçon déglutit en jetant un dernier coup d'œil sur son drap. Natsuo poussa dans son dos. L'incitant à se lever.

- Viens... Viens avec moi, on va boire un petit quelque chose dans le salon. D'accord ?

Le garçon se leva difficilement sur ses jambes tremblantes et il suivit silencieusement son frère jusque dans le couloir. Natsuo restait près de lui, le regardant avec soucis tout en l'encourageant à avancer.

- Allez Shouto. Tout vas bien, tout vas bien. Répétait-il en lui frottant les épaules. Puis ils arrivèrent dans le salon et Natsuo l'incita gentiment à s'asseoir dans le sofa.

- Je vais te préparer un Chocolat chaud ok ?

Le garçon resta silencieux en regardant le sol, on aurait dit un fantôme. Natsuo s'apprêta à partir dans la cuisine mais il se ravisa un instant pour attraper une couverture qu'il passa autour des épaules de son petit frère. Shouto sembla légèrement se réveiller à ce geste, il ne dit rien, mais sa main tremblante agrippa le tissus. L'adulte arriva dans la cuisine pour préparer une boisson chaude. Il se frotta les yeux en soupirant silencieusement après avoir mit la tasse au micro-onde.

Il avait eut peur. La voix emplie de terreur de son frère, son visage terrorisé, ses yeux... En proie au délire, à cause d'un cauchemar. Cela lui faisait mal au ventre. La journée, Shouto semblait fatigué, triste, muet mais il se tenait droit malgré tout. Mais là maintenant, comme il le voyait dans un tel état, il se rendait compte encore plus douloureusement à quel point Shouto allait mal. Penser à son frère, en tant que petit enfant, supplier Touya de la même façon, faisait trembler ses jambes de terreur et de dégoût. Comment son aîné avait-il put ignorer de telles supplications pour le violer ? Comment Touya avait-il put faire ça ? C'était atroce !

Le bip du micro-onde retentit et Natsuo attrapa la tasse de chocolat fumante. Il revint dans le salon d'un pas doux, Shouto n'avait pas bouger d'un pouce. Il tenait la couverture, dans une posture figée, la tête baissée vers le sol avec affligement, il ressemblait à une statue funèbre. Natsuo s'accroupie en face de lui pour le regarder, il lui posa la tasse entre les mains.

- Prends ça, ça te feras du bien.

Le garçon ne bougea presque pas, il sembla juste fuir nerveusement son regard en tournant la tête, ses mains tremblaient légèrement. Natsuo posa les siennes dessus, entourant la tasse.

- Ce n'était qu'un cauchemar Shouto. Jamais je ne laisserais quelqu'un te blesser à nouveau. Je te le promet.

Il frotta les mains de son petit frère, elles étaient glacées.

- Je te le jure, tu es en sécurité. Il ne t'arrivera plus jamais rien d'horrible. Je te le jure. Tout ça c'est fini pour toujours.

Comme son petit frère ne répondait pas, Natsuo commença à sentir une boule de panique dans son ventre. Peut-être qu'au final, il allait vraiment appeler l'hopital. Shouto avait l'air complètement détaché de la réalité à l'instant présent. Comme si ce cauchemar avait été assez horrible pour lui retourner le cerveau. Au final, c'était bien plus grave que ce qu'il pensait. Il déglutit, en cherchant le téléphone des yeux, il s'apprêta à s'éloigner avant que Shouto ne le coupe dans son élan.

- Tu es si gentil...

Natsuo le regarda avec étonnement, sa voix était un soupir faible et enroué. Il répondit.

- Shouto je veux que tu te sentes mieux... Et tu es mon petit frère, c'est normal que je sois gentil.

Le garçon regardait le contenu de sa tasse sans aucune joie, ses yeux étaient si sombres et éteint qu'ils semblaient presque noirs.

- Touya aussi était gentil...

L'adulte fronça les sourcils sans le lâcher des yeux, il ne comprit pas immédiatement ce que Shouto avait dans la tête.

- Mais c'était un menteur aussi...

On sentait dans le ton de sa voix que sa gorge était serrée.

- Il disait que c'était de l'amour. Il disait que c'était pour mon bien mais ça faisait mal tout le temps. Pourquoi est-ce qu'il me mentait ?

Il secoua la tête.

- Pourtant, il disait qu'il m'aimait... Il a même pleuré une fois. Il disait qu'il m'aimait...

Il soupira la fin de sa phrase.

- Alors pourquoi il ne m'écoutait jamais ?

L'expression de Natsuo se teinta de peine.

- Si il m'aimait, pourquoi est-ce qu'il ne m'écoutait jamais ?

Les mains de l'adolescent se serrèrent plus fortement autour de la tasse.

- Je ne comprend pas... Pourquoi est-ce qu'il me répétait tout le temps qu'il m'aimait ? Alors qu'il passait son temps à me blesser. Et il ne m'écoutait jamais comme si je n'existais pas... Comme si... J'étais juste un objet.

Il inspira lourdement, la douleur le fit siffler.

- Même si j'essayais de lui faire comprendre, il ne voulait jamais rien savoir... Il disait qu'il m'aimait et qu'il avait besoin de faire ça... Pourquoi ? Pourquoi il ne pouvait pas se contenter d'être mon grand frère ? Je voulais un grand frère... Je ne voulais pas ça... Je ne voulais pas...

Il baissa encore plus la tête, tout était si injuste...

- Et à coté de ça il me mentait... Il disait que c'était pour mon bien. J'avais beau pleurer et lui dire que ça me faisait mal, lui il avait l'air content. Comme si c'était normal. Et quand je lui parlais, il ne voulait jamais comprendre.

Un intense sentiment de désespoir imprégnait ses paroles.

- Pourquoi est-ce qu'il ne voulait pas comprendre ? Pourquoi est-ce qu'il me donnait toujours l'impression que c'est moi qui faisait quelque chose de mal ?

Natsuo s'assit à coté de lui, passant un bras autour de ses épaules.

- Qu'est-ce que je devais faire pour que ça s'arrête ? Je l'aimais Natsuo... Je sais qu'il y avait quelque chose de briser à l'intérieur de Touya. Je ne voulais pas qu'il souffre... J'aurais voulu savoir comment l'aider. Mais qu'est-ce que je pouvais faire pour que ça s'arrange ? Qu'est-ce que j'aurais du dire ? Qu'est-ce qu'il fallait que je fasse ? Je lui donnais tout mon amour, qu'est-ce que je pouvais faire de plus ?

Il sanglota.

- Il me manque, et je ne le reverrais plus jamais... Même si je sais que ce qu'il a fait est mal... Il me... Il...

- Chuuuut. Tout vas bien...

- Il me manque... Pourquoi est-ce qu'on ne pouvait pas être heureux Natsuo ? Pourquoi faut-il que tout finisse toujours par être gâché ? C'est comme ça depuis toujours. Il n'y a jamais rien qui va. C'est de ma faute n'est-ce pas ?

- Quoi ?! Bien sûr que non. Répondit immédiatement le plus âgé.

- Depuis que je suis né, tout va mal... C'est de ma faute, j'attire tout les problèmes. Je gâche la vie de tout le monde... J'aurais dût ne jamais venir au monde. Je suis si mauvais, si mauvais... Je suis désolé d'être maudit et de gâcher la vie de tout le monde.

Natsuo se mordit la lèvre en retenant ses larmes. Il secoua la tête en répondant d'une voix plus forte et plus rauque.

- Bon sang ne dis pas ça ! Tu n'as fait de mal à personne Shouto ! A personne.

Il passa ses mains sur ses joues, et posa son front contre le sien. Il sentit la tiédeur de son visage, il le regarda droit dans les yeux et ravala sa tristesse pour dire avec assurance.

- Ce n'est pas toi le fautif. Nos parents ont été irresponsables. Ils ont transformé Touya en ce qu'il est devenu, et Touya a fait des choses terribles, Fuyumi n'a pas bougé le moindre petit doigt et moi... Je n'ai juste pas pu être là. Toi dans tout ça, tu n'étais qu'un enfant. Tu ne pouvais rien y faire. Ce n'était pas à toi de réagir, tu ne pouvais pas te sauver de cette situation par toi même. Tu étais un petit garçon vulnérable. Un pauvre petit garçon innocent. Tu n'as pas à t'en vouloir. Ce n'est pas à toi de t'excuser.

Le garçon ne répondit plus rien, il ferma juste les yeux en sanglotant, son souffle était erratique et tiède. Natsuo lui répéta continuellement.

- Tu étais un petit garçon... Tu avais besoin d'un héro. Tu as toujours besoin d'un héro. Tu ne dois pas te juger coupable pour quoi que ce soit , tu ne dois pas être celui qui culpabilise. Mon dieu... Tu avais tellement besoin que quelqu'un soit là pour toi. Si seulement j'avais su. Si seulement j'avais pu être là...

Il serra ses mains plus chaudement, laissant son frère pleurer et sortir toute son angoisse.

- J'aurais tellement... tellement voulu être là. Je suis désolé Shouto... Tellement désolé. Murmura t-il tandis que ses sourcils se fronçaient dans une moue douloureuse, la tristesse le submergeait.

- Mais maintenant, je te le promet... Bon sang, je... Je te le jure, je ne te laisserais jamais tomber. Je te le jure. Même si ça sera long, même si ça sera dur, je te porterais, jusqu'à ce que tu t'en remettes.

Il regarda Shouto, en demandant avec douceur.

- Tu me crois ? Tu me crois quand je te dis que je ne t'abandonnerais pas ?

Le garçon essaya de se calmer pour devenir plus lucide, son frère répéta la même chose une ou deux fois jusqu'à ce que Shouto réponde en hochant la tête.

- Plus personne ne t'abandonnera maintenant. Tout ira mieux. Je ne te laisserais jamais tomber.

Il serra contre lui.

- Je t'aime tu sais.


Durant cette nuit, Natsuo était resté près de son frère jusqu'à ce que ce dernier se calme. Épuisé, Shouto avait fini par sombrer dans un profond sommeil et son grand frère l'avait alors délicatement porté jusqu'à son lit. Puis l'adulte était repartit se coucher, le sommeil avait alors été difficile à trouver. Durant le reste de la nuit, il avait repensé à la crise de son frère, ça l'avait profondément perturbé. Le souvenir des pleurs de détresse de Shouto lui faisait l'effet d'une douloureuse blessure mentale. Il n'arrêta pas de se demander si son cadet avait déjà fait ce genre d'angoisse nocturne terrible, et il avait peur car au fond, il se doutait bien de la réponse. Sauf que jusqu'à maintenant, personne ne s'était occupé de lui. Alors que bon sang... Le laisser seul dans un tel état après qu'il ai fait l'un de ces abominables cauchemars était complètement fou et irresponsable.

Oui. Durant le reste de la nuit des tonnes de tracas troublèrent son esprit : Des troubles à propos de l'état de Shouto. Mais aussi à cause de Touya, de son père et sa soeur, et même sa mère. L'injustice de toute cette situation lui tordait la gorge. Pourquoi y avait-il fallut que tout cela tombe sur Shouto. Shouto qui était innocent, qui n'avait voulu de mal à personne. Comment un tel déchaînement de malheur avait t-il put s'abattre comme une foudre impitoyable sur ce petit garçon triste et discret ? Il n'arrivait toujours pas à comprendre comment Fuyumi et son père pouvaient ne pas se tordre de honte et de dégoût vis à vis de ce qu'ils avaient fait. Et bien évidemment, il n'arrivait pas à croire que Touya ait pu faire des choses pareilles. Son frère aîné qu'il aimait. Il se souvenait que Touya était gentil et joueur avant que son père ne le change. Il savait aussi que Touya était blessé mentalement et qu'il lui aurait fallut de l'aide. Mais de là à ce qu'il se soit livré à de telles horreurs ! Sur leur petit frère ! Comment ? Si Touya devait être en face de lui, Natsuo ne savait pas ce qu'il ferait en premier : Pleurer ou lui mettre un coup de poing en pleine figure.

Finalement, le matin arriva et Natsuo était fatigué. Il entendit les pas léger de son petit frère résonner dans la cuisine. Il l'écouta un instant en savourant pendant quelques dernières minutes, la sensation moelleuse de son oreiller, puis il se leva paresseusement. Il bailla en se frottant les cheveux. Il s'arrêta dans le couloir en sentant l'odeur du petit déjeuner. Il hocha la tête doucement avant d'entrer dans la cuisine. La première chose qu'il vit fut Shouto qui se figea dans son mouvement en le regardant dans les yeux : Il semblait fatigué lui aussi, cela dit, la terreur d'hier avait quitté son regard, il semblait plus lucide et plus apaisé. Natsuo lui sourit doucement.

- Bonjour petit frère.

- Bonjour Natsuo...

Les deux frères restèrent silencieux un instant, durant ces quelques secondes, l'adulte balaya la cuisine du regard et remarqua vite une tasse de café supplémentaire et quelques pancakes dans une assiette. Avant même qu'il ne pose une question, Shouto dit.

- Natsuo je...

L'adulte reporta toute son attention sur lui, son frère semblait gêné, voir honteux.

- Je suis désolé pour hier.

L'adulte aux cheveux blancs n'eut pas le temps de lui répondre qu'il n'avait pas à être désolé que l'adolescent renchérit immédiatement.

- Je n'étais pas dans mon état normal hier... Des fois ça arrive c'est tout. Je ne sais pas pourquoi je suis comme ça... Je fais n'importe quoi sans le vouloir...

Il soupira doucement.

- Je ne me souviens même pas de tout alors, si j'ai dis des choses stupides, je suis désolé.

Natsuo le regarda soucieusement, donc il avait bien raison, ce genre de chose était déjà arrivé. Il demanda.

- Donc ce genre de chose est déjà arrivé ?

Le garçon parut surprit.

- Oui...

- C'est arrivé souvent ?

Shouto baissa la tête doucement.

- Oui.

Natsuo fronça les sourcils.

- Et Fuyumi et Papa ? Ils ont déjà dut le voir non ? On t-il déjà fait quoi que ce soit pour toi dans ces moments ?

Son coeur se serra quand Shouto répondit.

- Non... C'est déjà arrivé que Fuyumi entre dans ma chambre pour voir ce que je faisais, mais elle repartait quand elle se rendait compte que j'avais juste fait un cauchemar.

Quand le regard de son aîné s'assombri, il ajouta.

- Qu'est-ce qu'ils auraient pu faire de toute façon ? C'est seulement des cauchemars, je ne vois pas vraiment ce qu'on peut faire dans ces cas là.

Natsuo ferma les yeux en se massant la tempe avec un tic de colère, si Fuyumi et son père avait été dans la pièce, il les auraient sûrement insulté. L'on t-il vraiment conditionné à croire que ça n'était rien du tout ?

- C'est irresponsable de leur part. Tu n'as pas juste fait un cauchemar hier. Tu délirais.

Le garçon resta muet bien que la surprise se lisait sur son visage.

- Tu disais qu'il y avait du sang sur tes draps, mais il n'y avait rien du tout. Ce n'était pas juste un cauchemar c'était sérieux, j'ai faillis appeler l'hôpital.

Shouto sentit la colère monter dans le ton de son frère.

- Ils sont tellement stupides et irresponsables...C'est pas possible quoi !

Il soupira un bon coup et son regard se radoucit, il ajouta alors.

- Tu n'as pas à t'excuser Shouto. Si je ne m'était pas bouger pour m'occuper de toi, c'est moi qui aurait dut m'excuser.

Il le regarda droit dans les yeux et secoua la tête avec affligement.

- Et des personnes qui devrait te dire pardon, il y en a tellement tu sais. Alors tu vois, ça n'est vraiment, vraiment pas à toi de t'excuser.

Le garçon le regardait avec gêne, il ouvrit la bouche et se stoppa tout de suite, la rougeur sur ses joues poussa Natsuo à le taquiner en lui plaquant doucement la main sur la bouche.

- Je ne veux plus t'entendre dire pardon ! Si tu t'excuses encore une fois, gare à toi !

L'adolescent ne dis rien et quand Natsuo retira sa main il sembla réfléchir avant de répondre, le rouge aux joues.

- D'accord.

Natsuo le regarda de coté avec un sourire malicieux, il avait bien vu que son frère allait commettre une faute et s'excuser encore. Puis son petit frère dit.

- Au fait, j'ai fait ton petit déjeuner.

Le visage de Natsuo s'illumina.

- J'avais remarqué. C'est très gentil Shouto, ça me fait plaisir.

Le garçon rougit encore plus.

- Ce... C'était pour m'excus...

Le regard dépité de Natsuo le poussa à changer sa phrase.

- C'était pour te remercier d'avoir pris soin de moi.

Le changement de phrase fit rire Natsuo, il posa une main sur le haut de son crâne et lui ébouriffa les cheveux.

- J'aime prendre soin de toi. Tu es adorable.

Le garçon ne répondit rien,cela dit, la chaleur qu'il sentait naître au creux de sa poitrine lui fit du bien.


Le weekend se termina en douceur. Natsuo avait rediscuté de ce qu'il avait prévu de faire quand à la suite de ses études à Yuei, et c'est triste mais résigné que Shouto avait finalement accepté l'idée qu'il ne fallait pas qu'il continue tout de suite, mais privilégier de se soigner pour aller mieux.

- Je sais que tu n'es pas heureux petit frère. Mais est-ce que toi tu en as conscience ?

Le garçon n'avait pas vraiment réfléchit pour hocher la tête, c'était évident. Même pour lui-même.

- Maintenant, la question la plus importante est, est-ce que tu as envie d'être heureux ?

Cette question là le prit au dépourvu. Evidemment, tout le monde convoite le bonheur, mais Shouto était pris au piège par le sentiment de ne pas le mériter.

- Je... Je ne sais pas.

Son grand frère lui dit alors.

- Tu as le droit de l'être n'as rien fait de mal, tu es innocent. Donc moi je pense que tu mériterais de connaitre autre chose que la peur ou la tristesse.

Il lui frotta le haut du crâne.

- Tu es un bon garçon, tu as le droit de penser un peu à toi maintenant, de découvrir des choses que tu aimes, de te lever le matin en souriant. Tu ne dois pas avoir peur de ça. Tu le mérite totalement.

Les joues de Shouto devinrent rouges, il allait sûrement ouvrir la bouche pour s'exprimer, mais Natsuo dit alors.

- Arrêtes juste de te tracasser. Tu ne devrais même pas penser à '' est-ce que je peux, est-ce que j'y arriverais '' tu dois juste te dire '' merde ! je vis dans l'instant présent maintenant et arrêter de réfléchir inutilement. '' On peux faire ça ok ?

Shouto le regarda dans les yeux. Il aimait bien les yeux noirs de Natsuo, ils avaient quelques chose de chaleureux, de réconfortant et de profondément gentil. Il hocha la tête.

- Tu as raison.

Finalement, le lundi arriva et la journée débuta par un coup de fil. Shouto était assit dans le fauteuil, regardant soucieusement son frère quand finalement, la personne au bout du fil décrocha. Pendant plusieurs minutes, l'aîné parla au téléphone.

- Bonjour Monsieur Aizawa ? Oui, je m'excuse de vous déranger, je suis Natsuo Todoroki, le parent de l'un de vos élève. J'appelle car je veux vous prévenir que Shouto ne viendra pas en cour aujourd'hui, mais ce n'est pas tout, j'ai besoin que nous prenions rendez-vous, vous et moi au plus vite. Il faut que je parle de quelque chose avec vous et c'est important. Cela concerne la scolarité de Shouto dans votre établissement... Vous pouvez nous voir aujourd'hui ? A quel heure puis-je venir ? Seize heure c'est parfait ! Bien, merci pour votre temps, je vous revois à seize heure.

Natsuo raccrocha et se tourna vers son frère.

- Bon au moins, ça, ce sera vite régler. A seize heure nous allons à Yuei. Tu devrais prendre un sac parce que tu vas faire tes affaires ok ?

Le garçon se leva, il avait une petite boule au ventre.

- D'accord.