Hello les kiwis ! Comme promis, voici le nouveau chapitre ! Avec au programme, des sorts, des maléfices, et de l'inventivité. Enjoy ! Mais avant toute chose, il faut d'abord passer par les réponses aux reviews...
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Hello Lerugamine ! Contente que le discours d'Elisa t'ai plu ! Elle le prépare quand même depuis des mois, c'est normal qu'il soit un minimum travaillé x) Avec du temps, de la préparation, et de la motivation, on peut tous réussir à écrire des discours corrects ! Enfin bref. J'espère que la suite te plaira autant !
Salut Titietrominet ! Yep, c'est ça le problème des fics de SI, ils se pensent omniscients. Ils savent tout, ils voient tout, ils savent PARFAITEMENT comment manipuler les gens ou se faire apprécier de leurs persos préférés... Bref, le style basique d'une SI, c'est de réaliser tous les souhaits de l'auteure. ET oui, c'est tentant, mais NON, ça ne sera pas comme ça que je ferai ma fic. Même si, j'avoue, il y aura de sévères divergences au canon à partir du tome 2, ou 3 ? Il y en a déjà, de toute façon, mais elles sont moins flagrantes. Enfin bref, j'espère que tu continuera à aimer Elisa. Si tu lis assez bien l'anglais, je peux te recommander quelques bonnes fics Self-Insert... Et sinon, pour répondre à ta question : oui, Elisa était plus ou moins consciente quand elle était bébé, mais s'il lui a fallu plusieurs mois (plus d'un an en tous les cas) pour être parfaitement "réveillée". Je me suis basée sur le temps que met le cerveau des bébés à bien fonctionner =)
Yo Aomine ! Effectivement Elisa sait qu'elle ne fait que de petites changements, mais qu'ils peuvent avoir un gros impact. C'est un peu le but, aussi. Elle veut changer le destin. Oh, bien sûr, elle pense que son trafic de livres ou le CEM ne vont pas changer grand chose, mais que le peu qu'ils vont changer compte quand même. Elle n'a pas encore effectué de GROS changements dans le canon, donc elle ne réalise pas bien l'effet papillon que certaines de ses actions vont avoir x) C'est ça qui va être fun à écrire par la suite...
Hello Filk ! L'idée du trafic de livres me vient d'une fic en anglais dont le titre m'échappe, c'était sur un OC nommé "Leonis Black" (la fic est hébergée sur AO3). Je suis tombée amoureuse de cette idée et, quand j'écrivais sur le CEM, je l'ai ressortie pour l'intégrer à l'histoire. J'ai très envie qu'Elisa fasse des références culturelles que ses amis puissent saisir. Pour les fics Self-Insert, je te recommande les deux plus récentes que j'ai lu : "In Bad Faith", de Slayer Anderson : et "The Evil Overlord List" de boomvroomshoom. Elles sont dans l'univers d'Harry Potter x) Mais dans le fandom de Naruto, par exemple, je te recommande tellement de lire "Dreaming Of Sunshine" ! C'est LA fic qui a donné un nouveau souffle au genre des SI dans ce fandom...
UneHistoireEstUneQuestion, tu soulève de bon points ! Non, ma mère n'est pas astrologue x) Ma mère est pharmacienne mais je ne voulais pas donner à Elisa une famille d'apothicaire qui lui aurait donné un avantage en Potions. Il y aurait eut trop de risques que je dérive sur le personnage de Rogue. J'ai choisi le métier d'Isabelle Bishop en choisissant au pif deux matières dans celles proposées par Poudlard, avec un dé. Je suis tombé sur Divination et Astronomie, et j'ai inventé le reste x) Mon père parle seulement trois langues, mais étant donné que Michael est pilote, j'ai rajouté à son bagage trois autres langues que je pensait utile (espagnol, portugais, hindi). Je crois que les profs sont plus ou moins au courant du trafic de livres, vu le temps que ça dure. Si des affiches apparaissent au bout de trois ans, il vont fermer les yeux. La saga m'a toujours donné l'impression que Poudlard avait une attitude assez permissive... Enfin bref. Quant à la réincarnation, j'essaie de ne pas trop m'y attarder. Je veux me concentrer sur un personnage qui connait le canon et qui vit dedans, pas un personnage en deuil de sa vie passée. Ça donnerait un ton trop déprimant à la fic...
Merci Rose =D Je suis contente que ça t'ai plu ! Je voulais éviter les clichés alors j'ai mis Elisa ailleurs qu'Harry, pas dans sa promotion, et je lui ait donné zéro lien avec les persos du canon. Sauf Cédric et les jumeaux, et encore... Enfin bref. J'espère que cette fic va te réconcilier avec les fic SI !
Yo Louny9895 ! Ah, tu es du même avis que moi, la Répartition c'est limite malsain ! Non seulement la rivalité entre les Maisons est franchement dangereuse, mais en plus, aucune personne n'est complètement mature à l'âge de 11 ans. Tu sais ce qui aurait plus de sens, si Dumbledore veut vraiment garder la Répartition ? En faire une tous les ans. Imagine ça ! Harry alternant Gryffondor et Serpentard. Les jumeaux Weasley aussi. Percy allant une fois sur deux chez les Serdaigle. Ron passant un an à Poufsouffle, ou deux. Hermione passant six mois à Serdaigle avant de retourner chez les lions en claquant la porte, complètement frustrée par ces lunatiques qui préfèrent débattre de où vont les objets disparus plutôt que de faire leurs devoirs. Drago oubliant de demander Serpentard et étant horrifié quand il termine chez les Poufsouffle. Tellement de possibilités !
Hello Streema ! Je n'ai pas mis Elisa dans l'année d'Harry pour éviter les clichés, justement x) Et puis, avec deux ans de plus, ça lui donnait un peu de marge pour commencer à arranger les choses avant que l'Elu ne débarque au château...
Salut 17Harry ! Contente que ça te plaise ! Yep, Elisa aime faire des emplois du temps. Moi aussi en fait. Ce n'est pas seulement un trait typique d'Hermione x) Et oui, le monde Moldu a beaucoup avancé sur le monde sorcier, et le CEM permet aux Nés-Moldus et Sang-Mêlés d'utiliser cette avance à leur avantage. Le CEM a aussi un effet indirect, c'est que les amis Sang-Purs des membres du CEM se retrouvent pas mal exposés à la culture Moldue. Cédric, Fred, George, Adrian Pucey, etc.
Coucou Mayoune ! Ah ah, contente qu'Elisa ait ton approbation x) Et non, les Sang-Purs ne peuvent pas s'inscrire... Tout simplement parce qu'ils n'ont pas les bases pour suivre le cours. L'approche de la science est effectuée en école primaire, par exemple. Tu te mets à parler de Big Bang ou d'évolution aux sorciers, ils vont sans doute te regarder comme si tu étais folle ! Ce qu'il faudrait, c'est une sorte de cursus accéléré pour permettre aux Sang-Purs de joindre le CEM. Mais Elisa n'y a tout simplement pas pensé...
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Voilààà. Ce chapitre va davantage insister sur les membres de la promotion d'Elisa. Trisha et Cédric, ses deux meilleurs amis, mais aussi Helen et Rhonda, Heather et les autres Serpentard, etc. J'aime vraiment beaucoup Helen, c'est une vraie tornade d'énergie x) Vous me direz ce que vous en pensez !
N'hésitez pas à me poser vos divers questions. Oh, et je vous rappelle à tous (mais surtout aux nouveaux lecteurs !) que le groupe facebook "La Salle Sur Demande" n'attends que vous ! x)
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Sortilèges, bidouillages et explosions
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Elisabeth Bishop adorait les cours de Sortilèges.
L'Astronomie était ennuyeuse, la Défense était une blague, la Botanique était très classique, et les Potions étaient à peu près aussi stressantes d'une classe de chimie. La Divination était stupide mais drôle, et les Runes étaient intéressantes mais essentiellement théoriques. Quant à la Métamorphose… Uh. La Métamorphose était difficile, pour elle, parce que ça n'avait pas vraiment de sens. Transformer une chose en une autre, comme ça ? C'était dur à imaginer, dur à croire, dur à vouloir, et donc dur à pratiquer. La Métamorphose était sa bête noire. Mais les Sortilèges ? C'était fun.
En prime, elle s'entendait vraiment bien avec Flitwick. Quand elle avait besoin d'un coup de main, comme cela avait été le cas quand elle essayait de créer son parchemin copieur inspiré du papier-carbone Moldu, c'était lui qu'elle allait voir, au lieu de s'adresser à sa directrice de Maison. Elle espérait que Chourave ne s'en vexait pas : mais Flitwick était toujours très enthousiasme, et se lamentait parfois qu'elle n'ait pas été répartie dans sa Maison.
Serdaigle aurait une bonne Maison, Elisa était assez d'accord. Elle était bien consciente que c'était parce uniquement parce qu'elle l'avait demandé que le Choixpeau avait choisi Poufsouffle pour elle…
Bref, Elisa adorait les Sortilèges. Elle adorait les apprendre, les pratiquer, les décortiquer, et surtout les utiliser. Parfois de manière conventionnelle, et parfois de manière un peu plus originale. Comme, par exemple, pour inventer la version sorcière d'un gadget Moldu de fiction qui l'avait toujours fait rêver… Le hoverboard. Une sorte de skateboard lévitant à quelques centimètres du sol, difficile à créer même avec la technologie Moldue du 21ème siècle, mais… probablement à la portée d'une sorcière de treize ans.
– Qu'est-ce que tu fabriques ?!
En entendant la voix incrédule de Cédric, Elisa cligna des yeux et remonta sur son front les lunettes de protection qui protégeaient ses yeux. Certes, c'était des lunettes d'aviateur à l'origine (et ça les rendait deux fois plus cool !) mais le résultat était le même, non ?
– Bah quoi ? Heidi ne veut pas que je fasse des expériences dans le dortoir.
Cédric se frappa le front d'un air consterné, et Elisa fronça les sourcils. Elle ne voyait pas ce qu'il y avait de si dramatique. Certes, elle était entourée par quatre planches qui lévitaient à des hauteurs variées, une cinquième était encastrée dans le mur, une sixième brisée en mille morceaux, le sol et le plafond portaient des marques de brûlures, et plusieurs parchemins couverts de notes jonchaient le sol. Mais eh, ce n'était qu'une salle de classe abandonnée, c'était pas comme si elle abîmait un endroit important. Et puis, on ne progressait pas sans quelques ratés !
– Qu'est-ce que tu as inventé encore ? finit par soupirer Cédric. On n'est même pas à la mi-septembre !
– Tu as vu Retour vers le Futur 2 ?
– … Non. Mais ça a l'air Moldu, bizarre, et tout à fait ton style.
– T'abuses, il est sorti il y a deux ans déjà ! râla Elisa avant de tenter une autre approche. Bon, je t'ai déjà parlé des sports d'hiver, et du fait que mon père emmène ma famille en vacances dans des stations d'altitude en France ? Et du fait que je fais du ski et du snowboard ?
Dès l'âge de six ans, elle avait insisté, hurlé et tempêté pour apprendre à faire du ski. Et du snowboard, tant qu'à faire. C'était à son insistance que ses parents s'étaient eux aussi mis aux sports d'hiver… Mais elle ne regrettait rien. Dans son ancienne vie, ça avait été son sport favori.
– La planche sur laquelle tu dévales des pans de montagnes de manière plus ou moins contrôlée ? sourcilla son ami Poufsouffle en s'approchant.
– Voilà. J'essaie de recréer ça, mais avec ça. C'est un hoverboard.
Et elle toucha du bout du doigt la planche flottante la plus proche, qui ne bougea pas d'un iota. Toutes les planches avaient des formes arrondies comme un snowboard, aux extrémités relevées. Elles étaient cependant plus petites qu'un snowboard normal, et ne dépassaient pas un mètre.
– Le but est que ce truc lévite au-dessus du sol à trente centimètres à peu près, continua-t-elle en tapotant pensivement la planche. Tu montes dessus comme ça et elle avance, regarde.
Elle sauta à pieds joints sur la planche la plus proche, comme si c'était un snowboard. Ou un skateboard, plutôt, vu l'absence de neige… Enfin bref. Une fois dessus, Elisa prit appui sur son pied droit (son pied directeur, comme le dirait son moniteur de ski), et la planche se mit à avancer tout doucement dans cette direction. Elisa, qui lévitait donc doucement en crabe, continua son explication devant un Cédric ébahi :
– La lévitation est la partie la plus facile. Pour rajouter du mouvement, il faut jouer avec la gravité. La gravité attire la planche vers le sol et l'empêche de bouger, normalement. Le but est de convaincre la planche qu'il y a une force de gravité vers l'avant…
Elle appuya plus fort avec son pied droit, fléchissant légèrement le genou comme quand elle accélérait en snowboard, et la planche accéléra, filant vers le mur…
– … Ou vers l'arrière, acheva-t-elle en changeant sa jambe d'appui.
Dès qu'elle relâcha sa jambe droite, la planche ralentit : et quand elle appuya avec sa jambe gauche, la planche repartit dans l'autre direction, faisant retraverser la pièce à Elisa pour la ramener à son point de départ. Une fois revenue au milieu des autres planches qui flottaient à quelques centimètres du sol, la jeune fille descendit de son véhicule, et celui-ci s'immobilisa sagement.
Cédric referma la bouche et essaya de ne pas avoir l'air abasourdi. Honnêtement, ce n'était pas la chose la plus bizarre qu'il ait surpris Elisa en train de faire.
– Ça a l'air de marcher, finit-il par dire. Qu'est-ce que tu as utilisé pour l'accélération ?
Elisa haussa les épaules :
– La planche détecte ton centre de gravité et accélère ou tourne en conséquence. Comme le snowboard, ou même un balai volant. Tout est une histoire d'équilibre, vraiment, c'est simple.
– Simple, répéta Cédric en haussant les sourcils. Elisa, c'est de la magie très avancée !
La jeune fille ouvrit la bouche pour lui dire qu'il exagérait, puis se rappela que cette histoire de détection du centre de gravité avait nécessité l'aide de Flitwick. Il s'agissait quand même de rendre la planche sensible aux directions données par l'inclinaison du corps, un peu comme le faisaient les balais de Quidditch. C'était effectivement assez avancé : pas forcément puissant, mais précis et minutieux. On ne confiait pas la fabrication de balais à la première brêle venue.
– Ce n'est pas terminé, se contenta-t-elle de dire. Il faut que je trouve quelque chose pour rendre le freinage moins abrupt, et régler la vitesse. La planche que j'ai testée ne va pas assez vite, par exemple, mais les deux dernières que j'ai testées allaient nettement trop vite et ça nuisait au contrôle !
Cédric jeta un œil sur la planche encastrée dans le mur, mais décida sagement de ne rien dire. Elisa continua, emportée dans sa lancée et gesticulant pour accompagner sa tirade :
– Et bien sûr il y a le problème des virages ! Les virages en snowboard sont assez larges, alors il faut de la distance pour tourner. Et c'est le même principe ici. Mais pour les hoverboard, ça serait bien de pouvoir faire des virages à angle droit sur une courte distance, genre, un mètre. Alors que là, il m'en faut presque deux !
Elle reprit son souffle, puis continua d'un ton plus pensif :
– Et puis, il faut aussi que je trouve un moyen de désactiver la fonction lévitation au cours du déplacement.
– Pour que tu t'écrases par terre ? sourcilla Cédric. Je retire tout ce que j'ai dit sur ton côté Serdaigle, ce manque d'instinct de survie est définitivement la marque d'une Gryffondor.
La jeune fille roula des yeux :
– Non, andouille. Je veux garder la fonction qui empêche l'hoverboard de descendre à moins de trente centimètres du sol. Par contre je veux enlever celle qui l'empêche d'aller plus haut. Comme ça, une fois que tu vas assez vite, tu relèves l'avant de la planche pour orienter la course du truc vers le haut, et hop ! T'es propulsé par ta vitesse et tu décolles ! Super-pratique pour passer des obstacles !
Et en plus, elle avait appris l'hiver dernier à faire des sauts freestyle en snowboard. C'était définitivement un truc qu'elle voulait inclure dans les fonctionnalités du hoverboard.
– Mais il faudrait un truc pour que les pieds restent collés à la planche en plein saut, réfléchit-elle. Un sort qui agirait comme un aimant au-delà d'une certaine vitesse ? Je dois pouvoir trouver ça…
Cédric se passa une main dans les cheveux d'un air fataliste, et Elisa se rappela soudain qu'il était là. Du coup elle pointa un index vindicatif dans sa direction :
– Mais pas un mot à quiconque ! C'est ma nouvelle invention secrète ! D'ailleurs, qu'est-ce que tu fais ici ? C'est une salle abandonnée !
– Je sais, fit Cédric avec patience. Mais Helen vient d'être rejetée pour la troisième fois par le directeur pour sa demande de club de duel, alors là elle harcèle Quirrell pour qu'il intègre le duel à son programme de l'année. Etant donné qu'elle n'a aucune chance que ça marche légalement et que tu es notre experte en trucs illégaux, Rhonda lui a dit qu'il valait mieux te demander conseil.
Elisa fut vaguement indignée :
– Comment ça, je suis l'experte en trucs illégaux ?! Et les jumeaux Weasley alors ?!
– Pardon, je me suis mal exprimé. Tu es notre experte en opérations illégales qui marchent, perdurent et finissent par être autorisées par les profs, au lieu de mener à douze heures de colle.
Bon. Formulé comme ça, c'est vrai que c'était quand même plus flatteur. Elisa s'adoucit, et commença à ramasser ses notes par terre, glissant sa baguette derrière son oreille pour avoir les mains libres.
– J'imagine que je peux donner un coup de main, concéda-t-elle en ordonnant ses papiers. Mais Helen aurait quand même dû faire des plans pour un club avant d'aller voir le directeur. La planification, c'est la clef de tout.
– Et si ton plan déraille ? fit Cédric, curieux malgré lui.
– Tu utilises l'un des plans de secours que tu as créé justement pour ça, fit Elisa d'un ton d'évidence. J'ai généralement deux plans de secours pour tout, tu sais !
– Je te crois sur parole, Magister, marmonna le Poufsouffle blond.
Elisa l'ignora, préférant glisser ses notes sous son bras et embarquer sa planche la mieux ensorcelée, et la miniaturisant d'un sort afin de pouvoir la transporter plus facilement. Puis elle pivota sur ses talons, cherchant son sac du regard. Le découvrant tassé dans un coin entre deux tables bancales, elle tendit la main dans sa direction, plissa le front…
… Et le sac vola jusqu'à sa main tendue.
– Je ne m'habituerai jamais à te voir faire ça, s'amusa Cédric tandis qu'elle fourrait ses affaires dans le sac.
– C'est vraiment fastoche, sourcilla Elisa. Je comprends pas pourquoi il n'y a pas plus de monde qui utilise la magie sans baguette !
– Quel intérêt, quand on a une baguette ? rétorqua son ami.
C'était un débat qu'ils avaient depuis qu'ils se connaissaient, et Elisa roula des yeux. Quand elle avait découvert sa magie, vers l'âge de huit ans, elle avait passé tout son temps à la pratiquer. Essayer de faire voler des livres, de fermer des portes, de faire disparaitre un insecte, de se téléporter dans sa chambre, de flotter dans les airs. Sa mère avait beau lui répéter avec amusement qu'elle aurait une baguette quand elle serait plus grande et qu'elle devait patienter, Elisa ne voulait pas attendre jusque-là. La magie était là, au bout de ses doigts ! Evidemment qu'elle voulait l'utiliser tout de suite !
Et à force de pratiquer encore et encore les mêmes trucs, Elisa avait fini par apprivoiser sa magie, même sans baguette. Après tout, la magie accidentelle des enfants n'était qu'une expression involontaire de leur magie naturelle. En s'entraînant, ses actes de magie pouvaient devenir volontaires.
Du coup Elisa avait quelques tours dans sa manche. Elle ne les utilisait généralement pas à Poudlard (inutile de révéler son arme secrète !), mais ses amis de confiance l'avaient parfois vu attirer à elle sa baguette oubliée sur une table, ou pousser à distance une porte fermée quand elle avait les bras chargés de livres.
Elle appelait ça « utiliser la Force ». Après tout, il s'agissait plus ou moins de repousser des trucs loin d'elle ou de les attirer vers elle, comme les Jedi dans Star Wars.
Bien sûr, la magie sans baguette était beaucoup plus faible, et bien moins contrôlée, que la magie avec baguette. Pas moyen de lancer un sort complexe comme un Stupéfix ou même un Reparo. En prime, sa Force marchait mieux sur les objets familiers (attirer à elle son sac était plus facile que de faire la même chose pour le sac d'un étranger). Et plus l'objet à influencer était lourd, plus l'exercice était ardu. Mais c'était quand même un tour de passe-passe qui pouvait se révéler utile.
Pourquoi diable personne n'y avait pensé avant elle ?! C'était complètement dément ! Est-ce que les sorciers étaient si confiants en leurs capacités qu'une fois en possession d'une baguette, ils en devenaient dépendants ?! Est-ce qu'ils n'avaient jamais pensé à ce qui se passerait si on leur prenait leur baguette ?
… C'était très probable. Argh. Bon sang.
Et le pire, c'était que Cédric et Trisha avaient refusé d'apprendre la Force ! Ils disaient qu'ils n'en avaient pas besoin. Qu'ils n'allaient pas perdre leur baguette, voyons, on n'est pas distraits à ce point-là. Que c'était juste des petites astuces marrantes, mais que les vrais sorts étaient bien mieux.
C'était tellement frustrant !
D'ailleurs, la Force était l'un des rares sujets de désaccord entre Elisa et ses deux meilleurs amis. Depuis une grosse dispute sur le sujet en première année, ils évitaient de se lancer dans un débat sur le sujet. Elisa préféra orienter la conversation vers un terrain moins glissant, bouclant son sac d'un geste décidé :
– Bon, j'suis prête ! Où est notre maniaque du duel ?
Helen Dawlish voulait devenir soit Auror comme son père, soit championne de duel comme sa mère. Avec ce type de modèles, rien d'étonnant à ce qu'elle soit déjà une duelliste accomplie. Elle était intelligente, perfectionniste, douée… Son seul problème était qu'elle était obsédée par la Défense, et qu'étant donné la qualité des enseignants qu'ils avaient… Eh ben, Helen passait généralement son temps à bondir sur ses amis pour les supplier de s'entraîner contre elle, pour qu'elle ne se rouille pas à force d'inaction.
L'année dernière elle avait suggéré de tuer le prof de Défense, carrément. Des fois, c'était à se demander pourquoi elle n'était pas à Gryffondor.
– Salle de Défense au troisième étage, lui indiqua Cédric en l'escortant. Et tu as toujours tes lunettes.
Elisa tâtonna au niveau de son crâne jusqu'à attraper les lunettes d'aviateur remontées sur sa tête, et les ôta d'un air penaud, avant de les fourrer dans son sac.
– J'ai l'air cool avec, se défendit-elle en le suivant dans le couloir.
– Peut-être, fit aimablement Cédric. Mais en attendant, la dernière fois que tu les as mises en Potions, Rogue t'as enlevé cinq points.
Apparemment ces lunettes n'étaient pas une protection acceptable en cours de Potion ! Pff. N'importe quoi ! Elisa renifla avec dédain. Ce mec n'avait aucun goût !
… Même si elle ne le lui dirait certainement pas ça en face.
Elle n'avait pas spécialement peur de Rogue, mais… Bon, ok, c'était un mensonge. De tous les profs, Rogue était celui qui l'intimidait le plus. Pas seulement parce qu'elle avait peur qu'il utilise la Légilimancie sur elle (même si ça avait son importance) : mais surtout parce qu'il était grand, et toujours de mauvais poil, et qu'Elisa avait une tendance naturelle à être intimidée par les figures d'autorité.
Rogue était un bon prof, elle devait l'admettre. Dans sa classe, on apprenait vraiment des choses… Mais Rogue n'était ni patient, ni encourageant, ni particulièrement pédagogue, et il fichait carrément les jetons. Elisa enseignait mieux que lui, et elle avait treize ans.
Bon. Elle en avait treize plus vingt-trois, si on voulait être tatillon. Mais, eh, c'était un fait exceptionnel qui ne devait pas être pris en compte.
– Je suis pas suicidaire, merci bien. Eh, en parlant de Rogue, tu as fini ton devoir de Potions ? Je n'ai que trente centimètres sur la propriété des ailées de fée, il m'en manque encore dix…
Heather était sans conteste la meilleure élève de leur année (suivie de près par Takashi), mais Cédric se débrouillait pas mal, lui aussi. Et c'était vachement utile, d'avoir de bons élèves comme amis…
– T'inquiète, l'assura le jeune Diggory. J'ai déjà tout mis au propre, je te passerai ma rédaction ce soir.
– Tu es le meilleur, Cédric. Je te passerai ma dissertation sur les Sortilèges d'Allégresse si tu veux.
Les Sortilèges étaient, après tout, la seule matière dans laquelle elle était vraiment bonne. Dans les autres matières, elle était juste bonne, ou parfois à peine passable.
Du coup, ça posait la question de son avenir. Elisabeth Bishop avait la ferme intention de survivre au retour de Voldemort (si elle n'arrivait pas à prévenir ce retour, et elle avait la ferme intention de réussir, merci bien) : mais ensuite ? Qu'est-ce qu'elle ferait, une fois l'école terminée ? Vivre des revenus de ses ventes de plumes rechargeables ? Même si ça se commercialisait très bien, Elisa avait exprès déposé un brevet à un prix modique (elle ne voulait pas que ses plumes soient seulement accessibles aux sorciers les plus riches !), et les rentes qu'elle obtenait des ventes de plumes lui permettrait à peine de joindre les deux bouts. Elle avait fait les calculs.
Alors, quoi ? Inventrice ? Elle avait encore quelques idées de gadgets futurs qu'elle pourrait introduire dans le monde sorcier, comme le téléphone portable, ou Wikipédia. Mais un jour, le futur la rattraperait et elle tomberait en panne d'idées… Peut-être qu'elle pourrait être prof d'Histoire ? Il était largement temps de virer Binns. Ou prof d'Etude des Moldus ?
C'était le problème avec le fait d'avoir un esprit adulte, musa Elisa alors qu'elle et Cédric montaient les escaliers vers l'endroit où Helen était sans doute encore en train de péter un plomb. Elle se posait des questions d'adultes et ça gâchait sérieusement son insouciance. Difficile de profiter d'une soirée sans devoir quand on se pose des questions existentielles sur son avenir…
– Oh oh, fit Cédric en la regardant avec méfiance. J'aime pas cette tête…
– Quoi ?! se vexa Elisa. C'est ma tête normale !
– Oh non, certainement pas. C'est la tête que tu fais avant de dire, « hey, et si on montait un club pour donner des cours supplémentaires aux gens » ou bien « hey, et si on séchait tous le cours d'Histoire pour organiser un tournoi ? »
– C'est arrivé une fois ! Et ça nous a beaucoup aidé à réviser nos sorts pour l'examen de Défense, je te ferai dire ! C'était purement utilitaire.
Cédric prit l'air incrédule de celui qui n'en croyait pas un mot, mais Elisa se refusa fermement de revenir sur ses mots… Même si ce tournoi, organisé à la va-vite avec les Serdaigle et les Poufsouffle qui en avaient marre du prof fantôme, leur avait valu trois heures de colle quand Chourave les avait surpris en train de courir comme des dératés dans le parc au lieu d'écouter sagement Binns. Utilitaire, mon œil. Personne n'avait été dupe.
– Quelle idée saugrenue est-ce que tu as eu encore ? soupira Cédric.
– Rien, rien ! Mais, euh, juste à titre informatif. Tu connais un bon coin pour organiser des tournois mensuels pour un club secret de duel ?
Le grognement plaintif de Cédric pouvait probablement être entendu dans tout le corridor.
Elisa se contenta de rire. Puis elle poussa la porte de la salle de Défense, et eut à peine le temps de jeter un œil à la salle qui sentait l'ail et à Quirrell qui se tordait les mains derrière son bureau (elle évita soigneusement de le regarder dans les yeux) avant qu'Helen Dawlish ne lui saute dessus, la saisissant pratiquement par le devant de son pull :
– Elisa ! Le professeur Quirrell refuse qu'on organise un duel pour son prochain cours !
Helen n'était pas toute seule : il y avait avec elle Rhonda Flatbury, ainsi que les jumeaux Weasley et Lee Jordan qui avaient l'air très intéressés par le débat.
– Ça me s-s-s-semble un peuimp-p-p-prudent, bredouilla l'enseignant. Q-q-q-q-q-quelque ch-ch-ch-chose pourrait arriv-v-v-v-ver !
C'était dur de réaliser que cet homme bégayant et anxieux était possédé par Voldemort. Bon, il ne pouvait pas se permettre de griller sa couverture alors il était plus ou moins inoffensif, mais quand même. Voldemort. Là, en face d'elle. A chaque fois qu'elle avait cours avec lui, Elisa se mettait au fond de la classe et devait se persuader que le mec en qui bafouillait devant le tableau noir était une menace. Et franchement, c'était pas de la tarte.
Mais baisser sa garde aurait été stupide, parce que ce n'était pas parce qu'il était affaibli que Voldemort avait cessé d'être dangereux : alors Elisa afficha un sourire factice, et traîna Helen avec elle en direction de la porte :
– Tout à fait professeur, on ne voudrait pas que quoi que ce soit de dangereux arrive dans votre classe ! Ça serait irresponsable de notre part.
Derrière elle, elle entendit Cédric étouffer un reniflement incrédule. Elle l'ignora, poussant tout le monde vers la sortie tout en continuant à babiller :
– Je suis sûre qu'on pourra survivre sans cours de duel en Défense, vraiment. Au revoir professeur ! Désolée de vous avoir dérangé !
Et hop, ils se retrouvèrent dans le couloir, et Cédric referma la porte derrière eux en s'excusant platement auprès de Quirrell. A peine la porte s'était-elle refermée qu'Helen se tourna vers Elisa, un air presque maniaque sur le visage :
– Mais les duels Elisa ! Les duels !
– Tu refuserais une occasion éducative comme ça, Magister ? plaida Lee.
– Oh, ne soyez pas ridicules, aboya Elisa en croisant les bras. Vous voulez vraiment que Quirrell soit en charge d'un truc où on va se battre, vraiment ? Vous pensez que même s'il y consacre sa semaine, ça sera à moitié aussi bien que le truc que j'ai organisé sur un coup de tête en cinq minutes l'année dernière ?
Helen et Rhonda eurent l'air d'y réfléchir sérieusement, et Elisa redressa le menton avec orgueil. C'était bien de réaffirmer son autorité de temps en temps.
– On n'a pas été invité à ce tournoi, geignit Fred (ou George). C'était cruel de ta part, Lisa !
– Très cruel, approuva George (ou Fred). J'arrive pas à croire que t'ai pas invité les Gryffondor, Betty.
– Surtout nous ! Parce qu'on est amis, hein, pas vrai Ellie ?
Elisa roula des yeux :
– Vous êtes invité au prochain tournoi, Forge et Gred. Non, en fait, mieux : trouvez-nous une salle où on pourra s'entraîner. Lee, surveille-les. Helen, tu es présidente, recrute des membres. Discrètement. Et seulement dans notre année ! Rhonda, toi, tu es chargée de pousser tous les futurs membres à potasser leur manuel de Défense. C'est pas parce que nos profs sont nuls qu'on doit être complètement ignares le jour du tournoi.
Le regard de ses camarades s'était illuminé, et Cédric leva les yeux au ciel en marmonnant entre ses dents quelque chose comme « elle m'avait prévenu, pourquoi je suis surpris ? A quoi je m'attendais, de la rationalité ? ». Elisa décida généreusement de l'ignorer, et continua d'un ton pensif :
– Il nous faut une date. Qu'est-ce que vous pensez du sept de chaque mois ? On pourra pas commencer ce mois-ci, mais ça laissera aux gens le temps de s'entraîner pour le sept octobre.
– Je crois que je t'aime, fit l'un des jumeaux avec le plus grand sérieux.
– Je ne sortirais qu'avec le mec qui fera virer le prof de Défense, rétorqua dignement la Poufsouffle. Allez Cédric, viens avec moi, on va chercher un Préfet facilement corrompu pour nous couvrir.
Son ami Poufsouffle poussa un soupir de martyr, mais son regard brillait d'amusement quand il lui emboîta le pas. Elisa retint un sourire discret.
Elle ne savait pas qui avaient été les amis de Cédric dans l'intrigue canon, mais elle était absolument certaine qu'ils avaient mis moins d'animation qu'elle dans ce maudit château !
oOoOoOo
Ce qui était bien avec sa façon de changer le monde, musa Elisa, c'était qu'elle ne reposait pas sur Harry Potter. Sûr, si elle l'influençait, c'était bien. Et si elle améliorait sa vie, c'était encore mieux…
Mais bref. Sa façon de changer le monde ne s'appuyait pas sur Harry Potter mais sur tout un tas de trucs. Quelques évènements qu'elle empêcherait, comme ce qui se passerait quand le Trio irait à la recherche de la pierre, afin d'empêcher la résurrection de Voldemort si elle le pouvait. Et quelques éléments du canon qu'elle avait déjà changé, comme par exemple l'éducation des Nés-Moldus. Ses inventions innovantes, et le pognon qu'elle amassait petit à petit. Ses contacts dans différentes Maisons pour faire disparaitre les préjudices.
(Bon, ça, c'était encore un travail en cours, mais elle ne perdait pas espoir !)
Et puis il y avait les répercussions de ses actions, comme les autres clubs dont elle avait inspiré la création. Le club d'Histoire magique et moldue des Serdaigle : le club de football des Gryffondor : le club d'échecs des Serpentard : le cours d'Alchimie par correspondance organisé par les septièmes années de Serdaigle et Serpentard : et le club de magie druidique qui ne rassemblait que six élèves, tous descendant de familles pratiquant la magie fortement liée à la nature. Theodore Nott et les jumelles Patil étaient membres de ce club, et ils se saluaient civilement dans les couloirs Bien sûr, Malefoy compensait la politesse de Nott en étant deux fois plus odieux que n'importe quel autre gamin, mais eh, c'était déjà ça de pris. Elisa était pratiquement sûre que, dans le canon, aucun Serpentard de la promotion d'Harry n'avait jamais été aimable avec aucun Gryffondor !
Bref, elle avait beaucoup de trucs à gérer et à considérer, et réfléchissait constamment à ce que ses actions allaient entraîner comme conséquences. C'était la raison pour laquelle, alors qu'elle devait superviser le CEM, une part de son esprit était toujours occupée à réfléchir aux possibles moyens de voler le journal de Jedusor à Ginny Wealsey l'année prochaine, et qu'elle était un peu distraite. Au point que Takashi, en passant à côté d'elle pour aller aider Cho Chang à résoudre un exercice de maths, flanqua un coup de pied dans sa chaise.
Elisa battit désespérément des bras et rétablit son équilibre de justesse, avant de lancer un regard meurtrier au japonais. Puis elle réalisa qu'il n'avait pas complètement tort, et posa un regard penaud sur les élèves qu'elle était supposée superviser. Oups ?
Quoique, ils se supervisaient assez bien tous seuls, constata-t-elle en voyant Hermione compléter à toute allure son exercice sur l'évolution des vertébrés. Ce niveau était plutôt cool.
Comme Elisa saisissait extrêmement vite les cours de Takashi (ahah), elle pouvait cumuler la supervision des élèves de première année avec ses propres études de troisième niveau. Les deuxièmes années, au nombre de onze, étaient quant à eux supervisés par deux élèves de troisième année qui se relayaient (Raashid Hussain de Poufsouffle, et Aaron Woodbridge de Serdaigle). Et les troisièmes années, au nombre de treize, devaient se débrouiller tout seuls. S'ils butaient sur un obstacle, ils se tournaient généralement vers Takashi ou Heather.
Elisa parcouru du regard son groupe d'élèves. Quatre Poufsouffle, quatre Gryffondor, quatre Serdaigle, et une unique Serpentard, soit treize élèves au total, tous studieusement penchés sur leurs devoirs. Des devoirs de sciences naturelles, plus précisément.
– Fini ! chuchota Hermione avec excitation en passant sa feuille à Elisa.
Celle-ci haussa un sourcil, et parcourut les résultats d'un coup d'œil. Hermione avait bien classé tous les vertébrés sur l'arbre de la vie, coché toutes les bonnes réponses au test sur la sélection naturelle, et avait correctement répondu à la question sur la proximité du singe avec l'homme. Cette gamine avait un cerveau incroyable.
– Ça a l'air correct, approuva Elisa. Tu peux partir tout de suite, si tu veux. N'oublie pas de prendre la leçon de la semaine prochaine.
Comme deux heures par semaine ne suffisaient pas à faire rentrer tout un cursus scolaire dans le crâne des élèves, Elisa distribuait aux gamins des documents à lire pour la semaine suivante. Une petite dizaine de feuilles (rapide à écrire, avec une Plume à Papote et le parchemin duplicateur), contenant généralement le cœur de la leçon à voir. Les gamins apprenaient la leçon sur leur propre temps et, durant le CEM, ils discutaient du cours et faisaient des exercices.
Elisa passa donc les feuilles pour la séance suivante à Hermione, jetant au passage un coup d'œil au titre. Ah oui, ça serait les fractions, la semaine prochaine. Joie.
– Qu'est-ce que tu fais ? s'enquit Hermione avec curiosité en jetant un regard aux exercices d'Elisa.
La Poufsouffle inclina sa feuille pour lui montrer sa feuille de test sur les Lumières et leur influence tant en France qu'en Grande-Bretagne. Puis, comme Sue Li et Justin Finch-Fletchey avaient tous les deux terminé leur test, elle abandonna sa copie entre les mains avides de la petite Gryffondor pour corriger les exercices du reste de la classe.
Être prof n'était pas si mal, songea-t-elle distraitement en expliquant à Sue pourquoi les oiseaux étaient considérés comme plus proches de dinosaures que des tigres. C'était vraiment une carrière qu'elle devrait sérieusement envisager.
– C'est tellement intéressant ! babilla Hermione dont les yeux sautaient d'une ligne à l'autre sur la copie d'Elisa. J'ai hâte qu'on arrive à cette partie du cours ! Est-ce que je peux lire ta leçon, Elisa ? Je serai rapide, promis !
La Poufsouffle renifla avec amusement, rendant sa copie (notée Acceptable) à Sue Li, et entamant la correction de celle de Justin :
– Si tu veux. Mais si tu préfères, je peux te donner les prochaines leçons pour que tu prennes de l'avance.
– Vraiment ? couina Hermione avec ravissement.
– Bien sûr. Passe me voir, hum… Samedi ? Je devrais avoir quatre ou cinq leçons recopiées d'ici-là. Oh, et, est-ce que tu arrives à faire des recherches assez vite ?
La petite Gryffondor sembla se redresser de toute sa taille, les yeux écarquillés et plein d'espoir. Jusqu'ici, personne ne lui avait sans doute demandé d'aide, songea Elisa. Hermione voulait désespérément aider les gens et être appréciée, mais son attitude autoritaire repoussait ses pairs.
Oui, Elisa avait bien conscience que là, c'était l'hôpital qui se foutait de la charité. Niveau complexe d'autorité, elle n'avait pas son mot à dire…
– Oui ! Très vite, même ! Je suis super-douée !
Elisa prit le temps de rendre sa copie à Justin (notée Optimal) et de le féliciter pour ses réponses parfaites, avant de se retourner vers Hermione et de prendre un air sérieux :
– Est-ce que tu pourrais me trouver les livres parlant de la fabrication de balais volants ? Plus particulièrement, tout ce qui se réfère aux enchantements pour donner de la maniabilité du balai. C'est pour un projet personnel sur lequel je travaille, mais je n'ai pas le temps d'aller à la bibliothèque ce mois-ci.
Hermione rosit de bonheur, se mettant pratiquement au garde-à-vous, et la Poufsouffle se sentit mal d'exploiter la dévotion de cette gamine. Elle méritait de vrais amis, et tout ce qu'Elisa pouvait lui donner pour l'instant, c'était à peine quelques miettes d'attention et un peu de reconnaissance.
Hermione méritait mieux. Depuis combien de temps les cours avaient-ils commencés, un peu plus de trois semaines ? Et Hermione n'avait toujours aucun ami parmi les gens de son âge. Seule Tracey daignait se mettre en binôme avec elle pour les cours du CEM, mais elle refusait de s'associer publiquement avec la Née-Moldue. Ses camarades de dortoirs ne lui auraient sans doute pas pardonné une telle offense.
– Je m'y mets tout de suite ! s'exclama Hermione avant de se précipiter vers la sortie.
– Elle va passer sa vie à la bibliothèque, chuchota Seamus à Dean.
– Quoi, c'est pas déjà le cas ? répondit son ami sur le même ton.
– Elle est passionnée, fit Elisa d'un ton réprobateur. Allez, donnez-moi vos copies tous les deux. Ça vaut pour toi aussi, Sally.
Sally-Anne Perks, une petite Poufsouffle, lui passa sa copie avec un profond soupir, et Elisa la nota d'un Piètre avec un soupir. Sally-Anne avait un grand talent avec la magie, mais son orthographe laissait franchement à désirer. Elisa se demandait si elle n'était pas dyslexique… Mais elle-même n'était pas très au point sur les détails de ce trouble, alors elle ne pouvait pas y faire grand-chose.
Elle corrigea ensuite les copies de Dean Thomas (Effort Exceptionnel) et de Seamus Finnigan (Piètre), puis du reste de la classe, jusqu'à ce qu'il ne reste qu'Harry et Tracey, qui semblaient tous les deux attendre que l'autre rende sa feuille en premier afin de parler seul avec Elisa. Le reste du CEM commençait à évacuer la pièce, rendant leurs copies et bavardant joyeusement entre eux.
Le regard d'Elisa passa de Tracey à Harry, puis elle se décida :
– Tracey ? Besoin d'un coup de main ?
La gamine hésita, son regard allant d'Harry à Elisa, et le Survivant recula de quelques pas en regardant ailleurs. Rassurée, la petite Serpentard prit une grande inspiration :
– C'est à propos des leçons de vol !
– Oh, s'étonna Elisa. Vous les avez déjà commencées ?
Intérieurement, elle était en train de calculer frénétiquement les dates. Harry découvrait Touffu juste après les leçons de vol, non ? Puisque c'était à cause de ce qui s'y était passé que Malefoy le provoquait en duel… Ou quelque chose comme ça…
– J'ai horreur de ça, avoua Tracey. Mais le professeur Bibine dit qu'il me faut un motif suffisant pour en être dispensée. Alors j'ai pensé…
– … Que le CEM pourrait te faire une dispense ? compléta Elisa. Je ne pense pas, on n'a pas d'incompatibilité d'horaires. Mais tu peux demander une dispense si tu assistes un élève plus âgé avec un projet. Quand j'étais en première année, j'ai aidé Cécile Engelhorn, une élève de deux ans de plus que moi, pour un projet de Botanique : et je n'ai pas été obligée d'aller aux leçons de vol.
Le regard de Tracey s'était illuminé :
– Vraiment ?
– Vraiment, confirma Elisa. Demande à Heather, si tu veux. Elle est douée en tout.
– Merci, fut la petite Serpentard avec reconnaissance. Je vais lui demander tout de suite !
Elle détala, prenant à peine le temps d'emporter avec elle sa leçon pour la semaine prochaine. Elisa sourit, amusée par son enthousiasme, puis se tourna vers Harry. Celui-ci avait suivi Tracey des yeux, vaguement incrédule, se demandant sans doute comment on pouvait songer à abandonner le vol. Harry avait adoré voler, selon les livres.
– Alors les leçons de vol ont commencé ? fit innocemment la Poufsouffle. Ça explique les rumeurs qui circulent sur le fait qu'un Gryffondor et un Serpentard auraient fait des acrobaties aériennes sans supervision. Tu ne serais pas mêlé à ça par hasard ?
Elisa ne se tenait pas du tout au courant des rumeurs, mais il devait bien y avoir des murmures dans ce goût-là qui flottaient dans le château. Harry rougit jusqu'aux oreilles, et bégaya une défense incompréhensible. Elisa se contenta d'agiter la main :
– Relax. Tant que personne n'a été blessé, c'est bien. J'imagine que ce n'est pas Rogue qui vous a attrapés ? Parce que sinon, on aurait entendu parler de ça en détail. Il aurait enlevé un million de points à Gryffondor, et assigné le Serpentard coupable aux corvées les plus dégoûtantes de l'école pendant des mois.
– Quoi ? s'ébahit Harry. Mais il favorise tout le temps les Serpentard !
Elisa haussa les épaules :
– Chaque directeur de Maison favorise les siens. Sauf peut-être Chourave, parce qu'elle trouve ça injuste…
Ce qui était un parfaite exemple de l'équité des Poufsouffle : mais certains jours, Elisa aurait bien aimé avoir un avantage sur les autres Maisons en Botanique. Elle était douée dans cette matière, mais pas brillante.
– Je suis sûre que tu l'as remarqué, continua-t-elle d'un ton pensif. Par exemple, quand McGonagall tombe sur deux élèves en train de se battre, elle demande d'abord la version du Gryffondor, et si elle est particulièrement énervée, elle oublie de demander sa version au Serpentard, et elle attribue les punitions. Je ne pense pas qu'elle s'en rend compte elle-même, franchement, mais le résultat est quand même qu'elle donne plus de valeur aux Gryffondor qu'aux autres élèves. Flitwick fait un peu pareil avec les Serdaigle, il leur fait plus confiance qu'aux autres… Enfin bref, pour en revenir à Rogue, son favoritisme n'est pas si terrible. Tu n'as pas remarqué qu'il ne donne jamais de points aux élèves de Serpentard ?
Harry ouvrit la bouche, puis la referma. Apparemment, non, il n'avait pas remarqué. Elisa ne savait pas si cet élément avait été dans la saga originale ou non mais, au cours de ses trois années de scolarité à Poudlard, elle n'avait jamais vu Rogue attribuer un seul point à quiconque. Et elle avait vraiment été attentive…
– Revenons à cette histoire de balais, reprit-elle avec amusement. Qui a mis fin à vos acrobaties ? Dis-moi que c'était Flitwick. Je l'imagine bien, tout petit, en train de crier sur des élèves à plus de dix mères…
Harry gloussa.
– Non, c'était McGonagall.
Et il lui laissait une ouverture parfaite pour faire un petit discours sur le traitement exceptionnel que lui faisait McGonagall ! Magnifique.
– Pas de punition alors ? fit-elle avec un sourire vaguement amusé.
– Non, sourit Harry d'un air enchanté. Elle m'a même dit de…
Puis il s'interrompit, l'air alarmé, se rappelant sans doute que son admission dans l'équipe était un secret. Mais Elisa en avait entendu assez, et elle roula des yeux :
– Laisse-moi deviner, elle t'a félicité. Peut-être même récompensé ? J'espère qu'elle l'a fait loin des autres élèves, ça aurait été un peu cruel sinon.
– Hein ?
– Eh bien, tout le monde était enthousiaste à l'idée de voler, non ? exposa-t-elle en jouant machinalement avec sa baguette. Mais il n'y a que toi –et l'autre Serpentard, j'imagine– qui a profité de l'absence de madame Bibine pour faire des acrobaties. Et tu as été récompensé pour ça, mais… Personne n'a offert aux autres élèves la même chance, non ? Donc ça aurait été assez malpoli de la part de McGonagall de te féliciter devant eux pour avoir brisé les règles, en ignorant ceux qui avaient obéi aux consignes.
Harry avait l'air effaré, et Elisa se sentit coupable de lui avoir montré cet aspect de la réalité. Mais changer le monde, ça passait aussi par ça : pointer l'évidence à côté de laquelle le Survivant était passé dans la saga canon, et espérer que ça le pousse dans la bonne direction.
– Oh, murmura Harry en baissant les yeux. Je n'avais pas réalisé…
– Ce n'est pas grave, le rassura Elisa. McGonagall favorise les Gryffondor, c'est un fait. Et puis, en plus, tu es Harry Potter. Les profs ne vont pas te noter mieux, mais ils vont quand même être plus enclins à faire des exceptions pour toi. Être plus tolérants si tu brises une règle, ou même l'abroger pour toi… C'est quelque chose qui risque d'arriver souvent pendant ta scolarité.
Le visage d'Harry s'affaissa :
– Mais je ne veux pas être exceptionnel !
Ce n'était qu'un gamin, pensa Elisa en s'avançant dans sa chaise pour se pencher vers lui. Il n'avait que onze ans, pour l'amour du ciel. Dans la saga, il avait été si naïf, si heureux d'être choisi comme Attrapeur, sans une pensée pour ce que ça pouvait vouloir dire. Est-ce qu'elle ne faisait pas plus de mal que de bien, en lui expliquant que ça n'était pas forcément une bonne chose ?
Non. Elle devait le lui dire. Il s'en remettrait. Et surtout, il devait prendre conscience qu'on le traitait de manière particulière, et il devait prendre conscience des sentiments que ça inspirait aux gens. Dans les livres, il avait été blessé mais surtout surpris par la méfiance ou la jalousie de ses camarades : et si Elisa lui expliquait dès maintenant pourquoi les gens risquaient de le juger ainsi… Eh bien. Peut-être qu'Harry essaierait de s'expliquer aux autres, au lieu d'être pris au dépourvu quand leur ressentiment ou leur incompréhension exploserait. Peut-être que l'histoire se passerait différemment.
– Tu es exceptionnel, dit-elle doucement. C'est comme ça, tu n'y peux rien. Mais les gens ne savent pas que tu n'as pas envie de ça. Ils savent juste que tu as un traitement de faveur, et… Ils peuvent être blessés de ne pas être traités comme ça. Ou jaloux. Ou en colère.
Harry baissa la tête, abattu, et Elisa lui donna une petite pichenette sur le haut du crâne, esquissant un sourire réconfortant :
– Hey, ne sois pas si déprimé. Tes amis savent que tu ne cherches pas ce traitement de faveur, parce qu'ils te connaissent. Et c'est le plus important, non ? Si les gens te connaissent, ils vont plutôt penser Harry est quelqu'un de gentil, il a probablement mérité sa chance, plutôt que quelque chose comme Potter ne fait jamais rien mais il est quand même récompensé. Fais-toi connaitre comme une personne et pas juste comme un nom, et tu verras, la vision des gens va changer.
– Je vais… Je vais essayer, finit par marmonner Harry.
– Ce n'est pas si difficile, l'encouragea Elisa. Tu peux leur proposer de faire vos devoirs ensemble, et parler de vos projets de vacances ou de ce que vous aimerez faire plus tard comme métier. Tu peux leur demander, je ne sais pas moi, ce qu'ils ont pensé de telle ou telle leçon, s'ils veulent bien te donner un coup de main pour un exercice, s'ils ont une équipe de Quidditch préférée, s'ils pratiquent un sport.
Le petit garçon hocha pensivement la tête. Il ne semblait plus aussi déprimé, mais il avait quand même l'air grave, presque contemplatif. Apparemment, Elisa lui avait donné beaucoup à réfléchir. La Poufsouffle se félicita mentalement d'avoir fait un peu plus déraillé le canon, puis s'accouda sur la table et demanda avec une curiosité non-feinte :
– Et sinon, tu voulais me parler de quelque chose ?
– Hum ? sursauta Harry. Ah, oui. Euh… Je me posais des questions sur les créatures magiques, et euh… Est-ce que ça existe, les chiens avec plusieurs têtes ?
Une bouffée d'affection emplit sa poitrine. Il était venu la voir elle. Pas Hagrid. Il était venu la voir elle, Elisabeth Bishop, quand il avait eu besoin de conseils. Elle avait envie de le serrer dans ses bras, de lui dire merci de lui accorder une telle confiance, de lui jurer qu'elle s'en montrerait digne et qu'elle le protégerait.
Elle n'en fit rien. Elle ne tenait pas non plus à passer pour une dingue.
Oh, et puis, elle devait applaudir sa subtilité. La question était presque complètement naturelle. On n'aurait pratiquement pas pu deviner qu'il venait de faire la rencontre de Touffu.
– Les animaux à plusieurs têtes sont assez rares, fit-elle mine de réfléchir. Il y a les Cerbères, qui sont de gigantesques chiens à trois têtes : les Runespoors sont des serpents à trois têtes aussi, et… Mis à part ça, je ne sais pas. Mais si tu te poses des questions sur les animaux magiques, tu devrais aller voir Hagrid, ou le professeur Brûlopot.
– Cerbère, se murmura Harry. Merci, Elisa !
– De rien. Et n'oublie pas ta leçon !
Le Survivant embarqua ses papiers et s'en alla après un dernier signe de main, et Elisa s'appuya contre son dossier avec un soupir. L'intrigue continuait. La nomination au poste d'Attrapeur, la découverte de Touffu, et… C'était quoi, le prochain évènement majeur ? Ah oui, le troll.
Bah, elle avait jusqu'à Halloween pour s'en préoccuper, non ?
oOoOoOo
La première séance du club de duel illégal (ou, comme Helen préférait l'appeler, le Championnat Mensuel des Duellistes de Poudlard, ce qui avait été rapidement abrégé par les jumeaux Weasley en Grand Challenge, puis en Challenge tout court, et c'était ce nom-là qui allait sans doute rester) eut lieu le septième jour du mois d'octobre, soit un mardi après-midi.
Helen avait rassemblé trente-et-un élèves. Tous les Poufsouffle étaient venus, et tous les Gryffondor. L'immense majorité des Serdaigle aussi. Parmi les Serpentard, seuls les quatre amis d'Elisa (Heather, Tabitha, Terence, et Adrian) étaient présents.
Ce n'était pas surprenant : les autres Serpentard étaient des amis de Warrington… Et il y avait une règle implicite dans leur promotion selon laquelle on n'invitait jamais la bande de Warrington à un évènement auquel participaient des Nés-Moldus en général, et Elisa et ses amis en particulier. Depuis la première année, Elisa et Warrington ne pouvaient pas se supporter.
Mais passons.
– Est-ce que tu as écrit un règlement ? s'effara Trisha en voyant Elisa coller au mur une large affiche.
– Il est assez court, la rassura Elisa. Mais il faut bien quelques règles pour que ça ne devienne pas le chaos.
– De quoi t'as peur, qu'on se fasse virer de la salle ? se moqua Lee Jordan en passant derrière elle. Personne ne sait qu'on est là !
Le siège du Challenge était une ancienne salle de Divination, qui s'étendait sur deux niveaux : une salle ronde qui épousait la forme de la tour dans laquelle elle se situait, et une large galerie à balustrade de bois qui faisait le tour de la pièce à trois mètres de hauteur. Le plafond était très haut, presque six mètres, et donnait à l'endroit un air de cathédrale. La pièce était assez grande : une fois que les coussins, tables, chaises et rideau avaient été ôtés, ça faisait une arène tout à fait convenable.
– Thatcham, tu as mis des Sortilèges de Discrétion pour que le bruit ne quitte pas la salle ? vérifia Helen auprès d'Heather, qui hocha la tête. Parfait, alors c'est parti. Sonorus ! ECOUTEZ-MOI, TAS DE LARVES !
Elisa grogna et se cacha le visage dans les mains. Helen n'avait aucun tact.
– BIENVENUE AU CHAMPIONNAT MENSUEL DES DUELLISTES DE POUDLARD ! brailla la Serdaigle surexcitée.
Il y eut une ovation assourdissante. Helen continua joyeusement :
– LES RÈGLES SONT SIMPLES ! PAS DE MAGIE NOIRE, PAS DE RUNES, PAS DE CRÉATURES MAGIQUES, PAS DE POTIONS, PAS DE CONTACTS PHYSIQUES ! SEULS LES SORTS ET MALÉFICES SONT AUTORISÉS ! BREF, LES PARAMÈTRES CLASSIQUES DES VRAIS DUELS DE SORCIERS !
La petite foule hurla et applaudit, et Elisa elle-même se sentit sourire d'une oreille à l'autre en sautillant sur place, gagnée par l'enthousiasme. Helen continua sur la lancée, brandissant un index autoritaire :
– CECI EST UN TOURNOI ! CHACUN A DROIT A UN MATCH PAR MANCHE. SEULS CEUX QUI ONT GAGNÉ LEUR MATCH PEUVENT PASSER À LA SECONDE MANCHE, ET SEULS LES VAINQUEURS DE LA SECONDE MANCHE PEUVENT PASSER À LA TROISIÈME ! COMPRIS ?
– OUIIIIII ! rugit la foule.
– ALORS C'EST PARTI ! L'ORDRE DE PASSAGE ET LES NOMS DES ADVERSAIRES VONT S'AFFICHER SUR CE TABLEAU ENCHANTÉ –merci beaucoup à Heather et Takashi pour ça– ET TOUS CEUX QUI NE SE BATTENT PAS, DÉGAGEZ L'ARÈNE ! EXÉCUTION !
Le tableau noir cloué à l'un des murs s'illumina, puis afficha WEASLEY VS WEASLEY. Sous un tonnerre d'applaudissements, de hurlements et de sifflet, les jumeaux s'avancèrent au milieu de l'arène en saluant la foule, ravis d'être au centre de l'attention. Le public trépignait et bondissait si fort, dans la galerie, qu'Elisa craignit un instant que le frêle balcon ne s'effondre.
– COMMENCEZ ! hurla Helen.
Aussitôt, les sorts fusèrent.
Un duel de sorciers n'est jamais long. Un bon duelliste dure cinq minutes au maximum : un excellent duelliste ne peut pas durer plus de dix minutes. Un tas d'élèves débutants ? Deux minutes tout au plus. Tirer, parer, esquiver, bondir… Comme un match d'escrime, c'est vite fatigant et à chaque seconde qui passe, l'adversaire est plus susceptible de faire des erreurs. Fred et George avaient un bon niveau et des mouvements très similaires, mais au bout d'un moment l'un d'eux réussi à passer sous la garde de l'autre et à le désarmer d'un geste vif. Le vaincu s'inclina, beau joueur : et ils quittèrent l'arène tandis qu'un autre duo prenait leur place, frémissant d'excitation.
Elisa avait peine à garder le fil de ceux qui gagnaient et de ceux qui perdaient, tant c'était rapide. Attaque, défense, éclairs de lumière, et boum, c'était fini tout d'un coup. Leur plus long match, entre Cédric et Lee Jordan, dura deux minutes chrono : et le match le plus court, entre Helen et Alicia Spinnet, dura six secondes à peine ! Le match d'Elisa elle-même, qui l'amena face à Aaron Woodbridge, dura à peine plus d'une minute et ce fut si rapide qu'elle réalisa à peine qu'elle avait gagné. Elle se sentait survoltée et euphorique, entraînée par les cris enthousiastes de la foule et le rythme effréné de chaque match.
Parfois être à Poudlard ne se résumait pas à réfléchir à comment changer le monde. Parfois, c'était juste ça : faire des trucs stupides avec ses amis, rire, s'amuser, se déchaîner, et profiter de la vie.
Une fois que tout le monde se soit fait botter les fesses (ou ait botté les fesses de quelqu'un), Helen reprit son Sonorus et lança le début de la seconde manche. Rassemblés autour de George (ou, du moins, de celui des jumeaux qui avait perdu), les élèves éliminés au cours de la première manche se mirent à parier avec enthousiasme.
Cette fois Elisa se retrouva à affronter Rhonda Flatbury, la meilleure amie d'Helen, et se fit écraser en vingt secondes. Elle rejoignit de bon cœur le coin des perdants, et se mit à parier sur le succès de Trisha et de Cédric.
Trisha se fit éliminer dans la seconde manche, elle aussi, par Adrian Pucey : mais Cédric tint jusqu'à la troisième manche, où il se fit éliminer par Helen elle-même. La quatrième manche était la finale, et vit Helen affronter Terence Higgs.
Terence n'était que le quatrième meilleur élève de leur année (après, dans l'ordre : Heather, Takashi, et Cédric). Mais ce que les gens ne réalisaient généralement pas à son propos, c'était qu'il n'était que quatrième parce qu'il partageait son attention entre des dizaines de sujets différents. Terence était très polyvalent.
Mais quand il focalisait toute son attention sur une seule tâche, une seule matière… Eh bien. Disons qu'il ne fallait pas le prendre à la légère. Les sorts volèrent partout dans un fracas de sifflements et d'explosions, et les spectateurs rugissaient d'enthousiasme en continu. Elisa n'était pas en reste, hurlant à s'en casser la voix : et quand Helen réussit à désarmer Terence de justesse, l'ovation qui en résulta fit presque trembler les murs.
Il fallut presque cinq minutes pour faire revenir le calme.
– C'est une chance qu'on ne fasse ça que tous les mois, fit Trisha sur le ton de la conversation tandis que tout le monde se calmait dans l'arène et qu'Helen montait sur une estrade improvisée. Je crois que sinon, on n'aurait plus de cordes vocales avant décembre.
– Avoue, c'était vraiment cool ! sourit Elisa qui avait toujours l'impression d'être remplie d'énergie. Moi, ça ne me dérangerait pas de faire ça plus souvent !
Et elle n'arrivait pas à croire qu'elle n'ait jamais eu l'idée de faire ça avant. Bon sang, ça avait été tellement génial !
– C'est noté, fit Helen depuis son estrade d'où elle les toisait tous. Maintenant, comme ça fait une heure et demie qu'on est là, on n'a pas beaucoup de temps avant de devoir retourner en cours. Les Serdaigle et les Poufsouffle ont Potions dans trois quarts d'heure, pour information.
Sa queue-de-cheval défaite et ses cheveux blond-roux en pétard, Helen n'avait jamais semblé autant rayonner de bonheur. Elle avait le visage vrillant de sueur et son uniforme était tout froissé, avec sa robe de travers et sa cravate défaite, et ses yeux brillaient de fierté et d'excitation.
– Donc ! reprit la Serdaigle en croisant les bras. Est-ce que quelqu'un a des questions sur l'un des sorts utilisés au cours du tournoi ?
Une main se leva du côté des Serdaigle :
– Qu'est-ce que tu as utilisé pour me faire tomber ? demanda Aaron Woodbridge en se tournant vers Elisa. Ce n'est pas un sort que je connais.
– Oh, ça se rappela la Poufsouffle. Je l'ai inventé, ça augmente la gravité. C'est l'inverse du sort utilisé pour faire flotter les balais de Quidditch. C'est un sort à courte durée, mais parfait pour faire trébucher quelqu'un.
– Tu l'as inventé ? fit quelqu'un d'un air incrédule.
Helen roula des yeux :
– Si vous voulez harceler notre chère Magister de questions, faites-le plus tard. Pas d'autres questions sur les sorts utilisés ? Parfait. Bon, maintenant… Si vous voulez vous entraîner avant le prochain tournoi, le sept novembre, vous pouvez venir dans cette salle… A condition de ne révéler son existence à personne hors des membres du Challenge ! C'est clair ? Et interdiction d'en parler aussi aux profs ! S'il y en a un qui moufte, je lui extirpe la langue par les rotules, Magister le dépèce, et les jumeaux Weasley utiliseront ses organes comme décorations d'Halloween !
– Waouh, brutal, murmura Trisha derrière Elisa.
– Pourquoi c'est moi qui le dépècerai ? déplora Elisa. Je suis une pacifiste !
– Vu l'étendue de tes connaissances en matière de sorts bizarres, personne ne serait étonné si tu connaissais un sort de Dépeçage, se contenta de dire Helen.
Elisa ouvrit la bouche, puis la referma. Effectivement. Non, elle ne connaissait pas de sort de dépeçage : mais maintenant que l'idée était lancée, elle allait certainement se renseigner. Et puis, elle n'était pas vraiment fâchée que sa réputation de « puits de savoir » inspire un peu de crainte.
Ça faisait rentrer tout le monde dans le rang.
– Parfait ! déclara Helen avec satisfaction quand personne ne pipa mot. Maintenant, quelques mots avant que tout le monde ne file. Higgs, c'était génial, j'ai hâte qu'on ait une revanche. Thatcham, rassemble quelques personnes douées en Sortilèges et renforce le balcon s'il-te-plaît, j'ai bien cru qu'il allait s'écrouler. Cédric, Jordan, vous avez tous les deux la même tendance à privilégier la défensive à l'offensive, travaillez là-dessus. Elisa, la prochaine fois que tu as inventé un sort et que tu veux le balancer à quelqu'un en plein duel, tu m'en parles avant.
– Je ne jetterai jamais quelque chose de dangereux ! s'indigna la Poufsouffle.
– Je sais, fit patiemment Helen. Mais ça aurait pu être contraire aux règles d'un duel de sorcier, ou endommager le sol et donc fausser la donne pour le match suivant, tu vois ce que je veux dire ?
Elisa se sentit soudain très stupide. Elle n'y avait pas pensé une seule seconde. Elle avait vu une ouverture, avait pensé il faut qu'il trébuche ! Et boum, elle avait tiré sans réfléchir.
Oh, elle savait que son sort était inoffensif. Elle l'avait créé en décomposant le sort faisant flotter son hoverboard, et en se demandant si elle pouvait l'inverser, juste pour le fun. Ensuite, elle avait juste testé sur des trucs inanimés et quelques bestioles que Dracarys lui avait ramenées. Mais ça restait un sort tout récent, peu éprouvé. Elle savait que c'était sans danger sur un humain, mais… Et s'il y avait d'autres effets auxquels elle n'avait pas pensé ? Elle n'avait pas fait tant de test que ça ! Ce n'était pas pour rien que les procédures scientifiques nécessitaient autant d'expériences !
– D'accord, murmura-t-elle. Tu as raison.
– Ne fais pas cette tête, fit Helen avec un sourire un peu forcé. Même le grand Magister ne peut pas tout savoir.
Comme d'habitude, l'utilisation du surnom fit rouler des yeux à Elisa, et l'atmosphère se détendit. Helen continua son discours, pointant plusieurs élèves qui n'avaient utilisé aucune défense et leur demandant s'ils connaissaient des sorts défensifs (la réponse était souvent : non), tandis qu'Elisa se résolvait à tester davantage son sort augmentateur de gravité. Hum, c'était un nom un peu long, pour un truc dont l'incantation était juste Ponderatus.
Mais Helen avait raison : même le Magister ne sait pas tout. Et dans ce cas, il lui faut rectifier son erreur.
Le surnom de « Magister » était assez adapté, réalisa soudain Elisa. Chez les sorciers, Magister était un titre vieillot donné à un expert, qui avait de ce fait autorité sur les autres personnes étudiant ce même domaine. C'était un rang un peu plus élevé que celui de simple professeur. Par exemple, Rogue était un Magister dans le domaine des Potions. C'est pour cela qu'on l'appelait « le maître des potions », et pas juste « le prof de potions ». C'était un titre qui dénotait une compétence supérieure.
Le titre de Magister était vraiment désuet, cela dit. Adrian Pucey (le premier à avoir surnommé Elisa ainsi) l'avait utilisé essentiellement parce qu'Elisa avait pris un air pompeux en expliquant le principe des plumes rechargeables à ses camarades, durant leur première année. C'était une moquerie, à l'origine : mais les autres élèves avaient adopté le surnom en guise de taquinerie, puis de pseudonyme affectueux, et… C'était resté.
Mais l'important était qu'un Magister était une personne de savoir. Et quand on pointait une lacune dans ses connaissances, une personne de savoir se devait d'y remédier, non ?
– Parfait ! finit par s'exclamer Helen. Maintenant, dispersion, tout le monde ! On a une demi-heure avant le début des Potions et il faut tous qu'on prenne une douche si on ne veut pas que Rogue arrive à renifler le complot sur nous !
– Il peut renifler les complots ? demanda étourdiment Gabriel Tate, un Poufsouffle.
– Avec un nez pareil tout est possible, firent les jumeaux Weasley en chœur.
Elisa se contenta de rouler des yeux, et se dirigea vers la sortie avec le reste du groupe. Une toilette rapide, un cours de Potions, puis un cours d'Astronomie, et… Elle se mettrait à la recherche d'une bestiole quelconque pour tester le Ponderatus à nouveau.
Avec un peu de chance, elle chopperait Peter Pettigrew au passage…
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Tadaam ! Je me disais que pour l'instant, la fic manquais d'action, donc z'avez droit à un club de duel. Je ne l'avais honnêtement pas prévu dans l'intrigue, mais après avoir créé le personnage d'Helen... J'ai craqué x)
Enfin bref. Vous avez aimé ? =)
