Merci pour toutes vos reviews, je ne pense pas en avoir eu autant pour un seul chapitre ^^

Un grand merci à Keep Calm and Love Reading qui a corrigé le chapitre et m'a aidée à le rendre plus réel.

Boone lecture !


CHAPITRE 4 :

TRIS POV

Je sais que mes joues qui étaient rouges d'embarras et de gêne sont devenues pâles, tout comme le reste de mon visage.

Je connais ce visage parce que ça fait deux semaines que je le vois. Je connais ces yeux parce que j'y ai vu un grand nombre d'émotions et le plus souvent, c'était de la colère.

Il n'a pas encore levé les yeux de son téléphone et je me dis que je devrais peut-être partir en courant avant qu'il ne me remarque.

Mais maintenant, c'est trop tard. Il a levé la tête et ses yeux se posent sur moi.

« Tris ? Qu'est-ce que tu fais là ?

- Hum...

- Ne reste pas ici. J'attends quelqu'un et déjà que je suis ici parce qu'on m'a forcé, je ne veux que tu rendes cette soirée encore plus insupportable.

- Oui, ça je le sais. »

Son visage se décompose car je pense qu'il a compris.

« Ne me dis pas que...

- On devrait tout les deux apprendre à mieux choisir nos amis. », dis-je en m'asseyant.

Il bascule sa tête en arrière en passant sa main sur son visage. Puis il se lève brusquement.

« Je dois passer un coup de fil.

- Si tu veux partir, dis-le moi tout de suite. J'ai pas envie de t'attendre pendant deux heures pour qu'au final, tu ne reviennes pas.

- Ne commence pas... »

Il sort son téléphone puis sort du restaurant, me laissant seule à la table. Je veux sortir mon téléphone pour appeler Uriah et lui passer un savon quand je me rends compte que lorsque Christina m'a poussée hors de la maison de peur que je sois en retard, j'ai oublié mon téléphone que j'ai laissé charger dans la cuisine.

J'ai envie de partir, vraiment. Mais si Uriah apprends que je ne suis pas restée, il va continuer à essayer de me caser avec d'autres amis alors que si ce soir est un vrai fiasco- et je sais que ça va être le cas- il va peut-être se sentir mal de m'avoir mise dans cette position et décidera de me laisser tranquille.

Au bout de dix minutes, Tobias n'est toujours pas venu. Je pourrais penser qu'il est parti mais je le vois à travers la vitre et il est toujours au téléphone. Sa conversation a l'air très tendue.

J'attrape la salière et verse un peu de sel sur la table puis fait des dessins avec. Le serveur s'avance pour me prendre ma commande mais je lui dit que je ne sais pas ce que Tobias veut et il repart. Je commence à m'impatienter et mon ventre grogne. Pourquoi j'ai accepté ?

Après dix minutes supplémentaires, Tobias apparaît enfin.

« Qu'est-ce que tu faisais ?

- En quoi ça te regarde ?

- Tu m'as fait attendre vingts minutes alors je pense que je mérite une explication.

- Je parlais à Zeke. Satisfaite ?

- Dès que tout ça est fini, on n'aura plus besoin de se revoir ou passer du temps ensemble. Tu ne peux pas faire un effort pendant une soirée au moins ? »

Il soupire. Ça ne lui fait pas plaisir d'être là mais il est coincé ici avec moi alors autant essayer de passer une soirée en se comportant comme deux personnes civilisées.

Le serveur revient pour commander nos boissons. Je regarde autour du restaurant pour éviter de poser les yeux sur Tobias.

Malgré le fait qu'il soit égoïste, arrogant, prétentieux, etc..., il est aussi un très bel homme. N'importe qui peut le dire. Il est à tomber en costume et donne une bonne première impression de lui. Mais ça, c'est avant qu'il n'ouvre la bouche pour parler.

« Depuis quand tu es amie avec Uriah ? »

Je me tourne vers lui, surprise qu'il m'adresse la parole.

« Un bon moment... vingt ans à peu près. Et toi ?

- J'ai rencontré Zeke au collège et Uriah un peu après.

- Maintenant que j'y pense, je trouve ça étrange qu'on ne se soit jamais rencontrés chez eux avant.

- Je ne vais jamais aux soirées des Pedrad. Je déteste ça et j'ai trop de travail pour me le permettre.

- Ah...

- Tu y vas souvent ?

- Il y a quelques années je n'avais pas le droit, mes parents étaient très stricts sur ça. ' Tu vis sous notre toit, tu te plies à nos règles.'

- Donc tu as pris ton appartement.

- Non. J'adorais vivre avec mes parents mais ensuite, il s'est passé quelque chose et je devais quitter la maison. »

La boule dans ma gorge grossit de plus en plus et j'ai du mal à retenir mes larmes.

« Ils t'ont mis dehors ? Demande-t-il mais je sens une pointe de compassion dans sa voix.

- Non, je suis partie, je le devais... Mon ex-copain s'est suicidé il y a deux ans. Je devais changer d'environnement. »

J'essuie une larme au bord de mes paupières.

« Oublie ce que j'ai dit. Je n'aurais pas dû te le dire.

- Pourquoi pas ?

- Parce qu'on ne peut pas se considérer amis et je suis là à pleurer...

- Je pense que changer de sujet te ferrait du bien. Par exemple, parle moi un peu de ta famille.

- Comme si ça t'intéressait...

- Fais un effort. »

Je soupire, agacée et embarrassée de la tournure que prend notre conversation.

« J'ai un frère. »

Il attend une réponse mais je n'ai rien d'autre à ajouter. Il ouvre la bouche pour répliquer mais le serveur vient prendre notre commande.

« Je prendrai le plat du chef. »

Il note ça sur son papier puis se tourne vers moi.

« Et pour vous madame ? La même chose que pour votre petit ami ? »

Je mords ma lèvre inférieure.

« Ce n'est pas mon petit ami, juste un collègue.

- Oh pardon... »

Le serveur me sourit puis relève son papier pour me rappeler que je n'ai pas commandé.

« Je prends la même chose. »

Il reprend nos cartes puis repart non sans s'excuser encore une fois. J'hésite à croiser le regard de Tobias mais je ne pourrai pas l'éviter toute la soirée.

« Ta réponse est loin d'être suffisante, dit-il.

- Quelle réponse ? Demandé-je en levant les yeux.

- 'J'ai un frère' », continue-t-il avec une voix plus aiguë.

Je le fusille du regard mais réponds quand même.

« Mais tu t'en fiches de toute façon alors pourquoi s'attarder la dessus ?

- Je veux juste parler. Le temps passera beaucoup plus vite si on se trouve un sujet de conversation..

- Oui... sans doutes... »

Le silence qui s'installe est long, gênant et pesant. Je commence à tripoter ma fourchette en piquant le bout des mes doigts.

« Je reviens dans 5 minutes... », dis-je en même temps qu'il dit : « Pourquoi as-tu choisi cette entreprise ? »

Nous sourions mais je m'excuse pour aller aux toilettes. J'attends que la femme avant moi finisse. En attendant, je regarde mon reflet dans le miroir en soupirant. Je passe mes doigts dans mes cheveux pour les aplatir un petit peu puis nettoie un peu de mascara qui a légèrement coulé tout à l'heure. Je me retrouve debout devant ce même miroir à me demander pourquoi je fais attention à mon apparence. Je sursaute lorsque la porte des toilettes s'ouvre. La femme me sourit en tenant la main de sa fille qui doit avoir dans les trois-quatre ans.

Je retourne à ma table quelques minutes plus tard où Tobias tape la table en rythme du bout des doigts.

« Tu en as mis du temps.

- J'ai dû partir dix minutes maximum et ce n'est pas ma faute, il y avait une femme avec sa fille avant moi. », dis-je en regardant la fameuse femme assise à quelques tables avec son mari et l'enfant.

Tobias tourne la tête vers la table en souriant. Il croise le regard de la petite fille qui sourit. Il sourit à son tour avec un petit signe de la main. Les parents s'interrogent lorsque leur fille fait un salut de la main mais leurs visages se détendent quand ils voient que c'est à cause de Tobias.

J'observe la scène devant moi, découvrant une nouvelle facette de Tobias. Cet homme m'intrigue. Une fois, il est immonde envers les autres mais il peut aussi être adorable.

« J'ai toujours voulu des enfants, dit-il en me sortant de mon état second.

- C'est vrai ?

- Oui. Mais ça n'arrivera pas...

- Pourquoi tu dis ça ? Tu n'as même pas 30 ans.

- C'est un peu compliqué... »

Je laisse tomber parce que je n'ai vraiment pas envie de gâcher cette soirée qui pour l'instant se passe plutôt bien.

Nos plats arrivent. Le serveur me sourit puis je le vois glisser quelque chose discrètement sous mon assiette alors que Tobias regarde la carte des vins une dernière fois. Je déplie le papier sur mes genoux.

Je pensais avoir ma chance...
Léo

Le mot est suivi d'un numéro de téléphone. Je lève les yeux juste à temps pour le voir me faire un clin d'œil. Je rougis en baissant les yeux et glisse le papier discrètement dans mon sac. Tobias choisit un vin sans me demander mon avis mais ça ne me dérange pas, j'apprécie les bons vins mais je ne pourrais pas en choisir un en fonction du repas. Ce qui me dérange en revanche, c'est ce qu'il vient de se produire. Je suis vraiment gênée du fait que le serveur- Léo- ait pu faire ça. Je lui ai dit que Tobias n'était qu'un collègue mais ce n'est pas pour ça que je l'ai fait.

« Tris ?

- Uhm ? Oh pardon, j'étais ailleurs.

- C'est ce que j'ai cru voir. Ça t'arrive souvent ça. »

Ses paroles, bien qu'elles puissent paraître désagréables, ne sont pas dit sur un ton sec. Au contraire, il a un sourire au coin des lèvres. Il prend une bouchée du repas puis repose ses couverts.

« Maintenant explique-moi parce que je veux vraiment savoir pourquoi tu as accepté ce rendez-vous ?

- Eh bien... »

Je pose mes couverts à mon tour et essuie ma bouche avec ma serviette.

« Je pense que tu connais assez Uriah pour savoir que lorsqu'il a une idée derrière la tête, il la tient. Je crois qu'il a peur que je finisse ma vie seule.

- Il s'inquiète beaucoup pour toi ?

- Un peu trop à mon goût. J'ai déjà un frère très protecteur alors avec Uriah et Zeke, j'ai l'impression d'étouffer.

- Mais ils t'ont arrangé un rendez-vous. Un grand frère protecteur ne ferrait pas ça.

- Oui... et toi ? Demandé-je pour passer l'attention sur lui.

- Moi ?

- Pourquoi tu as accepté ce rendez-vous ?

- Zeke, affirme-t-il comme si c'était évident. Ça fait des mois qu'il essaie alors j'ai finalement accepté pour qu'il me laisse tranquille.

- Pourtant ton père m'a dit que tu avais déjà une copine.

- Mes parents ne l'aiment pas, ils... »

Il est interrompu par le serveur qui ramène la bouteille de vin.

« Ils n'arrêtent pas de me dire que je fais une erreur avec elle, ils refusent de nous inviter chez eux si elle est présente.

- Tu dois vraiment l'aimer si tu la choisis à tes parents. »

Il ne répond pas mais hoche la tête.

« Je ne comprends toujours pas. Si tu l'aimes ta copine, pourquoi tu es là ?

- Je te l'ai dit, Zeke a...

- C'est des conneries ça. Tu ne serais pas là si tu l'aimes.

- En quoi ça te regarde ?

- Je suis bloquée ici avec toi et je ne veux pas fragiliser un couple.

- T'en fais pas, elle n'est pas au courant.

- Quoi ? », m'offusqué-je en haussant le ton.

Tout le monde se retourne autour de nous et je m'excuse. Mais je retourne mon attention vers Tobias avec un regard noir.

« J'arrive pas à croire ça. Tu ne lui as rien dit ?

- Qu'est-ce que tu voulais que je dise ? 'Je vais à un rendez-vous avec une amie à Zeke parce qu'il ne t'aime pas et qu'il veut me caser avec quelqu'un d'autre.' C'est sûr que c'est une bonne explication.

- Tu aurais toujours pu dire que la soirée n'ira pas plus loin et que le dîner sera en toute amitié, même si je ne pense pas que le mot amitié puisse définir ce qu'il y a entre nous. Tu atteins un nouveau niveau dans mon estime, malheureusement c'est un niveau plus bas.

- Tout ce qu'elle ne sait pas ne peut pas lui faire mal.

- Vive la confiance ! Elle est belle votre relation ! Dis-je sarcastiquement.

- De quel droit tu te permets de me juger ? Coupe-t-il avec un regard glacial.

- Je sais ce que le mensonge fait à un couple. Mon copain me mentait toujours quand je lui demandais si ça allait bien mais aussi pour plein d'autres choses. Résultat, j'ai eu le droit de parler pendant son enterrement !

- Ou alors, tu étais tellement chiante et ton envie de tout contrôler l'a poussé au suicide ! », réplique-t-il froidement.

Ses propos sont comme un coup de couteau dans mon ventre. Je sens les larmes remplir mes yeux alors que ma respiration est haletante. Son visage passe de la colère au remords mais c'est trop tard.

« Je suis désolé Tris, je ne sais pas ce qu'il m'a pris.

- Ferme-là ! Je n'arrive pas à croire que tu aies pu dire ça ! »

Je me lève en récupérant mes affaires puis sors du restaurant en laissant derrière moi un plat à peine entamé et un homme exécrable. Je continue d'essuyer mes larmes sans faire attention au regard inquiet du serveur ni à Tobias qui m'appelle une fois, deux fois.

Je m'installe dans la voiture et éclate en sanglot. Je place mon front contre le volant alors que mes épaules sursautent. J'aimais Théo et même si j'ai fait mon deuil, je sais qu'une part de moi l'aime encore. Le douleur est toujours vive dans ma poitrine même si cela fait déjà deux ans que j'ai eu l'appel de sa mère.

Deux petits coups sont faits sur la vitre et quand je lève les yeux, je vois Tobias. Mon regard se durci alors que le sien est plus doux.

« Je suis vraiment désolé .»

Je passe la première vitesse et sort de la place de parking. Je retourne chez moi plus rapidement qu'à l'aller. Je me gare devant ma maison mais reste assise dans la voiture un petit moment. Les gros sanglots se sont changés en petites larmes et je fixe le buisson des voisins, le regard vide.

Je finis par sortir de ma voiture, vidée de toute énergie. Je retire mes escarpins et les porte à la main jusqu'à la maison. Je savais que j'allais passer une mauvaise soirée à partir du moment où je l'ai vu mais jamais je n'aurais imaginé ça.

J'ouvre la porte d'entrée. Je l'ai à peine entreouverte que j'entends des rires à l'intérieur. J'ouvre un peu plus, Christina est toujours là avec Uriah. Je n'ai pas envie de leur faire face mais je n'ai pas le choix. Ils se tournent quand la porte s'ouvrent. Ils ont tout les deux l'air surpris de me voir à la maison mais la surprise est vite remplacée par l'inquiétude.

« Tris ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Pourquoi tu es déjà là ? Pourquoi est-ce que tu pleures ? »

Elle s'avance vers moi mais je reste sur place. Les larmes reviennent alors que je hoche la tête, incapable de parler. Uriah me prend dans ses bras et me berce doucement.

« Ça va aller, ça va aller... ».

Quand je me calme, il m'invite à m'asseoir sur le canapé alors que Christina me donne un verre d'eau.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Je baisse les yeux puis leur raconte tout. Je leur parle de ma réaction lorsque j'ai vu qu'il était le rendez-vous, la discussion agréable que l'on avait, les deux fois où nous avons ris et le coup bas qu'il m'a fait.

Christina me caresse doucement le dos alors qu'Uriah à le visage de quelqu'un prêt à tuer.

« Je vais l'étriper ce salopard ! Je suis vraiment désolé, je pensais que rencontrer Tobias dans un autre contexte serait totalement différent. Avec Zeke, on pensait que ça allait mieux se passer. C'est entièrement ma faute !

- Calme-toi Uriah. C'est ma faute sur ce coup, je n'aurais pas du lui parler de Théo.

- Tu veux qu'on reste avec toi ce soir ? Demande gentiment Christina.

- Non, vous n'avez pas besoin de rester. Vous avez sûrement mieux à faire que de rester avec moi.

- Arrête de te dévaloriser. Si on te propose de rester, c'est parce qu'on veut être là pour toi.

- Ça ne vous dérange vraiment pas de rester ?

- Bien sûr que non, affirme Christina.

- Je serais resté mais je dois aller parler à Zeke. Je peux revenir après si tu veux.

- Si Christina reste, tu n'as pas besoin de revenir.

- Tu ne veux pas de moi c'est ça ! S'offusque-t-il mais je vois qu'il plaisante.

- C'est un peu ça oui. »

Il place sa main sur sa poitrine en faisant semblant d'être blessé. Il retrouve son sourire quelques secondes plus tard. Il embrasse ma joue puis mon front.

« Pardon pour tout ça ! »

Il nous laisse toutes les deux. Christina m'accompagne jusqu'à la salle de bain où elle dépose mon pyjama avec un ancien pull à Caleb, ce qui me fait toujours du bien quand je suis triste. Je lui souris puis elle me laisse seule pour me changer. Je la rejoins sur la canapé où un film comique n'attend que d'être lancé. Elle place le pop-corn entre nous alors que je nous emmitoufle dans les couvertures.

L'incident au restaurant est vite oublié après trois films et nous nous endormons toutes les deux sur le canapé, le dernier film toujours en marche.

Le lendemain, nous sommes réveillées par du bruit dans la cuisine. Je grogne en me retournant pour me cacher du soleil. Christina s'enfouit sous la couverture pour tenter de bloquer le bruit.

« Debout les petites marmottes. », annonce Uriah plutôt joyeusement.

Il retire la couverture malgré nos protestations.

« Woah... quelque chose est mort là-dessous ? Ça sent le fauve !

- Ta gueule Uriah et laisse nous dormir, grogne Christina.

- D'accord mais il est 10h00 et je voulais voir si tout va bien, ça à l'air d'être le cas.

- Merci de t'inquiéter Einstein mais maintenant, tu peux nous redonner la couverture et fermer les volets ?

- Si vous êtes pas debout à 13h, je vous balance de l'eau dessus. Sans déconner je le fais.

- Ok, ok, à tout à l'heure alors. », dit Christina, la tête cachée dans un coussin en secouant la main comme pour lui dire de partir.

Nous nous sommes endormies vers 4 heures du matin, donc nos 6 heures de sommeil sont loin d'être suffisantes.

Je repose ma tête sur l'oreiller quand j'entends un cri très aiguë. Je m'assieds tout de suite en pensant que c'est Christina mais elle me regarde de la même façon. L'origine du bruit apparaît dans l'ouverture de la porte avec un sourire idiot collé au visage.

« Tris ? Tu m'expliques ce que c'est ? Demande-t-il en tenant un papier dans la main.

- Qu'est-ce que c'est ?

- ' Je pensais avoir ma chance... Léo'. »

Il ajoute un son de baiser à la fin pour accentuer le message.

« Où est-ce que t'as trouvé ça ?

- Dans l'entrée, sur le sol. Alors, qui est ce Léo ?

- C'est le serveur...

- Il t'a donné son numéro comme ça ? Il t'a vu avec un autre homme, pour ce qu'il savait Tobias aurait pu être ton petit ami.

- En fait, plus tôt, il m'avait appelée madame et avait conclu que j'étais la copine de Tobias. Je lui ai tout de suite dit que nous n'étions que collègues. Il a dû voir les mauvais signaux.

- Tu considérerais un rendez-vous avec lui ? Intervient Christina qui paraît beaucoup plus réveillée.

- Non, je ne pense pas.

- Pourquoi pas ?

- Je ne sais pas. Il a l'air gentil mais c'était pas du tout mon genre, même complètement l'opposé.

- Il était comment ?

- Un peu plus grand que moi donc assez petit, les cheveux blonds et un peu trop long à mon goût, yeux bruns, assez maigre, il ne semblait pas très futé et le costume qu'il portait ne lui allait pas vraiment. »

Christina et Uriah échangent un regard.

« Eh oh ! C'est quoi ce regard ?

- Quel regard ? Disent-ils ensemble mais ils ont encore ce regard.

- Celui que vous venez d'avoir. »

Ils le refont encore une fois.

« Arrêtez ! »

Uriah se gratte la tête au niveau de la tempe alors que Christina pose sa main sur les miennes. Elle les caresse doucement avec son pouce. Ils agissent comme s'ils allaient me dire que mon chat est mort cette nuit.

« Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Tu es entrain de nous dire que tu préférerais un homme grand, plutôt musclé, des cheveux courts et bruns, des yeux bleus, assez intelligent et qui serait à tomber en costume ?

- C'est un peu idyllique je sais mais en gros, oui c'est ça. Je ne comprends toujours pas pourquoi vous me parlez comme si j'avais trois ans.

- On connaît quelqu'un qui correspond à cette description.

- Et vous n'auriez pas pu me le présenter hier soir plutôt que de me forcer à passer la soirée avec... »

Je me coupe toute seule parce que je viens de comprendre où ils veulent en venir. Mon regard passe de l'un à l'autre, mes yeux agrandits par la vérité et ma respiration saccadée par la peur d'avoir raison.

Ce n'est pas possible. Je ne peux pas être attirée par cette ordure qui a dit toutes ces choses horribles hier soir. Il a tapé au plus profond de moi, alors que c'est encore très douloureux. Je ne suis pas masochiste non plus au point où je retournerais vers lui.

Si on réfléchit bien, je dis que je suis attirée par les hommes qui ressemblent physiquement à Tobias et comme je l'avait remarquée, n'importe quelle femme peut affirmer que Tobias est bel homme.

« Ça va Tris ?

- Oui...oui...ça va...

- Tu devrais peut -être te reposer et on en reparlera quand tu seras bien reposée et que tu auras pris un peu de recul sur ce qu'il s'est passé. »

Je hoche la tête puis m'allonge mais je suis incapable de dormir. Mon esprit est en surchauffe. Cette situation est trop tordue pour être réelle. Une fille et un garçon se détestent mais la fille commence à apprécier le garçon même s'il a été méchant avec elle. On dirait une de ces histoires romantiques qui ne valent rien et qui finissent toujours bien même si c'est complètement tiré par les cheveux.

Le bon côté des choses, c'est que ce sont des histoires. Ça n'arrive pas dans la vraie vie et encore moins à moi.


Merci de votre fidélité à vous tous !

Avant de vouloir tuer Tobias ( ou moi ), attendez la suite qui je l'espère sera postée la plus tôt possible !