Confiance

Dans la tête de Kate, c'est la panique totale. Elle avait été si proche de toucher Juliet, de sentir son parfum, de goûter ses lèvres et d'apprécier la chaleur de son corps sur le sien! Ce qui fait que sa tête est en panique, par contre, c'est le fait qu'elle déteste Juliet. La femme avait raison en l'en accusant: elle haït tout ce que représente la blonde. C'est le mal, la méchanceté! Elles passent leurs entières journées à s'engueuler! Et si c'était de l'amour? Non... Non... Quoique... La méchanceté de Juliet s'explique; c'est à cause de Ben qui la forçait à faire tout ce qu'il demandait. De plus, il semble l'avoir battue à maintes reprises, ce qui ne peut pas contribuer au bonheur et à la gentillesse d'une femme... Alors, oui, peut-être qu'il s'agit bien là d'une forme d'amour, aussi étrange soit-elle!

Kate frappe à la porte de chez Juliet avec force, comme une déchaînée. Tout est noir, pourtant la jeune femme est persuadée que la propriétaire de la maison s'y trouve. Où pourrait-elle bien être sinon?

- Juliet, please! Don't be a child. Let me in. Come on!

Aucune réponse. Elle attend un moment, puis tourne la poignée qui est déverrouillée. Toute la maison est plongée dans le noir. La brune s'assoit sur le divan, regarde autour d'elle dans l'espoir d'apercevoir l'éclat bleuté des magnifiques yeux de Juliet.

- Juliet? It's me, I'm on the couch. I'll stay there until you come to talk with me, ok? I won't hurt you I swear...

Elle entend des pas au deuxième étage, mais elle ne se lance pas à la recherche de la blonde. Elle décide de laisser le choix à Juliet de lui parler ou non, mais surtout du moment qu'elle choisira. Kate s'étend sur le divan, bien préparée à passer une longue nuit blanche à attendre...

-xxx-

Vers deux heures du matin, quand le ciel est à son point le plus noir sur l'île, des pas se font entendre dans l'escalier. Kate se relève du divan, comme un félin à l'affût, pour fixer sa proie qui se tient nerveusement au bas de l'escalier. La proie en question se balance d'un pied à l'autre, le regard fuyant et les mains tremblantes d'émotion. D'un souffle, elle murmure:

- I'll tell you all you need to know. But after, I want no more questions coming from you or Jack. Understood?

- Yes, Juliet. Perfectly.

Kate prend place sur le divan, Juliet fait de même mais à l'autre bout complètement. La brune rêverait de prendre la jolie blonde dans ses bras pour l'encourager à parler, la rassurer. Bien sûr, c'est impossible... Juliet hésite, semble chercher ses mots en fuyant le regard doux d'une Kate morte d'inquiétude pour cette femme qu'elle se surprend à apprécier. Elle prend une grande respiration, mais change d'avis à la toute dernière minute. Juliet se lève sans un mot, remonte les escaliers en courant. Elle redescend peu après, tenant contre son corps un gros cahier rouge en cuir. Elle le tend à Kate, expéditive dans ses mouvements, comme pour se débarrasser de cette chose.

- What is it?

- My diary. The journal I wrote when I first got here. You'll read everything you need to know about Ben, and I won't need to... talk about it. Take it with you and bring it back tomorrow. Good night, Kate.

Kate quitte la maison, sonnée par tant de confiance si rapidement acquise. Entre ses mains repose les souvenirs de Juliet, tout ce que Ben a osé lui faire subir... C'est sans un mot qu'elle s'enferme dans sa propre maison, se barricade dans sa chambre et se prépare à une longue nuit de lecture...

-xxx-

15 septembre 2001

Mon arrivée sur l'île était géniale! Le paysage est splendide, tout est vert autour de mes yeux émerveillés! Les gens sont gentils, tout le monde semble heureux d'avoir à leurs côtés une médecin qui pourra aider les femmes à mener leurs grossesses à terme. C'est sûr que c'est beaucoup de pression, tant de vies sur les épaules... Mais j'y arriverai! De plus, je sais que je serai aidée par des dizaines de gens fantastiques: j'ai rencontré Ben, un homme timide mais adorable. Il semble très satisfait que je sois enfin arrivée, je suis pour ma part contente d'avoir rencontré quelqu'un à qui je pourrai faire confiance à l'avenir...

20 septembre

À peine quelques jours que j'ai posé le pied à terre, pourtant je sens déjà les ennuis se profiler à l'horizon. Un homme très séduisant, Docteur Goodwin, travaille avec moi et tente de me charmer. Je me suis prise au jeu, et j'ai adoré l'expérience... Il me vole des caresses entre nos heures de travail, des baisers à nos pauses déjeuner. Ce n'est que tantôt que j'ai appris qu'il était le mari de ma psychologue. Aoutch. Je devrais arrêter de le voir, mais quelque chose m'en empêche. Il me rend heureuse comme personne avant lui, notre relation est simple, sans compromis à faire. J'ai envie de plus, je sens qu'un lien spécial pourrait s'établir entre nous éventuellement. Nous n'aurons qu'à redoubler de prudence...

2 octobre

Ce n'est pas de sa femme dont j'aurais du me méfier, mais bien de son patron: apparemment, Ben est en amour avec moi! Il ne me connait que depuis quelques semaines, et déjà il me court après comme un petit chiot! Je ne sais comment m'en débarrasser sans perdre son amitié. Je ne veux pas non plus l'avoir à dos, certains disent qu'il est le pire ennemi qu'on peut rêver d'avoir... À suivre.

4 novembre

Ces temps ci, j'écris peu et je le regrette amèrement car cette simple activité me faisait un bien immense. Je travaille trop pour penser à quelque chose d'autre, j'ai même pris mes distances avec Goodwin. Ben m'a invité à souper chez lui hier soir: catastrophe. Il bégayait durant le repas, enchaînait les compliments maladroits et les gaffes stupides. Je l'ai quitté assez tôt; il a essayé de m'embrasser en me raccompagnant chez moi. J'ai bien vu qu'il était blessé que je l'ai repoussé, mais avais-je vraiment un autre choix? De toute façon, je ne reste que 6 mois sur l'île, pour revenir m'occuper de ma sœur. Ben n'endurera pas cette humiliation bien longtemps!

16 décembre

Juliet, tu n'es qu'une imbécile! J'avais rendez-vous avez Goodwin hier, sur le bord de la plage. Je me suis ouvertement moquée du fait que Ben était amoureux de moi, le traitant de pauvre enfant en amour avec une femme. Nous avons fait l'amour, puis je me suis aperçue que nous étions observés par Ben. Combien de temps avant qu'il n'alerte la femme de mon amant? Que vais-je devoir faire pour regagner sa confiance, après l'avoir tant blessé?

17 décembre

Voilà, je le savais: Ben n'est qu'un sale traitre! Il exige mon corps et mon amour en échange de son silence! Il veut que je partage ses repas, sa maison, son lit, sa vie... Tout! Bien sûr, j'ai d'abord refusé en me disant que Goodwin comprendrait. Ben a ensuite précisé que si je ne me pliais pas à ses ordres, il y aurait des conséquences. J'ai éclaté de rire devant lui; que pouvait-il bien me faire? Il m'a alors avoué que le travail que je faisais était excellent... mais qu'il progressait trop lentement, qu'il devrait me garder un an sur l'île. Il m'a assuré qu'après un an il me laisserait partir si je faisais tout ce qu'il me demandait. Si je refusais et désobéissais... il parlait de me garder deux ans! Je voulais revoir ma sœur et son enfant au plus vite, mais qu'étais-je prête à faire pour cela? Je me suis donc décidée pour essayer de bâtir quelque chose avec Ben, espérant que mes chances de m'en aller en seraient décuplées...

31 décembre

Pour célébrer la nouvelle année, je suis allée de mon plein grès chez Ben en me disant qu'en faisant l'amour avec lui une unique fois, tout mes problèmes seraient réglés... Erreur, Juliet... Erreur. Non seulement il a été d'une violence écœurante, mais il me traitait sans cesse de salope, de pute, m'insultait en me disant que je n'étais qu'une femme sans cervelle juste assez bonne pour le satisfaire au lit. Il mordait, griffait et giflait chaque centimètre nu de ma peau qu'il pouvait apercevoir. Je m'étais moi-même donnée à cet homme, pourtant je me sentais violée... Quand il a eu finit de meurtrir mon sexe du sien, il s'est couché sur moi en respirant lourdement, murmurant que je serais à lui pour le reste de sa vie. Que j'étais prise ici, que je ne pouvais rien y faire. Je suis retournée chez moi, me sentant sale et humiliée...

20 mai 2002

C'est ma psy qui m'oblige à écrire de nouveau. Écrire, écrire! Mais écrire quoi? Mes rares caresses affectueuses d'un homme marié, les insultes de Ben ou encore les moments désagréables passés dans son lit? Le vivre, c'est bien assez sans en plus devoir l'écrire...

15 septembre 2002

1 an. 6 mois de plus que prévus que je suis ici, sur cette maudite île! 6 mois durant lesquels j'aurais pu assister à l'accouchement de ma soeur, à la naissance de mon neveu, à ses premiers pas et premiers mots... À la place, je travaille comme une folle pour trouver une moyen de sauver des femmes d'une maladie qui semble impossible à identifier! En plus des nuits passées avec Ben, toutes plus violentes et insultantes les unes que les autres... J'ai eu la chance de voir Goodwin quelque fois, mais rien de très sérieux. Je n'ai plus fais l'amour avec lui depuis que Ben s'est faite une place dans ma vie, pourtant j'en aurais bien besoin... Je me demande parfois si j'aurais le courage de lui montrer mon corps tel qu'il est maintenant, plein de cicatrices, de blessures. Je crains que le réponse soit non...

7 décembre

Bonne fête Juliet... J'ai voulu célébrer mes 32 ans en compagnie de mon charmant docteur, mais je me suis encore une fois crée de faux espoirs. J'ai fais confiance à Goodwin... Et je n'aurais pas du. Il s'est moqué de moi et m'a demandé de revenir le voir quand mes blessures seraient disparues... Je crois que je n'écrirai pas avant un moment.

24 juillet 2003

La chaleur étouffante de l'île oblige les gens à se promener avec très peu de vêtements, et comme je ne peux me résoudre à dévoiler tant de ma peau meurtrie, je me suis évanouie aujourd'hui. Je me suis réveillée dans le lit de Ben, son sexe se retirant tout juste du mien. Il avait ajouté de nouvelles coupures sur mes épaules; prise de désespoir, je me suis mise à hurler. Il a voulu me faire taire pour éviter d'attirer l'attention, me donnant de violents coups de poing au ventre. J'en ai du le souffle coupé, puis j'ai immédiatement arrêté de faire du bruit. Ce qui ne le faisait pourtant pas stopper... Je suis sortie de chez lui en me tenant le ventre, les cuisses pleines de sang. Ce n'est qu'en arrivant chez moi, dans un bain bouillant, que je me suis rendue compte que je portais un enfant et que je venais de le perdre. Avec les coups qu'il m'avait donnés, j'avais aussi perdu tout espoir d'être mère un jour... Je suis brisée.

15 septembre

Pour célébrer mes 2 ans sur l'île, Ben m'a forcé à regarder un vidéo de ma soeur avec son bébé. J'étais dans une pièce composée uniquement de télévisions, attachée sur une chaise. Dès que je fermais les yeux plus de dix secondes, la chaise me donnait un violent choc électrique. En sortant de la pièce, une heure plus tard, j'avais les nerfs à vifs et la peau sensible à un point inimaginable. J'espère ne jamais y retourner.

22 novembre

Il me bat, m'insulte, me viole et me laisse pleine de sang au milieu de la jungle. C'est rendu une routine, je n'y pense même plus. Pour moi le sexe se résume maintenant à ça, il m'est impossible d'imaginer que la tendresse existe encore. Je ne veux plus jamais faire l'amour.

7 décembre

33 ans. Je souffle sur ma bougie, me disant que l'année prochaine, tout sera différent. J'aurai à nouveau une raison de vivre...

1er janvier 2004

Cette fois, je ne suis plus rien. De femme calme et posée, je me suis transformée en petite fille craintive et hystérique. Il m'a complètement changée, démolie. Je ne suis que l'ombre de moi-même, une pâle copie de l'ancienne Juliet. Il réussi maintenant à me faire croire à ses mensonges, à ses insultes vulgaires. Je suis laide, inutile et stupide...

5 mars

Je sors souvent me promener seule pour respirer, penser à la vie. Aujourd'hui, j'ai été rejointe par ma psychologue... accompagnée d'un flot incessants de menaces et promesses de morts toutes les plus douloureuses les unes que les autres. Elle venait tout juste de s'apercevoir de la relation que j'ai eue avec son mari, Goodwin. Bien sûr, il ni a plus rien entre nous depuis que Ben s'est imposé comme mon garde du corps. Goodwin n'en voulait qu'à mon corps, à ce visage autrefois si serein et joyeux. Sa femme ni croit pourtant pas: elle n'a pas cessé de me crier par la tête durant une bonne dizaine de minutes. Je l'ai laissée faire, impassible, jusqu'à ce qu'elle se décide à me hurler que nos séances étaient terminées. Parfait. Comme si une simple psy pouvait quelque chose contre Ben, de toute façon.

3 août

Goodwin s'est violemment disputé avec sa merveilleuse femme hier soir. Résultat: il a atterri devant ma porte en pleurant comme un enfant. Il voulait le retour de sa Juliet, l'ancienne Juliet qu'il avait tant aimée. Elle n'était plus là, mais j'ai quand même tout tenté pour le faire aller mieux... J'ai le cœur trop bon; quand je me fais battre il rit, quand il se fait crier dessus je l'accueille. J'ai tellement besoin d'affection que je n'ai pas le temps, ni le loisir, d'entretenir de la rancune envers le seul homme qui ose encore me regarder. Je l'ai donc pris dans mes bras, puis l'ai installé sur le divan en caressant ses cheveux. J'ai écouté toutes les histoires mignonnes qu'il a vécues avec elle, toutes celles que j'aurais voulues vivre avec lui. Il pleurait parfois un peu, parfois il essayait de regagner de l'assurance... pour s'effondrer encore la tête sur mes cuisses. Si la femme qu'il avait aimé était devenue une autre, qu'était-il donc arrivé à cet homme qui m'avait tant fait trembler? Il est partie chez lui la retrouver aux petites heures du matin, me demandant pardon pour tout ce qu'il m'avait fait subir en me donnant un chaste baiser sur les lèvres. Rien d'amoureux, tout d'un adieu. Pourtant, de la fenêtre de sa maison sombre, Ben ne partageait pas mon avis: pour lui, c'était la guerre.

25 août

Je suis étonnée que Ben n'ai rien fait à Goodwin pour le baiser. J'ai même peur de cette réaction pacifiste. Il s'est vengé sur moi, mais ce n'est pas grave. Mon corps est un objet; quand il me frappe sans relâche, mon esprit quitte l'objet pour explorer des pays inconnus. J'attends le moment maudit où Ben annoncera tout à la femme du docteur, encore une fois. La première fois, même en me donnant corps et âme à lui, il avait tout dit à ma psy. En attendant, Goodwin et moi on se voit de temps en temps. Une fois, il nous est même arrivés d'avoir une envie irrésistible de faire l'amour. Les vêtements sont tombés au sol, en pièces. Il m'a prise dans ses bras et m'a déposée sur le comptoir de la cuisine. Juste comme il commençait à me pénétrer, son regard plein de désir a chuté sur mon corps meurtri et il a reculé. Il s'est rhabillé, s'enfuyant lâchement en disant que c'était au dessus de ses forces. Je n'ai pas pleuré. J'ai remis mes vêtements tranquillement, et j'ai terminé ma dernière bouteille de Gin.

31 août

Nous nous sommes revus, entre amis. Nous avons conclu que cette relation serait amicale seulement; même si je m'ennuie de ses mains autrefois tendres sur mon corps sans imperfections, j'apprécie énormément le lien que je garde avec lui. Sans personne à qui se confier, l'île nous rend tous un peu plus fous encore...

15 septembre

Jour de mes trois ans ici. J'ai vu ma sœur et son fils, Julian, à travers un écran. J'ai pleuré, supplié, crié... Rien ni a fait. Je n'ai eu droit qu'à 26 malheureuses secondes de bonheur, pour trois ans de calvaire. Un jour viendra où il payera... Il m'a dit aujourd'hui qu'il avait une grave tumeur à la colonne vertébrale et je n'ai pas pu m'empêcher de lui sourire de toutes mes dents. La claque qui a suivie ne m'a même pas affectée tellement je me réjouissais de son malheur: à son tour de souffrir. Personne sur l'île ne peut le guérir, c'est une question de temps. Cher Ben, que m'as-tu fais? L'ancienne Juliet aurait pleuré toutes les larmes de son corps sur ta pauvre carcasse infâme: la nouvelle fait la danse de la joie dans sa cuisine en pensant à ta mort prochaine...

22 septembre

La mélancolie de mes trois ans sur l'île a été éclipsée par le crash du vol l'Océanic 815. Le devant de l'avion sur la plage, l'arrière à l'autre bout de l'île. Ethan et Goowdin on été envoyés en éclaireur, pour infiltrer les campements et découvrir qui étaient les survivants. Quand il a quitté, il a pressé sa main sur mon épaule en signe de soutien moral. Sans savoir pourquoi, j'ai su que j'en aurais grand besoin.

27 septembre

Ben m'a forcé à le suivre dans un endroit que je ne connaissais pas, ce matin. Il disait vouloir me montrer quelque chose de magnifique, il souriait comme un enfant. Je me suis laissée prendre à son jeu, persuadée qu'il me laisserait enfin reprendre le sous marin qui m'avait apporté dans cet endroit maudit. Quand nous sommes arrivés devant un corps d'homme, mort, je n'ai pu retenir un haut-le-cœur. Quand il l'a retourné pour me montrer le visage en lent état de décomposition de Goodwin, je suis tombée à genoux de désespoir. Comme tout s'arrangeait, il a fallu que Ben intervienne. Je me mordais l'intérieur des joues pour ne parler pleurer, mais mes yeux se remplissaient quand même de larmes. Il s'est éloigné en me disant de prendre le temps qu'il me fallait, puis en criant que j'étais à lui. La sienne...

12 novembre

Ben a été capturé par une partie des survivants. Bien sûr, tout fait parti de son plan. Il essaie de repérer des femmes enceintes pour les ramener ici, afin que je les examine. Je déteste mon métier.

4 décembre

Je n'écris plus car je suis maintenant également infiltrée parmi eux. J'évite de montrer ce journal, le garde précieusement en sécurité. Ben croyait que leur confiance serait plus facile à gagner pour une femme, il m'a donc envoyée. Je dois jouer la comédie pour gagner la sympathie de Jack, docteur qui pourrait sauver Ben. Je l'ai embrassé plusieurs fois, mais si les circonstances m'obligent à coucher avec lui, Ben peut se déclarer homme mort. Il y a cette femme, Kate Austen, qui pique ma curiosité. Son dégoût envers moi est évident, pourtant je sens toujours son regard sur moi. Sa confiance sera la plus dure à avoir.

7 décembre 2004

Jack a réussi à me faire parler. Il sait que c'est mon anniversaire aujourd'hui, et son cadeau fût à la fois repoussant et merveilleux. Il fit l'amour avec moi dans ma tente, tout doucement. Il regardait mon corps comme n'importe quel autre, me touchait comme une femme normale. Quand il a atteint l'orgasme et qu'il s'est retiré de moi, je me suis rapprochée de son torse musclé pour lui demander comment il pouvait faire l'amour à une femme pleine de cicatrices. Il a répondu qu'il ne les voyait même pas, car en me baisant il imaginait Kate. J'étais si heureuse d'enfin plaire à un homme, mais il a fallu que cette garce se glisse une place entre nous. La haine qu'elle entretenait à mon égard est maintenant partagée.

22 février 2005

J'ai désobéis à Ben. J'ai donné des informations cruciales sur les Autres à Jack et sa bande, je leur ai expliqué les points faibles de Ben et je ne faisais plus mes devoirs d'espionne. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne vienne me chercher. Je le sais. J'ai peur. J'ai peur de mourir. S'il y a bien une chose que je regrette, c'est de ne pas avoir mieux connue Kate Austen. Plus je me rapprochais d'elle, plus elle me tolérait. Plus je me rapprochais d'elle, plus j'avais le loisir de me plonger dans ses yeux époustouflants.

16 mars

Je suis de retour au campement. Mon corps me brûle, me fait souffrir. Durant cinq jours, je suis restée enfermée dans la pièce aux télévisions sans boire, manger ou même dormir. Dormir m'était impossible car dès que mes paupières se refermaient plus de 10 secondes, un violent choc électrique se propageait dans tout mon corps. Après 5 jours de ce traitement, mes nerfs sont à vif, mes sensations sont décuplées et je ne peux m'imaginer les mains de quelqu'un sur moi. C'est Kate qui m'a délivré de cet enfer; elle est d'une gentillesse incroyable avec moi. Je l'apprécie presqu'autant que je la hais. Durant mon absence, elle s'est tapée Jack et Sawyer. Beaucoup de classe, ma belle, mais pourquoi je continue à m'obstiner sur ton cas, à me persuader que tu vaux mieux?

24 mars

Déménagement du campement: nous prenons les maisons des Autres qui semblent tous avoir désertés. Après tout, qu'avons nous à perdre?

1er mai

Kate et moi, on s'est beaucoup trop rapprochées. Je sens un début d'attirance entre nous, mais je n'aime pas ça. J'ai peur que cela ne vienne que de moi, peur surtout de l'endroit où mes pulsions pourraient nous mener. Je ne peux pas coucher avec elle, ni d'ailleurs partager quelque chose avec cette femme, avec une femme. Même si j'en ai envie. Ce soir, il y a une soirée chez Sawyer. Je redoute sa présence, celle de Kate. Avec un peu de chance, je me trouverai une excuse pour rester à la maison...

1er mai, tard

À deux doigts de l'embrasser! Totalement insensé! Stupide, stupide, stupide! Je te cache dans un lieu sûr, précieux journal, car cette femme est au moins autant obstinée que moi. Si elle continue de s'acharner sur ce que Ben m'a fait subir, elle remuera ciel et terre pour parvenir à ses fins. Je l'entends qui entre dans la maison, je cours au deuxième étage pour cacher le cahier en haut de mon garde robe. Adieu.

- Juliet Burke


-xxx-

Quand Kate termine sa lecture, elle est sonnée. Non seulement elle vient d'apprendre qu'elle ne laissait pas Juliet complètement indifférente, mais elle voit enfin l'étendue de la cruauté de Ben. Elle ressent le fort besoin de protéger Juliet, au cas où il oserait revenir dans un village rempli d'hommes armés. Il est 6 heures du matin, les gens commencent à se lever pour aller au travail, et Kate ne pense qu'à se rendre chez Juliet pour la prendre dans ses bras et lui dire qu'elle est là. Elle décide pourtant de ne rien en faire, de se recoucher, de ne pas se rendre au travail aujourd'hui. Elle est en équipe avec Juliet dans l'atelier de mécanique; elle souhaite laisser du temps et de l'espace à cette femme qui vient de lui accorder toute sa confiance, de lui confier tout ses secrets. Elle se rendort avec difficulté, inquiète pour la jolie blonde qui a déjà trop souffert pour une seule vie.

-xxx-

Pour Juliet, la journée est longue et stressante. Kate ne s'étant pas présentée ce matin, elle est seule avec tout le travail... et ses pensées. Si elle n'est pas venue, c'est parce qu'elle est dégoûtée du commencement d'attirance que Juliet croit ressentir. Elle fuit cette relation qui la repousse, cette femme qu'elle déteste tant. Après tout, qui a-t-il d'attirant chez une femme faible qui se laisse battre et violer sans même réagir? Juliet s'en doutait: ses impulsions, comme donner ce journal à Kate, ne lui apportent que des problèmes! Le journal, Kate devrait normalement le lui ramener ce soir. Encore 4 heures avant le retour à la maison. 4 longues heures d'appréhension, d'imagination négative illimitée et de faux espoirs refoulés...

Alors? À ma seule revieweuse, j'ai essayer de ne pas mettre trop d'anglais dans celui-ci!

Vous en pensez quoi, chers lecteurs? Un peu plus long que d'habitude, ce chapitre!

Les reviews sont toujours les bienvenues!

AB xxx :)