Chapitre 4.
Les deux semaines suivantes furent très agréables pour Angelika et pour Sébastian. Ils apprirent à mieux se connaître et développèrent des sentiments cachés pour l'autre. Mais Angelika ne lui avait toujours pas dit que c'est parents étaient morts dans un incendie prévu d'avance.
Dans la classe de Mlle. Hannah, les étudiants avait longtemps discuté sur le choix de sujet pour leur spectacle, mais aucune idée assez bonne n'avait pointé le bout de son nez.
Un jour alors que la classe fessait des vocalises, un message qui aurait fait perdre les pédales à tout le monde ou presque les interrompit.
- À l'attention de nos élèves et de notre personnel enseignant, j'ai une fâcheuse nouvelle à vous annoncer. Le compte en banque que nous avions à la Royal Bank of London vient d'être cambriolé. Il est vide…on a plus un rond quoi! Et l'école a de grosses chances de fermer ces portes si nous ne trouvons pas des sources de revenues fiables…
Angelika rata un battement de cœur à l'entente du message. Elle ne voulait pas croire ça, elle ne pouvait croire qu'après seulement deux mois et des poussières elle devrait retourner à l'orphelinat.
- …Mais l'archidiocèse de Londres nous a informé qu'il consentait à garder l'école ouvert au moins jusqu'à la fin du semestre. Ce qui aurait tombé juste après le spectacle que devait nous présenter la classe principale de Mlle Hannah. Navré pour les élèves impliqués. Bonne journée.
Il y eu d'abord un moment de silence (on vient de leur annoncer un mort ou quoi?!), puis des conversations fusèrent de toutes part. Hannah était trop chamboulée pour les arrêter. Claude, Rip, Sébastian et Angelika partagèrent la même.
- Non vous vous rendez compte?, s'exclama Claude.
- Je t'avoue qu'on a un peu de mal à y croire, répondit Rip.
- C'est nul, mais au moins on n'avait pas encore trouvé le sujet du spectacle…qu'est-ce que t'en pense Angelika?...Angelika?
Mais Angelika était trop occupée à grogner et à faire la gueule pour répondre. Elle ne revint parmi nous que quand Rip la secoua.
- Hein quoi?! On m'a parlé?
- Oh laisse tomber, soupira Sébastian.
- Désolée, c'est juste que je veux pas que l'école ferme.
- Une raison en particulier?, demanda Claude.
- Bin…je veux pas retourné dans mon orphelinat.
- QUOI! Tu vis dans un orphelinat!?, s'écria Sébastian en la prenant par les épaules pour la faire pivoter vers lui.
- Bin oui, je suis orpheline depuis six ans. Je vis depuis la mort de mes parents dans l'orphelinat sur la côte…
- ALORS oublie ça! Tu ne retourneras plus jamais dans cet établissement! J'en aie entendu parler figure-toi et comptes-toi chanceuse d'être encore ne vie ma chère!
- 'Comprends! On nous servait de la purée de navets et un bout de viande qui ressemblait à un morceau de tapis pour le souper. C'était nul que je ne pouvais pas toucher à la fortune familiale avant mes 18 ans pour pouvoir ficher le camp.
À ces dires, Rip et Claude firent une grimace. Sébastian s'imaginait parfaitement comment réagirait Angelika si elle devait revivre dans ce taudis. Il eut alors une idée.
- Mm, écoute Angelika, j'ai peut-être une solution pour toi. Moi aussi je viens d'une famille d'aristocrates. Mes parents sont le comte et la comtesse Noam et Alexandra Michaelis. Ils t'accueilleront chez nous, j'en suis certain.
- Quoi?
- Bin oui, si l'école doit vraiment fermé, au moins tu ne vivras plus dans un merdier.
En elle, Angelika était plutôt tentée de dire oui, mais là, soyons nous-même tout de même.
- Tu es sûr que ça ne dérangera pas tes parents d'accueillir une étrangère?
- Mais non, je vais leur envoyer une lettre pour leur demander.
- Bon…OK.
- Bien!
Sébastian avait été très incité à dire Super, mais gardons notre dignité.
. . .
Le lendemain en cours, M. Tanaka entra en trombe dans la classe, ses cheveux d'ordinaire si bien coiffés un peu de travers et le monocle pendant.
- Pour l'amour du ciel Tanaka, que ce passe-t-il?, s'exclama Hannah en le faisant s'assoir sur une chaise.
- Tous simplement un miracle, moi-même en l'apprenant j'avais de la difficulté à y croire. Ce que je m'apprête à vous révéler pourrait bien vous faire défaillir tous.
- Seigneur Msieur Tanaka c'est quoi votre miracle à la fin!, lança Rip les poings sur les hanches.
- Excuse-moi, mais c'est un tel évènement que j'en suis encore tout étourdit,…notre école est sauvée!
- HEIN! COMMENT ÇA?!, s'exclamèrent tous les autres.
- Le Vicomte de Druitt, Aleister Chamber, réputé pour être un fervent amateur d'art et d'opéra, a entendu parler de notre souci et nous à proposer de financer notre spectacle. Vous avez tous sûrement entendu parler que le Vicomte donne de temps en temps de son argent à des établissements dans le besoin. Quand l'archidiocèse l'a appris, ils ont pris la décision de permettre à l'école de demeurée ouverte si le spectacle est un succès.
Un tonnerre de joie se répandit à travers la classe. Les étudiants exprimaient leur bonheur. Et Angelika était tellement contente et soulagée qu'elle en sauta dans les bras de Sébastian. Quand elle se rendit compte de sa position, son visage vira cramoisi et elle leva les yeux vers Sébastian. Celui-ci écarquilla large les yeux et les planta dans ceux d'Angelika. Mais bizarrement, Angelika ne s'éloigna pas Sébastian.
Angelika sentait comme une bouffée de chaleur en elle. Tous ce qu'elle ressentait pour Sébastian émergeait en elle come un geyser.
Sébastian, lui, lui fit le plus beau sourire qu'il pouvait. Toutes les filles de la classe en dehors de Rip regardèrent Angelika furieusement.
- Mais c'est une excellente nouvelle M. Tanaka, s'exclama Mlle. Hannah. Pour fêter ça, vous avez quartier libre pour le reste de la journée. Mais je veux vous voir en forme demain afin que nous choisissions enfin un thème pour le spectacle. Car comme le dit l'autre, le spectacle doit continuer.
Sauf que le flot d'émotions avait réveillé un fléau en Angelika. Angelika se mise à tousser fortement. Des gouttes de sueurs lui perlaient du front. Tous se tournèrent vers elle. Les quintes de toux devinrent inquiétantes et Angelika s'évanouit. Sébastian eut juste le temps de la rattraper dans ces bras avant qu'elle n'atteigne le plancher.
- Oh bonté divine!, s'écria Tanaka…Euh Sébastian, veille s'il-te-plaît la mener à l'infirmerie.
Sébastian ne perdit pas de temps et sortie en trombe de la salle de classe. Rip les suivit.
À l'infirmerie, Sébastian posa Angelika sur un lit et se tourna vers Rip.
- Euh Rip…tu pourrais peut-être aller chercher des vêtements propres à Angelika dans votre dortoir.
- Je…oui, oui…bien sûr.
Et Rip partit.
Ce n'était pas la première fois qu'elle s'évanouissait. Et ça devenait de plus en plus sérieux.
Quand elle se réveilla, son regard se posa sur deux yeux d'un rouge flamboyant. Elle sentit avec soulagement qu'on ne lui avait pas enlever son cache-œil. Une main serrait tendrement la sienne.
- Sébastian…murmura Angelika.
- Fiou, tu es finalement réveillée, lui répondit Sébastian.
Il se redressa, prit un torchon propre sur la table, l'imbiba d'eau, l'essora et le passa sur le front d'Angelika. Celle-ci tenta de repousser sa main, mais elle pouvait à peine lever le petit doigt.
- Dis, je peux te poser une question?, lui demanda Sébastian.
- Mh…
- Pourquoi joues-tu la dure comme ça? On dirait que ça te plaît de te renfermer sur toi.
- Parce que mon univers est noir.
- Quoi! De quoi tu parles?
- Depuis l'incendie, je ne vois que les ténèbres. Mon existence est aussi infime qu'une feuille dans la cour. Je suis plongée dans la noirceur depuis que l'on m'a enlevé ce que j'avais de plus cher.
- Angelika…explique-moi je t'en prie. De quel incendie tu parles?
Ce fut à ce moment qu'Angelika avait été sur le bord de dire une connerie. Elle regarda Sébastian dans les yeux et eut un sentiment qu'elle pouvait lui faire confiance.
- (Soupir) Bon écoute…je ne t'aie pas tout dit sur moi. Mes parents sont morts dans l'incendie orchestré de notre manoir. J'ai été la seule à survivre…et je suppose que tout le monde ici se demande ce qui se cache sous mon patch, non?
- Et bien…oui, il y en a beaucoup qui aimerait connaître le mystère.
- Bon…alors écoute bien, dit-elle d'un ton grave et sérieux. Il n'y a que toi au monde qui saura la vérité. Même le propriétaire de l'orphelinat ne le sait pas…Si je porte un patch c'est parce que…je suis borgne.
- Quoi!
Pour répondre à sa question, Angelika se redressa sur son lit, porta les mains à son nœud et le défi.
Sébastian eut un mouvement de surprise presque imperceptible face à la vue d'Angelika. L'orbite droite d'Angelika où il y aurait dû il y avoir un bel œil vert jade…était vide. Il n'y avait aucun globe oculaire, qu'une orbite vide dont le contour, bien qu'encore pourvus de longs cils fins et noirs, étaient consternés de minuscules cicatrices.
Mais étrangement, cela ne fit pas grand-chose à Sébastian.
- J'ai déjà vu pire, murmura-t-il à Angelika en lui caressant la joue.
La jeune fille fut un gênée par cet acte. Il y avait longtemps qu'on ne lui avait pas fait ce geste. Elle essaya de reculer pour échapper à sa prise, mais Sébastian la rapprocha encore plus en la prenant à deux mains et posa ces lèvres sur les siennes.
Angelika poussa un cri muet au contact. Il y avait raison. Le premier baiser d'une jeune fille était celui qu'elle se rappellerait toute sa vie. Par contre, elle fondit quand la langue de Sébastian toucha la sienne. Elle finit par répondre au baiser en entourant le cou de Sébastian de ces bras. Content, le jeune homme rallongea Angelika sur le lit et l'embrassa de plus belle.
Quand ils se séparèrent pour souffler un peu, Angelika passa ces doigts dans les cheveux sombres de Sébastian et lui chuchota tout bas.
- Ce sera pénible de garder le personnage maintenant.
Sébastian lui sourit et se repencha pour recapturer ces douces lèvres.
