Je ne comprends pas. Je suis pourtant rentrée chez moi, comment ai-je pu revenir ici ? Surtout que je me suis réveillée dans l'uniforme de Poudlard que je n'avais pas retiré en m'endormant ici. Bizarrement je frissonne, ce n'est définitivement pas un rêve. Je referme les rideaux d'un coup sec et enroule mes bras autour de mes genoux repliés, je ferme les yeux et essaye de réfléchir calmement. Bon, j'étais chez Thomas, on a regardé massacre à la tronçonneuse, j'ai eu peur et j'ai fini par m'endormir sur l'épaule de Thomas. Donc maintenant comment se fait-il que je me retrouve dans un lit du dortoir des Poufsouffle ?
J'entends des chuchotements de l'autre côté du rideau, je décale légèrement l'un des pans afin de voir ce qui se passe. Julie est là avec deux autres filles qui portent l'uniforme de Poufsouffle, ce doit être les autres élèves de sa promotion, ou de la mienne, enfin de notre promotion quoi. Je soupire et décide de sortir de mon cocon. En entendant mon lit grincer les trois filles se retournent vers moi, surprises.
- Anna ? Tu as dormi toute habillée ?
Je hausse les épaules, qu'est-ce que ça peut faire ? Je me lève difficilement et décide que me rafraîchir me ferait certainement du bien. Je me dirige vers le fond du dortoir où une porte est située, je l'ouvre et souris, un sourire un peu mou mais un sourire quand même, c'est bien la salle de bain. Je me faufile dedans et referme la porte derrière moi à clé, je détaille rapidement la pièce : très lumineuse elle est équipée de 4 lavabos –un pour chacune ?-, d'une douche, d'une baignoire, de grands placards d'où je vois des trousses de toilette et de maquillage sortir. Je me déshabille, et me glisse rapidement dans la douche. Sous le jet d'eau chaude j'arrive à me détendre un peu, seulement un peu car il reste cette question : comment se fait-il que je sois revenue dans cet univers parallèle ?
Je laisse l'eau couler sur ma peau en réfléchissant. Il faut que quelqu'un m'aide. Est-ce que je peux en parler avec mes amis ? J'ai peur qu'ils ne me prennent pour une folle. Un professeur alors ? Ma première pensée va vers le professeur Dumbledore, avant de me souvenir qu'il est mort dans le tome 6. Je ne sais même pas qui est le nouveau directeur de l'école, ou les professeurs en général. Finalement ça ne m'arrange pas d'avoir atterri dans le monde de la nouvelle génération. Bon, ça veut dire qu'avant de trouver une figure autoritaire qui pourrait m'aider il faut que je me renseigne sur le corps enseignant. Je ne peux définitivement pas me confier à n'importe qui. J'espère surtout qu'il y aura des noms que je connaîtrais, comme McGonagall. Ah si elle pouvait être la directrice actuelle !
Une fois ma décision prise je sors rapidement de la salle de bain pour m'habiller. J'ouvre la malle qui se situe au pied du lit où j'ai dormi en priant tous les saints que je connaisse pour qu'il y ait mes vêtements dedans. Bingo ! Il y a deux piles dans la malle, d'un côté mes vêtements « moldus » et de l'autre l'uniforme de Poudlard. Le but est de ne pas attirant l'attention mieux vaut opter pour l'uniforme.
10 minutes plus tard je suis dans la salle commune que j'avais traversé sans réfléchir la veille, ou l'avant-veille, ou je ne sais plus quel jour. Oh non, je suis toute embrouillée maintenant, pourquoi je n'ai pas mon téléphone sur moi ? Au moins j'aurais pu avoir la date du jour. En détaillant un peu plus la salle commune je me rends compte qu'elle est très chaleureuse. Je m'y sens bien, même si je préférerais de loin ma chambre à Paris. Je me dirige vers la seule porte de la pièce et me retrouve dans les couloirs de Poudlard. Très bien Anna, maintenant qu'est-ce que tu fais ? Tu as un sens de l'orientation avoisinant les 0 sur 20 et en plus tu ne connais pas du tout ces lieux. Ouah je m'applaudis mentalement, pourquoi je n'ai pas demandé mon chemin aux filles du dortoir avant de partir ? Décidemment je n'en loupe pas une. Je m'avance dans le couloir en espérant, soit croiser quelqu'un qui pourra me renseigner sur le bon chemin, soit rencontrer un prof. Et j'avoue que la deuxième solution me semble la meilleure à tous les égards. Parce qu'au moins je n'aurais pas à me perdre dans les couloirs d'une école de magie appartenant à un univers parallèle.
Au bout de deux petites minutes à marcher tout droit je soupire, qu'est-ce que ça peut sembler long deux minutes quand tu es seule et perdue.
- Anna ?
Je me retourne à l'entente de mon nom et plisse les yeux pour voir qui arrive. Oui oui, je suis myope mais je ne porte jamais mes lunettes sinon ça me fait mal au crâne, je sais que c'est bizarre mais je m'en sors comme ça. Et puis je les porte quand je dois regarder loin, pour la télé ou les cours par exemple. Enfin bref, je m'égare, je plisse donc les yeux et vois un blond s'approcher de moi. Scorpius ! Je le reconnais à ses cheveux, et peut-être aussi parce que la personne qui l'accompagnait vient de le laisser en disant « à plus Scorpius ». C'est fou comme j'ai un sens de la déduction développé.
- Anna, tu n'es pas censée avoir cours de potions ?
Ah ? Première nouvelle. Bref improvisons et gardons en tête l'objectif principal : ne pas se faire griller. Et accessoirement essayer de savoir à quel prof je pourrais parler de mon petit problème.
- Hum… Si si, mais je ne me sentais pas très bien alors je voulais aller à l'infirmerie mais finalement je me suis souvenue que je voulais voir le professeur de ma maison pour parler d'un problème euh… Familial.
Pfiou j'espère que ça va passer comme excuse.
- Tu veux voir Madame Lettalon ? Eh bien je crois qu'elle donne un cours de sortilèges à l'heure actuelle. En fait j'en suis sûr parce que j'ai laissé Al et Rose devant sa classe il y a environ 15 minutes.
Madame Lettalon ? Très bien essayons de nous souvenir de son nom. Non mais à qui je vais faire croire ça ? J'ai déjà du mal à retenir le nom de mes professeurs de Paris mais alors si on m'en rajoute je vais être perdue.
- Oh ? Et pourquoi tu n'es pas en cours avec eux ?
Il me regarde d'un air perplexe. Je ne sais pas trop pourquoi mais d'un coup j'ai l'impression d'être une parfaite idiote. Il soulève sa cravate lentement et me parle comme si j'avais cinq ans.
- Parce que je suis à Serdaigle, et qu'ils sont, tous les deux, à Gryffondor. Je n'ai donc pas cours avec eux.
Je m'empourpre. Ça y est c'est déclaré : je suis une idiote. Oh et puis après tout ce n'est pas ma faute si je ne suis pas de ce monde moi ! J'essaye de reprendre un peu contenance pendant que Scorpius continue à me fixer avec ses yeux pleins d'incompréhension. Je suis sûre qu'il doit se dire que je suis demeurée, ou peut-être qu'avec un peu de chance il mettra ça sur le compte de mon évanouissement. Un truc du genre « ah mais je me suis cognée la tête, je suis un peu perdue vois-tu ».
- Et donc hum, où as-tu laissé Rose et Albus exactement ? Je dois vraiment parler à Madame Latalante
- Tu veux dire Madame Lettalon ? Tu es sûre que ça va ? Tu m'inquiètes un peu
- Oui oui, Madame Lettalon, c'est ce que je voulais dire. Ma langue a fourché, je vais très bien. Ah ah ah.
Oh malaiiiiiiise. Je vais de boulette en boulette. A ce rythme-là je vais me faire démasquer. Quoique… Pas sûre que quelqu'un se dise un jour « tiens je suis sûre qu'Anna vient d'un autre monde où elle vivrait à Paris avec sa famille et où il existerait des petites machines qui permettraient de communiquer les uns avec les autres en parlant dedans. Oh et aussi qu'Internet existerait vraiment ». Hum hum, peu probable. Scorpius ne me fixe plus comme une attardée, sûrement qu'il me croit quand je lui dis que je suis bien saine d'esprit. C'est assez incroyable sachant que je ne suis pas sûre moi-même d'être tout à fait saine.
Après de difficiles explications pour m'expliquer le chemin Scorpius me laisse enfin seule, bien qu'il m'ait fait promettre de retourner à l'infirmerie vérifier que tout va bien car selon lui « ce n'est pas normal que tu ne te souviennes pas du chemin jusqu'à la salle de sortilèges ».
Je m'élance donc dans les couloirs de cette merveilleuse école de magie telle l'aventurière que je ne serai jamais. En toute honnêteté j'ai à peu près 200% de chance de me perdre mais ne perdons pas espoir ! Allez Anna, une fois dans ta vie va droit au but et prend les bonnes directions. Surtout que ce gentil blondinet de Scorpius t'a bien expliqué le chemin.
Après un petit détour j'arrive dans un couloir où de nombreuses portes sont fermées. Bien. Maintenant il faut trouver la classe de Sortilèges. Je m'approche des portes une à une et, Oh Miracle ! Il y a des emplois du temps accrochés. J'essaye de trouver celui où le cours de sortilège est écrit à cette heure-ci, mais minute… Je ne sais pas quelle heure il est ! Mon Dieu que je suis bête. Je me laisse glisser contre un mur de désespoir. Je suis en plein cauchemar. Je ne saurai jamais comment rentrer chez moi et je mourrai seule, dans ce couloir. Bon peut-être que j'exagère un peu mais honnêtement je commence à désespérer de comprendre cette histoire folle. J'en viens même à prier pour qu'un prince charmant, ou toute chose s'en rapprochant, débarque à cet instant-là pour me sortir du pétrin, comme dans les films d'adolescentes.
