Chapitre 4

Lorsque Red ouvrit les yeux le lendemain matin, il fut surpris de sentir une forme féminine se blottir contre lui. Puis ce qui s'était passé la nuit précédente lui revint, il avait blessé Lizzie. Reddington tourna la tête pour observer la jeune femme encore endormie. Puis son regard se posa sur la main qu'elle avait posé sur son torse et à laquelle brillait doucement le bracelet de fer noir à la lueur du soleil matinale. S'il mettait la main sur celui qui avait commandé ces bracelets, il allait lui faire passer un sale quart d'heure. Il tendit sa main libre, l'autre étant passée autour des épaules de sa jeune protégée, et effleura les bracelets au poignet de Lizzie.

- Red ? marmonna cette dernière encore à moitié endormie.

- Bonjour, Lizzie. Comment vous sentez vous ?

- Ca va, même si vous m'avez fait peur hier soir.

- Je suis désolé de vous avoir blessée…

- Je n'étais pas inquiète pour moi, j'ai eu peur pour vous. Vous sembliez… possédé.

- Oui, mon passé n'est pas facile à oublier, et je ne le veux pas de toute façon, il fait de moi celui que je suis aujourd'hui.

- Un enquiquineur de première ? S'amusa la jeune femme.

- On respecte ses aînés, Lizzie, la gronda gentiment Red.

Cette remarque fit glousser la jeune femme, avant qu'elle ne reprenne son sérieux et ne s'écarte doucement de Reddington.

- Moi non plus je n'oublie pas, assura la jeune femme.

L'homme acquiesça doucement en comprenant qu'elle parlait de Sam et probablement de tout ce qu'il avait fait depuis qu'il était entré dans sa vie.

Les jours passèrent alors, semblables aux précédents et plus le temps passait plus Liz semblait sur les nerfs, s'inquiétant de ne pas avoir de nouvelles du blacksite et de leur avancée à retrouver le Bijoutier. Cinq jours après qu'ils aient découvert les bracelets à leurs poignets, Liz et Red reçurent la visite de Cooper et de Ressler.

Les deux agents du FBI attendaient devant la porte de la suite de Red, lorsque Dembe vint leur ouvrir. Il les guida ensuite dans le salon où Liz et Red attendaient des cartes dans leurs mains et à la grande surprise, Cooper nota que Liz semblait gagner au vu des jetons devant elle.

- Ah ! Harold, voulez-vous rejoindre la partie ? demanda Red avec un large sourire.

- Non, merci, mon argent est bien là où il est, répondit l'homme.

- On ne joue pas d'argent, rassura Liz, on joue des gages, et le nombre de gage à faire dépend du nombre de jeton que l'on a.

Cette remarque tira une grimace à Red, il savait que Lizzie allait se "venger" de sa venue dans sa vie. La jeune femme eut un large sourire victorieux en posant une quinte flush sur la table, alors que Red dans un soupir de dépit posa ses cartes, sa main étant moins forte que celle de Liz. Cette dernière récupéra les derniers jetons qui étaient devant Red avant de se tourner vers Cooper.

- Vous avez des nouvelles du Bijoutier, Monsieur ?

- Non pas encore, mais nous avons une piste, rassura l'homme.

La bonne humeur de Liz sembla disparaître jusqu'à ce que la main de Red ne se pose sur la sienne et frôle la cicatrice qu'elle avait sur le poignet.

- Ma compagnie vous dérange à ce point Lizzie ? demanda moqueusement Red.

- Ce qui me dérange le plus c'est que je risque de finir empoisonnée à tout moment. Cinq mètres ce n'est rien Red.

- D'où les menottes, répondit Red.

- Par contre, il y a une raison au fait que je ne trouve aucun stylo dans cette suite ? demanda Liz avec un léger sourire.

- Vous savez ce qu'on dit : prudence est mère de sûreté. Et je sais que vous avez l'habitude d'enfoncer des stylos dans la gorge des gens dans des chambres d'hôtel, s'amusa le criminel.

Liz leva les yeux au ciel face à la boutade de Red.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda alors Ressler avec un air furieux sur le visage.

- De quoi ? demanda Elisabeth sans comprendre.

- Ces marques sur votre cou.

A ces mots, Cooper s'approcha, alors que Liz couvrait ses bleus d'une main. Puis il posa un regard acéré sur Red, ce dernier détournant le regard.

- Vous, espèce de…! Grogna Ressler en agrippant Red par le col.

Dembe voulut intervenir mais Red l'arrêta d'une main, même si le jeune black restait sur ses gardes, prêt à intervenir si l'agent dépassait les bornes. Mais Dembe n'eut pas à intervenir alors que Liz vint poser une main sur les bras de Ressler.

- Lâchez le Don, ordonna la jeune femme.

- C'est lui ?

- Oui c'est lui qui m'a fait ces marques. Mais je n'ai pas besoin de vous pour le faire regretter à Red, Ressler. Je suis une grande fille et je sais me défendre.

- De toute évidence, pas suffisamment, répondit le rouquin.

Lizzie agacée d'être surprotégée par tout le monde, attrapa le bras de Ressler et lui fit une clef de bras, le plaquant contre la table et l'immobilisant d'une seule main. L'homme lâcha un léger cri de surprise et de douleur.

- Je ne suis pas en sucre, Don. Et je commence à en avoir assez d'être surprotégée par tous les hommes qui entrent dans ma vie. Je suis agent du FBI et vous semblez l'avoir oublié. Alors maintenant, vous allez me faire le plaisir de vous en souvenir et d'arrêter de me prendre pour une femme incapable de se défendre. Et ça vaut aussi pour vous Red, lâcha la jeune femme d'un ton sec en jetant un regard fougueux vers le criminel.

Ce dernier leva les mains en l'air en signe de reddition et Liz lâcha Ressler, laissant celui-ci attraper son bras et s'écarter précipitamment. Une main posée sur le bas de son dos calma un peu Liz, mais cette dernière se dégagea rapidement en retournant s'asseoir. Cooper fit de même et expliqua à Red et à l'agent Keen ce qu'ils avaient découvert. Red leur proposa les services de l'un des ses contacts et Cooper prit congés. Au moment de partir, il posa son regard noir sur Red.

- Au moindre problème, agent Keen, n'hésitez pas à appeler.

- Ca va, Monsieur, assura Liz.

L'homme acquiesça doucement et sortit, laissant Liz fermer la porte derrière lui et Ressler.

- Donald est plus fougueux que je l'avais imaginé, nota Red amusé.

- Il n'attend qu'une bonne raison pour vous tuer, répliqua Liz en retournant dans le salon, tirant Red derrière elle.

- Beaucoup de monde n'attend qu'une bonne occasion pour me tuer, un de plus ne changera pas grand-chose.

Liz soupira en se laissant tomber dans le canapé alors que Red s'installait de manière plus élégante. Puis, voyant que la jeune femme était toujours troublée, il passa un bras autour des épaules de la jeune femme. Il avait découvert que Lizzie se détendait maintenant lorsqu'elle était dans ses bras et il en abusait sans vergogne, ravi d'avoir une bonne excuse pour tenir Liz contre lui. Ils restèrent ainsi pendant une bonne petite heure, discutant de tout et de rien, évitant les sujets qui fâchent. Et ce fut finalement, Liz qui brisa le silence confortable qui s'était installé.

- Vous avez des gages à faire.

- C'est vrai, s'amusa le criminel, et que vais-je devoir faire ?

La jeune femme réfléchit pendant un temps, puis elle se dégagea des bras de Red pour lui faire face, se redressant sur le canapé.

- Vous savez faire des massages ?

Red haussa un sourcil surpris, en général c'était lui qui profitait des massages. Heureusement ses voyages à travers le monde lui avaient appris énormément de choses. Avec un léger sourire, il prit le téléphone et appela la réception pour obtenir une huile de massage. Ce qu'il reçut dix minutes après avoir fait sa demande. Puis il guida la jeune femme vers la chambre, il la pria de se déshabiller et de s'allonger sur le lit sur le ventre. Ce qu'elle fit après un instant d'hésitation, elle n'avait pas cru que Red aurait accepté sa proposition. Elle se déshabilla et s'installa sur le lit couvrant le bas de son dos d'une serviette, avant de donner le feu vert à Red qui avait gardé les yeux clos pour lui donner un minimum d'intimité. L'homme se figea en voyant sa jeune protégée allongée devant lui portant en tout et pour tout une serviette blanche, il déglutit difficilement.

- Ce que vous voyez vous plaît, Red ? demanda Liz sur un ton moqueur.

- Vous êtes une femme magnifique, Lizzie, n'en doutez pas un seul instant, répondit Red d'une voix roque.

Puis, il s'avança et s'assit au bord du lit, juste à coté d'Elizabeth avant de commencer le massage. Peu à peu, la jeune femme se détendit et poussa même de légers gémissements de bonheur. Red passa des épaules au dos puis s'attaqua aux jambes et aux bras.

- Lizzie ? Appela Red tout en reprenant son massage du dos.

- Hum ?

- Comment vous sentez-vous ?

- Bien, rien que pour ça je vous interdis de partir trop longtemps.

- Vous voulez m'engager comme masseur ? Mes services risquent de vous revenir cher, nota le criminel.

- Après le bazar que vous avez mis dans ma vie, vous me le devez bien, marmonna Liz.

Cette remarque attira un léger rire de Red qui reprit son massage s'attaquant à un nœud dans le dos de la jeune femme. Cette dernière lâcha un nouveau gémissement de bonheur, priant Red de continuer.

Le visage enfouit dans l'oreiller, elle ne remarqua pas la légère rougeur sur les joues de Red. Il avait beau être le médiateur du crime et le quatrième homme le plus recherché du pays, il n'en restait pas moins un homme. Un homme attiré et ayant de l'affection pour une magnifique femme qui était presque nue devant lui. Et de l'entendre apprécier son massage avait eu des répercutions particulièrement gênantes sur le bas de son anatomie. Et le plus gênant était sans doute le fait qu'il ne pourrait pas s'éloigner de la jeune femme pour régler son problème. Il était tellement concentré sur son problème et sur son massage qu'il ne remarqua pas que Lizzie avait tout remarqué.

La jeune femme fut au début choquée de savoir qu'elle faisait de l'effet à Red, lui qui restait maître de lui-même en toute circonstance. Et si au début elle se sentit gênée, rapidement elle fut flattée, Red pouvait avoir toutes les femmes qu'il voulait et pourtant c'était elle qui lui faisait de l'effet. Elle était troublée et ne savait pas vraiment où elle en était, mais une chose était sûre elle avait de l'affection pour Red, si elle n'en avait pas, elle n'aurait pas été jalouse de la fille de Red. Et en fait la présence de Red ne la gênait pas vraiment, elle se sentait même en sécurité.

Éprouverait-elle de l'amour pour cet homme qui avait fait de sa vie un champ de ruine ? Elle ne savait pas, surtout après la trahison de Tom, elle ne pensait pas être capable d'entrer dans une nouvelle relation et surtout pas avec quelqu'un comme Raymond Reddington.

Elle avait commencé à somnoler lorsqu'elle sentit Red remonter la couverture sur son dos et prendre place à coté d'elle.