Bien le bonsoir à tous !
Comme prévu, j'ai le paisir de vous annoncer que le chapitre quatre est en ligne. Et pour ceux qui se disent "On avais pas remarqué", tant pis. C'est juste histoire de le dire .
Un gros merci pour reviews que vous m'avez laissé, elles m'on beaucoup encrouragé.
Un grand merci, encore, à Matteic, qui a accepté de me relire et de me corriger .
Je vous souhaite une très bonne lecture !
Disclaimer : Heureusement, l'histoire m'appartient, ainsi que les personnages fictifs (par rapport à HP, bien entendu). Malheureusement, JK ne m'a pas donné l'autorisation d'utiliser ses personnages. Donc, tout ce que je n'ai pas cité comme m'appartenant n'est à moi, et je n'en retire aucun bénéfice.
Journalistes historiens
La magie est une force mystérieuse, un immense océan, ou un courant d'air. Elle peut jaillir à tel endroit pendant des décennies, comme une source paraissant intarissable, puis, du jour au lendemain, s'assécher. Est-ce définitivement ? Je n'en ai malheureusement aucune idée. Mais elle peut également déserter une contrée durant des éons (1), et, soudainement, inonder la terre d'un flot continu et dévastateur. Nombre de théories circulent. Elles ne restent cependant qu'hypothèses, élucubrations et superstitions. Certains parlent de phénomène cyclique. Ceux qui les prononcent ne s'avancent pas vraiment. D'autres mentionnent la volonté divine. C'était d'usage lors des temps où la superstition était reine. Même si aujourd'hui encore, certaines personnes y croient. Une hypothèse récurrente est celle la plus probable : la magie est une énergie, issue de paramètres inconnus. Est-ce comme pour le nucléaire moldu ? La magie est-t-elle une énergie libérée suite à une fission ou à une fusion atomique ? Vient-elle d'une réaction chimique ? Est-elle au moins liée aux particules élémentaires ? Après tout, les moldus ne les ont pas toutes découvertes. Cette dernière question est somme toute assez pertinente : nous sommes nous-même composés de ces atomes. Mais dans ce cas, d'où vient cette fréquence aléatoire à laquelle les êtres ont accès à la magie ? Chaque question ouvre une porte à d'autres. Car, dans la magie, tout n'est hypothèses, élucubrations et superstitions. On a pu tout de même remarquer plusieurs choses. La magie est majoritairement héréditaire. Les êtres amenés à côtoyer celle-ci pendant toute leur vie manifestent, même s'ils étaient dénués de tout pouvoir, quelques capacités, et leur descendance a des chances d'être « magique ». Donc, plus on s'expose à la magie, plus elle « vient » en nous. Comme si elle s'éveillait. Nous pouvons donc en conclure que la magie est en nous tous. Moldus compris. Il nous manque juste le terme de l'équation permettant de comprendre pourquoi certains ont accès à cette énergie – si l'on se base sur l'hypothèse la plus probable -, et d'autres non….
« Mione ! » lança une voix exaspérée.
La jeune fille sursauta. Elle regarda à droite, puis à gauche, cherchant l'idiot qui avait osé l'arracher du Traité magique de Léonard Voihtou. Ce livre était une vraie merveille, et l'auteur un grand théoricien. Français qui plus est ! Ce n'était pas tous les jours qu'elle arrivait à mettre la main sur une traduction rendant compte de toutes les nuances du texte, par Merlin ! Quand elle eut posé les yeux sur l'infâme, elle se détendit malgré elle. Ce n'était que Harry. Ou plutôt, c'était lui. Enfin, elle se comprenait.
« Mione » répéta le Survivant.
Elle se reprit, et le foudroya du regard :
« Comment oses-tu, Harry Potter ! Ce traité est ce qu'il y a de plus intéressant ! J'espère pour toi que tu as une bonne explication !
- Bien sûr ! » s'empressa-t-il de dire.
Ledit traité comptait exactement 593 pages en épais parchemin. Sa couverture était d'un beau cuir rouge sombre avec une armature de métal. A vue de nez, il pesait lourd. Et devait faire vraiment mal. Etonnant comme le souvenir d'un livre similaire à celui-ci lancé avec colère sur le courageux Gryffondor avait anéanti ses pulsions téméraires.
« La bibliothécaire m'a quasiment agressé pour que je te dise de ne pas oublier de rapporter Ehm… C'était comment le titre ? Quelque chose comme Illusions mortes, d'un certain Baldac, hésita Harry.
- Illusions perdues, de Balzac, rectifia la préfète.
- Oui, voilà, opina Harry. Et aussi Les Hauts de Hurlevent, d'Emily Brontë, ajouta-il.
- Tu as moins de mal avec le titre de ce livre, remarqua Hermione.
- C'est anglais, et j'ai un peu vu ce livre en primaire, lui expliqua-t-il.
- Brontë ? En primaire ? C'est rare, surtout que le livre est compliqué pour un enfant.
- La prof faisait partie de la vieille école. Mais elle ne nous en fait que des résumés.
- Heureusement. De toutes façons, ce livre a beau être une œuvre majeure, je la trouve niaise. Balzac, lui, étudie les choses plus en profondeur.
- Si tu le dis » fit Harry.
Le pauvre n'avait certainement pas envie de l'entendre disserter sur la Comédie Humaine. Alors Hermione décida de faire ce que Mme Pince exigeait. Elle le fit savoir à Harry, qui lui proposa de l'accompagner. Elle marqua la page de son livre, se leva, et monta dans son dortoir chercher les quatre volumes demandés (2). Quand elle redescendit, le jeune homme discutait avec Lavande et Parvati. Elles semblaient vouloir le convaincre de quelque chose. La préfète s'avança et remarquant l'air d'Harry, tel un agneau pris au piège, elle lui vint en aide. Aide qui consistait à passer au travers du trio, attraper Harry par sa cravate, et l'entraîner vers la sortie de la salle commune. Un kidnapping, quoi.
« Hermione ?
- Oui ?
- Tu m'étrangles, là, fit remarquer Harry.
- Oups ! »
Elle le relâcha précipitamment, rougissant.
« Excuse-moi, lui dit-elle, repentante.
- C'est rien. La prochaine fois que tu fais ça, évite juste d'attraper ma cravate.
- J'essaierai d'y penser », lui promit-elle.
Ils continuèrent leur marche tranquillement jusqu'à ce que, au détour d'un couloir, quelqu'un les interpelle. Un couple s'avançait vers eux. Hermione pouvait certifier ne les avoir jamais vus, ce qui la rendit immédiatement méfiante. Harry aussi semblait sur ses gardes. L'homme, celui qui les avait arrêtés, se présenta :
« Henry Leach, enchanté.
- Marissa Bloom, se nomma la femme. Nous sommes journalistes pour la Gazette de Sorcier. »
Les soupçons de la jeune fille se confirmèrent. Les étudiants avaient parlé de l'arrivée inattendue des Fondateurs. Par contre, étaient-ils vraiment des journalistes ? Ou bien des Mangemorts ? Pour vérifier cela, elle décida de se montrer ferme et inquisitrice. Pour la sécurité de l'école. Au contact de ses amis, elle avait appris à mettre la façon dont les gens la percevaient de côté. Elle n'avait aucun problème avec ça. Il le fallait.
« Que faites-vous à Poudlard ? Avez-vous l'autorisation écrite du professeur Dumbledore ? les interrogea-t-elle, impérieuse.
- Bien sûr, Miss…
- Granger. Puis-je la voir ? dit-elle d'un ton sec.
- La voilà, dit le journaliste qui lui tendit le parchemin, tentant visiblement de garder un visage aimable et nonchalant.
- Bien, fit la préfète, reconnaissant la signature du directeur. Vous ne m'avez toujours pas dit ce que vous vouliez.
- Des parents d'élèves nous ont rapporté que les Fondateurs seraient ici, à Poudlard. Comme le Directeur nous a confirmé ce fait, nous les cherchons. Pouvez-vous nous aider ?
- Nous ne savons pas plus que vous où ils se trouvent, madame Bloom, affirma Harry, prenant la parole pour la première fois.
- Ah ? Merci quand même. Pouvez vous tout de même nous raconter vos impressions, Mr… insista la femme.
- Potter.
- Harry Potter ! s'exclamèrent d'une même voix le duo.
- Lui-même, rétorqua Hermione, légèrement dédaigneuse.
- Donc, comment avez-vous ressenti cette arrivée ? poursuivit Marissa, ignorant la préfète.
- Comme tout le monde, j'étais très étonné, répondit Harry.
- Que pensez-vous des Fondateurs ? continua le journaliste, ne remarquant pas le regard las des adolescents.
- Ils sont sûrement plus complexes que ce que la plupart des gens pensent. Je ne pense pas que Godric Gryffondor soit seulement courageux, ni que Rowena Serdaigle passe son temps dans les livres et les notes de recherches. Encore moins que Helga Poufsouffle soit d'une patience irréprochable, et que Salazar Serpentard ait pour passe-temps de tuer moldu sur moldu, déclara le jeune homme. Mais je ne leur ai pas suffisamment parlé pour avoir une opinion juste sur eux.
- Et que…
- Excusez-nous, mais nous devons aller en cours, le coupa Harry. Au revoir. »
Il s'éloigna, et Hermione le suivit immédiatement, sans un regard pour les journalistes. Ils devaient être indignés, révoltés, et, plus que tout, abattus. Cette constatation la fit sourire. Pauvres journalistes rembarrés par le héros national ! Quand ils se furent suffisamment éloignés d'eux, elle se permit une remarque :
« Tu ne leur as pas assez parlé pour avoir ta propre opinion d'eux, c'est ça ? A part Dumbledore, c'est à toi qu'ils parlent le plus !
- C'est pour m'expliquer des trucs. Je peux juste te dire que Dame Serdaigle a une répartie d'enfer, que Seigneur Gryffondor et Seigneur Serpentard se lancent pique sur pique, et que Dame Poufsouffle arrive par je ne sais quel miracle à les calmer quand elle en a assez. »
Hermione acquiesça. D'une certaine manière, c'était logique. Leurs relations ressemblaient à n'importe quelles autres. Ce qui l'étonnait était que la Gazette réagisse aussi tardivement. Les Fondateurs étaient à Poudlard depuis maintenant quatre jours. Quoique, le temps que les hiboux arrivent et que la rédaction décide d'envoyer des reporters, c'était possible. Avec l'article qui paraîtrait, elle était sûre que Fudge ferait une petite virée à Poudlard, histoire de se faire bien voir du quatuor en leur rendant hommage. Restait à voir comment cela se passerait, si la rencontre se ferait en public. Connaissant Fudge, elle pouvait déjà préparer de quoi s'asseoir confortablement pour assister au spectacle.
Les élèves de Poudlard étaient décidément étranges. A l'époque où Henry était lui-même élève, il n'était pas si froid avec les gens ! Sur la vingtaine d'élèves interrogés, seulement une demi-douzaine d'entre eux avait répondu avec enthousiasme à leurs questions ! Le reste s'était montré vraiment méfiant. A croire que la fille accompagnant le Survivant leur avait dicté la conduite à suivre !
Et surtout, les Fondateurs étaient introuvables. A croire qu'ils étaient revenus sous forme de fantômes. Et plus ils s'enfonçaient dans les couloirs de l'école, plus son hypothèse se confortait en lui. Exaspéré, il finit par en faire part à sa collègue :
« Marissa, tu es sûre que ce n'est pas un coup monté de Dumbledore ?
- Bien sûr. Comment expliques-tu tous ces témoignages, alors ? lui répliqua-t-elle sèchement.
- Mais dans ce cas, où sont-ils ? » explosa Henry.
Merlin semblait avoir entendu sa prière, car à peine eut-il exprimé sa colère, que quatre personnes se dressèrent devant eux, comme surgis du néant. Le journaliste, tout à son ébahissement quand il comprit qui était ce groupe, ne songea même pas au fait qu'ils étaient sortis simplement d'un passage secret, et non du néant, comme il le retranscrirait plus tard. Le charisme évident du groupe le poussa, sans qu'il ne se rende compte de son attitude, à adopter un profil bas. Ils étaient les Fondateurs, après tout.
L'un des deux hommes s'avança :
« Des élèves nous ont prévenus que vous nous cherchiez. Pour une enquête journalistique m'ont-ils dit.
- En effet. Je suis Henry Leach, journaliste à la Gazette du Sorcier, et voici ma collègue, Marissa Bloom, les présenta-t-il pour la énième fois.
- Ce sont leurs paroles. En quoi pouvons-nous vous être utiles ? interrogea l'homme.
- Nous souhaiterions vous posez des questions, notamment sur Poudlard, mais aussi sur vous-mêmes. Cela fait presque un millénaire depuis la fondation de l'école, et nous avons perdu énormément d'informations sur les personnes que vous êtes, expliqua Marissa avec déférence, comme atteinte elle aussi par la prestance du groupe.
- Répondre à tout cela prendra du temps, pourquoi ne pas aller dans un endroit plus confortable ? proposa l'une des deux Fondatrices »
Henry supposa qu'il s'agissait de Helga Poufsouffle. L'hospitalité et la générosité de cette dernière étaient connues de tous. Les Fondateurs firent volte face et les invitèrent, lui et sa collègue, à les suivre. Le groupe entra dans une ancienne salle de classe. Les journalistes trouvèrent le lieu fort insalubre avant que, d'un coup de baguette prodigué par l'une des deux femmes – Rowena Serdaigle se dit l'homme –, poussières et saletés ne disparaissent. Ils s'assirent sur des chaises autour du bureau professoral.
L'entretien débuta, et Henry découvrit qu'il s'était trompé dans ses estimations, la Sage était celle qui les avait conduit en cette salle, et la Généreuse celle qui l'avait rendu propre. Il apprit, à sa grande stupéfaction, que le projet « Poudlard » était à l'initiative de Salazar Serpentard. Quand il demanda pourquoi les autres l'avaient suivi, leurs réponses le stupéfièrent :
« La où Salazar va, je vais, avait commencé Godric. J'ai bien peur qu'il ne puisse se passer de moi quand il s'agit de faire régner l'ordre. Et de l'ordre, il en fallait, pour une école.
- Le concept me plaisait. Ainsi, les connaissances n'étaient pas éparpillés, ajouta Rowena.
- Surtout que de cette façon, les sorciers peuvent s'entraider. Ils développent des liens, et ainsi ils ne sont pas seuls quand un malheur arrive », termina Helga.
Marissa voulut que cette dernière développe l'idée de malheur. Elle s'hasarda à supposer que le « malheur » dont elle parlait était en fait les moldus. A cette supposition, elle ne reçut qu'une phrase : « Que peuvent bien nous faire des moldus ? Ils pensent avec crainte que nous ne sommes que légende. ». La journaliste persista dans son idée, en évoquant les massacres que le fanatisme religieux avait poussé les moldus à faire. Rowena Serdaigle intervint en leur rappelant qu'à leur époque, le christianisme tel qu'il était aujourd'hui n'existait pas en Ecosse. Surtout que la « Chasse aux sorcières » avait réellement commencé au XVème siècle, selon les livres d'histoires de la bibliothèque.
Les questions continuèrent, et quand Henry leur demanda la raison de leur venue, ils ne récoltèrent qu'une phrase sibylline. Sur les réactions des étudiants, par contre, ils furent plus expansifs. Les Gryffondors s'étaient montrés très accueillants, Godric s'en enorgueillait : « L'hospitalité et la chaleur sont des valeurs que, j'ai pu le constater, ma Maison n'a point perdu » avait-il déclaré. Les Poufsouffles également, au bonheur d'Helga, qui ajouta même avoir été fière de constater l'entraide visible entre les élèves, et ce malgré quelques hostilités. Les Serdaigles, eux, avaient été sceptiques, jusqu'à ce que Rowena leur prouve qu'il s'agissait bel et bien d'elle. Elle s'en réjouissait. Salazar avait eu plus de mal avec ses élèves. Enfin, à peine leur avait-il susurré une ou deux menaces en Fourchelang que les plus récalcitrants étaient devenus aussi dociles que les Knealzes envers leur maître.
Quelques minutes et questions plus tard, les journalistes quittèrent Poudlard, le scoop de leur vie en poche.
Bien le bonjour, chers amis. Belle matinée, n'est-ce pas ? Encore une fois, je n'apparais pas au début du chapitre. La mort est une triste histoire, non ? En fait, l'auteur aurait besoin de mon concours pour clore le chapitre. Donc si je ne puis l'amorcer, au moins je l'achève.
Pour une fois, j'ai envie d'entrer directement dans le vif du sujet. Je ne vais donc pas vous faire languir d'avantage. Commençons par une série de questions. Que pensez-vous de ce que les Fondateurs ont dit aux journalistes ? Les raisons évoqués pour suivre Salazar Serpentard sont-elles les bonnes ? Ou bien ont-ils menti ? D'après vous, quelle serait alors la vérité ? Vous êtes perdus, je le sens. Dans ce cas, je vais vous donner la réponse. Ils n'ont ni menti, ni dit la stricte vérité. Ils se sont contentés réduire cette dernière à un simple argument. Un demi-mensonge, en fait. J'imagine que vous voulez connaître l'histoire dans son entièreté, maintenant. Et bien soit. Revenons près de mille ans plus tôt, pour assister ce qui fut la première pierre de Poudlard.
Le premier à se joindre à Salazar fut son demi frère. On peut imaginer que le premier en ait parlé au second, qui aurait alors décidé de l'accompagner dans sa noble quête. Il n'en est rien. En fait, Godric voyait souvent son frère disparaître pendant plusieurs heures. Il supposait que Salazar cachait quelque chose. Curieux, il le suivit. Et contrairement à ce qu'il pensait, il trouva son frère à travailler sur des plans. Interloqué qu'il puisse ainsi s'isoler des heures durant pour élaborer, façonner et parachever plans, listes et autres paperasseries inconnues et incompréhensibles à Godric, ce dernier voulut savoir de quoi il en retournait.
Bien que réticent l'Ambitieux lui confia son projet. Enthousiaste, le Téméraire décida sur le champ qu'il ne laisserait pas son frère « être le seul dans la merde » si je transforme ses mots dans le langage actuel. Ainsi Godric Gryffondor ajouta son empreinte au projet « Poudlard ». Le plus drôle dans cette histoire est qu'il espérait surprendre Salazar avec une femme.
Rowena Serdaigle fut la seconde à rejoindre Salazar. Fille d'une amie de longue date de Dame Gryffondor – autrefois Serpentard- et elle-même amie d'enfance des rejetons de cette noble femme, le plus bavard des deux, et aussi le plus jeune, ne tarda pas à lui demander son aide. Elle ne fut pas difficile à convaincre, le projet lui plaisait.
Je peux cependant vous assurer que la promesse d'un laboratoire et d'une grande bibliothèque fit toute la différence. Après tout, quitte à s'investir dans un projet de « charité », autant avoir quelques avantages. De cette façon naquirent la bibliothèque, la Tour d'Astronomie, et autres lieux de science. Malheureusement, la plupart furent perdus à la mort de la Sage.
A vrai dire, c'est à trois qu'ils débutèrent la mise en place du projet. Helga Poufsouffle, héritière de Kenneth Poufsouffle jugeait avec scepticisme la construction d'un château non loin de ses terres. De même, Salazar Serpentard regardait avec dédain ses voisins, cherchant un moyen de les empêcher de gêner la bonne marche du projet s'ils en avaient l'intention. Pour cela, Rowena créa au moyen de runes une barrière de protection.
Cependant, ils n'étaient que trois. Même s'ils étaient puissants magiquement parlant, il leur fallait une quatrième personne pour permettre à la protection d'être opérationnelle. Car, selon Rowena, à trois, ils représentaient l'action, le raisonnement, et la famille. Pas l'accomplissement. Or, la formule de la barrière reposait sur l'arithmétique en plus des runes. Et elle exigeait un « quarte », chiffre de la construction. Sur un plan plus concret, le château était également carré, donc pour pouvoir le protéger efficacement, il leur fallait un quatrième membre.
Godric proposa de demander de l'aide à leurs voisins. « Justement, disait-il. Si nous leur demandons leur aide, ils se sentiront concernés par Poudlard. De plus, on loue la loyauté de la famille Poufsouffle envers ses amis. ». Ces mots pleins d'un bon sens rare chez son frère convainquirent Salazar.
Il rendit donc une visite courtoise au Seigneur. Tout ce que je peux dire de cette entrevue est qu'elle ne fut pas ce qu'espérait l'Ambitieux. Cependant, il persévéra et, dans le mois qui suivit, Helga Poufsouffle, plus qu'intriguée, put admirer le projet. Salazar et Rowena, par d'habiles arguments, obtinrent son aide. Pour décrire le rôle qu'eut Godric dans l'intégration d'Helga au projet, je vais prendre des termes d'aujourd'hui. Pour construire un mur, il faut des briques. Seulement, des briques posées les unes sur les autres, cela ne tient pas. Du ciment est nécessaire pour les coller ensemble. Le Téméraire peut être comparé au ciment. En effet, il assura la cohésion du groupe pendant ses débuts, étouffant dans l'œuf les querelles et recollant les morceaux quand il ne pouvait les éviter.
Il n'empêche qu'une fois le groupe soudé à vie, l'école put enfin ouvrir ses portes.
La journée qui suivit, la rédaction du journal magique La Gazette du Sorcier fut en ébullition. Pas qu'elle soit calme d'habitude, mais cette fois-ci, comme à chaque gros scoop, l'agitation était à son comble. Les journalistes délégués avaient mis en forme l'interview durant la soirée précédente. Mais il fallait faire des recherches complémentaires, alimenter le propos. Des ouvrages furent cités, des auteurs mis en valeur. Les rouleaux des imprimantes fonctionnèrent plus que de raison, et, le lendemain, plus nombreux furent les hiboux qui livrent l'« édition spéciale ».
(1) : éon : durée de temps arbitraire, très très longue.
(2) : Illusions mortes, d'Honoré Balzac est constitué de trois livres. Donc, en plus des Hauts de Hurlevent, Hermione doit rendre quatre livres.
Un petit mot pour vous dire au revoir ? Kupo !
