Merci pour vos reviews, argumentées en plus !
S2aa : merci ! C'est un beau compliment.
TheDreamy : merci d'être toujours là. Oui, il y aura définitivement des flashbacks !
Guest : si tu adores, c'est super lol. Mettez des pseudos les guests, c'est plus sympa pour vous remercier^^
SweetyK : merci poulette ! La tirade sur l'amour de Klaus est largement inspirée d'une de Spike dans BTVS héhé.
Lea Michaelson : c'est normal d'être un peu confus par rapport au passé et ce qui ont vécu Klaus et Caroline, mais ça s'éclaircira petit à petit.
Ninou : merci beaucoup.
lani : toi ici ? Oui oui, je sais... Mme Lockwood, ça en a révolté une autre aussi, qui ne lit d'ailleurs pas cette fic pour ça lol. Mais hey, un mariage n'est qu'un bout de papier, non ? Et franchement, ça n'a pas l'air d'être l'extase, si ? Je comprends que ce soit difficile à avaler mais c'était nécessaire pour l'histoire, aie confiance, aie confiance... Merci en tout cas pour ta jolie review.
lucette22 : merci, wow !
impatiente : personne ne l'a fait avant le coup de "ils ont déjà vécu un truc" ? Je sais pas en fait, bonne question. Si ça te plaît, c'est le principal.
Lorelei : merci !
Mirmoz : hé bé dis donc, je suis allée googleliser "dystopie" pour le coup ! *ai appris un mot nouveau* C'est un concept intéressant mais ce n'est effectivement pas l'apocalypse, c'est un peu la merde, faut être honnête, mais ça va encore^^ Oui, Jeremy est mort, désolée :( Où, quand, comment, pourquoi ? C'est un peu la clé de cette fic, donc chut ! Oui, il y aura des flashbacks, promis ! Ah, l'autre fiction, j'y bosse, mais j'ai beaucoup plus de mal en fait mais je n'abandonne pas^^
Place au chapitre 4 ! Bonne lecture !
CHAPITRE 4 : JUSQU'A LA PROCHAINE FOIS
L'obscurité. C'est tout ce que Klaus pouvait voir alors qu'il était allongé sur son vieux lit sale et pourri. Le matelas était si fin qu'il sentait les ressorts au travers qui lui rentraient dans les reins. Mais il s'en souciait peu. Dormir n'était pas dans ses priorités cette nuit. Il avait les mains derrière la tête en guise d'oreiller, se refusant d'utiliser celui qu'on lui avait donné et qui sentait le moisi. Il soupira profondément et regarda son souffle former des petits nuages blancs de fumée qui s'évaporaient dans la nuit glaciale.
Ca faisait un jour. Un jour depuis le retour de Caroline après ces jours interminables où il n'avait pas vu son joli visage lui rendre visite. La nuit d'avant, sa performance voulant lui faire croire qu'elle était heureuse en tant qu'épouse modèle et accomplie aurait pu convaincre n'importe qui sauf lui, il la connaissait mieux que quiconque. Quand elle était arrivée ce matin, elle avait semblé s'attendre à ce qu'il ait cru son plaidoyer quand elle avait clamé qu'elle et Lockwood étaient heureux ensemble.
Mais il savait la vérité, il avait pu la lire dans ses yeux alors qu'elle était en train de lui poser des questions, toujours plus de questions. « As-tu tué ces humains ? » « Faisais-tu partie d'un mouvement de rébellion extrémiste » « Es-tu coupable ? » « Que s'est-il passé exactement concernant Jeremy ? » étaient celles sur lesquelles elle s'était le plus focalisée, mais il refusait de lui donner des réponses claires. Elle ne méritait pas d'avoir des réponses claires. Elle ne méritait pas de connaître la vérité, et puis de toute façon, elle s'était déjà faite son opinion.
Mais ils avaient parlé et pour une fois aucun des deux n'avait appelé un garde avant la fin de l'entretien. Elle n'était restée qu'une heure, refusant de répondre à ses questions sur Tyler, Damon ou Stefan, de peur qu'il recommence son petit jeu de torture mentale. Mais il avait pu lire la confusion dans ses yeux elle n'avait toujours aucune idée de la stratégie à mettre en place, et elle semblait presque désemparée face au temps qui passait et qui ne jouait pas en leur faveur.
Ca le réconfortait un petit peu de la voir si désorientée, il n'était au moins pas le seul. Il tourna la tête vers le mur, en vieilles pierres, humide et crasseux et visualisa le visage de Caroline - ainsi que ses lèvres – et de cet unique moment où elle avait été dans sa cellule. Il s'était surpris lui-même à s'autoriser le plaisir de la provoquer en la frôlant de ses doigts hésitants. Mais la toucher à nouveau était quelque chose qu'il se refusait de tenter à l'avenir.
Elle avait tout foutu en l'air, ou c'est du moins la manière dont il voyait les choses. Les mois qu'ils avaient passés à Mystic Falls puis leurs années à New York avaient changé sa vie de manière dramatique. Peut-être que s'ils n'avaient jamais entamé une relation, il ne serait pas là aujourd'hui, à croupir dans cette cellule, attendant qu'on prononce sa peine de mort.
Est-ce qu'il lui en voulait ? Oui, d'une certaine manière. Est-ce qu'il la détestait ? Une partie de lui souhaitait ardemment pouvoir la détester pour pouvoir tourner la page, pouvoir lui infliger des tortures insupportables et se débarrasser ainsi de la dernière once d'humanité qu'il possédait encore. Mais il ne pouvait pas la détester. Non, il ne pourrait jamais la détester. Il y a des gens dans la vie qu'on ne peut oublier, et alors qu'il était allongé là, suffocant presque dans l'obscurité, il réalisa qu'elle faisait partie de ces personnes tellement spéciales que leur seul souvenir fait saigner rien qu'en songeant à elles et au passé partagé...
La vie ne s'arrêta pas à cette nuit pour Caroline, mais elle révéla au contraire les fausses idées qu'elle et Klaus s'étaient tous les deux imaginées mutuellement. Et c'est ainsi qu'un mois se déroula, avec une certaine trêve et paix entre les deux. Il était plus calme à présent, ce qui l'aidait grandement lors de leurs entretiens et ce qui aussi d'une certaine manière l'autorisait à survivre en dehors de leurs entrevues et lui, au sein de Rikers Island...
Au moins jusqu'à un certain point.
« Je suis vraiment, vraiment désolée, Elena, mais je ne peux pas rester, » déclara Caroline en passant une main dans ses longs cheveux qu'elle avait lissés. La mine de la brunette s'assombrit légèrement et elle soupira, posant ses sacs remplis de vêtements sur une table en formica bancale.
« Viens dîner alors, » insista Elena, la mine presque suppliante. Après une heure d'intense shopping, les deux jeunes femmes avaient rejoint le local qu'Elena louait avec Damon pour leur activité visant à aider les vampires à briser leurs liens de sang.
Une large banderole, relique des manifestations violentes datant de 2014, était attachée sur le mur du fond. En dessous, trônait le bureau en désordre de Damon qui était occupé à débattre vivement au téléphone avec un interlocuteur qu'Elena n'avait pu identifier.
« Un dîner, ce serait super, » acquiesça avec entrain Caroline, attrapant ses sacs. « Je suis occupée demain, mais pourquoi pas après demain ? »
« C'est bon pour nous, » répondit Damon en rejoignant les deux amies avec un large sourire sur son visage. « Mais est-ce que ça ira pour Tyler ? »
Il jeta à Caroline un regard en coin, levant un sourcil significatif, mais elle préféra l'ignorer, trouvant un intérêt soudain aux documents que le vampire tenait dans ses mains. « Il faudra que tu lui demandes toi-même. »
« Tyler et toi, vous avez, euh, des problèmes ? » demanda Elena en fronçant les sourcils.
« Bien sûr que non, » répondit Caroline en agitant sa main et levant les yeux au ciel. « Disons qu'il est vraiment très occupé ces derniers temps. Comme moi. »
« Ah oui, » intervint Damon en grognant. « Tu interroges toujours Klaus ? »
Un voile sombre passa sur le regard d'Elena quand Damon mentionna le job de Caroline. Ce n'était pas vraiment une surprise en fait, elle avait toujours cet air depuis qu'elle avait appris que Caroline était chargée d'interroger l'Originel. Elena et Caroline n'en parlaient jamais et la blonde devait lutter à chaque instant contre son envie de se confier à sa meilleure amie.
« Tu devrais vraiment faire un break, » déclara Elena essayant de paraître détachée. Mais Caroline la connaissait trop bien, et elle voyait bien qu'elle se retenait de déverser la haine et le dégoût qu'elle avait pour l'hybride. « Tu devrais passer plus de temps avec Tyler. On vous voit rarement ensemble depuis quelques temps. »
« J'ai des échéances, Elena, et tellement de choses à faire. Mais j'arrive à me préserver et à trouver du temps pour moi. Si Tyler veut passer du temps avec moi, alors qu'il arrête de relire trente six mille fois ses dossiers, ce qui ne changera pas les choses en l'état de toute manière. »
Damon et Elena échangèrent un regard surpris et perplexe. Ils savaient que Caroline prenait ce ton amer et cassant que dans ses moments de grande frustration. Mais aucun des deux n'osa relever et dire quoi que ce soit. Caroline leur annonça qu'elle devait s'en aller, et alors qu'elle embrassa ses amis avant de prendre congé, ils lui rappelèrent sur un ton plus léger de ne pas être en retard pour le dîner.
« Bonjour, » marmonna Klaus, avachi sur sa chaise en aluminium, visiblement épuisé physiquement et psychologiquement. Caroline lui retourna un petit sourire avant de s'asseoir elle-même. Elle posa ses bras sur la table et cogna sa tête sur ses bras. Klaus leva un sourcil interrogateur par le bruit engendré et il se redressa, se rapprochant de la table, posant ses bras dessus.
« Dure journée ? » demanda-t-il finalement.
« On peut dire ça... » marmonna Caroline.
Elle se leva et commença à arpenter la petite salle lentement, ses bottes noires claquant sur le carrelage à chacun de ses pas, alors que Klaus la suivait du regard avec une expression vide.
« Quelles questions m'as-tu concoctées aujourd'hui ? » demanda-t-il après quelques minutes. Il commençait à s'impatienter et la voir si peu attentive était déstabilisant. D'habitude, quand elle entrait dans la pièce, elle démarrait sur les chapeaux de roue et focalisait toute son attention sur lui, ce qui le réjouissait en fait, intérieurement et secrètement.
Caroline fit une légère moue. « Quand je te pose des questions, je n'ai jamais de réponses de toute manière... »
« Mais si, » répondit-il, « tu as une ébauche de réponse, mais ce n'est peut-être pas le genre de réponse à laquelle tu t'attends. »
« Non, effectivement. Je ne sais pas pourquoi je viens là presque tous les jours en fait, peut-être que c'est ce qu'il doit se passer ? Toi qui meurs avec l'extinction de ta lignée ? »
« J'aurais volontiers acquiescé si tu n'étais pas concernée, » répondit Klaus, un brin amusé à présent, « ce monde a trop besoin de toi, mon cœur, de ta lumière et ton dévouement pour les causes perdues. »
Caroline leva les yeux au ciel, se massant le cou avec une main alors qu'elle retourna s'asseoir. Elle fouilla dans son sac et en sortit une grande enveloppe cartonnée. Elle la posa sur la table, elle était sûre que Klaus avait remarqué les larges lettres noires formant son nom au milieu.
« C'est ton dossier, » commença-t-elle, espérant avoir une autre réaction que ce visage toujours fermé et impassible qu'elle avait devant elle presque tous les jours. « En un mois, mes supérieurs ont remarqué que je n'y avais rien ajouté de nouveau. »
« Et alors ? » demanda-t-il froidement.
« Alors, Klaus, ça veut dire que durant un mois, je n'ai absolument rien appris de toi. »
« Pourquoi tu me dis ça ? »
Klaus avait ce sourire qui l'agaçait tant mais elle était trop fatiguée pour avoir la force suffisante de lui ordonner d'arrêter ça ou carrément le gifler, ce qui ne tarderait pas à se produire si les choses continuaient de progresser de cette manière. Cette violence émergeait à chacune de leurs entrevues et elle l'effrayait, ne sachant comment l'apprivoiser. Elle se força à le regarder dans les yeux. L'homme assis en face d'elle ressemblait à un ange avec ses grands yeux bleus et ses cheveux blonds dont on devinait les boucles naître à leurs extrémités. Les fossettes qui creusaient ses joues quand il souriait accentuaient les traits angéliques de la créature mi-vampire, mi-loup garou qui n'avaient d'humain plus que l'apparence. Seules quelques lignes de son visage et la profondeur de son regard l'attirant vers les ténèbres pouvaient encore le trahir. Il paraissait jeune si on ne savait pas qu'il avait plus d'un millénaire au compteur, un jeune homme proche de la trentaine qui de toute évidence n'avait pas assez d'espace vital pour se dépenser.
Il prenait vraisemblablement soin de lui et elle avait remarqué qu'il s'était rasé ces dernières semaines, et coiffé quelque peu dans la mesure de ses possibilités. Son uniforme de prisonnier était troué par endroits, et chiffonné, mais il n'était pas dans un état pitoyable, comme elle avait pu le voir sur d'autres prisonniers. En fait, Klaus avait une allure tout à fait décente compte tenu de ses conditions de vie.
« Pourquoi est-ce que tu ne me réponds pas, Klaus ? » demanda-t-elle. Ses traits s'adoucirent progressivement alors qu'elle s'efforçait de se calmer. Le silence la calmait pour tout avouer alors qu'ils étaient assis là tous les deux, dans cette pièce froide. Ses yeux à lui, d'habitude si durs, étaient à présent sereins, ce qui était étonnant, mais elle devina qu'elle n'était pas étrangère à ce changement de comportement.
« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je pourrais te dire n'importe quoi, ils se sont déjà fait leur opinion, » répondit-il platement, surprenant Caroline.
« Qui a dit que je m'étais déjà faite mon opinion ? »
« Et encore une autre question, » soupira-t-il, sa mine s'assombrissant alors qu'il en avait visiblement assez de sa curiosité grandissante.
« Je croyais que tu voulais des questions. »
« Ce que je veux, c'est en finir avec toi et ce putain d'interrogatoire ! »
« Bien ! » cracha Caroline. « Comment as-tu tué Jeremy ? »
« Je lui ai enfoncé un pieu dans le cœur ! » grogna-t-il, hors de lui. Il n'avait même pas fait attention au fait qu'il venait de répondre à une question à laquelle il n'avait jamais voulu répondre depuis un mois. « Tiens, voilà quelque chose pour ton fichu dossier ! »
Caroline était sidérée par la tempête qu'il s'efforçait de refouler intérieurement, alors qu'elle voyait bien qu'il était loin d'être calme. Ses yeux s'étaient considérablement assombris et elle cligna plusieurs fois des yeux, visiblement confuse.
« Pourquoi diable es-tu si en colère, Klaus ? »
« Parce que tu es tellement aveugle parfois ! »
« Comment ça ? »
« Oh, débrouille-toi pour lire entre les lignes, » marmonna-t-il, se levant et marchant vers la porte. Il frappa deux fois et attendit quelques minutes mais aucun garde ne vint.
« Où est ce putain- »
« Il est probablement allé dîner, » le coupa Caroline.
« Il est en train de dîner pendant que tu m'interroges ? » demanda Klaus, et Caroline acquiesça. « Et pourquoi est-ce qu'il ne garde pas cette foutue porte ? Et si j'essayais de t'attaquer ? Je suis un criminel tu sais, j'aurais pu facilement te mettre à terre et te tuer, ou me servir de toi pour sortir d'ici. »
Puis, l'inattendu se produisit. Caroline se mit à rire et elle ne semblait plus pouvoir s'arrêter. Klaus la regarda d'un air surpris. Elle mit quelques minutes avant de pouvoir se calmer, reprenant son souffle. Elle devait être rouge, elle sentait que ses joues étaient en feu, et elle était presque sûre qu'il allait se moquer d'elle, mais pour tout avouer, elle s'en moquait éperdument.
« Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ? » demanda l'hybride une fois que le silence fit son retour.
« Je ne suis pas sûre, » déclara la blonde, passant sa main froide sur sa joue brûlante.
« Alors, pourquoi est-ce que tu ris ? »
« Parce que... parce que j'en avais besoin... »
Klaus retourna lentement s'asseoir et la regarda en coin. Il ne put s'en empêcher et un sourire s'étira sur ses lèvres.
« Ca faisait longtemps que je ne t'avais pas entendue rire, » murmura-t-il doucement, ses yeux guettant sa réaction face à cet aveu. Contre toute attente, Caroline se relaxa, il n'était pas d'une humeur détestable finalement aujourd'hui.
« Ca faisait longtemps que je n'avais pas ri comme ça, » avoua-t-elle presque à contrecœur. Klaus fut surpris et il leva un sourcil alors qu'elle lui souriait si tristement. Ils restèrent assis un petit moment à se regarder dans les yeux avant que Caroline ne s'éclaircisse la voix et se lève.
« Je ferais mieux d'y aller, » dit-elle rangeant le dossier de Klaus dans son sac. Elle s'approcha de la porte et se tourna une fois encore vers l'hybride. « Merci pour ton aide. »
« Jusqu'à la prochaine fois, » dit-il comme à son habitude.
Caroline frappa à la porte et elle entendit quelques instants après un cliquetis. Elle se retourna une dernière fois.
« Je suis là pour t'aider, Klaus, même si je n'en ai pas l'air. Tout ce que je veux, c'est savoir ce qui s'est passé... »
« La curiosité est un vilain défaut, » ronronna-t-il.
Elle hésita un instant et des rides sur son front se creusèrent alors qu'elle pencha légèrement la tête sur le côté. « Jeremy a été tué d'un coup de couteau dans le cou, tu sais. Il avait un pieu dans le ventre, qu'on lui a sûrement retourné dans la lutte, mais c'est ce coup mortel à la carotide qui a causé sa mort. »
Il resta silencieux, ne cillant pas alors qu'il soutenait le regard de la blonde.
« Qui a tué Jeremy, Klaus ? » osa-t-elle. Elle n'était pas sûre de vouloir connaître la réponse à cette question, parce quelle qu'elle puisse être, elle ne pourrait apaiser personne.
Klaus fronça les sourcils, l'air sérieux. Il lui fallut un moment pour enregistrer la question. Il posa un coude sur la table, et sa tête sur sa main. « Je te l'ai déjà dit, c'est moi qui l'ai tué. »
Elle le regarda en silence, avant de tourner la poignée et sortir sans un autre mot. Elle referma la porte derrière elle et adressa un petit sourire au garde avant de marcher l'air préoccupé dans le couloir.
Elle était tellement prise dans ses pensées qu'elle ne remarqua même pas Keyth qui l'attendait près de la sortie, et il jeta son mégot alors qu'elle s'approchait. Il s'éclaircit la gorge, la faisant sursauter et la ramenant sur Terre.
« Keyth, » dit-elle lui adressant un petit signe de tête en guise de salut.
« Comment se passe l'interrogatoire, Caroline ? »
« Ni plus, ni moins de la manière dont on pouvait s'y attendre, » marmonna-t-elle.
Une autre soirée se profila, et la nuit s'installa. Tyler lui avait déjà envoyé un message ce matin lui disant qu'il ne serait pas à la maison ce soir. Caroline se demanda combien de femmes mariées restaient chez elle, seules, un vendredi soir pendant que leurs maris vouaient leurs vies à une cause presque perdue d'avance. Peut-être qu'elle avait de la chance au bout du compte. Au moins, elle n'était pas mariée à un alcoolique ou à un joueur invétéré.
Elle décida de faire du rangement dans ses tiroirs et placards fourre-tout et elle tomba sur de vieux souvenirs. Elle traça du bout de son index sa photo de mariage et soupira.
Ils s'étaient mariés en 2020 dans la petite église de Mystic Falls, en comité très réduit. Damon avait été le témoin de Tyler, Elena le sien, et elle se souvenait avoir pleuré quand elle avait réalisé que ni son père, ni sa mère ne la conduirait jusqu'à l'autel. Stefan avait pourtant endossé ce rôle à la perfection.
Ils s'étaient efforcés d'être tout de même joyeux ce jour-là, leur joie n'avait pu être consumée en ce jour d'union. Caroline avait envoyé une invitation à Bonnie mais sans surprise, la sorcière n'était pas venue au mariage. Elle ne lui en avait pas tenu rigueur. Comment aurait-elle pu lui en vouloir ? Bonnie avait été une des rares, à l'époque, à connaître sa liaison secrète avec Klaus. Et Klaus avait tué Jeremy.
Sortant de vieilles photos d'une boîte en fer, Caroline examina le trésor qu'elle avait sous les yeux. Davantage de photos du mariage, d'autres de New York. Elle ne put s'empêcher de sourire devant les visages souriants de ses amis, à part celles où Damon boudait quand Stefan ne broyait pas du noir de manière incompréhensible.
Elle retrouva la grande photo de la remise des diplômes réunissant tous les élèves de sa promo qui souriaient fièrement brandissant leurs diplômes. Elle esquissa encore un sourire en voyant une photo d'elle et Matt, dans les bras l'un de l'autre, alors que le jeune homme venait juste d'acquérir le Mystic Grill. Elle se rappela de ces moments, ces si précieux moments, qui semblèrent dater d'une éternité. Dix ans, il y avait presque dix ans, mais dix ans, c'était une éternité pour elle.
Elle fouilla encore, toussant quand de la poussière s'échappa du fond du placard. Elle se releva et soupira devant le bazar qu'il y avait dans l'armoire quand un objet retint son attention.
Elle sortit un petit coffre fermé par un ruban qu'elle tira, faisant tomber tout ce qu'ils avaient d'entassé dessus. Elle retourna dans le salon, alluma la petite lampe sur la table basse et s'installa par terre sur des coussins moelleux.
Elle ouvrit le coffre en retenant son souffle et ses yeux s'embrumèrent à la vue de ces objets familiers. Le bracelet en diamants que Klaus avait fini par lui rendre mais qu'elle n'avait jamais réellement porté, un pendentif appartenant à l'hybride, des dessins, beaucoup de dessins, certains pliés en quatre. Son regard fut attiré par un vieux téléphone mobile et elle étouffa un sanglot. Incapable de résister même si elle savait qu'elle ne devait pas, elle l'alluma d'une main tremblante. La photo sur l'écran lui déchira le cœur alors que le couple souriant et amoureux lui renvoyait en plein visage la période la plus heureuse de son existence. Elle composa l'unique numéro qui y était enregistré et quand la sonnerie retentit enfin, elle raccrocha en fermant les yeux. Son cœur battait contre ses tempes, lui donnant un mal de tête insidieux et lancinant. Il ne répondrait pas, bien sûr, les objets personnels étaient confisqués aux prisonniers mais elle se rappelait comme si c'était hier chaque fois que ce téléphone avait sonné et qu'elle décrochait rapidement, heureuse d'entendre sa voix et d'avoir de ses nouvelles alors qu'il lui manquait tant.
Caroline soupira longuement, à présent envahie par une fatigue, une frustration et une confusion lui donnant réellement la migraine. Elle s'allongea sur le canapé. Le chauffage était allumé mais il ne la réchauffait pas alors qu'elle tenait contre sa poitrine le téléphone. Le silence devint tout à coup trop lourd et pesant, et elle se sentit froide, sans vie, et par dessus tout, seule.
Klaus avait rompu la promesse qu'il lui avait faite. Il avait rejoint les Ténèbres. Il avait brisé la confiance, si minime, qu'elle avait pu avoir en lui la nuit où le corps de Jeremy avait été retrouvé sans vie. Et pourtant, son regard, ses paroles apaisantes, les promesses d'explications et les éléments qu'elle avait à présent lui hurlant presque l'innocence de l'hybride faisaient écho dans son esprit.
Y avait-il un infime espoir pour que... ?
Non, bien sûr que non. Il était coupable. Il avait basculé à nouveau. Caroline jeta finalement le téléphone parmi les choses déjà éparpillées par terre. Elle s'efforça de se rasseoir et chasser les papillons qui dansaient et virevoltaient devant ses yeux. Peut-être qu'il y avait toujours cette petite étincelle au fond d'elle qui lui permettrait de garder un espoir et pouvoir l'aider. Au plus profond d'elle, elle ne voulait en fait pas croire que Niklaus Mikaelson ait pu tuer de sang froid le frère de sa meilleure amie après tout ce qu'elle avait vécu avec lui.
N'oubliez pas de me faire part de vos impressions !
