Dans la tente, l'air était lourd, et les gardes à l'extérieur frissonnèrent malgré eux, et bien que l'été soit présent. L'assemblée était silencieuse, mais l'on pouvait presque entendre les rouages des cerveaux fonctionner à toute allure. Comprenant que cette engrenage prenait la direction pour se transformé en bombe, Alice ouvrit la bouche. Cependant, aucun mot n'en sortit lorsqu'elle reçu les regards noirs des autres membres du comité. Enfin, surtout de l'un d'en eux, ses yeux presque noirs lançaient des éclairs. La blonde pris une grande inspiration pour essayer de se calmer et d'une voix chevrotante dit :

- Ne prenez pas les mots de Will au pied de la lettre… Ils ont du dépasser sa pensée… Ne vous en fait pas, il va bientôt revenir s'excuser… Enfin, pas qu'il ait totalement tord mais… je veux dire… il est comme ça quoi… Après tout, il portait de grand espoir en vous… enfin, il vous estime toujours mais…

- Calme-toi Alice. Nous avons compris qu'il était énervé mais ce que j'aimerais savoir c'est pourquoi il est entré si facilement en fureur après les mots de Halt, fit doucement Crowley

- Je ne sais pas si c'est à moi de vous le dire, répondis franchement Alice, pourtant, juste pour vous éviter d'autre problèmes avec lui, je vais vous expliquer. Son père était un fermier réquisitionné pour la guerre et c'est grâce à lui que Halt est en vie aujourd'hui. Elle vit les regards d'incompréhension. Le père de Will est l'homme qui à repoussé les Wargals de Morgarath qui essayaient de s'en prendre à Halt. Grâce à son courage, Halt a pu s'enfuir mais Daniel, son père, fut exécuter. Alors, quand Will a appris ça, il m'a dit qu'il pensait que vous étiez un être fabuleux, et il voulait vous ressemblez. C'est pour ça que malgré son jeune âge, il a appris assidument les cours du rodeur Malkeur. Il a longtemps cru que vous aidiez la population mais comme nous pouvions nous défendre seul, vous ne nous aidez pas. Mais je pense que Will a d'autres raisons plus personnels que je ne connais pas.

Le silence repris ses droits. Mais cette fois ci, il était à la réflexion. Au bout de quelques instants, le rodeur Halt se leva et voulu sortir de la tente. Le commandant de l'ordre lui attrapa le bras et s'étonna :

- Où vas-tu ?

- C'est à cause de moi que nous perdons cette opportunité, je pense que nous avons des choses à nous dire

Sur ces mots, il sortit. Il n'avait pas vu le temps défilé et le jour approchait de son crépuscule. Rabattant son capuchon, il prit la direction de la forêt, se doutant de l'endroit où était allé le jeune homme. Au pied de celle-ci, il chercha des traces du garçon. Il fut impressionné par son talent brut. En effet, ses pas avaient simplement effleuré le sol et pour un non expérimenté, il aurait été impossible de le retrouver. Cependant, Will était traqué par un rodeur, et pas n'importe lequel, surement le meilleur d'entre eux. Halt suivit sa trace pendant plusieurs heures. Le soleil déclinait et Halt eu un pincement au cœur. Et si le garçon était-il réellement partit ? Il secoua la tête, se demandant pourquoi de telles pensées était venu parasiter son esprit. Mais il retient quelque chose, une impression, une intuition certain dirons, mais en tout cas, Halt sentit que s'il laissait partir Will, il perdrait quelque chose, quelque chose de très important. Il accéléra encore le rythme de sa course, si c'était encore possible. Lorsque la nuit recouvrit la forêt, Halt continua son chemin. Le jeune homme avait continué tout droit et le rodeur avait une idée de l'endroit où il se serait arrêté. Peu de personne connaissait aussi bien cette forêt que les rodeurs, puisqu'elle a habité pendant plusieurs siècles, le rassemblement annuel des rodeurs. Halt savait que plus loin se trouvait une petite cascade, et l'endroit était apaisant. Si le garçon s'arrêtait cette nuit, ce serait surement ici. Il marcha encore pendant une bonne heure avant d'atteindre la clairière. En son centre se trouvait le jeune homme, assis près d'un feu et mangeant ce qui semblait être du lapin. Halt se figea lorsque Will leva la tête dans sa direction. Un vieux dicton disait « Fait confiance à ta cape ». Le jeune homme soupira et retourna à son repas. Trois seconde plus tard, il releva la tête d'un mouvement brusque, pour surprendre un éventuel intrus. Malheureusement pour lui, Halt connaissait tous ces tours et ne se fit pas prendre. L'adolescent soupira une nouvelle fois et dis :

- Je sais qu'il y a quelqu'un, je ne peux pas vous localiser, alors maintenant, s'il vous plait, pouvez-vous vous monter ?

Halt, impressionner, accéda à sa demande et s'approcha du feu de camps. Will le détailla et lui tendis une cuisse de lapin. Le rodeur s'assis en tailleur à côté de lui et commença à manger sans un mot. Un observait furtivement l'éphèbe. Il haussa un sourcil lorsque ce dernier lui tendit sa tasse. Le rodeur remarqua alors qu'elle contenait de la tisane. Il la gouta et fut surpris par sa saveur. Halt pensa alors, ce gamin a vraiment toutes les qualités pour être un rodeur, il sait se déplacer silencieusement et sans laisser beaucoup de trace, il sait repérer les intrus, il semble savoir se servir de son arc et en plus, il boit de la tisane… Il fronça les sourcils, comment ça, un apprenti ? Il avait toujours dit qu'il ne prendrait personne… Même s'il avait participé à l'entrainement de Gilan, son véritable maître était Crowley. Alors, pensez que ce gamin irascible et prétentieux qu'il ne connaissait pas puisse devenir son apprenti était totalement improbable. Et…

- Excusez-moi, ce n'est pas bon ? Désolé, vous n'aimez peut être pas ça… demanda prudemment Will

Le jeune homme avait vu le froncement de sourcil du rodeur. Il avait cru qu'il n'aimait pas sa boisson. Il lui qui voulait se faire pardonner…

- Non, ça va. Je suis juste surpris que tu en boives à ton âge, fit Halt

- C'est une habitude, Will passa la main dans ses cheveux, gêné. Je voudrais m'excuser pour toute à l'heure, je n'ai pas pensé…

- Les apprentis ne pensent pas, c'est un fait, le coupa l'homme

- Apprenti ? Je n'en suis pas un ! Attendez, ça veut dire quoi, questionna Will

- Ça doit être l'une de leur caractéristique de parler à tort et à travers, répondis tout simplement l'autre. Tu avais raison sur certains points, mais pas sur la question en elle-même. Quoi que tu en dises, tu as besoin de nous, ou plus particulièrement, de l'entrainement des rodeurs. C'est vrai, tu as quelques facilités, mais si tu veux que ton mensonge soit cru par tous, tu dois le faire devenir réalité. Alors, veux-tu devenir mon apprenti ?

Le rodeur parla et les mots sortirent tous seul de sa bouche. Apprenti, il avait proposé à un gamin de devenir son apprenti alors qu'il avait dit qu'il n'en prendrait pas !

- Vous voulez faire de moi votre apprenti ?

- Au moins, tu es sur la bonne voie, répondre à une question par une autre question est assez représentatif d'un apprenti, fit sarcastiquement Halt

- J'aimerais bien mais je croyais que vous ne m'appréciez pas… murmura le gamin

- C'est juste que ton personnage nous serve de couverture, et si tu te faisais attraper, nous aurions tous eu des problèmes. Et puis, il y à le fait que tu ais menti à tout le monde, continua Halt

- Je n'ai jamais menti ! Je n'ai jamais dit que j'étais un rodeur, ou un apprenti. Je n'ai juste pas contredit ceux qui le pensaient. Je croyais qu'il serait plus facile comme ça d'entrer en contact avec vous…

- Laissons cet interlude de côté. J'aimerais maintenant que tu me dises tout ce que tu sais faire. Ne me mens pas ou ne me cache pas des choses, car ça pourrait entrainer la mort de nombreuses personnes. Puisque ton personnage c'est bien implanté dans la population, nous allons nous en servir pour mettre en rogne Morgarath. Nous devrons te faire un emploi du temps spécifique.

- Alors, concernant mes capacités, je sais toucher une cible fixe à 100 mètres et une en mouvement à 50 mètres. Je sais grimper aux murs et aux arbres. J'arrive à ne pas me faire repérer la plupart du temps, je sais un petit peu me battre avec des couteaux. Je lance les couteaux jusqu'à 10 mètres. Je connais un petit peu le rodera. Je ne sais pas monter à cheval, ni me battre à l'épée. Je ne sais ni lire, ni écrire. Je crois avoir dit l'essentiel.

- Je me disais aussi. Pendant les six prochains mois, je t'entrainerais. Les rodeurs feront quelques apparitions à ta place et…

- Vous n'êtes pas que trois ? le coupa Will

- Non, nous sommes 14

- Et vous faites quoi le reste du temps ?

- Nous essayons de répondre aux questions des apprentis et de les faire taire pour qu'ils écoutent

Halt lança un regard noir à Will. Ce dernier, comprenant le danger, ferma la bouche et attendit patiemment son tour.

- Bien, si nous n'avons pas fait d'apparition public ces dernières années c'est que nous protégions le pays des attaques extérieures. Nous avons fait comme si le roi Duncan était à la tête du pays. L'usurpateur, nous le faisons passer pour un proche conseiller du roi. Ce travail est très fastidieux. Nous nous occupons aussi des bandits et des voleurs, des tueurs et des marchands d'esclaves.

- Mais pourquoi ne pas avoir revendiqué nos actes ?

- Tu ne te souviens peut être pas mais la politique de l'usurpateur c'est adoucit ces 5 dernières années. Nous avons essayez de faire un héros, comme toi, mais Morgarath a envoyé ses mercenaires et à exécuter toutes les personnes qui sont entré en relation avec lui. Nous ne voulions pas reproduire ce fiasco, expliqua Halt

Après ces paroles, on entendait juste le souffle régulier des deux protagonistes et les crépitements du feu. Quelques fois, une chouette hululait mais le rodeur et son apprenti ne frémirent pas, habitué à dormir à la belle étoile. Lorsque le soleil pointa le bout de son nez, le camp était déjà en effervescence, en effet, le rodeur avait réveillé son nouvel apprenti pour juger par lui-même ses capacités. Il commença par 2 heures de tir à l'arc. Halt compris rapidement le problème du jeune homme. Celui-ci avait une mauvaise position, notamment avec le placement de ses doigts sur la corde. Pour un archer normal, les tirs de Will était plutôt correct mais pour un rodeur non. Après tout, l'un des dictons disait « Un rodeur normal s'entraîne jusqu'à ce que son tir soit juste. Un rodeur s'entraine jusqu'à ce qu'il ne commette plus aucune erreur ». Après ce simple test, Will du préparer le petit déjeuner malgré ses courbatures. Le repas achevé, Halt lui fit travailler le lancer de couteau et testa aussi ses réflexes au corps à corps. Par la suite, ils partirent chasser pour le déjeuner, permettant à Will de s'entrainer à poursuivre silencieusement une piste et à mettre en pratique les entrainements du matin. A son grand soulagement, Halt lui fit remarquer qu'il avait déjà un bon entrainement dans ce domaine.

Pendant trois jours, la formation se suivit. Mais, à l'aube du quatrième, un visiteur inattendu vient les rencontrer. Il s'agissait de Crowley. Il était passablement inquiet. En effet, son ami lui avait dis qu'il allait retrouver le jeune homme, il pensait donc qu'il allait le ramener au camp. Alors, lorsqu'au bout de deux jours, personne en vue, il pensa un instant que le gamin soit traitre. Avec tout son talent, il partit donc à la recherche des deux personnages. Quel ne fut pas sa surprise quand il vit son ami, qui avait juré de ne jamais prendre d'apprenti, entrainer le garçon. D'ailleurs, un détail le déconcerta. Les deux personnages agissaient l'un envers l'autre comme deux très bons amis. Et Will ne semblait pas affecter par l'apparente mauvaise humeur d'Halt. Soudain, Crowley eu un sourire, il comprit son impression. Ces deux personnes agissaient inconsciemment comme un père et son fils. Ne voulant pas briser ce moment, il se détourna d'eux et retourna au camp calmer les esprits.