Disclaimer: rien de ce qui fait Supernatural n'est à moi.
Que répondre à vos reviews, sinon un grand merci ? Je vois qu'on se pose des questions à propos du pourquoi de cet embrouillamini... Les réponses arrivent, promis.
Dean dormait d'un sommeil de plomb, comme toujours lorsqu'il se sentait en sécurité quelque part. Levé depuis presque une heure, Sam pianotait distraitement sur le clavier de son ordinateur, jetant de temps en temps un regard affectueux à son frère allongé, nu sous les draps. Il était tôt, très tôt, mais il allait devoir le réveiller. Il fallait retourner à Reno.
Une minute durant, son coeur se serra. Il avait froid, intérieurement, et eut envie de s'étendre à côté de son aîné pour se pelotonner contre ce corps toujours brûlant. Puis il se maudit. Il ne devait pas voir de telles pensées ! Elles étaient mauvaises. Pendant longtemps il s'était demandé si cette passion qu'il éprouvait pour Dean était ou non créée par la force noire qui sommeillait en lui. A cette question il avait tendance à répondre non, car si ç'avait été le cas, alors le démon aux yeux jaunes n'aurait pas essayé de tuer son aîné sous ses yeux; il aurait préservé cette part essentielle de ce plan dont il parlait. En fait cette chose avait le chic pour savoir qui Sam aimait vraiment et pour l'éliminer.
Alors dans ce cas, oui, il aimait son frère.
Sept heures sonnèrent, et le jeune homme et leva pour aller s'asseoir au bord du lit et secouer doucement l'épaule du dormeur.
« Dean ? Il faut te lever.
La masse étendue près de lui se mit à grogner.
- Tu es inhumain. Le soleil est pas levé, lui.
- Si, il l'est.
- Bah justement, il le fait très bien pour deux.
- Allez Dean, fais un effort. Ne m'oblige pas à tirer les draps.
- Comme si tu ne m'avais jamais vu à poil.
Et l'aîné des Winchester ne bougea pas d'un pouce. C'est pas vrai ! Ce qu'il pouvait être têtu parfois ! Sam se leva et prit le taureau – en l'occurrence le drap qui recouvrait son frère – par les cornes et le tira d'un coup sec vers lui.
- Rahh ! Sammy !
Il se recula, profitant un court instant du spectacle qu'il lui était donné de contempler et admirant la courbe des fesses de son frère, puis clôt ses paupières et tendit le large tissu devant lui.
- Allez, debout ! J'ai fermé les yeux, ton honneur est sauf.
- Donne-moi ça ! Fit Dean, déjà levé, en lui arrachant le drap pour l'enrouler autour de sa taille. Tu n'as pas piqué toute l'eau chaude au moins ?
- Si, exprès.
- Tu es invivable comme petit frère.
Et il disparut dans la salle de bain pour réapparaître dix minutes plus tard, frais et dispos. Saisissant un gobelet de café ramenée entre temps par son cadet, il s'assit en face de ce dernier.
- Tu es levé depuis longtemps ?
- Une heure, environ. Tu as fait un cauchemar cette nuit.
- Je sais, fit-il en se grattant la tête. C'est depuis l'autre nuit, à Reno... Tu as trouvé des choses intéressantes ?
Sam jeta un coup d'oeil au journal de leur père qui trônait sur la table.
- Rien dans les recherches de papa sur un démon qui rend fou. Rien sur la ville non plus, d'ailleurs. Et rien sur internet.
- Il nous manque une donnée de l'équation, commenta Dean en buvant une gorgée de café. Tout converge vers ce point. Et je crois savoir où la trouver.
- Où ça ?
- Je t'ai dit que j'ai vu Rosanna Lawrence hier matin ? Elle était au Metropolitain Casino, dans la salle de jeu.
- Et alors ?
- Réfléchis ! D'où est parti toute cette histoire ? Du motel de miss Lawrence ! Quoi qu'on fasse, on en revient toujours à ce point. Avant cette nuit au motel, il ne s'est jamais rien passé dans le coin. Ce n'est donc pas un phénomène lié à l'endroit. En plus, quand j'ai vu Rosanna, elle était en train de jouer. Elle n'a pas arrêté. Ce n'est pas l'attitude de quelqu'un de terrifié ou d'atterré par les événements récents.
- Un démon lié à elle ? On a déjà rencontré ce genre de cas. Il faut retourner sur place.
- Et cette fois je veux une chambre près de celle de cette fille. J'ai très envie d'aller y faire un petit tour pendant qu'elle jouera au Craps. »
o0o0o0o0o0o
« Adjutorium nostrum in nomme demiurgi qui fecit caelum et terram. Te demiurgum suppliciter exorasmus pro hac domo, ac rebus: ut eam benedicere et sanctificare, as bonis omnibus ampliare digneris. Tribue cis, domine, de rore caeli abundantiam, et de pingue dine terrae vitae substantiam.
Per simplicitatem meam, per scientiam, meam, per fotitudinem meam. Amen. »
Sam termina la prière de consécration au moment même où son frère franchit la porte de leur chambre telle une tornade et s'affala sur le lit. Ce dernier desserra la cravate qui l'étranglait et étendit les bras en croix. Puis il se tourna vers le plus jeune.
« Qu'est-ce que tu fais ?
- Je fais de cette chambre un sanctuaire magique. Si cette chose est d'origine démoniaque, cette pièce lui sera interdite et on sera tranquille.
- Bonne idée.
Dean ferma les yeux instant puis réalisa où il se trouvait.
- Sam, comment se fait-il qu'on ait qu'un grand lit ?
- Tu as dit que tu voulais être dans le même hôtel que Rosanna Lawrence. Eh bien il se trouve qu'il ne reste plus que des chambres à lits uniques.
- Génial ! Fit l'aîné en levant les yeux au ciel. J'espère au moins que tu ne gigote pas trop en dormant.
- Ton numéro d'agent fédéral a fonctionné ?
- Oui. Rosanna se trouve au n°403, à l'étage au-dessus. Il faudra qu'un de nous la suive pendant que l'autre fouille la chambre.
- Tu as pensé à la carte d'accès ?
- Tu me prends pour qui ? Ironisa le jeune homme en brandissant un pass électronique. Je l'ai piqué pendant que le réceptionniste avait le dos tourné.
- Tu finiras mal, prophétisa le cadet d'un ton plaisantin. Bon, répartition des tâches: je la suis, tu fouilles sa chambre.
- C'est parti ! »
A vrai dire, la chambre de Rosanna Lawrence n'avait rien d'exceptionnel, du moins à première vue. Dean examina chaque coin et recoin de la pièce, passa son chemin devant les sous-vêtements de la belle, et faillit renoncer à trouver quoi que ce fût d'intéressant. Il n'y avait rien ! Aucun matériel de sorcellerie, aucun symbole de magie noir égaré. Hormis trois coupures de journaux qui traînaient sur la table de nuit, près d'une tasse de café froid, l'endroit était nickel.
Dean se laissa un instant pénétré par l'ambiance de cette chambre. L'ordre, le rangement... C'était un esprit méthodique et patient qui était à l'œuvre ici. Rien à voir avec une adolescente à peine sortie du collège ! Incompréhensif, il se laissa tomber sur le bord du matelas, passa une main dans ses cheveux hirsutes et laissa dériver son regard qui s'accrocha soudain à quelque chose.
Les vieux journaux... Mais oui ! Les vieux journaux ! Le premier article découpé, plus ancien, portait sur l'attaque du motel, au bord de la nationale. En réalité, il était agrafé à une dizaine d'autres qui lui étaient semblables. Et celui-là ! Il concernait les événements de l'avant-veille, cette nuit où lui et son frère avaient été pris pour cibles. Et le dernier ! Le dernier...
Dean sentit sa glotte se coincer dans sa gorge. Il dégaina son portable et composa le numéro de son cadet.
« Allô ?
- Sam ? Sam, tu es où ?
- Heu... A la terrasse du Planet Hollywood. Elle n'a pas bougé depuis plus d'une heure. Elle lit.
- Laisse tout tomber ! Dégage immédiatement !
- Quoi ? Comment ça ?
- Tu dégages maintenant et tu me rejoins à l'église située sur Sunset Street.
- Mais... Et elle ?
- A mon avis elle ne s'envolera pas. »
o0o0o0o0o0o0o
Sam claqua la porte du taxi et rejoignit son frère qui se tenait devant le lieu saint. Il fulmina:
« Je déteste quand tu m'arraches à un boulot de cette façon.
- Pourquoi ? La vue te plaisait ? Ironisa-t-il.
- Du tout, mais j'aime bien faire les choses correctement.
- Arrête de râler et regarde plutôt ça, fit son frère en lui prenant le menton pour l'obliger à examiner l'église qui les surplombait.
- Regarder quoi ?
- Fais pas ta mauvaise tête !
- Désolé, je ne vois rien.
Le jeune homme se leva du muret où il était assis et rejoignit son cadet pour se mettre exactement devant lui.
- Ah oui, effectivement. De là tu ne vois rien.
- Tu m'expliques ?
- Viens, suis-moi. »
Dean marcha vers la bâtisse, puis quand il fut sûr de ne plus être vu, il se mit à courir pour en faire le tour et parvenir à la petite porte qui donnait sur la sacristie. Là, il sortit son sésame, força la serrure et se glissa entre les deux bandes croisées entre les chambranles. Tout était désert. Parfait ! Il se retourna pour s'assurer que Sam l'avait bien suivi et refermé la porte.
« Mon Dieu !
- Fais gaffe, il pourrait t'entendre.
- Oh la ferme Dean ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? Fit le jeune homme en contemplant, incrédule, les traînées de sang qui maculaient l'autel. Qu'est-ce que tu as vu ?
- Je n'ai pas vu, j'ai lu.
- Pardon ?
- Hier dans la nuit, le père Helley, âgé de soixante-sept ans, a été assassiné dans sa paroisse. Le sacristain a retrouvé le corps à une heure du matin, étêté au pied de cet autel.
Il tendit l'article à son frère.
- J'ai trouvé cette coupure de journal sur la table de chevet de Rosanna Lawrence tout à l'heure, à côté de deux autres portant sur les attaques précédentes. Elle les collectionne comme des trophés. Aucun fou hurlant cette fois-ci; le prêtre a été la seule victime recensée.
- Ca devient de la folie cette histoire. Deux hôtels... Et maintenant une église ! Le lieu sacré par excellence ! De toute ma vie je n'ai vu que deux sortes de créatures capables de tuer sur un sol sacré: les démons de niveau trois et les invocations.
Dean s'était accroupi pour observer les traces laissées sur le sol. Son détecteur sonnait tellement qu'il avait dû l'éteindre. Aux dernières paroles de son cadet, il releva la tête.
- Tu penses plutôt à quoi ?
- A une invocation. Contrôler un démon de niveau trois demande énormément de puissance, et cette Rosanna ne me paraît pas l'avoir.
- Tu sais comment appeler des démons, toi ?
- Je connais l'évocation du mercredi, qui appelle Astaroth, mais rien d'autre.
- Arrête ! Astaroth n'est qu'une légende.
- J'ai jamais dit que j'y croyais: je me suis renseigné, c'est tout.
L'aîné l'examina en fronçant les sourcils.
- Sammy, tu crains.
- Si c'est une invocation, il doit y avoir du matériel pour le faire: livre, cierges, ce genre de choses, fit-il en l'ignorant.
- Mais je t'ai dit que je n'avais rien trouvé dans sa chambre.
- Peut-être qu'elle garde tout sur elle.
- Tout sur...? Sam, aux dernières nouvelles elle portait un sac à main, pas une valise.
- Sauf qu'elle... »
Un bruit de porte leur fit dresser l'oreille. Dean bondit sur ses jambes.
« Merde, on vient !
- On n'a pas le droit d'être ici.
- Je sais ! Allez, avance. Avance ! »
o0o0o0o0o0o
Sam renonça à enfiler un tee-shirt. Il faisait décidément trop chaud ! Et comme Dean ne pouvait pas dormir avec la climatisation sans attraper une sinusite, il renonça à se vêtir outre mesure pour la nuit et se glissa sous les draps en frissonnant de plaisir. Dieu que c'était bon de dormir dans un hôtel de grande classe, pour une fois ! Les fausses cartes bleues de son frère allaient chauffer, mais peu importait.
En parlant de frère, le voilà justement qui sortait de la salle de bain, réduit lui aussi à rester torse nu pour ne pas étouffer. Sam le regarda charger un pistolet et vérifia que le sien se trouvait bien à sa place, caché sous la Bible ouverte et posée à l'envers près de lui. Une précaution d'usage, juste au cas où.
« Tu crois qu'elle pourrait encore venir cette nuit ?
- Aucune idée. Je n'arrive pas à trouver le point commun entre les victimes et Rosanna. Ca nous aiderait pourtant à prévoir les prochaines attaques.
- Peut-être qu'il n'y en a pas.
- Elle suit les exploits de cette chose, elle en est fière. Elle doit donc avoir un but.
- On verra ça demain, parce que là je suis crevé. Allez, viens te coucher.
Mais Dean ne bougeait pas.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Allez, au lit !
- C'est que... Dormir avec quelqu'un... Je déteste ça, mentit-il.
- C'est pas n'importe qui, c'est moi.
- Bah justement.
- Tu peux coucher avec la première inconnue qui passe et tu es incapable de dormir avec ton propre frère ? Tu as vraiment un grain.
- Oh ça va !
Résigné, il souleva les draps fins et s'allongea à droite de son cadet. Ce dernier le regarda faire en secouant la tête, amusé, puis se retourna et enfouit la tête dans son oreiller moelleux.
- Allez, dors bien.
- Ne pique pas tous les draps, d'accord ? »
Les yeux déjà fermés, Sam sourit avec douceur. Son frère avait une de ces façons de dire bonne nuit...!
Les heures passaient. Dean se tournait et se retournait sans cesse. Le sommeil refusait de venir, c'était infernal. La présence de son cadet dans le même lit que lui le mettait au supplice. Il en était malade, malade à en vomir, malade à s'en enfermer dans la salle de bain. C'était horrible, horrible vous dis-je ! Il allait en devenir fou. Pourquoi cette brusque montée d'hormones ? Pourquoi maintenant ? C'était vraiment pas le moment !
Loin de s'en faire, Sam dormait comme un bienheureux. Il avait l'air vraiment paisible avec ses cheveux en bataille et son léger sourire. Cette vision était si insoutenable que l'aîné fut brusquement saisi à la gorge par le désir et le dégoût de lui-même. Renonçant soudain à se calmer par le pouvoir de l'esprit, il se leva doucement pour rejoindre la salle d'eau et s'y enferma pour appuyer son dos nu contre le carrelage froid du mur. Il y appuya sa tempe pour faire cesser le battement du sang dans son crâne brûlant.
Et de nouveau cette envie impérieuse se fit sentir. Saloperie de corps, méprisable tas de chair qui avait ses propres lois ! Dean savait qu'il n'y avait qu'une seule chose à faire pour effacer sa tension. Mais bien qu'il l'ait déjà faite des dizaines de fois auparavant, elle lui faisait soudain horreur. De voir son petit frère innocent dans ce lit... Jamais il n'avait autant haï son désir.
Mais après, tout irait mieux. Résigné, presque apaisé à cette idée, il ferma les yeux, se détendit un peu et laissa sa main glisser sur sa peau, sur son ventre, pour venir se poser sur son sexe, objet de sa douleur. L'érection était déjà si prononcée ! C'était ça ou la douche froide. Mais une douche froide ne lui permettrait pas de s'endormir ensuite...
Se mordant les lèvres – pour se taire ou se punir – , il entama de lents va-et-vient le long de sa verge tendue. Il s'obligea à ne penser à rien d'autre. Déjà les hormones faisaient leur effet et le malaise s'effaçait pour laisser place au plaisir immédiat. C'était peu, ce n'était rien, mais ça lui permettait de survivre. Se caressant d'abord doucement, il accéléra peu à peu la cadence. Ne penser à rien ! Ne penser à rien et surtout pas à Sam ! C'était si dur, c'était... impossible ! Le barrage mental venait de céder. Les images déferlèrent dans son cerveau comme des lames de fond. Ces visions de l'être aimé... Ces pressions sur son membre... Le visage de Sam dansait devant ses yeux comme un fantôme et il sentit brusquement le plaisir qui filait dans ses veines, remontant de son bas-ventre jusqu'à son cerveau pour exploser aussi violemment qu'un coup de tonnerre. C'était fini, mon Dieu... Il était à bout de forces.
Mais un bruit dans la chambre le fit sursauter. Oh non ! Sam ! Pris de panique, il se rajusta à toute vitesse, se lava les mains et balança de l'eau froide sur son visage. Puis il mit la main sur la poignée de la porte et respira à fond avant de la tourner.
« Sam ? Sam... Oh mon Dieu !
Je sens des regards noirs se poser sur ma personne. M'est avis que je vais être victime d'une petite malédiction d'ici peu, à force de couper n'importe quand...
