- Et ton frère ?
- Qu'est-ce que ça peut faire ?
- Je suis aussi ton frère. C'est un rival. Mieux connaître son ennemi pour mieux le vaincre.
- Ce n'est pas ton rival. C'est mon frère. Mon frère de sang. Tu es mon frère de cœur.
- Et de cerveau aussi. Vous partagez un cerveau. C'est pour ça que vous avez le QI d'une Nargole.
- La ferme Lunard.
- C'est une conversation privée, entre frères.
- Je ne suis pas votre frère ?
- Non. Ça s'appelle de l'inceste. Je refuse de fermer les yeux sur ça.
- La ferme, James.
- Revenons à nos dragons. C'est grave que ton frère soit à Serpentard ?
- Pour lui non.
- Pour toi ?
- Moi je suis à Gryffondor. Tant qu'il ne s'approche pas de moi…
- Vous vous entendez… comment?
- Avec nos oreilles, Rem'.
- Aïe !
- C'est un oreiller, Sirius. Ça ne peut pas te faire mal.
- Alors, avec ton frère ?
- On ne se parle pas. On s'ignore. Quand on se croise dans l'escalier, sur le palier, dans la cuisine chez nous, on s'évite. On préfère se lever pour aller chercher le sel que de le demander à l'autre.
- Et quand vous êtes la famille au complet ?
Tu veux dire au complet-complet ou juste complet ?
- Les deux.
-Quand il y a les grandes réunions, on s'évite. C'est facile de disparaître, il y a tellement de monde… Parfois j'arrive même à retourner dans ma chambre. Il faut juste faire gaffe à l'elfe, qu'il ne te dénonce pas par mégarde.
- Quand on est avec nos parents, eh bien… On est forcés à interagir. Alors on se provoque, on se lance des piques, on y va avec les petites phrases amères et les délations en douce… Et à la fin, c'est moi qui prend l'engueulade.
- Pourquoi ?
- Parce que je suis à Gryffondor.
- Vous ne vous êtes jamais battus ?
- Avant Poudlard, avant que je ne commence à comprendre ce qu'était ma famille, il n'y avait pas de gros problème entre Regulus et moi. On se battait comme des frères. Et puis ça a commencé à dégénérer. Nos embrouilles de frères devenaient une véritable guerre. Moi je suis le bon fils, la merveille attendue, toi un traître à ton sang, une tapette… La ferme, sale vermine, lèche-botte de tous ces prétendus Sang-Pur... Moi je suis le courageux, celui qui s'est opposée à une famille pourrie aux valeurs abjectes… Et je suis l'aîné, l'héritier.
- Enfin ça c'était avant.
- Ouais.
- Ils t'ont vraiment déshérité?
- Oui. Mais bon, j'avais déjà un bon pactole à Gringotts. Mes parents ne savaient pas ce qu'ils avaient engendré avant que j'ai 11 ans… Dès le premier jour je suis devenu… un fauteur de trouble.
- …
- J'avais peur d'être envoyé à Serpentard.
- Moi, le Choixpeau m'a dit que j'avais une tête énorme, tellement que Serdaigle ne réussirait pas à la remplir. Et là, il a crié « GRYFFONDOR » et il a ajouté : « Pauvre Minerva. »
- C'est vrai que quand elle a appelé Servilus, elle tirait une tête de dix pieds de longs.
- J'ai même cru qu'elle allait donner sa démission.
…
- Allez, Sirius, raconte ce que t'as dit le Choixpeau!
- Ben évidemment, il a fait le petit commentaire « ah, un Black ». Et puis il a rajouté « pas comme les autres. » Il m'a dit qu'apparemment, ce serait une très mauvaise idée de mettre à Serpentard, vu l'opinion que j'en avais. Il m'a conseillé de ne pas juger tous les Serpentards. Et puis il a dit : énormément d'intelligence, énormément de la loyauté et de beauté … la maison qui t'aiderait à affirmer tes qualités et tes valeurs ce serait Gryffondor.
- … et il a ainsi déclenché la plus grosse commande groupée de Beuglantes jamais vue par la poste Magique…
- TOUS les ancêtres Black, affolé par la souillure de leur sang se sont empressé d'inonder la nouvelle recrue de Gryffondor d'injures…
- Chaque jour à la table des Gryffondors, le petit Sirius recevait plus de lettres que Snape de sa maman…
- FERMEZ-LA! Et ne parlez pas de Snape quand on est au lit. Ça me met mal à l'aise.
Septembre 1972, vers 3 heures du matin
Dortoir des deuxièmes années de Gryffondor
