Oha-yooo ! ヽ(・∀・)ノ
Merci pour vos review~ Vous êtes tous toujours aussi adorable dans vos compliments~ ╰(*´︶`*)╯ J'ai fais un rêve qui m'a parmi de me débloquer ! Même si ce n'était que pour une scène de fin (≧▽≦) Je pense savoir quoi faire maintenant pour continuer proprement cette fiction ! J'espère que ça va vous plaire et surtout que je réussirais à géré tout ça ! (≧▽≦)
Sur ce, je souhaite une bonne lecture et un bon grignotage~ (*・ω・)ノ
(correction faite!)
Grunlek avait attendu impatiemment ses amis dans l'auberge où ils s'étaient quittés. Le matin, Théo arriva, et en fin de journée, ils entendirent Balthazar hurler virilement à l'extérieur en étant tombé sur Shin, qu'il devait enlacer par ailleurs. Eden était heureuse de voir son groupe enfin au complet, allant voir tout le monde pour réclamer des caresses, à part Shin à qui elle pinça les fesses de ses crocs. Le demi-élémentaire avait fait un bond en criant, pestant contre l'animal pour se cacher derrière ses amis hilares. Ils s'étaient mis à une table et avaient bu une chopine ensemble en racontant leurs vacances. Le paladin râla qu'il n'avait pas à leur décrire Lumia car elle était sacrée, disant simplement qu'il s'était reposé et recueillit avec sa foi. Le mage inventa qu'il avait fini par se faire éjecter du lupanar dans lequel il était après que son démon se soit payé cinq prostituées. Les filles, à la vue de sa métamorphose se seraient enfuies et il a dû s'occuper en ville.
Leurs amis les crurent aisément, c'était un schéma plutôt classique et réaliste. Les amants furent néanmoins soulagés qu'ils ne posent pas plus de questions qui auraient vite fait de les trahir. L'archer se mit donc à parler de son séjour dans la nature, ayant savouré chaque seconde de vie solitaire bercées par les végétaux et les animaux. Le nain, quant à lui, avait fait des bras de fers et quelques jeux de cartes avec les clients pour faire des paris, sympathisant avec le patron de la taverne et lui donnant un coup de main aux réparations. Cette occupation fit comprendre à Théo et Balthazar pourquoi Eden avait fait une grande balade. Son ami, prit par les fuites du toit, ne devait pas avoir de temps à lui consacrer et elle s'était ennuyée.
Les aventuriers mangèrent tous ensemble avant de monter dans leurs chambres commandées plus tôt par l'ingénieur. Le silence de la nuit gagna peu à peu le bâtiment, et Théo l'apprécia en entretenant son armure. Des coups retentirent contre sa porte, se doutant qu'il devait s'agir de Shin, il prit le flacon d'huile pour lame et alla ouvrir. Le demi-élémentaire avait trouvé une dague sur un cadavre en forêt, de très bonne qualité et dotée de gravures somptueuses. Elle était en mauvais état mais le guerrier lui avait assuré qu'un bon coup de chiffon lui rendrait sa jeunesse d'antan. Son ami avait donc sourit en le prévenant qu'il passerait le voir après avoir rangé son sac.
Cependant, ce ne fut pas la bouille masquée du bleu qu'il découvrit derrière la porte, mais plutôt un visage séduisant encadré par de longues mèches brunes aux reflets de feu. Il se figea, dévisageant l'expression incertaine et quelque peu timide du demi-diable qui essayait de formuler une phrase, sa bouche s'ouvrant dans l'ébauche d'une articulation verbale. Il referma sa mâchoire en soupirant, trop perdu dans les prunelles électriques du soldat pour prononcer le moindre mot. Le paladin décida de briser le silence pour faire bouger la situation, n'appréciant que peu ce que signifiait le frisson qui l'avait parcouru.
- Qu'est-ce que tu me veux ?
- Euhm... Eh bien... Ça fait trois jours qu'on a rien fait et...
Le mage ragea contre sa propre incapacité à parler. Où était donc passé son éloquence quand il en avait besoin ? Elle se faisait toujours la malle quand il discutait avec l'envoyé de la lumière, comme si elle s'amusait à le torturer pour rendre les choses plus compliquées qu'elles ne l'étaient déjà. Théo soupira, croisant les bras en signe de défense et ne présageant rien de bon aux tentatives de l'érudit.
- Et c'est pas pour rien, on reprend une vie normale, Bob.
L'entente de son nom fit parcourir un frisson tout le long de sa colonne vertébrale, et il détourna le regard. Déglutissant difficilement, ses mains commencèrent à trembler dans une faiblesse nouvelle qui lacéra l'intérieur de sa poitrine compressée, l'empêchant de respirer correctement.
- Une dernière fois ? proposa-t-il d'une petite voix, sa tentative de parler bas faisant ressortir la fragilité qui l'habitait à cette instant. Pour conclure...
- C'est non, et tu sais très bien pourquoi ! Ça n'aurait même jamais dû arriver.
Ces mots lui faisait un mal de chien, bien malgré que le guerrier n'avait pas d'intonation amère. Le mage ne sut pas quoi répliquer, sa gorge nouée en sentant que sa relation avec le paladin était bel et bien finie. Il se rendit compte qu'il n'avait aucune envie que ce soit le cas, et voulu reconquérir l'autre par n'importe quel moyen.
- Les gars, vous dormez pas ?
Ils sursautèrent à la voix de Shin qui s'était approché à pas feutrés. Son air décontracté prouva qu'il n'avait rien entendu et les rassura. Balthazar fit au mieux pour balayer ses souffrances psychiques et sourit largement, bombant plus fièrement le torse comme il le faisait habituellement.
- J'essaye de savoir si il a pécho à Lumia ! Mais il ne crache pas le morceau, le salaud ! rit-il une fois qu'il fut prêt d'eux.
- T'as pécho ? demanda l'archer avec un grand intérêt en se tournant vers son ami.
- Nan, râla Théo, agacé.
- Tu vois, un mur de pierre, soupira le demi-diable avant de bailler. Bon moi, je suis fatigué, je vais me coucher. Bonne nuit, les mecs !
- Bonne nuit, à demain ! salua le bleu, son sourire s'entendant dans sa voix en le regardant partir.
Une fois seul, l'archer revint au soldat qui lui donna l'huile pour les lames, le remerciant. Cependant, il ne partit pas et continua de le fixer, plissant un peu les yeux. Courroucé, le membre d'église claqua de la langue.
- Quoi ?
- Tu sembles... Changé !
- Changé ? répéta le guerrier en haussant un sourcil, perdu.
- Plus... Lumineux, ou quelque chose dans le genre.
- Connerie..., souffla Théo en se reculant, prêt à fermer la porte. Bonne nuit.
- Après je peux comprendre que Bob ait tant insisté.
- Pourquoi ? Parce qu'il est obsédé ?
- T'as encore un suçon sur la gorge...
Ses yeux s'écarquillèrent d'angoisse, regardant son ami partir avec un air malicieux. Il claqua presque la porte avant de se jeter sur le petit miroir posé sur le bord du bol de toilette. Il le dirigea vers son cou et trouva rapidement la marque jaunie sous son col ouvert par le premier bouton défait de sa chemise. En pesta il reposa le carré réfléchissant, s'appuyant sur la commode. Bon, visiblement, l'archer n'avait pas fait le lien entre le suçon et le mage, ce qui était une bonne chose, mais il devra être plus prudent à l'avenir. Ne voulant pas se prendre la tête, il souffla sur la bougie et alla se coucher.
Le lendemain, Balthazar fut réveillé par une large main qui secoua son épaule. En se retournant, il découvrit Grunlek, mais soupira en revenant sous les couvertures et grognant de protestation. Le nain rit, refusant qu'il replonge dans le sommeil, et lui demanda de se préparer pour descendre petit-déjeuner. Bien qu'à contrecœur, le demi-diable se redressa, mal réveillé et de grosses cernes sous ses yeux trahissant qu'il n'avait pas eu une nuit reposante. Son ami le laissa émerger et quitta la pièce. Enfin seul, l'érudit s'autorisa à plonger son visage dans ses mains, désespéré.
Sa nuit solitaire avait été des plus désagréables et horribles. Le lit était trop grand, même s'il ne pouvait contenir qu'une personne, et surtout, il était trop froid. Pas de feu réconfortant, pas de bras sécurisant autour de lui et pas de corps contre lequel se blottir. Il avait pensé, après plusieurs heures à se retourner sous la mince couverture, à aller retrouver le guerrier en douce pour voler un baiser et se glisser dans son lit en profitant de son sommeil. Seulement, il était conscient de l'insomnie dont souffrait Théo, il y avait donc de grande chance qu'il médite et qu'il ne dorme pas. Il se serait donc fait prendre et ce serait fait disputer en plus d'être jeté dehors. Il s'était donc résolu et avait tenté de séduire Morphée seul, en vain, jusqu'à ce que l'aube ne pointe son nez et qu'il ne sombre lentement dans les limbes. Du moins, avant que Grunlek vienne le réveiller quelques minutes plus tard.
Le demi-diable se leva et fit une petite toilette rapide, en espérant paraître plus frais, avant de prendre ses affaires et de descendre. Voir Théo à la table le fit frissonner appréhension, il préféra donc l'esquiver et se mettre en face de la place vide, à côté de Shin. L'archer dormait à moitié debout, la joue appuyée contre son poing et les yeux fermés, sa tête penchant dans de petits accoues. Son rire réveilla le pauvre somnolant dans un sursaut. Le bleu se tourna vers lui en pleurnichant, lui tapant doucement l'épaule en geignant que c'était pas drôle, renforçant l'hilarité du mage. Grunlek arriva après avoir prit leur commande, engageant une discussion banale à laquelle Théo ne participa pas, son attention portée ailleurs que sur le groupe. Balthazar savait que c'était pour l'esquiver, et la distance lui fit mal mais il ne le montra pas, restant digne.
Après leurs repas peu savoureux, ils reprirent la route. Afin de trouver du travail, ils décidèrent de traverser la province pour rejoindre la ville de Vertus. C'était une capitale bourgeoise qui appréciait d'avoir des aventuriers comme eux pour faire le sale boulot. Ils payaient un peu plus que les autres dans le coin et le travail ne s'arrêtait pas qu'à récurer des pots de chambres. Les deux premiers soirs, l'érudit fit de son mieux pour ne pas guigner le paladin, sa discrétion pouvait être surprise n'importe quand. Il tenta de se distraire, lisant un peu, mais son livre lui rappelait sans cesse ses vacances délicieuses avec son ami. Les images l'animaient d'une chaleur qu'il ne connaissait que trop bien, renforçant la solitude grandissante de son cœur. Cette dernière fut rapidement trop grande et il profita qu'un soir personne ne monte la garde pour aller voir Shin. Il secoua doucement son épaule, heureux de voir qu'il n'était pas encore endormit lorsqu'il se tourna vers lui, les yeux lourds de sommeil.
- Bob ? T'as entendu quelque chose de suspect ?
- Non... En fait... Ah, c'est un peu gênant, rougit celui-ci d'embarras en détournant le regard. Je pourrais dormir avec toi ?
- ... Pourquoi aussi soudainement ? demanda l'archer en se redressant sur les coudes, perdu. Quelque chose ne va pas ? C'est pour ça que t'as l'air ailleurs ? continua-t-il en admirant la mine surprise de son ami. Franchement, Bob, on voit bien que quelque chose te tracasse. Tu peux tout me dire, tu sais ?
- Je ne crois pas avoir envie de m'étaler sur le sujet, sourit pauvrement le pyromencien avant de détourner son mal aise par de l'humour. Déjà ce serait dégueulasse, je respecte ta maman !
- Hey ! rit le bleu en frappant doucement son bras. On avait dit pas les mamans !
Le brun étouffa ses rires dans sa main, se sachant peu discret. Après un petit silence, le demi-élémentaire se décala pour faire une place à côté de lui, s'éloignant du feu pour que l'autre puisse avoir la chaleur des flammes. Un large sourire aux lèvres, Balthazar étendu son sac de couchage à côté de lui et s'allongea, souhaitant une bonne nuit. Shin y répondit en baillant, tournant le dos. Son corps était plutôt froid, mais la proximité énergétique qu'il ressentait apaisa le mage qui parvint enfin à s'endormir.
L'aube installée sortie le groupe des songes, Grunlek achevant de les tirer de leurs couches de fortune. Il prépara le petit-déjeuner, cuisant les deux lapins capturés la veille. L'ingénieur charria les deux hommes qui avaient dormi ensemble, riant avec eux en enchaînant les blagues tendancieuses. En enroulant son duvet, plaisantant avec Shin, Balthazar croisa le regard foudroyant de Théo, sa colère parfaitement visible alors qu'il s'enfonçait dans les bois. Surpris, il échangea un regard avec les autres, même Eden semblant décontenancée. Ils préférèrent passer outre et continuer de ranger leur campement, prêt à partir. Ils commencèrent le repas sans l'inquisiteur, ce dernier ne revenant que quelques minutes plus tard pour avaler d'une traite sa portion avant d'aller s'occuper de Lumière.
La journée se passa dans la même froideur, la distance de Théo s'amenuisant un peu le soir, même s'il resta terriblement silencieux. Balthazar rejoint Shin en lui demandant s'ils pouvaient rependre la disposition de la veille, et sourit de l'acceptation de son compagnon de route. Ce dernier était plutôt content de dormir avec lui, appréciant le côté enfantin qui lui rappelait des souvenirs lointain lorsque sa mère l'autorisait à inviter un ami à la maison. Le duo s'échangeait donc des anecdotes de leur enfance à voix basse pour ne pas déranger les autres, étouffant leurs rires. Puis, ils s'endormirent, dos contre dos, en se donnant encore quelques coups de pieds pour s'embêter.
Le lendemain, Théo était à nouveau d'une humeur massacrante, mais ses coéquipiers reportèrent ça sur la fin de ses vacances qu'il regrettait déjà. Plusieurs jours passèrent dans la même ambiance, les deux mi-humains dormant côte à côte. Les aventuriers essuyèrent le caractère belliqueux du soldat et l'ignorèrent jusqu'à arriver à Vertus. La ville était entourée de hauts remparts, les nombreuses meurtrières démontrant une armée d'archers et d'arbalétriers conséquente. Les gardes aux portes de la ville, portaient des armures étincelantes et finement travaillées, mêlant l'acier trempé à de l'or et de l'argent pour les ornements. Les longues capes turquoises, à l'effigie des armoiries du noble dirigeant la ville, était en coton raffinée, un poisson rare en soie brodée au centre.
En passant les portes après une rapide inspection de leurs affaires, Balthazar siffla sous la richesse affichée. Si de simples gardes étaient aussi bien vêtus, à quoi ressemblait la bourgeoisie ? Ils eurent de suite la réponse, les rues d'une propreté inégalable s'étendant à perte de vue, ! la foule revêtant ses plus belles parures, déambulait parmi les commerçants à l'allure semblable. ! Même les étals paraissaient incrustés de pierres précieuses, les marchandises soigneusement organisées et étiquetées avec leurs prix exorbitants.
Les constructions reflétaient l'aisance du peuple qu'elles recueillaient, des décorations somptueuses bordant les balcons de fer forgé et autres colonnes. Il y avait même des fontaines, des arbres et buissons coupés au carré dans les parterres de fleurs soigneusement entretenus. Le quatuor se sentit vraiment comme une tâche d'encre sur une nappe blanche, pressant le pas pour atteindre le bureau des commissions. L'endroit était d'un calme presque dérangeant, aucun d'entre eux n'osant faire le moindre bruit. Balthazar, étant le plus éloquent et le plus habitué à ce genre d'ambiance, prit les devants pour aller voir le secrétaire derrière le large comptoir visiblement fait de marbre. S'il s'appuya dessus avec un air assuré et confiant, Shin derrière lui fit quelques pas en arrière, n'osant pas toucher la matière criarde par sa richesse.
- Bien le bonjour, gentilhomme ! Auriez-vous du travail à confier à des aventuriers compétents tels que nous ? demanda le mage, Grunlek souriant sous sa manière victorieuse de les vendre alors qu'ils devaient foirer la moitié de leurs quêtes.
Le col blanc leva un œil vers lui par dessus ses petites lunettes, le détaillant un peu avant de se tourner vers une large boîte en bois d'amarante qu'il ouvrit. Une rangée monstrueuse de papiers était organiser à l'intérieur, tous d'une qualité bien plus supérieure que les notes accrochées dans les tavernes de campagne.
- Nous ne craignons pas l'aventure, assura le demi-diable en regardant l'homme à moitié dégarni farfouiller dans les nombreux dossiers.
- Nous avons un groupe de rebelles au Sud, une récompense donnée pour l'élimination complète prouvé par leurs têtes rapportées à l'intendant Gregor.
- Je suis certain que vous devez avoir des soucis magiques plus conséquent, sourit-il grandement, presque charmeur. Nous ne craignons rien ni personne et revenons toujours vainqueurs !
Le quinquagénaire l'analysa un instant avant de se lever mollement en leur demandant de patienter. Le mage se tourna victorieusement vers ses amis, fière d'avoir réussi à marchander mais perdit son sourire en les voyant moqueurs. Shin lui fit remarquer qu'il n'avait pas besoin de draguer le pauvre guichetier pour y parvenir, le faisant réagir vivement en disant qu'il ne l'avait pas fait.
- Tu devrais faire plus attention à l'intonation de ta voix, se gaussa doucement Grunlek. Elle invitait plutôt à le retrouver après son travail qu'à t'en donner.
- Mais non ! bredouilla l'érudit, gêné d'avoir été aussi tendancieux sans s'en rendre compte.
- C'est bon, on commence à avoir l'habitude de te voir découcher avec tout et n'importe quoi !
La réplique claquante et amère de Théo surprit tout le monde qui le dévisagea. Ils n'arrivaient plus à le comprendre. Son irritabilité était agaçante et ce ne fut qu'à cet instant que Balthazar sembla réaliser ce qui l'énervait autant. Il fronça un peu les sourcils, perplexe, avant lui tourner à nouveau le dos pour se concentrer sur ce qu'il voyait par delà la porte battante derrière le comptoir. L'homme revint vers eux avec quelques feuilles réunies par une ficelle rouge dans le coin supérieur des pages. Il fit glisser l'ensemble sur le comptoir et laissa les aventuriers lire l'annonce.
Il s'agissait d'un troll ayant décidé de s'installer dans une mine à quelques jours de marche. Les travailleurs, qui avaient déjà essuyé de lourdes pertes, ne pouvaient plus se rendre dans les galeries sans que la bête à forme humanoïde ne vienne les terrasser. Une prime bien plus importante que pour les rebelles était à la clé et intéressa fortement tout le groupe qui s'échangèrent un regard entendu.
- Nous irons occire cette affreuse créature ! s'engagea le mage en prenant le dossier. Avez-vous des recommandations ?
- Des personnes sont-elles encore dans les mines ? demanda Grunlek pour compléter sa question.
- Non, elle a été désertée, vous devez juste ne pas la faire s'effondrer ou les réparations seront déduites de votre salaire, répondit le guichetier avec ce même manque d'entrain que depuis le début de leur conversation.
- Bien, nous prendrons garde à tous risques encourus pour le site ! accepta le demi-diable. Nous vous souhaitons une agréable journée.
- De même...
Ils quittèrent les lieux, l'érudit glissant soigneusement les papiers dans une pochette à l'intérieur de sa besace. Dans cette ville, les auberges n'existaient pas, les patrons appelait leurs établissements "hôtel", proposant des services de luxes que seuls les seigneurs devaient pouvoir se payer. Les amis quittèrent donc Vertus pour marcher sur la route principale menant à la mine. Ils s'étaient concertés et avaient décidé d'aller à la taverne qui recueillait les mineurs pour avoir un endroit où loger et mener leur enquête.
Ils arrivèrent à l'endroit désiré à la nuit tombante, laissant Lumière aux mains du palefrenier, le mage révoquant sa monture. Fatigué de la route et voulant à tout pris s'isoler le plus rapidement, Shin prit la parole pour commander les chambres. Il se tourna alors vers Balthazar, parlant sur un ton humouristique.
- Hey ! On fait une garçonnière ce soir aussi ?
- Pourquoi pas ! On fera des économies et on se racontera des histoires qui font peur ! répondit son ami en agitant ses doigts avec un air faussement effrayant, les faisant rire.
- Vous avez fini vos conneries ? réagit violemment Théo en frappant sur le comptoir de bois, faisant sursauter tout le monde alors qu'il se tourna vers le tenancier. Vous avez quatre chambres, oui ou non ?
- Il nous reste plus qu'une seule solitaire, sinon nous en avons quatre avec trois lits.
- On prend une à trois et une unique.
- Je vais vous chercher les clés.
- On peut savoir ce qui t'arrive ? lança Grunlek une fois l'homme parti.
- Je suis fatigué, j'en ai ma claque de marcher, c'est tout ! râla le guerrier. Bien, toi, Shin et moi on prendra la piaule à plusieurs, Bob tu restes tout seul.
- Pourquoi ? protesta ce dernier, aussi choqué du rejet que les autres.
- Comme ça tu pourras forniquer avec tout ce que tu voudras, gronda sourdement le paladin en se rapprochant de sa tête, menaçant.
Dès que le tavernier leur donna les clés, Théo attrapa la sienne et emporta l'archer en le prenant par le bras, ignorant les plaintes de celui-ci. Grunlek tapa l'épaule du brun pour montrer son soutien avant de courir rejoindre Théo et tenter de le calmer. Balthazar prit le trousseau restant et alla à sa chambre, contrarié. Il jeta ses affaires dans la petite pièce et se laissa retomber sur le lit, attrapant l'oreiller de plume afin de hurler à l'intérieur. Certes, ça ne servait strictement à rien, mais ça lui fit un bien fou.
Après une petite minute de calme pour se reprendre, le mage se leva et attendit dans le couloir, à sa porte. Il savait que sa chambre était bien avant celle des autres, car les pièces à lit unique étaient faites pour combler les petits coins du bâtiment afin de le rentabiliser. Shin passa devant lui, excédé et le salua en disant avoir besoin de marcher un peu dehors. Compréhensif, son ami le salua de la tête et regarda dans l'autre direction, patientant. Après une demi-heure, Grunlek vint également, le rejoignant en ayant visiblement les nerfs à fleur de peau.
- Je ne sais vraiment pas ce qui lui prend, mais il est furieux contre toi.
- J'ai ma petite idée sur la question, laisse moi lui parler cinq minutes. Je te promet pas de le ramener mais au moins de lui remettre les idées en place.
- Fais donc ce que tu peux, soupira le nain en partant, levant les mains avec agacement. J'ai déjà tout essayé pour ma part.
L'érudit se décolla de la porte en décroisant les bras et s'enfonça dans les couloirs pour rentrer dans la chambre que partageait ses compagnons. Théo était à la fenêtre et ne daigna pas de se retourner, sa colère pouvait être ressentit avant même d'ouvrir la porte et pesait dans la pièce. Ses poings se serrèrent, très certainement il avait vu le reflet du mage dans la vitre. L'ambiance pesante écrasa les épaules de ce dernier qui ne se laissa pas démonter.
- Dégage, tonna froidement le soldat.
- Non, je crois qu'il faut qu'on parle.
- J'ai rien à te dire ! Maintenant va retrouver une catin quelconque, ou même Shin ! Il t'attend dans ta piaule, non ?
- ... Putain, mais qu'est-ce que tu me fais, là ? T'es jaloux ?
Théo se retourna vivement, marchant brutalement vers lui pour le prendre par les épaules et le plaquer rudement contre le mur. Il ignora le sifflement de douleur qu'émit le brun, ses traits figés dans la fureur. Ils se jaugèrent du regard, refusant de se soumettre.
- Je ne suis pas jaloux, égraina-t-il d'une voix profondément rauque.
- Tu devrais redire ça avec plus de conviction, parce que je ne suis pas très convaincu.
- Pour l'être il faudrait d'abord que tu sois à moi, et c'est pas le cas !
- Oh, vraiment ? Ravi de savoir que t'as changé d'avis.
Le guerrier le secoua contre le mur d'une épaule, mais il se retint d'exprimer la douleur qu'il reçu. Son amant avait le don d'agir à l'opposé de ses paroles, ses actes irréfléchis parlant à sa place. L'envoyé de la lumière refusait le désir qu'il éprouvait encore pour le pyromencien, et ce dernier pouvait le lire dans ses yeux à la pupille dilatée.
- Pourquoi tu dors avec Shin ? questionna Théo, ses mots tremblants de colère.
- En quoi ça te regarde ? siffla insolemment le mage en relevant le menton, le défiant.
- Ça me regarde s'il touche à ton cul.
- Quand bien même il le faisait, je ne vois pas pourquoi ça te concernerait. Comme tu l'as si bien dit : je ne suis pas à toi.
Le paladin lui attrapa la mâchoire de sa main, la serrant en se rapprochant de son visage. Balthazar lui prit le poignet, la douleur le faisant réagir en premier, mais il ne la laissa pas plus transparaître. Son compagnon avait visiblement besoin d'être poussé à bout et d'avoir une bonne raison pour céder à ses avances, et ainsi se dire que c'était involontaire. Son bassin s'échauffa sous leur proximité, rappelant en sa mémoire ces semaines de luxure dans lesquelles ils avaient baignées. Sa paume glissa sur le gantelet du guerrier, s'avançant avec sa jumelle vers la ceinture de celui-ci. D'un geste tremblant il la toucha, frissonnant en ne voyant aucune réaction de la part de son vis-à-vis encore en plein dilemme.
Dans un semblant de résistance alors qu'il sentait le cuir se déboucler, Théo brusqua à nouveau son prisonnier en se rapprochant de lui, plus doucement que la fois précédente, ses yeux profondément plongés dans les siens. L'érudit profita de la distance ridicule qui les séparait encore pour sortir sa langue et réussir à effleurer les lèvres de son amant. Il n'en fallut pas plus pour qu'il soit retourné contre la porte, le souffle aussi court que celui du soldat qui ouvrait son pantalon. C'est ainsi qu'ils cédèrent de nouveau à leur étreinte, la peur d'être surpris grouillant dans leurs entrailles.
