NE FAIS PAS UN BRUIT

Chapitre 3

PDV Bella

Edward avait passé la nuit chez moi, au matin il était endormi et son beau visage était malgré ça soucieux. Mes doigts se tendirent automatiquement pour caresser les pommettes saillantes, pour caresser son menton carré, pour adoucir les plis sur son front. Heureusement, j'avais repris vite mes esprits et chassé ces envies.

Je le secouai sans ménagement, irritée qu'il n'ait même pas pu tenir une nuit. Il sursauta et ouvrit les yeux, hagard et grognon.

« Je t'avais dit de me regarder dormir. » assénai-je.

« Je... désolé. Je me suis assoupi vers six heures, je te le jure. » marmonna-t-il avant de bailler.

« Rentre chez toi. »

« Je te revois quand ? » me demanda-t-il en grimaçant alors qu'il se levait lentement.

« Ce soir même-heure. »

« Tu vas me redemander de te regarder dormir ? »

Il posait bien trop de questions, je devais pourtant être patiente avec lui.

« Oui, tant que tu n'auras pas passé une nuit entière à me regarder dormir, nous ne pourrons pas avancer. »

Je filai à la salle de bains et me glissai sous le jet d'eau chaude. Je guettai le bruit du départ d'Edward et fus encore plus irritée qu'il ait mis près de dix minutes à partir. Avec un autre, je n'aurais pas pris la peine de continuer, lui... Lui était différent, il ne savait pas être soumis, il ne connaissait que des histoires faciles où il menait la danse.

Ma journée de cours fut ennuyeuse, comme toujours. Je trouvais les cours insipides et les autres élèves stupides. Je devais supporter des jeunes filles naïves et puritaines et un petit groupe de garçons se croyant revivre « le cercle des poètes disparus ». Je devais surtout me fondre dans la masse et ma technique était de devenir quasiment invisible. Noyée dans des amphithéâtres de deux cents places, il était si simple pour moi de disparaître. Je les voyais gigoter, bavasser, sourire béatement ou encore ricaner.

Je me surpris à être impatiente, je n'étais pas certaine qu'Edward reviendrait chez moi. Mon attitude revêche du matin avait du lui faire se poser de nouvelles questions, car à n'y pas manquer, sa nuit de veille avait été occupée à réfléchir à ma proposition. Si il avait été un soumis, il aurait vraiment aimé être avec moi, je n'aurais pas eu à l'éduquer. Jacob, comme les huit autres soumis que je m'étais appropriée avant lui, savait parfaitement comment obéir.

Rien n'était laissé au hasard, voilà en quoi je différais des dominants. Pour beaucoup, ça n'était qu'une perversion ou la conséquence de leur peur d'être seul et abandonné. Pour moi, ça n'avait pas toujours été sexuel. Mon premier soumis, Paul, fut le seul à me quitter, il ne me trouvait pas assez sévère. Avec lui, j'avais été si peu exigeante, je lui avais juste ordonner de passer des nuits blanches dans un silence absolu. Très vite néanmoins, j'avais découvert que j'aimais contrôler.

Non rien n'était laissé au hasard, sauf Edward. Edward que je n'avais pas cherché, Edward que j'avais laissé me voir en dehors des murs de mon appartement. Edward que j'avais voulu exciter dès la première nuit, comme un défi, comme une impulsion. J'avais besoin d'être avec un homme fort et protecteur, un homme capable d'endurer la souffrance et l'ennui pour moi.

Il y avait déjà beaucoup trop de choses que je ne pouvais pas contrôler, pensai-je en me déshabillant jusqu'à ne porter qu'un shorty en dentelle rouge et un soutien gorge assorti. Trop de choses qui pouvaient me tuer, cela me rendait toujours enragée quand j'y pensais. Alors le moindre détail sur lequel je pouvais avoir une ascendance, qu'il s'agisse de mes dépenses, de mes notes ou d'un homme, je devais le contrôler.

Edward arriva en avance mais ne sonna qu'a dix-neuf heures précises, ce qui m'amusa et me rassura aussi. J'avais tout fait pour ne pas penser à l'éventualité de sa fuite, il aurait du fuir. Il ne pouvait pas prendre du plaisir à être soumis, il ignorait tout encore mais était prêt apparemment à apprendre. Edward était mystérieux et je n'aimais pas les mystères.

« Pourquoi es-tu revenu ? » lui demandai-je alors qu'il inspectait sans en avoir l'air mon salon.

« Je le voulais. »

« Pourquoi ? » insistai-je.

Il posa son regard sur moi, franchement inquisiteur. Il cherchait la réponse à cette question qui devait le rendre dingue. Il ne verrait jamais rien, je pouvais contrôler mes émotions, je pouvais mentir et prétendre.

« Curiosité, désir, principalement. »

« Tu es prêt pour cette nuit ? »

« Tu te couches toujours aussi tôt ? » demanda-t-il, espérant surement une pipe pour le féliciter de la veille.

Edward devait vite comprendre qu'il n'avait pas affaire avec une fille ordinaire. Je ne serais pas séduite par lui au point de me pâmer à ses pieds.

« Non, hier je ne me suis endormie que vers une heure du matin. » lui appris-je.

Je souris à son air étonné, il était assez crédule, ça lui passerait.

« Allons dans la chambre. »

Pour cette nuit, je décidai de dormir nue et Edward se crispa quand j'ôtai mes sous-vêtements.

« Déshabille-toi et assieds-toi. N'oublie pas, ne fais pas un bruit. »

Comme la nuit précédente, Edward obéit et je pus m'endormir car je me savais protégée. Quelques heures plus tard, il bougea, mes sens furent immédiatement en alerte. Il se leva et vint s'agenouiller devant moi, son regard s'attarda sur moi. Je dus faire un très gros effort pour ne pas lui hurler dessus. A vrai dire, c'était la première fois qu'un soumis désobéissait si tôt dans notre relation. Je retournai à mon sommeil, bien décidée à lui faire payer cette incartade.

Le soir suivant, Edward resta silencieux, il ne me posa pas de questions.

« Je veux que tu te branles sans faire de bruit. » exigeai-je quand nous fûmes face à face, nus.

Il me considéra une trop longue minute. Son sexe était déjà gonflé de désir, d'anticipation peut-être, sauf qu'Edward allait devoir attendre avant de me prendre. Je m'allongeai sur mon lit et me tournai vers lui pour me repaitre du spectacle. Je devais apprendre comment il réagissait à l'orgasme.

Il commença à se caresser, sans rythme, sans entrain et son érection commença à faiblir. Je lui fis comprendre d'un regard que j'étais déçue par lui alors il ferma les yeux une seconde, ils étaient devenus noirs et sa queue plus dure et plus grosse encore.

Il se mit à haleter doucement, j'étais tentée de lui rappeler de se taire mais je voulais voir de quoi il était capable. Très peu de 'jeunes' soumis étaient capables de se branler en silence, très peu de 'dominants' aimaient le silence d'ailleurs.

Sa main s'activa de plus en plus vite, ses yeux se fermèrent quelques fois, toujours pour se rouvrir et me chercher. Son corps était sublime, grand, large, chaque muscle finement marqué, son torse était couvert d'une fine toison plus foncée que ses cheveux. J'expirai malgré moi, un moment d'inattention, l'excitation face à mon amant menaçait de me faire aller trop vite. J'avais envie de ce sexe sur moi, en moi mais pas maintenant, pas tout de suite, il était trop tôt.

« Bella... » soupira-t-il.

Comment osait-il me faire ça ?! Sa semence jaillit et alors qu'il se répandait en gémissant tout bas, je me levai et le giflai de toutes mes forces.


Vous trouvez Bella est un peu dingue, non ? Vous saurez pourquoi mais plus tard, je suis toute « ouie » quant à vos hypothèses ceci dit ! ;-) Venez aussi en parler sur ma page Facebook: VanessaJJ Fanfiction

Edward va-t-il rester après cette gifle ou va-t-il prendre ses jambes à son cou ?

J'espère vous garder en haleine avec cette fic, un nouveau genre pour moi, pour vous peut-être aussi.

Les chapitres seront courts, comme pour mes autres 'mini' fics (Guérison, Vous avez un message, Anges et Démons, etc).

Merci de me suivre et d'avance merci pour vos reviews.