Je vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 4
Sweet dreams
Ce sont les rayons du soleil qui réveillent Harry. Encore dans les vapes, il papillonne des yeux avant de replonger sous les couvertures. Des brides de son rêve lui reviennent doucement, il sourit, il a rêvé de Draco. Et puis, c'est une belle journée, ce ne sont pas les cris de ce con de Vernon qui l'ont réveillé mais le soleil. Ouais, ça sera une belle journée.
Le jeune homme s'étire lascivement sous les draps et enfouit sa tête sous son oreiller. Il souhaiterait se rendormir malheureusement son esprit est trop éveillé pour le laisser dormir à nouveau. Harry sort à moitié la tête pour jeter un coup d'œil au réveil. 16 heures 39.
Il lui faut encore un quart d'heure pour pouvoir sortir de son lit, il se sent courbaturé de partout et il chancelle jusqu'à la salle de bain, où il se débarbouille sommairement. A la cuisine, il trouve un mot de Ron lui disant de faire comme chez lui, puis de le retrouver à 22 heures à la Prairie des Embrumes. Harry songe un instant à se rendormir sur la table de la cuisine ou sur le canapé mais une douche est plus attrayante ; certains ont besoin d'un café, pour Harry c'est une douche. Il jette un coup d'œil au calendrier, 21 juin, fête de la musique. Hmm, c'est peut-être pour ça que Ron veut que je le retrouve !
Tout en faisant couler de l'eau pour son bain, il essaie de se remémorer son rêve. Il y avait Draco dedans, ça, c'était sûr ; le reste apparaissait plus flou. Il se souvenait de ses yeux aciers, de sa peau pâle qu'il voulait toucher, de sa froideur mais pas de ce qu'ils faisaient, où ils se trouvaient, s'ils se parlaient.
Harry se déshabille totalement, sans jeter un coup d'œil au miroir, il préfère évite de voir son visage cerné, témoignant cruellement du manque de sommeil, même s'il a dormi plus de dix heures. L'eau chaude lui fait du bien, détend ses muscles ; cependant, un craquement vers l'entrée le fait se redresser brutalement l'eau fait des vagues, déborde un peu. Le jeune homme remet ses lunettes précipitamment ; il s'attend presque à voir un fantôme ou ce con de Vernon débarquer pour lui dire de se dépêcher ou une remarque désobligeante. Mais rien ne se passe... Alors, il abandonne à nouveau ses lunettes sur le rebord et s'immerge totalement. L'eau le recouvre et une bulle d'oxygène s'échappe de ses lèvres. Si le manque d'air ne se faisait pas sentir, il aimerait rester ici, sous l'eau, pendant ses heures. Son corps n'a plus de poids, il n'entend plus rien, il n'y a plus personne, juste le noir et l'eau. Harry remonte à la surface pour happer de l'air avant de se replonger dans l'eau. Ses pensées reviennent bien assez vite à son rêve, mais il lui échappe sans cesse. Maudit sois-tu Draco Malfoy. On s'est seulement vu deux fois et je suis déjà obsédé.
x x x
Harry se dit qu'il n'aime pas la foule, tout en essayant de se frayer un chemin. La Prairie des Embrumes est bondée, fête de la musique oblige. On se croirait dans un festival de musique... Enfin je suppose, c'est l'impression que ça rend dans les vidéos. Certains sont déjà bien éméchés, pourtant la soirée n'a pas encore véritablement commencée, d'autres se promènent avec leurs bouteilles et leurs packs de bières. Sa montre lui indique 22 heures et des minutes, Harry grimace, il est en retard et il déteste ça. Il se demande si Ron va lui en vouloir de ne pas être à l'heure. D'ailleurs il cherche désespérément son ami, une tignasse rousse, dans la foule et il voit toutes les couleurs de cheveux possibles sauf du roux ! Son portable est coincé dans la poche arrière de son jean, il n'ose pas le sortir de peur qu'on lui pique ou que quelqu'un ne renverse son gobelet dessus. Paranoïaque ? Pas du tout. Son cellulaire vibre alors, et Harry soupire et désespère de ne jamais retrouver le rouquin, quand une main s'abat sur son épaule. C'est Ron lui sourit et Harry se sent mieux ; il a l'air heureux de le voir et n'a pas l'air fâché que Harry soit en retard. Le rouquin désigne la jeune fille qu'il enlace étroitement, la présentant comme Hermione, et Harry lui dit qu'il est enchantée de la rencontrer tout en se disant qu'il extrapole un peu ses sentiments.
Quelques tâches de rousseurs sur son nez attirent l'attention de Harry, ces choses-là l'ont toujours fasciné, il rêverait d'en avoir. Le jeune homme brun lui fait un sourire crispé, il se demande encore ce qu'il fait ici en avisant la populace autour de lui, lui qui n'aime pas la foule. Il ne rêve que de retrouver son lit et son ordi (et son nouveau paquet de M&N's), plutôt que d'être ici, il y a trop de bruit, trop de gens, trop d'informations visuelles et auditives qui l'agressent.
La Prairie se vide peu à peu des familles pour laisser place aux étudiants et fêtards, ainsi que d'autres spécimens bizarres. Je crois que ma dernière vraie sortie remonte aussi à deux ans, comme ma dernière cuite... Finalement peut-être que c'est une bonne idée d'être là, Ron veut le sortir de son isolement social et lui faire découvrir de nouvelles personnes. Alors Harry se tourne vers son ami-sauveur, et lui fait un sourire ; il ne se sent pas capable de le remercier verbalement d'être son ami, de le sortir, de le supporter, les mots seraient inutiles ; à sa grande surprise, Ron lui sourit un retour, semblant avoir compris ses pensées.
« Bon, c'est pas tout mais à trente, je joue... Et il est déjà vingt, je vous laisse ! » rajoute Ron en consultant sa montre.
Et le rouquin dépose un baiser furtif sur les lèvres de son amie puis disparaît, se fait engloutir par la foule, bientôt ses cheveux ne sont plus visibles et Harry se sent presque seul au monde sans la seule personne qu'il connaît. Hermione, plus réactive, lui attrape le bras, et, ensembles, ils fendent la foule pour être au plus près de la scène.
« Ron m'a beaucoup parlé de toi. » lui dit-elle quand ils se sont arrêtés. Ils ont trouvé une bonne place, à quelques mètres de devant la scène. Harry se demande quel instrument peut jouer son amie, il l'imagine bien à la guitare quand il se rend compte que Hermione lui a parlé.
« Ah... ? »
Hermione lui fait un sourire indulgent, il a la désagréable impression qu'elle lit dans ses pensées, quel trouble intérieur l'agite et qu'elle voit à quel point il est mal à l'aise en ce moment.
« Tu savais que Ron est le chanteur, et il joue de la guitare aussi, » explique la jeune fille aux cheveux châtain, quelques mèches sortent de son chignon, on dirait qu'elle vient de se réveiller. Harry se demande qu'elle est l'intérêt de cette coiffure. « Il y a son ami, Draco, à la batterie. Puis... »
A l'évocation du nom, Harry relève brusquement la tête et son cœur se met à battre plus vite.
« V-vraiment ?!
- Que Ron chante ? Oui, il... »
Grand bien lui fasse, mais ce n'est pas cela qui l'intéresse. De toute façon, Harry ne l'écoute plus : les lumières ont baissé et la foule semble plus calme, le groupe vient d'entrer sur scène. La scène est géante, éclairée par des spots verts et bleus ; un écran géant montre la scène pour ceux qui sont trop éloignés. Le jeune homme brun se hisse sur la pointes des pieds, se mordant les lèvres et le cherche du regard. Son cœur rate maintenant un battement et il frissonne intérieurement en voyant le garçon aux cheveux blonds et habillé tout de noir.
Un sentiment inconnu coule dans ses veines et l'électrise, un sourire niais apparaît sur son visage et Hermione lui lance un sourire discret, qu'il ne voit pas tout obnubilé par Draco. Le regard de ce dernier glisse sur les personnes présentes et vient accrocher celui de Harry, qui suffoque.
Le brun est ballotté par la foule mais il ne quitte pas des yeux le blond qui s'installe derrière sa batterie. Ensorcelé, il fend la foule, tentant de s'approcher plus de la scène et délaissant complètement Hermione. Il reconnaît les premiers accords de guitares au moment où la copine de Ron lui attrape la main.
« Ça serait mieux qu'on se perde pas. » chuchote t-elle à son oreille et Harry acquiesce distraitement ; Ron a attrapé plus fermement sa guitare et s'approche du micro :
Sweet dreams are made of this
Who am I to disagree?
I travel the world
And the seven seas,
Everybody's looking for something.
Some of them want to use you
Some of them want to get used by you
Some of them want to abuse you
Some of them want to be abused...
Harry ferme les yeux et se laisse porter par la voix grave de Ron, leur version est plus lente que celle de Marilyn Manson et le jeune homme a l'impression que son cœur chavire quand il entend la batterie. Les personnes autour de lui n'existent plus, le gars qui lui marche à moitié sur le pied et son odeur de transpiration non plus, il y a seulement Ron, sa voix grave et les coups sur la batterie ; son être frémit au rythme de la musique.
Draco semble concentré, ses yeux sont fermés et ses lèvres forment une ligne blanche tandis que ses cheveux sont hérissés sur sa tête, loin de leur ordre habituel. Le cœur de Harry chavire à nouveau en découvrant le blond si concentré, si attirant. Il a l'air inaccessible derrière sa batterie, il est empreint d'une aura qui semble mystique. Et chaque fois que ses baguettes touchent les toms ou les cymbales, Harry se sent vibrer de l'intérieur et l'aura magique de Draco Malfoy l'atteint par vague et le submerge. Le premier couplet recommence, la voix de Ron baisse petit à petit et explose sur le refrain, accompagné du batteur. La main de Harry tremble dans celle de Hermione, il se dit qu'il va mourir d'un orgasme auditif et qu'il ne pourra plus jamais écouter la chanson originale sans être déçu par son manque d'intensité.
La jeune fille referme un peu plus fort sa main sur la paume de Harry, elle a peur qu'il s'effondre, il tremble depuis quelques minutes. En fait, Harry est juste enivré et noyé sous l'ivresse de la musique, il ferme à nouveau les yeux. « Sweet Dreams » est de nouveau chuchoté par le chanteur et le batteur. Et Harry Potter se sent à nouveau partir en entendant la voix de Draco qui le transcende.
x x x
Harry sort brutalement de sa transe un quart d'heure plus tard quand Hermione lui demande s'il va bien ; il a l'impression d'émerger de l'eau, il aspire de l'air à grande goulées et jette des regards affolés autour de lui. Il se calme quelques peu en reconnaissant la Grande Place, la scène, les fêtards, les sensations lui reviennent petit à petit, comme ses chaussures qui lui font mal et son voisin qui sent toujours la transpiration ; Ron et son groupe viennent de finir leur prestation et il y a Hermione qui le regarde avec inquiétude.
« Parce que tu t'es mis à trembler à un moment. » rajoute la jeune fille.
- Je... Ça va, j'étais juste transcendé par la musique. »
Harry rit nerveusement en se passant une main dans les cheveux. Elle lui attrape à nouveau la main et le tire dans son sillage. Le jeune homme a déjà du mal à la suivre et il croit s'effondrer quand il se retrouve face à Draco – et les autres membres du groupe, accessoirement mais il les occulte. Le blond s'évente avec son tee-shirt et ses joues sont légèrement colorés de rose. Harrry se dit qu'il tombe amoureux (si ce n'était pas déjà fait avant) en croisant le regard de son homologue, son cœur chavire dans sa poitrine et le sang pulse à ses oreilles.
« S-salut. » dit timidement Harry. Le regard des membres, et surtout celui de Draco, l'intimide. « Je m'appelle... Harry. »
Il grimace à la fin de sa phrase. Qu'est-ce que ça peut leur faire de savoir mon prénom ? Un grand noir, avec une guitare, s'appelle Blaise et un garçon aux grandes oreilles et à la guitare presque aussi grande que lui se présente comme étant Seamus. Harry se demande à quoi ça peut servir d'avoir autant de guitares pour un seul groupe.
A l'unanimité, ils votent pour aller prendre un verre dans un pub pas très loin. Harry a l'impression de se retrouver soixante ans en arrière en pénétrant à l'intérieur, l'endroit est baigné de fumée dans une lumière tamisé, un air de jazz enveloppe les clients et les serveurs ont l'air de sortir d'un vieux film avec leurs coiffures gominées et leurs moustaches. Harry voudrait dire qu'il adore l'ambiance de ce bar, qu'il se sent à son époque mais les mots bloquent dans sa gorge alors il se contente de sourire à Ron. Une fois tout le monde assis, Harry apprend que le groupe est formé depuis trois ans, que c'était leur première aussi grande représentation, que Seamus est le dernier membre arrivé dans le groupe car leur ancienne guitariste, la petite sœur de Ron, Ginny, ne s'investissait pas assez.
De temps en temps, le jeune homme jette des coups d'œil à Draco, en face de lui. Il regarde fixement le fond de son verre, comme pour y dénicher une prophétie quelconque (1) ; ses cheveux retombent devant ses yeux, ses lèvres forment une ligne dure. Harry se demande s'il est en colère et pourquoi il le serait. Le blond dégage de mauvaises ondes, Harry a l'impression d'être gagné par un émotion noire et vicieuse alors il finit par sortir de table, embarquant le paquet de clopes de Seamus, qui n'y voit que du feu.
La température dehors est presque aussi élevée qu'en journée, l'air est lourd mais c'est toujours mieux que d'être à l'intérieur avec une personne qui fait la gueule en face de soi. Harry se résigne à s'asseoir sur le trottoir et allume sa cigarette. Pensivement, il fixe la fumée monter dans le ciel ; la boule qu'il avait dans le gorge rétrécit peu à peu pourtant il se sent toujours mal à l'aise.
Il lui semble que cela fait une éternité qu'il n'est pas sorti, que ce soit avec des amis, dans un bar ou simplement en ville pour voir un concert. Sa dépression l'avait coupé de ses amis, il les avait éloigné de lui un par un, il avait raté ses études à cause d'absentéisme ; il s'était lentement laissé glisser dans un abyme de solitude et de désespoir. Harry n'a plus l'habitude des contacts sociaux, d'avoir des amis. Il lui semble qu'il passe son temps à se triturer les méninges à propos de quoi dire, quoi faire en présence de ses « amis », à se demander si ce qu'il fait ou ce qu'il dit était bon ou non. C'est épuisant. Finalement le jeune homme se demande s'il n'est pas mieux seul, si la solitude n'est pas préférable à cette torture mentale, à cette lumière à laquelle il est exposé quand il sort. Le monde extérieur, sourire, trouver des sujets de discussions le fatigue ; la vie l'effraie.
Et maintenant, il fallait réapprendre à vivre, à parler aux autres après des mois de quasi solitude et sans contact social, il fallait se motiver chaque matin pour sortir de son lit et ne pas fondre en larmes parce que le soleil l'éblouissait, parce qu'il ne supportait plus les humains, parce qu'il devait continuer à vivre dans ce monde qui n'était pas le sien (2). Un jour, Ron le laisserait tomber comme ses autres amis, et quand ce jour arriverait Harry n'était pas sûr qu'il arriverait à remonter la pente. Et puis il y a Draco, le mystérieux Draco Malfoy aux yeux aciers. Il lui a tapé dans l'oeil et Harry crève d'envie d'aller lui parler, de tenter une approche, de sentir son regard qui le cloue sur place. Attirer son attention, juste cela.
Accablé, Harry pose son front sur ses genoux repliés. Il se déprime lui-même ! Il s'exhorte à penser à autre chose sinon il va se mettre à pleurer dans la minute qui va suivre. Mais ne trouvant rien pour lui remonter le moral, (3) il assiste, impuissant, à la montée de ses larmes. A cet instant, il aimerait être dans son lit, les couvertures remontées jusqu'aux oreilles avec son PC. Seul au monde, car il se sent comme tel malgré qu'il soit entouré. Qu'est-ce qui cloche chez moi ?
« Ah ! t'es là ! »
Harry essuie brusquement ses yeux sur son jean et relève la tête. Draco s'assoit à côté de lui et pique une cigarette dans le paquet de Seamus. Passée la surprise, le brun a un sourire triste. Le blond recrache la fumée en l'air, offrant son profil à Harry, qui le détaille du coin de l'œil, profitant simplement de sa présence. Il ne sait pas quoi lui dire, mais le silence n'est pas inconfortable. Arrivé à la moitié de sa cigarette, Draco finit par ouvrir la bouche.
« T'es pas à l'aise avec le monde, n'est-ce pas ? »
Harry jette un regard de biais au blond, qui reste imperturbable. Son cerveau tourne, il se demande vraiment pourquoi Draco est venu lui parler ; jusqu'à preuve du contraire, ils étaient deux inconnus qui se croisaient et pas autre chose. Il remarque un tatouage sur son avant bras, cela semble être un serpent qui sort d'une tête de mort et qui occupe presque toute la peau du pli du coude au poignet. Glauque.
« Non... Pas vraiment. L-les gens me font peur, ils sont imprévisibles et instables. Quand je suis seul, tout est plus facile mais quand je suis seul, je suis malheureux. J'ai l'impression d'être Batman à broyer autant de noir (4). C'est... compliqué. »
Le jeune homme a un rire gêné, il a un peu honte de s'être autant dévoilé.
« C'est un peu pareil pour moi aussi. Les autres sont cruels et menaçants. C'est pour ça qu'on dit que l'enfer, c'est les autres (5), non ? »
Draco se tourne vers Harry, la fumée lui sort par le nez et caresse ses lèvres et son menton, son visage a repris sa pâleur habituel cependant un léger sourire orne ses lèvres. La rue est calme, peu fréquentée.
« Oui, sans doute, répond doucement Harry.
- Je t'assure que si. »
Harry pense alors à Vernon, et il acquiesce mentalement. « Sweet Dreams » résonne encore dans ses oreilles, c'est comme si Draco chuchotait le refrain contre son oreille. Son cœur se met à battre plus vite quand il réalise – enfin – que le garçon dont il est... amoureux lui fait la conversation et ne semble pas méprisant. Dans un monde où il aurait été courageux, Harry lui aurait demandé s'il sortait avec quelqu'un, mais cela semble être un sujet épineux et Harry ne veut pas briser l'équilibre précaire qu'il entretient avec Draco.
« Ils vont pas se demander ce qu'on fait ? demande brusquement Harry en parlant des membres du groupe et de Hermione.
- On s'en fout. » dit simplement Draco. Un sourire furtif déforme ses lèvres et le cœur du brun fond. « Et puis, je suis bien avec toi. T'es pas bien avec moi, toi ? »
Se tournant complètement vers Harry, Draco le sonde et l'autre jeune homme se sent rougir jusqu'aux orteils.
« Ou-oui... je suis bien avec toi.
- Bien. » Et Draco allume une nouvelle cigarette.
Ils restent un petit moment côte à côté, Harry voudrait se rapprocher toucher toucher son épaule avec la sienne mais il n'ose pas.
« Tu devrais rentrer, » finit par dire le blond, consultant l'écran de son portable.
- Toi aussi.
- Théoriquement, je devrais déjà être parti, là. Je devais rentrer chez moi depuis une bonne demie heure déjà, quand je suis sorti du bar en fait, j'étais censé rentrer chez moi... mais je t'ai vu.
- Oh... ! »
Le blond tend la main à Harry, pour l'aider à se relever et un frisson de délice traverse le brun quand sa paume entre en contact avec celle de Draco. Ils se retrouvent face l'un à l'autre, séparés seulement par une vingtaine de centimètres.
« J'ai ton briquet, souffle Draco. »
Harry remarque que sa mâchoire est crispée et sa voix tremble. Quelque chose de dur heurte son torse et en baissant les yeux, il découvre les doigts pâles qui l'effleurent et tenant son briquet. Délicatement, Harry se saisit de l'objet en caressant à peine les longs doigts et Draco tremble légèrement à son contact
Enhardi, le plus petit des deux s'ose s'approcher un peu plus du blond et dépose un baiser sur ses lèvres. C'est maladroit et Harry vacille sur ses jambes, Draco sent un mélange entre son parfum et la cigarette. Puis se retire brusquement et marmonne un « Désolé », déçu par l'absence de réaction du blond.
« Tu n'as pas à l'être.
- Quoi ?
- T'as pas à être désolé.
- Oh... ! »
Inspirant brutalement, Draco pose sa main sur l'épaule de Harry et ses lèvres sur les siennes. C'est le 14 juillet avant l'heure dans la tête du brun, il agrippe la main blanche et pose l'autre sur la joue du blond mais se fait repousser brutalement. Draco semble lutter contre une partie de lui, ses lèvres forment à nouveau une ligne dure et un veine palpite dans son cou.
« Ne t'approche plus de moi. »
Sweet dreams are made of this
Who am I to disagree?
I travel the world
And the seven seas,
Everybody's looking for something...
1) Le sinistroooooos
2) Paraphrase d'une chanson de Saez, « Ce monde n'est pas pour moi, ce monde n'est pas le mien »
3) Fais Expecto Patronum, Harry ! x)
4) Paraphrase d'une chanson de Biglo et Oli, « Je broie du noir, j'ai l'impression d'être Batman »
5) L'enfer, c'est les autres. Sartre
PS : La chanson n'est pas choisie par hasard, elle a toute son importante
