Info : L'histoire commence au moment où Harry arrive dans la forêt interdite, juste après avoir parlé avec ses parents grâce à la pierre de résurrection.

Disclamer : Tout appartient à JK Rowling


Chapitre 3 :

Un autre monde

« Je rêvais d'une autre Terre
Qui resterait un mystère
Une Terre moins terre à terre
Oui je voulais tout foutre en l'air »

Chanson du groupe Téléphone


Albus attendit patiemment la réponse. Il lui semblait avoir déjà la réponse, mais elle ne pouvait pas être vraie. C'était impossible.

« Je suis Harry monsieur. Harry Potter »


Poudlard

Cette révélation tournait en boucle dans la tête d'Albus. Après cet échange, le garçon avait à nouveau faibli après avoir tenté de se relever. Albus le rattrapa de justesse et passa son bras sous ses aisselles. Il n'en menait pas large non plus. Il devait bien l'avouer, pour une fois dans sa vie Albus Dumbledore avait été pris de court par les événements et ne savait pas comment réagir. Il nota au passage combien le garçon semblait léger et préférant parer au plus urgent, il estima que le garçon avait besoin de soins ainsi que de repos et d'un bon repas. Ce constat décida le directeur à se diriger rapidement vers Poudlard. Le trajet de retour vers le château dura moins longtemps que l'aller. Baguette armée d'un Lumos dans une main et soutenant le garçon de l'autre, Albus ne perdait pas de temps. Arrivé à proximité du château, il appela un elfe de maison.

Un pop retentit et la petite créature apparue devant lui.

« Bonjour maître Dumbledore, qu'est-ce que Duncan peut faire pour le maître ? »

« Duncan, fais appeler Madame Pomfresh tout de suite à l'infirmerie et prépare un lit. »

« Bien maître, Duncan fait cela tout de suite maître »

Un nouveau pop retentit indiquant que la créature avait obéit. Abandonnant le Lumos, Dumbledore jeta un sortilège de désillusion sur le garçon avant de pénétrer dans le château. La situation était déjà assez complexe, il préféra éviter que trop de gens ne soient au courant de la situation, en tout cas pour l'instant.

Il arriva enfin à l'infirmerie. Il fut étonné de ne pas trouver Pomfresh dans son antre. Elle ne la quittait que rarement. Néanmoins Falsy, l'elfe de l'infirmerie était présent et se précipita auprès du directeur alors que Duncan apparaissait en même temps.

« Duncan est désolé maître, mais il n'a pas trouvé Maîtresse Pomfresh dans le château. »

« Oui » dit Falsy « maîtresse Pomfresh est partie avec l'auror Maugrey il y a un quart d'heure. Maîtresse Pomfresh a dit à Falsy de garder les lieux, alors Flasy garde les lieux. »

« Mais Duncan a trouvé maîtresse Pomfresh, maître. Il lui a dit que le maître voulait la voir au plus vite pour soigner son invité. Maîtresse Pomfresh a dit qu'elle arrivait au plus vite »

Albus avait écouté la tirade des deux elfes patiemment. Si Alastor était venu chercher Poppy, cela voulait dire qu'ils avaient trouvé des blessés à Godric Hollow. Qui ? James ? Harry ? Les deux ? Étaient-ils en vie ? Son regarde se posa sur le jeune homme qu'il avait allongé dans le lit. Était-ce finalement leur Harry qui aurait reçu un sortilège inconnu ? Peut-être aurait-il mieux fallu qu'il l'emmène à St Mangouste. Mais il devrait faire face à des questions auxquelles il ne pouvait pas répondre pour le moment. Il poussa un profond soupire et leva le sort pour faire apparaitre le garçon.

Le garçon s'agitait dans son sommeil. Il ne semblait pas paisible loin de là. Albus en profita pour détailler plus amplement le visiteur. Il n'était pas très grand. 1m70 tout au plus. Son corps maigre et chétif semblait indiquer des signes de malnutrition. Si on ne devait se baser que sur la silhouette, il n'avait rien en commun avec Harry Potter. Mais, même si son visage était crispé dans son cauchemar, la ressemblance avec James était frappante. Ce visage mince marqué par des lunettes rondes si typique des Potter. Et ces cheveux noirs indisciplinés, en bataille. Alors qu'il les regardait, une mèche se dégagea de son front et Albus pu noter une autre différence avec Harry Potter. Cette cicatrice en forme d'éclair. D'où venait-elle ? Qu'avait donc subit ce garçon ?

Comme pour répondre à cette question, il se mit à murmure dans son sommeil.

« Je suis désolé, tout est de ma faute, je suis désolé, je suis désolé, pardon »

Albus hésitait sur la marche à suivre, et Pomfresh n'était toujours par revenue. Il décida de réveiller le garçon, préférant ne pas le laisser s'engluer dans ses rêves. Il posa une main sur son épaule, et avant qu'il n'ait pu dire un seul mot, le jeune sorcier se redressa dans le lit. Ses yeux semblaient perdus et brumeux pendant un instant puis ils se fixèrent sur le directeur. Son regard s'emplit alors d'interrogation.

« Professeur Dumbledore c'est bien vous alors. »

Albus prit un siège et s'installa auprès de lui. La conversation risquait d'être longue.

« Oui mon garçon. Et pour couper court à ta question suivante, je suis bien vivant. »

« Je ne comprends pas professeur, comment est-ce possible ? »

« Je ne sais pas. »

« Mais vous savez toujours tout ! » répondit vivement Harry.

Dumbledore sourit à cette affirmation.

« J'apprécie la confiance que tu me portes. Mais je dois t'avouer que pour une fois je suis assez perdu... Harry »

Il avait appelé le garçon par son prénom, épiant sa réaction. Il ne vit aucun signe d'étonnement ou de victoire qui lui aurait prouvé qu'il s'agissait d'un imposteur. Il allait devoir l'interroger pour en savoir plus.

« Écoute Harry. Je dois t'avouer que je suis moi aussi perplexe de me retrouver devant toi. Tu n'es pas censé être ici. »

« Oui, je sais professeur, je continue la mission mais... » dit le garçon qui semblait commencer à paniquer.

« Chut clame-toi. Il ne s'agit pas d'un reproche » tempéra Albus, tout en gardant dans un coin de sa tête le fait d'interroger le garçon sur cette fameuse mission. Cela faisait beaucoup de question en suspend.

« Mais ... »

« Harry, ce que je voulais dire c'est que tu n'es pas censé te trouver à Poudlard pour la simple et bonne raison que je te pensais en sécurité avec ta famille » Albus ne donnait pas toutes les informations au garçon, espérant ainsi que celui-ci comble les trous et lui permette d'en apprendre d'avantage.

« J'y suis resté comme promis jusqu'au 31 juillet monsieur. Mais après que la protection de ma mère ait pris fin avec ma majorité, l'Ordre est venu me chercher. J'ai fait ce que vous vouliez. J'ai vraiment essayé de le faire. » Le garçon semblait sur le point de craquer. Sa voix se brisa sur la dernière phrase. Mais il se reprit.

« Comment se fait-il que vous soyez en vie professeur ? »

Albus tentait d'assembler les informations comme elles venaient. Ainsi il était au courant du sacrifice de Lily. Peu de gens connaissait l'importance du sacrifice de cette mère. Que le garçon soit au courant tendait à prouver la véracité de ses propos. Et puis son regard ne semblait pas mentir. L'instinct d'Albus lui criait de faire confiance au garçon, de jouer carte sur table. Il se décida à le faire.

« Harry, quelle est la dernière chose dont tu te souviennes avant de me voir ? »

« Je venais de quitter la Pensine. J'avais vu les souvenirs de Snape. Tous » dit-il avec un regard plus froid vis-à-vis du directeur. Albus nota ce fait.

« Continue »

« Après avoir compris ce que l'on attendait de moi,ce que vous vouliez, j'ai été retrouvé Tom »

« Quand tu parles de Tom, tu veux dire ? »

« Je veux dire Tom Jedusor, Voldemort bien entendu. »

Albus hocha la tête. C'était bien ce qu'il avait cru comprendre. Ce garçon semblait savoir beaucoup de chose. Plus que Harry Potter devait en savoir dans ce monde.

« Excuse ma question. Je t'écoute »

« Je me suis rendu dans la forêt interdite. Il était là avec Bellatrix, Rookwood, Lestrange et les autres. Lorsqu'il a levé sa baguette, je ne me suis pas défendu. J'avais pris ma décision. Il a lancé le sort mortel. Je n'ai pas bougé mais ensuite j'ai vu une lumière blanche et puis ce fut le trou noir. Je me suis réveillé à la même place dans la forêt. Mais Tom avait disparu et vous étiez là. »

Le garçon tordait ses mains. Il semblait si fragile comme ça. Et pourtant si ce qu'il avait raconté était vrai, et Albus n'en doutait pas, il avait fait preuve d'un courage extraordinaire pour oser se livrer à Voldemort. Mais ce fait imposait une nouvelle question. Pourquoi s'était-il livré ? Et pourquoi lui. Alors qu'Albus allait poser la question, la porte de l'infirmerie s'ouvrit pour laisser passer Pomfresh, le visage ravagé par les larmes.

Elle ne vit pas tout de suite l'occupant du lit, mais bien le directeur.

« Oh Albus c'est affreux. »

Dumbledore se leva et s'approcha de l'infirmière qui semblait elle aussi prête à se briser. Que s'était-il donc passé à Godric Hollow ?

« Madame Pomfresh, Poppy, racontez moi »

« Nous sommes arrivés trop tard Albus. Il était déjà repartit. La marque était sur la maison »

Le sang d'Albus se glaça. Il attendait la suite anxieusement. Il jeta un coup d'œil à Harry qui se trouvait dans le lit, ne ratant pas une miette de ce qui se disait. Il hésita un instant à lancer un sort d'intimité, puis se ravisa. Le garçon semblait prendre pleinement part à la guerre, il pouvait entendre ce qui allait suivre.

« Qui ? »

« James a été blessé mais légèrement. Par contre Harry... le jeune Potter ne s'en est pas sorti. Il est mort »

Avant qu'Albus ne puisse dire quoi que ce soit, Harry s'était levé de son lit.

« Mais c'est quoi encore cette histoire ? Je suis vivant. En tout cas aussi vivant que vous. Et qui est ce James qui aurait dû être avec moi. Je ne comprends rien » cria-t-il en s'adressant à Albus.

Pomfresh qui n'avait pas vu l'occupant des lieux avant, le regarda comme si il s'agissait d'un fantôme. Ce qui pour elle devait être le cas. Elle venait de quitter l'hôpital après que Sirius et Remus soient partit dans la chambre de James. Elle avait vu le corps sans vie d'Harry dans la chambre 478. Les médicomages n'avaient pas eu le cœur de l'emmener à la morgue tout de suite. Elle venait juste de quitter ce corps froid et sans vie d'un jeune homme de 22 ans. Et voilà qu'elle se retrouvait quelques minutes après devant ce même garçon, plus jeune sans aucun doute et surtout plein de vie.

« Comment ? » réussit-elle à articuler, la gorge sèche.

« C'est exactement ce que je cherche à comprendre mais je pense qu'il serait mieux de discuter de tout cela quand tout le monde sera présent. » répondit Albus qui avait les larmes aux yeux. Ainsi Harry était mort. Quel horrible destin que celui de James qui après avoir perdu sa femme, venait de perdre son fils. Oh il n'était pas difficile de comprendre pourquoi Tom n'avait pas pris la peine de tuer les deux hommes. James serait suffisamment détruit par la perte de son fils pour qu'il ne se mette plus en travers du chemin de Tom pendant longtemps. Et ce garçon qui arrivait juste au moment où Harry mourait. Cela ne pouvait pas être une coïncidence. Les deux faits devaient être liés.

Albus se souvint alors de la force magique qui avait été à l'œuvre quelque temps plus tôt à Poudlard. Il ne faisait plus aucun doute pour lui que Harry avait voyagé non seulement entre les dimensions, mais aussi dans le temps. La question restait de savoir comment et pourquoi.

« Professeur Dumbledore. Je veux savoir ce qui se passe maintenant. J'en ai le droit ! »

La voix du garçon le ramena sur terre. Bien entendu qu'il avait le droit de savoir. Mais les derniers mots d'Harry étaient si faciles à interpréter. Ainsi, il ne savait pas qui était le James avec qui il était censé être. Cela voulait donc dire que quand le garçon avait parlé de sa famille, il ne parlait dans tous les cas pas de James. Après sa propre mort, il apprenait la mort d'un de ses plus proches anciens élèves, le père du garçon. Combien de mort avait-il vécu ?

Albus savait qu'il allait devoir aller doucement avec le garçon pour lui expliquer les événements. Pour le moment il allait se limiter au strict minimum.

« Mon garçon. Tu as sans doute compris que ce qui t'entoure ne correspond pas à ce que tu connais »

« Sans rire » répliqua le Gryffondor. Il commençait à perdre patience. Depuis ce qu'il avait appris dans le courant de ce qui aurait dû être sa septième année concernant Dumbledore, le directeur était en partie tombé de son piédestal. Et sa manie à vouloir toujours cacher les choses commençait à l'énerver profondément. Spécialement maintenant. Il sentait toute la colère vis-à-vis du directeur remonter à la surface. Le directeur eut un fin sourire à cette réplique. Leur vie n'avait peut-être pas été semblable, mais les deux Harry avaient toujours une dose de patience limitée quelle que soit la dimension d'où ils venaient.

« Ce que je veux t'expliquer Harry, c'est que nous sommes ici en 2002. »

« J'ai fait un voyage dans le temps ? Mais ce n'est pas possible! D'avancer dans le temps ! Et puis ... c'est dangereux de voyager dans le temps. Hermione m'avait raconté les risques en 3e année »

« Je vois que quel que soit le lieu ou le temps Miss Granger a toujours eu une grande sagesse. Mais mon garçon, ce que j'essaie de t'expliquer c'est que oui tu as voyagé dans le temps, mais cela n'explique pas tout »

«Oui, cela n'explique pas pourquoi vous êtes en vie » Harry se rendit soudain compte de son manque de tact.

« Désolé, je voulais dire... »

« Tu n'as pas à t'excuser mon garçon, je comprends que tu sois dérouté. Mais ce que je voulais ajouter Harry c'est qu'en plus d'avoir voyagé dans le temps, il semblerait que tu ais voyagé dans l'espace »

« Je ne comprends pas Professeur. Je suis toujours à Poudlard pourtant »

Albus lui fit un franc sourire. Bien entendu le garçon ne s'imaginait pas avoir voyagé dans un autre monde. Qui le pourrait ? L'esprit humain ou sorcier n'avait pas pour habitude de sauter à des conclusions farfelues ou impossibles. Ce qui était exactement la situation dans laquelle ils se trouvaient.

« Non Harry, tu n'as pas changé de lieu. Tu as changé de monde. Harry Potter, tu viens d'un autre monde. »

Silence complet. Harry avait l'impression que l'on venait d'appuyer sur un bouton off dans son cerveau. S'il avait été un ordinateur, on aurait pu dire qu'il faisait un bug système. Il se repassa le film de la conversation. Dumbledore en vie, l'arrivée dans la forêt, Poudlard intact, et si il en jugeait par le calme de l'infirmerie, elle n'était pas remplie de cadavre comme c'était le cas dans ... non il ne parvenait pas encore à admettre cette énormité.

« Je pense avoir mal compris professeur. Vous ne venez pas de m'expliquer que j'avais changé de temps et de monde ? »

« Si Harry c'est exactement ce que je viens de te dire. Je sais que c'est difficile à admettre mais... »

« C'est impossible. Ça n'existe pas les mondes parallèles Et puis je n'ai rien fait pour entreprendre un tel voyage ! »

« Je m'en doute Harry. Mais c'est la seule explication plausible. »

«Parce que vous trouvez cette explication la plus PLAUSIBLE? Pourquoi ce genre de chose n'arrive qu'à moi... C'est impossible. Non... Mais vous êtes en vie. Vous êtes devant moi. Hum... Imaginons que je vous crois, comment je retourne dans la réalité? Je dois tout de suite retourner auprès des autres. Il faut que je retourne d'où je viens. Voldemort ... et Teddy, je ne peux pas laisser Teddy seul. Surtout que Remus. Oh c'est de ma faute. Il faut que j'y retourne tout de suite ! »

Le garçon commençait à remuer très fort dans la pièce. Sa magie s'échappait d'elle même faisant léviter les précieux flacons et autres instruments qui peuplaient l'infirmerie. Dumbledore était impressionné par la force du garçon. Son Harry était certes puissant comme tous les autres Potter, mais cet Harry avait en plus la force de l'espoir ou du désespoir qui augmentait sa puissance. Albus compris vite qu'il ne pourrait pas le maîtriser par des mots et à regret, il pointa sa baguette vers lui.

« Je suis désolé Harry de te faire cela. Mais il faut que tu te calme. Stupefix ! »

Le rayon rouge toucha le garçon qui se raidit aussitôt et tomba dans le lit que Dumbledore.

« Pompom, pourriez-vous donnez une potion de sommeil sans rêve à ce jeune homme je vous prie. »

L'infirmière était restée silencieuse lors de l'échange entre Albus et ce jeune homme qui ressemblait à Harry. Elle avait écouté avec attention leur discours et pensait avoir saisi l'essentiel. Elle se secoua mentalement et attrapa une fiole de la potion demandée qu'elle ouvrit et fit couler dans la gorge du sorcier. Elle massa doucement sa glotte pour qu'il avale la potion. Elle remonta les couvertures sur son corps, et leva le stupefix lorsqu'elle fut eu l'impression qu'il était endormi. Elle lança ensuite un sort de diagnostique pour être certaine qu'il était bien endormit et sans blessures.

Elle remarqua alors des ecchymoses, une sévère malnutrition, un retard de croissance et des traces de sorts diverses. Reprenant son attitude professionnelle, elle fit ingurgiter au patient nombre de potion afin de le soigner. Son travail fini, elle se tourna vers Albus dont le visage semblait avoir pris dix ans en quelque heure.

« Albus, ce garçon est réellement Harry Potter ? »

« Sans aucun doute Pompom »

« Et il vient d'un autre monde ? »

« Oui »

« Où vous êtes mort d'après ses dires »

« En effet »

« Albus, comment allons-nous gérer cette situation ? Voldemort vient d'attaquer les Potter et de tuer Harry. Et voilà qu'un autre Harry arrive d'on ne sait où. Un garçon qui a sans aucun doute été attaqué, qui s'est battu, qui souffre d'un retard de croissance et de malnutrition. Un garçon qui n'a rien en commun avec Harry Potter. »

« Je sais Pompom. Je vous avoue que je suis moi même perdu quant à l'attitude à adopter. »

« Comment est-ce possible Albus ? Avez-vous déjà entendu parler de voyage dans les dimensions ? »

« Oui, comme tous les jeunes sorciers. Mais non, je n'ai jamais entendu le récit d'une personne ayant voyage dans l'espace-temps. Je connais les théories bien entendu, mais aucun cas pratique n'a jamais été répertoriés. »

« Et bien dans ce cas, je suppose que vous n'avez pas non plus entendu parler de plusieurs personnes ayant voyagé dans le temps et l'espace Albus. » dit une voix dure et sèche qui fit se retourner vers la porte les deux adultes de la pièce.

Et pour la deuxième fois en une journée Albus écarquilla les yeux de surprise.

Devant lui se tenait Severus Snape. Légèrement plus âge que celui qu'il connaissait accompagné de Draco Malfoy qui tenait sans aucun doute un corps dans ses bras. À ses cotés se trouvait une femme d'une bonne vingtaine d'années. Les cheveux noirs aux reflets auburn attachés en queue de cheval comme pour les disciplinés. Mais ce qui choqua réellement Albus, ce fut ces deux émeraudes plantées dans un visage qui rappelait tant celui de Lily Evans. Avant que le directeur n'ait eu le temps déposer une seule question, Draco, les yeux rougis, s'approcha d'un lit et déposa son fardeau.

Dans le lit jouxtant celui de Harry Potter se trouvait désormais celui qui fut dans ce monde l'espion d'Albus, l'un de ses plus fidèles alliés, celui qu'il considérait comme son fils. Severus Snape. Mort.

Et tandis qu'il relevait la tête de cette vision pour regarder celui qui se trouvait devant lui, celui-ci reprit la parole.

«Je pense qu'il serait adéquat de convoquer une réunion de l'Ordre tout de suite. Des explications ne me semblent pas superflue. »

Albus hocha la tête, totalement perdu pour une fois.

Mais qu'est-ce qui avait bien pu provoquer un tel phénomène magique ?


Hôpital St-Mangouste, pendant ce temps

« Je vais vous accompagner. Je vous attendrais devant la chambre au cas où... Ses blessures sont toutes guéries. Mais ... »

Encore une fois pas besoin de mots. James était certes guérit physiquement, mais la blessure qu'ils s'apprêtaient à lui infliger, laisserait une cicatrice définitive à l'âme de leur ami.

Sirius fut le premier à pénétrer dans la chambre de James. La lumière artificielle des néons donnant un air sombre à la scène, ou peut-être était-ce son état d'esprit qui provoquait cela. James était assis sur le lit. Sa tête rejetée en arrière contemplant le plafond. Lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir, il ne tourna pas la tête en direction des nouveaux arrivants. Pas besoin, il savait qui était là. On ne pouvait pas passer des nuits complètes en dehors des dortoirs de Poudlard sans arriver à reconnaître les pas de ses occupants, surtout quand les dits occupants étaient ses comparses.

James continua à river ses yeux au plafond. Il ne voulait pas qu'on lui demande comment il allait, s'il se sentait bien. Il ne voulait qu'une seule chose, qu'on réponde enfin à sa question. Bien que l'absence de réponse était déjà un indice de ce qui s'était passé.

« Où est Harry ? »

Sirius s'approchait de son ami comme d'un animal sauvage qui pourrait vous sauter à la gorge à tout instant. Par Merlin, il n'y avait pas de bonne manière de faire les choses mais il ne voulait pas aggraver la situation en étant trop direct. Il jeta un coup d'œil à Remus qui n'en menait pas plus large que lui. Il avait déjà dû faire l'annonce à Sirius. Le faire une seconde fois était de trop pour lui. C'était à Sirius de le faire, il le savait. James et lui avaient toujours été encore plus proches que les autres maraudeurs.

« James de quoi tu te souviens ? » tenta Sirius, espérant ainsi pouvoir gagner un peu de temps pour rassembler ses mots et constituer une phrase correcte.

«Voldemort dans le salon, l'Avada, Harry qui se jette devant moi. Une lumière blanche. Et ensuite le trou noir. Je me réveille ici et personne ne veut me dire où est Harry. Je veux l'entendre Sirius »

James se tourna pour la première fois vers son ami. Son visage exprimait déjà en grande partie la douleur qu'il allait ressentir lorsque Sirius lâcherait les mots traîtres qui allaient poignarder son ami. James savait. Il avait compris depuis qu'il s'était réveillé. Il s'en doutait. Mais un mince espoir persistait tant que personne ne lui aurait dit clairement ce qu'était advenu de son fils.

Il planta son regard suppliant dans celui de l'homme en face de lui. Suppliant quoi ? De lui dire la vérité, ou de démentir ce pressentiment ? Il ne savait pas. Il suppliait son ami de mettre fin à sa torture. De lui avouer que Harry était dans la chambre d'à côté, dans un sale état certes, mais vivant. Il le suppliait de dire n'importe quoi, mais ne pas le laisser dans ce silence horrible.

« Sirius, je t'en prie réponds moi. Où est Harry ? »

L'animagus chien prit son courage à deux mains. Il ne pouvait pas laisser son ami plus longtemps dans le doute.

« Harry... Harry est mort James » un cri de souffrance inhumain franchit la bouche du père effondré

«Il a reçu le sort mortel James. On a rien pu faire pour lui lorsque nous sommes arrivés sur place »

Sirius continua à expliquer à James comment ils les avaient trouvés, mais tout cela n'avait aucune importance. Combien de douleurs, de pertes, un homme pouvait-il supporter avant de tomber dans la folie, dans l'oubli ? C'était la question que James se posait. Il avait cru ne pas survivre à la perte de Lily, il y a de cela vingt-et-un ans. Son cœur s'était déchiré en milliers de morceaux qui se trouvaient toujours dans sa poitrine, lui rappelant les événements régulièrement. Et maintenant que le mince espoir qu'il avait gardé qu'on lui apprenne que Harry était vivant venait de se briser, cette douleur lui semblait si petite, minuscule, insignifiante par rapport à la vague qui venait de déferler sur lui.

Il se leva de son lit. Il ne pouvait pas rester allonger ici alors que Harry, alors que son fils était mort. Il devait le voir.

« Je veux le voir. »

Le médicomage qui s'était tenu en retrait depuis ce temps s'approcha de lui

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée dans votre état Mr Potter »

« Je me fiche de ce que vous pensez. Vous allez m'amener voir mon fils immédiatement si vous ne voulez pas que je détruise votre hôpital »

Il était clair qu'il ne servirait à rien de discuter avec l'homme. L'infirmier hocha la tête et accepta de le mener à la chambre de Harry.

James se tourna vers ses deux amis qui allaient le suivre.

«Je voudrais être seul avec lui. Allez voir Albus. Expliquez lui ce qui s'est passé. Je vous rejoins à Poudlard quand... quand je serais prêt »

Les deux hochèrent la tête. Ils comprenaient le besoin de leur ami d'être seul.

« Si tu as besoin de nous, envois ton patronus. Nous arriverons tout de suite. Je suis désolé James » dit Sirius.

« Moi aussi Patmol. Moi aussi » répondit James en suivant le médicomage tandis que Remus et Sirius se dirigeaient vers les cheminées de l'hôpital. Ils prirent une poignée de poudre de cheminette et prononcèrent : "Bureau d'Albus Dumbledore. Poudlard"


MAJ 23/07/2016