Titre: Ma tante et moi.
Auteur: Baka-Yohko
Source: Harry Potter
Disclamer: J'aurais bien essayé, mais non, ils ne sont toujours pas à moi.
Notes: Un peu de retard? Juste un tout petit peu de rien du tout... Quoiqu'il en soit, merci pour toutes les reponses que j'ai eu pour la citation de Voldy, je devrais faire un quizz, ça aurait du succes... et annonce: j'aurais besoin d'un beta-reader objectif(!) pour les tribulations de mes trois guguses...
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Chapitre quatre: Premiers contact estudiantin/professoral.
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Le pull à l'envers, la bouche pâteuse, Harry se frotta la joue, encore a moitié endormi. Ses paupières cherchant absolument à se rejoindre, il lutta pour ne pas profiter encore un instant de la chaleur de ses couettes.
-Allez, c'est l'heure de se lever, claironna avec bonne humeur Dante Nott à la masse de Serpentard ronchonnant qui gigotaient sous leurs draps. C'est ton premier jour, McCarthery, ça la foutrait mal d'être en retard! Debout, debout!
Dante, déjà habillé, s'enfuit dans la salle commune lorsqu'il fut assuré que ses condisciples ne replongeraient pas dans le sommeil. Réticent, Harry chaussa ses pantoufles et devança néanmoins les autres en se traînant à la salle de bain, son uniforme sous le bras. Il se décrassa en vitesse, se coiffa, chose inhabituelle pour lui, et passa ses vêtements sans s'attarder sur le blason vert qui remplaçait le rouge qu'il avait porté pendant six années. Il s'étranglait comme de coutume avec sa cravate quand un Lucius ébouriffé ouvrit la porte pour prendre la place. Haussant un sourcil circonspect et fatigué, il abandonna Harry à son sort en le mettant dehors avec courtoisie.
Il ne lui mit pas de coup de pied aux fesses, mais pas loin.
La grande salle accueillit l'ex-Gryffondor avec son vacarme intemporel et assourdissant. Harry s'arrêta à la porte et sourit, heureux de retrouver cette atmosphère si particulière qui parcourait chaque pierre de Poudlard ainsi que ses habitants. Ca lui avait manqué, tiens.
-On a passé une bonne nuit? s'enquit Hermione en lui collant une grande claque dans le dos.
-Tu n'imagines pas à quel point, répondit Harry, maussade. Crabbe ronfle, Rogue se retourne toutes les trois secondes à partir de minuit, et le pire, c'est qu'on se les gèle.
-Mon pauvre chou, dit-elle, affectant la compassion. Les trois-quarts des filles de Gryffondor sont des garces dont le QI total n'excède pas celui d'un hamster autiste, le quasi restant étant des pots de colles ambulants ou des nymphomanes refoulées. Ou pas. Voir les deux... Les extraterrestres qui y échappent sont assez sympathiques, cependant. Alors ne viens pas pleur...
-Hermiooonee!
-Ho, poisse, pas elle!
Hermione courut se trouver une place libre dans un endroit où la fille châtain claire qui avait braillé son nom à tue-tête ne pourrait pas la suivre. Harry ricana légèrement (pour une fois que ce n'était pas lui qui se coltinait les groupies) et se dirigea vers sa propre table, s'asseyant à distance raisonnable de Mortimer et de la mère de Parkinson, Mila Williams. Remplissant son verre de jus de citrouille, il cilla à peine lorsque Dante, tirant Severus par la manche, s'installa en face de lui et poussa le futur maître des potions à faire de même.
-Tu a l'air autant matinal que Lucius, dis-moi, constata le blondinet. Même Sevy est plus réveillé.
-M'appelle pas comme ça, fit automatiquement le future maître des potions.
-Tu es toujours aussi... aussi...
Harry ne trouvait pas le mot pour décrire correctement l'attitude du garçon.
-Aussi quoi?
-Energique et insupportable, compléta Severus. Malheureusement. Il se fait un devoir d'être constamment sous infusion de caféine.
Dante fit la moue et administra une tape indolore sur l'épaule du grand brun qui le foudroya du regard en retour. Mais le regard-de-la-mort-made-in-Rogue n'avait visiblement pas beaucoup d'effet sur sa cible. Intrigué, Harry se demanda comment un type de ce genre pouvait devenir un larbin de tronche de serpent en chef. Ca méritait une investigation poussée, ça.
1. Envoyer le conjonctivité chronique bouffer les pissenlits par la racine.
2. Remettre Pettigrow et Rogue du bon côté de la force.
3. Empêcher Nott(trop sympa pour son propre bien) de rejoindre le mouvement des encagoulés.
-Liste à compléter, songea le survivant, morose. On a quoi en première heure?
Dante sortit un papier chiffonné de sa poche et le déplia à la va-vite tandis que Severus en confiait un similaire au nouveau. Le blond hyper actif quitta sa mine enjouée pour une grimace.
-Damnation. Métamorphose avec la vieille folle, grogna Severus dans sa barbe. Doublée avec les Gryffondor.
-Elle va encore me persécuter, chouina Dante. Est-ce que, honnêtement, c'était de ma faute si mon bureau lui a mordu le postérieur en première année? Quelle injustice!
-Ca lui a refilé la rage, au moins? fit Harry avec un sourire au coin des lèvres.
-Possible. Non, probable, mais je me tiens loin, histoire qu'elle ait envie de me niaquer. Avec les vieux machins on sait jamais à quoi s'en tenir, plaisanta Dante en levant théâtralement sa main à sa gorge.
Harry pouffa et Severus s'en tint à un rictus caché par un rideau de cheveux gras. Lequel s'alarma en voyant son camarade s'approcher dangereusement de la cafetière. L'absorption de café dès le matin par Dante, surtout avant métamorphose, était promesse de mille catastrophes plus douloureuses les unes que les autres. Il étendit le bras pour s'emparer du pichet avant le blond, mais leurs deux mains se refermèrent dans le vide. Lucius leur lança un regard torve et vida le contenu du pichet dans son bol et l'avala cul-sec. Harry observa le manège des trois Serpentard sans intervenir, pouffant toute à son aise.
Severus soupira, Dante grommela, Lucius se réveilla.
-Les enfants, il est l'heure d'y aller, déclara pompeusement celui-ci, enfin d'attaque et sa superbe retrouvée.
-C'est étonnant les conséquences de la caféine chez certaines personne, commenta Harry pour lui-même en alternant de Dante à Lucius.
Distraitement, il rechercha Hermione et l'aperçu en train de discuter à bâtons rompus avec Lily et Remus. Leur blabla était animé. Plus loin, James noyait son désespoir amoureux dans le jus de citrouille à défaut de boisson plus forte, Peter écoutait ce qui se disait qu'une oreille attentive, et Sirius massacrait ses œufs au bacon à grands coups de fourchette vengeurs.
-A ce qu'il paraît, ta sœur a giflé Black? demanda Lucius. Pourtant, elle n'a pas l'air, comme ça...
-Les nouvelles vont vite, ici, fit Harry en calant la lanière de son sac de cours contre sur l'épaule et en suivant le groupe de serpentard.
-Juste, rien ne reste secret très longtemps à Poudlard. Alors évite d'épancher tes malheurs auprès de quelqu'un dont tu n'a pas une confiance aveugle, ça pourrait te jouer des tours.
Sur le chemin, ils firent une rencontre des plus désagréables. Peeves darda ses yeux aigus sur le groupe. Il termina de cirer sa rampe d'escalier puis flotta jusqu'à eux. Severus recula, dégouté par l'apparition qu'il n'avait jamais su supporter. Lucius renifla et lui demanda aimablement de mettre les voiles, alors que Dante lui adressait un gentil "coucou».
-Un poltergeist? fit naïvement Harry, pour acquérir un peu de crédibilité.
-Ha, enfin quelqu'un qui ne se trompe pas! caqueta Peeves. Fantôme, que tout le monde m'appelle! Fantôme! Pourquoi pas gnome ou lutin, pendant qu'on y est? Salut, Nott.
-Peeves est l'esprit frappeur attitré de Poudlard, présenta le blondinet.
-Et nous sommes pressés, rappela Lucius, excédé de la présence du petit homme grossier. Tu nous excuseras, Peeves, mais nous devons nous rendre en cours. Va donc boucher les toilettes des Gryffondor de dernière années, ça sera toujours plus utile qu'envoyer McGonagall à l'infirmerie.
-Je connais un Serpentard qui va se réveiller avec un lit en portefeuille, moi.
Séduit malgré tout par l'idée de fomenter un mauvais coup contre ces bêcheurs de Gryffy, Peeves disparut en traversant un mur. Lucius roula des yeux et pressa le pas entraînant un Severus muet derrière lui.
Une dizaine de Gryffondor et de Serpentard patientaient devant la classe de metamorphose. Enfin, "patientaient" n'était pas véritablement le mot adapté. Disons plutôt qu'ils se regardaient en chien de faïence, à qui commenceraient les hostilités. Les Serpentard voulaient profiter de la légitime défense, les Gryffondor ne souhaitaient pas se rabaisser au niveau de leurs adversaires. Lucius mit fin à cette guerre froide par le simple fait d'être là.
-Range ta baguette, tu risquerais de te faire mal, dit-il à un rouge et or qui s'obstinait à garder sa baguette sortie
-Ca va les chevilles, Malefoy? intervint James qui arrivait flanqué de Sirius, remonté. Pas trop de mal à passer les portes?
-J'ai cru comprendre qu'en ce qui te concernait, c'était ta tête qui coinçait, Potter, rétorqua dédaigneusement Severus.
Harry laissa ses condisciples à leur joie mutuelle de se revoir après deux mois de vacances pour aller bavarder avec Hermione qui l'avait appelé d'un signe de la tête.
-C'est comme ça depuis qu'on a quitté la grande salle. « Si on croise les Serpentard, gna gna gna, tu verras Hermione! ». C'est pathétique. Et on a pratiquement tous nos cours en commun, avec ça, tu vois l'horreur?
-Si ça n'a pas tourné en pugilat avant la fin du mois, j'irais brûler un cierge à Merlin, rit Harry.
-Blague à part, après métamorphose, on à histoire de la magie. Le programme, chose étonnante, aborde la révolution des gobelins de 1236 à 1250.
-C'est fou l'originalité des thèmes, remarqua Harry.
Hermione ne nia pas.
-On pourrait en profiter pour regarder en détails le programme de DCFM et de voir ce qu'on pourrait éventuellement réviser de nous-mêmes.
-Allons, Hermy, pourquoi ne fais-tu point confiance à miss Bright, et à ses compétences d'enseignement ?
Elle lui lança un regard désabusé. Ayant eu en prédécesseurs deux mangemort, deux incompétents chroniques, un loup-garou (quoiqu'excellent enseignant), un ex-professeur de potion revanchard et imbuvable, le crédit auquel miss Bright était en droit de s'attendre de ses deux élèves était logiquement très mince.
-Si vous quatre mettiez autant d'entrain dans vos études que dans vos bagarres puériles, je suis certaines que vos notes en métamorphose s'en ressentiraient. Maintenant cessez vos enfantillages et rentrez en classe, sécha McGonagall en apparaissant au détour d'un couloir. Wilkes, crachez-moi ce chewing-gum à la poubelle et plus vite que ça ou je retire cinq point à Serpentard. Zabini, cessez de siffler, nous ne sommes pas dans une écurie jusqu'à preuve du contraire.
-Oui professeur, fit le garçon, piteux.
Dante sembla rapetisser lorsqu'il passa sous le regard inquisiteur de la vice-directrice. Visiblement, elle cherchait activement quelque chose à lui reprocher. Ah, ça, McGo avait la dent dure. Mortimer, arrivé après les autres envoya un regard vibrant de haine à Harry qui y réagit autant qu'une moule anémiée.
-J'espere que vous avez tous rendus vos devoirs de vacances, et si ce n'est pas fait, je m'attends à les retrouver sur l'heure sur mon bureau. Aujourd'hui, nous commençons la métamorphose moléculaire. Prenez vos baguettes et ouvrez vos livres page onze.
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-Ca débute sur les chapeaux de roues, maugréa sombrement Dante en rangeant son emploi du temps dans sa poche. Et un devoir supplémentaire, un. Cette femme me hait.
-Et donc, on a quoi? redemanda Severus, les yeux au ciel.
-Défense.
-Je gage que cette Bright ne durera pas plus d'un mois, sourit sournoisement Lucius en repoussant une de ses nombreuses mèches blonde derrière son oreille. Rien que l'année précédente, on en a eu trois différents, alors...
Harry ferma son sac correctement et rattrapa son léger retard sur ses camarades de chambre.
-Pourquoi, il y a un problème avec la défense? s'enquit-il innocemment.
-Trois. Tout d'abords, la classe est constamment couplée avec les vaches dorées, et que comme tu as pu le voir ce matin, ce n'est pas le grand amour entre eux et nous. Ensuite, les Maraudeurs sont spécialisés en bizutages de nouveaux profs.
-C'est la seule chose de bien qu'on puisse leur accorder, glissa objectivement Wilkes, un rouquin de leur âge quelque peu rondouillard.
-Certes. La troisième raison est que le poste de professeur de défense contre les forces du mal est sous le coup d'une terriiiible malédiction, déclara t-il, théâtral.
Les autres Serpentards acquiescèrent vivement, alors que Lucius ne le leur avait même pas demandé. Visiblement, personne ne donnait à Bright une espérance de travail très longue. Dante se gratta la tempe, songeur.
-N'oublions pas les attrape-nigauds naturels de Poudlard: marches piégées, portes closes, escaliers vicieux...
-Soyons lucides. Cette pauvre fille ne dépassera pas la semaine, prédit Mortimer, assuré de gagner le pari. Déjà qu'elle a pas l'air fine...
-Mais au fait, McCarthery, j'ai remarqué que tu ne t'étais pas fait avoir par les diverses embûches de l'école. Même Fiole, là depuis deux ans, s'y laisse encore prendre, fit Lucius en plissant les yeux.
Harry esquissa un sourire blasé, mais en son fort intérieur, il paniquait. Qu'est-ce qu'il allait pouvoir inventer pour se tirer de là? Il n'avait pas pensé que ses habitudes Poudlardiennes allaient le trahir.
-Disons que... je suis un attrape-poisse assez remarquable. Dès qu'il y a une bizarrerie dans un rayon de trois cent kilomètres elle me tombe dessus, alors je crois que depuis le temps je suis immunisé contres les petites farces dans le genre.
-Tu es si malchanceux que ça? questionna Severus, sans sembler vouloir y toucher.
-T'as pas idée, dit Harry en soupirant. Je pourrais écrire un livre sur ma vie tellement elle est pourrie.
Mortimer grogna quelque chose d'insultant dans sa barbe et ouvrit la porte de la salle de classe où leur enseignante les attendait pour faire son cours.
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-"Magie Noire pour les Nuls"... M... Ma...
Minerva augmenta le volume de son discman pour noyer le brouhaha des élèves allant en cours, à l'exterieur de la bibliothèque, et cacha precautionneusement l'appareil trafiqué dans ses robes vertes. Elle s'enjoint à classer tous les nouveaux livres avec une patience qu'elle ne se connaissait pas.
Heureusement qu'il y avait Alice Cooper pour lui remonter le moral, tiens.
Le ministère avait acquis des ouvrages intéressants suite à une perquisition chez un libraire sentant le souffre et en avait envoyé une partie à l'Ecole pour qu'elle serve dans la réserve. Ajoutant les titres des bouquins dans le registre de la bibliothèque, tout en les introduisant dans les longs rayonnages de bois, elle en mit de côté pour les "laisser à portée de main" de son neveu et de sa nièce.
-Regrettable négligence, Elisabeth, se gronda t-elle à voix haute en souriant.
Mais futés et doués comme ils étaient, ils seraient certainement dans la moise avant la fin du trimestre. Alors quitte à se plonger tôt ou tard dans les embrouilles, autant prendre de l'avance.
-Qui leur donne cours, déjà? Ha... Clarisse Bright, je crois... j'en connais qui vont s'amuser... Animagi, reprit-elle en tirant le livre épais, oui pourquoi pas... Histoire des Invoqueurs, c'est à voir. Je ne supporte pas Van Clerck... La Magie anté-fondateurs, et puis quoi encore... Le Livre des Morts... mais ce type a cambriolé la bibliothèque privée de Jedusor ou quoi!... humhumhum... poison... poison!...
La liste de livres officiels se retrouva vite plus courte que prévu.
-Par Merlin! L'Apologie des Mages Obscurs, par Alfred Verso! je croyais qu'il n'était plus édité!Je garde!
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A deux étages de la bibliothèques, la classe de Defense contre les forces du mal terminait tout juste de s'installer.
-D'après ce que j'ai pu constater, mes prédécesseurs n'ont pas eu le temps de vous apprendre grand chose, fit Bright en vérifiant une fois de plus le programme scolaire de l'an passé. Nous devrons faire avec, malheureusement, mais si nous avançons assez rapidement nous pourrons peut-être combler ces lacunes. Enfin. Je suis Clarisse Bright, votre professeur pour votre dernière année à Poudlard et j'espère que tout ce passera bien entre nous.
Elle contempla sa classe et sourit devant l'animosité palpable qui s'en dégageait.
-On m'avait prévenu que ça ne serait pas simple avec les Gryffondor et Serpentard. Cependant, vu votre retard, il est clair que je ne fermerais pas les yeux sur votre guerre inter-maison. Je voudrais vraiment que tout se passe bien entre nous.
Les élèves la considérèrent, intrigués et amusés. Comme si un concentré de guimauve dans ce style pouvait arriver à tenir en laisse LA classe à risque du collège? Une pensée similaire naquit dans les deux camps ennemis: pour qui se prenait-elle?
Lucius expira ostensiblement, suffisant, écarta les jambes afin de s'étaler à sa place, imité en cela par ses fidèles. Aussitôt sorti, il enverrait un hibou à son père pour grappiller quelque grimoire sombre à éplucher durant les longues soirées en solitaires. Et puis il irait proposer un rendez-vous nocturne à Haartman, ça faisait longtemps. Et ensuite il apprendrait bien des trucs utiles à Dante (toute une éducation à faire, ce gosse). Et après...
Severus feuilleta son livre de potion de l'année, enthousiaste de voir à quel point il allait s'amuser à manipuler son chaudron. Fiole lui fournirait probablement des ingrédients en surplus qui encombraient la réserve...
James échangea un regard complice avec Sirius tandis que Remus secouait la tête désabusé et que Peter tripatouillait sa plume avec ferveur. Leur imagination Mauraudesque marchait à plein régime, et ce cours ferait un excellent champ de bataille expérimental...
Lily se mordit les lèvres en silence. "Mon Dieu", hurla t-elle intérieurement. Comment allait t-elle pouvoir faire pour limiter la catastrophe? Les aspics étaient en fin d'année! Etait-ce trop tard pour se payer des cours par correspondance?
Hermione observa une mouche voler, indifférente. De toute façon, elle l'avait prévu... Et si elle faisait payer l'inscription à l'AD? Cinquante-cinquante avec Harry, ça lui ferait toujours de l'argent de poche pour s'acheter des livres peu recommandables chez Barjow et Beurk...
Harry posa sa tête dans les mains, les coudes sur la table et se demanda pensivement s'il pourrait dormir. Donc: deux mangemort, deux incompétents chroniques, un loup-garou, un ex-professeur de potion revanchard et une miss-sourire sans autorité. Le compte et bon.
Soudain un froid mordant fit se raidir tous les occupants de la salle de classe. Bright, raide comme la justice, vrilla des yeux bleu clair chargés de menaces sur ses étudiants frissonnants.
-Le premier que je chope à faire des conneries, à pioncer, à parler sans autorisation préalable, à se foutre de la gueule du monde, de la mienne, ou de celle des autres, il dégage. Je suis votre professeur, pas votre baby-sitter. Je suis là pour faire renter le contenu d'un stupide bouquin dans vos crânes, pas m'assoir en attendant que vous ayez fini de vous trucider dans la joie et la bonne humeur. Hors de question que j'assiste à un massacre organisé dans ma salle de classe. Que vous creviez dans d'atroces souffrances dehors, grand bien vous en fasse. Mais dès que vous passez cette porte, je veux un silence parfait ou des gens souffriront. Capish? assena t-elle en se penchant sur son bureau avec un air de detraqueur affamé, une teinte métallique dans les yeux.
Les septièmes années, figées, la bouche entre-ouverte, acquiescèrent mécaniquement.
Et en l'espace d'une demi-seconde, un grand sourire gentil réapparu sur le visage aimable de Bright. Elle lissa sa robe et vint tapoter le tableau avec sa baguette.
-Nous allons étudier ce trimestre les oiseaux magiques. Ouvrez votre manuel page soixante, je vous prie.
Harry s'exécuta sans perdre de temps et ses camarades en firent autant. Rectification: deux mangemort, deux incompétents chroniques, un loup-garou, un ex-professeur de potion revanchard et une schizophrène potentiellement instable.
Ca, Dumbledore avait fait fort...
-Nous allons étudier le plus gros animal terrestre aujourd'hui encore vivant, j'ai nommé le Rock! annonça t-elle tandis qu'un dessin d'un oiseau géant apparaissait sur le tableau noir. Argentavis Maximus de son nom latin, et d'une taille d'environ trois mètres au garrot et d'une envergure pouvant atteindre dix-huit mètres les ailes totalement déployées, il peut vivre jusqu'à quarante ans si son habitat est correct et non-pollué.
Il y avait deux illustrations sur la page. L'une présentait un Rock entravé couché au pied d'un sorcier qui n'en menait pas large, les éclairs de rage lancés par le regard de la créature pouvant refroidir n'importe quel chasseur bravache. L'autre montrait un de ces oiseaux hors-normes en vol. L'image étant en mouvement, on pouvait apprécier la grâce remarquable de tels géants.
-Sur la première photographie, pour pouvoir offrir une estimation visuelle de leur taille aux archives du ministère, les chasseurs on été obligés de ligoter solidement le Rock. Autrement, il les aurait dévorés vifs. C'est que ce sont des bêtes rancunières, rit-elle.
Un frisson agita l'auditoire. Elle devait bien s'entendre avec Hagrid...
-Avant le seizième siècle, on pouvait les trouver dans les montagnes du Moyen-Orient, mais aujourd'hui, on n'en rencontre plus guère que dans le massif du Tsaratanana, au Nord de Madagascar. Qui peut me dire pourquoi?
Hermione et Lily levèrent timidement le bras, peu enjointes à déclencher une crise de fureur inopinée chez leur professeur.
-Miss... Evans?
-C'est ça. Les Rock se nourrissant... principalement... de vaches, de bœufs et de chevaux, leur trop grand nombre faisaient perdre énormément de bétail aux fermiers qui se trouvaient sur leur territoire. Ils ont donc engagé des mercenaires pour s'en débarrasser.
-Exact, merci, dit-elle d'une voix douce et satinée.
Lily se permit un soulagement visible. Elle ne se ferait pas bouffer aujourd'hui.
-Les membres de cette espèce ne se comptent maintenant plus que par dizaines et elle est protégée. Mais ce n'est pas parce qu'elle l'est qu'elle n'est pas inoffensive pour autant. On protège les tigres, mais ils se refuseraient pas un encas sur deux-pattes, pour faire une comparaison. Aussi je ne vous conseillerais pas de vous amuser à monter en haut d'un nid de Rock pour en rapporter une plume à votre petite amie.
Les garçons rigolèrent tout bas, en s'entreregardant, et debutèrent une conversation à voix basse. Le poing crispé de Bright heurta le bureau et un sursaut secoua la classe entière.
-SILEEEEENCE! hurla t-elle.
Le souffle court et la paume sur son torax, Harry verifia trois fois que son coeur n'avait pas lâché en cours de route. Son ventre faisait des noeuds et il avait l'envie pressente d'aller voir ailleurs. Il constata par ailleurs qu'il n'était pas le seul dans le même cas, une poignée d'étudiants étant aussi chamboulés que lui. Notement Sirius, James, Dante, et Lucius (bien qu'il soit doué pour ne pas le monter, mais Harry remarqua que les jointures de sa main, blanchâtres) ainsi que Severus, statufié, et Mila Williams (la mère de Parkinson, selon ses suppositions). Rassuré de savoir sa réaction normale, il deglutit. Du coin de l'oeil, il repera Peter qui sortait peureusement de sous sa table. Delà où elle était Hermione fronça les sourcils après avoir encaissé le choc.
Le reste du cours fut intéressant, bien que beaucoup ne s'en rendirent pas compte, apeurés qu'ils étaient et guettant les mouvements de la baguette de leur professeur de défense. Elle avait tenu à vérifier qu'ils maîtrisaient tous parfaitement le sortilège de désillusion et leur en enseigna un autre pour calmer les terribles volatiles cannibales.
-Par toutes les furies de l'enfer! jura Mortimer. Ce vieux fou de Dumbledore collectionne les cinglés pour le plaisir, ou quoi?
-Il doit trouver ses profs dans la section psychiatriqe de Sainte-Mangouste, rencherit Severus, ombrageux.
Ce qui était drôle à Poudlard, ou dans une certaine mesure, c'était que lorsqu'une histoire se rependait, elle était tellement reprise, transformée, revue et corrigée, qu'au bout du compte même ceux qui avaient été présent finissaient par ne plus savoir ce qui s'était réellement passé. Après le déjeuner, où des rumeurs désobligeantes sur une double personnalité diabolique venue d'une dimension parallèle circulèrent, les compères se rendirent en botanique. Chourave leur rappela les consignes de sécurité, toujours les mêmes, et leur fit limer les épines des rosiers sanglants pour tuer le temps.
-Ils ne supportent pas d'en avoir de cassés, alors faites attention.
Ces deux heures clôturaient la journée car ils avaient astronomie dans la soirée, vers vingt-et-une heures. Dans la salle commune de Serpentard, Harry s'avachit dans le fauteuil qu'il avait muettement réservé (hey, il fallait bien que ça ait des avantages, d'être en septième année!) et planta fermement ses pieds sur un tabouret en velours. Finalement, deux décades avant ou après, Poudlard restait le même. Des profs douteux, des mystères à la pelle... que demander de plus?
Hummm... une bière au beurre au creux de sa main.
Et un radiateur portable.
-C'est pas possible, ça... ronchonna t-il. On est fin été et on se les caille déjà. C'est pas humain comme traitement.
-Bienvenue chez Serpentard, ironisa Severus en l'imitant, ôtant un coussin pour le lancer à Dante qui prit place par terre.
-On est des hommes, nous! Des vrais, des durs, des tatoués! affirma Goyles du fond de la salle, soulevant des bravos d'acclamation. Enfin, tatouées chez nos dames, je dis pas... je suis pas allé constater par moi-même, mais...
Il se rapprocha et s'accouda au dossier du canapé dans lequel s'était vautré Mortimer, évitant la tape gentillette d'une sixième année sur le chemin
-Moi, je suis tatoué, avança mollement Matteo, un garçon joufflu de cinquième dont le père collaborait avec celui de Lucius, ce qui en faisait un "grand ami" de la bande. Sur le bras. "Cassy" en lettres gothiques.
Sa petite amie rougit et lui embrassa le cou sous les sifflets moqueurs de l'assemblée. Celle-ci s'éclaircit la gorge et remonta le bord de sa chemise. Un dragon entourant une rose stylisée se dévoila. Severus le défia de lui poser la question, le foudroyant de ses yeux sombres et il passa par défaut à son ami d'enfance.
-Et toi, Mortimer?
-Va demander à la statue de la sorcière borgne si j'y suis.
Il ne s'en offusqua pas et s'apprêta à demander à Harry mais Dante qui croisa les bras.
-Ce que tu peux être sec, alors, Morty! bouda Dante. Si tu ne nous le dis pas, je ne dirais pas non plus où mon tatouage à moi est placé.
-Mais qu'est-ce que je peux bien me foutre de savoir ça? s'écria le père de Vincent en grimaçant.
-On s'en fiche, éluda la fille qui avait abordé Harry au banquet la veille. Alooooors, Dante, il est où le tiens?
-Sur un endroit que je ne montre que rarement, dit-il, énigmatique.
-Roooooh! minauda t-elle.
-Peut-on avoir l'obligeance de m'expliquer pourquoi la discutions tourne autour du postérieur de Nott? intervint Lucius en passant la porte du dortoir des garçons.
-On parlait de nos tatouages respectifs.
-Je vois... tu ferrais mieux de commencer le devoir que t'as donné McGonagall, l'exhorta le grand blond en relevant mentalement la manie du freluquet de tout faire traîner. Il n'est pas question que tu arrives les mains vides et qu'elle retire des points à Serpentard.
-Oui maman, marmonna Dante en ouvrant un livre au hasard pour bûcher.
Mais trois minutes plus tard, il leva des yeux verts d'eau accablés et fit le tour des personnes présentes à la recherche d'une assistance miséricordieuse.
-Quelqu'un s'y connaît assez en métamorphose pour m'expliquer ce qu'est l'apparition ex-nihilo?
Seerus haussa un sourcil, Lucius eut un rictus et se défila dignement, Mortimer s'enfuit lâchement, Goyles retourna innocemment à ses affaires. Recevant un regard dépressif et étincelant de larmes à peine factices, Harry, la mort dans l'âme, s'assit avec Dante pour lui donner un coup de main.
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-Je crois que je commence à comprendre ce que tu as ressenti toutes ces années en nous aidant pour nos devoirs, Hermione. Je viens de passer une heure à expliquer un principe clair comme de l'eau de roche à un type complètement hermétique à la métamorphose.
La jeune sorcière écarta sa plume de son bloc note et remit de l'ordre dans ses papier sans se presser, faisant de la place à son "frère". La bibliothèque était quasiment vide et on pouvait entendre le parchemin gratté de Minerva, entre deux étagères.
-Tu m'en diras tant. Quoi de neuf?
-Les Serpentard sont des tarés? tenta Harry.
-Mais encore?
-Ils veulent me faire tatouer un serpent sur le dos. Ca a beaucoup discuté, et ça à été limite pour le biceps. A la prochaine sortie de Pré-au-Lard ces rapaces vont me traîner pour me faire griffoner un machin sur mon corps d'Apollon sans que j'aie mon mot à dire.
-Honteux, accorda distraitement Hermione. Bref, passons les désastreuses aventures d'Harry McCarthery, veux-tu. Tante Elisabeth nous a laissé des livres, regarde.
Il saisit l'un des bouquins sur la pile de la table, pas vexé pour un sou qu'Hermione soit indifférente à son malheur et esquissa un sourire en lisant le titre. "Rencontre avec les Pitiponks".
-Ca me rappelle furieusement un certain torchon, ça. "Rencontre avec les Trolls"…
-Jamais vu un livre aussi mal écrit, grogna la châtain soudainement de mauvaise humeur, une grosse rature ornant maintenant son cahier. Et de toute façon il s'agit d'une fausse couverture, soulève-là
Sous le cuir, "Introduction à la Magie Totémique" le rassura profondément.
-J'ai pris des notes pour les livres qui ne m'intéressent pas vraiment. Tu les veux?
Harry grommela et mit sa tête dans ses bras croisés. C'était bien d'elle de vouloir démarrer les hostilités dès le premier jour de la rentrée.
-Et je vous incite vivement à les lire, mon neveu, glissa justement Minerva qui passait par là, lui causant un sursaut désagréable semblables à ceux qu'il avait en cours avec elle. Il est à votre programme, en plus.
En voilà une autre qui n'avait pas abandonné ses habitudes avec le changement d'époque… d'espace temps… de trame temporelle… de dimension… ho et puis zut! de coin!
-Vous allez en voir des notions dans votre cours de Yamidô. Et ne le laissez pas traîner, prévint-elle en repartant à son bureau de sa démarche souple.
-Femmes je vous hais, déclara sombrement Harry, ce qui arracha un sourire amusé à Hermione.
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Harry traça pensivement le contour de ses cernes du bout de l'index tout en sortant ses affaires de classe devant lui. Il n'avait pas cru ça possible, mais ces livres avaient été passionnants. Il ne s'en était pas décroché, bouquinant encore lorsque l'aube avait pointé son nez. La classe de duel, anciennement un débarras désaffectée, respirait toujours des relents de moisi. Tournant la tête pour observer ses condisciples, il releva l'écœurement palpable de Lucius. Apparemment, son auguste majesté répugnait à poser son fessier sur une chaise délabrée. Sortirait-il un coussin spécial? Ferait-il apporter un fauteuil directement de leur salle commune?
-A pas assez dormi, moi…
Kheth Logos pénétra dans la cage aux lions et se dirigea vers l'estrade, d'un pas tremblant . Il manqua de peu de se prendre le pied dans la marche et, se retrouvant devant une masse d'élèves bruyants et indisciplinés, prit une énorme inspiration. Harry se souvint de leur rencontre au déjeuner de leur arrivée et se souvint qu'il était extrêmement timide. Il lui adressa un signe d'encouragement et lui sourit, confiant.
Kheth eut un sourire tordu par le stress, qui ressemblait plus de ce fait à une grimace, et tapota le bureau de sa baguette. Les étudiants pivotèrent dans sa direction, cessant imediatement leur blabla. Kheth essaya de les mettre plus à l'aise qu'il ne l'était lui-même en souriant affablement. Mais lui n'avait pas croisé les troubles psychologiques de Clarisse Bright et les adolescents se raidirent au fond de leur siège, sages comme des agneaux, au cas où il enfilerait une cape noire et lui pousseraient cornes et ailes pour s'envoler par la fenêtre et se cacher dans la chambre des secrets, n'en sortant que pour dévorer des élèves innocents, et accessoirement miss Teigne.
Harry avait eu du mal à contenir les affres d'une crise de rire hystérique en entendant ça de la bouche d'une troisième de Poufsouffle qui voulait effrayer des petites et naïves premières. Mais ce n'était surement que parce qu'il savait ce qui se cachait dans la dite-chambre.
Passons.
-Je… je crois savoir que vous avez eu des cours de duel avec un autre professeur auparavant? Il a quitté le collège en cour d'année, n'est-ce pas?
Lily pinça les lèvres en fusillant les Maraudeurs et Hemione, sa voisine, refusa d'imaginer les histoires rocambolesques des quatre garçons et ce qu'ils avaient pu faire subir à leur professeur.
James, Sirius, Remus et Peter se gondolèrent à la simple évocation du départ précipité et mémorable de leur enseignant. Vociférant des menaces et des malédictions sur vingt générations, il avait traversé les couloirs de Poudlard, entièrement recouvert de la vase gluante et tenace du lac, pourchassé par un Rusard furieux de le voir salir et empuantir son beau château tout juste récuré. Un petit plaisantin lui avait laissé croire que les fondateurs avaient caché un trésor tout au fond. Ce même petit plaisantin ayant répandu de la quiche Lorraine sur la surface du lac(nourriture favorite du poulpe géant !) pendant qu'il y était, et l'animal, non content de lui faire une peur bleu, l'avait fait sauter d'un tentacule à l'autre pour s'amuser.
Ses hurlements de terreur avaient été audibles plusieurs kilomètres a la ronde, et il avait juré que plus jamais il ne remettrait les pieds dans cette maison de cinglés.
Les pouffements divers durent achever les doutes de Keith. Il allait avoir du mal.
-Bien… donc, vous n'aurez qu'une heure par semaine avec moi. Je vous apprendrais du mieux que je peux à pratiquer le duel et ce qu'il faut savoir pour sortir vivant d'un combat magique. Monsieur, mademoiselle McCarthery, vous avez étudié à domicile, il me semble. Vous avez déjà eu l'occasion de faire des duels?
Effectivement, Dumbledore n'avait pas adhéré à l'idée de les glisser dans le registre d'une école étrangère, redoutant les fouineurs. Officiellement, Harry et Hermione avaient étudié en Australie sous la tutelle de leur oncle, un homme maladif et brutal. Un arrêt cardiaque l'avait malheureusement emporté dans la fleur de ses cinquante ans.
-Deux-trois, répondit Hermione en consultant Harry, qui n'eut rien à y redire. Vous savez, les petites bagarres entre amis, ce genre de chose. C'est plutôt calme question accrochages, l'Australie.
Le Survivant vit le sourire ironique intérieur de son amie. Sur les duel périlleux, ils en connaissaient un rayon. Et en mage mégalo-psychotiques, n'en parlons pas.
-Dans ce cas il vous faudra récupérer le temps perdu de toute urgence. Savoir se battre est de nos jours… Keith hésita avant de terminer sa phrase comme si il allait dire quelque chose qu'il ne fallait pas.
-… une faculté à ne pas négliger.
Les trois-quarts des étudiants frémirent en pensant à se qui se préparait dehors. Ils avaient tous vu la montée en puissance progressive de Voldemort, mais son utilisation de violence à outrance était encore récente. Lucius et ses copains pré-mangemort ricanèrent sous cape, s'attirant des regards haineux des Gryffondor.
Je vous engage donc à vous entraîner autant que possible entre vos heures de cours. Vous tous. Maintenant, rien ne vaut la pratique. Levez-vous.
Le professeur avait repris du poil de la bête, plus assuré dans ses gestes et paroles, et envoya les chaises et pupitres s'ordonner contre les murs de la salle dès le dernier Serpentard levé.
-Nous allons réviser les bases. Je sais que ce n'est pas drôle du tout, mais mieux vaut savoir exécuter un sort basique à la perfection plutôt que rater un sortilège plus compliqué et vous retrouver comme deux ronds de flan devant votre ennemi, expliqua t-il en percevant le murmure dégouté qui s'échappa de la double classe. Et pour vous faire plaisir, je veux un Gryffondor et un Serpentard. Avec un peu de chance, ça vous motivera.
Traînassant et faisant leur mauvaise tête, les élèves se mirent en groupe et attendirent les instructions. Keith déambula dans les rangs formés, changeant souvent les associations. Harry se cramponna à Hermione, eux qui connaissaient parfaitement les capacités de l'autre et ne risquant donc pas de se blesser par un coup de surprise. James rendit sa grimace écœurée à Severus, qui abhorrait déjà ce professeur inapte. Lily soupira face à Mortimer, affligée. Sirius sourit à Dante qui essayait de se faire plus petit qu'il ne l'était. Wilkes observait avec circonspection Remus lui lancer un agréable sourire exempt de toute fatigue pré ou post lunaire. Un Gryffondor turbulent allait servir de victime expiatoire à Lucius, heureux de pouvoir enfin se defouler. Et Peter tremblait devant Goyles, ricanant de la rouste carabinée qu'il allait mettre au peureux de service.
-D'abord expeliarmus un contre un, et puis on verra ce que vous pouvez faire contre une classe entière. Pensez bien aux deux faces du sort: désarmer et propulser.
A la sonnerie, un Sirius mecontent et endolori se massa la nuque. Son acolyte poursuiveur tordit adroitement ses lunettes pour leur redonner un semblant de forme droite et ainsi les faire tenir sur son nez sans avoir l'air de s'être mangé un cognard en pleine f igure.
-Ce n'est pas normal, James! s'exclama le fils Black, indigné par l'injustice de sa situation actuelle. Ce sont des génies en potion, ils ne devraient pas être excellent en duel!
-Allons, tu sais très bien que ce sont des idées reçues, Sirius, tenta de le raisonner Remus. On peut être bon en potion et en magie offensive.
-Faites-moi penser à ne pas me les mettre à dos, grommela Peter, sa robe de sorcier ayant recuperé toute la poussière du château.
-Tu n'a pas besoin de nous pour eviter les ennuis, Queudver, tu les fuis comme la peste, plaisanta le loup-garou, ne percevant pas le regard vide de l'animague rat.
-Grombl, fit James. "Deux trois duels", ma baguette, oui. Ils nous ont litteralement cloués au mur. Même Malfoy en a avalé son balais. Et Lily m'a...
-Quasiment decalqué? proposa Sirius.
-Visé intentionnellement dans l'optique d'offrir un nouveau tableau à Poudlard? rencherit Remus, une mine mutine qui n'appartenait qu'a lui sur le visage.
-Carrément battu à plate couture? dit Peter.
-Mais je l'aimmeeeeuuuhhhh, chouina James, desesperé. Pourquoi tant de haine?
-Tu veux la liste, Potter? demanda Lily, à deux pas, glaciale.
Dans son dos, Harry interrogea muettement Hermione qui lui adressa une mimique ennuyée. Elle s'approcha et lui glissa deux mot à l'oreille. Il la considera dubitativement tandis que les deux amoureux transis se jetaient des roses; pourquoi voulait-elle le voir dans l'heure, accompagné de sa mère? Il était inutile de lui demander de jouer au conseiller matrimonial. Sa vie sentimentale frisait déjà le desastre, merci bien, il risquait de ne pas naître s'il s'en mêlait! Son lui future, bien entendu. Ou present?
Arg!
-Mais non, abruti! chuchota Hermione, agacée. J'ai besoin d'aide. Et voie si tu peux debaucher Rogue par la même occasion.
-Rogue? Tu plaisantes? Il m'enverra bouler en une phrase assassine et tant pis pour moi. Et pourquoi diable Ro...
Les cris de Lily l'interrompirent un instant.
-Mais c'est pas possible! Tu as un veracrasse dans le cerveau!
James recula, blessé dans son orgueil. Sirius voulu le convaincre de se retirer pour calmer le jeu, d'autant qu'un atroupement se formait déjà, avide d'assister à une des celèbres empoignades Evans-Potter. Mais Lily ne laissa pas le temps et lui servit une ultime gentillesse avant de tourner les talons. L'heritier Potter serra les dents à s'en exploser l'email et se chercha un souffre-douleur pour evacuer toute sa rancoeur. S'il s'en prenait à Peter, Remus allait encore râler. Il avisa Harry, qui n'avait ecouté que distraitement la dispute et partait avec Hermione pour rejoindre la préfete de Gryffondor, partie en flèche.
Une jalousie stupide, il ne l'ignorait pas lui-même, lui mordit le coeur. Il l'avait bien vu le soir du repas parler avec elle. Il était plus fort que lui, et il comptait lui voler sa Lily? Il fendit la foule qui se dispersait déjà et empoigna le nouveau par l'épaule, le faisant pivoter de force. Avec un petit "heeepp?" surpris, le voyageur temporel fut nez à nez avec son geniteur.
-McCarthery, qu'est-ce que tu fais à traîner autours de Lily? l'agressa t-il.
Remus sursauta et tira sur la robe de son ami pour le faire lâcher prisen, mais essayez donc de détacher un dragon d'un steack saignant... Sirius secoua la tête, ne comprenant pas pourquoi James s'acharnait à vouloir seduire Evans. C'était une cause perdu d'avance, mais il n'avait pas l'air de l'imprimer.
-Lily? repeta Harry en clignant des yeux. Je croyais qu'elle voulait que tu l'appelle Evans? Voir que tu ne l'appelles pas du tout?
-James, laisse-le! dit Remus affolé et prillant pour qu'aucun profeseur ne deboule dans le couloir en cet instant.
-Arretes de te prendre pour un petit chef, Potter, tu es exasperant! jeta Hermione en claquant la main de James pour la repousser, toujours accrochée à l'uniforme d'Harry.
-Toi tu vas... continua James en avançant vers Harry.
Ca faisait la deuxième fois qu'il se faisait menacer en moins de trois jours. Il finirait peut-être par battre son record, qui sait?
Constatant que la tension montait un peu trop, Hermione tiqua. Un accident de baguette était vite arrivé. C'est soupirant d'aise qu'elle vit debarquer sa tante adorée, raide comme une robe de bal trop amidonnée, les lèvres tellement pincées qu'elles ne faisaient plus qu'une ligne.
-Potter, Black, cessez vos gamineries et retournez rapidement dans votre sale commune si vous ne voulez pas recevoir sous peu une visite désagréable du professeur... McGonagall, fit-elle dificilement, car dire son propre nom lui arrachait un effort surhumain. Et pour ceux qui ont apprecié le spectacle, je leur demanderais de liberer le couloir. Vous genez.
James grogna et lâcha à contre coeur Harry. Sirius haussa les épaules, et le talonna avec Peter, le crâne rentré dans les épaules. Quant à Remus, il eut un sourire désolé, une inclinaison de la tête, puis slaloma entre les curieux jusqu'à disparaître.
Minerva grommella un mot inintlligible, à la fois peu ravie de se retrouver encore face à l'immaturité de ses anciens étudiants, et émue de les voir de nouveau accumuler des betises. Et elle se promit de tout mettre en oeuvre pour leur donner la possibilité d'en faire longtemps. Hermione héla Lily, de l'autre côté du corridor, qui pour de multiples raisons n'était pas allé aussi loin qu'elle avait prévu. Premièrement parce qu'elle avait capté le son de la voix colereuse de James avant d'être hors de portée, et aussi parce qu'elle savait qu'il declancherait justement une baguarre pour faire oublier son amour propre typiquement masculin.
Et aussi parce que quelquepart ça la flattait énormément.
-Peste soit des Potter et de leur engeance, fit-elle lorsque Harry et Hermione arrivèrent à son niveau.
Le garçon du trio stoppa net, touché par les paroles involontairement directes de la jeune femme rousse. Il passa une main lasse dans ses cheveux, soupirant douloureusement.
-L'année s'annonçe vraiment reposante, dit-il d'une voix posée.
Et il accelera pour rejoindre les filles à la bibliothèque.
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-suite au prochain chapitre-
