OS - L'amour et son contraire

Couple: Edward et Bella
Rating: M
PDV: Alterné


Chicago, 1919

PDV Bella

Je sais bien quel amour je préfère, pourtant je ne suis pas heureuse ainsi. Je passe de lits en lits, après trois ans je suis lassée et désabusée.

Je n'ai rien perdu de mon charme, je suis plus experte que jamais dans le jeu de la séduction et du sexe. Je ne couche qu'avec des hommes influents. Riches hommes d'affaires, aristocrates ou politiciens, je ne prends que ce dont j'ai besoin.

Je suis moi-même issue de la haute bourgeoisie. Ma vie a été parsemée de fêtes, de réceptions somptueuses, de décadence et de luxe. Pour mon cher père, je reste la très chaste Isabella, si il savait… Je n'ai plus rien de chaste depuis mes seize ans ! Je suis bonne actrice et à dix-neuf ans, j'ai toujours réussi à repousser les hebdomadaires demandes en mariage. Je fais croire à mon père depuis tout ce temps que je suis une vierge effarouchée. J'ai même insinué vouloir entrer dans les ordres mais puisque je suis la seule héritière et que je suis une femme, mon père m'a fait promettre de me marier avant mes vingt ans en échange, je pourrais choisir mon époux.

Je suis comme toutes les femmes, j'aspire à un bon mariage, avoir à mes côtés un homme puissant pour qui je serais tout, fonder une famille et apprécier les plaisirs simples et chrétiens de la vie. Cette idéalisation de mon futur se ternit jour après jour, je commence à craindre pour mon âme salie. J'ai peur qu'aucun homme bon ne veuille de moi pour épouse.

La vie m'a fait naitre agneau au milieu des loups, alors fatalement j'ai perdu de mon innocence jusqu'à devenir aussi noire que ces hommes qui me courtisent. J'ai perdu ma mère très jeune, mon père m'a élevée telle la huitième merveille du monde, ne me refusant rien, me gâtant jusqu'à me pourrir.

Et ce matin-là, en m'observant nue dans le grand miroir de ma salle d'eaux, je vois ma noirceur. J'ai tant envié, tant voulu, tant exigé que je me retrouve vide d'envie. Je perds peu à peu gout à la fête, à l'alcool, au sexe, bref tous mes loisirs. Depuis quelques semaines je reste chez moi le soir, repoussant les invitations et refusant les visites. Je fais des rêves plus qu'érotiques qui m'épuisent chaque nuit. Aussi jouissifs et réels que peuvent être mes songes, je suis perdue et désemparée au petit matin. Je veux l'amour et son contraire, je n'arrive pas à choisir. Et tant que je serai indécise, je continuerais à rêver de lui je suppose.

Dans mes rêveries, son regard noir me transperce tandis qu'il s'active brutalement en moi. Ses dents malmènent ma peau soyeuse. Ses mains froides et douces me maintiennent durement dans les positions qu'il m'impose. Quand je jouis, je ressens très souvent une morsure et quand j'ouvre les yeux, sa bouche est ensanglantée. Il m'avilisse à ses désirs et le pire c'est que j'aime ça.

Au bout de deux mois à ce rythme, je suis à bout de forces. Mes rêves sont merveilleux mais éprouvants, je dors pratiquement toute la journée. Mon père s'inquiète beaucoup et a fait appel à de nombreux médecins. Mais rien n'y fait, malgré les remèdes, les potions ou les prières du prêtre, je suis toujours aussi exténuée et anémiée.

Quand il arrive ce soir-là, je viens à peine de m'endormir. Je peux encore sentir la chaleur des flammes dans ma cheminée sur ma peau. Ses doigts glacés parcourent avec impatience mon corps. J'entends le tissu se déchirer, il n'aime pas quand je suis trop vêtue mais j'ai froid sans lui. Il grogne, m'enlace puis capture mes lèvres. D'un baiser, il me consume. Ses lèvres fraiches se perdent dans mon cou, titillant la peau fine. Ses mains ont écarté mes jambes et il se presse déjà contre moi. Son sexe dur me heurte et je gémis.

Je suis totalement à sa merci, il le sait, il aime ça. Je ne devrais pas aimer pas ça, avec les autres c'est moi qui séduis et qui décide. Sa bouche s'écrase violemment contre la mienne, j'oublie mes réflexions. Je sais ce qu'il aime, je sais qu'il me comblera de plaisir alors je sais ce que je dois faire : lui obéir et apprécier.

Je ne suis pas spectatrice non plus, il laisse le caresser sa peau dure et froide, il aime quand je l'embrasse et que je me presse contre lui. De longues minutes passent et son sexe n'est toujours pas en moi. Il met de plus en plus de temps à me prendre. Il me regarde plus longuement, me caresse plus doucement et surtout me fait jouir avant lui. Et cette nuit encore, il souffle bruyamment en enfouissant son visage entre mes cuisses. Je me tiens en appui sur mes coudes. Mes cuisses sont marquées par des hématomes de différentes couleurs mais je n'y accorde pas d'importance. De le voir me lécher et de l'entendre grogner me font presque jouir aussitôt. Il le sent alors il ralentit un peu le rythme de sa langue, me faisant languir encore et encore. Aussi frustrée que je suis, je ne lui en veux pas, mon orgasme va être tellement intense.

La patience est mère d'orgasmes phénoménaux mais trop c'est trop… Je geins comme un bébé et il me donne enfin ce que je veux. Je n'ai même pas le temps de m'en remettre qu'il me pilonne déjà. Je finis de jouir autour de son sexe, j'en frissonne et quand j'ouvre les yeux, je me noie dans son regard encore plus noir que d'habitude. Il va bientôt jouir aussi mais se retient encore et encore. Il a remonté une de mes cuisses pour s'enfoncer plus profondément dans mon antre.

Après avoir joui, il caresse mon ventre et mon dos, son toucher froid m'apaise. J'ai des courbatures à cause de mes exploits, mes rêves sont très sportifs. Je n'ai pas de répit et je n'en veux pas de toute façon. Il me prend encore et encore. Il me fait le chevaucher, puis me fait asseoir au bord du lit tandis qu'il est genoux devant moi, il me plaque contre un mur, colle son corps derrière le mien, me fait me cambrer et s'enfonce en moi. En fonction de la position, je ressens son sexe différemment, je ne sais pas comment cela est possible mais puisque je rêve, il est normal que ce soit extraordinaire.

Il me donne trois autres orgasmes et c'est avec regret qu'il me laisse aux toutes premières lueurs de l'aube. Je le supplie de rester, comme chaque matin mais il me sourit et disparaît par la fenêtre.

Je retombe lourdement dans mon lit, mes yeux se ferment rapidement. Je continue de dormir mais sans rêver. Je me réveille en milieu d'après-midi, gênée par le soleil hivernal. Mon père en profite pour me parler. Il me dit que ce soir, un autre médecin va venir me voir. Il est désespéré et fonde beaucoup d'espoirs sur ce docteur Cullen. Quand il est annoncé, mon père est toujours à mon chevet.

« Docteur Cullen, merci mille fois d'être venu. »

« Je vous en prie, Charles. Tu es Isabella ? » me dit-il doucement.

J'acquiesce de la tête, je ressens un malaise et je veux m'éloigner de ce médecin. Dans ma tête, j'entends mon amant me répéter de me taire et de ne pas me laisser ausculter. Je suis décontenancée car je sais que je ne dors pas. Dans mes songes, il ne prononce jamais un mot mais il entre dans mes pensées et me parle ainsi. Alors pourquoi je l'entends maintenant?

Le docteur Cullen se redresse soudainement et se dirige très vite vers ma fenêtre qu'il ouvre en grand. Nous sommes en novembre et il fait un froid glacial mais le médecin ne s'en préoccupe pas. Mon père remonte bien haut mes couvertures puis va entretenir le feu dans la cheminée de ma chambre. Il revient ensuite à mes côtés et je me blottis contre lui. J'ai peur de ce médecin, de plus en plus.

« Faisons lui confiance, mon enfant. Il va trouver comment te guérir de ton anémie. »

Et tandis que mon père bombarde de questions le praticien, je ferme les yeux et commence à somnoler. J'entends de très loin sa voix.

« Ne le laisse pas te toucher, personne n'en a le droit Isabella. Tu es à moi. Je reviendrai bientôt. »

Je sursaute littéralement. Il est parti ! Je ne sens plus sa présence, il est parti et c'est à cause de ce médecin ! Mon père me rassure mais rien n'y fait, je pleure à chaudes larmes. Le docteur Cullen s'est approché et me fixe étrangement. En un mouvement rapide, il saisit mon poignet gauche et observe les marques que mon amant a laissées à cet endroit… mais dans mon rêve.

Je suis pleinement réveillée maintenant, plus alerte. Je me donne l'impression de ressusciter. Mon esprit fouille dans mes souvenirs, tente de comprendre les derniers évènements. Et si il n'était pas imaginaire ? Et si j'avais vécu ce que je croyais avoir rêvé ?

Je frémis quand le médecin repousse mes boucles et me force à exposer mon cou. Je le regarde droit dans les yeux, je comprends qu'il sait. Il en sait même plus que moi. Il détourne son regard puis s'adresse à mon père.

« Donnez lui ceci à boire matin et soir, une cuillerée. Je repasserai dans deux jours. »

Alors que mon père le raccompagne en le remerciant à nouveau, je réalise que je n'ai pas cessé de trembler. Je parviens à me sortir de mes couvertures et m'approche de la cheminée. La chaleur des flammes m'apaise, je me perds dans la contemplation du brasier tandis que les souvenirs de lui affluent encore et encore. Personne ne peut faire de tels rêves, j'aurais du comprendre que tout cela n'était pas mon imagination.

Comment un être aussi magnifique, fort et rapide pourrait être humain pourtant ? Je ne sais rien de lui, et si je n'ai pas rêvé ces deux derniers mois, cela signifie qu'il existe. Il est venu à moi, m'a faite sienne un nombre incalculable de fois et je me suis soumise à lui avec ravissement. Il me manque mais de façon irrationnelle.

Il m'a maintenue dans une torpeur soumise, jamais je n'ai cru qu'il était réel et pourtant. Mon anémie et ces marques sur mon corps sont causées par ses morsures, par lui.

Les jours qui suivent, il ne revient pas. Je vais mieux sans lui, je reprends des couleurs, j'arrive à marcher et mes nuits sont sans songes. Je ne l'oublie pas pour autant, je me sens encore plus vide qu'avant. Je réalise que son affluence sur moi a été quasi mortelle.

Le docteur Cullen est de retour ce soir, il dit à mon père que je serai bientôt complètement guérie et que la cause de mon mal sera bientôt un lointain souvenir. Ces derniers mots me glacent d'effroi. Alors après son départ, je décide de le suivre. J'aurais réussi si je n'éternuais pas toutes les vingt secondes. Arrivée devant sa demeure sans doute, le médecin se retourne et me fait signe de venir.

Mes jambes se stoppent et mon cœur a un raté. Il est revenu, il est là et son regard noir me désarçonne. Il a l'air très en colère contre le docteur Cullen. Il bouge ses lèvres mais je n'entends rien. Le médecin lui répond tout aussi silencieusement. Je ne peux pas comprendre alors j'observe mon amant et c'est comme si je le voyais pour la première fois.

Son corps est grand et musclé, son costume noir fait ressortir sa peau d'albâtre, ses cheveux cuivrés sont cachés par un chapeau noir. Je n'ai pas remarqué son bras autour de ma taille jusqu'à ce que sa main presse ma hanche me faisant gémir de douleur.

Ils stoppent leur conversation muette et me regardent. Je me sens mise à nue face à leur regard interrogateur. J'ai comme l'impression que ma vie ne tient plus qu'à un fil et à cet instant, les deux me font peur. Le docteur est comme lui, mais que sont-ils ?

« Viens Isabella. » me dit mon amant.

Sa voix est la même, son odeur enivrante aussi, j'ai la certitude maintenant d'avoir été manipulée par lui. Il m'a laissée croire que je rêvais, il m'a blessée, il a bu mon sang, c'est un monstre…

« Non. »

« Tu es allé trop loin Edward, elle a failli mourir d'épuisement. Maintenant tu vas la laisser vivre une vie normale. » lui dit durement le docteur Cullen.

Voilà tout ce que je sais de lui, son prénom. Le monstre a un nom. Il me dévisage, sondant mon expression. La haine que je ressens pour lui est dévastatrice. Je lui saute dessus, martelant son ventre de coups, je le pousse et il se laisse faire mais rien ne l'affecte, il ne vacille même pas.

Je crie ma colère, ma rage et je pleure. Le monstre me regarde pour la première fois avec tristesse et remords mais c'est trop tard. Je le hais. Il tente de me prendre dans ses bras mais je me débats.

« Laisse-la. » intervient le médecin.

« Carlisle, je la veux ! Elle est à moi ! » rugit le monstre.

« Je ne suis à personne ! Sale monstre, je te déteste, je te maudirai chaque jour de ma vie ! » j'hurle à plein poumon.

Maintenant ses yeux sont menaçants alors je cours loin de lui. À en perdre haleine je fuis. Je ne cherche même pas le chemin de ma maison, ce n'est pas sûr. Je ne pense plus qu'à une chose, m'enfuir loin de lui, à jamais.

Quand mes jambes ne peuvent plus continuer, je m'affale contre un mur. Je suis dans un quartier miteux mais je m'en fiche, je n'ai pas peur.

Je bouillonne encore. Il m'a assouvit, telle une bête et j'ai exécuté tous ses ordres… c'est un monstre, il n'est pas humain. Je n'en peux plus, je suis épuisée et dévastée.

Après avoir loué pour la nuit une chambre miteuse au-dessus d'un bordel, je m'endors malgré moi. J'ai peur qu'il me retrouve, qu'il me force et m'enlève. J'ai peur de mourir. À mon réveil, le soleil luit faiblement. Je décide de fuir très loin, il me faut un changement de vie radical. J'ai une pensée pour mon père alors dès que je le peux, je lui fais porter un mot disant que je suis entrée dans les ordres et que je ne peux plus le voir. Je sais qu'il va souffrir mais jamais je ne pourrais reparaitre devant lui. Si mon père savait toutes les horreurs que j'ai commises dans mon existence, il me tuerait peut-être avant de se donner la mort. Même si je suis la chose la plus précieuse au monde pour lui, il a cette obsession du devoir et de l'honneur.

À la gare de Randolph Street, je sens la présence du monstre. Il me poursuit encore mais j'ai beau observer la foule autour de moi, je ne le distingue pas. J'achète un billet pour la destination la plus éloignée possible.

Phoenix, 1934

PDV Edward

« Elle a l'air heureuse. »

« Elle l'est, partons. » me presse Carlisle.

« Encore une minute. »

Elle est assise sur le proche dans une chaise à bascule, berçant deux enfants tandis qu'un chien dort à ses pieds. Elle est resplendissante, la peau halée et les cheveux simplement coiffés. Elle vit dans ce ranch isolé, loin des fastes de sa jeunesse. Un homme brun à la peau foncé sort de la maison et pose sa main sur elle. Elle lève la tête vers lui et lui sourit. Il se saisit ensuite des deux enfants endormis et les ramène à l'intérieur.

Elle reste debout quelques instants, scrutant l'horizon. Je suis bien trop loin mais j'ai l'impression qu'elle me voit. Je ne peux pas entendre ses pensées de là où je me cache avec Carlisle, mais j'entends parfaitement ce qu'elle murmure avant de rejoindre sa famille. Et cela me donne envie de mourir.

« Partons. » me dit Carlisle, le regard compatissant.

« Elle me manque tellement. » je murmure dépité.

« Malgré tout l'amour que tu as pour elle, tu dois la laisser vivre sa vie. Nous ne devons pas interférer dans la vie des humains, rappelle-toi nos lois. Tu ne pourras jamais rien lui apporter de bon et tu le sais. »

« J'aurais voulu lui demander pardon. »

« Tu as entendu ce qu'elle a dit ? Elle te haïra à jamais ! Tu ne veux pas qu'elle te regrette non plus ?»

« Non, je sais que tu as raison. Elle mérite une vie heureuse et sans dangers. »

« Allons-y Edward. »

Je le suis, plus jamais je ne reverrai Isabella.

FIN


Reviews reçues lors de la première publication

jennifer2601 chapter 7 . Oct 30, 2014

Salut, oh ba mince elle est triste cet histoire.

report review for abusemlca66 chapter 7 . Sep 11, 2012

cet os m'a serré le coeur, il est très émouvant mais je n'aime pas les histoires tristes...

report review for abuseGuest chapter 7 . Feb 25, 2012

De très jolis os ! Bonne continuation à toi :)

report review for abusedelphes chapter 7 . Feb 9, 2012

Cet OS est magnifique, riche en émotions, c'est triste mais très beau.

report review for abusesand91 chapter 7 . Jan 30, 2012

très bons os mais la dernière trop triste

merci pour tes fics a

report review for abuseceline68990 chapter 7 . Jan 29, 2012

Coucou. Plusieurs dures sujets que tu évoques dans ton os. Alzheimer. Le cancer. Les pertes des gens aimés. Et la mort d'Edward. Merde tu as tué Edward ! Une belle histoire en tout cas. À bientôt Celine.

report review for abusephika17 chapter 7 . Jan 29, 2012

J'en ai les larmes aux yeux, c'était sublime !

Merci

Twikiss

report review for abuseLily-Rose-Bella chapter 7 . Jan 28, 2012

c'est tellement triste que j'en ai les larmes aux yeux! :( :( :(