Salut les loulous !
Chose promise, chose due ! BTS blanc terminé = un chapitre !
Et si vous êtes sage, peut-être qu'un autre arrivera trèèèèès rapidement !
Merci beaucoup pour vos reviews, ça me fout la pression mais tout va bien x)
J'espère avoir répondu à tout le monde, si ce n'est pas le cas, je suis désolée, j'étais un peu débordée ces deux dernières semaines... 5 écrits et 4 oraux en une semaine d'exam... qui se termine par un bon petit martini au soleil !
Guest 1 : Merci :) Oui, je sais, je suis désolée pour la torture, je vais essayer de faire mieux dorénavant.
Guest 2 : Étant donné que c'est une FF SQ, il y a effectivement des chances qu'il se passe des trucs entre elles, mais ne le répétè à personne, ça reste évidemment entre nous...
Guest Niak Niak (qui j'espère a trouvé son mot de passe...) : Tu as hâte qu'ils se passe quelque chose entre elles ? Je ne comprends pas pourquoi tu dis ça... ! Tout vient à point à qui sait attendre. Allez, c'est pour bientôt ! Ou pas... Mouahah, hum * rire sadique, désolée *.
SQ10 : Merci, j'espère que ce chapitre sera à la hauteur des compliments que tu me fais. Merci à toi de les lire x)
Guest 3 : La meilleure fic de ta vie ? Ouahh ! Quand je vois la qualité de certaines, je me dis que soit tu bois beaucoup trop d'alcool dès le matin, soit tu n'as pas lu celles que je préfère, soit ... j'en sais rien mais merci beaucoup, vraiment. Et pareil, j'espère que la suite te plaira aussi.
Merci à Regina2015, Ngie et Dabou pour leurs encouragements.
On se retrouve en bas ?
Enjoy !
Plusieurs jours.
Sans vraiment la voir.
L'évitait-elle ? Non, s'évitaient-elles ?
Emma n'avait pas réitéré son besoin de croiser son regard. Juste pour le sonder. Juste pour le comprendre.
Elle se levait quand même tôt. Attendait que la porte d'entrée claque pour aller soulever une partie de son rideau. Et épier. Et certainement se faire du mal.
Elle la regardait monter dans sa voiture. Puis refermait le rideau. De peur de se faire surprendre. Et empirer ce qui l'étouffait déjà.
Emma descendait ensuite, inhalant le parfum de la brune. Et plus les jours passaient et pire c'était. Le parfum qui rentrait dans ses bronches ne faisait que la brûler.
Le soir, Emma se dépêchait d'aller s'enfermer dans sa chambre, une fois Roland couché, pour éviter de la croiser aussi. Et se persuader qu'en l'évitant, ses sentiments émergents ne feraient que se réfréner…
Elle s'était pourtant promis de ne plus retomber dans des émotions douloureusement vaines.
Et pourtant…
- Emma ? Tu es déjà debout ?
- Oh Mary ! Je ne t'ai pas entendue arriver !
- Décidemment, je vais devenir experte dans l'art et la manière de faire peur ! Insomniaque ?
- Ouais… Je suis pas une grosse dormeuse.
- Cauchemars ? Tu veux en parler ?
- C'est gentil mais non…
Mary attendit quelques secondes puis la regarda, Emma avait son lot de mystères, c'était évident. Et il lui faudrait beaucoup plus que deux petites semaines pour pouvoir parler de confiance. Beaucoup plus que deux, et certainement de trois, ou de quatre aussi.
- Je vais me faire un café, tu en veux un ?
- Ah ça oui ! Je sens que je vais pas trop réussir à émerger sinon !
- Pareil pour moi ! Régina a eu besoin de moi ce matin, il est 6 heures et je suis déjà crevée. Mais elle devrait rentrer tôt aujourd'hui… Elle leva les yeux sur Emma en la sondant, alors dis-moi, que vas-tu faire aujourd'hui ? Lui demanda t'elle en servant les cafés dans les tasses, posées sur l'ilot central.
- Emmener Roland à l'école et après… j'irai certainement me balader avant d'aller les rechercher avec le petit Gabriel.
- J'ai averti Robin et Régina que Gabriel venait ici après l'école. Je préparerai un goûter pour les enfants. Il est adorable, tu verras. Ils sont copains depuis qu'ils ont l'âge de parler ! Et peut-être même avant !
- Alice sera là aussi.
- Alice ?
- Oui, la jeune fille au pair qui s'occupe de Gabriel.
- Ah oui ! La petite brune ? Oh, d'accord ! Dis, J'irai bien faire les magasins cet après-midi pendant ma pause, ça te dirait de venir avec moi ?
- Je suis pas très shopping tu sais… ça doit se voir non ? Gloussa Emma.
Puis le silence. Aucun n'était compliqué avec Mary. Emma s'était rapidement bien entendue avec elle. Toujours la joie de vivre, jamais une grimace, jamais un mot de trop. Elle respectait ses silences. Et elle appréciait.
- Dis-moi, il se passe quoi avec Régina ? Tu la fuis ?
La bouche entrouverte, Emma allait commencer sa phrase mais resta silencieuse. Comme si un barrage venait de se former dans sa gorge, comme si plus rien ne pouvait sortir et que tout l'air inspiré n'avait d'autres conséquences que la stagnation dans son sternum.
Comment est-ce que la conversation avait pu aussi bien se passer et d'un coup ? La faire passer sous une douche froide ?
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Finit-elle par articuler.
- Oh bon sang Emma, je suis là toute la journée, 24h/24h, limite 7 jours sur 7 ! Je vois tout, j'ai des oreilles partout qui traînent et je connais cette famille mieux que personne.
Mary la regardait. Mais rien.
Emma, dont le cerveau était en train de vivre un moment insoutenable, suppliait, aphasique… Mais supplier qui ou quoi au juste ?
- Je ne sais pas ce qui se passe entre vous mais de toutes évidences, vous vous évitez. Tu es là depuis un peu plus de deux semaines et j'ai comme l'impression que tu t'es mis la patronne à dos mais… je n'arrive pas à savoir pourquoi… Vous donnez l'impression de vous connaître depuis des années mais qu'une grosse colère vous a éloignées, c'est vraiment étrange !
Emma resta totalement silencieuse.
Alors Mary tatillonna.
- Tu veux pas m'en dire plus ?
- Il ne se passe rien, Mary. On se parle à peine.
- C'est bien ce qui me fait dire ça. Certes, on peut pas dire que Régina soit une grande bavarde mais vous avez beaucoup en commun et pourtant…
- En commun ? Lui dit Emma en lui coupant la parole.
- Emma, tu es littéralement tombée amoureuse de sa bibliothèque quand tu es arrivée, vous adorez lire, de ce que tu as pu me dire dans nos noooombreuses discussions, tu aimes la poésie, elle aussi. Tu habites Paris et elle a fait ses études là-bas. Et j'en passe ! Je sais que tu écris beaucoup, je fais le ménage dans ta chambre je te rappelle, je vois bien tous les carnets que tu griffonnes… Non ! Je ne les ai pas lus. Lui dit Mary en voyant l'air effaré d'Emma.
Effaré ? Apeuré plutôt.
- Ce n'est rien. Ce sont des… rien d'important.
- Peu importe Emma, ça ne me regarde pas. Vous avez une grande passion commune : les mots. Et jamais je ne vous ai entendu en discuter.
- On peut pas dire qu'elle soit souvent ici non plus.
1 point pour Emma.
- On peut pas dire non plus que tu recherches sa présences non plus.
1 point pour Mary.
Balle au centre.
À quoi ça servirait de toute façon ? Se faire souffler le chaud et le lendemain le froid ? Non merci.
Et toujours ce foutu silence. Celui qu'Emma vénérait quand elle était dans l'incapacité de sortir un seul petit ressenti.
Elle était avant tout une lectrice, amoureuse des belles lettres, obsédée par les mots, leur sens, leur contradiction, leur mise en réalité... L'expression par l'écriture. Elle aimait manier les mots. Certainement pour ne pas avoir à les exprimer.
- Ok, bon, j'insiste pas. Mais je réussirai à savoir. Lui dit mary, mettant un terme à cette conversation d'un clin d'œil.
Laissant une Emma pantoise. C'est vrai après tout, il ne se passait rien.
Rien du tout.
Vraiment ?
Emma était finalement revenue après avoir déposé Roland à l'école. Elle avait erré dans les pièces de la demeure comme une âme en peine. Chaque matin, elle se disait que c'était la bonne chose à faire, qu'elle devait l'éviter. Et quand la journée, il ne restait que le parfum de Régina, flottant dans les airs avec élégance, elle regrettait.
Et si elle devait mettre un mot sur cette émotion : elle aurait nié et persisté dans son entêtement à dire que non, ce n'était pas du manque.
Du manque ?
Mary était partie faire les magasins. Emma profita alors du silence notoire et de l'absence de chaque habitant de cette maison pour aller s'assoir sur un des transats du jardin avec les poèmes de Becquer... Encore et toujours. Elle devait en être à la quarantième lecture. Mais peu importe.
Et plongea dedans. A cœur perdu. Et chaque fois qu'elle en lisait un, elle imaginait la voix de Régina prononcer chaque mot. Chaque accent tonique. Cette voix. Cet Espagnol…
Elle releva la tête quelques minutes plus tard en entendant des pas derrière elle, sortir de la maison.
- Oh bonjour Emma !
- Bonjour Robin, lui répondit-elle. Déjà épuisée d'une palabre qu'elle aurait souhaité voir avortée.
Mais il s'assit sur l'autre transat. Perturbant le fantôme de Régina attitré à celui-ci.
- Mary nous a dit que le petit Gabriel venait cet après-midi, tu veux qu'on enlève la bâche de la piscine ?
- Pourquoi pas.
Simple. Concis.
- Oui, ça pourrait être une bonne idée !
Non, ça n'appelait aucune suite à la discussion. Emma replongea dans son livre.
- Je vais le faire, parce que si on attend que Régina te le propose, t'es pas prête de t'amuser avec les mômes !
- Merci. (*Connard* pensa t'elle surtout).
- Y a pas de quoi. Je m'en occupe ! Après je retourne dans les dépendances continuer un peu les travaux. J'ai de la chance d'avoir des employés pour m'aider, sinon je ne pourrai pas faire tout ce que je fais pour la maison. Elle met pas beaucoup la main à la patte mais elle est bien contente que les travaux avancent.
Emma ne se donna même pas la peine de relever la tête. Mais il continuait sa complainte d'homme asservi par les tâches quotidiennes de bricolage. Elle se souvint d'une citation d'Herbert Georges Wells qui disait : « Nulle n'est beauté pour son mari ». Comment pouvait-on être aussi aveugle ?
Jusqu'à ce tellement dans son monde, Emma n'entendit plus rien.
- Je vais devoir aller chercher Roland. Dit-elle en sortant de sa trance, finalement. Au bout de quelques minutes.
- Oh oui, bien sûr Emma. Je vais m'occuper de la piscine, à tout à l'heure, tu verras, le petit Gabriel est adorable, il est déjà venu plusieurs fois ici.
Emma regardait par la fenêtre. Dans le vide. Epuisée, éreintée.
Sans plus aucune larme.
Son plateau repas, posé sur une petite table à roulette à côté de son lit d'hôpital était encore complet.
Dans sa chambre, on entendait que le calme. Parfois quelques sons de voix provenant du couloir. Elle était arrivée la veille, on l'avait déposée là, sans lui laisser le soin de voir ses parents.
Ce n'était apparemment pas assez, tout ça. Personne n'était venu la voir, personne à part les infirmières qui passaient leur temps à faire des examens, prendre sa tension, panser ses blessures. Les physiques, mais les autres ?
Elle était seule, seule face à cette fenêtre et dont seul le ciel était visible. Une fenêtre avec des barreaux.
La tête dans le vide, ou plus tôt dans les jours précédents. Sa poitrine se levait et redescendait tellement vite…
Elle fut sortie de sa torpeur lorsqu'elle entendit 3 coups frappés à sa porte.
Mais ne répondit rien.
- Laissez-moi, susurra-t-elle.
Et après 3 autres petits coups, la porte s'ouvrit sur une jeune femme brune qui entra et se posta, statique, devant Emma.
- Bonjour mademoiselle Swan. Je suis…
- Je sais qui vous êtes. Coupa Emma dans une agressivité, volontaire ?
- Je sais que ce n'est pas le moment mais…
- Vous voulez me poser des questions. Non, ce n'est pas le moment.
- Écoutez, je voudrais vous aider.
- Alors laissez-moi voir mes parents ! Et dites-moi où est Neal ! Commença à hausser le ton Emma en se levant de son lit.
Mais la douleur des ecchymoses la rattrapa et dans une grimace désagréable, elle tenta de se rallonger. La brune se précipita vers le lit et replaça l'oreiller correctement pour installer plus confortablement le dos de la blonde.
- Il est stable. Il est comme vous, dans cet hôpital. On le soigne. Les médecins s'occupent de lui. Il n'est pas encore hors de danger, mais ils font tout ce qu'ils peuvent.
Emma releva le visage et la regarda, soulagée par ses mots, bien plus soulagée par ce qu'elle venait d'entendre que par la morphine qui commençait à faire effet. Même s'il n'était pas hors de danger. Il n'était pas mort.
Emma sonda son regard, que pouvait-elle faire ?
La brune comprit son besoin de mutisme, elle s'installa dans le fauteuil à côté du lit et la laissa tranquille. Plusieurs minutes. Et encore d'autres minutes. Jusqu'à ce qu'Emma la regarde…
- Merci.
- Pardon ? répondit la brune.
- Merci, pour ce que vous avez fait.
- Je n'ai fait que mon travail.
- Merci de l'avoir fait. Merci d'avoir… lu.
- Vous aviez besoin de calme, d'espace et de silence. C'est normal de leur avoir demandé de sortir.
- Merci.
- De rien. Vous voulez m'en parler ?
- Non.
- Mademoiselle Swan, si vous voulez…
- Emma, je m'appelle Emma.
- Emma… Vous allez malheureusement devoir parler à un moment où un autre.
- Non.
- Non ?
- Non !
- Je peux comprendre…
- Non, vous ne comprenez pas. On me pose comme une vulgaire poupée de porcelaine sur ce lit et on me laisse crever sans explications ni la possibilité de voir mes parents ! On exige que je parle, on exige que je mange, que je boive, que je me rétablisse ! Mais moi ? Hein ? Madame Paige, qui m'écoute ?
- Mademoiselle.
- Excusez-moi ?
- Mademoiselle Paige, Emily. Vous pouvez m'appeler Emily. Et moi. Moi, je m'en préoccupe. Lui dit-elle dans une douceur qu'Emma attrapa au vol.
Prise au dépourvu, elle la regarda intensément. Exprimant toute la gratitude à son égard, tous les doutes et toutes émotions en masse ressenties depuis la veille.
- Nous voulions vous parler avant d'autoriser vos parents à venir vous voir. Mais ils sont autant morts d'inquiétude que vous. Je… je vais aller les chercher.
Emily commença à se lever, puis se diriger vers la porte sous le regard d'Emma. La retenir ou la laisser partir. Il y avait quelque chose dans son regard qui ne ressemblait pas à de la pitié, mais juste de l'envie de l'aider.
- Attendez ! Emily ?
La brune se retourna brusquement et planta son regard dans les yeux verts, dont les cernes et les éraflures avaient enlevé toute trace d'un visage insouciant.
- Merci.
- De rien Emma.
- Vous reviendrez me voir ?
Emily lui sourit faiblement puis acquiesça. Avant de sortir de la chambre.
Et Emma reposa son regard sur le ciel. Bleu. Ensoleillé.
Le soleil avait-il réellement le droit de briller dans des jours pareils ?
Emma rentra dans la demeure avec Alice, Gabriel et Roland.
Mary s'affairait aux fourneaux pour préparer un goûter digne de ce nom.
Les effluves venant de la cuisine laissaient présager du chocolat. Et peut-être même des pommes caramélisées.
Les garçons coururent vers le jardin, déjà excités à l'idée d'un doux après-midi à patauger dans la piscine et jouer entre eux.
La brise était légère. Temps magnifique et inhabituel pour cette période à Vancouver.
Quand Emma et Alice sortirent pour les rejoindre, ils étaient déjà en maillot de bain, préalablement préparés par Mary et déposés sur la table de jardin, non loin des transats.
- On peut y aller Emma ? Demanda Roland.
- Oui bien sûr, allez-y, on vous appellera quand le goûter sera prêt !
- Merciiiii Emmaaaaaa ! Cria Roland, déjà un pied dans l'eau.
Robin avant tenu parole, la piscine était découverte. Emma pu voir enfin à quoi elle ressemblait.
Un côté pataugeoire, largement accessible pour les enfants. Se creusant jusqu'à l'autre bout, bien plus profond.
Les deux jeunes femmes s'installèrent dans les deux transats, surveillant les enfants qui étaient déjà émergés jusqu'aux cuisses. Après leur avoir mis des brassards et leur interdisant de s'éloigner du bord.
Alice était une jeune femme avec du charme, beaucoup de charme et elle le savait. Elle était brune, les cheveux longs, coiffés en chignon dont certaines mèches tombaient sur son visage. La sensualité que dégageait son corps n'avait rien à envier à ses sulfureuses formes et sa poitrine voluptueuse.
- Allez raconte-moi tout ! Commença Alice.
- Tout ?
- Oui tout ! D'où tu viens, ton parcours, combien de temps tu restes, est-ce que tu es bien ici etc ! Dis-moi tout !
- Tout ça ? Répondit-elle en souriant. Eh bien. Je viens de Paris, je suis là 6 mois, plus ou moins.
- T'as fait quoi avant ?
- Une licence en traduction et interprétation.
- Cool ! Quelle langue ?
- Espagnol. Je suis ici pour parfaire mon anglais, ça me donnera des billes en plus pour la traduction. Et toi ?
- Ben moi je savais pas trop quoi faire de ma vie alors je me suis dit qu'un peu de vacances à Vancouver serait pas trop mal. Je viens du sud-ouest de la France. Et je crois que je vais rester encore ici quelques mois ! Ça fait déjà 5 mois que je suis avec Gabriel.
- Il a l'air adorable.
- Oh oui, il l'est ! Et puis ses parents me laissent tranquille, du moment que je parle Français au gamin, le reste les importe peu. Je pars tous les week-end faire la chouille avec des potes que j'ai rencontré ici. Et je me fais plaisir dès que possible, si tu vois ce que je veux dire. Lui dit-elle accentuant ses dires avec un clin d'œil qui était tout, sauf inintéressé.
- Je vais aller voir où Mary en est. Lui répondit-elle, non dupe, pour détourner l'attention.
- Oh je t'en prie, elle sait très bien se débrouiller seule. Ce n'est pas la première fois qu'on vient ici avec Gabriel et à chaque fois, elle nous fait des trucs à tomber par terre. Reste là je vais pas te manger. Enfin, pas encore ! Gloussa-t-elle.
- Qu'est-ce qui te dit que je suis intéressée ?
- Tu aimes les femmes, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Tu as du mater mon décolleté une dizaine de fois depuis que je suis là et tu rougis à mes avances.
- Ça ne veut absolument rien dire.
- On s'en fout Emma, tu viens, on va se baigner ?
- Non, Mary devrait arriver avec le goûter.
- Ok pas de problèmes, on ira après !
Mary apporta le nécessaire pendant qu'Emma et Alice séchèrent les enfants. Ils s'installèrent autour de la table et dévorèrent littéralement les cookies et la tarte tatin qu'elle avait formidablement conçue pour rappeler la nourriture française aux jeunes femmes.
À peine avaient-ils fini de tout manger et Mary de débarrasser, les enfants retournèrent dans la piscine.
- Allez, Emma ! À l'eau ! lui intima Alice.
Emma retourna dans sa chambre pour enfiler un bikini puis redescendit, découvrant Alice déjà dans l'eau, elle aussi dans un bikini. Emma fixa le corps de la brune qui aurait pu faire envier n'importe quelle femme. Elle se stoppa quelques secondes et quand elle posa son regard sur son visage, elle aperçue que la brune faisait de même. Elle la toisait, littéralement. Avec un sourire sanguinaire laissant présager ses intentions.
Emma plongea dans la piscine. Eclaboussant Alice qui souriait.
Alice la regardait et s'approcha d'elle, lentement. Quand Emma refit surface, elle était envahie par Alice qui la regardait intensément.
- T'es vraiment pas mal ! Je sais pas ce qui me retient !
- Peut-être le fait que nous sommes sensées surveiller les enfants ?
- C'est vrai ! Je ne lâcherai pas aussi facilement. Saches-le. Accompagna t'elle d'un énième clin d'œil.
Une bonne heure s'écoula. Les enfants pataugeant, éclaboussant.
Les jeunes femmes parlant, s'amusant.
Mary regardait au loin, bénéficiant de ce moment d'accalmie pour profiter un peu du soleil. Elle regardait la brune tourner autour de la blonde. Qui contournait toujours les avances.
Elles s'amusaient à se porter pour se faire couler, comme deux adolescentes. Emma profitait de ce moment de plénitude tenter de porter son attention sur autre chose que le souvenir du parfum brûlant qui avait pénétré ses entrailles le matin même.
Alice porta Emma sur son dos, de manière à la faire couler par l'arrière.
Mais avant qu'elle n'ait pu la renverser, elles furent interrompues par le claquage de talons, provenant de l'intérieur de la maison et se dirigeant vers le jardin.
L'attention d'Alice était tournée vers les enfants qui s'amusaient. Celle d'Emma vers Régina qui arrivait.
Son cœur s'arrêta de battre, l'espace d'un instant, quand elle arriva dehors, regardant avec effroi ce qu'il se passait. Elles avaient leur regard, intense, violent qui se fixaient. Seules. Dans leur bulle qui se construisait. Comme si plus rien autour n'existait. Comme si tous les bruits d'éclaboussures et de cris d'enfants avaient cessé d'exister.
Emma comprit que Régina la regardait, elle, les jambes enroulées autour d'Alice. Derrière elle, les bras autour de son cou.
Elle lut dans son visage tellement de colère. Tellement de tempête interne qu'elle n'arrivait pas à comprendre. Ou peut-être qu'elle le comprenait, mais qu'elle n'osait le confirmer.
Alors elle testa.
Emma descendit sa main droite du cou d'Alice, pour aller caresser imperceptiblement le bout de tissu du bikini enfermant sa poitrine. Juste pour essayer. Juste pour comprendre.
Alice arrêta de respirer en gémissant faiblement. Stoppant toute activité avec les enfants.
Régina, elle, arqua un sourcil.
La défiant. Toujours dans leur bulle.
Toujours cette bataille. Toujours cette provocation.
L'espace et le temps cessèrent. Pour toutes les deux.
Puis Régina, le visage ne montrant aucune émotion, tourna les talons et entra à nouveau dans la maison. Les talons claquèrent à nouveau. Jusqu'à ce que quelques secondes plus tard, une porte claqua dans une violence inouïe.
Faisant sursauter Mary.
Eclatant la bulle dans laquelle elle était restée seule.
Et cette fois, qui était la perdante de cette bataille ?
Est-ce que vous me détestez ? Ou pas encore assez ?
