Bon, je l'avoue j'ai un peu abandonné ces temps-ci, mais j'ai été pas mal occupée. Même si je sais que ce n'est pas une excuse… donc sans plus attendre voilà un nouveau chapitre rien que pour vous !
Ils étaient partis assez tôt le matin, le jour était déjà levé mais rares étaient les gens dans la rue. Cependant, une fois arrivés dans le trafic, les embouteillages pour sortir de Washington faisaient rage, comme toujours un samedi matin d'été quand il s'agit de partir passer quelques jours en vacances. Une bonne heure et quelques coups de klaxon rageurs suffirent pour sortir de la capitale, l'autoroute vers Philadelphie était chargée mais sans plus.
Plus les kilomètres passèrent, plus la gorge de Brennan se serrait à mesure que son stress augmentait. Le silence de Booth ne l'aidait pas non plus, elle détestait ce silence d'ailleurs. Quelques regards furtifs en la direction du conducteur et quelques changements de position, indiquèrent au dernier qu'une pose s'imposait pour sa partenaire. Il stoppa sa voiture à la station essence et fit le plein avant de s'arrêter devant le restaurant. Ils s'assirent à une table et commandèrent un petit déjeuné. Booth sortit enfin de son mutisme, un soulagement pour la femme qui se tenait devant lui.
« - Je peux savoir ce qu'il se passe, d'habitude tu es plus sage en voiture ?
- Je ne sais pas Booth ! Répondit-elle un peu trop sur la défensive, elle baissa la tête vers le contenu de son assiette.
- Moui… Tu es toujours sûre de vouloir partir, hein ? On peut toujours faire demi tour.
- Non, c'est bon, tu sais tout comme moi, qu'on en a besoin.
- Moui, j'espère juste que tu es prête à vivre quelques heures en compagnie d'autres Booth que moi. Dit-il sûr de l'effet sur le stress de sa partenaire qui s'empressa de fourrer une cuiller pleine de céréales dans la bouche, réaction typique.
- …
- Ne t'inquiète pas, ils savent qui tu es.
- Euh… Qui je suis ? Demanda-t-elle assez démunie face à une telle certitude de la part de Seeley Booth.
- Oui, ils ont lu la biographie assez succincte de ton livre. Dit-il la malice plein les yeux.
- Qu'est-ce que tu leur as dit ?
- Rien de compromettant.
- Je peux savoir ce que cela veut dire ?
- Ma mère a été très curieuse à ton sujet, ils ne s'attendent pas à ce qu'une femme consacre sa vie à étudier des choses aussi morbides que des meurtres et des os.
- Que disent-ils de leur fils qui consacre sa vie à élucider des choses aussi morbides que des meurtres ? Reprit-elle la réplique maladroite de Booth afin de retourner son malaise vers lui.
- Bones… Ce n'est pas la question, je te signale qu'on parlait de toi, je leur ai raconté en quelques lignes ta vie, que tes parents ont disparut et ainsi de suite-
- Ils vont croire que je suis une inadapté social, Booth ! Coupa-t-elle net, levant au passage plusieurs têtes dans le restaurant. Un regard autour de lui, et il se pencha et chuchota à l'oreille de Temperance :
- Ils ne croient rien du tout à ton sujet, pour eux c'est rencontrer la meilleure amie de leur fils. Ils comprennent très bien que ton passé est compliqué et je pense qu'ils n'en parleront pas. Calme toi maintenant. »
Il se rassit et finit son assiette de pancakes en silence. Pourquoi fallait-elle qu'elle se fasse remarquer partout, et être aussi pointilleuse sur se qu'on dit d'elle, Temperance Brennan se fiche éperdument de ce que disent les autres d'habitude.
Bones regarda son partenaire enfourner ses crêpes, elle s'en voulait d'être aussi susceptible à ce sujet. Mais pourquoi ce que pensent les parents de Booth d'elle, la préoccupe vraiment ? Jamais elle n'a voulu plaire aux parents de ses camarades étant jeune, et encore plus lorsqu'elle était dans le système. Rares étaient les parents compréhensifs, on voyait les enfants placés comme les ordures de la société. Est-ce que les parents de son partenaire sont aussi compréhensifs qu'il le disait ?
Le retour dans la voiture se fit aussi silencieusement que lorsque qu'il l'a quittèrent un peu plus tôt. Booth mit le contact et dirigea le véhicule de nouveau vers l'autoroute. Philadelphie était encore à une bonne heure de route, Tempe choisit de dormir, l'échange dans le restaurant avait coupé net son stress, et en fit ressortir une véritable angoisse :
Et si elle ne plaisait pas à ses parents ?
Elle se força à fermer les yeux pour effacer cette question idiote de sa tête, voila maintenant qu'elle pensait comme un être irraisonnable, comme quand elle avait quinze ans. Elle n'aurait jamais pensé qu'une question pareille puisse l'embêter jusqu'alors.
Elle rouvrit les yeux et regarda défiler le paysage.
Le SUV ralentit sa course pour s'arrêter sur une voie de garage, devant une jolie maison de banlieue, en brique rouge avec de grandes fenêtres qui donnaient sur un jardin bien soigné. Booth coupa le contact et laissa tomber ses mains sur ses genoux, tout en tournant son regard vers Brennan comme un signal de départ. La porte principale, sous le porche s'ouvrit pour laisser passer un homme assez âgé mais de bonne posture, le père de Booth sans hésitation. Le sourire charmeur héréditaire éclatait sur le visage basané d'un homme ayant traversé et éprouvé les batailles d'une vie entière. C'était la représentation exacte que se faisait Temperance d'un chevalier ou d'un roi du moyen âge. L'accolade qu'il fit à son fils était pleine de tendresse, il semblait heureux de le voir, comme s'il revenait de la guerre. Ils avaient sûrement entendu parler du coup de feu qu'il avait reçu pour elle lors de cette soirée spéciale.
Derrière, encore sur le perron, une femme de taille moyenne, les cheveux d'un beau gris, regardait la scène malicieusement. Elle avait la même présence que Booth, comme si elle rayonnait : sa mère. Elle s'avança vers son fils et l'embrassa sur les deux joues, pour ensuite s'enfouir dans les bras grands ouverts de son prince.
Brennan avait l'impression de se trouver dans un de ces vieux films épiques, où le couple royal recevait leur prince, partit longtemps aux croisades. Ce fût alors que Booth se tourna vers elle, un bras toujours sur les épaules de sa mère et la désigna d'un geste de la main. Elle était restée là pétrifiée dans son étude sans remarquer, que les trois personnes devant elle attendaient un minimum de réaction. Sortant de sa rêverie, elle fit quelques pas en leur direction et le père de Booth l'encercla de ses bras. Il se présenta, James Booth. Il l'a regarda de haut en bas et un petit sourire en coin, il l'a poussa doucement vers les autres Booth.
Tout comme à son fils, elle fit la bise à Bones et lui souhaita qu'elle fût heureuse qu'enfin leur fils leur présente la fameuse Temperance Brennan.
En un instant, le stress qu'avait barbouillé la jeune femme toute la matinée, s'était envolé pour laisser place à la chaleur habituelle qu'elle éprouvait quand elle n'était qu'avec Booth. Elle se sentait même comme un membre à part entière de cette famille.
Ils finirent par entrer dans la maison, une odeur délicieuse émanait de la cuisine, que Brennan devina à la gauche de l'entrée, cependant ils traversèrent le salon, finement décoré et débordant de photos des différents membres de la famille, en comptant bien sûre Parker. Même une photo d'elle et de Booth, prise au Jeffersonian trônait au dessus de la cheminée.
La mère de Booth, Susan les emmena dans le jardin de derrière où une terrasse avec un barbecue fumant les attendait. James leur proposa quelque chose à boire, pendant que Susan revenait de la cuisine avec un plateau de légumes comme amuses bouche.
Booth fit la grimace en découvrant les bâtonnets de carotte et de concombre accompagnés d'un pot de crème assaisonné aux herbes. Sa mère le rabroua, vantant qu'une cuisine équilibrée le gardera plus longtemps en vie. Il prit un bout de carotte et le plongea dans la sauce avant de le fourrer dans sa bouche pour ensuite ne pas s'arrêter de grignoter les tomates cerise et les autres légumes. Brennan roula les yeux au ciel, en piquant un concombre des mains de Booth qui fit mine d'être outré et bu une gorgée de sa bière.
Ils discutèrent de tout et de rien durant le déjeuné, la mère de Booth, au grand désarroi du dernier, raconta les différentes bêtises de son fils durant son enfance. Brennan leur posa plusieurs questions en échange, toutes à des fins anthropologiques les assura-t-elle, enfin plus à Booth qu'à ses parents amusés de la situation.
Au dessert, le frère aîné de l'agent du FBI arriva avec sa femme, Brianna et leurs trois enfants. Le jardin s'emplis tout d'un coup, des cris des enfants se chamaillant pour savoir qui, l'oncle Seeley prendra sur les épaules. Une fois Booth éloigné, Brianna et Jared s'engagèrent sur un débat du quel des livres de Brennan, ils trouvaient le mieux. Bien sûre, James et Susan participèrent à la discussion, Brennan elle se trouva au milieu ajoutant des précisions notoires. Tous s'arrêtèrent lorsque Booth revint de la partie de foot avec les enfants, Temperance remercia dieu (seulement s'il est possible qu'il existe) que cette dispute familiale finisse enfin, suite à l'arrivé du dernier sujet de discorde entre les participants.
Booth pris une longue gorgée d'eau et remarqua qu'il était le centre d'attention de toute la tablée sauf de sa partenaire à sa gauche qui avait l'air plutôt de s'éprendre à la délicate tâche de plier sa serviette. Il glissa son regard tout autour de la table et interrogea sa mère :
« - Que se passe-t-il ? Je dérange peut être ?
- Non, non, on parlait des livres de Temperance. Répondit Susan sur un ton léger qui ne laissait rien paraître à Brennan.
- Ah ? Et pourquoi, tout d'un coup un débat si passionné s'interrompt à mon arrivé ?
- Rien, Seeley, rien de fâcheux, pas besoin de parler comme ça. On se demandait si le personnage d'Andy était inspiré de toi. Répliqua le frère de Booth. Brennan toussota avant de marmonner :
- Andy est un personnage fictif, vraiment sorti de mon imagination.
- Oui et plus de questions à propos de ça, hein ? Cela ressemblait plus à un ordre qu'une question dans la bouche de Booth.
Un long silence s'empara de la table et chacun semblait réfléchir très fort à un sujet de conversation. Seeley fut le premier à ouvrir la bouche :
- Bon, je pense qu'on va y aller, on a encore pas mal de route…
- Il est tard, vous devriez rester pour la nuit et partir tôt demain matin. Répliqua la mère de Booth. Après tout elle ne voyait pas souvent son fils, encore moins en bonne compagnie. Booth jeta un regard vers sa partenaire qui prit la parole :
- Je pense aussi qu'il serait plus sage d'éviter de conduire la nuit.
- Parfait alors, allez tout le monde débarrasse la table ! »
Le reste de l'après midi se passa sans encombre, relativement dans la bonne humeur d'une réunion de famille. En passant d'histoires à propos de l'enfance de Booth et de son frère, à d'autres anecdotes sur le passé militaire de chacun, ou encore des précisions sur l'anthropologie , tout était réunis pour que Temperance passe un bon moment. Avant le dîner, Jared et le reste de sa petite famille partirent chez eux. La mère de Booth profita de la préparation du repas pour s'isoler avec Brennan dans la cuisine prétextant avoir besoin de son aide.
Susan lui posa plusieurs questions sur sa vie, de ce qu'il l'avait poussée à se diriger vers l'étude des morts et des squelettes. Brennan était tellement détendue, grâce en grande partie à l'aura de bienveillance qui émané de la mère de son partenaire, qu'elle se délivra sur la disparition de ses parents, en partie de la vie dans le système et bien sûr à propos de Booth. Susan, elle parla de sa peur par rapport au métier de son fils, surtout depuis l'épisode de Pam, que c'était pour cela qu'ils n'étaient pas venus au faux enterrement, mais que son fils lui avait raconté ce que Sweet avait fait pour son étude.
Temperance fut surprise que Booth raconte tout à ses parents, avec autant de détails, et surtout que sa mère semblait connaître beaucoup sur elle et non pas seulement ce qu'elle avait laissé transparaître durant leur conversation. Elle avait l'impression même d'avoir en quelque sorte sa mère devant elle, cette présence et ses yeux scrutateurs. Brennan se dit qu'initialement toutes les mères avait cette capacité de symbiose avec leurs enfants, qu'il était possible pour elles de ressentir les états d'âmes de leur progéniture, elle l'avait lu plusieurs études dans un magazine de psychologie dans la salle d'attente de Sweet. Pour une fois qu'elle y croyait.
Le dîner était prêt et ils se mirent à table dehors, profitant du coucher de soleil qui se cachait derrière les autres maisons environnantes. C'était un repas joyeux, enjoué et plein de familiarités. Booth était ravi, il n'avait jamais vu sa partenaire aussi ouverte avec des inconnus, il ne l'avait jamais surtout vu aussi détendue, il avait en mémoire cette photos d'elle adolescente pendant un pique-nique avec sa famille. Le même sourire figurait sur ses lèvres, cette même expression enfantine de confiance.
Il était heureux pour elle, ils arrivaient tout de même à se chamailler de temps à autres pendant le repas, au moment de débarrasser les couverts.
Il avait retrouvé sa confiance, un retour aux sources.
Avant d'aller se coucher, la mère de Booth leur confia les arrangements pour la maison au Vermont et les accompagna jusqu'à la chambre de son fils pour donner du linge pour la nuit. Cependant, elle n'avait pas prévu la dispute de qui dormira sur le canapé en bas, de vrais enfants.
Susan toussota, interrompant la bataille de regards furieux et autres répliques cinglantes, et enfin ils tournèrent leur attention vers elle :
« - Le lit est suffisamment grand pour vous accueillir tout les deux pourtant, quel est le problème ?
- Maman…
- Oui pourquoi Booth, on est suffisamment grands pour dormir dans le même lit, n'est-ce pas ?
- Euh, oui oui Bones, C'est que..hum…
- Ah c'est bon j'ai trouvé, tu as peur que tes parents croient qu'on couche ensemble ou quoi ?
Booth Jeta un soupir embarrassé en cherchant une réaction autre que l'amusement de la part de sa mère, avant de trancher :
- Ok c'est bon, merci maman. A demain. » dit-il en arrachant les draps des mains de sa mère et la poussa vers la porte, qu'il ferma du pied en se retournant.
Ils se préparèrent et se couchèrent chacun de leur coté.
