Title : I'll be the shoulder you can cry on.

Disclaimer : Les personnages utilisés dans cet fanfiction ne m'appartiennent pas ; ils sont tous issus du monde magnifique écrit par la talentueuse J.K. Rowling.

Pairing : Harry x Draco.

POV : Harry et Draco. Je jongle avec les deux, et passe du POV à la troisième personne.

Rating : T. Pour langage grossier.

Note de l'auteur : L'idée m'est venue après avoir à nouveau lu le sixième tome de Harry Potter. J'ai une autre fanfiction actuellement en cours, mais je préfère me consacrer à celle-ci, car elle sera sans doute plus courte. Disons qu'il s'agit d'un premier essai et vos avis me seront très importants. Bonne lecture !


Et on continue (avec du retard, comme d'habitude) ! :D J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira. Mais en attendant, place aux réponses aux reviews !

Serdra : Haha ^^ Oui, effectivement. On comprend que Draco soit plutôt tendu. :] Mais bon, Harry n'est pas des plus calmes non plus :] Comme je te l'ai dit par message privé, les choses vont évoluer ; qui sait comment cette histoire va se terminer ? O: *roulements de tambour*

Sahada : Simple, mais clair ^^ Merci ! J'espère que la suite te plaira !

Miruru-sensei : Eh bien le voilà ! ^^ Et même le quatrième ! :D Enfin arrivée à la moitié de l'histoire !

MayaCC : Mon petit têtard ! Ça me fait plaisir que tu lises cette fanfic ! :D J'espère répondre davantage à tes attentes (après tout, j'ai droit à la critique en direct ; Dieu m'en préserve... :D) et que cette histoire te plaise toujours plus ! :)

Pffouuuu.. Je sais que j'ai mis un temps horriblement long à poster la suite de cette fanfic. Mais plus l'envie. Plus l'envie de m'y consacrer avant un bout de temps. J'ai laissé les choses se faire et revenir à leur rythme. J'espère que vous me pardonnerez. :)

Au passage, j'ai édité deux trois choses dans les chapitres précédents (rien d'important, je vous rassure), mais surtout, j'ai aéré mon texte ! Et pas qu'un peu ! Mais oui, c'est possible :D J'espère que la lecture vous sera plus agréable, désormais :)

Merci de me lire et merci pour vos reviews ! N'hésitez pas à signaler les possibles erreurs ;)


Retour à la sixième année d'études de Harry, lorsque celui-ci soupçonne Draco d'être à la solde de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Rapidement, les faits et gestes du Serpentard deviennent une obsession pour le jeune Gryffondor, à tel point qu'il ne peut s'empêcher de le surveiller grâce à la Carte du Maraudeur. Pourtant, sur la dite carte, pas la moindre trace de Malefoy ; il semble tout simplement disparaître. Après avoir compris que le jeune homme se cachait dans la salle sur demande, Harry tente de trouver un moment pour comprendre ce que trame Draco. L'occasion se présente peu de temps avant le dernier match de Quidditch contre Serdaigle ; Harry repère Draco dans les toilettes des garçons, en compagnie de Mimi Geignarde. Cette scène est bel et bien connue de tous, mais que se serait-il passé si Harry n'avait jamais connu le sortilège de « Sectumsempra » ? Et si une trêve était possible ? Si le Gryffondor se laissait attendrir par les larmes du Serpentard ?


Malefoy entra dans la salle de Potions, encadré de ces deux colonnes de muscles et de bêtise. Il n'adressa pas à un regard à Harry, qui ne pouvait s'empêcher, comme à l'accoutumée, de le surveiller.

Aussi, ce dernier ne remarqua-t-il pas les yeux un peu trop insistants d'Hermione et le haussement d'épaules de Ron, qui avait arrêté d'essayer de le convaincre depuis une semaine, maintenant. Après tout, s'il voulait jouer à la chasse au furet, c'était son problème.

Bon, le rouquin devait admettre que la curiosité le piquait encore au vif, surtout parce que son meilleur ami avait refusé de lui expliquer la raison de son nouveau « passe-temps », mais il savait aussi que ça n'aurait servi à rien de demander de plus amples explications. Aussi, le laissait-il faire, se contentant d'observer, attendant un élément qui aurait pu lui en dire davantage.

« Il faudra bien que tu nous expliques un jour ou l'autre. »

Sauf que Hermione ne semblait pas du même avis que l'autre Préfet en Chef de Gryffondor.

Sa curiosité était telle qu'elle ne parvenait plus à l'endiguer. Certes, elle n'avait jamais apprécié le Serpentard – ce qui semblait être un sentiment réciproque – mais il aurait fallu être idiot pour ne pas remarquer que Malefoy n'était pas dans son état normal. La perte de poids qu'il avait subie ces derniers mois était flagrante, rendant son visage amaigri et ses bras encore plus secs et noueux lorsqu'on pouvait les apercevoir quand il retroussait ses manches. Des cernes marquaient le creux de ses yeux, assombrissant son regard gris qui exprimait l'orage qui paraissait le tourmenter chaque jour un peu plus. Il arrivait même qu'on le voie avec ses cheveux blonds ébouriffés, ce qu'il n'aurait pas toléré d'ordinaire, lui qui prêtait un soin tout particulier à son hygiène capillaire et corporelle.

Elle ne pouvait s'empêcher de vouloir comprendre. C'était plus fort qu'elle.

« Un jour ou l'autre, oui. »

Son ami lui répondit distraitement, toujours absorbé dans l'observation du blond qui s'était assis au premier rang, quelques mètres devant le bureau de Rogue – du moins, assis après avoir échangé sa place avec celle de Crabbe qui était apparemment encore moins éveillé que d'habitude et avait accaparé le siège du prince des Serpentards. Draco le lui avait fait remarquer d'un grognement, de sa voix trainante habituelle et était maintenant concentré sur le tableau pourtant encore noir.

« Non, mais sérieux, Harry.

– Hm ?

– On voit bien, Ron et moi (le jeune homme roux fut soudain absorbé par la lecture de son manuel), qu'il se passe quelque chose entre Malefoy et toi. Enfin... Que tu le surveilles beaucoup ces temps-ci. Et on (elle insista sur ce mot en lançant un bref regard appuyé à Ron qui se cachait toujours derrière les pages qu'il tournait avec un peu trop de soin) pensait que tu aurais pu nous en parler. Ou quelque chose dans le genre. Et donc... Dis, tu m'écoutes ou je parle au mur ?

– Les deux.

– Ça fait toujours plaisir à entendre. »

Agacée, la Gryffondor n'insista plus. Du moins, pas avant que Rogue n'arrive dans la salle de classe et instaure le silence d'un simple coup d'œil, ce qui la dissuada d'ouvrir la bouche pendant tout le reste de la leçon. Le Maître des Potions, satisfait de son petit effet coutumier, darda ses pupilles aussi sombres que ses iris sur les étudiants qui soutenaient difficilement ce regard aigu et amer, puis fit un geste de sa baguette vers le tableau qui se remplit soudain d'informations concernant la préparation d'une nouvelle potion.

« Les ingrédients sont dans l'armoire. Une heure. Vous savez ce qu'il vous reste à faire. »

Cet homme respirait décidément la joie de vivre et la sociabilité.

Harry soupira et remercia d'un mouvement de tête Ron qui venait de lui apporter les ingrédients nécessaires à la préparation.

Il commença à couper distraitement ses racines de mandragore en fines lamelles tout en surveillant du coin de l'œil les faits et gestes de Malefoy qui tenait son couteau d'argent dans une main et des écailles de triton dans l'autre, sans pour autant commencer à les râper.

Avait-il profité de la nuit comme le lui avait demandé le Gryffondor ou n'en avait-il finalement fait qu'à sa tête ?

La deuxième option ne l'aurait pas étonné, connaissant son caractère, mais dans un cas comme dans l'autre, il n'avait pas l'air d'avoir passé une nuit reposante, étant donné son comportement amorphe, voire larvaire. Bientôt, il croisa les bras sur son bureau et posa son front dans le creux de ceux-ci, comme décidé à rattraper les heures de sommeil qui lui manquaient tant.

Harry songea que la nuit à venir risquait de ne pas être de tout repos, Malefoy étant apparemment décidé à inverser ses heures d'éveil et de sommeil, pour avancer dans sa tâche.

Soit. Peu importait la fatigue. Harry serait là.

Un coup de coude manqua de faire riper la lame sur un de ses doigts et il croisa le regard d'Hermione qui désigna Rogue. Celui-ci slalomait entre les bancs, observant le travail des élèves qui l'ignoraient du mieux qu'ils pouvaient en se concentrant sur leur chaudron ou leur extrait de mucus de veracrasse.

Message reçu ; mieux valait ne pas trop se faire remarquer. Surtout quand le vautour était dans les parages.

Le cours se déroula plus ou moins sans encombre, si ce n'est un Neville complètement décontenancé face à son chaudron qui se mit soudain à fondre et un Rogue apparemment bien décidé à le lui rappeler tout au long de l'année et même au-delà de sa scolarité (« C'est à se demander si vous la finirez un jour, Londubat. »).

« AH ! Mais tu sais pas faire attention, imbécile ! »

Tous les élèves se retournèrent vers la voix que chacun ne connaissait que trop bien, alors que Malefoy tenait son index droit au creux de sa main gauche.

« Eh bien, Malefoy ? Un problème ?»

Comme apparu de nulle part, Rogue se retrouva aux côtés du blond. Le Serpentard lui lança un regard méfiant alors que Crabbe s'exclamait :

« Vous voyez bien ! Il saigne ! »

Draco écarquilla les yeux de surprise alors que le directeur de sa maison examinait son doigt. Effectivement, il saignait. Et sans doute un peu trop abondamment pour qu'il s'agisse d'une simple coupure.

Harry plissa des yeux quand Malefoy rétorqua :

« Ouais bah... C'est ta faute, hein ! »

Le prince et le gorille échangèrent un regard agacé alors que Rogue fixait avec insistance l'avant-bras du jeune homme blessé.

Ce qu'il y voyait semblait le mettre dans un état d'inquiétude et d'anxiété extrême et si Harry avait pu parier dessus, il aurait juré que l'homme aux longs cheveux gras avait peur.

Il fronça les sourcils alors que Crabbe grommelait :

« Je l'emmène à l'infirmerie, m'sieur. »

Et il attrapa Malefoy par le bras qui enroulait sa robe de sorcier autour de son doigt en pleine hémorragie.

Rogue ne réagit pas immédiatement et les observa sortir avec un regard vide. Un brouhaha vibrant se manifesta presque immédiatement dans la classe et le Maître des Potions mit quelques secondes avant de faire claquer un « Silence ! » catégorique, auxquel tout le monde obéit.

Pourtant, le vacarme ne s'était pas arrêté dans la tête de Harry, qui se rongeait maintenant un ongle d'angoisse.

Merde.

Il avait réussi.

Draco Malefoy venait de lui filer entre les doigts.

Comment avait-il pu être aussi bête ? C'était pourtant évident qu'il allait user d'un stratagème aussi ridicule. Aussi diaboliquement simple et concluant.

L'infirmerie ? Mon cul ! La Salle sur Demande et cette foutue Armoire à laquelle il n'avait plus touchée depuis des jours, oui ! Merde. Il ne pouvait pas le laisser faire. Pourquoi avait-il était aussi con ?

Il fallait qu'il sorte. Le plus vite possible.

Chaque seconde qui s'écoulait était un pas de plus que Malefoy pouvait effectuer vers son objectif.

Harry détestait être assis à ne rien pouvoir faire. Il en tremblait de frustration et de colère de s'être fait berner comme un gosse. Et Hermione le remarqua.

Les yeux verts croisèrent les yeux noisette et Harry put lire « Non. » sur les lèvres de son amie.

Dans un temps comme celui-là, tout aurait été plus simple si elle avait accepté de l'aider, mais il aurait pris trop de temps à la convaincre. Quand bien même, il n'était pas sûr qu'elle puisse comprendre.

Aussi, plongea-t-il une main au fond de son sac ; il fut content d'y trouver la minuscule boîte qu'il n'ouvrait que lorsque la situation le nécessitait vraiment.

Et ce cas-ci était un cas de force majeure.

Il prit entre ses doigts une pastille carmine et rangea rapidement la boîte à sa place habituelle. Il pouvait sentir le regard lourd de reproches qu'Hermione posait sur lui et celui d'incompréhension de son meilleur ami. Il plaça la pilule sur sa langue et la mordit au moment où un murmure désapprobateur s'éleva à côté de lui.

« Non, mais j'y crois pas. »

Le sang s'écoula à flot de ses deux narines alors que sa camarade lui tendait un mouchoir avec un soupir résigné.

Les nougats Néensang (production Weasley (c)) étaient pour le moins efficaces – voire trop efficaces – et il répugnait à les utiliser car il avait toujours des difficultés à articuler la formule qui lui permettait d'arrêter l'hémorragie sans avaler une bonne dose de son propre sang.

Mais il n'avait pas le choix ; il devait rattraper Malefoy avant qu'il n'ait pu rejoindre la Réserve. C'était indispensable.

« Prof... (il s'étrangla en sentant le liquide épais se coincer dans sa gorge ; ça avait vraiment un goût écœurant) Professeur Rogue ! »

Il vit le directeur de la maison Serpentard se pincer l'arête du nez avec impatience puis ses yeux s'agrandir de surprise face au spectacle désastreux d'un Potter dont le menton dégoulinait de sang, avec un mouchoir presque entièrement imbibé pressé contre son nez. Rogue eut un petit rictus à l'égard du Gryffondor alors qu'il lui désignait la porte d'un mouvement de la tête.

« Hors de ma classe, Potter. Et vingt points en moins pour Gryffondor pour une blague d'aussi mauvais goût et pour avoir tâché mes pupitres. »

. oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo .

« Ça ira, Draco ?

– Pour la vingtième fois, Vincent : oui. Et maintenant, file. »

La voix de Malefoy parvint à ses oreilles alors qu'il essuyait du mieux qu'il pouvait le sang qui avait eu le temps de coaguler à la commissure de ses lèvres. Il eut le temps d'apercevoir deux étudiants se séparer, alors qu'il tournait à l'angle du mur et passa sa cape d'Invisibilité sur ses épaules pour suivre le grand blond qui allait dans la direction opposée à celle du brun trapu.

Il y était arrivé. Il avait rattrapé Malefoy avant que celui-ci n'ait atteint la Réserve.

Les précieuses minutes que venaient de lui faire gagner les fameuses pastilles des jumeaux étaient sans doute les plus importantes depuis... Depuis pas mal de temps.

Tout en s'assurant que l'odeur et le goût ferreux de l'hémoglobine avaient quitté son visage, il continua à suivre le Serpentard qui l'entraina dans les méandres du château, évitant du mieux qu'il pouvait les surveillants ou fantômes, étant donné qu'il était momentanément incapable de se rendre invisible. Harry songea une nouvelle fois que la Cape de son père était vraiment pratique.

Malgré cela, ne pas utiliser les raccourcis lui permettait de redécouvrir le château sous un jour différent. Depuis combien de temps n'avait-il plus emprunté normalement ces couloirs pour passer d'un étage à l'autre ? Et les escaliers ? Il ne se rappelait même plus de la dernière fois où il avait gravi leurs marches – après tout, ils étaient capricieux, et c'était tellement plus simple et court de se rendre d'un lieu à l'autre avec l'aide de la Carte du Maraudeur.

A croire que cette petite promenade allait le rendre nostalgique.

Mais il ne perdait pas sa proie de vue et encore moins lorsque celle-ci, une fois arrivée au rez-de chaussée, redescendit les escaliers pour se diriger vers... Les cachots.

Et plus précisément la salle commune des Serpentards.

Harry fronça les sourcils et hésita un instant avant de suivre la longue silhouette qui s'enfonçait dans les profondeurs de l'école. Peut-être avait-il besoin d'un outil supplémentaire pour procéder à la réparation de l'Armoire ? Ou d'une potion, d'un objet, sort, machin qui pouvait lui être utile ? Il n'allait pas tarder à le savoir.

Rapidement, ils arrivèrent devant l'entrée de la Salle commune et se glissèrent à l'intérieur après que Malefoy ait prononcé le mot de passe (« Écorchures ». Charmant programme.) d'une drôle de voix grave que Harry ne lui connaissait pas.

Le Serpentard poussa un soupir de soulagement alors qu'il pénétrait dans le salon désert et davantage lorsqu'il se laissa tomber dans un des nombreux fauteuils en cuir noir présents autour de la table aux pieds de jade.

Non mais... Qu'est-ce qu'il glandait ?

L'adolescent blond s'étira et croisa les mains derrière sa nuque, ses talons maintenant posés sur le bord en verre de la table.

Il était seul. Complètement seul dans cette salle commune aux mêmes dimensions que celle de Gryffondor.

Alors... C'était tout ce qu'il voulait ?

Juste profiter d'un peu de temps pour lui ?

Non, mais il se foutait de sa gueule ou quoi !

Harry serra les poings alors qu'il sentait une étrange colère et incompréhension monter en lui.

Puis, sans prévenir, il arracha sa cape d'Invisibilité de ses épaules et se précipita sur le Serpentard dont les yeux gris s'ouvrirent tout ronds. Le brun attrapa son ennemi par le col de sa chemise, alors qu'une paire d'iris émeraudes fusillaient ce dernier du regard.

« Qu'est-ce que tu fous, Mal... »

Soudain, un sourire.

Un regard qui se transforme et brise toutes les certitudes.

Harry sentit son énervement se muer en surprise et en frustration irrépressibles.

Lentement, les cheveux du jeune homme qui lui faisait face raccourcirent et devinrent plus foncés, tout comme les yeux qui l'observaient avec attention et amusement. Peu à peu, les vêtements devinrent trop étroits, les fibres gémissant sous la pression brutale qu'elles durent supporter. Des boutons d'acné crevèrent la peau parfaite. L'arête du nez devenait large, disgracieuse. La bouche immense, tordue. Les yeux porcins.

Vincent Crabbe se tenait devant Harry Potter qui ne trouvait pas de mots pour signifier la stupéfaction qui l'avait écrasé.

Draco Malefoy venait, une fois de plus, de lui montrer à quel point un serpent pouvait être plus malin que le lion, même si il était coincé sous ses griffes.

Harry déglutit en relâchant l'imposteur mordu de Polynectar pour reprendre sa course dans l'autre sens, sa course vers le véritable Malefoy qui était sans doute dans la Réserve depuis de longues minutes, maintenant.

Et alors qu'il poussait des jurons tous plus furieux les uns que les autres, il pouvait entendre les rires du sbire du Prince des Serpentards diminuer de plus en plus à cause de la distance qu'il mettait entre eux et de la porte de la salle commune qui se refermait lentement.

. oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo .

Draco retint difficilement un gémissement de soulagement lorsqu'il eut l'Armoire sous les yeux.

Il tomba à genoux alors que son corps mince flottait à présent dans les vêtements de Crabbe.

Le Serpentard eut du mal à respirer et son cœur tambourinait douloureusement dans sa poitrine, presque aussi fort que les poings de Harry qui s'abattaient contre les portes de la Réserve, maintenant closes.

. oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo .

P.O.V. Harry :

Tu m'as baisé, Malefoy.

J'me suis fait avoir comme un putain de débutant.

Comment est-ce que j'ai pu être aussi débile ?

C'était pourtant évident, limpide, clair comme de l'eau de roche que tu préparais quelque chose, que t'allais me filer entre les doigts. A croire que je suis aveugle.

Aveugle ou tout simplement con.

J'aurais du remarquer que ton attitude n'était pas normale, que tu n'étais pas "toi-même".

Je croyais te connaître, Malefoy.

Je le croyais alors que je ne devrais même pas le prétendre.

Mais tant d'années de dédain et de haine viscérale laissent une drôle d'impression, hein ? Ça fait déjà plus de cinq ans. Comment veux-tu que j'oublie tout ça ?

T'es bien trop chiant pour qu'on t'oublie, de toute manière. Une vraie plaie.

Tu me cours sur le système, tu sais ? A tel point que je me demande si accepter ta poignée de main en première année ne m'aurait pas rendu la vie plus facile.

J'en ai ras-le-bol de tes caprices, de tes insultes, de tes coups, tes sorts, tes grimaces, tes sourires, tes doigts, yeux, sourcils, gestes, détours. J'en ai marre. Marre de toi.

Et d'autant plus depuis que j'ai juré de pas te laisser tomber.

Bon sang, mais qu'est-ce qui m'a pris ? Je ne me savais pas aussi masochiste, merde ! Pourquoi est-ce que, pour une fois dans ma vie, je pouvais pas tout simplement la fermer et te foutre la paix !

Merde. Merde merde MERDE !

Et tu vas l'ouvrir cette porte, putain ! Je vais vraiment finir par attirer le concierge en te gueulant après !

J'ai fait la plus grosse connerie de ma vie. Je sais que j'ai promis de t'aider ; je me souviens parfaitement t'avoir assuré qu'il n'arriverait rien, ni à toi, ni à tes parents. Mais comment veux-tu que je fasse quoi que ce soit si tu fuis, si tu fais l'exact opposé de ce qu'il faudrait que tu fasses ?

Si seulement on pouvait parler. Juste une fois. Même en s'envoyant des saloperies à la tronche, j'm'en foutrais pas mal. Mais il faut qu'on parle, Malefoy. C'est pas en te cloîtrant dans cette foutue pièce que les choses avanceront. Il faut que tu luttes, il faut que tu ...

« Ouvre cette porte, bordel ! »

... que tu te battes. Tu crois faire le bon choix en acceptant de faire ce qu'il te demande. Mais tu as tort. Et je sais que tu en es conscient. Poudlard ne pourra pas te protéger indéfiniment, Malefoy. Tu agis de l'intérieur, comme un abcès qui mûrit, mûrit, mais il faut l'éclater avant que cette zone ne se gangrène. Je te croyais plus fier. Plus combattif. Savoir que tu n'as pas le choix me met hors de moi.

Et sans doute davantage parce que tu n'es plus celui que je connaissais. Que je croyais connaître.

Tu n'as qu'à retourner ta veste, Malefoy. Mais tu dois surtout mettre ta fierté de côté et accepter l'aide que Dumbledore peut te fournir.

Tu n'es pas seul.

Et pourquoi je te dis pas ça, en face, hein ? Pourquoi j'ai pas vu tout ça avant ? Pourquoi j'ai attendu pour enfin te tendre cette main que je t'ai refusée la toute première fois ?

Sans doute parce que tu la charcutais dès que tu le pouvais. Tu lui crachais dessus, la brûlais du dessous, la brisais en chaque coin. Tu n'es que rancune, Malefoy ; Serpentard te va si bien.

Ne crois pas que je te pardonne. Quoi que tu dises ou fasses, tu es et restes un connard. Un pauvre petit con né avec une cuillère en argent dans le cul. Avec tellement de fric et de luxe que tu savais pas quoi en faire. Avec une famille de cinglés qui t'ont bien reproduit à leur image. Avec une famille. Une famille.

« MALEFOY ! »

Le pire dans tout ça, c'est que je sais que tu ne me ferais pas perdre mon temps si tu le voulais vraiment. A croire que tout n'est question d'honneur à tes yeux ; ce serait une trop grande honte d'accepter mon aide, d'accepter l'aide de "Harry Potter".

T'es vraiment qu'un pauvre con orgueilleux. Les Malefoy en sont tous. Je me demande encore pourquoi je perds mon temps avec toi et, immédiatement, je sais que la question ne devrait même pas se poser. Ça ne m'amuse pas de te courir après, d'essayer de te raisonner par tous les moyens. D'autant plus que tu fais toujours le contraire de ce que j'espère de toi. C'est bien simple. Je dis "blanc", pour toi c'est "noir". "Oui" pour moi, "non" pour toi. "Non", c'est "oui". "D'accord", "hors de question". "Merde", "fleur". (*)

Ça m'amuse pas, non... mais je n'ai pas le choix. Je suis tout simplement pas capable de te laisser crever la bouche ouverte. Et quoi que tu penses, j'en ai jamais rêvé non plus.

T'es humain, Malefoy, même si tu t'emploies à ne pas l'être. Je vais t'ouvrir les yeux sur ce point et te prouver que c'est vrai.

« Dégage ! »

Foutue chatte. Je suis sûre que Rusard l'a équipée d'un radar à sa naissance. Et, vu son regard, elle me lâchera pas. J'ai plus qu'à partir.

Mais crois pas que ce soit fini, Malefoy. Ce soir, je serai là, comme à chaque fois.

On va discuter.

Tu vas redevenir comme avant.

Et tu vas changer.

Tu n'es plus seul.

Fin du P.O.V.

. oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo . oO°Oo .

Draco hésita longtemps avant de sortir. Il ne savait plus combien de temps il avait passé dans cette salle, à se torturer les méninges pour faire fonctionner cette Armoire, lançant des sorts à tout va, allant même jusqu'à utiliser ses mains pour vérifier les divers mécanismes qui la composaient.

Il stagnait.

Depuis le début, le Serpentard savait que la tâche ne serait pas facile, mais il espérait tout de même avoir une chance de s'en sortir ; à présent, il comptait les jours qui le séparaient de la fin de l'année scolaire, rendant son humeur toujours plus sombre et maussade.

Si seulement cette voix intérieure pouvait le lâcher de temps à autre.

Ce murmure qui lui promettait que tout serait plus facile s'il acceptait l'aide d'un certain Gryffondor.

Qu'il aille se faire foutre. Qu'ils aillent tous se faire foutre. Il n'avait besoin de l'aide de personne, d'autant plus si par "aide", Potter entendait le courser à chaque minute du jour et de la nuit. Il n'avait besoin de personne et encore moins de ça.

Ce type le rendait dingue depuis le début ; à croire qu'il comptait établir un record. Dans la catégorie "Chieurs Nés", les concurrents sont : Dobby, le vieux fou, Rogue et Harry Potter.

Nul besoin de préciser qui serait le champion attitré.

Draco soupira ; son esprit fatigué le poussait dans ses derniers retranchements, l'invitant à penser à des choses toutes plus idiotes les unes que les autres. Ce n'était pas le moment. Vraiment pas.

Avec l'espoir que tout serait bientôt fini, il posa la main sur la poignée et entrouvrit la porte... pour se voir obligé de s'en écarter précipitamment, Potter venant de l'ouvrir brutalement.

Harry était revenu depuis dix minutes à peine, guettant silencieusement le moment où le blond se déciderait à sortir. Il avait surveillé chaque seconde la position de l'adolescent grâce à la Carte du Maraudeur (s'attirant des regards de plus en plus suspicieux d'Hermione) et avait juré silencieusement à chaque nouvelle heure de cours, craignant que Malefoy en profite pour filer. A la fin de la journée, il avait hésité longuement avant de se rendre à la Grande Salle pour reprendre quelques forces (il avait même battu Ron sur la rapidité d'engloutissement du repas, c'était dire) et filer en sens inverse pour surveiller toute tentative de sortie de son ennemi de toujours. Sa patience avait fini par être récompensée.

« Malefoy. »

Le blond soupira pour seule réponse alors que le brun posait sa cape d'Invisibilité sur une épaule. Draco était épuisé ; il avait juste envie de retrouver son lit, mais savait aussi qu'une fois dedans, il serait incapable de fermer l'œil.

« Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il en passant une main lasse dans ses cheveux blonds.

– Tu le sais très bien. »

Harry referma la porte, ne laissant même pas l'occasion au Serpentard de tenter un pas vers l'extérieur. Une lueur d'agacement traversa les yeux gris alors que ceux d'émeraude ne les lâchaient pas un instant. Quelques secondes passèrent, l'un comme l'autre ne sachant trop que dire. Draco savait que le Gryffondor avait pris l'habitude de l'emmerder sans raison précise, n'importe quelle situation faisant l'affaire.

Sauf qu'ils n'étaient pas dans "n'importe quelle situation" et que Malefoy n'avait pas envie d'entendre ce que le balafré avait à lui dire ; il voulait juste qu'il lui foute la paix et le lui fit savoir en tournant les talons. Maintenant que la porte était gardée, il n'avait d'autre choix que faire demi-tour en espérant que ce crétin se lasserait tôt ou tard.

Ce qui ne fut pas le cas, bien évidemment. Pire encore, le parasite s'était de nouveau mis à le suivre. S'il lui refaisait le coup de lui lancer un sort...

« Malefoy, il faut qu'on parle. »

Le blond soupira une nouvelle fois, d'une façon bien plus agacée que résignée cette fois-ci, sans pour autant lui accorder un regard ou se retourner.

Harry se mordit la lèvre en se calant sur le rythme lent du Serpentard qui semblait complètement désintéressé de sa présence – une nouvelle chose qui ne lui ressemblait pas, car, même si c'était pour lui témoigner sa haine journalière, Malefoy ne laissait jamais passer une occasion lorsqu'il le croisait dans les couloirs.

Il ne savait pas par où commencer. Il avait pris le risque de laisser sa baguette dans sa poche et de toute faire pour résister à la tentation de la sortir à la moindre bévue. Mais Malefoy ne lui rendait pas la chose facile ; un maléfice du saucisson aurait été bienvenu. Certes, ce n'aurait pas été très diplomatique (et le regard que lui avait lancé le garçon la dernière fois le dissuadait de recommencer), mais ça aurait facilité les choses pour qu'il se décide à l'écouter.

Encore fallait-il qu'il eut quelque chose à dire. Ou, du moins, qu'il ait les couilles de le lui annoncer en face.

Ce qui était bien plus difficile.

Comment aurait-il pu demander à Malefoy de s'asseoir sur son orgueil si lui-même n'en était même pas capable ? Il soupira à son tour, continuant à suivre le Serpentard qui se dirigeait, comme à son habitude, vers l'objet qui les opposait. Harry n'osait même pas imaginer le merdier dans lequel il se serait trouvé si Malefoy avait décidé de le perdre à travers ce dédale.

C'est donc presque avec soulagement qu'il le vit se figer devant l'Armoire, lui offrant son dos droit et ses cheveux plus décoiffés qu'à l'accoutumée pour seule vision.

Harry hésita un instant avant de faire quelques pas pour réduire la distance qui les séparait et choisit précisément ses mots avant d'ouvrir la bouche.

Ce qu'il n'eut pas l'occasion de faire, car l'autre adolescent le coupa en pleine inspiration :

« Il faut croire que je n'ai pas été assez explicite. Je n'ai pas envie de t'écouter, Potter. Ce que tu as à me dire ne m'intéresse pas. »

Ce ton courtois voilait à peine la menace qui y flottait. C'est ce qui poussa le Gryffondor à se lancer.

« Eh bien, tu vas faire un effort.

– Ça, ça m'étonnerait.

– J'te laisse pas le choix de toute manière.

– Tu le vois pas, Potter, mais je lève les yeux au ciel. Et je suis à deux doigts de planter mes doigts dans mes oreilles et de chanter à tue-tête pour pas t'entendre.

– ... C'est la chose la plus futile et la plus puérile que tu aurais fait. Et je pèse mes mots.

– Tu me laisses effectivement pas le choix. »

Un rictus nerveux se dessina sur les lèvres de Harry qui hésita une nouvelle fois. Il n'aurait sans doute plus droit à une chance comme celle-ci : se trouver seul à seul avec Malefoy sans que ce dernier ne déblatère des insultes ou ne veuille lui jeter un sort avant qu'il n'ait l'occasion d'ouvrir la bouche. Il fallait qu'il trouve les mots justes pour qu'il accepte de l'écouter. Le Survivant se répéta inlassablement que l'avenir de Poudlard et du monde des Sorciers en dépendait, tout comme celui de Malefoy.

Merlin, pourquoi était-ce si difficile ?

« Draco. »

Le blond se retourna en entendant son prénom passer pour la première fois les lèvres de son ennemi désigné. Un frisson désagréable parcourut son échine alors que Saint Potter détournait les yeux sans pour autant lui donner l'occasion de l'interrompre.

Bien. Maintenant qu'il avait son attention...

« Je... Je suis désolé de ce qui t'arrive. Vraiment. Et l'idée de te laisser te démerder m'a plusieurs fois traversée l'esprit, mais... »

Mais ?

« Je peux pas. Pas parce que ce serait trop cruel (il grimaça). Enfin, si... Ce serait beaucoup trop cruel. Même toi, tu ne mérites pas ça. Aussi con sois-tu. »

Le Serpentard ne vacilla même pas sous l'insulte. Il conservait son regard gris sur le visage de Harry qui esquissait lentement un pas en avant. Le Gryffondor était perdu ; les mots coulaient sans qu'il ne le réalise vraiment. Il les avait pourtant tournés et retournés dans sa tête. Le silence pesant de Malefoy était bien pire que ce à quoi il s'était attendu.

« Seulement, je peux rien faire tout seul. Et toi, tu n'y arriveras pas non plus. Il faut que...

– Tais-toi. »

La voix du vert et argent était aussi pâle que sa peau. Elle manquait de conviction et de hargne, ce à quoi il avait toujours habitué Harry. Ce dernier se décida à le regarder en face.

« Tu pourras pas te cacher éternellement. Dumbledore sait tout ce qui se passe entre ces murs, Draco (il avait hésité sur le dernier mot, comme s'il s'était agi d'un mot usé, impossible à prononcer). Ça ne m'étonnerait pas qu'il soit déjà au courant. Pourquoi crois-tu qu'il ait demandé à Rogue de te surveiller ?

– Rogue n'a rien à voir là-dedans ! C'est ma... »

Il s'arrêta de justesse alors que le balafré plissait imperceptiblement les yeux. Draco était passé à deux doigts de commettre une grossière erreur ; ses mains en tremblèrent d'énervement.

« Il n'est pas aussi innocent que tu le prétends. Je suis sûr que tu sais pourquoi il te suit. Que ce soit par ordre de Dumbledore ou de qui que ce soit d'autre, il est... préoccupé. Et je dois avouer que moi aussi.

– Tais-toi !

– Non ! Il faut que tu ouvres les yeux, merde ! Arrête de croire que tu es seul au monde et que ton destin est déjà tout tracé. Il faut que tu luttes ; tu m'as déjà prouvé tant de fois que tu en étais capable. T'es un hargneux. Pire qu'un roquet. Tu vas vraiment laisser Voldemort te reléguer au rang de clebs qui se soumet à tout, la queue entre les jambes ? Tu vaux mieux que ça !

– La ferme, Potter ! Tu sais rien de ce qui se passe ! T'es au courant de rien ! Je t'interdis de me juger !

– Alors, arrête de rester là, les bras croisés !

– C'qui t'emmerde, c'est que je fasse pas ce que, toi, tu veux ! Mais j'agis, Potter ! A ma manière et pour une raison bien précise !

– Ce n'est pas la BONNE raison ! Sérieux, Malefoy ! Tu sais aussi bien que moi que je suis au courant de ce que tu trafiques ! Il faudrait être aveugle pour pas le comprendre !

– Super ! Tu veux une médaille ? railla le Serpentard qui avait de plus en plus de difficultés à garder son calme.

– Non. Simplement que tu me fasses confiance.

– C'est pas près d'arriver. »

Le jeune homme se détourna à nouveau, vissant ses pupilles sur l'Armoire. Ce type allait vraiment réussir à le faire sortir de ses gonds. Dire qu'au début, il ne voulait même pas se faire remarquer. Potter avait tout... allait tout gâcher une nouvelle fois.

Pourtant, le pire dans toute cette histoire, c'était que Draco était à deux doigts de craquer. Les paroles du Gryffondor fissuraient peu à peu ses certitudes (qui n'en étaient pas réellement, à bien y réfléchir) et l'envie de tout lui laisser entre les mains se faisait de plus en plus oppressante. Mais il était hors de question qu'il accepte. Ça avait beau être de la fierté mal placée, jamais il n'accepterait l'aide de... de ce pauvre con et du vieux gâteux qui leur servait de directeur. En y songeant de manière plus critique, il réalisa que ce dernier ne pourrait, de toute manière, jamais rivaliser avec le Seigneur des Ténèbres. Mais, Potter...

« Draco, écoute.

– Mais arrête de m'appeler comme ça, merde ! siffla-t-il.

– Je peux te promettre que tout se passera bien. Je sais que tu as peur, mais...

– ... la ferme...

– ... il faut que tu fasses un choix. Et, crois-moi, la voie dans laquelle tu t'es engagée n'est pas la bonne. Dumbledore peut t'aider.

– La ferme.

– Avec lui, tu peux être sûr qu'il n'arrivera rien à tes parents. Tu as raison, je ne sais rien, ni de toi, ni de ta famille, mais ne fais pas la même erreur que ton père.

– La... ferme...

– Tu n'es pas obligé de suivre ses traces ; tu crois ne pas avoir le choix, mais je t'assure que tu l'as. Tu es... quelqu'un de fort, Malefoy. Je le sais parce que ça fait près de six ans que tu me le prouves. C'est aussi pour cela que Voldemort te voulait dans ses rangs.

– La ferme !

– Il te suffit juste d'accepter mon aide. Notre aide. Tu n'es pas obligé de...

– LA FERME !

– Tu n'es pas seul. Draco, tu...

NON MAIS TU VAS FERMER TA GUEULE ! »

Harry accueillit le coup de poing sans broncher. Il savait que ses paroles le pousseraient à bout et que la main qu'il avait posée sur l'épaule du vert et argent finirait d'attiser sa colère. Mais, si recevoir quelques coups était un risque à prendre pour qu'il accepte de l'écouter, le Gryffondor se dit que ce n'était pas cher payé. Il trébucha un peu en arrière, massant sa mâchoire douloureuse alors que l'autre sorcier avançait à nouveau vers lui, ses yeux semblant s'assombrir à chaque pas.

« Quand est-ce que tu vas enfin apprendre à te mêler de ton cul, Potter ? »

Il ressemblait à un animal sauvage ; furieux et combattif. Même si Harry l'avait déjà souvent poussé à bout, jamais il ne l'avait vu dans une telle rage.

Draco empoigna le col du garçon et le poussa brusquement contre la bibliothèque sur laquelle il s'était déjà retrouvé quelques jours auparavant. Il en profita pour lui envoyer un nouveau coup, dans l'abdomen cette fois, et le brun souffla brusquement sous le choc.

« T'aurais mieux fait de crever avec tes parents il y a seize ans ! Mais nooon ! Il a fallu que tu survives ! Harry Potter, l'enfant prodige ! Harry Potter, le pauvre con qui me pourrit la vie ! »

Il secoua son ennemi de toujours lors des dernières syllabes, cognant en rythme l'arrière de sa tête. Mais, à part ses mains qui essayaient de lui faire lâcher prise, il ne réagissait pas, comme honteux de la situation dans laquelle il se trouvait. Eh bien, il avait voulu qu'il l'écoute, la voilà sa réponse !

« Tu m'emmerdes, Potter ! J'en ai ras-le-bol de tes discours à la noix ! "Et Dumbledore ceci, et Rogue cela !" ; je n'ai besoin de personne ! Quand est-ce que tu vas te mettre ça dans le crâne ? ! »

Putain. Il avait vraiment réussi à lui faire perdre tout contrôle ; sa voix devenait de plus en plus hystérique alors qu'il poursuivait :

« Je suis un Malefoy ! Je suis fort ! Et je n'échouerai pas pour la simple et bonne raison que je n'ai pas le choix et que j'ai décidé d'aller jusqu'au bout ! Tu ne pourras rien faire pour m'en empêcher. Est-ce que c'est clair ? ! »

Potter ne réagit pas. Il resta la tête obligeamment tournée vers le bas, refusant d'affronter le regard de Draco. Celui-ci était essoufflé et son cœur battait à toute allure alors qu'il attendait le foutu "Oui" qui confirmerait qu'ils en avaient terminé. Ses mains tremblaient, mais ne lâchaient pas prise, serrant toujours entre leurs longs doigts fins le col de chemise du Gryffondor qui hésita pendant plusieurs secondes avant de répondre.

« Alors... Tu n'as besoin de personne. »

Bon, apparemment, ça, il l'avait compris. C'était déjà quelque chose de pris.

« Non.

– Et... tu penses pouvoir y arriver seul. »

Draco retint difficilement un soupir. Le binoclard était long à la détente, mais à ce point, ça en devenait presque flippant.

« Exactement. »

Il méprisa ce manque d'assurance qu'il avait soudain dans la voix. Bien sûr qu'il pouvait y arriver ! Il devait y arriver. Ne fut-ce que pour le faire chier...

Finalement, Potter se décida à lever la tête vers lui. Qu'il fasse attention à ce qu'il dise ; Malefoy avait plutôt tendance à perdre patience en ce moment.

« Alors, pourquoi tu pleures ? »

Son ennemi ne l'avait pas frappé, mais ce fut un véritable coup de poing qu'il reçut dans l'estomac. Il relâcha brusquement sa prise alors que les yeux émeraude le fixaient un peu trop intensément ; Draco y lisait des tas de choses, et plus il s'y attardait, moins il appréciait. Compassion, pitié. Il n'avait pas besoin de tout ça ! Il... Il était fort, comme le Balafré l'avait si bien souligné. Il n'avait besoin de personne. Il pouvait agir seul. Il devait... Seul. Il...

« Qu... Qu'est-ce que tu racontes ? (dit-il d'un ton un peu trop aigu, si peu maîtrisé, avant de reculer d'un pas) Je ne pleure p... »

Il passa le tranchant de sa main sur sa joue où une trainée de sueur avait pris place depuis quelques secondes, mais aussitôt l'avait-il effacée qu'une autre prenait sa place. Cela surprit Draco ; lui qui avait un débit de transpiration plutôt faible ne comprit pas pourquoi il suait autant. Il frotta sa main sur l'autre joue. Puis il recommença sur la première.

Encore. Et encore. Et encore.

« Putain ! Qu'est-ce que tu m'as fait, Potter ? »

Ses forces le quittaient petit à petit, alors que sa respiration s'accélérait. Le Serpentard avait l'impression de suffoquer et sentir le regard du Gryffondor sur lui n'arrangeait en rien les choses.

« Malefoy...

Non ! Surtout ne me touche pas ! »

Le jeune homme se tenait la poitrine en déambulant à travers les étagères ; Harry avait l'impression de voir un animal blessé qui luttait vivement, mais inutilement. Il savait que, d'ici quelques instants, le jeune homme ne pourrait plus retenir ce qui le rongeait de l'intérieur. Il le vit trébucher mais conserva néanmoins ses distances ; il ne tenait pas à le brusquer davantage.

Malefoy se redressa et déambula à travers les rayons, fuyant quelque chose d'invisible et d'effrayant. Il erra moins d'une minute, le binoclard sur ses talons avant de se laisser tomber sur un vieux canapé poussiéreux. Sa poitrine était broyée sous la peur et l'incompréhension ; que lui arrivait-il ? Ses doigts serraient sa chemise, comme s'il espérait qu'ils aspirent la douleur qui brûlait sa peau. Il respirait avec moins de difficultés, mais la sueur coulait toujours.

« Malefoy.

– Ta gueule ! »

Harry s'arrêta net alors que le Serpentard passait une paume sur son visage trempé par les larmes. Il niait tout en bloc, refusait ce nouvel instant de faiblesse, bien plus violent que le précédent. Jamais son ennemi désigné ne l'avait vu dans une telle détresse.

Lentement, il fit un pas en avant ; Draco, de son côté, observait sa main humide d'un air mort. Il y eut un silence. Lourd. Étouffant. Le brun ne savait comment s'en dépêtrer. Il n'osait plus bouger, ne savait pas quoi faire ou dire. Les yeux gris rencontrèrent les yeux verts.

« Pourquoi ? »

La question resta en suspens, flottant dans l'air à présent aussi épais que de la jelly anglaise (**). Harry ne sut que répondre.

« J'ai... J'ai jamais... Pas... Pas comme ça... Je... »

Le Serpentard hoqueta de nombreuses fois alors qu'un torrent de larmes se déversait sur ses joues. Un long hurlement finit par jaillir hors de sa bouche. Son corps aminci se recroquevillait sur lui-même, prostré sur ce divan crasseux sur lequel il n'aurait sans doute pas posé un regard dans d'autres circonstances. Il hurla ; sa voix se cassait de plus en plus sous la souffrance qu'il tentait d'éjecter hors de lui et qui fonçait droit, tout droit sur Harry.

Ce dernier ne bougeait pas ; il observait, les bras ballants, l'étrange spectacle qui se déroulait sous ses yeux. Il n'avait jamais vu le Serpentard dans un tel état ; faible, prostré, gueulard, chialant. Harry aurait sans doute du éprouver une joie malsaine face à son ennemi si... pitoyable, mais seule la compassion était présente. La compassion et un étrange mélange de tristesse et de soudaine affection pour cette âme et ce corps fragilisés. Tout ce qu'il voyait, c'était que Draco avait besoin d'aide.

Bientôt, les cris firent place aux plaintes et aux gémissements presque silencieux. Le Prince des Serpentards murmurait des paroles incompréhensibles tandis que le Gryffondor demeurait immobile. Il sentait qu'il ne pouvait rester ainsi indéfiniment, mais aucun des gestes qui lui venaient à l'esprit et qu'il aurait pu faire ne lui semblait convenable. Les seuls contacts qu'il eut jamais échangés avec Malefoy relevaient plus des coups que des « touchers courtois ». Pas même une poignée de main. Une nouvelle fois, il se reprocha de ne pas l'avoir acceptée lorsque le blond la lui avait proposée.

Le Serpentard ne réagissait plus. Harry pouvait voir son dos se soulever au rythme de sa respiration encore saccadée, mais il n'émettait plus aucun son.

Agacé de sa propre absence de réaction, le Gryffondor finit par s'asseoir sur l'autre coussin du divan deux personnes, les mains croisées sur ses genoux. Une pudeur idiote l'empêchait de regarder l'autre adolescent qui sanglotait toujours, bien que moins brutalement qu'auparavant. Il se demanda ce à quoi il pouvait penser en ce moment : sans doute ses parents ; très certainement Voldemort. Ou peut-être avait-il l'esprit trop embrouillé pour cela.

Les yeux verts s'égarèrent difficilement sur la nuque du vert et argent ; les cheveux blonds étaient décoiffés et secs.

Sans trop savoir pourquoi, le brun tendit sa main gauche pour la poser sur une des épaules du corps meurtri. Draco sursauta et le repoussa avant de faire volte-face.

« Ne me touche pas ! »

Ses yeux étaient rouges et épuisés ; pourtant, une lueur dangereuse y régnait. Malefoy semblait au bord de la rupture.

« Malefoy, calme-toi.

– J'ai pas besoin de tes conseils ! »

Il recommençait à crier, avec moins de hargne cependant. L'adolescent semblait... désespéré. Simplement et profondément désespéré.

Les deux sorciers se regardèrent sans ciller et l'un d'eux eut soudain un rire sans joie. Très court. A peine le temps d'un battement de cils.

« Me regarde pas comme ça, Potter ; t'es pas innocent dans l'affaire.

– Je sais. »

Qu'il le reconnaisse aussi facilement fit tiquer le Serpentard. Il balayait en deux mots ce pour quoi Draco le tenait responsable ; après tout, s'il ne lui avait pas collé aux fesses depuis ces longues semaines, l'affaire aurait été emballée et pliée depuis longtemps. Il aurait retrouvé ses parents et...

Ses parents...

Leur simple souvenir suffit à ramener des larmes qui ne tardèrent pas à déborder de ses paupières. Il les essuya distraitement avant d'enchaîner :

« Tu vas décidément pas me foutre la paix, hein ? »

La colère, la peur, le désarroi grondaient en lui comme jamais. Il mourrait d'envie de frapper, griffer, taillader ce visage si horriblement préoccupé ; il souhaitait crever ses yeux faussement compatissants ; arracher ses cheveux bêtement décoiffés. Il abhorrait cette proximité que Potter lui imposait.

« Non.

– Pourquoi cela ne m'étonne-t-il guère ?

– J'ai pas l'intention de te lâcher, Malefoy. Tant que tu n'auras pas reconnu que t'as besoin d'aide ; tant que t'auras pas compris que tu es trop... faible, trop seul pour affronter ça, je te foutrai pas la paix, non. »

Draco voulut rétorquer, mais sa gorge était trop serrée pour cela. Putain, mais pour qui il se prenait, le Balafré ?

« Tu me contredis même pas. T'es pas capable d'y arriver seul, Draco.

– Mais tais-toi ! »

Il abattit un premier poing sur le buste du Gryffondor qui tressaillit à peine sous le coup. Draco le frappa plusieurs fois, toujours plus faiblement. Il ponctuait chaque frappe de divers ''Tais-toi !'' et autres ''La ferme !".

Harry ne savait que faire. Il entendait la voix du Serpentard se tordre sous l'effort et la fatigue alors que de nouvelles perles d'eau salée s'écoulaient de ses yeux de nacre. Le blond cessa rapidement de s'acharner sur le corps du rouge et or ; sa tête s'inclina, épuisée et pleine de peur et de questions alors que ses doigts pâles se pressaient douloureusement sur les épaules de son ennemi d'enfance. Ses bras tendus le maintenaient à distance, ce qui, étrangement, mit Harry mal à l'aise.

Il n'avait jamais été très doué pour rassurer quelqu'un et « consoler » Malefoy était sans doute une des premières choses pour lesquelles il n'avait pas le moindre talent. Lui parler était déjà suffisamment difficile.

Pourtant, il sentait qu'il devait faire quelque chose. Il ne savait pas quoi et encore moins comment, mais il devait agir. Il ne doutait pas qu'il le regretterait sans doute énormément par la suite, mais... Draco avait besoin de quelqu'un. Besoin de mots précis ou de mots troubles, peu importe. Il en avait besoin.

Et peut-être en était-il de même pour Harry.

Maladroitement, il leva ses mains.

Bon, ça, c'était fait. Ensuite ?

Il pouvait peut-être les poser sur son visage ?

Sois pas idiot, Harry, tu veux vraiment qu'il te morde ?

Hm. Lui donner une gifle, peut-être ?

Mais bien sûr, ça va forcément arranger les choses.

Partir en courant, alors ?

Ça aussi, ça va arranger les choses.

Il maudit sa conscience un peu trop fertile et décida de poser ses paumes sur l'endroit le plus accessible ; les épaules de Malefoy. Ce dernier ne réagit pas.

Et maintenant ?

Une petite macarena ?

Un rictus lui échappa ; il avait rarement été aussi nerveux. C'était idiot, il le savait parfaitement, mais il « bloquait ». Quelque chose s'était verrouillé en lui depuis sa rencontre avec le Serpentard ; Draco Malefoy l'avait toujours tenu à distance, creusant l'écart avec les moqueries et les insultes ; le gouffre s'était agrandi de plus en plus et franchir cette distance d'un seul bond était risqué. Risqué... et incroyablement tentant.

D'instinct, il se laissa guider par ses propres gestes : sa prise s'affermit sur les épaules de Malefoy ; il plia lentement les bras pour réduire la distance qui les séparait. Lentement, centimètre par centimètre, il attirait Draco vers lui.

Le front du Serpentard entra en contact avec sa clavicule.

À travers le tissu de son pull, il put sentir le souffle de Malefoy.

Harry retenait le sien.

Il devina une empreinte humide sur sa peau au moment où le vert et argent se mit à nouveau à pleurer.

Ses bras l'enveloppèrent.

Le jeune homme blond ne réagissait pas et l'autre sorcier ne savait s'il devait s'en réjouir ou non. Sa respiration était difficile et sa gorge aride ; il aurait presque préféré que Malefoy lui envoie un nouveau coup pour lui remettre les idées en place.

« Ça va aller. »

Il avait bredouillé d'un ton incertain, pas vraiment convaincu de ces paroles qui se voulaient rassurantes.

« Qu'est-ce que t'en sais ? »

La voix éraillée le fit sursauter, mais pas suffisamment pour qu'il relâche cette étrange étreinte, presque « contre-nature ». Sans trop réfléchir, Harry répondit :

« J'en sais rien, justement. Mais ça va aller.

– T'es con, Potter. »

Le con soupira.

« Je sais... »

La scène incroyable demeura immobile quelques secondes ; Draco pleurait silencieusement sur l'épaule du Survivant qui le tenait maladroitement contre lui sans avoir d'autre solution qu'attendre que cela se termine.

Et une fois cela fait, quelle attitude adopter ?

La moquerie n'était pas de mise. L'agressivité encore moins.

Tout ce que Harry savait, c'était qu'il ne regrettait pas son geste.

Et c'était flippant. Horriblement, délicieusement flippant.

Une odeur de shampooing aux tons sucrés de miel parvint à ses narines, se mélangeant à celle de la poussière.

Il ne bougeait toujours pas.

« Mère... »

Un murmure étouffé s'insinua jusqu'à ses oreilles alors que son buste était de moins en moins sec.

« Je... Je peux pas... J'y arriverai pas. »

Les épaules aiguës se soulevèrent par à-coups alors que de nouveaux sanglots secouaient le corps épuisé.

Harry sentit quelque chose se fissurer en lui.

Et peut-être était-ce sa colère, sa hargne envers ce Serpentard blond qui l'avait poussé à bout depuis leur rencontre.

Peut-être était-ce sa rancune vis-à-vis de ses insultes qui le blessaient toujours plus.

Peut-être était-ce sa jalousie ; sa jalousie de savoir que même lui avait une famille.

Peut-être était-ce sa peur de le tenir ainsi contre lui.

Peut-être était-ce autre chose.

Il n'en savait rien.

Et ne l'apprendrait que des années plus tard.

Ainsi, il ne comprit pas pourquoi il serra Draco plus fort qu'auparavant.

Il ne comprit pas non plus pourquoi cette odeur de miel acide satura l'atmosphère.

Ni pourquoi il sentit soudain sa joue contre la sienne.

Pourquoi il murmura son prénom.

Pourquoi il le fit mourir sur sa bouche humide.

Le contact dura moins d'une seconde.

Ni le Gryffondor, ni le Serpentard ne surent s'ils pouvaient parler d'un baiser.

Harry s'écarta.

Malefoy plongea ses yeux gris dans les deux océans verts.

Le brun n'avait toujours pas desserré son étreinte. Il la raffermit même davantage quand il se pencha une nouvelle fois vers son ennemi, sans trop savoir pourquoi.

Des doigts serrés en un poing implacable le cueillirent au menton ; il s'écroula sur le sol alors que Malefoy s'était redressé de toute sa hauteur, ses pupilles lançant des éclairs alarmants.

« C'est quoi ton problème ? »

Il avait dépassé la limite.

Et pas d'un pied, pas d'un orteil. Il venait de la sauter à pied joints, après une course acharnée, histoire de prendre un maximum d'élan.

Il venait de merder, comme jamais il n'avait merdé auparavant.

« Putain, c'est quoi ton problème ! ? »

Malefoy semblait avoir recouvré toute son énergie, toute sa hargne. Ses mains dures saisirent le col du Gryffondor qui venait tout juste de se relever. Un nouveau coup frappa la bouche qui tenta de se justifier ; un goût âcre et ferreux l'envahit.

« Qui t'as permis ! ? Qu'est-ce que tu veux à la fin ! ? »

Une nouvelle fois, une bibliothèque lui entra violemment dans le dos. Harry en eut le souffle coupé, alors que Draco collait presque son front contre le sien, mais avec une proximité d'une toute autre nature que précédemment.

« Réponds-moi ! »

La voix du Serpentard résonna au fond de sa gorge et passa difficilement la barrière de ses dents serrés. Elle ressemblait au grondement d'un animal sauvage, comme celui du lion représentant la maison de Harry. Ce dernier avait l'impression d'être le serpent coincé entre les griffes puissantes qui le maintenaient immobile.

A nouveau, une lueur folle s'alluma dans le regard gris alors qu'un sourire mauvais assombrissait son visage.

Harry ne savait pas encore à quel point il allait regretter son geste.

Un étrange rire éclata dans la pièce, s'élevant jusqu'au plafond poussiéreux. Malefoy raffermit sa prise, heureux de voir le visage en face du sien grimacer sous la pression. Il fit ensuite pivoter son meilleur ennemi et profita du mouvement et de la vitesse pour le faire basculer sur le canapé qu'ils venaient tout juste de quitter. Un soupir étouffé lui parvint pour seule réaction. Draco se retrouva à nouveau à cheval sur le jeune homme qui ne se débattait pas plus que la dernière fois. Il pouvait cependant lire dans le regard vert une étincelle de méfiance noyée dans la grande part de culpabilité qui le composait.

« Alors, Potter ? »

Harry frémit sous l'appellation ; malgré tous les mots, les injures, les insultes qu'ils avaient échangés, jamais il n'avait entendu autant de mépris concentré dans son simple nom. Il n'osait répondre, encore moins le regarder plus d'une seconde sans ciller ; Harry mourait de honte et d'angoisse.

« Tu croyais franchement que j'avais rien compris à ton petit jeu ?

– Quel petit j...

– Te fous pas de ma gueule ! »

Le Gryffondor se tut, attendant les explications que lui-même ne pouvait fournir ; Draco s'était clairement mépris sur ses intentions. Intentions que le brun ne connaissait même pas.

Une des mains fines relâcha sa poigne ; le jeune homme blond fit remonter lentement le dos de ses doigts le long de la mâchoire de celui qu'il venait de soumettre. Harry frissonna de plus belle, incapable de quoi que ce soit.

« Je suppose que... tu n'avais que ça en tête depuis le début. »

C'est fou comme sa voix pouvait changer d'une phrase à l'autre ; tantôt hurlante et agressive, tantôt douce et posée.

La seconde était de loin la plus effrayante.

Les doigts redescendirent la ligne du visage et agrippèrent le menton sans ménagement.

« Tu veux me baiser, n'est-ce pas, Potter ? »

C'est à ce moment-là que les choses commencèrent sérieusement à déraper.


Oui, fin de chapitre !

Je sais, c'est frustrant. Et sadique. Pour tout vous avouer, le chapitre aurait du largement continuer, mais... Je sentais que ce n'était pas la chose la plus judicieuse à faire. J'ai déjà éprouvé énormément de mal à écrire tout ça. Les rapports entre Harry et Draco sont de plus en plus étranges, à tel point que je ne sais trop comment les décrire. Il me faut du temps et de la patience.

Je vous promets que je ferai de mon mieux. D'ici là, n'hésitez pas à me laisser vos impressions !

A bientôt !

Anya M.


(*) Cette phrase est très inspirée d'un texte audio du talentueux François Pérusse : Le Défaitiste. Courez l'écouter, il est génial !

(**) Mais siii ! Vous savez ce truc tout vert, ou tout rose, solide comme pas possible qu'on trouve notamment au fond des puddings ! Je ne remets pas en question les capacités culinaires de nos amis britanniques, attention...