Titre : L'Ombre d'Elibe
Opus : Post FE7, Pré FE6
Personnages : Wil, mention de Rebecca, Dart, Wolt, Lowen et d'autres (de manière expéditive)
Note : Ce perso manque d'amour, et son ending dans FE7 est à ***** à mon gout, cette destinée ne lui va pas du tout! je me devais corriger cette erreur
Cela faisait plusieurs années qu'il errait sur tout le continent, chassant les bandits qui terrorisaient les villages, aidant les plus démunis, seul, silencieux, et exécutant sa tache avec ardeur et zèle, tout en conservant son secret : son identité.
Et comme toujours il cavalait sur les routes, celles de Sacae, celles de Biran, d'Etruria et d'autres…
Ce jour là, la pluie lui tenait compagnie. Sur son cheval, l'homme, âgé de plus de vingt ans, très proche des vingt-sept ans, il vidait son esprit grâce aux bruits des gouttes d'eau qui perlaient sur son visage creux ou qui se noyaient dans ses cheveux noisette qui lui arrivaient sur ses épaules couvertes par une cape bleue, sa couleur favorite. Mais cette fois là, son esprit semblait fourmiller et ressasser quelque chose qu'il lui tenait à cœur : tout ce qui était arrivé pour en arriver là.
...
C'était il y a des années avant, au début ce n'était qu'un simple archer comme les autres, qui vivait à Pherae. Mais il avait quitté son village natal avec quelqu'un qu'il considérait comme son meilleur ami, « pour gagner de l'argent » qu'il disait. Il ne se souvenait plus de la façon dont ils se sont séparés, chacun prenant une voix différente, enfin… il pensait que son ami avait perdu la vie. Il reprit sa route, seul.
Puis, elle arriva. Elle, cette tornade de Sacae, cette jeune bretteuse. Il l'avait suivie ne sachant pas où aller et sans le sou pour se nourrir. Ce petit voyage en compagnie de cette demoiselle l'avait amené à Caelin, au château de Caelin plus précisément. Et pour la remercier de l'avoir accepté dans son groupe, « La légion de Lyndis » (Il eut un léger rire en repensant à ce nom, c'était lui qui en fut à l'origine après tout), il était resté. Cela a duré une année complète.
Puis ils sont arrivés, Eliwood et Hector, ils étaient venus sauver Caelin. Ils avaient appris que Darin, le marquis perfide de Lahus, avait envahi Caelin. Alors les deux lords l'avaient poursuivi, à la tête d'une petite troupe. Et parmi les individus de cette troupe, il y avait cette jeune fille qui était son amie d'enfance. Et elle était la petite sœur de son meilleur ami. Il semblait heureux de la revoir, mais il n'en fut rien. Elle avait des rancunes envers lui, et elle n'était pas prête à lui pardonner. Il voulait simplement s'excuser d'être parti. Tout simplement. Peu après, ils devaient traverser l'eau, un certain Fargus avait accepté, et sur une Ile, l'île maudite, un de ses hommes, un certain…Dard ? ou Dark ? Ah non ! c'était Dart ! Bref, il s'était joint à eux. Pendant longtemps il avait cru que c'était son ami d'enfance avec qui il avait décidé de gagner de l'argent. Mais ce pirate, assez farouche, ne se souvenait de rien et niait toute amitié.
Quelque chose n'allait pas.
Plus le temps avançait, et plus il sentait qu'une seule et unique chose : il n'avait pas sa place. Certains refusaient son amitié, d'autres s'en fichait royalement de sa poire. Ce jeune garçon qui était si jovial, qui parlait avec n'importe qui et se liait d'amitié avec qui que ce soit, perdit son sourire. Seul un nomade semblait vouloir l'écouter, enfin c'est ce qu'il croyait. Ce nomade, aussi aimable qu'une tombe, lui apprenait l'équitation. Et esquissait quelques moqueries quand le jeune archer chutait. Et ses tentatives d'approche pour se faire pardonner auprès de sa camarade de Pherae échouaient de plus en plus, et souvent de manière violente.
Puis ce fut de trop.
...
Il ne se rappelait pas des circonstances qui l'ont poussé à partir, mais ceci se produisit.
...
C'était une nuit dans le château d'Ositia, tout le monde dormait, sauf lui. Il en avait marre, il en avait sa claque, il n'était pas fait pour une armée. Pendant que la nuit veillait sur le château, il se faufilait dans les couloirs vers la sortie, en toute discrétion, avec un peu d'argent qu'il avait gagné en vendant des choses dont il ne se servait plus (c'était son argent et pas celui de la troupe !). Il jouait au chat et à la souris avec les gardes qui rodaient dans les couloirs. Hors de question de se faire prendre ! Le jeune garçon, à son grand dam, tomba nez à nez avec un des voleurs de la troupe.
-Insomniaque ?
-Non.
-Où allez-vous comme ça ?
-Je m'en vais.
-Ah ?
-J'en ai ma claque. Je n'ai pas ma place au sein de cette armée. Et puis, même si je pars, personne ne le remarquera.
-En êtes-vous certain ?
L'archer avait hoché la tête en signe d'affirmation, ses lèvres tremblaient, et les larmes montaient. Non ! Il ne voulait pas pleurer ! Il ne devait pas montrer sa tristesse et sa frustration. Le voleur semblait avoir compris sa demande et ses sentiments puisqu'il s'écarta.
-Je ne vous retiendrez pas plus longtemps. Si c'est ce que vous désirez, partez.
-Pas un mot aux autres.
-Ce sera notre petit secret, je serais muet comme une tombe. Sur mon honneur je vous cacherai aux yeux des autres.
Ce fut le seul sourire que le gamin de dix-sept ans put adresser au voleur, qui le lui rendit chaleureusement, malgré son sourire narquois et cynique.
Il se mit à regarder son poignet droit, décoré par une cicatrice, cette marque indélébile qui prouvait ce qu'il était devenu à présent, ce qui avait changé sa vie.
La suite des événements fut brutal pour lui, et ce bouleversement marqua le tournant de sa vie.
Il agonisait depuis quelques heures après une escarmouche face à des bandits, et quelqu'un était venu. Cette personne l'avait soigné de ses blessures et était resté à ses côtés. Un visage inconnu, mais qui par la suite, devint une figure presque paternelle.
-Que faites vous dans la vie ?
-Je suis un traqueur.
-Un traqueur ?
-Quelqu'un qui fait régner la paix sur le continent dans l'ombre. Personne ne sait qui je suis réellement
-Pourquoi rester à mes côtés dans ce cas ? Votre devoir n'est pas de protéger la veuve et l'orphelin ? Je ne vaux pas grand-chose. Je ne suis qu'un simple gamin de dix-sept ans qui ne sait juste que tirer à l'arc.
-Non.
-Pourquoi donc alors ?
-J'ai trouvé ce que je cherchais.
L'archer n'avait pas compris le sens de cette phrase alors que son interlocuteur lui souriait.
Et pendant plusieurs jours qui s'étendirent sur trois ans, cet homme, ce vieil individu, un traqueur comme il disait, demeurait à ses côtés. Au bout de ces trois années de vadrouille à deux, le vieil homme rendit son dernier souffle, léguant à l'archer qui le côtoyait tout son savoir. Ce gamin, il ne l'avait pas choisi au hasard, il l'avait choisi pour qu'il reprenne le flambeau des traqueurs, pour que ce jeune garçon, à cet instant âgé de vingt ans, puisse faire perdurer le dogme des hommes qui pendant des siècles se sont battus dans l'ombre, à l'abri des regards, pour conserver la paix sur le continent.
...
Ses chemins le guidèrent vers un village, à Pherae, situé en contrebas d'une colline. L'homme observa les maisons qui le composaient… puis il tourna la tête. Des bandits qui arrivaient au loin, probablement venus pour piller les petites bourgades. Son regard perçant se redirigea vers le village : ses habitants commençaient à s'affoler, ils avaient commencé à se préparer afin de se défendre.
Ni une ni deux, il se précipita vers l'entrée de ce village, ses occupants, où tout du moins ceux qui savaient se battre s'étaient situés là, attendant les bandits. Et parmi eux, il y avait une femme aux cheveux verts coiffées en une tresse, avec à ses côtés son mari, lui aussi avec les cheveux verts, mais bien plus clairs et coiffés en bataille. Un homme de grande taille était avec eux, et un petit garçon, aux cheveux verts pomme se tenait dans les jupes de sa mère.
-Wolt, va te cacher, laisse nous nous charger de ça.
-Mais Maman… Je veux me battre avec vous.
Le cheval sur lequel se tenait l'homme débarqua, surprenant ceux qui devaient se battre pour protéger leurs biens. Son propriétaire regarde les villageois.
-Fermez les portes du village, je m'occupe d'eux.
La femme s'emporta.
-C'est notre village, nous devons le protéger ! nous allons pas nous cacher derrière un inconnu.
Le dernier homme tenta de la calmer, souhaitant raisonner ce qui, aux oreilles du traqueur, semblait être sa petite sœur. L'homme à cheval soupira.
-Vos anciennes blessures ne vous apporteront rien d'avantageux. Laissez-moi faire ! de plus je déteste me répéter.
Le mari de la femme écarquilla les yeux, comment ce type savait cela ? son beau-frère le regarda, puis regarda à nouveau le nouvel arrivant, c'était vrai ça, comment il était au courant de tout cela ?
-Comment tu sais ça toi ? l'interrogea-t-il.
La femme arqua un sourcil, ce type sur son cheval ne lui semblait pas inconnu…
Le traqueur resta silencieux, puis ordonna aux villageois de partir se cacher, avant de bander son arc, puis de tirer une flèche qui partit se loger entre les deux yeux d'un des bandits qui s'étaient rapprochés du village. Les autres, ayant vu cela stoppèrent leur course… ce type à cheval les fixait avec un regard sérieux… puis le cheval galopa vers eux. Les portes du village derrière lui s'étaient refermées. Et sous la pluie battante, un homme seul se battait contre une dizaine de bandits, les tuant un à un avec une certaine facilité.
Le combat dura une vingtaine de minutes.
Quand le dernier bandit tomba, raide, le traqueur regarda les portes du village s'ouvrir à nouveau. Ils avaient compris, mais pour l'heure, il devait repartir. Son destrier hennit avant de repartir au loin, sans se rendre compte que la femme aux cheveux verts accourait vers lui, son frère derrière elle, pour remercier leur sauveur, elle qui d'abord n'était peu convaincue. Elle ne put rattraper le traqueur qui avait disparu. Elle ne le vit plus. Son frère arriva à ses côtés.
-Mais qu'est ce que tu voulais faire ?
-Le remercier, et aussi… savoir qui il était… sa tête… ne m'est pas inconnue.
-A toi aussi ?
Elle hocha en guise de réponse. Mais ce traqueur ne dévoilerait jamais qui il était, même à ceux qu'il connaissait, il n'était qu'une simple ombre.
Son nom était Wil, et il était l'ombre d'Elibe.
En espérant que cela vous a plu ^^
Bisous ^^
