Que le temps passe vite lorsqu'on est heureux. Voilà 3ans que je suis retourné auprès de mon mari et de ses frères. Romane a énormément grandit. Du haut de ses 4ans, il parle couramment le français sa langue natale, le macédonien ma langue natale, l'italien la langue de son père et celle que nous parlons au château, ainsi que le grec et le latin. Il parle très bien pour son âge, tout le monde en est impressionné. Il est doté d'une intelligence remarquable, son père ne cesse de répéter qu'on en fera un brillant chef de guerre, chose que notre fils semble approuver vu le nombre d'heures qu'il passe à jouer avec ses petits soldats.
En parlant de son père, lui qui ne voulait pas de ce fils, il a bien changé d'avis ! Il ne parle plus de Romane qu'en disant « mon fils ». Mon fils si, mon fils là … Il ne tarie pas d'éloge sur le petit. Même si il n'est pas très tendre avec toute autre personne que moi, je sais qu'il est fière de Romane et qu'il l'aime.
Je regarde la pendule du couloir. 12h30. Romane doit déjà m'attendre pour que je dine avec lui. Je pousse la porte de la cuisine spécialement aménagé pour mon fils. Il est déjà installé et Sofia sa gouvernante lui sert son plat. Le visage du petit s'illumine à mon arrivée, il me salue chaleureusement. Je l'embrasse sur le front et m'assois en face de lui.
_ « Comment c'est passé ta matinée, maman ? » me demande-t-il en engloutissant un cuillérée de purée de carotte à l'odeur douteuse.
_ « On ne parle pas la bouche pleine, amore mio. » Répliquai-je gentiment. Il s'excusa et je commençais mon récit. « Bien, je suis allée me promener avec ton père, je me suis changer pour rejoindre la grande salle et me voilà avec toi. Et toi ?
_ Après mon petit déjeuner j'ai pris mon bain et je suis allez jouer dans ma chambre avec Sofia. Dis mama, je peux aller me promener dehors avec toi ? » Demanda-t-il timidement.
_ « Ah non, non, non Romane ! Je t'ai déjà expliqué que nous ne pouvons pas sortir à cause de cette maladie. Je ne sais pas qui t'as mis ça dans la tête mais … » commençais-je avant d'être coupé par Alec qui venait d'entrer dans la pièce.
_ « Dame Athénaïs, Heidi est arrivée, vous allez pouvoir … passez à table. » Annonça-t-il hésitant.
_ « Bien, j'arrive. Romane quand tu auras terminé de manger tu iras jouer dans ta chambre, n'oublie pas que cet après-midi tu dois prendre le thé avec tes tantes et qu'après tu as cours avec oncle Aro. Quant à vous, Sophia, nous allons devoir parler » dis-je plus menaçante.
_ « Pourquoi ce n'est pas oncle Carlisle qui me donne mon cours aujourd'hui ? » me demanda mon fils.
_ « Carlisle est en voyage angelo mio en attendant c'est oncle Aro qui fera ton apprentissage. » Répondis-je avant de sortir de la pièce suivit d'un « salut petit gars » prononcé par Alec à mon fils.
Une fois seul tous les deux Alec prit la parole.
_ « Je me mêle peut être de chose qui ne me regarde pas mais, ne serait-ce pas mieux de dire la vérité à Romane à propos de Carlisle ? » me demanda le jeune vampire.
_ « Je ne peux pas dire à mon enfant, ma raison d'exister, que son parrain qu'il admire et aime tant est parti pour ne plus jamais revenir. Je ne veux briser le cœur de mon fils, jamais je ne veux qu'il soit malheureux. » Lui révélais-je.
_ « Mais Dame Athénaïs, il est grand désormais, il doit savoir, lui qui vit dans le mensonge depuis sa naissance !
_ Assez ! Il suffit Alec ! Je ne veux plus entendre ce genre de choses ! » M'écriais-je.
Même si toutes les paroles d'Alec se révèlent vraies je m'efforce de ne pas y penser. Oui, je n'ai jamais dit à Romane que je ne suis pas sa mère biologique. Oui, je ne lui ai jamais dit que nous étions des vampires. Oui, je ne lui ai jamais dit qu'il avait vécu un an sans son père. Oui, je ne lui ai pas dit que son parrain l'avait abandonné. Oui, je ne lui ai pas dit que je projetais de faire de lui un des nôtres.
Nous arrivons dans la grande salle, Aro, Marcus et mon mari sont installés sur leur trône. Caius m'invite à m'assoir près de lui ce que je fais immédiatement.
_ « Comment va le petit ? Où est-il ? » Me demande-t-il inquiet.
_ « Il va bien. Il est dans sa chambre avec Sophia. D'ailleurs en parlant d'elle, elle lui a encore mis dans la tête de sortir dehors avec nous. Je crois que cette fille veut nous discréditer auprès de Romane. » Me plaignais-je.
_ « Bien évidemment. Je crois que nous avons quelques mots à lui dire. » Répondit mon dieu blond.
_ « Des ennuis avec Sofia ? » demanda Aro. « Je ne voudrais pas que mon neveu soit traumatisé, si il le faut je prendrais les mesures qui s'imposent. »
Je remerciais mon beau-frère mais refusais son aide préférant m'en charger avec mon époux. On frappa trois petits coups à la porte que seuls les vampires purent entendre. C'était le signal d'Heidi. Dans quelques secondes le repas sera servi. « buon appetito cara mia » me lance Caius. Les portes s'ouvrent, les cris s'élèvent, le carnage aussi appelé déjeuné, peut commencer.
Alors que je me jette sur un touriste américain aux allures de star de cinéma. Il se met à crier comme une fillette. Ça m'énerve de l'entendre, je me débrouille pour le faire taire d'un coup de croc. Me délectant de son sang, je sens la force me revenir et mes yeux noirs se teinter de rouge. J'essuie une goutte de sang au coin de mes lèvres ouvertes de plaisir. C'est en rouvrant les yeux que je le vois.
Romane est là. Il se cache derrière une statue. Il est terrifié. Je hurle. De rage, de peur, de honte ? Surement un peu de tout. Je cours vers mon fils, le prend dans mes bras et sort à toute vitesse de la salle tachée de rouge.
La respiration de Romane s'accélère, il n'arrive à dire un mot tant il est choqué. « Maman va tout t'expliquer mon chéri. N'ai pas peur ce n'est rien » lui dis-je tendrement. Alors qu'il se calme ce n'en est pas de même pour moi. Je bous de rage ! Sofia ! C'était sa faute !
C'est à ce moment que Caius nous rejoint. Il caresse les cheveux de notre fils et demande à Alec de le surveiller. Il sait très bien à quoi je pense et il en est de même pour lui.
Nous nous dirigeons ensemble vers la chambre de notre fils où nous trouvons Sofia endormi sur le lit. Caius fou de rage, la prend par le bras et la jette violement par terre. Elle se réveille en sursaut, terrorisée à notre vu.
_ « Tu n'as pas honte misérable ?! Nous t'accueillons, toi, misérable vermine et c'est ainsi que tu nous remercie ?! Romane aurait pu mourir tout cela par ta faute ! » Hurlais-je. La criminelle tenta de s'excuser à maintes reprises, cela m'énerva encore plus et je me mis à l'insulter en macédonien. Caius, lui, restait parfaitement calme ce qui n'augurait rien de bon. Au bout de quelques minutes, il me demanda de sortir et de rejoindre notre fils. Je m'exécutais tandis que l'ancienne nourrice de Romane suppliait mon mari.
Note pour plus tard, prendre une nourrice un peu moins idiote.
