Avant tout, j'aimerais encore remercier toutes les personnes qui ont lu et qui suivent ma fanfiction. Cela me fait vraiment chaud au coeur. Au programme d'aujourd'hui, je dois vous prévenir avant que vous n'attaquiez la lecture de ce nouveau chapitre: Il y aura une scène violente, avec du sang et des descriptions plus ou moins explicites, ça, c'est à vous de décider.

Sur ce, bonne lecture à toutes et à tous!


Pokémon - Jet Black

~ Chapitre III ~

Le jeune homme à la chevelure couleur d'émeraude s'était enfin décidé à descendre sur la terre ferme, tandis que son ami préférait bien sûr l'accompagner tout en restant dans le ciel, formant tout autour de lui un amas de nuages sombres, qui se mirent aussitôt à provoquer une pluie presque torrentielle. Mais cela ne dérangeait pas N. Loin de là. Sous ces glaciales lames liquides, il s'y sentait toujours tranquille. Cela l'aidait presque à mieux réfléchir.

Il repensait à sa douce enfance, enfermée dans un carcan de draps soyeux, de jouets et de pokémons, plongée dans le palais sous la montagne, sous les multitudes de dresseurs qui se risquaient quotidiennement sur la Route Victoire. Un profond soupir s'échappa de sa gorge. Au moins à cette époque, il était … heureux. Oh oui, pendant tout ce temps où ses yeux furent aveuglés par les rayons malicieux de l'illusion et du mensonge que son père avait créé tout autour de lui, il avait été heureux. Heureux dans l'unique but de rester auprès de ses amis et de les libérer à jamais, afin de pouvoir ramener ce qu'il considérait comme l'essence même du monde. L'Harmonie. L'Harmonie telle que celle-ci était gravée au burin de la dalle immaculée qu'était son nom : Harmonia.

Lentement, il entra dans le centre Pokémon où se rassemblait à présent quelques personnes, qui cherchaient à éviter de se faire tremper par les averses qui ne cessaient d'animer la ville de Parsemille -et ces environs d'ailleurs-, la plupart du temps, à n'importe quel jour de l'année. Mais avec son nouvel ami légendaire, l'orage grondant au-dessus de la ville n'allait pas s'arrêter de sitôt, au détriment des pauvres habitants et autres dresseurs qui n'étaient que de passage dans la ville de l'acrobate céleste qu'était Carolina, encore et toujours. Lui aussi n'allait pas rester pour longtemps, seulement pour reprendre des forces le temps d'une nuit et de grappiller le plus d'informations possibles sur tout et n'importe quoi, tout ce qui pouvait tomber dans ses oreilles enclin à la curiosité.

Il voulait repasser sur le chemin qui avait déjà emprunté, deux ans auparavant, lors de sa précédente quête d'Idéal, bien que celle-ci ne fusse pas achevée d'ailleurs, ni disparue dans son cœur qui cherchait des réponses… Soudain, un rire d'enfant le ramena à la réalité, alors que le bambin aux prunelles remplis d'excitation, couinait près de sa mère quelques caprices.

- Môman ! Moi aussi ze veux un Coupenotte ! Ze veux être comme Iris !

N peina à sourire en observant le gamin qui bombait la poitrine sous la force d'une espérance enfantine, d'un souhait qui pouvait se réaliser grâce à la seule parole de sa mère… Lentement, son regard finit par tomber sur l'écran dont la chaîne diffusait des informations en continu : il y reconnut l'objet de tant d'admiration, à la tignasse noire, à la peau basanée et au regard perçant et déterminé : Iris. Ainsi, la petite fille dansant avec les dragons avait atteint le piédestal sur lequel trône les Maîtres de la Ligue… Et, malgré les critiques et autres spéculations quant à son nouveau statut et à l'importance que celui-ci incombait, elle avait su rester forte et courageuse, prête à faire face de pied ferme aux prochains dresseurs parvenant à vaincre le Conseil 4 et à se mesurer à elle.

« Décidément, les temps ont changé ! » se dit le jeune homme avant de se plonger dans une recherche intensive dans les alentours de Parsemille, après avoir attendu un moment dans le centre Pokémon, juste pour manger un morceau et de se sécher un peu avant de se faire tremper de nouveau par la pluie qui continuait de plus belle en sa compagnie. Jusqu'à la tombée de la nuit, il inspecta les environs, en allant même faire sonner le glas au niveau du cimetière Pokémon, tout en sachant se faire aussi discret qu'un Zorua et aussi attentif qu'un Miradar.

Mais ses recherches furent vaines, et, avant qu'il n'eût décidé d'aller se coucher dans un des nombreux lits du centre de Parsemille, il comprit qu'il fallait chercher au plus simple, au plus logique, afin de trouver cette nouvelle Team Plasma, dont le sinistre navire avait mouillé dans le port de Volucité quelque temps auparavant…

ooOoo

Ce fut pour elle d'une simplicité enfantine que d'entrer dans un des nombreux gratte-ciels qui forment le charme étouffant de la Ville Noire. Leurs couleurs et le cœur de ses habitants y étaient aussi significatifs que le nom fièrement porté par la cité enfermée dans ses idéaux paradoxalement matérialistes et ses murs aussi sombres que les nuages impétueux entourant Zekrom.

Le regard de Roxanne se posa sur le bureau gigantesque de sa mère, repensant au temps dont elle disposait avant que la morsure de son Seviper ne fasse plus effet sur le gardien. Elle l'avait prévenu, et donc son pokémon y était allé « en douceur », alors que la jeune femme avait juste coincée une main contre la bouche du pauvre homme pour que personne ne pût entendre le moindre de ses cris. Au préalable, elle avait envoyé son Cryptéro surveiller les alentours, alors que son Pharamp éclairait la pièce d'une lueur assez faible afin de ne pas se faire remarquer, qui jaillissait de l'orbe rouge au bout de sa queue. De toute façon, celui-ci ne sentait pas bien ces temps-ci : elle pensa même le renvoyer à Ogoesse pour quelques temps. Car au fond, elle savait très bien une chose quant à ses partenaires : certains n'allaient pas supporter tout ce qu'elle avait prévu de faire.

Soudain, un de ses Pokémon se mit à émettre quelques cris caractéristiques.

- Alors, que m'as-tu trouvé de beau, Hatchet ? murmura-t-elle au Coupenotte qui tirait des papiers d'une des nombreuses armoires qui parsemaient la pièce.

Elle saisit le dossier et se mit à le feuilleter rapidement, poussant parfois un soupir énervé. Non… rien ici… ni là… Roxanne devait l'admettre : sa mère était toujours aussi minutieuse pour cacher ses affaires…

Qu'est-ce que cela pouvait l'énerver et l'amuser en même temps : Béatrice voulait se cacher derrière ces barrières de paperasses, semblables à de vicieuses énigmes impossibles à résoudre ? Parfait ! Au diable les combats de pokémons et bonjour la vraie lutte, celle des éminences grises, celle des stratèges, les vrais. Les multiples dossiers semblables aux encyclopédies ou aux dictionnaires aux feuilles missels ne l'effrayaient pas, au contraire : éplucher chacun d'eux allait dans tous les cas l'informait sur toute sorte de choses, bien qu'inutile pour certains fussent-elles.

- Tu vas arrêter de rire maintenant, s'pèce de folle ? cracha une voix derrière elle.

Bravo pour l'effet de surprise, grinça l'interpellée en se retournant au bout d'un instant. Vous auriez pu me tuer mais vous avez préféré détruire votre avantage. A votre guise de vouloir vous livrer à moi.

De l'ombre des murs noirs –comme dans chaque bâtiment de la ville- sortirent quelques hommes, accompagnés de leurs pokémons respectifs pour la plupart. Quatre ou cinq à première vue, tous vêtus de vêtements sobres et sombres.

- Tu vas nous faire le plaisir de bien vouloir disparaître de ce monde, lança le premier qui devait être le chef de la bande.

- Des assassins ? J'imagine que vous faites partie de la ligue dont le siège est à Yoneuve… Pas vrai ? Ma mère vous a donc payé pour me tuer ? Comme c'est touchant de sa part que de penser à moi.

Lentement, elle regarda une partie de l'équipe qu'elle avait sortie des pokéballs. Non… dans tous les cas, elle ne pourrait pas lutter longtemps. Bien que ses compagnons fussent plus puissants que les leurs, l'avantage de l'effectif était bien là. Et contre elle. De toute façon, cette fois-là, elle s'était décidée à demander leur aide qu'en dernier recours.

- Tu t'es tombée dans la gueule du Démolosse, gamine. Comme notre cliente l'avait prévu, s'éclaffa un de ses assassins.

- Il faut dire qu'elle nous a facilité la tâche… Bon allez, assez parlé ! Saisissez-vous d'elle !

Bon nombre de minutes alors s'écoulèrent, alors qu'un silence de mort cessait à chaque coup qu'on porta sur la jeune femme, qui ne fit rien pour s'en défendre. Ses Pokémon qu'elle avait sorti de leurs cages rondes restaient dans l'ombre, sans émettre le moindre cri de colère ou de détresse lorsqu'un des assassins défiguraient leur amie une fois de plus.

Tant qu'elle ne donnait pas le signal, ses agresseurs –étant au fait au nombre de quatre- pouvaient se donner à cœur joie dans leur macabre passage à tabac. Ils auraient dû l'achever rapidement, mais l'envie de voir la peau blafarde se violacer lentement grandissait à force que les hématomes apparaissaient avec de minces filets de sang.

- Tu t'obstines à ne rien dire… pesta l'un qui la maintenait debout. Tu aurais dû, ça aurait pu t'épargner la souffrance et te donner une mort douce et rapide.

Un gargouillis sortit du plus profond de sa gorge avant qu'elle rejetât un crachat de sang par terre, un filet de bave mêlée à celui-ci coulant de sa bouche.

- Vous êtes… particulièrement ennuyeux.

Aussitôt sa respiration fut coupée par un coup de poing d'un autre en plein dans son estomac. Elle hoqueta pour tenter de retrouver un peu de souffle, mais il en enchaîna davantage, l'empêchant ainsi de pouvoir s'en remettre promptement.

- Pourquoi ?! Pourquoi es-tu venue ici, alors que tu devais très bien savoir que ta mère surveille tout, qu'elle connaît toutes tes activités, qu'elle te fait suivre ?!

- Je … me devais de transmettre un message, finit Roxanne en souriant, bien que cela ne ressemblât en rien à un vrai sourire d'enfant, mais plus à un rictus cynique et satisfait.

- Ton message sera ton cadavre !

- Tiens, je pensais aux vôtres et à celui du gardien qui va s'apprêter à rentrer… d'ici un moment sûrement.

Une eunième droite fit naître de nouvelles sources de sang de sa bouche, mais cette fois-ci, les mains de son agresseur tremblaient. A la fois de colère mais aussi d'une certaine crainte. Elles n'étaient plus les seules en plus, avec celles de l'homme qui la maintenait depuis ses si longues minutes où elle s'était contentée d'attendre. Oui, seulement d'attendre. Souffrir ? Elle s'en fichait bien avec le temps, elle avait fini par supporter la douleur, à l'accueillir comme on peut le faire avec un rhume.

Soudain la porte s'ouvrit dans un fracas sonore et le fameux gardien fit son entrée, respirant lourdement, maintenant sa matraque avec fermeté, en sueurs. Un Caninos le suivait de très près, grognant furieusement face aux assassins pris au dépourvu, qui s'empressèrent de sortir leurs armes blanches et leurs pokéballs.

- Plus un geste ! Hurla l'homme d'une voix rauque et précipitée.

Le poison de son Seviper avait décidément bien agi pour créer un timing aussi parfait. Et, sans crier gare, Roxanne en profita donc frapper son adversaire, qui la maintenait par derrière, d'un coup de coude dans l'estomac. Celui-ci ne put s'empêcher de crier, alors qu'un autre s'empressa de maîtriser le gardien avant que son pokémon ne tente de le blesser.

- Espèce de sale garce ! Pesta l'assassin qui avait été son bourreau peu de temps auparavant.

Et il ne fallut que quelques secondes pour renverser la situation. Avec une simplicité digne de celle d'un enfant.

- Tu as l'air triste. Mais perdre un homme, ça fait partie des risques de votre « business », pas vrai ?

L'interpellé ne répondit rien, le visage de plus en plus déformé par l'horreur de l'acte qui venait de commettre, alors que la jeune femme lâcha l'homme qui venait tout juste de lui servir de bouclier humain.

Comme prévu, comme le fut le coup de poignard dans la gorge de l'assassin, assez près d'une des artères pour le vider de son sang, assez grave pour lui laisser quelques minutes pour vivre, sans qu'il ne pût bouger. D'un coup sec, sans hésitation, Roxanne ouvrit sa gorge vers sa droite, l'ouvrant ainsi sur une bonne longueur. Et le tueur à gages se contenta de hoqueter, avant de tomber face à la dresseuse, le sang commençant à sortir telle l'eau cristalline et salvatrice d'une fontaine de Jouvence. Respirer commençait déjà à lui être impossible, car il avalait en même temps son propre sang.

- Pathétique n'est-ce pas ? murmura-t-elle au mourant. Le sang est la vie. Mais c'est le sang qui te tue en ce moment.

Quant au gardien, celui-ci réussit à tuer un, sans le vouloir malheureusement, mais le dernier le poignarda à mort, durant quelques secondes qui lui parurent une éternité, tandis que son Démolosse se battait avec furie avec le Caninos à présent éborgné. A bout de souffle, le rescapé avait perdu son sang-froid, qualité requise pour n'importe quelle personne qui veut plus que prétendre mais être un véritable assassin. Chose que le pauvre n'avait pas, en l'occurrence.

- Toutes mes condoléances pour toi et tes compagnons, soupira la jeune femme tout en replaçant le poignard dans les mains de son propriétaire.

- Toi… j'vais te buter !

Aussitôt il voulut se précipiter sur elle pour lui asséner un coup mortel, fonçant comme un Tauros enragé, ce qui rendit les choses beaucoup plus faciles pour Roxanne, qui put esquiver en toute facilité. Naturellement, il avait agi comme elle l'avait supposé, ce qui ne put l'empêcher de sourire : comme l'humain pouvait être parfois d'une impulsivité affligeante chose qui prouvait au passage qu'un Pokémon pouvait être bien plus intelligent que lui.

Lourdement, atterrissant en plein dans le bureau de travail de celle qui l'avait employé, l'homme voulut se relever fébrilement, tremblant de rage qui bloquait sa respiration, le forçant à respirer avec une difficulté bruyante. Mais un choc violent en plein dans sa poitrine suffit à l'immobiliser et à un peu plus couper son souffle.

Avec lenteur, il rouvrit les yeux, apercevant un de ses camarades morts, allongé comme lui, une flaque s'étalant encore autour de lui. Mais rapidement, son regard croisa deux grands yeux rouges, qui s'avéraient être ceux d'un Coupenotte qui grognait furieusement.

Devant lui, la femme, dont les cheveux étaient aussi pourpres que le sang de ses blessures encore fraîches, reprit lentement son Séviper, qui sortit lui aussi de sa cachette, rampant et glissant pour se retrouver sur les épaules de sa maîtresse. Elle ne disait rien, caressant parfois la tête du reptile pour le rassurer, alors que le regard de l'assassin démuni implorait seulement la vie sauve. Elle l'observa l'espace de quelques instants, immobile, avant de soupirer.

- C'est décevant. Mais au moins, vous me donnez la possibilité de transmettre mon message autrement. Vous pouvez être fier.

L'homme déglutit, la poitrine de plus en plus écrasée par le petit dragon, alors qu'elle se mit à ranger certains documents et à déplacer les corps des coéquipiers et du gardien de sorte à les mettre tous soigneusement en ligne, à côté de lui.

- Hatchet, attaque Eclate-Roc.