Me revoilà ENFIN pour la suite d'Avenging Madness !
Oui je sais j'ai énormément de retard sur mon planning, mais après tout nous avons tous une vie et les aléas qu'elle implique. Mais cette fois-ci me revoilà, et je compte tenir mes délais ! (parce que j'en ai besoin, et parce que je sais enfin où je vais avec tout ça)

Nous retrouvons donc Loki et sa folie vengeresse après quelques mois, et j'espère que vous êtes toujours présents pour la lire. Et si c'est le cas, je pense qu'avec ce chapitre, vous ne m'en voudrez pas tant que ça d'avoir été si longtemps absente...

Je n'en dis pas plus et vous laisse profiter de ce qui suit.

Enjoy !


AVENGING MADNESS.
plot twist.

Il y a du sang. Beaucoup de sang.
Il y a des corps. Beaucoup de corps.
Loki est horrifié.

Comme à chaque fois que sa nature première refait surface.

Il la déteste, cette nature première. Elle le dégoûte, le répugne, le révulse.

Elle lui a tout pris, cette nature première. Elle lui a volé tous ses rêves, ses espoirs, ses joies. Elle l'a brisé d'un coup, sans aucune pitié. Et jamais, ô grand jamais, il ne pourra lui échapper.

A moins de...

Loki regarde sa dague. Il traine un regard vide sur la lame maculée d'écarlate.

Et si...

Sa main s'élève, la lame luit.
Comme un éclair aveuglant.
Pourfendeur.

Peut-être que...

La lame s'approche de sa gorge diaphane et élancée, fragile petite chose sous le métal acéré.

Il suffirait de...

La lame est froide contre sa peau. Un frisson lui échappe.

Tu as peur, petit ?

Je n'ai pas peur.

Une légère pression.

Ne mens pas, je sens tes tremblements jusque sous ma peau de glace. Je sais que tu as peur. Peur de toi, peur de moi, peur de nous. Peur de ce qu'ensemble nous pourrions accomplir.

Je n'ai pas peur.

La lame affamée attaque la peau sensible, fine, si fine.
Une perle carmin fait son entrée en scène, à l'improviste.

Arrête de mentir. Tu sais que j'ai horreur de ça. Même si c'est notre nature.

Je ne mens pas. Je n'ai pas peur de toi.

Une seconde bille rougeâtre ose faire surface.

NE ME MENS PAS ! Sale petit menteur, incapable d'être honnête avec lui-même, incapable de se contrôler, de nous contrôler, incapable d'assumer sa véritable nature, car JE SUIS TA VERITABLE NATURE ! Tu n'es rien sans moi, RIEN ! Tu me dois la vie, tu me dois tout. Sans moi, jamais tu n'aurais survécu à l'abandon, jamais tu n'aurais connu tout ce que tu as connu, jamais tu n'aurais ris, pleuré, aimé. Sale vermine... Je suis le seul à avoir VOULU de toi. Je suis le seul à avoir eu PITIE de toi. Sale petite chose faible et immature, tu devrais être reconnaissant, au lieu d'essayer de me faire disparaitre. Tu crois sincèrement qu'une simple lame me tuera ? Ce n'est qu'une piqûre face à ma puissance. Rend-toi à l'évidence. Tu es condamné à moi, à nous. Pour l'éternité.

JE NE MENS PAS !

Et Loki refait surface sur cette terre consumée.

La Haine a disparu. Seule subsiste le sang sur la gorge, le sang sur les vêtements de fortune maintenant souillés, le sang sur les bottes autrefois cirées et maintenant griffées, le sang s'écoulant toujours avec langueur des corps sans vie amoncelés, le sang de ces innocents morts à cause d'un père rongé par la fierté.

Loki a peur de lui-même. Il n'avait jamais ressenti ça avant New-York, cette peur de cette Haine qui grandit chaque jour en lui, qui réside en lui et prend possession de son corps, de son esprit. Il n'avait jamais eu peur de perdre le contrôle, parce qu'avant, il était le contrôle. Il n'avait jamais eu peur de déraper, de faire des choses contre sa volonté. Il n'avait jamais eu peur.

Mais à présent, à chaque goutte de sang versé, c'est un morceau de son âme qui se pervertit, qui se teinte de rancœur puis de rage, de haine et de mépris.

Loki a peur, parce qu'il ne sait pas jusqu'où ce Sentiment pourrait aller. Après tout, l'assassinat gratuit de masse n'avait jamais été dans ces priorités.

Loki range sa dague sagement alors que la voix dans sa tête a disparu. Pour l'instant.

Il retourne à son cheval, le poids de cette violence pesant sur ses épaules de fugitif et alors qu'il met le pied à l'étrier, une voix, réelle cette fois, le stoppe.

« LOKI ! »

Une voix qu'il connaît parfaitement. Qu'il a chéri, aimé, parfois détesté. Une voix qui a grandi en même temps que lui.

« Thor…

-Qu'est-ce qu'il t'arrive ?! Tous ces corps… »

Son regard clair et plein de vie se perd sur les cadavres entassés.

« Mon frère, qu'as-tu fait ?

-Cela ne te regarde pas. Je ne suis plus ton frère.

-Loki, ne dis pas n'importe quoi !

-QUE VEUX-TU ? »

Il hurle, la haine au cœur et la rage au ventre.

« Si tu es venu me faire la morale, ô mon frère aîné, vois-tu j'ai beaucoup mieux à faire…

-Mieux à faire, vraiment ? Loki, il a mis ta tête à prix ! Il faut que tu reviennes, que tu lui fasses entendre raison et surtout, que tu t'excuses…

-Souhaiterais-tu de moi que je m'agenouille devant ce vieillard ? Ce vieux rapace sans cervelle qui ne cherche qu'à détruire sous couvert d'une Splendeur asgardienne, qui tue et fait passer cela pour la gloire du Royaume, ce vil…

-Loki, tu ne t'entends plus parler, par pitié, écoute moi. »

L'aîné tend la main, cherchant le contact, cherchant à le faire revenir sur terre.

Ce frère qu'il a autrefois tant chéri, protégé contre tout et tous et qu'aujourd'hui encore il se doit de défendre avec loyauté, ce frère frappé par le mauvais sort dès le berceau, ce frère à la naissance maudite pour qui il aurait tout donné. Il veut le sauver. Rétablir l'ordre entre Odin et lui.

Mais Odin est prétentieux et Loki arrogant.

Et alors que la main de Thor frôle l'épaule tuméfiée de Loki avec espoir, tout bascule.

Thor est là, ses yeux d'enfant grands ouverts, le bleu de ses iris fanant avec douceur. Sa bouche est ouverte, figée sur une grimace de surprise et d'incompréhension.

Ces yeux mornes glissent avec lenteur vers la lame à présent enfoncée jusqu'à la garde dans son abdomen et c'est quand la douleur le frappe en plein cœur qu'il réalise ce qu'est devenu Loki.

A travers ces pupilles emplies de rage, voilées par ces mèches de jais, il comprend que son frère n'est plus, que son frère a été rongé par l'amertume d'une enfance faites de mensonges et de manipulation et qu'elle a fait de lui un monstre.

Un monstre aux yeux noirs et à l'expression sauvage.

La lame carnivore s'extirpe en un sifflement de contentement et Thor s'effondre au sol, suffoquant, étouffé par son propre sang. Il halète, il geint, soupire comme un mort, cherche à se raccrocher à la terre écarlate pour ne pas disparaître.

Loki le regarde.

Loki rit.

« Qui aurait cru qu'un Dieu pouvait mourir d'une façon aussi pathétique ? »

Loki rit encore. Et ce rire sonne comme mille lames plantées dans le cœur de l'aîné.

« Finalement, tu ne vaux pas mieux que le plus simple des mortels. »

Il se penche sur sa victime, sur son frère, empoigne ses mèches autrefois si blondes et à présent si ternes et il le regarde dans les yeux, l'expression déformé par un horrible rictus de jubilation.

« Ne t'en fais pas, bientôt Odin te rejoindra. Et vous ne pourrez plus jamais vous moquer de moi. Après tant d'années à vous payer ma tête, vous me devez bien ça. »

Thor le regarde une dernière fois, les mains de son frère se plaçant de chaque côté de sa nuque. Et comme sa prise se resserre, il murmure son nom entre les flots d'hémoglobine qui inondent sa bouche.

« Vous devez payer. »

Et en un craquement d'os, comme une dernière caresse, Thor n'est plus.

o0o

Il y a du sang. Beaucoup de sang.

Loki est horrifié.

Comme à chaque fois que sa nature première refait surface.

Il la déteste, cette nature première. Elle le dégoûte, le répugne, le révulse.

Elle lui a tout pris, cette nature première. Elle lui a volé tous ses rêves, ses espoirs, ses joies. Elle l'a brisé d'un coup, sans aucune pitié. Et jamais, ô grand jamais, il ne pourra lui échapper.

Il serre son frère contre lui, le cœur détruit par sa propre œuvre. La froideur du cadavre se répand en lui, prend possession de ses membres, de son cœur, de son âme.

Loki a froid. Loki a mal. Loki pleure.

Et alors qu'au fond de lui un rire grave retentit, il hurle.


Alors, heureux ?

N'hésitez surtout pas à commenter et à vous insurger ! Du moment que cela reste cordial et constructif, bien entendu.

Merci à vous, et à très très très très vite.

MONTPARNOS.