Disclaimer : les personnages sont de JK Rowling, l'histoire de Hayseed. Merci de voyager sur une traduction benebu.
Les héros fatigués ne servent à rien.
La première pensée d'Hermione quand elle se réveilla fut qu'elle se sentait bien au chaud. La seconde, c'est que curieusement elle n'avait mal nulle part. « Est-ce que je suis morte ? » demanda t'elle calmement, sans ouvrir les yeux.
« Ah, Miss Granger, » répondit une voix. « Vous êtes éveillée. Je peux vous assurer, mon enfant, que vous êtes toujours au royaume des vivants. »
Hermione ouvrit les yeux à ces mots. Albus Dumbledore la fixait d'un regard grave. « Qu'est-ce qui s'est passé ? » interrogea t'elle. « Je me souviens du Portoloin, puis on était par terre et… »
« Le Professeur Chourave vous a trouvés tous les trois, » lui expliqua Dumbledore. « Dans la Grande Salle. Un instant plus tard et vous seriez morte, sans aucun doute. Bien entendu, elle a immédiatement fait appeler Madame Pomfresh, et à elles deux, elles vous ont sauvé la vie. »
« Harry ? » s'inquiéta Hermione. « Le Professeur Snape ? »
« En vie, tous les deux, » répondit Dumbledore avec un faible sourire. « Mais ni l'un ni l'autre ne sont encore réveillés. Miss Granger, j'ai bien peur d'avoir de nombreuses questions à vous poser. »
Elle se redressa un peu et écarta ses cheveux de ses yeux. Les yeux baissés, Hermione se demanda ce que le Directeur pouvait s'imaginer. « Oui, » dit-elle sans s'engager. « J'imagine que c'est le cas. »
« Imaginez ma surprise, » commença t'il, « en étant rappelé du Manoir Jedusor, qui avait l'air complètement désert, pour m'entendre dire que l'enfant que j'étais allé chercher était revenu, assez amoché, avec deux individus qui avaient été consignés à l'infirmerie pour la nuit, d'après ce que me dit Poppy. »
Hermione toussota. « Le Professeur Snape s'est souvenu d'un autre endroit où Harry avait pu être emmené. Mais ne le blâmez pas, Monsieur, c'est moi qui ai insisté pour qu'il m'emmène avec lui. Il voulait y aller seul ! » dit-elle d'un seul souffle.
« Et à aucun moment il ne vous est venu à l'esprit, Miss Granger, de prévenir un autre Professeur ? » demanda gentiment Dumbledore.
« Nous n'avions pas le temps, » répondit Hermione, se retenant de crier. « Et quand nous sommes arrivés, Voldemort était en train de torturer Harry si cruellement ! Il fallait que nous fassions quelque chose. »
Les traits de Dumbledore se durcirent un peu plus. « Mais qu'est-ce que vous avez fait, Miss Granger ? »
Elle haussa les épaules. « J'ai fait diversion pendant que le Professeur Snape franchissait les barrières magiques sous un Sortilège de Dissimulation, et nous avons ramené Harry, Monsieur. »
« Miss Granger, on a retrouvé sur vous un couteau. J'aimerais que vous m'expliquiez sa présence. Et le Professeur Snape a été touché par un Sortilège de Brûlure si puissant qu'il a failli en mourir. »
Hermione soupira. « Eh bien, il fallait bien que je laisse les Mangemorts m'attraper, n'est-ce pas ? Je veux dire, si je voulais les empêcher de remarquer le Professeur Snape. Et Voldemort m'a confiée à Lestrange, alors j'ai… »
Son explication brouillonne fut interrompue par un grognement bruyant qui venait du lit voisin du sien. « Ouille, » dit quelqu'un.
« Ah, Severus, » se réjouit Dumbledore, en se désintéressant d'Hermione. « Ça fait plaisir de te voir éveillé. »
« J'ai l'impression d'avoir été rôti comme un poulet, » marmonna Snape.
« C'est un peu ce qui t'est arrivé, mon garçon, » répliqua Dumbledore. « Tu as été frappé par un sort puissant. »
« Saleté d'Avery, » dit Snape d'une voix rauque. « J'aurais voulu que Potter fasse plus que de simplement pétrifier ce salaud. »
« Potter ? » demanda Dumbledore en levant les sourcils. « C'est vraiment une histoire compliquée. »
« Comment va Potter ? » demanda Snape sur un ton qu'on aurait qualifié d'indifférent s'il n'avait pas été si faible. « Je n'aimerais pas apprendre qu'on s'est donné tout ce mal… »
« L'état de Monsieur Potter est stable, » l'informa Dumbledore. « Mais il ne s'est pas encore réveillé. Ce n'est pas surprenant – il a été sévèrement touché. Même si Poppy me dit que son cas a été le moins curieux. Le Doloris, principalement. Il lui a fallu un moment pour comprendre ce dont tu souffrais, Severus. Et elle n'a toujours pas compris ce qui était arrivé à Miss Granger. »
« Je dirais qu'ils ont préféré des méthodes de torture moldues, » expliqua Hermione depuis son lit. « Ils n'ont pas utilisé de sorts. Juste de bons vieux coups. Et un poignard. Et… Ils en seraient venus à autre chose. Je suis contente d'avoir réussi à donner un coup de pied en pleine figure à ce salaud. J'espère que ça lui a cassé le nez. Et je sais que Lestrange est tombé dans les pommes quand il s'est cogné contre le mur. Je n'aurais jamais pu lui prendre son couteau autrement. »
« Alors c'est ça que vous faisiez, » enchaîna Snape. « Je me demandais ce que vous aviez à la main quand vous êtes arrivée dans la pièce en hurlant comme une banshee. »
Hermione haussa les épaules. « J'espérais que Voldemort soit encore suffisamment humain pour être blessé par des moyens physiques. Ça a marché, apparemment. »
Les sourcils de Dumbledore étaient presque sortis de son front. « Est-ce que vous êtes en train de me dire, Miss Granger, que vous avez attaqué Voldemort avec un couteau ? »
« Mon moment préféré, ça a été quand elle lui a dit d'aller se faire voir, » ironisa Severus en retrouvant un peu de son mordant habituel. « Et je veux bien admettre que le moment où elle est arrivée dans la pièce, à moitié nue et dégoulinante de sang, pour se jeter sur lui, était particulièrement saisissant. »
« Severus, Miss Granger, » soupira Dumbledore, « cette histoire serait beaucoup plus facile à suivre si vous me la racontiez de façon linéaire. »
Hermione se retint de rire en entendant le Professeur Snape marmonner quelque chose qui ressemblait à « Maintenant vous comprenez ce qu'on peut ressentir… »
« Je crois, Miss Granger, que vous me faisiez part d'une diversion quelconque avant que Severus ne décide de nous accorder la grâce de joindre sa plaisante personne à la conversation. » Dumbledore la regardait avec attention.
Hermione s'éclaircit la gorge. « J'ai simplement fait beaucoup de bruit devant la maison. Nous avions seulement besoin qu'ils ouvrent la porte pour que le Professeur Snape puisse se glisser à l'intérieur. »
« Mon Sortilège de Dissimulation m'a permis d'entrer et de trouver la pièce où Vous-Savez-Qui retenait Potter, » dit Snape, reprenant le fil. « Mon intention était de me saisir de Potter et de Transplaner avec lui. »
« Et moi, il me suffisait de Transplaner au loin de mon côté, une fois sûre que le Professeur Snape était entré, » reprit Hermione. « Mais il y avait trop de Mangemorts. Ils sont sortis à quatre. Ils m'ont attrapée, ligotée, ils ont brisé ma baguette et m'ont amenée à Voldemort pour qu'il décide ce qu'il voulait faire de moi. Nous avons eu une petite discussion. Je l'ai insulté, il m'a jeté des sorts. »
« Et n'oubliez pas votre nouveau surnom, petite lionne de Gryffondor, » intervint Snape, avec sérieux.
Hermione frissonna. « Je vous en prie, ne m'appelez plus jamais comme ça, Professeur. Quoi qu'il en soit, Monsieur le Directeur, Voldemort m'a confiée à Lestrange pour qu'il puisse 's'amuser', comme il l'a dit lui même, pour pouvoir retourner son attention à Harry. »
« J'étais dans l'ombre, toujours dissimulé par mon Sortilège, attendant le moment opportun pour pouvoir attraper Potter et Miss Granger et nous échapper, » continua Snape. « Mais Lestrange l'a emmenée hors de la pièce trop rapidement. »
« Il est absolument malade, celui-là, » affirma Hermione. « Il a sorti un couteau pour commencer à me couper, lentement. J'aurais presque préféré le Doloris. »
« Lestrange était instable déjà avant d'entrer à Azkaban avec sa femme. Je n'ose imaginer ce dont il est capable à présent, » marmonna Snape.
« Trois autres sont arrivés. Il y en a un que j'ai reconnu, il était dans le couloir ici quand ils ont enlevé Harry. Le colosse. »
« Nott, » intervint Snape. « Et probablement Avery et Goyle. »
« Je ne sais pas, » dit Hermione en haussant les épaules. « Mais ils voulaient 's'amuser' aussi. Et quand le colosse – quand Nott a commencé à déchirer… » Elle se tut un moment, le visage fermé. « Bref, je lui ai donné un coup de pied dans le visage. J'ai eu de la chance, plus qu'autre chose. Mais dans la confusion et la bataille, j'ai réussi à m'approcher suffisamment du couteau de Lestrange pour qu'il coupe accidentellement mes cordes. Je ne sais pas ce que faisaient les deux autres, mais j'ai poussé Lestrange contre un mur, et il s'est évanoui. C'est à ce moment que nous avons entendu Voldemort qui hurlait. »
« Mon Sortilège avait lâché, » continua Snape. « J'étais en plein milieu de la pièce, essayant de trouver quoi faire, et il a lâché. Bêtement, j'ai laissé tomber ma baguette en esquivant son premier Avada. Et c'est à ce moment que Avery et Goyle sont arrivés en trombe dans la pièce, en lançant des sorts. Ma baguette était tombée à quelques centimètres de Potter, mais j'étais persuadé qu'il était évanoui. »
« J'ai suivi les deux Mangemorts dans le couloir en entendant ce bruit – je ne voulais pas être là quand Lestrange se réveillerait, » Hermione remarqua l'air sérieux du Directeur. « Et quand j'ai passé la tête dans l'encadrement de la porte, et que j'ai vu le Professeur Snape qui recevait des sorts de toutes parts, et ce pauvre Harry évanoui sur le tapis devant la cheminée… Euh… Je crois que ça m'a rendue folle. »
« Folle ? » lui demanda Snape, incrédule, avec un petit rire. « C'est comme ça que vous le voyez ? Albus, elle est arrivée dans la pièce en dégoulinant de sang et chargeant comme un taureau aveugle. Je ne pense même pas qu'elle ait hésité avant de se jeter sur Voldemort. »
« Je n'ai pas vraiment réfléchi. Tout ce que je savais, c'est que j'avais une arme et que Voldemort devait pouvoir saigner, pas vrai ? Mais je ne pense pas qu'il soit mort. Je ne suis pas très douée pour tuer des gens, Monsieur. »
« Je ne crois pas que qui que ce soit ait encore tenté cette approche, Miss Granger, » avança Dumbledore avec tact.
« Et à un moment, au milieu de toute cette confusion, Potter a ouvert les yeux, attrapé ma baguette, et pétrifié Avery et Goyle. Ils m'avaient d'abord touché avec plusieurs sorts, mais rien de mortel dans l'immédiat. Potter a réussi à nous décrire le Portoloin que Malefoy avait utilisé pour le kidnapper avant de s'évanouir à nouveau, et Voldemort a gentiment arrêté d'essayer d'étrangler Miss Granger assez longtemps pour que nous puissions tous nous échapper, » conclut Snape, en essayant de toute évidence d'en plaisanter pour alléger la gravité de ce qu'ils avaient vécu.
« Voilà une histoire… vraiment… des plus intéressantes, Severus, Miss Granger. Bien sûr, elle doit absolument rester entre nous, » leur intima Dumbledore.
« Bien sûr, Monsieur, » dit Hermione au moment où Snape répondait, « Oui, Albus, c'est entendu. »
« Je devrais vous renvoyer, tous les deux. » Hermione réalisa soudain que malgré son air calme, qui disparaissait peu à peu, Dumbledore était absolument furieux contre eux. « C'est le comportement le plus stupide, le plus tête brûlée dont j'aie jamais été témoin. Vous auriez pu mourir tous les deux. Ainsi que Monsieur Potter. »
Hermione était stupéfaite. « Oh, mais, Monsieur, nous voulions seulement aider Harry ! »
« Vous pouvez tous les deux vous considérer sur la sellette. Miss Granger, vous aurez deux semaines de retenue. Je ne retire pas de points à Gryffondor, mais je n'en donnerai pas non plus. Je vous l'accorde, vouloir sauver un ami et une intention noble, Miss Granger, mais se jeter dans le danger la tête la première est une autre affaire. Quant à toi, Severus, je ne peux pas croire que tu aies laissé une élève courir de tels risques, » poursuivit Dumbledore, plus en colère qu'Hermione ne l'aie jamais vu. « Tu superviseras les retenues de Miss Granger, et tu assureras une double durée de rondes pendant deux semaines. Tu es puni, petit ! » conclut-il.
Severus baissa la tête, « Oui, Monsieur le Directeur, » dit-il avec sérieux.
« Les temps sont bien assez durs sans que les gens aillent essayer de se faire tuer. Vous m'avez bien compris ? » demanda Dumbledore, des éclairs dans les yeux.
Hermione sentit les larmes lui monter aux yeux – elle n'avait jamais été particulièrement proche du Directeur, mais elle avait l'impression de l'avoir grièvement déçu. « Oui, Monsieur, » chuchota t'elle, en s'essuyant rapidement les joues.
Soudain, Dumbledore se radoucit, plaçant une main sur son épaule et l'autre sur sa joue. « Oh, mon enfant, ne pleurez pas, » dit-il doucement. « Ce n'est pas si grave. Vous avez sauvé la vie du jeune Potter aujourd'hui. Et vous avez probablement causé de graves dommages à Voldemort. En d'autres circonstances, je serais probablement très fier de vous. »
Hermione renifla. Cette douceur inattendue fut ce qui la fit craquer. Dans les dernière quarante-huit heures, elle avait souffert plus que dans tout le reste de sa vie. Elle parvint à lever les yeux vers Dumbledore et lui faire un petit sourire. Il sortit de la pièce et elle éclata en sanglots, la tête posée sur les genoux, submergée par tout ce qui lui restait de peur, de rage et de douleur.
Quand une paire de bras l'attrapa timidement par les épaules, Hermione se tourna et se serra contre cette personne, sans chercher à savoir dans les bras de qui elle était en train de pleurer. Une main toucha ses cheveux.
« Voyons, Miss Granger, » murmura Snape, « ça ne peut pas aller si mal. » Même ses tentatives de réconfort étaient sarcastiques.
Hermione se reprit un peu – elle était en train de renifler dans les bras de l'horrible Maître de Potions ? « Je… Je suis désolée, Monsieur, » s'excusa t'elle en se frottant les yeux. « C'est juste que… »
« La journée a été longue, Miss Granger. Pour nous deux, mais plus particulièrement pour vous, je pense. J'ai entendu dire que le stress avait des effets étranges sur les gens. » Snape lui serra le bras une dernière fois, et s'assit un peu plus loin, sur le bord de son lit.
« Pourquoi êtes-vous si gentil avec moi ? » demanda Hermione à brûle-pourpoint, incapable de dissimuler son émerveillement devant le fait que Snape avait été poli avec elle pendant quasiment une journée entière.
Il regardait ses mains, posées sur ses genoux. « Miss Granger, vous m'avez sauvé la vie. Je pense que ça vous donne droit à un minimum de civilité. Et puis, nous sommes punis tous les deux pour les deux semaines qui viennent. » Est-ce qu'il souriait ?
« Oui, mais votre rôle sera de superviser mes retenues, non ? » demanda Hermione en levant un sourcil.
Oui, il souriait. Elle en fut convaincue quand il élargit son sourire. « Ne vous méprenez pas, Miss Granger. Le Directeur m'a mis en retenue moi aussi. Il l'a juste fait à mots couverts. Je ne serais pas surpris le moins du monde s'il apparaissait pour nous confier des missions abjectes la semaine prochaine. »
« Tant qu'il n'est pas question de toilettes et de brosses à dents, » marmonna Hermione, se souvenant d'une retenue particulièrement horrible que Rusard lui avait réservé pendant sa sixième année.
Snape ricana. Elle n'en crut pas ses oreilles. D'abord, il souriait, et maintenant, il riait ? Mais qu'est-ce qui se passait ?
Hermione et Snape sursautèrent tous les deux en entendant un fort grognement venant du lit d'en face. « Harry ? » appela t'elle doucement. « Tu es réveillé ? »
« Mon mal de crâne a mal au crâne, » se plaint Harry avec mauvaise grâce en s'étirant. « Où sont mes lunettes ? »
« Je n'en ai pas la moindre idée, » répliqua Hermione, ravie qu'il soit en état de lui parler. « Madame Pomfresh les a probablement cachées quelque part pour que tu ne recommences pas à t'évader d'ici. »
Harry soupira et essaya de s'asseoir en grimaçant. « J'y crois pas, tout ça parce que je me suis évadé de l'infirmerie une fois, il y a deux ans, plus personne ne me fait confiance. »
« Tu as l'air en bien grande forme pour quelqu'un qui était à l'article de la mort il y a quelques heures, » affirma t'elle.
Bâillant un peu, Harry écarta ses cheveux de ses yeux et loucha sur elle et Snape. « Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda t'il doucement. « Je me souviens… Je me souviens de Malefoy et de toi… et de Snape ! Ensuite, ensuite… »
« Malefoy vous a emmené auprès du Seigneur des Ténèbres, » expliqua Snape, sans émotion. « Miss Granger et moi avons pris sur nous de venir vous, euh… vous libérer. »
Harry fronça les sourcils, essayant de se souvenir. « Tout est flou. Je me souviens de beaucoup de sang. Et des cris. Mais pas les miens… Et quelque chose… Quelque chose en rapport avec une baguette ? Et puis vous, encore une fois, Professeur. »
« Très bien, Potter, » acquiesça t'il. « Vous avez ramassé ma baguette et vous avez maîtrisé deux Mangemorts avec. Les cris dont vous vous souvenez sont probablement ceux de Voldemort – Miss Granger a décidé de jouer les princesse Amazones avec un couteau. »
Harry était bouche bée, et Hermione lança un regard perçant à Snape. « Je n'ai rien fait de tel, » le contredit-elle. « Quant à vous, Professeur, vous semblez bien trop fasciné à mon goût par mon rôle dans les événements de ce soir. »
« Ce n'est pas tous les jours, Miss Granger, que l'on a l'occasion de voir une jeune femme blesser le plus dangereux sorcier de notre époque au point de lui faire perdre connaissance alors qu'elle n'a pas sa baguette. Je vous avouerai que j'ai été assez surpris de voir que son sang était toujours rouge. » Snape la regardait avec un sourire moqueur.
En grognant, Harry laissa sa tête retomber sur son oreiller. « Je crois que je me rendors, » marmonna t'il.
« Bonne idée, » dit Hermione d'un ton presque joyeux. « Plus vite tu retrouves tes forces, et plus vite nous pourrons mettre au point nos plans d'évasion. »
« Est-ce que je peux vous rappeler, Miss Granger, » intervint Snape, « que le Directeur vous a personnellement menacé de vous renvoyer, il n'y a pas une heure ? Ce n'est peut-être pas le moment de vous faire remarquer. »
Harry rouvrit grand les yeux et s'assit dans son lit, ses couvertures lui tombant à la taille. « Hein ? » s'exclama t'il. « Renvoyer ? Mais pourquoi ? »
Hermione baissa les yeux, soudain fascinée par le motif de son couvre-lit. « Je… euh… Le Professeur Snape et moi sommes partis à ta recherche sans prévenir personne. Mais je ne suis pas renvoyée, Harry. Je suis en probation, et j'ai récolté un bon nombre d'heures de colle. Il ne m'a même pas retiré de points. »
Se rallongeant, Harry soupira. « Dieu merci. »
« Tu veux parler du renvoi ou des points ? » le taquina t'elle.
Harry rougit. « Je ne voulais pas… »
« Je sais Harry. Rendors-toi, » lui dit-elle gentiment. « Je vais probablement en faire autant, de mon côté, » dit-elle, en regardant le Professeur Snape. « Plus nous dormons, plus vite Madame Pomfresh nous laissera sortir de cette infirmerie. »
Acquiesçant, Snape se leva et retourna lentement à son propre lit. Il donna l'impression de s'endormir avant même que ça tête ne touche son oreiller.
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Quarante-huit heures de patience plus tard, Hermione, Harry et le Professeur Snape furent déclarés suffisamment en bonne santé pour quitter l'infirmerie. Hermione décida que si elle n'avait plus jamais à manger de chocolat, elle en serait ravie.
Bien sûr, Madame Pomfresh n'avait pas complètement soigné les blessures d'Hermione – elle avait dit haut et fort que le corps s'en sortait bien mieux si on le laissait se charger des cicatrices et des bleus. Hermione devrait donc se promener dans le château en ayant l'air d'avoir disputé un match de boxe. De façon un peu perverse, elle était assez fière de l'œil au beurre noir et des marques qu'avait laissées la main de Voldemort au niveau de son cou. Et Madame Pomfresh avait soigné les blessures causées par le couteau de Lestrange de façon à ce qu'Hermione puisse se déplacer sans gêne pendant que son corps se retricotait. Les cicatrices la démangeaient.
Résistant à l'envie de se gratter le bras, Hermione se retourna vers ses compagnons avec un petit sourire. « Alors, Professeur, je suis en retenue ce soir ? »
Il acquiesça. « Huit heures, à mon bureau, ça ira ? »
Harry se trémoussa un peu, remontant ses lunettes. « Tant que nous sommes entre nous et tout, j'imagine que je dois vous remercier tous les deux de m'avoir sauvé la vie. »
« Et moi de même, Potter, » répondit Snape d'une voix égale. « Mais je vous serai reconnaissant de ne pas retomber entre les griffes de Malefoy. »
Avec un grand sourire, Harry prit la main d'Hermione. « Bien entendu, Professeur. Viens, Hermione ! On peut encore arriver à temps pour le petit-déjeuner ! »
Hermione laissa Harry l'entraîner vers la Grande Salle. Snape lui accorda un dernier regard incrédule avant de retourner vers son bureau, dans la direction opposée. « C'est pas vrai, Harry, » s'exclama Hermione, « on n'est pas obligés de courir. »
« Tu n'as pas faim ? » lui demanda t'il en lui lâchant la main.
« Si, mais… C'est juste que je ne peux pas vraiment courir pour le moment, » expliqua t'elle, un peu exaspérée. « Madame Pomfresh n'a pas complètement soigné mes coupures, tu te souviens ? Elle avait peur que la cicatrisation se fasse mal. »
Le visage de Harry se figea. « Oh. Je suis désolé, Hermione. Je n'avais pas réalisé que tu avais été coupée si sérieusement. »
En soupirant, Hermione écarta le col de son pull pour révéler une longue balafre le long de son épaule droite. « Lestrange m'a littéralement ouverte en deux. Une mauvaise coupure sur un côté, et une autre sur le devant. Je ne veux pas risquer de les rouvrir. »
Les yeux écarquillés, Harry leva les mains en protestation. « Mon Dieu, » souffla t'il. « Je n'en avais pas la moindre idée… »
« Ne t'en fais pas pour ça, Harry. Je vais guérir, » le rassura t'elle. « Même si j'imagine qu'en ce moment j'ai une tête à faire peur. »
Harry rigola. « Tu a l'air de t'être pris une bonne raclée. »
Elle passa la main sur l'une des traces de doigt qu'elle avait au niveau du cou, avec une certaine fierté. « Tout ce que j'ai à dire, c'est que de nous deux, c'est moi qui suis la plus belle. Quel dommage que je ne puisse raconter à personne comment je me suis fait ça. »
En lui souriant, il lui donna une tape amicale sur le nez. « Et on ne parlerait plus que de ça dans tout le château pour les vingt années à venir. La fille qui a attaqué Vous-savez-qui avec un couteau de cuisine et est revenue raconter l'histoire ! »
« Il faut qu'on aille prendre le petit-déjeuner, » lui répondit Hermione en changeant de sujet. « Les cours ne vont pas tarder à commencer, et j'imagine que nous n'avons pas d'excuse pour les manquer maintenant que Madame Pomfresh nous a laissés sortir. »
Harry soupira et se remit en route vers la Grande Salle. « Quel jour on est, d'abord ? »
« Jeudi, je pense. On a d'abord Métamorphose, puis Sortilèges, et un cours double de Divination pour toi cet après-midi. Moi, bien sûr, j'aurai Arithmancie. » Elle le suivit, et, si elle marchait moins vite que d'habitude, il ne fit pas le moindre commentaire.
Il y avait toujours du monde dans la Grande Salle quand Harry et Hermione y entrèrent. Ils s'assirent rapidement à l'extrémité de la table de Gryffondor – Hermione avait rappelé à Harry en chemin qu'ils devraient encore remonter chercher leurs affaires de cours. Harry se mit immédiatement à entasser des œufs et du bacon dans son assiette, alors qu'Hermione se contenta de mordre pensivement dans une pomme.
« Hé, Harry ! Hermione ! » leur cria Ron depuis le milieu de la table. « Vous êtes revenus ! »
« Oui, » répondit Harry. Hermione lui fit simplement un signe de tête. Elle avait la bouche pleine.
Ron se leva d'un bond pour venir s'asseoir à côté de Harry, et sourit à ses deux amis. « Dites-donc, c'était bizarre sans vous deux. Madame Pomfresh n'a laissé personne vous voir, ni l'un ni l'autre, et quand on a demandé à McGonagall, elle nous a dit de vous laisser tranquille. Qu'est-ce qui vous est arrivé ? Vous allez bien ? »
Hermione sourit en entendant le babillage de Ron. Ça lui avait presque manqué. Presque. « Nous allons mieux, » le rassura t'elle, en mordant une fois de plus dans sa pomme. « Sinon, on ne nous aurait pas laissés sortir. »
Ron se tortilla sur son siège pour mieux la regarder. « Par Merlin, Hermione, qu'est-ce qui t'est arrivé ? On dirait que tu as reçu une sacrée raclée. »
En échangeant un regard amusé avec Harry, elle adressa à Ron un sourire indulgent. « Oh, c'est le cas, » lui répondit-elle évasivement, « Mais ne t'en fais pas, Ron, je m'en suis bien mieux sortie que la personne contre qui je me battais. »
« Et c'était qui ? » demanda Ron, excité. « Pas Malefoy, toujours – je l'ai vu hier en classe de Soins Aux Créatures Magiques. »
Une fois de plus, son exubérance la fit sourire. « Personne que tu connaisses, Ron. Ne t'en fais pas pour ça. »
Il grogna un peu. « Je ne vois pas pourquoi tu ne veux pas me le dire. »
« Dumbledore me l'a interdit, » répondit-elle. Et soudain, elle eut l'idée d'ajouter. « Il m'a même donné deux semaines de colle avec Snape. »
Comme elle s'y était attendu, Ron ouvrit les yeux comme des soucoupes. « C'est pas vrai, Hermione ! Tu as dû trucider un préfet au moins ! »
Elle s'autorisa un dernier sourire mais n'en dit pas plus, finissant sa pomme.
Harry finit ses œufs dans un bruit d'aspirateur dégoûtant et avala le reste de son gobelet de jus de citrouille. « Hé, Hermione. Je vais remonter jusqu'à la tour et prendre nos affaires à tous les deux. Tu n'as qu'à avancer directement vers le cours de Métamorphoses. » Il passa rapidement les yeux sur son épaule, pour lui rappeler la balafre qu'elle lui avait montrée.
Hermione se souvint qu'elle ne devait pas se gratter le ventre en comprenant ce que voulait dire Harry. « Merci, Harry, » le remercia t'elle sincèrement.
