Bonjour à toutes !

Célébrons le mois d'Août avec un nouveau chapitre, shall we ?! J'ai un plaisir MONSTRE à écrire celui-là !

Vous avez toutes raison en me demandant si la fic était inspiré du film Jeux d'Enfants (parce qu'honnêtement, qui ne voudrait pas d'un meilleur ami comme Guillaume Canet ?! ^^) mais je n'ai pris que l'idée de la Boite, parce que vous allez le voir, j'ai l'esprit beaucoup BEAUCOUP plus tordu que Sophie et Julien !

Merci encore pour toutes vos impressions, ça me file un de ces sourires, ça vous éblouirait !

Vous allez vite le voir aussi, j'aime les héroïnes fortes et indépendantes mais aussi et surtout les recoins sombres et tordus de l'amitié ! Je sais que le comportement de Bella peut paraitre plus faible que celui d'Edward mais je me charge de prouver que vous avez tord avec ce chapitre !

Chères toutes, * Fait un salto digne des JO de Londres* le NOUVEAU chapitre, à consommer sans modération !


Lorsque je me réveillai le lendemain, la couleur taupe de mon mur me sauta aux yeux. Que faisais-je dans ma chambre ? Où était…

Edward. Edward et la poule glousseuse du mariage. Mon silence dans la voiture avec Jasper alors qu'il essayait vainement de me faire rire, de retrouver l'ambiance de la soirée. Je gémis en plaquant mes paumes contre mes yeux.

J'étais pourtant habituée au comportement de mon meilleur ami. Il ne s'était jamais gêné pour ramener toutes les filles qu'il voulait. Elles succombaient toutes et se retrouvaient à l'aube sur le paillasson avant de comprendre ce qu'il s'était passé. Elles devaient toutes rêver d'être celle qui lui ferait raccrocher sa vie de queutard, d'être celle qu'il aurait choisi au milieu de toutes. Pauvres connes pathétiques.

Je me levais d'un bond avant d'attraper une large chemise d'Edward qui traînait sur ma méridienne. Je ramassai en même temps un petit papier où Jacob avait noté son numéro avant de me glisser dans la main au moment de partir. Son sourire gourmand et impatient n'avait pourtant réussi à me détourner de mon humeur morose.

L'air était saturé d'humidité alors que je traversais le jardin en direction de la cuisine. Je le respirais avec délice à grandes goulées alors que mes pieds effleuraient l'herbe humide. Etrangement, la porte vitrée de la cuisine n'était pas encore ouverte. Peut-être qu'Edward dormait encore mais pourquoi n'était-il pas venu me chercher après avoir viré l'autre Barbie ?

C'est alors que je la vis. Que foutait-elle encore là ? Avec ses longs cheveux et son visage rosé où était presque tatoué « fraîchement baisée par Edward Cullen » ? Une émotion sournoise, mauvaise m'envahit et j'ouvris la porte d'un coup sec.

Elle sursauta et se retourna d'un bond vers moi. Nous nous contemplâmes en silence alors que nous portions toutes les deux les chemises du même mec. Puis son regard me parcourut lentement et un éclat le traversa. Dans un flash, je reconnus cette expression sur son visage, celui auquel j'avais eu droit pendant tout mon lycée devant Jessica Stanley.

Mépris.

A ce moment, Edward entra à son tour dans la cuisine et d'un même mouvement, nous nous tournâmes vers lui comme vers le soleil.

- Qui est-ce ? Demanda la blonde en se blottissant contre Edward qui me sourit d'un air diabolique.

- Ma meilleure amie, Bella. Bella, c'est Tanya.

Bon, il avait retenu son prénom, c'était déjà mauvais signe. La dite-Tanya me dévisagea de nouveau ouvertement mais son jugement n'avait pas l'air de la satisfaire puisque son regard s'assombrit.

- Oh salut, chantonna-t-elle en agitant la main comme si elle ne voulait pas me toucher sous aucun prétexte.

Je ne luis répondis même pas. En fait, je fixais Edward. Je n'aimais pas son petit sourire suffisant pendant qu'il me contemplait aussi.

Sale con prétentieux.

Je me servis une tasse de café avant d'entendre des bruits de succion.

Pitié !

Je jetai un regard dégoûté en direction du couple enlacé qui ne le vit même pas et me dépêchai de sortir de la cuisine.

Ce ne fut que tard dans l'après-midi qu'Edward fit irruption dans ma chambre. J'avais la tête plongée dans un pavé, The Mill on the Floss de G. Elliot ou comment une pauvre gamine essayait de vivre sa vie de femme dans un univers de phallocrates.

- Lâche un peu ton grimoire, Bella, ou tu vas devenir aussi poussiéreuse que lui.

- Ne t'inquiètes pas, je trouverais quelqu'un pour m'astiquer comme Tanya s'est dévouée à le faire.

Il éclata de rire et vola mon livre qu'il ferma d'un geste sec avant de le jeter sur la moquette du sol. Il voulait une séance de câlins mais je n'étais absolument pas décidée à la lui offrir. J'esquivais ses bras et me décalais jusqu'au bord du matelas. Un air agacé passa sur son beau visage et il se pinça l'arête du nez

- Qu'est-ce qu'il t'arrive encore ?

- Je ne l'aime pas. Tanya. Je ne l'aime pas.

- Jalouse ?

Son sourire ravi me donne juste envie de le gifler.

- Arrête un peu de fantasmer, espèce d'obsédé mégalo. Je n'ai pas aimé sa façon de me regarder. Je veux qu'elle disparaisse.

D'habitude, ce genre de problème était vite réglé. Edward avait tellement de conquêtes qu'il se pliait à mes caprices avec indifférence. Mais cette fois, ile ne dit rien et se contenta de me regard avec un air narquois collé sur son visage parfait.

- Alors ? Demandais-je en détournant la tête.

- C'est un défi, Bella ?

Le salaud !

Si je répondais oui, il aurait le droit de me demander la même chose un jour mais si je répondais non… Je ne voulus même pas penser aux conclusions qu'il en tirerait.

- C'est un défi ? Répéta-t-il sourdement contre mon oreille alors que sa main enroulait mes boucles autour de son poignet.

- Tu fais chier, Edward !

Je savais parfaitement qu'il était en train de savourer chaque seconde de mon dilemme, je savais aussi qu'il ne m'aiderait pas à le régler. Je réfléchissais intensément tout en mordillant la lèvre, retournant le problème dans tous les sens pour le tourner à mon avantage.

C'est quand je revis le regard méprisant de Tanya qu'une idée mauvais, maléfique germa dans mon esprit tordu. Si énorme, si perverse que pendant une seconde, une seule, je me retins de la lui proposer.

- En fait, je te propose un autre défi… Reprenais-je en lui souriant à mon tour. Puisque Tanya semble être aussi importante pour toi, je veux que tu restes avec.

Je le vis froncer les sourcils alors que le vrai but de mon défi restait encore obscur pour lui.

- Je veux qu'elle tombe follement amoureuse de toi, je me fous par quel moyen tu la convaincras. Mais quand elle te le dira, alors je veux que tu lui broies son petit cœur de pétasse prétentieuse !

Edward ne répondit rien et je pus lire sur son visage la même réflexion intense que la mienne quelques minutes auparavant. Nous n'étions jamais allés aussi loin dans nos perversions mais je voyais bien que le défi lui plaisait beaucoup. Quelle victoire pour un égo, un triomphe absolu sur moi… La seule chose qui le retenait finalement, c'est qu'il n'avait rien contre moi. Il allait négocier ses conditions, je le sentais venir à des kilomètres. La question était de savoir ce qu'il allait me demander.

Il finit par s'accouder, son visage à quelques centimètres du mien

- C'est un défi que tu me proposes, Bella, un vrai. J'avoue qu'il me tente bien, même beaucoup. Mais je veux une garantie.

- Quoi, tu douterais de tes propres talents ?

Son sourire en coin, indécent, fit son apparition tandis que sa prise sur mes boucles s'affermit et je sus que le moment était venu.

- Je le lui briserais le cœur si c'est ce que tu veux mais lorsque je l'aurai fait, tu m'accorderas une chose.

- Laquelle ?

- Voyons, Bella, la seule chose que tu ne m'aies jamais refusé. Une nuit avec toi.

Et merde.

Je le savais déjà pour être honnête, je m'en doutais, je l'avais lu, dans ses yeux incandescents. Prendre ce risque pour détruire une fille quoi m'avait prise de haut ? Pour détruire une simple conquête qui m'avait traité comme la dernière des merdes ? Sans hésitation.

Je trouverais bien un moyen comme toujours de renverser la situation le moment venu. Edward était le maître incontesté, mais je pouvais également faire preuve d'un esprit terriblement retors quand il le fallait.

- Très bien, lâchais-je dans un soupir avant de rattraper mon livre, commence par la rappeler si tu espères vraiment m'avoir un jour.

Edward lâcha un juron ravi avant de balancer ses grandes jambes pour sortir hors de mon lit. Je me doutais que la mission que je venais de lui confier l'éloignerait de moi un peu mais je voulais voir Tanya à terre, brisée à cause de moi, pour moi et par moi.

En fait, le plus surprenant fut que Tanya se découvrit une moralité après avoir couché avec Edward quelques heures seuelement après l'avoir rencontré. Sûrement trop heureuse qu'un mec comme lui, avec sa réputation et sa beauté racée presque aristocratique, la rappelle, elle espérait vraiment passer pour une nonne sortie du couvent.

Pendant deux soirées entières, Edward était pendu au téléphone avec elle. D'après ce que j'avais réussi à lui arracher, elle refusait encore ses invitations à diner mais voulait bien discuter « pour faire connaissance » comme le mimait mon meilleur ami avec un air de suprême ennui. Cette conne était tout simplement en train de s'emmêler dans la toile qu'Edward tissait autour d'elle.

Supporter Tanya devint une épreuve de mon quotidien. Pire qu'Alice, sa jalousie nous éloignait Edward et moi et j'avais du mal à supporter cette distance. Plusieurs fois, j'avais failli demander à Edward de mettre fin au pari pour que nous puissions nous retrouver …. Mais je ne l'avais pas fait … Peut-être une curiosité malsaine de voir jusqu'où il était prêt à aller dans nos paris pervers. La vérité, c'était que cette situation me déstabilisait complètement. J'avais l'habitude de voir Edward jaloux et possessif, de l'avoir constamment sur le dos en train de s'assurer que je lui appartenais à lui seul et maintenant, c'était moi qui me retrouvais dans sa peau. Si je ne lui faisais pas de scène, ma jalousie devenait maladive et je rêvais du jour enfin où il pourrait lui broyer son petit cœur naïf.

C'était pourquoi j'avais attendu ce dimanche avec une vraie impatience pour pouvoir enfin avoir mon Edward tout à moi. J'avais même soigné ma tenue et mon maquillage, puérilement, comme pour me mettre en comparaison avec elle. J'avais mis mon jean brut et un pull en cachemire gris qui descendait largement sur mon épaule. Mes boucles étaient attachées comme il aimait et j'avais poussé le vice jusqu'à mettre son bracelet aux armoiries de sa famille. J'attrapai mon sac et sortis en coup de vent comme d'habitude, j'avais tellement hâte de le voir. Et il m'attendait comme d'habitude, appuyé contre le chambranle de la porte avec ses lunettes sur le nez. Sauf que Tanya se tenait à côté de lui.

Retenant difficilement les jurons qui me montèrent à la bouche, je me composai un air neutre qui arracha un sourire radieux à Edward.

- Bonjour Isabella, grinça Tanya en me lançant un regard peu amène. Tu es en retard mais je pense que nous pourrons arriver pour le repas, qu'en penses-tu, chéri ?

« Chéri » ? Mon dieu, à quel moment étions-nous passé à « Chéri » ? Et depuis quand Edward acceptait-il de se faire appeler « Chéri » ? Il me narguait et attendait ma réaction avec un sourire en coin.

- Je pense que nous serons parfaitement à l'heure, susurra-t-il en ne me quittant pas du regard. Chérie.

Il voulait ma mort. Mieux, il voulait que je les décapite tous les deux et que je planque leurs cadavres dans le foret de Forks.

- Allons-y, me contentai-je de grogner en me dirigeant vers la porte d'entrée.

- Tes désirs sont des ordres, lança gaiement Edward avec un clin d'œil.

Tanya soupira et marmonna ce qui devait être des insultes pour moi. Autant dire que l'ambiance dans la voiture n'était pas au beau fixe. Non content de m'imposer Barbie, Edward lui avait attribué la place à côté de lui, MA place. Je lui fis clairement comprendre mon ressenti quand je croisai son regard dans le rétroviseur par une grimace bien sentie. La main de Tanya se posa plusieurs fois sur la cuisse d'Edward et ils se parlaient à voix basse sans qu' je puisse comprendre de quoi il s'agissait. L'atmosphère lourde devint peu à peu étouffante et ce fut avec un soulagement indescriptible que je vis apparaitre la Villa. Je bondis presque jusqu'à la porte et m'engouffrai à l'intérieur sans un regard pour eux.

- Eh bien, Bella, tu as l'air bien excitée aujourd'hui, commenta Esmée quand elle me serra contre elle avant de m'envoyer sur le canapé à côté de Rose.

Cette dernière arborait un air totalement ravi depuis le mariage, comme si son existence entière n'était qu'une entière source de bonheur et elle eut un sourire entendu en voyant mon air à moi. Pour tous les Cullen, je faisais ma petite crise de jalousie par rapport à Tanya. S'ils ne soupçonnaient aucune jalousie amoureuse, depuis le temps, ils avaient abandonné toutes ces idées, ils sentaient que la présence de Tanya était loin de me plaire. Seule Alice semblait trouver cela hilarant et se fut un devoir d'accueillir Tanya en la serrant contre elle.

Rose serra ma main et montra l'heureux couple d'un coup de menton.

- C'est la première fois que je vois Edward ramener une fille, ça doit être vraiment du sérieux entre eux.

Du sérieux, mes fesses !

- Mmh.

- Bella, essaye de voir le bon côté des choses, Edward est beaucoup moins possessif avec toi depuis. Ca doit te soulager un peu, non ?

Soulager, mes fesses !

- Mmmmh.

- Pourrais-tu au moins, bordel, faire des réponses de plus d'un mot ?!

- La question n'est pas là, Rose. Je suis … heureuse pour lui.

Je crachai presque ce mot.

- Mais de là à l'apprécier, elle, repris-je avec plus de calme. Regarde là, elle aurait pu au moins ne pas s'habiller comme une pute de luxe.

- Bella Swan !

Emmett éclata de rire bruyamment alors que je mordais les lèvres, je n'avais pas réalisé qu'il pouvait nous entendre.

- Quels vilains, vilains mots … Surtout quand ils sortent d'une bouche adorable comme la tienne.

- La ferme, Emmett, répliqua Rose en nous fusillant du regard tous les deux. Et toi, Bella, même si je suis d'accord avec toi, tu pourrais au moins faire un effort pour mieux la connaitre ! Après tout, si tu aimes Edward autant que tu le dis, tu devrais essayer de partager son bonheur au lieu de dire des atrocités sur sa copine.

- Sa cocotte, tu veux dire ?

- HAHAHAHAHA !

Emmett rit à gorge déployée tandis que le reste de sa famille nous observait avec intérêt, se demandant sûrement ce qui pouvait le faire rire. Rose s'agita sur son siège, mal à l'aise et lissa un pli invisible sur sa robe.

- Tu devrais écouter mes conseils, conclut-elle alors qu'on passait à table. Carlisle a prévu une ballade à cheval cette après-midi, ça pourrait être une bonne occasion de lui parler.

- Si tu veux, répondis-je avec indifférence. Mais ne compte pas sur moi pour lui tenir la bride de son cheval, elle se démerdera toute seule.

- Bella, tu es insupportable.

Elle alla s'assoir en soupirant tandis qu'Emmett me sourit avec affection. Le repas se passa à peu près bien, même si les interventions incessantes de Tanya pour féliciter Esmée sur la cuisson de ses légumes ou débattre avec Carlisle de la peine de mort me donnaient envie de lui enfoncer ma fourchette dans la gorge. Je sentais qu'Edward percevrait la moindre de mes réactions et il souriait de son air satisfait comme le con égocentrique qu'il était.

En fait, je me détendis vraiment que lorsque j'enfourchais ma monture, un magnifique alezan tandis que le pur-sang d'Edward caracolait devant moi. Edward avait quelque chose d'aristocratique dans sa façon d'être cavalier, une sorte d'arrogance et d'austérité. Je remarquai d'ailleurs que Tanya était loin d'y être insensible, elle le dévorait des yeux. Cette dinde ne devait pas en revenir, d'avoir Edward comme petit-ami. Je poussais ma monture jusqu'au reste du groupe alors qu'ils se mettaient en route vers le sentier. J'adorais l'équitation, j'aimais sentir la puissance du cheval sous mes jambes et la vitesse d'un galop où je me couchais sur son dos jusqu'à ne former plus qu'un. Les Cullen nous traitaient souvent de têtes brulées, Edward et moi, parce que nous prenions toujours des risques, cherchions toujours à aller plus vite.

Rapidement, le rythme lent et mesuré de leur ballade me rendit impatiente et mon cheval dut le sentir car il tira plusieurs fois sur les rênes pour accélérer. Nous formions une ligne de trois montures avec Emmett, Alice et moi. Derrière, Rose discutait tranquillement avec Esmée et Carlisle tandis qu'Edward et Tanya marchaient devant nous. Je me doutais que c'était la première fois que Tanya montait à la façon dont elle s'agrippait à la bride et dont elle couinait chaque fois que le cheval secouait la tête. Quand elle laissa fuser un gloussement nerveux quand son cheval hennit, je finis par éclater de rire et sans même consulter mes camarades, j'éperonnais vivement ma monture qui n'attendait que ça.

Je dépassais Edward et Tanya dans un galop rapide et le défiai en lui souriant de toutes mes dents. L'instant d'après, il était derrière moi en cravachant son pur-sang alors que Tanya glapissait d'indignation de se retrouver seule. La dernière chose que j'entendis avant de disparaitre avec Edward dans les sous-bois furent les mots d'Esmée.

- Ne t'inquiètes donc pas, ma chérie, c'est une habitude entre eux, ils sont toujours comme ça.

Nous avons fait la course pendant un bon moment avec Edward, nous dépassant l'un l'autre mais je savais parfaitement où nous allions. Il y avait une clairière que lui et moi avions découverte pendant l'une des nos nombreuses ballades et c'était un peu comme notre endroit secret et aujourd'hui, j'avais besoin de le revoir dans cet espace où il n'était qu'à moi et qu'il n'était lié à personne d'autre par aucun pari.

Nous débouchâmes sur l'orée de la clairière et je sautai de cheval mais ce fut les bras d'Edward qui me réceptionnèrent. Il me plaqua contre lui et je sentis l'odeur chaude et épicé du cuir de la selle mêlée à celle de sa peau. C'était délicieux et troublant. Je me pressais contre lui en saisissant sa nuque.

- Tu as ce que tu mérites, souffla-t-il dans le creux de mon oreille alors que je m'accrochais à lui avec obstination. Tu es la seule responsable de cette situation et tu m'en veux ?

- Je ne répondis pas, être contre lui me suffisait mais ça n'avait pas l'air de lui suffire.

- Tu ne peux pas réagir comme ça, Bella. Je ne peux pas gagner si tu fais tout pour foutre mon couple en l'air. Alors fais un effort, tu verras, elle n'est pas si terrible. En fait, elle est même plutôt gentille.

Je m'arrachais soudain de ses bras en réalisant ce qu'il venait de dire. Dire de Tanya qu'elle était gentille, c'était comme dire qu'elle lui plaisait réellement et ça ne me plaisait pas du tout à moi. Tout chez elle était superficiel et sa fausse sympathie pour les Cullen m'avait donné envie de lui rire au nez mais je m'étais contenue.

- Bella, soupira Edward en saisissant le haut de mon bras. C'est toi qui as crée cette situation alors assume aussi les conséquences.

- Comment oses-tu me parler de conséquence ? Tu y avais pensé aux conséquences quand tu m'as obligé à rompre avec Nate ? A m'éloigner de Jacob ?

- Je ne t'ai jamais demandé de t'éloigner de Black, tonna-t-il en me ramenant vers lui pour me dévisager.

- Tu l'aurais fait, lui criais-je en pleine figure. Je sais que tu aurais fini par le faire, c'est pour ça que j'ai refusé de sortir avec lui.

- Tu dis n'importe quoi, ricana-t-il. La jalousie te fait délirer.

- La jalousie ? Pauvre abruti, tu ne comprends rien à rien. Je t'ai demandé de lui briser le cœur et toi, tu t'attaches à elle.

- Je ne suis pas attaché à Tanya !

A bout de souffle, nous nous fixions, refusant de céder. Nous étions aussi butés l'un que l'autre. J'allais me retourner et remonter sur mon alezan pour rentrer à la Villa quand sa voix claqua comme un fouet.

- Embrasse moi, Bella. Maintenant.

Il n'avait pas osé me demander ça ? Pas maintenant alors que j'étais prête à le fouetter avec ma cravache tellement j'étais en colère. Je regardais son visage fermé, les plis sévères de sa bouche parfaite.

- Tu plaisantes ?

- Maintenant, Bella. C'est un défi.

Dans un accès de fureur, je jetais ma cravache dans l'herbe et je m'approchai de lui à grands-pas. Il n'y avait aucune douceur dans le baiser que je lui donnais. Je plaquai violemment mes lèvres contre les siennes, nos dents s'entrechoquant presque. Je tirais ses cheveux comme si je voulais les arracher. Mais je me rendis compte brusquement que ça lui plaisait, que ma violence l'excitait. Il répondit à mon baiser d'une façon presque animale, un grognement jaillit de sa gorge alors que ses mains malaxaient ma taille sans délicatesse. Je voulus mettre fin au baiser sentant que nous arrivions aux limites que nous avions fixé.

- Oh non, tu ne vas nulle part, je n'en ai pas fini avec toi.

Il saisit mes épaules pour prévenir mon mouvement de recul quand sa langue s'insinua entre mes lèvres. Elle avait une saveur particulière, sucrée, troublante. Sa main s'égara sous mon haut et je sentis la chaleur de sa paume alors qu'il la posa dans le creux de mes reins. Son autre main agrippant mes boucles m'empêchait de m'enfuir.

- Je vais gagner ce pari, Bella. Ça trop longtemps que tu te refuses à moi.

Il me lâcha si brusquement que je failli tomber sur l'herbe. Je me redressais avec hésitation et le vis enfourcher son cheval pour m'attendre. Le retour à la Villa fut silencieux et j'essayais tant bien que mal de réfréner le trouble qui montait en moi après ce baiser.

Autant dire que je fus soulagée que pour une fois Tanya accaparât autant Edward et si la culpabilité m'effleura un instant, je la tuai consciencieusement dans l'œuf.

Pendant les semaines qui suivirent, je commençais à rêver, non pas mes rêves normaux mais des délires brûlants où je jouissais comme une possédée dans les bras d'Edward. Ce baiser qu'il m'avait donné me hantait, je sentais comme une brulure sur mes lèvres quand j'y repensais. C'était la première fois que je nourrissais des pensées pareilles envers mon meilleur ami et ça me mettait dans un état impossible. J'étais à fleur de peau et il m'arrivait de plus en plus souvent d'aller nager dans la piscine à n'importe quelle heure pour calmer mes pulsions incandescentes.

C'était d'ailleurs ce que j'étais en train de faire alors qu'il était près de minuit. Je nageais avec délectation dans l'obscurité la plus totale , appréciant la fraicheur de l'eau sur ma peau échauffée par un nouveau rêve qui m'avait réveillé en sueur , quand je vis brusquement la lumière de la cuisine d'Edward s'allumer , puis ce dernier et Tanya apparaître en riant . Peu désireuse qu'ils me voient à poil en train de barboter, je me plaquai contre la paroi en priant pour qu'ils se barrent rapidement. Mais ils prirent leurs temps se préparant une tasse de thé. Je ne sus d'abords pas pourquoi je ressentis un tel malaise en les voyant discuter et s'embrasser puis je compris. La complicité. Ils étaient complices, cela se voyait dans la façon dont elle passa la main dans ses cheveux mais aussi dans la façon dont Edward lui souriait. Une jalousie sourde, mauvaise commença à infiltrer mon esprit et ma vue se brouilla alors que leur baiser s'intensifiait.

Plus tard, allongée seule dans mon lit, je pris la pleine mesure de la situation qui était en train de m'échapper progressivement. J'avais sous-estimé Tanya, je pensais qu'elle n'était qu'une greluche mais elle avait réussi à percer les défenses d'Edward et ce crétin se laissait charmer par celle dont il était supposé briser le cœur. La Boite brillait faiblement dans la lueur de la lune et un instant, je m'imaginais débarquer dans la chambre d'Edward et fourrer la fourrer sous le sale petit nez de Tanya pour tout lui expliquer. Un soupir m'échappa alors que je me retournais pour fixer le plafond.

Au fond, réalisais-je soudain, ce défi que j'ai lancé à Edward, en fait, il se retournait contre moi. Edward avait su comment j'allais réagir avant moi et c'était pour cela qu'il était si heureux d'accepter. Il était doublement gagnant dans cette histoire, cet enfoiré de première. Je devais me reprendre en main, je n'avais jamais été faible, je ne le serais jamais. C'était une promesse que je m'étais faite la première fois et la dernière fois que je me laissais humilier par d'autres.

Nous devions avoir 14 ans et l'admiration que je portais à Edward était plus qu'évidente. Je devins une source de moqueries pour les autres. Ils m'appelaient le « petit chien d'Edward » ou encore « la bouffonne du Roi Cullen ». Il faut dire qu'à l'époque, je ne faisais pas attention à mon physique, pourquoi aurais-je dû y faire attention quand Edward m'accordait toute son attention comme j'étais ? Je démêlais mes cheveux le matin et c'était là tout l'effort de beauté que je faisais. Ce fut quand Edward sortit avec Lauren que je commençai à me rendre compte de comment j'étais. Ses regards méprisants sur mes vêtements et ses reniflements dédaigneux quand j'apparaissais ont fini par me toucher et un soir, prise de désespoir, je me coupais les cheveux dans une tentative idiote de ressembler à Lauren.

Bien sûr, le résultat fut immonde, un croisement entre un épouvantail et un punk. Charlie hurla presque quand il me découvrit en rentrant du commissariat et me somma de lui avouer si j'étais sous l'emprise de drogue. Puis il appela Edward pour savoir qui m'avait torturé, puis Esmée, presque en larmes, pour lui demander de l'aide. Ce fut elle qui me réconforta ce soir là alors que je sanglotai misérablement sur mon lit.

- Je suis tellement laide, Esmée, et lui, il ne sort qu'avec les plus belles comme Lauren Keaton.

- Voyons ma chérie, répliqua-t-elle d'une voix apaisante, tu es ravissante, tu as des yeux chocolat superbes et de beaux cheveux bouclés, tu devrais en être fière.

- Je ne veux pas de yeux chocolats superbes, criais-je en enfouissant ma tête dans mon oreiller. Je veux ressembler à Lauren !

- Vraiment ? Et qu'a-t-elle de si spécial, cette Lauren, pour que tu en sois tellement jalouse ?

- Esmée, tu ne comprends rien ! Elle est si sûre d'elle, si parfaite … Rien que sa coupe de cheveux … Je la déteste !

Esmée rit doucement et passa sa main le long de mon dos.

- Si c'est juste une coupe de cheveux, Bella, tu l'auras. Nous irons demain matin, d'accord ? De toute façon, il faut bien arranger celle que tu as maintenant.

- Oh, merci, merci Esmée !

Je me jetais dans ses bras en pleurant de plus belle. Elle rit derechef et me serra contre elle.

Je vais t'apprendre quelques petites choses sur nous, les femmes, ma chérie, des choses que Lauren Keaton elle-même ne sait pas.

Le lendemain matin, quand je sortis du coiffeur avec une nouvelle coupe qui coutait trois cent dollars, Esmée m'amena dans plusieurs magasins et me força à choisir des vêtements plus féminins mais toujours confortables et élégants. Ce ne fut qu'assises dans un des grands restaurants de Seattle qu'elle redevint sérieuse et commença sa leçon.

- Il y a deux types de femmes dans le monde, Bella, tu le savais ?

Je répondis non en avalant goulument une gorgée de mon jus de fruit glacé.

- Vois-tu, depuis l'Antiquité, il y a toujours eu deux types de femmes, celles qui décident et celles pour qui on décide. Celles qui décident ont une solide éducation, une culture, une intelligence vive … Et puis il y a celles pour qui on décide.

De plus en plus absorbée par le monologue d'Esmée, j'écoutai, la bouche entrouverte.

- Des filles comme Lauren, tu en verras des dizaines, des centaines dans ta vie, Bella, ce sont des filles belles, bien sûr, mais c'est tout ce qu'elles sont. Elles considèrent que leur beauté est leur meilleur atout. Toi, ma chérie, tu dois apprendre à te forger tes propres atouts. Tu as la chance d'être intelligente en plus d'être belle et c'est pourquoi ton charme doit résider dans ton esprit et non dans ton physique, tu comprends ? Apprend à être irréprochable, parfaite en toute occasion et tu verras vite à quel point pourquoi des garçons comme mon fils ne restent pas longtemps avec des filles comme Lauren. Tu comprends ce que je veux dire, ma chérie ?

- Que je dois être tyrannique ? Finis-je par demander, incrédule.

- Oh non !

Elle rit et se renversa élégamment sur son siège.

- Jamais ne laisse personne te rabaisser. Tu dois apprendre comment être toi-même tout en restant toujours forte.

J'étais bien jeune à l'époque pour le discours d'Esmée et j'aurais pu très bien l'oublier et décider de devenir comme Lauren, une fille superficielle et « amusante ». Mais, les mots de mon seconde mère m'avaient vraiment marqué, j'y sentais une terrible vérité et je me promis alors ce soir là, de ne plus jamais laisser personne me faire du mal. Seul Edward arrivait aujourd'hui à percer cette armure que je portais. En apparence, jetais toujours souriante et aimable mais je me tenais aussi constamment sur mes gardes. Quand j'avais débarqué le lendemain avec ma nouvelle coupe et mes fringues de créateur, la grimace de dépit de Lauren m'avait procuré l'une des plus grandes satisfactions de ma petite vie de collégienne.

Je repris contact brusquement contact avec la réalité en entendant mon portable vibrer sur ma table de nuit. Il était plus de deux heures du matin. Qui pouvait bien m'écrire à cette heure-là ? J'ouvris le texte avant de sourire immédiatement. C'était un message de Jacob qui me proposait de se retrouver le lendemain midi à la faculté pour que je lui fasse visiter le campus. Les mots d'Esmée résonnèrent dans mon esprit et fidèle à cette promesse, Je lui répondis que j'étais d'accord avant de m'endormir enfin, l'esprit bourdonnant de toutes mes pensées.

Quand je le retrouvai le lendemain matin, je ressentis une pointe d'excitation. Il était vraiment beau dans son jeans et une chemise noire aux manches retroussées. Il me tendit un gobelet de café avant de me serrer dans ses bras.

- Salut, ma belle. C'est gentil de bien vouloir me servir de guide. J'avais le choix entre toi et Kurt, l'homo qui est discrètement en train de me surveiller, planqué derrière une poubelle à gauche.

Je tournais la tête et vis ledit Kurt dévorer Jacob des yeux avec un sourire vicelard. Je ris et l'entrainai dans la direction inverse pour lui faire visiter les bâtiments.

- Qu'est ce que tu as choisi comme cursus ?

- Médecine, avouât-t-il avec un sourire penaud.

- Serait-ce l'influence de Papa ?

Il rit brièvement et me lança un regard amusé sous ses paupières baissées.

- Crois-le ou pas mais non. J'ai décidé tout seul après avoir vécu la moitié de ma vie dans l'hôpital de Forks, en voyant les malades, Carlisle … Bref, ca m'a donné la vocation.

- J'aime bien comment tu en parles. Ca, c'est le gymnase et la salle de sport, indiquai-je rapidement en passant d'un grand bâtiment brique rouge foncé. Et tu envisages de faire ton internat sur Seattle aussi alors ?

- Ca, je ne sais pas encore, ça va dépendre …

- Dépendre de quoi ?

- De si je trouve une bonne raison de rester ici, Bella, jeta-t-il avec un sourire entendu à mon attention.

J'aimais vraiment bien Jacob, son humour me faisait rire t notre visite se prolongea jusqu'à la cafétéria où je commandais un thé glacé à la pêche. L'assurance que montrait Jacob dans toutes les situations me plaisait vraiment beaucoup, sa façon dont sa main tapotait impatiemment le bois de notre table, la façon dont il me lorgnait du coin de l'œil.

- Tu vas me donner du fil à retordre, Bella Swan, je le pressens, finit-il par dire avec une moue provocatrice.

Je jouais avec la branche de mes lunettes de soleil et ne répondis pas tout de suite. En fait, je n'étais pas sûre de ce que je voulais vraiment. Jacob était attirant et je remarquai les sourires gourmands des autres étudiantes autour de nous mais c'était par rapport à moi-même que je me posais la question. Devais-je donc me laisser séduire ?


. Mmmh…. Un pari bien osé, non ? Prendre le risque de céder à Edward, sa dignité à un queutard pour de l'orgueil ! Espérons que notre Bella sait dans quoi elle s'embarque ! Comme vous le savez, j'aime trop l'idée d'une Bella orgueilleuse et indépendante pour transformer tout cela en histoire à l'eau de rose ! ^^

On se retrouve bientôt pour le nouveau chapitre et maintenant, à votre tour de me faire plaisir et de me laisser un petit message…. Parce que voir « Nouvelle review » sur ma boite mail suffit à illuminer ma journée à défaut d'avoir le sourire d'Edward le matin !