Bonjour, Bonsoir
Un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira.
Merci infiniement pour les alert et les mises en favoris.
Bonne lecture
AraHwang
Chapitre 3
Un ours
Lorsque j'émergeais du sommeil précaire dans lequel je m'étais laissée tomber, je me demandais où je me trouvais. Une fois complètement consciente je me souvins. Je n'étais pas à la maison. Je ne serais plus jamais à la maison. Ma famille parfaitement brisée n'était plus.
Je me relevais difficilement, le corps endoloris. J'avais besoin d'une douche. Je marchais lentement vers la fenêtre, elle donnait sur l'allée de la maison. Il manquait une voiture. Quelle heure était-il ? Je sursautais quand quelqu'un frappa à la porte. La personne derrière n'attendis pas ma réponse pour actionner la poignet. Je ne serais jamais chez moi.
- Tu es réveillée, c'est bien. Me salua-t-elle, un sourire triste caché sous un maquillage de mensonge.
Jenna s'arrêta, n'osant faire un pas de plus. Elle me regarda de bas en haut. Je m'étais endormie dans les vêtements de veille. J'avais besoin d'une douche. Son regard se détacha de moi pour faire le tour de la pièce. Rien n'avait changé. Je n'avais rien touché.
- Tu n'as sûrement pas eu le temps de t'installer.
Elle attendit sûrement une réponde de ma part, mais que pouvais-je dire ? Je ne souhaitais pas m'installer, ma place n'était ici. Comprenant que je ne parlerais pas, elle continua.
- Tu aimerais te rafraîchir je suppose. La salle de bain est au fond du couloir. Les garçons sont déjà prêt.
Je fis un simple mouvement de tête.
- Fais vite si tu ne veux pas rater le petit-déjeuner. Les garçons ne vont pas tarder à partir Andrew vous amène. Précisa-t-elle.
Ne s'attendant sûrement à aucune réponse de ma part elle partie.
Je pris ce qu'il faut dans mon sac de voyage et me précipitais vers mon salut. La salle de bain était de taille moyenne pour une famille composée de quatre personnes elle était suffisante. Je déposais doucement mes affaires et fis couler l'eau. Je me dépouillais des vêtements de la veille, ils me collaient comme une seconde peau. J'accueillis l'eau sur mon corps comme une délivrance. Je ne pouvais pas m'éterniser, je me dépêchais de sortir et de m'habiller. Mes yeux se posèrent par inadvertance sur le grand miroir qui était posé dans le coin de la pièce. Il renvoya la silhouette d'une fille perdue et fatiguée. Je ne pouvais même plus me regarder. Je ne pouvais pas, je ne voulais pas être confrontée à la misérable enveloppe que j'étais devenue. Je sortis précipitamment, rangeais rapidement mes affaires, sac à dos vissé sur une épaule. Je soupirais. Je ne pouvais pas y échapper.
Je descendais prudemment les marches, tous mes sens étaient en alerte. Arrivée dans la salle à manger, je remarquais directement qu'il manquait une personne et le soulagement s'abattit sur mes épaules.
- Viens manger, vous allez finir par être en retard. Jenna me parla tout en posant une assiette fumante et appétissante. Tu dois passer au secrétariat avant les cours. M'informa-t-elle.
Politesse.
- Bonjour. Un simple murmure accueilli par des salutations vagues de la main de la part des adolescents qui terminaient leur assiette.
Je m'assis lentement regardant presque méfiante l'assiette posée devant moi.
- Tu dois être affamée. Mange autant que tu le veux. Encore ce sourire triste. Tu dois pardonner William, il était inquiet.
Je me figeais. Inquiet. Il était tout sauf.. inquiet. Jenna s'activait dans la cuisine qui communiquait avec la pièce. Je pouvais la voir frotter le plan de travail, ses mains devenant rouges sous l'effort. Je mangeais assez rapidement, je ne savais pas quand je pourrais manger. Alors que je comptais débarrasser une main fatiguée me stoppa.
- Ne t'occupe pas de ça pour le moment.
Elle me tendit un un billet pour mon déjeuner et me hâta pour que je parte, ses fils m'attendaient déjà dans la voiture. Avant de monter dans la voiture je regardais vers la porte d'entrée et tombais sur sa silhouette fragile. Jenna Fever Watson était un mystère.
OoOoO
- Papa pourquoi tante Jenna ne vient plus. La voix d'un petit garçon s'élève dans le lit que borde un homme.
Celui-ci regarde affectueusement ses deux anges couchés près l'un de l'autre.
- Ce sont des affaires de grandes personnes. Répond l'homme en caressant la chevelure de son fils.
- Mais je veux savoir. Bougonna le petit, lâchant la main de sa sœur pour croiser ses petits bras sur sa poitrine.
- Nathanaël. L'homme soupire tout en souriant. Devant les yeux suppliant de son fils, il lâcha quelques mots énigmatiques. Protège bien ta sœur, moi je n'ai pas su le faire.
Il se leva, mettant ainsi fin à la discussion. Il embrassa le front de ses deux enfants. L'homme s'en va et disparaît derrière la porte de la chambre.
Le petit garçon se leva une fois qu'il entendit la porte se referme et rejoignit sa sœur qui n'avait pas dit un mot. Il la prit dans ses petits bras la serrant de toutes ses forces, ce soir il y aurait de l'orage. Nathanaël savait à quel point sa jumelle pouvait en avoir peur.
- Je te protégerais... toujours...
OoOoO
Je sortis de mes souvenirs quand une main se posa sur mon épaule.
- On est arrivé. Matt parle sans me regarder, aucune émotion ne découle de ses paroles.
Je m'excuse vaguement et sors rapidement de la voiture. Je regarde Forks High s'élever devant moi. Une façade terne et sans vie. Elle reflétait bien toute cette ville. L'humidité et le temps avaient rongés les peintures et la rendaient sombre. L'agitation était reine sur le parking. Les élèves se retrouvaient, se sautaient littéralement dessus, des frappes amicales dans le dos. Ils semblaient tous se connaître, et j'arrivais dans cette mascarade homogène. Le lycée... place des pires hypocrisies.
- Fever. Andrew m'appelle. Je le regardais vaguement, montrant qu'il avait mon attention. Tu t'en sortira ? Le secrétariat. Ajoute-t-il devant mon manque de réaction.
- Je me débrouillerai.
Sans demander son reste, il me tourna le dos pour rejoindre ses amis, je supposais. De la voiture je pouvais voir qu'il était apprécié, tout le monde souriait à son arrivée.
Je marchais lentement, regardant le sol et évitant de poser mon regard sur un quelconque élève. Je serrais fortement la bretelle de mon sac à dos et me dirigeais temps bien que mal vers le secrétariat. Il n'a pas été tellement difficile à trouver. Ce n'était pas un grand lycée, et l'accueil était relativement bien indiqué.
J'entrais doucement et toussais légèrement pour me faire remarquer. Le bonjour ne semblait pas l'avoir interpellé. La secrétaire semblait dans la lune ou préoccupée par quelque chose. Je sentis son regard se poser finalement sur moi.
- Désolée. Je peux t'aider.
- Je suis nouvelle.. Commençais-je
- Ton nom ? Elle me coupe sans cérémonie. Je soupirais intérieurement. Lourdement.
- Fever. Je lui répond un peu plus sèchement, j'étais irritée.
- Ah oui, tient signe ici, ta fiche de présence que tu devras présenter à tes professeurs et ton emploi du temps avec un plan du lycée.
- Une fiche de présence ? J'ai demandé, l'incompréhension était présente.
- Ton tuteur l'a demandé.
Je n'ai rien dis. Je maudissais intérieurement William Watson.
- Tu devrais aller à ta première classe, les cours ne vont pas tarder à commencer.
Je la remerciais et pris les feuilles sur le comptoir, sur le chemin de ma première classe je me demandais si j'allais faire une esclandre dès le premier jour. Après tout depuis que j'étais arrivée dans la vie de ce psychopathe je n'étais pas dans ses petits papiers. Il me suivait à la trace. Ce pouvait-il qu'il y ait un endroit pire que l'enfer ? Si oui j'y étais.
Je commençais par littérature. J'entrais nerveusement dans la pièce. Les élèves étaient déjà présent et le bruit était infernal. Le professeur n'était pas encore là. Je restais sur le pas de la porte, assez décalée pour ne pas déranger les personnes entrant et stratégiquement tournée vers le couloirs pour ne tenter d'avoir mon conscience des élèves qui m'avaient remarqué.
C'est à ce moment là qu'a commencé l'insupportable routine. Aller en cours. Se présenter au professeur. Tenter de s'asseoir sans jamais croiser un regard. Et le plus important. Se couper de ce monde.
La matinée touchait à sa fin et j'étais déjà catégorisée. Je m'en fichais. Je me dirigeais lentement vers la cafétéria, le couloirs était pratiquement vide, tous les élèves s'étaient rués pour aller manger j'étais plongée dans mes pensées - tellement que je n'ai pas fait attention aux agitation de Nath à côté de moi – et que je rentrais dans quelque chose de dur. Je tombais brutalement en arrière, mes affaires se déversant misérablement sur le sol. Je soupirais, autant pour la douleur que pour l'humiliation.
- Ça va soeurette ?
Je n'ai rien répondu, je restais assise sur le sol froid regardant mes affaires. Alors que je commençais à les ramasser une main épaisse entra dans mon champ de vision. Elle ressemblait à celle de Nath..
- Désolé. J'espère que ça va.
- Les fantômes sont des armoires à glace maintenant. Je murmurais doucement.
- Je ne pense pas que...
Je finissais de ranger mes dernières affaires quand la main me tendit le livre restant. Je la regardais sans bouger. Depuis quand peuvent-ils tenir des objets maintenant.. alors que je m'attendais à ce que ma main traverse la sienne, elles entrèrent en contact... Froide mais réel. D'effroi je levais les yeux, en dehors de toute vigilance, une constante que je m'étais obligée depuis, je croisais un regard rieur.
Mon cœur s'emballait. Non. S'il vous plait...
- Soeurette ? J'entendais la voix de mon « frère » comme un lointain échos.
J'étais figée dans ces yeux. Je savais. Je partais. Un autre temps. Des arbres. Une forêt. Une journée froide. Les premières traces de l'automne jonchaient le sol. Un rire. Insouciant. Une respiration lourde. Des petits cœurs qui battent frénétiquement. Un plus gros inquiet. Une attaque. Violente. Du sang. Partout. Un corps déchiqueté. Une respiration lente et sifflante. Le cœur s'épuise... La mort arrive.
Je revenais lentement, mon regard toujours dans un océan ocre qui se confondait dans une marre de sang. Rouge. Doré. Rouge...
Je retirais violemment ma main.
- Hey...
Je ne le laissais pas terminer. Je devais fuir. Je pris mon sac précipitamment, ne récupérant pas le livre tendu et je cherchais la première sortie. Le vent frappait durement mon visage, mes cheveux volant devant mes yeux. Je marchais rapidement en dehors du parking essayant de rentrer et de retrouver une sécurité relative. Je savais au plus profond de moi que je regretterai d'être rentrée et que le patriarche Watson allait me le faire comprendre. Tout au long du chemin je tremblais.
OoOoO
Une fois arrivée devant la maison, j'hésitais à rentrer, je n'ai pas eu à penser longtemps à ce que je devais faire car la porte s'ouvrit sur une Jenna confuse. J'étais faible, une fois que je l'ai atteinte, je me suis écroulée dans ses bras. Je fus surprise par l'accueil réconfortant dans lequel j'étais tombée. Dans mon esprit troublé je m'attendais à tout sauf à une main bienveillante.
« Les Fever sont comme des loups. »
La suite n'était qu'un flou de mouvement, de parole, de voix, je voyais sans voir Jenna se déplacer autour de moi. Elle était inquiète. Pour moi. Pour elle. Je revenais un peu lorsque je sentis une main froide sur ma joue. Je repartais lentement... j'étais épuisée. Avant de sombrer je perçu quelques mots.
- Je suis désolée.
« Les loups se protègent »
Lorsque je me suis réveillée la nuit s'était doucement installée dehors. Il faisait sombre, j'étais lourde, je regardais tout autour de moi... j'étais dans ma chambre... la seule lumière était celle qui s'infiltrait en dessous de la porte. Encore partiellement embrumée, je pouvais entendre un bruit persistant. Des gouttes qui tombaient dans un rythme régulier. Mon regard se pose sur mon bras nu... une perfusion.
- Est ce que tu m'entends ? Une voix s'élève dans le silence.
Je regard tout autour de moi.
- Où es-tu ? Je murmure faiblement, ma gorge est sèche.
- Juste à côté de toi.. La voix panique. Tu dois te battre... tu dois...
« L'ennemi mortel se dissimule. »
La voix s'éteignit doucement en même temps que la porte s'ouvrit sur une silhouette familière.
- S'il te plait... Will...
La plainte qui était prête à s'élever s'arrêta brusquement. Ma vue était trouble, mes sens se sont mit en alerte quand je ressens le mouvement, les pas lents faisaient craquer le parquet de la pièce.
Je sentis le côté droit du lit s'affaisser sous le poids de l'intrus.
- Tu m'as déçu. Je ne pensais pas que ce serait si tôt, cependant. Le visage se reproche.
J'essayais de répondre, de m'écarter... je ne pouvais plus bouger..
- Je vais faire ce que j'aurai dû faire depuis ton arrivée. Un souffle sur mon visage.
- William ne fait pas ça... tu m'avais...
- La ferme. La voix claque de l'air. Des sanglots retenus.
- Je ne tolère pas la honte. Tu es une honte. Une seringue.
Je sombrais lentement alors que mes yeux regardaient du mieux qu'ils pouvaient le visage monstrueux.
- Tu... plus... honte.
Des bribes de mots. Une main rude sur mon corps passif. Je partais.
« William Watson est un ours » Ma mort.
Qu'en pensez vous ?
J'aimerais vraiment votre avis, bien que j'aime écrire cette histoire, le manque d'avis me fait douter de l'intérêt de celle ci et de si je dois continuer.
Deux questions : j'aimerai faire intervenir le point de vue de Jasper mais j'hésite. qu'en pensez vous ? Si oui, je le fais intervenir dans un même chapitre que celui de mon personne principal où préférez vous une chapitre qui lui est uniquement dédié ? J'espère avoir votre opinion.
AraHwang
