Coucou tout le monde!!
Et un 4ème chapitre pour Sirius et Maïa. J'avoue que je suis plutôt satisfaite, 6 reviews pour le chap précédent, c'est déjà mieux que pour les 2 premiers! J'espère que vous allez continuer de commenter, parce que vraiment, c'est pas facile d'écrire sans connaître la qualité de ce qu'on fait :s
Vous avez peut-être remarqué: j'ai rajouté des dates au débuts des chapitres, comme dans moonlight. J'ai pensé que ça serait pas plus mal pour vous de pouvoir situer l'action dans le temps, et puis moi, ça m'évite de m'embrouiller entre les 2 fics :)
Ha vi, j'ai un truc à dire, aussi. Non, 2. Numéro 1: pour celles qui lisent moonlight, la fic va prendre un peu de retard. Pas parce que j'ai plus d'inspi ni quoi que ce soit du genre, mais parce qu'elle est bourrée de spoilers pour cette fic. Alors je dois faire avancer shooting stars avant de reprendre moonlight :D
Et pis le der des ders: j'ai commencé un recueil d'OS (Storm, Haunting Song) qui seront tous des songfics sur des couples totalement différents, et avec des ratings différents à chaque fois. Pour l'instant, je n'en ai écrit qu'un (il contient d'ailleurs un clin d'oeil à certaines lectrices qui se reconnaitront), mais le second est en cours d'écriture. A bon entendeur...
Ha si, encore un truc!! J'ai autorisé les reviews anonymes (j'avais zapé de le faire), alors vous gênez pas ;)
Bonne lecture!
4. Rain, clothes and human beings
1977, le 21 Décembre
Pourquoi les choses peuvent-elles changer? Dès le début de ma vie, tout a été réglé. Tu va ressembler à ça, tu vas faire ci, aller là, et mourir à ce moment-là. Et j'adore cette façon de voir les choses: aucune surprise, rien qu'une bonne vieille routine, et chaque évènement plus prévisible que le précédent. C'est la sécurité même. Je ne comprendrais jamais ces dingues qui veulent une vie trépidante...Une vie ne leur suffit donc pas?
Ma vie est devenue encore plus monotone, lorsque je suis entrée à Poudlard. C'est un peu mon métro-boulot-dodo personnel, en fait. Je me lève, me lave, m'habille, vais en cours, mange, et recommence ce procédé à l'envers, avant de me mettre au lit. Et je ne parle à personne, et je ne vais jamais à aucune fête particulière, ni aux grands banquets, et encore moins assister au matchs de Quidditch. De toute façon, je n'y comprends rien, alors je vois pas l'intérêt.
Enfin, si je dis tout ça, c'est juste pour vous mettre dans le bon contexte. Oubliez les clichés de la fille paumée qui attend avec impatience qu'un preux chevalier vienne la sortir de la merde où elle patauge...Je ne suis pas ce genre de fille. D'abord parce que je ne cache aucune beauté qui pourrait vous éblouir une fois que je serais apprêtée, et en plus parce que je suis vraiment bien, là, en train de patauger, et que ça me gonflerait royalement que ce foutu prince se montre et m'embarque avec lui.
Mais la vie est mal fichue, et je n'y suis pour rien. Parmi toutes ces filles qui s'ouvriraient les veines ou donneraient un de leurs reins pour être à ma place, il a fallut que ce soit sur moi que ça tombe. Remarquez c'est toujours comme ça, ce genre d'histoire, sinon ça ne vaudrait pas le coup d'être raconté, si? Donc sans vraiment avoir le choix, je suis en train de me faire secourir de la monotonie où je m'enfonce depuis dix-sept ans.
Au début, on aurait pû croire que c'était un pur hasard. En fait, si on met de côté ma parano, c'était vraiment un hasard. Et puis c'était un peu de ma faute, aussi: qui irait se poster à l'abris d'un arbre alors qu'une bande d'inconscients font une bataille de boules de neige à moins de trente mètres de nous? Donc, accordons-lui le bénéfice du doute. En plus, sympa, il vient s'excuser et tout...Bon, il s'éternise un peu, mais disons que c'est un garçon très poli.
Ensuite, il y a eu Rose. Je le savais déjà, que cette fille était une obsédée des relations humaines, mais elle a dépassé ses limites. Elle a dû croire que Black et moi étions devenus amis, en tout cas, parce qu'elle m'a fait un énorme sourire très sincère, qui m'a flanqué des frissons dans le dos. Il faut dire que je n'avais jamais vu quelqu'un étirer ses lèvres aussi largement dans ma direction, et j'ai eu peur que sa peau se fende aux comissures. En tout cas, elle a compris que ce n'était pas trop mon truc, parce qu'elle n'a pas insisté.
Honnêtement, à ce moment-là, j'ai crû que ma vie était redevenue normale. Enfin, qu'elle était redevenue ce qu'elle était avant, quoi...Mais non! C'était sans compter sur Black! A peine cinq jours plus tard, alors que je profitais d'une après-midi de libre pour lire, il est encore venu me perturber. Le bon point, c'est que cette fois, il ne m'a rien envoyé en plein visage. Le mauvais, c'est qu'il a insisté pour qu'on discute. Je pense qu'il était venu avec Remus, parce que c'est lui qui est venu me sauver, quelques longues minutes plus tard.
Enfin, tout ça ce n'est rien comparé à ce qu'il m'a réservé aujourd'hui. Je ne sais pas encore ce qu'il me veut. Est-ce qu'il aime me torturer, ou est-ce qu'il est lui même masochiste et dans ce cas il apprécie ma façon de l'envoyer se faire cuire un oeuf? Je n'en sais rien, mais pour que vous compreniez bien mon degré d'agacement, je vais devoir vous raconter ma journée depuis le levé. Vous avez de la chance, j'en suis seulement au cours de dix heures...
Tout a commencé ce matin, quand je me suis réveillée. Comme tous les matins, j'ai regardé vers la fenêtre, et j'ai constaté qu'il pleuvait à torrent. Ce n'est pas que je n'aime pas la pluie, mais aujourd'hui j'ai tout un tas de cours en extérieur, et comme par hasard, il pleut! Ca commençait donc mal. Et puis j'ai cru que j'avais de la chance: il était super tôt, apparemment, et toutes les filles de mon dortoir dormaient encore. Je pouvais donc profiter de la douche sans entendre tambouriner à la porte de la salle de bain.
Un peu plus légère, je saute de mon lit et m'engouffre dans la baignoire pleine. Je ne suis pas du genre à passer des heures dans mon bain, mais une fois de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Je lis donc mon bouquin, lunettes sur le nez, tout en barbottant dans l'eau chaude. Je me lave les cheveux, le corps, et finit par un brossage de dents lorsque je sors de la baignoire.
Ma seconde mauvaise surprise de la journée, je l'ai eu lorsque je suis revenue dans la chambre. Comme tous les matins, les elfes avaient fait apparaître des uniformes propres pour chacune d'entre nous. Sauf le mien. Décidément, j'étais plus transparente que je ne croyais: même les elfes de maison ignoraient ma présence! Et j'ai donc dû descendre en serviette jusqu'à la buanderie, au rez-de-chaussée.
Comme je l'ai dit, il était encore très tôt et j'étais presque sûre de ne croiser personne, mais forcément, il a fallut que cette maudite chauve-souris de Snape se mette en travers de mon chemin. Bon, j'ai eu le plaisir de découvrir que lui aussi ignorait mon nom, ma maison, et même mon année. Je me suis inventée une idendité bidon pour qu'il aille commérer sur quelqu'un qui n'existe pas, et j'ai pu passer mon chemin sans trop de difficulté.
Après ces péripéties, j'ai enfin pu m'habiller. Quand je suis remontée dans les dortoirs, les filles ont été un peu surprises de me voir arriver en serviette, mais elles n'ont pas osé faire de réflexion. Pas dans le sens où je les intimidais, mais je pense qu'elles n'en avaient absolument rien à faire. Je ne pense pas qu'elles iront raconter cela. Il n'y a que Tanya Kay qui soit une vraie langue de vipère, dans cette chambre, et il faudrait qu'elle soit bien désespérée pour n'avoir que des ragots sur moi à colporter!
Mon uniforme enfin ajusté, ma cape nouée autour de mes épaules, j'ai enfin pu partir vers mon premier cours: Potions. Slughorn est loin d'être mon prof préféré, mais au moins il me laisse dans mon coin. Il n'a d'yeux que pour Evans et McGlass, de toute façon! Bon, c'est vrai que je suis nulle et qu'elles sont plutôt brillantes quand il s'agit de faire une mixture, mais il est à la limite de l'attaque cardiaque dès qu'il les voit entrer dans sa salle!
Pour courronner le tout, je me suis renverser de la potion sur la cuisse. Et forcément, il a fallut que le cours d'aujourd'hui porte sur la potion de démangeaison...Slughorn a dit que ce n'était pas la peine que j'aille à l'infirmerie, que les démangeaisons partiraient d'ici midi. Espérons. Je jurais dans mon coin pendant que mon partenaire, Michael Core, reprenait seul la potion.
Heureusement, les bas de l'uniforme ne montent que jusqu'à mi-cuisse, et je pouvais les descendre légèrement pour me gratter. Mince consolation, je sais...Bientôt, la fin de ce cours sonna, et j'ai renfilé ma cape avant de foncer hors de ces maudits cachots. Malheureusement, ce qui m'attendait ensuite ne valait pas vraiment mieux: Botanique. Un cours qu'on partage avec les Poufsouffle, dans les serres du parc.
Pour y aller, il faut bien sûr sortir du chateau, et traverser la cours et une partie du parc. Comme je l'ai dit, il pleut aujourd'hui. La pluie abondante a transformé la neige damnée des jours précédents en une boue visqueuse qui s'infiltre dans les chaussures et colle au bas. Comme les autres filles, je suis maintenant boueuse jusqu'aux genoux, et mes cheveux ressemblent à des queues de rats passées à l'eau oxygénée. Super.
Voilà, vous connaissez maintenant le début de ma journée. Pas terrible, hein? Y a des jours, comme ça, où on devrait rester coucher...Mais ce n'est pas fini, ça serait trop banal si je n'avais plus à me plaindre, n'est-ce pas? Donc reprenons là où j'ai laissé l'histoire. Je rentre dans les serres, à la fois bousculée par les Gryffondors et les Poufsouffles, et je vais directement à ma place habituelle: c'est un petit coin tranquille, où je suis à demi-masquée par une plante géante.
Je pose mon sac par terre et commence à observer l'horreur verte posée devant moi. Je vais donc devoir m'occuper de ce truc? Apparemment, plus on avance dans le programme, plus les végétaux ressemblent à des monstres anthropophages! Mais ce n'est pas mon seul soucis. Vous plaisantez, ce serait trop beau! Alors que le prof commence à raconter son blabla sur comment-les-plantes-c'est-super-joli-et-en-plus-super-utile, quelqu'un s'approche de moi.
"- Excuse-moi, ça te dérange si je me mets à côté de toi?" Me demande une voix masculine.
J'aimerais me la jouer jeune fille candide, et vous dire quelle a été ma surprise quand j'ai découvert le visage de Sirius Black, mais ce serait mentir. Le vérité, c'est qu'à peine il avait prononcé le premier mot que je savais déjà que c'était lui. D'abord, qui d'autre serait venu me parler? Et ensuite, même si j'ai un peu plus de mal à l'avouer, j'ai déjà mémorisé sa voix. Son ton sombre et chaud, où il cache toujours une pointe de dérision...Je le reconnaitrais entre mille. Enfin, surtout parce que c'est le seul que je connaisse!
"- En fait, ça me dérange d'avoir quelqu'un à côté." Réponds-je de mon ton le plus calme. Il me sourit avec l'air satisfait et s'installe à la place voisine de la mienne. Je hausse les sourcils. "Ce que je voulais dire c'est que..." Commence-je, essayant de lui faire comprendre gentiment que je ne veux pas de lui ici. Mais il me coupe carrément la parole, cette fois.
"- Tu t'appelles Maïa, c'est ça?" Demande-t-il, toujours ce satané sourire aux lèvres. Je soupire et acquiesce. Apparemment, il n'est pas décidé à me laisser tranquille, alors autant le laisser se faire du mal tout seul. "C'est Remus qui me l'a dit." Avoue-t-il.
"- Ca doit être asse utile d'avoir un ami préfet-en-chef, non?" Demands-je un sourire aux lèvres. Il hausse les épaules. Je sais très bien que Remus connait mon prénom seulement parce qu'à cause de son poste, il a contact avec le tout Poudlard, rien à voir avec de quelconques affinités.
"- Et maintenant, utilisez cette pincette..." Ordonne le prof en montrant un outil. "...Et coupez toutes les pousses autres que la principale."
Mon petit machin (je n'ai pas écouté lorsqu'il a donné le nom), est une sorte de bonzaï. Un bonzaï tordu qui a l'air de ronfler, mais en somme, un bonzaï. Effectivement, de petites pousses cherchent à voler sa place au tronc de part et d'autre du pot. Je me saisis de la pincette et commence à éliminer les intrus, comme mon voisin. C'est plus facile à dire qu'à faire: les pousses se rebellent et s'échappent à l'autre bout du pot ou s'enfoncent dans la terre chaque fois que je vais les couper.
"- Quelle merde!" M'exclame-je machinalement. Sirius se met à ricaner, et je m'aperçois qu'il vient parfaitement à bout de ses pousses. Toujours hilare, il s'approche de mon pot et saisis une pousse avec son gant. De sa main libre, il sectionne à ras la terre. Il me tend la pousse avec un air à la fois amusé et supérieur que je ne supporte pas. "Quand j'aurais besoin de toi, je te sonnerais, Merlin."
Il ne répond rien et se renfrogne un peu. Je n'irais pas jusqu'à dire que je me sens coupable de l'avoir rabroué, mais j'avoue que je n'ai pas été très agréable. Je continues de couper mes pousses comme il me l'a montré, pendant que le monologue du prof sert de bruit de fond. Je ne sais pas vraiment quel comportement adopter avec lui. Ca serait tellement plus simple s'il acceptait de me laisser en paix. Je n'ai jamais demandé après ses discussions, alors pourquoi s'obsède-t-il comme ça?
"- Tu sais, si tu agis comme ça avec tous ceux qui veulent apprendre à te connaître, c'est pas étonnant que tu sois toute seule." Soupire-t-il. Nos regards se croisent, et il a l'air de regretter immédiatement ses paroles. Je prends mon air le plus dédaigneux pour lui répondre, car c'est ce qu'il mérite.
"- Personne ne veut apprendre à me connaître, et il n'y a que toi pour croire que j'ai envie de connaître quelqu'un." Rétorque-je. Il arrête de s'occuper du petit machin et se tourne vers moi, avant d'enlever ses lunettes de protection. Ca doit encore être une technique de corruption spéciale maraudeurs. J'avoue que je me laisse distraire par ses yeux, mais ça ne dure qu'une seconde. Pourtant, il a l'air satisfait.
"- Je suis sûr que si tu essayais, ça te plairait." Affirme-t-il.
"- Tu as sûrement raison. D'ailleurs, je vais me mettre à chercher des amies tout de suite. On pourra parler coiffure, maquillage et fringues..." Dis-je sur un ton faussement rêveur. "Ho et puis on parlera aussi de garçon, parce que d'ici là, je serais sûrement tombée folle amoureuse de toi!"
Il me fixe un instant avec un air intrigué, puis il éclate de rire avec plus de franchise qu'il n'en a jamais montré. J'avoue que son rire est assez communicatif, car je me mets également à ricaner, tout en fixant ma plante. Malgré cela (et les lunettes de protection qui réduisent sensiblement mon champ de vision), je m'aperçois qu'il se remet à me jauger du regard.
"- Tu sais, si tu toises tous ceux que tu veux apprendre à connaître, c'est pas étonnant que tu te fasses remballer." Râle-je en reprenant ses mots. Il rit dans son absence de barbe et se remet au travail.
"- Saches que je me fais rarement remballer, comme tu dis..." Se vante-t-il avec son air prétentieux et joueur. Lorsque je me tourne vers lui pour lui envoyer mon regard le plus dédaigneux, son expression me la coupe courte.
Comment fait-il pour donner autant de classe à des gants de travail? Il est appuyé sur le plan de travail de bois, ignorant complètement le végétal dont il doit prendre soin. Le menton posé sur son poing, il m'observe en faisant la moue. Ses lunettes, toujours remontées sur son front, me laissent profiter de son regard métallique. J'essaye de reprendre mes esprits le plus vite possible, de la meilleure façon que je connaisse.
"- Il y a toujours une première fois." Lance-je simplement, un peu plus sèche que ce que je devrais être. Ca le fait à peine sourire.
"- Je suis content. Tu avoues enfin que ce n'est pas parce que tu n'as jamais eu d'amis que tu n'en auras jamais. Il y a toujours une première fois!" S'exclame-t-il, tout sourire, haussant les épaules. Je suis rouge de colère, mais plutôt que de le satisfaire en laissant libre cours à la passion, je me reconcentre sur les ordres du prof.
"- Chacun ouvre son livre page 253, et lit la partie histoires et origines. Pendant ce temps, les plantes vont pouvoir profiter des traitements qu'on vient de leur administrer." Explique-t-il, satisfait du travail des élèves. Personnellement, je m'étais arrêtée à la partie coupez les pousses, alors je ne crois pas que la pause lecture sera très profitable à mon cobaye.
Peu importe, je fais simplement ce qu'on me dit de faire. Sans plus faire attention à mon voisin, je sors de ma besace de cuir un livre relié et ma paire de lunettes. Je ne peux pas vraiment dire que le texte soit intéressant. Découverte de la plante, traitements magiques indispensables, plantes magiques ou moldues de la même famille...Comme vous vous en doutez, je m'en balance comme de ma première culotte.
Je lâche un long soupire et relève le nez du bouquin avant la fin du troisième paragraphe. Ma cuisse me démange affreusement, et je suis obligée de retirer mes gants et retrousser ma jupe pour faire crisser mes ongles sur la peau diaphane. En tournant la tête, je m'aperçois que Black -pour changer, un peu- est en train de me détailler de long en large. Je sens mes joues s'enflammer -encore une réaction stupide-, et je me demande soudain si je suis bien coiffée. Ce qui est non seulement ridicule de ma part, mais en plus complètement idiot: mes cheveux sont lisses et donc pratiquement indécoiffables!
Sirius doit s'apercevoir que des rougeurs ont atterri sur mes joues, car il se met soudain à sourire. Un de ces sourires insupportables, vous savez...Grand, secret, avec un mélange de moquerie et de charme qui vous met mal à l'aise. En toute honnêteté, la seule chose que j'ai envie de faire à l'instant est de lui envoyer mon poing dans la figure. Ca me détendrait un peu, et avec de la chance, ça ferait disparaître son sourire de coq.
"- J'aime bien tes lunettes." Me dit-il nonchalamment, avec ce même ton narquois. Je pince les lèvres, et je pense que ça doit me faire une tête de bibliothécaire, car j'ai l'air aussi rigide qu'un poteau électrique.
"- Arrête de faire ça." Ordonne-je. Tout fier de son compliment, il hausse les sourcils, étonné que je l'éjecte de son piedestal sans plus de cérémonie.
"- Arrête quoi?" Demande-t-il. J'émets une sorte de feulement qui le fait sourire à demi, et passe une main dans mes cheveux. Il ferme alors les yeux. Décidemment, je ne le comprendrais jamais, ce mec, pense-je en faisant rouler mes yeux.
"- Arrête de me regarder, arrête de me parler, arrête de jouer au pote avec moi, arrête...Stop. J'ai aucune envie de te connaître, et encore moins que tu me connaisses." Dis-je, cette fois volontairement sèche et distante.
Il reste immobile et silencieux un instant, puis j'entends le prof annoncer la fin du cours. Sans perdre une seconde, je fourre mon livre dans ma besace et la jette sur mon épaule, mes lunettes toujours sur le nez. Je contourne Sirius et vais pour quitter la serre. Malheureusement, la foule aussi pressée que moi de quitter les couleurs et odeurs pestilentielles qui vont de paire avec la botanique m'empêche d'avancer. Je franchis enfin les immenses portes vitrifiées lorsque sa voix retentit derrière moi.
"- Même pas en rêve!" Me crie-t-il, toujours devant sa plante. Je me retourne pour lui lancer un regard noir, mais il sourit et m'adresse un clin d'oeil espiègle. Un nouveau râle -trop discret pour qu'il puisse l'entendre- s'échappe de ma gorge. Foutu preux chevalier de mes deux!!
