CHAPITRE QUATRE

Le secret de Rogue

La vie s'écoulait lentement à Poudlard. Hermione s'attachait à passer inaperçue et de ne surtout pas déranger son austère et néanmoins mystérieux mari. Il n'avait pas renouvelé les gestes de tendresse qu'il avait eut lors des repas. Non il l'ignorait superbement et entièrement. La mélancolie gagna bientôt Hermione. Elle errait en ce début de matinée dans un couloir qui menait à la bibliothèque, son visage maintenant triste et fermé, toute vêtue de noir. Deux semaines qu'elle était revenue à Poudlard, deux semaines qui avaient la consistance d'une prison. Elle ne pleurait plus à présent, s'étant fait une raison sur son sort. Les sortilèges de Bellatrix lui semblaient n'avoir pas été aussi terrible que ça et elle regrettait que la sorcière ne l'ai pas tuée d'un avada kedavra. Tête baissée et frôlant le mur, des bruits d'explosion firent trembler le château. Elle vit alors Peeves qui balançait en riant des fioles contenant un produit explosif. Des élèves qui avaient cours dans une salle à proximité étaient allés voir ce qui se passait, quand Alecto jeta des sortilèges de tortures sur eux.

- ARRÊTEZ ! Intervint Hermione tout en s'interposant entre les élèves et la mangemort.

- Vous n'avez pas à me donner d'ordre fit mauvaise, la sorcière. Poussez-vous de là ! Sale sang-de-bourbe ou vous connaîtrez le même sort. Elle tendit alors sa baguette menaçante sur Hermione.

- Ce ne sont pas eux qui ont fait ces bruits. C'est Peeves ! Tenta t-elle alors d'expliquer.

- Non, ce sont ses sales morveux de gryffondor, rétorqua Alecto. Un élève tentait de se relever et la mangemort le remarqua. Endoloris ! Et le malheureux se tordit sous l'impact du sortilège.

- Non, non … si vous voulez attaquez-moi ! Mais laissez-les ! Hurla alors Hermione qui se mit encore plus devant, cherchant à devenir la prochaine cible.

Alecto ne put cacher un sourire mauvais. Elle regarda alors Hermione, pointa sa baguette et cria son sortilège, y mettant autant de haine que possible.

- ENDOLORIS ! Un éclair jaillit de sa baguette, et frappa Hermione qui s'écroula tout en se tordant de douleur. ENDOLORIS ! ENDOLORIS ! Hurlait à présent Alecto.

Hermione se revit au manoir, les voix d'Alecto et de Bellatrix mêlées dans leur fureur. Soudain elle ne sentit plus la douleur. Un couloir blanc , stérile, apparut. « Je suis morte … » fut sa dernière pensée.

Elle ouvrit les yeux, le corps enraidi par les contractures causées par le sortilège d'Alecto. Un parfum de Chocolat lui fit tourner la tête. Une tasse avait été posée sur son chevet. « Qui … ? » parvint-elle à murmurer, n'espérant en retour aucune réponse.

- Moi. La voix de Rogue la fit tressaillir.

« Je rêve ». Hermione ferma les yeux et laissa tomber sa main. Une douce chaleur lui parvint alors. Rogue l'avait prise et lui caressait la paume, le regard vague. Ils restèrent ainsi une heure voire deux. Aucun n'avait émis un son, une parole. Hermione plus touchée qu'elle ne l'aurait tout d'abord crue se rendormit, un sourire angélique illuminait son visage d'ordinaire si mélancolique. Rogue, assis à ses côtés, faisait face à la plus grosse remise en question que lui ait fournie son existence.

« Pourquoi Miss Granger, pourquoi me tourmentez-vous ainsi ? » ne cessait-il de se répéter. Son cœur avait faillit lui jouer des tours lorsqu'il avait vu sa femme étendue aux pieds de la mangemort au regard de folie.

- ARRÊTEZ IMMEDIATEMENT ! Avait-il hurlé et Alecto avait suspendu son geste.

- Rogue ! Votre femme cracha t-elle méprisante, a voulu sauver des élèves alors qu'ils avaient fait exploser des fioles chapardées je ne sais où !

- Êtes-vous certaine que c'étaient eux les fautifs ? Je vous rappelle que nous avons un fantôme des plus farceurs dans cet établissement !

- Ce sont eux, j'en suis certaine. Elle s'est interposée et a proposé d'être corrigée à leur place, termina t-elle, triomphante. Ce que j'ai fait ! Siffla t-elle.

- Evidemment, et c'est tellement plus facile face à quelqu'un qui n'a aucun moyen de se défendre, n'est-ce pas ?

Le regard de Rogue tomba alors sur le visage inexpressif d'Hermione, inconsciente.

- Partez, partez immédiatement ou je ne réponds plus de rien. Ce que vous venez de commettre sera rapporté au Seigneur-des-Ténèbres.

Alecto avait fusillé Rogue du regard et était partie, tête haute. Rogue avait soulevé sa femme - qui n'en avait que le titre - comme une plume, jetant un regard emprunt de tendresse vers la jeune sorcière. Une bataille se jouait au fond des prunelles sombres, noires comme un puits sans fond.

Il se leva et arrangea une des mèches châtain-clair qui tombait sur le visage d'Hermione. Elle était belle avec ce petit sourire. Une envie de déposer un petit baiser sur son front le prit soudain. Il allait le faire quand le visage d'une autre femme s'interposa et avec lui, celui d'un homme qu'il détestait au-delà du possible. Il s'écarta vivement du visage de la jeune sorcière et lâcha sa main. Il descendit dans son bureau et se posta devant une des fenêtres. Dumbledore dans son cadre semblait sommeiller, semblait seulement. Rogue soupira tout en se passant la main dans ses cheveux. Une voix qu'il connaissait que trop bien rompit le silence habituel de la pièce à la décoration austère et triste.

- C'est ennuyeux n'est-ce pas ?

- Qu'est-ce qui est ennuyeux ? Professeur Dumbledore, je ne vois pas où vous voulez en venir répondit Rogue, immobile, mains croisées derrière le dos.

- Les sentiments contradictoires. Il souriait, ses yeux derrière ses lunettes dissimulaient difficilement une certaine joie.

- Vos propos sont toujours aussi sibyllins Professeur.

- C'est ce que vous aimeriez croire mon ami. J'affirme que vous n'êtes pas aussi indifférent que vous voulez le paraître à notre Miss-je-sais-tout. Son regard bleu transperça alors le Directeur qui lui faisait maintenant face.

- Il n'y a rien entre elle et moi je puis vous l'affirmer, se défendit Rogue. Ses propos eurent pour effet de faire sourire encore plus Dumbledore. Ô et puis depuis quand vous intéressez-vous à ma vie sentimentale ? Attaqua t-il soudain.

- Depuis que le Seigneur-des-Ténèbres vous a lié – et soit dit en passant : c'est la meilleure chose qu'il ait fait durant sa vie – à la meilleure élève de Poudlard et de surcroît la meilleure amie de l'Elu.

- S'en est trop Dumbledore. Je ne veux pas en écouter davantage. D'un pas souple il quitta son bureau.

Il ne revint qu'en début d'après-midi, et trouva la chambre attenante inoccupée. Cela ne le surprit pas et il se plongea dans son travail. Dumbledore avait esquissé l'envie d'une conversation mais il avait coupé court en prétextant beaucoup de dossiers en retard et des problèmes d'intendance (et surtout de rébellion de la part de ce Neville Londubat qui avait choisi un bien mauvais moment pour jouer au résistant). Durant son absence Hermione s'était réveillée et avait bu la tasse, refroidie, qui avait été disposée sur la table de nuit. D'un pas mal assuré elle avait franchi le seuil de la chambre et descendue les escaliers en bois qui menait au bureau du Directeur. Les personnages dans les cadres n'y prêtèrent pas attention - sauf certains qui chaussèrent leurs lunettes vérifiant par là qu'ils n'étaient pas les victimes d'une hallucination visuelle –et continuèrent à dormir ou a vaquer à leurs occupations. Hermione, longiligne, sa robe noire recouvrant ses pieds, marcha jusqu'à la fenêtre d'un pas vacillant. Dumbledore ne fut pas le seul à la suivre du regard. Il fit taire d'un geste son homologue et serpentard qui s'apprêtait à dire une phrase ironique. Lentement elle se tourna vers le bureau de son mari et s'assit sur le fauteuil. Ses doigts tapotaient la surface polie du bureau, à côté du sous-main quand ses yeux cernés tombèrent sur bordure déchirée d'un document qui dépassait –légèrement – en dessous. Dumbledore observant son geste se mordit la lèvre inférieure. Il fut tenté de lui dire de ne pas regarder mais se ravisa en se disant qu'il est parfois bon de laisser-faire le destin. Hermione tenait dans ses mains la photo de la femme qui avait laissé une emprunte indélébile dans l'âme de Rogue. Elle lui rappelait vaguement quelqu'un mais qui …. Elle rapprocha la photo analysant la personne en mouvement qui poussait quelque chose ou quelqu'un. Des cheveux longs, un visage assez beau et soudain le rythme cardiaque d'Hermione s'accéléra. « Serait-ce … par Merlin serait-ce … » murmura t-elle. Elle se leva et se dirigea vers les étagères sur lesquelles étaient disposées les fiches de renseignements des anciens élèves. « Evans … Lily Evans, faites que je trouve … ». La boîte de l'année de scolarisation de la fameuse Lily Evans fut à sa portée. L'étiquette avait été endommagée et la boîte toute recouverte de poussières. Elle souffla dessus, et l'ouvrit. « Evans, non pas ça, ni ça » et soudain la fiche tant recherchée fut sous ses yeux. Elle la sortit et fit une comparaison rapide entre la photo et celle qui était sur la fiche de renseignements. C'était la même personne, elle en était maintenant sure et certaine. Rapidement elle rangea les indices comme elle les avait trouvés et se reposta devant son point d'observation. Dumbledore faisait des efforts colossaux pour ne pas parler. Enfin n'y tenant plus il détourna son attention en toussotant.

- Miss Granger ? Appela t-il doucement.

Pas de réponse. Hermione sourcils froncés était entrain d'assembler les pièces du puzzle de la vie de Rogue.

- Miss Granger répéta Dumbledore.

Elle émit un petit soupir et se planta devant le tableau.

- Que me voulez-vous Professeur Dumbledore ?

- Il faut que, enfin Séverus ne voudrait pas que … commença l'homme, s'interrompant, ayant soudain conscience qu'il marchait sur des œufs.

- Quel est le lien entre Lily Evans et Séverus Rogue ? Coupa Hermione en fixant l'ancien directeur dans les yeux.

- Hélas je ne peux rien vous dire fit Dumbledore, doucement.

- Ce n'est pas grave, je trouverais, je vous promets que je trouverais. Je sais maintenant que c'est elle qui l'empoisonne, qui l'empêche d'être heureux. Je vous fais la promesse que je rassemblerais les pièces du puzzle. Elle serra les poings et quitta à son tour le bureau.

Hermione sortit toute l'après-midi dans le parc. Elle avait besoin de la nature pour réfléchir. Elle passa devant la cabane d'Hagrid sans s'arrêter. Elle s'était changée et avait remis ses habits moldus pour plus de commodités. Le lac enfin apparut devant elle et immédiatement se mit à la recherche d'un endroit où elle pourrait réfléchir sans être dérangée. Un arbre attira son attention car ses branches basses pourraient lui permettre d'y grimper facilement, et une fois là haut elle pourrait surveiller les allées et venues des uns et des autres. Hermione s'y installa confortablement, referma sur elle sa veste et se mit en boule. « Lily Evans et Rogue avait un lien, lequel ? Déjà ils ont du faire leurs études ensemble », raisonna Hermione. « Il avait gardé sa photo alors qu'elle était morte depuis plus de quinze ans, ses sentiments devaient être donc très profonds, pourquoi ? », « ça il faut que je le sache au plus vite ». Elle soupira tout en regardant des canards sauvages amerrirent sur la surface lisse et calme du lac noir. Des animaux apparaissaient de temps à autre dans son champ de vision, se croyant à l'abri des regards des sorciers. Elle sourit, alors que le vent glacial commençait à fouetter son visage. « Rogue, je vous ferais oublier Lily ! Je vais vous séduire … et vous finirez par m'aimer, je suis sûre que vous le pouvez ! Votre façon de me toucher … vous pouvez vous montrer si doux quand vous le voulez ! Je sais maintenant que votre comportement n'est qu'une carapace qui dissimule un homme en or ». Elle remonta le col de sa veste et décida de regagner le château. Sur le chemin du retour elle croisa Drago et sa bande, qui l'évitèrent soigneusement comme si elle était devenue une pestiférée. Elle entra dans sa chambre, continua de la remettre en ordre et n'ayant rien à faire de plus, se dirigea vers la bibliothèque. Elle rencontra quelques élèves, certains bien amochés « sans doute à cause de ces monstrueux mangemorts ! » tempêta Hermione tout en les saluant poliment.

- Miss Granger ! Fit sur ses talons une voix sourde et reconnaissable entre mille.

Hermione, les yeux écarquillés se retourna et fit face à un Rogue furieux.

- Vous auriez pu me prévenir que vous quittiez mes appartements, continua t-il.

- Désolée fit mielleuse Hermione. Etant donné que vous ne me considérez pas comme votre épouse je me suis dis que ma présence ou mon absence vous importerez peu. La prochaine fois je vous ferais parvenir un hibou !

- Miss Granger je ne vous conseille pas de me faire passer pour un imbécile. Il remarqua alors son sourire moqueur et cela l'agaça prodigieusement. Il l'attrapa par le bras et la rapprocha de lui. Ils étaient à présent nez à nez. Les petits yeux de Rogue fixant ceux d'Hermione durant quelques secondes.

- Lâchez-moi ! Siffla la jeune sorcière tout en cherchant à se défaire de l'emprise de Rogue.

- Je n'en ai pas envi, répondit-il lentement tout en descendant ses yeux sur la bouche d'Hermione, rougie par le froid. Il approchait maintenant la sienne dangereusement et il l'embrassa. Elle en fut tellement surprise qu'elle se laissa faire. Quand Rogue mit fin à ce qu'il avait commencé, leur souffle était court. Il la regarda intensément tout en disant « vous voyez quand vous voulez … »

- Vous … pourquoi ? Répondit-elle, ne le quittant pas des yeux.

- Je donne plus de réalisme à notre couple ma chère. Ne vous faites aucune illusion sur mes sentiments réels.

La colère commençait à étouffer Hermione. Ainsi il jouait un rôle ? Il l'humiliait sciemment ! Il allait le payer.

- C'est vrai, vos sentiments vous les réservez à une femme qui est morte, à Lily Evans ! Je me trompe ?

Rogue pâlit. Il la saisit par les épaules et la plaqua contre le mur.

- Ne-vous-avisez-plus-jamais-à-prononcer-son-nom, compris ? Il se mit à la serrer plus fort, mais bizarrement Hermione ne ressentait pas la douleur. Elle allait lui faire mal, lui rendre la monnaie de sa pièce. Les yeux d'Hermione laissèrent transpirer une froideur implacable, une volonté farouche d'anéantir l'homme qui se tenait en face d'elle et qui jouait impunément avec ses sentiments.

- J'ai touché le point sensible à ce que je vois professeur cracha Hermione. Je vous déteste ! Lâchez-moi ! D'un mouvement brusque elle le poussa et continua sa route.

« Qu'est-ce qu'il est odieux ! Je le déteste ! » Se disait-elle alors que son corps se remémorait le baiser qu'ils venaient d'échanger. « Je pense que pour la séduction c'est raté … peuh de toutes façons j'ai perdu d'avance ». Hermione entra dans la bibliothèque, saisit un livre au hasard et s'isola le plus possible. Pour rien au monde elle souhaitait être surprise entrain de pleurer à cause de Rogue.

Il était resté immobile, encore sous le choc. « Comment avait-elle trouvé ? S'interrogeait-il ». Il croisa ses bras tout en remontant vers son bureau. De loin on aurait dit une chauve-souris qui allait prendre son envol tellement son pas était rapide. Il pénétra dans la pièce aux rideaux noirs, et s'assit tout en sortant du sous-main la photo de Lily. « Mais oui c'est évident ! Elle en a profité pendant que j'étais parti voir les Carrow ! ». Lentement il se tourna et appela Albus Dumbledore.

- Albus ! Cria Rogue.

- Oui Séverus, que puis-je pour v… commença Albus Dumbledore un sorbet au citron à la main.

- Miss Granger a fouillé dans mes affaires n'est-ce pas ? Attaqua sans préambule Rogue.

- Hum … je n'emploierais pas exactement ces termes Séverus fit Dumbledore, tout en avalant sa glace. Phinéas vous êtes d'accord avec moi n'est-ce pas ?

- Tout à fait Albus répondit le dénommé Phinéas Nigellus son cornet à l'oreille.

- Vous ne répondez pas à ma question ! Vous la défendez parce que c'est la meilleure élève de l'Ecole gronda Rogue.

- C'est vrai, reconnu Dumbledore plus souriant que jamais. Allons Séverus, elle n'a rien fait de mal, elle a vu la photo de Lily Evans et … c'est tout !

- Comment ça « c'est tout ! » s'insurgea Rogue. Qu'est-ce qu'elle a dit en découvrant l'identité de … Lily ?

- Keskeladit, keskeladit … euh … je ne m'en souviens plus à vrai dire ! Dumbledore avait l'air désolé. Seuls ses yeux brillaient d'une lueur amusée.

- Hein ? Fit Phinéas tendant son oreille et donc son cornet vers Dumbledore et Rogue.

- Rien Phinéas, Séverus me demande ce qu'à dit Miss Granger.

Phinéas haussa les épaules, rangea son instrument acoustique et se renfonça dans son fauteuil. Rogue fusillait du regard Dumbledore.

- Professeur Dumbledore, qu'a dit Miss Granger pour la deuxième fois je vous pose la question.

- Bon vous avez gagné. Elle a dit qu'elle rassemblerait les morceaux du puzzle et découvrirait votre secret.

Rogue laissa échapper un grognement furieux et s'installa à son bureau. Il se prit la tête dans ses mains et tenta de réfléchir. Le visage d'Hermione, sa bouche, tout cela dansait devant ses yeux et inconsciemment il regarda Lily sur la photo qu'il avait subtilisée au 12 square Grimmaurd. « Lily » murmura t-il. Le baiser qu'il venait d'échanger avec Hermione revint à sa mémoire et ses yeux noirs devinrent vague, ne regardant plus les nombreux tableaux de ses prédécesseurs. Son attention fut de nouveau ramenée sur le visage heureux de Lily et de rage envoya la photo à terre. Il se leva et se mit à faire les cent-pas. Dumbledore avait fini son sorbet et regardait Rogue mi-anxieux-mi-amusé. Enfin l'homme aux longs cheveux blancs décida de rompre la réflexion du sombre serpentard.

- Hermione n'a pas l'air de vous être aussi indifférente que cela, je me trompe Séverus ?

- Grumphf.

- Séverus ?

- (soupir) je ne sais pas professeur Dumbledore.

- Allons bon, si vous-même vous ne savez pas … .

- Et d'abord qu'est-ce que ça peut vous faire professeur Dumbledore, vous n'avez jamais connu l'a … l'amour s'étrangla Rogue tout en regardant la nuit tomber.

- Hum … je n'en serais pas aussi sûr que vous répondit doucement Dumbledore.

- Bon alors, que feriez-vous à ma place ? Rogue regardait son ainé avec espoir.

- Et bien je pense que je saisirais l'occasion qui se présente à moi. Il souriait, tentant de rassurer l'homme qu'il avait devant lui.

- Non, elle est comme les autres et en plus trop jeune pour moi. Rogue baissa la tête sur ses bottes.

- Je ne pense pas voyez-vous ! Dumbledore, bras croisé se penchait en avant.

- C'est-à-dire ? Demanda tout en grimaçant l'homme aux cheveux noirs.

- Miss Granger est une personne mûre pour son âge, qui cerne bien les individus en comprenant et analysant leurs sentiments. Je ne pense pas nous plus qu'elle pourrait trahir quelqu'un qui lui est cher.

- Je ne peux pas professeur Dumbledore … le visage de Rogue était maintenant désespéré. Je ne peux pas lui faire confiance !

- Si Séverus ! Si ! La différence d'âge ne compte pas ou plutôt ne compte plus. Elle est prête à vous aimer !

- Parce que Ronald Weasley n'a pas pu la protéger ? Je suis une solution de rechange ?

- Non Séverus. Elle veut quelqu'un qui l'aime pour elle, qui la respecte, et surtout qui la protège.

- Vous oubliez un détail. Rogue toussotât pour s'éclaircir la gorge. Elle … Lily, c'est à cause de … à cause de moi si … il se mordit la lèvre inférieure ne pouvant poursuivre plus loin. Vous parlez d'un protecteur que je ferais, moi ? En plus un ancien mangemort !

Dumbledore soupira. C'était l'éternel problème de Rogue, il ne savait pas donner dans la demi-mesure des sentiments. Il croisa ses longs doigts, (désormais sa main qui avait souffert d'un maléfice avait retrouvé son intégrité originelle), et chercha ses mots. Il fallait qu'il les choisisse correctement pour que Rogue ne se méprenne pas.

- Séverus commença le vieux sorcier. Séverus vous avez couru des risques considérables pour moi n'est-ce pas ?

- Oui mais ce n'était pas pareil.

- Et en quoi est-ce différent pour Miss Granger ?

- Elle … je ne suis pas très …

- Doué, termina implacable Dumbledore.

- Oui avoua Rogue.

- Faites confiance à votre miss-je-sais-tout, elle vous dira comment la protéger au mieux. Dumbledore dissimula un bâillement et se leva.

- Vous partez ?

- Séverus c'est l'heure du dîner et j'ai un petit creux … répondit malicieusement Dumbledore.

Hermione s'était installée près de son unique fenêtre et attendait que Rogue passe la chercher. Il arriva, souriant. Fâchée par son attitude elle lui montra quelque réticence légitime à lui présenter son bras.

- Rancunière ? Encore une de vos qualités qui m'était inconnue. Hermione ne répondit pas et détourna la tête. Regardez-moi ordonna t-il en arrêtant son pas. Elle soupira et consentit à le regarder. Hum … C'est beaucoup mieux. De son index il lui caressa la joue tout en plongeant dans ses iris dilatés. Un frisson la parcourut sous la sensualité de la caresse tandis que sa raison (alarmiste), tentait de la raisonner. Il l'avait fait souffrir énormément depuis qu'elle était arrivée à Poudlard, si elle baissait ses défenses elle était fichue ! Hurlait sa raison, mais son corps lui ne retenait qu'une seule chose. Être dans ses bras s'était le bonheur absolu, elle s'y sentait bien, protégée. Ses yeux laissèrent s'échapper une larme de détresse qu'il ne remarqua pas.

Le repas se déroula comme à l'ordinaire. Hermione remarqua que quelques élèves de Gryffondor manquaient à leur table ce qui lui fit comme une pierre au fond de l'estomac. Un sentiment de culpabilité l'envahit. Non ! Elle n'avait pas le droit de faire preuve d'égoïsme alors que ses pairs étaient martyrisés par les sbires de Voldemort, non, elle se devait de les aider. Ses problèmes avec Rogue devaient passer au second degré. « De toute façon, il annulera notre mariage si l'Ordre sort vainqueur de la bataille ». « La bataille … » ces mots raisonnèrent en elle comme un écho dans une vallée. La souffrance qu'elle avait endurée, le regard de folie de Bellatrix et ensuite d'Alecto, et Rogue qui l'avait sauvé cette fois. Rogue ! Décidément toutes ses pensées la ramenaient à cet homme. Plongée dans ses pensées, elle ne fit pas attention à Rogue qui la regardait, l'expression de ses yeux restait indéfinissable. Il du laisser là la vision d'Hermione, Amycus Carrow réclamait son attention pour poursuivre sa conversation sur la conduite à tenir envers les fortes têtes de la maison aux couleurs rouge et or. Hermione détourna son visage des quatre tables, une pour chaque maison, et regarda à son tour son ancien professeur. Elle ne voyait que ses cheveux d'un noir profond sur ses épaules, qu'il avait carrées et large. Elle baissa les yeux, une vague de tristesse l'envahit. Ce sentiment, elle le connaissait déjà, mais pas d'une façon aussi intense. Le professeur Mc Gonagall la fixa une fraction de seconde, lui sourit discrètement puis reporta toute son attention sur Horace Slughorn. Même à table, elle était seule.