Bonjour amis lecteurs et écrivains !

Edit du 04/05/13 (dernier rappel de la série) : modifications effectuées !

N'hésitez donc pas, comme toujours, à poster, je vous répondrai et prendrai toujours volontiers en compte vos remarques et commentaires ! Sachez aussi que les idées et suggestions sont les bienvenues :-)

Merci de votre soutien et bonne lecture !

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Je cours sous la pluie, au bord des larmes. Mais je ne pleurerai pas, surtout pour une raison aussi ridicule. Déjà, les hommes ne pleurent pas, et surtout pas en public. Ensuite, qui oserait pleurer sur son sort parce qu'il s'est infligé trop de travail ?

Je cours comme un fou malgré la pluie et ma tenue de kendo qui devient de plus en plus lourde. L'angoisse et la frustration disparaissent pour laisser place à l'impatience.

L'impatience de le revoir.

J'arrive ruisselant de pluie, grelottant sous mon hakama trempé. Avec un temps pareil, la cachette a perdu beaucoup de son charme, mais je m'en fiche.

Je me précipite vers son arbre favori.

- Salut, Akihi...

Il n'est pas là. Je me fige, muet de stupeur.

A sa place se trouve un autre petit garçon.

- Salut, Hiro-san.

Je me mets sur la défensive, sans parvenir à cacher ma déception.

- Tu n'es pas Akihiko.

- Il n'a pas pu venir. Il est avec Takahashi-kun.

- Takahashi...Takahiro ?

- Evidemment, qui veux-tu que ce soit ?

- Mais...mais...

- Je lui ai demandé la permission de venir à sa place. J'ai pensé que ça te ferait une bonne surprise.

Le petit garçon se lève et s'approche de moi. Je remarque qu'il est sec malgré la pluie qui tombe autour de nous.

- Tu es trempé. Tu vas attraper froid si tu restes comme ça.

Il s'approche encore. Il me sert dans ses bras.

- Mais...qu'est-ce que...

Ses mains sont chaudes. Je n'ai plus froid. Il sèche mes vêtements. La pluie ne tombe même plus sur nous.

- Comment tu...

- Akihiko ne peut pas faire ça, n'est-ce pas ?

- Mais...

- Tu n'as plus besoin de lui, Hiro-san. Je suis là. Moi, je ne t'abandonnerai jamais.

- Tu...Tu es...

Le petit garçon m'embrasse. Exactement comme Akihiko ce jour-là.

- Je t'aime, Hiro-san.

Je ne peux rien dire, muet de stupeur. Je suis complètement sec et je n'ai plus du tout froid.

- Je...je...je...

- Dis-le moi, Hiro-san. Rien qu'une fois. S'il te plaît. Promis, je ne le dirai à personne.

- Je...

Le petit garçon me regarde, triste et interrogateur.

- Hiro-san ?

Je lutte, crispé, les yeux plissés par la honte et l'appréhension.

- Je t'...

- HIRO-SAN !

...

...

- Je t'...Euh, hein, quoi ?

Un rêve. Un stupide rêve. Nowaki se tient accroupi devant moi, ses mains sur mes épaules, sans doute pour me secouer.

Il fait noir. Je me suis endormi sur le canapé en attendant, pour une fois, que Nowaki rentre de l'hôpital.

- Tu vas attraper froid si tu restes comme ça.

Je sursaute, tellement la phrase m'est familière.

- Tu ferais mieux d'aller te coucher.

- Ou..Oui, tu as raison...Toi aussi...

Nowaki me sourit.

- Ne t'inquiète pas, je suis là.

Suis-je encore en train de rêver ou pas ? J'ai du mal à le savoir, les situations sont si similaires...

Un peu hésitant, je m'avance devant Nowaki. Timidement, je l'embrasse. Surpris, il me prend dans ses bras. Je sens ses grandes mains chaudes dans mon dos. Je ne suis pas dans un rêve. Tout cela est bien réel.

Je mets fin au baiser et baisse les yeux pour cacher mon embarras.

- Hi...Hiro-san ?

- Ce...ce n'est rien...Bonne nuit.

Je me dégage doucement de son étreinte et marche vers la chambre. Nowaki m'emboîte le pas.

- Au fait, tu disais quoi, tout à l'heure ?

- Hein ?

- Dans ton sommeil. Tu bégayais quelque chose, mais je n'ai compris que "je".

Les joues en feu, j'accélère le pas et me précipite dans la chambre.

- Je ne me souviens plus du rêve, désolé. J'ai trop sommeil de toute façon. Bonne nuit.

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Les jours suivants, je suis encore perturbé par ce rêve. Pourquoi est-ce que je m'accroche autant au souvenir d'Akihiko ? Pourquoi, alors que lui-même ne s'est jamais intéressé à moi ? Et surtout, pourquoi maintenant, plus de quatre ans après ma première rencontre avec Nowaki, alors que nous nous aimons malgré nos différences, et que nous faisons justement tout pour les surmonter ?

Cette Hito-sensei. C'est à cause d'elle, j'en suis sûre. Avec son bureau qui m'a réveillé ces vieux souvenirs, et ses questions qui nous ont fait déballer nos anciennes querelles, à Nowaki et moi.

N'empêche, quand je repense à ce qui s'est passé après...

- Hé bien, Kamijou, tu m'as l'air bien rêveur !

Miyagi me sort de mes pensées avec son ton moqueur. Je me rends compte que j'ai dû rester cinq bonnes minutes sans bouger devant le rayonnage de notre bureau.

Je me renfrogne.

- Pas du tout. Je suis en train de chercher un recueil de Basshô et je n'arrive toujours pas à retrouver la main dessus.

- Alors, c'est sûrement moi qui l'ai.

Basshô est le poète et peut-être même l'écrivain favori de Miyagi. Tous les ouvrages de Basshô du bureau sont les siens, les autres sont sans doute chez lui. Je savais que si je disais ça, il me répondrai du tac au tac.

- Tu peux me donner les références ? J'en ai repris plusieurs.

Et zut. J'espérais qu'il me tendrai un ouvrage en me demandant si c'était bien celui-là que je cherchais.

Confus, je sens la chaleur me monter aux joues.

- Euh, et bien...

- J'adore quand tu essaies de mentir, tu es tellement mignon, Hiro-kun...

- Miyagi-sensei ! Mon nom est Kamijou Hiroyuki, Ka-mi-jou ! Ensuite...

- Oui, oui, oui. Tu as parfaitement le droit d'être dans la lune à la pause midi, tu sais.

Miyagi me lance un "à tout à l'heure !" moqueur et sort du bureau, son sourire narquois aux lèvres.

Rouge d'embarras, je prends un recueil au hasard et me rassois à mon bureau. Je mangerai plus tard. Pour le moment, je dois me calmer.

J'ouvre le livre au hasard et tombe sur le haïku suivant :

se faire saucer par la pluie d'hiver
sans kasa,
eh bien, eh bien !

Pfff...Même la littérature, censée être ma meilleure amie, me renvoie d'un ton moqueur à mes problèmes. A ce qui me dérange.

Dans ce rêve, j'étais trempé par la pluie, et bien que je sois venu pour Akihiko, il n'était pas là.

Eh bien, eh bien...C'est Nowaki qui m'a protégé de l'eau et du froid.

Au point que je me suis senti complètement à l'abri, réchauffé dans sa chaleur. Au point que, au moins en rêve, j'aurais pu lui dire de moi-même, une deuxième fois, ces mots qu'il me répète si souvent. Au point que je suis tombé amoureux de lui.

Quand il s'emporte, quand il ne contrôle plus ses élans d'affections envers moi, je me laisse complètement entraîner. Je n'ai plus aucune emprise. Comme si toutes mes forces m'abandonnaient.

Exactement comme cette nuit-là.

Je serre les dents rien qu'à y repenser. Mes joues s'empourprent à nouveau. C'était...c'était incroyable. L'une des nuits les plus intenses qu'on ait passées ensemble. Et pourtant, je ne peux pas m'empêcher d'être en colère contre moi.

La vérité, c'est que je ne peux plus supporter que ce soit toujours Nowaki qui prenne les choses en main. Depuis le début de notre relation, c'est une source constante d'irritation chez moi, qui n'a fait que s'accentuer avec les années.

Je n'ai jamais osé le dire directement à Nowaki. Je ne manifeste cette agacement que de façon involontaire, par un accès de colère ou un mouvement de recul. Evidemment, il ne comprend pas. Et comme d'habitude, je suis beaucoup trop fier pour le lui dire.

Quoi que je fasse, je n'arrive pas à changer.

Agacé, je referme le livre et le rouvre au hasard :

Une chenille

au coeur de l'automne

toujours pas papillon

- Bon sang !

Bashô me tourmente autant que Miyagi ! Tu m'étonnes qu'ils s'entendent si bien !

Mes oreilles bourdonnent, il me semble entendre un rire moqueur sortir de la page.

Avec un cri de rage, je balance le livre par dessus le bureau.

Furieux, je sors en trombe pour me réfugier dans le parc.

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- Bonjour messieurs, c'est à vous.

Soulagés, nous quittons les deux autres couples de la salle d'attente. Non pas qu'ils aient eu une attitude hostile ou quoi que ce soit de ce genre, mais l'un d'entre eux attend visiblement un enfant depuis plusieurs mois. Nous nous sommes sentis plutôt mal à l'aise. Nowaki a toujours eu un don avec les enfants...

Sans commentaire, après un bref salut, nous nous rendons dans le bureau vert et bleu pour nous asseoir sur les fauteuils.

Hito-sensei nous remplit gracieusement nos tasses en souriant. Nous assistons à la scène en silence, dans l'expectative.

Elle s'adosse au fauteuil, tasse en main.

Brûlant d'impatience, je ne peux m'empêcher de prendre la parole en premier en m'inclinant sur mon fauteuil.

- Tout d'abord, veuillez m'excuser pour mon impolitesse de la dernière fois.

Nowaki s'incline de même, à ma grande surprise.

- Je m'excuse également.

Hito-sensei balaie immédiatement nos excuses avec un large sourire.

- Ne vous inquiétez pas, la première consultation se déroule presque toujours comme ça : soit le couple ne parle presque pas, soit il finit par se rejeter la faute l'un sur l'autre. C'est tout à fait normal.

Elle s'interrompt pour boire une gorgée tandis que nous nous recroquevillons sur nous-mêmes, rouges de honte.

- En tout cas, une chose est sûre, en dépit de vos différends de la dernière fois, il est évident que vous vous aimez profondément et croyez-moi, c'est tout ce qui compte. Je ne pense pas vous mettre la pression en le disant aussi clairement, car vous le savez bien, n'est-ce pas ?

Nous hochons tous les deux la tête. Nowaki me regarde en souriant, sans doute soulagé de mon geste d'approbation. C'est sûr que c'est beaucoup plus simple pour moi d'esquisser un geste que de le dire à voix haute.

- Dans les deux exemples que vous m'avez racontés, Kusama-san est le premier à agir mais ne rend pas conte de ses actions à Kamijou-san. Kamijou-san sent que quelque chose ne va mais ne dit rien. Vous tenez tous les deux l'un à l'autre, et paradoxalement, vous vous murez dans le silence pour cette raison. Vous avez peur de blesser l'autre, d'où des malentendus qui se concluent invariablement par une dispute.

Nous hochons la tête tous les deux. Rien à dire, elle a tout compris.

- Je vous rassure tout de suite, c'est très courant entre personnes qui s'aiment. Si j'osais, je dirais même que tous les couples ont ce problème à un moment ou à un autre.

- Mais dans notre cas, intervient alors Nowaki,"c'est comme ça depuis le début."

- Précisément. Répond Hito-sensei sans se démonter.

Elle boit une gorgée de thé avant de s'éclaircir la gorge. "Il y a quelque chose que j'ai constaté tout de suite dès le premier rendez-vous, mais pour en être sûre, je voudrais d'abord vous poser quelques questions.

Nous attendons, anxieux.

- Dites-moi, au tout début, qui a fait le premier pas vers l'autre ?

Ah. Nous y voilà. Alors comme ça, c'était si évident ?

Je réponds, sans desserrer les dents.

- Nowaki.

- Qui a pris l'initative le premier ? Je veux dire...Physiquement ?

Le teint plus empourpré que jamais, je réponds, crispé.

- Nowaki.

- Qui a souhaité le premier que vous viviez ensemble ?

- Nowaki.

- Qui montre le plus spontanément son affection ?

- Nowaki.

- Qui fait le plus de propositions ?

- Nowaki.

- Qui est dessus ?

- Non mais ÇA SUFFIT, OUI ?

Je me suis redressé sans réfléchir, tremblant de rage et d'humiliation.

Nowaki me fixe les yeux écarquillés. Hito-sensei elle-même semble ébranlée. Elle murmure :

- Incroyable. Je pensais qu'au moins vous vous répartissiez les rôles pendant l'amour.

Grillé. Je me suis laissé emporter sans réaliser que c'était un aveu. Je me rassois lentement, incapable d'ajouter quoi que ce soit.

- Je tiens à ajouter, continue Hito-sensei, "que le rendez-vous ici a été pris par Kusama-san et qu'il est de loin celui de vous deux qui s'exprime le plus depuis le début des consultations. Le déséquilibre est flagrant."

Nowaki reste paralysé par la stupeur, les yeux fixés sur moi.

Il finit par articuler :

- Pourtant...Hiro-san a fait des choses pour moi, lui aussi.

Hito-sensei ne dit rien, concentrée.

- Au début, il a été mon professeur particulier pour préparer les concours. Il m'a offert des fleurs pour me féliciter de ma réussite aux tests préliminaires. Il m'a aussi dit qu'il m'aimait.

Ce n'était pas de vraies initiatives. C'est Nowaki qui m'a demandé de l'aider pour m'approcher. Lui qui a réussi les tests. Lui qui m'a dit en premier qu'il m'aimait. Et dans chaque cas, j'avais agi à contre-coeur ou involontairement.

D'ailleurs, Hito-sensei est toujours aussi tendue. Elle relance Nowaki.

- N'auriez-vous pas d'autres exemples, où votre conjoint aurait agi sans que vous vous y attendiez ?

Nowaki regarde dans le vague, comme s'il réfléchissait. Moi, j'ai la réponse. Il a intérêt à s'en souvenir !

- C'est arrivé deux fois ce mois-ci.

Deux fois ? Je n'en ai qu'une en tête, moi.

Le visage de Hito-sensei s'éclaire immédiatement. Je reste muré dans le silence.

- Ah bon ? Dites-moi.

- Hé bien, juste après votre rencontre, nous avons fait l'amour et Hiro-san m'a dit qu'on devrait faire ça plus souvent.

Je réagis immédiatement.

- Nowaki !

- Et l'autre jour, il m'a attendu sur le canapé jusqu'à s'endormir alors que j'allais rentrer tard du travail...

- Hé...

- Et alors, quand je l'ai réveillé, il m'a embrassé alors que je m'y attendais pas.

S'il n'y avait pas eu la première consultation, je me serais sans doute à nouveau enfui. Je ne sais plus où me mettre. Et ce malaise ne fait que s'accentuer davantage quand je jette un oeil à Hito-sensei.

Elle semble frémir d'excitation. On dirait une fan-girl.

Elle se tourne vers moi, des étoiles plein les yeux.

- Alors, vous auriez commencé à vous ouvrir juste après notre premier entretien ?

Je réplique du tac au tac.

- Sauf votre respect, n'allez pas vous imaginer que je vais changer aussi vite grâce à vous, Hito-sensei. Les circonstances étaient favorables, c'est tout.

- Quelles circonstances ?

Le ton est redevenu professionnel...et la question, aussi précise et pertinente qu'un coup de sabre.

Je crois savoir quelle est la réponse. Je commence enfin à comprendre.

Mais je ne peux pas le dire. Pas maintenant. Pas devant Nowaki.

Je me renfrogne, le regard baissé. Je ne jette qu'un seul mot.

- Désolé.

Hito-sensei se relâche et nous reverse du thé.

- Ne vous inquiétez pas, je ne veux surtout pas vous presser. Nous avançons déjà vite. Vous êtes arrivés dès le début à vous dire des choses que vous ne vous diriez jamais en temps normal. C'est très bon signe. Ainsi vous finirez pas mieux vous comprendre. C'est exactement le but d'une thérapie de couple.

Si vous le dites...

- Maintenant, messieurs, si vous le permettez, nous en resterons-là pour aujourd'hui.

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- Hiro-san, je suis désolé.

Nowaki et moi sommes sur le trajet du retour dans le métro. Je commençais à m'endormir quand il m'a lancé cette phrase.

- De quoi ?

- De ne pas avoir remarqué plus tôt à quel point je t'étouffais.

- Qu'est-ce que tu racontes ? Si je ne veux pas quelque chose, je te le fais comprendre !

- Justement...tu le dis, mais je ne t'écoute pas."

Je ne le dis pas si fermement que ça...Résister aux avances de Nowaki est presque comme un jeu, désormais. Il devrait l'avoir compris depuis le temps.

- Ecoute, Nowaki, le jour où je ne voudrai vraiment pas que tu me touches, crois-moi, tu sentiras la différence. Maintenant, arrête de te prendre la tête avec ça. Compris ?

Nowaki me sourit, les yeux toujours inquiets.

- Compris. Excuse-moi.

- Idiot.

Nous rentrons. Je suis épuisé. Nowaki se rend dans la salle de bain tandis que je sors des nouilles instantanées. Une fois de temps en temps ne nous tuera pas.

J'entends le son de l'eau qui s'écoule depuis la cuisine. Je repense, tremblant, aux conclusions rapides et pertinentes de Hito-sensei.

"Le déséquilibre est flagrant."

Et surtout...

"Quelles circonstances ?"

Je serre les dents, repensant au rêve. Mes poings contractent les boîtes que je tiens dans les mains. Je les repose pour ne pas les faire déborder.

Une idée folle me vient à l'esprit.

J'entends toujours l'eau couler.

J'hésite. Mon souffle s'accélère. Mais la colère de me laisser ainsi envahir par la peur devient plus forte.

- Oh, et puis zut !

D'un seul geste, je quitte la cuisine.

Quand j'arrive dans la salle de bain, Nowaki ne m'entend pas. Il est toujours sous l'eau, chantonnant. Après tout, à peine dix minutes se sont écoulées depuis qu'il est entré sous la douche.

Après m'être déshabillé, j'ouvre la porte glissante d'un coup sec. Nowaki sursaute, choqué.

-Hi..Hiro-san ?

Je ne dis rien, nerveux, les dents serrés. J'entre sous la douche, en le regardant droit dans les yeux. Sans le quitter des yeux, je referme la porte coulissante derrière nous. Nous sommes tous les deux sous la douche.

- Hiro-san, qu'est-ce que...

- Tais-toi un peu.

L'eau ruisselle sur nos deux corps. La pluie. Une pluie chaude. Nowaki qui se tient contre moi. Le rêve défile en boucle devant mes yeux. L'irritation m'envahit à nouveau.

Je me rapproche de lui, indécis. Je commence par poser ses mains sur son torse. J'ai beau être déterminé, je ne peux pas me résoudre à faire comme Nowaki m'a toujours fait.

Timidement, je rapproche mes lèvres de son torse. Je l'embrasse doucement.

Nowaki, interloqué, lève lentement ses mains tremblantes pour m'enlacer. Il pose ses lèvres sur mon front.

Mais il est hors de question que je me laisse faire, cette fois-ci.

En l'embrassant plus fort, je le pousse contre le mur.

Cette fois-ci, Nowaki recule, effrayé.

- Hiro-san, tu n'es pas obligé !

- Evidemment que je ne suis pas obligé, qu'est-ce que tu crois ?

Comme d'habitude, je montre plus d'assurance que j'en ai. Plus facile à dire qu'à faire, surtout quand c'est votre "première fois".

Mais je suis un homme. Et un homme ne recule pas. Surtout pas devant ses peurs. Exactement comme quand j'ai séduit Akihiko.

Nowaki reste paralysé, adossé contre le mur de la douche, sans savoir comment réagir.

Agacé, je lève les yeux vers lui.

- Ne va pas t'imaginer que c'est à cause de Hito-sensei que j'agis comme ça, je l'avais prévu dès le départ. Et ne va pas t'imaginer non plus que ça va se passer comme ça après chaque rendez-vous. J'agis quand je veux.

Nowaki ne dit rien, toujours stupéfait. Un sourire se dessine sur sa bouche, ses yeux me lancent un regard doux et affectueux.

- Bien sûr, Hiro-san.

Il ne me croit pas. C'est tellement évident que ça m'énerve.

Décidé à lui fermer son clapet, je commence.