Bonjour à toutes celles et éventuellement ceux qui ont eu la persévérance de lire jusque là. Je ne dirais pas que vous avez la foi… mais presque. =) Ce chapitre n'a pu voir le jour que grâce au Streptocoque β-hémolytique du groupe A, qui m'a alitée durant trois jours. Autrement, je ne sais pas où j'aurais pu dégager un peu de temps pour écrire (mes profs, je vous aime). Donc pour toute plainte, vous savez à qui vous adresser !

Les mains rouges

Chapitre 4 : La chute

Au mois de mai, il y eut du muguet qui fleurit sur le bord des fenêtres du cinquième étage de l'Impasse du tisseur. L'appartement embaumait et les effluves de l'herbe neuve, tiédie par le printemps, s'élevaient jusqu'au plus haut niveau de l'immeuble. En s'extirpant de son lit, le matin, cette odeur de fleurs et de verdure fragile, qui se rétablissait encore du passage de l'hiver, était la première que percevait Harry elle l'accompagnait jusqu'au salon et ne se fanait qu'aux alentours de dix heures, quand la chaleur venait à bout des parfums délicats éclos à l'aube.

Ce fut également la date du jugement des Dursleys, à la cour d'assise Severus eut obligation de s'y présenter, étant un témoin capital. Puisqu'il paraissait très probable que la session s'étendît sur plusieurs jours, il fut convenu que le professeur demeurerait dans un hôtel au cœur de Londres, et s'épargnerait par ce moyen les quatre heures de trajet qu'il eût dû faire quotidiennement pour s'y rendre. Il prépara soigneusement ses affaires, et ne manqua pas de mettre au point tous les dispositifs nécessaires en vue de son départ. Une fois sa valise bouclée, Severus lança, sur le pas de la porte, ses dernières instructions :

« Les placards sont pleins de plats déjà prêts, il suffit juste de les faire réchauffer au four à micro-onde. J'ai aussi acheté des paquets de gâteaux en prévision, ça t'évitera de prendre ça comme excuse pour faire des razzias de chips dans les magasins, Draco. Tâchez de manger un peu de légumes, tout de même, et les fruits, c'est bien aussi. En théorie, vous avez de quoi tenir la semaine, mais au cas où, il y a deux cents livres dans le tiroir du buffet. Harry, ne laisse pas Draco s'approcher de la cuisine si finir brûlé vif n'entre pas dans tes projets, quant à toi, Draco, fais en sorte que Harry n'arrive pas en retard au lycée. Ho, et Harry, n'oublie pas de te couvrir, il fait encore un peu frais, je ne voudrais pas que tu tombes malade.

- Et moi, tu ne me demandes pas de me couvrir ? s'indigna faussement Draco, avec un grand jeu d'acteur.

En constatant que les deux autres s'appliquaient à l'ignorer, il disparut en renâclant, vexé. Harry pendant ce temps, s'était approché de Severus. Il parut sur le point de dire quelque chose, mais s'abstint. Après avoir laissé le silence s'étirer entre eux, il fit juste, la mine profondément attristée :

- Tu reviens vite, hein…

Ce à quoi Severus répliqua :

- Je ferai de mon mieux. »

Puis, quoique ce ne fût pas la nuit, et qu'il n'y avait pas là de cauchemar à exorciser, Harry l'enlaça de ses bras menus et nicha sa tête contre la poitrine de son professeur. Aussi près de lui, il pouvait entendre les battements de son cœur, qui étaient rapides et violents. Ils se découpaient si nettement à son oreille que le garçon sentit son propre organe commencer à en suivre le rythme profond. Après un moment où ils demeurèrent tous deux immobiles, l'un contre l'autre, il se détacha de lui, et Severus, sur un dernier sourire tendre, entreprit de descendre les escaliers.

Derrière lui, Harry accompagna du regard sa silhouette qui rétrécissait peu à peu. Au moment où elle se soustrayait totalement à sa vue, il inspira à longs traits de grandes goulées d'air, et trouva une petite consolation dans les essences de muguet qui flottaient encore dans l'atmosphère, à cette heure matinale.

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« Hermione et Blaise viendront aujourd'hui, on va faire une répétition, avertit Draco le samedi qui suivit le départ Severus.

Harry acquiesça, sans lever les yeux de la table sur laquelle il était penché. Draco, le voyant faire, s'approcha de la chaise du garçon, et lut par-dessus son épaule le travail qui le captivait tant.

- Beurk, grimaça-t-il. Du français.

Il observa les joues de l'adolescent s'ombrer délicatement sous le sourire qui s'y dessinait. Son regard descendit sur sa mince nuque blanche et ses fins tendons saillants le creux à la base de son crâne était comme une incitation à y glisser le pouce. Harry tourna la tête, et Draco ne se rendit compte qu'à cet instant qu'il était suffisamment proche de lui pour que son souffle balaye les épis de cheveux noirs. Les beaux yeux verts et vacants du garçon le fixaient. Il comprit qu'il était temps désormais de se reculer, ce qu'il fit en lui souriant.

- Ils viennent vers midi, essaie de finir avant parce que je doute que tu puisses continuer quand ils seront là…

Les deux autres musiciens arrivèrent pour le déjeuner. Blaise fut présenté à Harry – il était contrebassiste. Ils mangèrent ensemble, puis entamèrent leur répétition, Harry pour seul public. Il s'agissait de morceaux qu'ils avaient eux-mêmes composés Draco expliqua à Harry qu'ils formaient un trio de corde.

- On va devenir célèbres, comme The Oscar Peterson Trio, The Rosenberg Trio, ou… ou The Trio Givone ! s'exclamait-il.

- Mais ce sont tous des guitaristes, non ? Et vous êtes… violoncellistes, remarqua Harry, amusé.

- Justement, rétorqua Draco. Nous serons le premier trio de violoncellistes à enflammer la scène. C'est encore mieux, tu ne trouves pas ? »

L'adolescent se contenta de rire brièvement.

Les trois jeunes personnes jouaient de la musique avec la même joie, la même fougue insouciante, la même fraîcheur. La répétition ne s'acheva qu'à sept heures du soir : Harry les avait écoutés tout du long, applaudissant, félicitant, et encourageant tour à tour. La poitrine gonflée d'allégresse, il se sentait avec ravissement intégré à cette sphère de rires et de confidences, accepté dans un milieu qui tenait lieu, désormais, de repère fixe à son existence. Il semble inutile de décrire les transports d'émerveillement que déclenchait ce constat chez un être n'ayant quasiment jamais connu que le rejet. Il pensait à cela, et la chaleur diffuse dans ses veines amenait un sourire heureux sur ses belles lèvres.

Les instruments rangés, ils commandèrent des pizzas. Ensuite, Blaise et Hermione, qui aimaient boire, allèrent acheter des bières et une bouteille de whisky dans une supérette à proximité. Quand ils revinrent, la nourriture était déjà là. Ils s'installèrent sur le canapé, débattirent cinq minutes sur le choix du film, optèrent pour West Side Story. Tout en mangeant, ils chantaient et vidaient une à une les bouteilles d'alcool et plus les débris de canettes s'amoncelaient, plus le volume de leurs voix réunies et vibrantes augmentait. Harry était le seul à se contenter d'un simple soda : Draco lui ayant proposé de goûter à son verre de whisky, il en avait lapé une petite gorgée du bout de langue, avait grimacé, et aussitôt repoussé la boisson. L'alcool rendait Blaise et Draco égrillards, mais Hermione s'était mise à pleurer à chaudes larmes, alors que la télévision diffusait la scène de la mort de Tony. Harry regardait cet étonnant spectacle avec des yeux rêveurs. Etait-ce comme cela que l'on se comportait à vingt ans ? Il se demandait s'il éprouverait un jour leur quiète désinvolture, leur assurance absolue en leur jeunesse et leur toute-puissance.

Blaise s'était endormi sur le tapis, devant le sofa. Il était près de trois heures, et Harry gardait tant bien que mal ses paupières ouvertes. Puisqu'elle était ivre, il ne fut pas question que Hermione retournât chez elle. Tandis que Draco préparait sa chambre à l'accueillir, elle s'agrippa au bras de Harry qui, embarrassé, ne tenta pas de se dégager et elle commença à lui parler, d'une manière inégale et incohérente. Ses yeux vitreux et son haleine avinée courraient désagréablement sur le visage du garçon.

« Draco, c'est un chouette gars, tu sais, fit-elle. Il peut être très très con, mais quand tu creuses bien, tu vois que c'est vraiment un chic type. On s'est rencontré en entrant à l'école de musique, là, le… le Royal Philharmino… Philharmonic Orchestra, voilà, et bien à cette époque, il était encore plus con que tout ce que tu peux imaginer, hautain et tout, et c'est la musique qui l'a rendu humble, ha ça oui, la musique ça apprend l'humilité. C'est pour ça, au début, c'était toujours moi qui avais les solos, en concert, et puis il a appris à être humble face à la musique, et depuis c'est lui le meilleur. Ca m'agace, forcément, et je m'entraîne dur, mais ce que je voulais faire, moi, c'était du trombone, mes parents ils ont pas accepté, et puis bon, c'est tout de même beau le violoncelle.

Ses mots faiblirent sur la fin, et se perdirent dans une sorte de ronflement assez grotesque. A cet instant reparut Draco qui détacha son amie du bras de l'adolescent et l'entraîna avec lui dans sa chambre, où elle s'effondra toute vêtue sur le matelas. Il rejoignit peu après Harry dans le couloir, devant la porte de sa propre chambre, et s'excusa par un sourire du manque de contrôle de la violoncelliste.

- Bonne nuit, lui souhaita-t-il.

- Toi aussi », répondit Harry de son timbre doux et gentil.

Les deux garçons se séparèrent chacun de leur côté, Harry vers son lit blanc, Draco en direction du canapé.

Le lendemain, lorsque Harry s'éveilla, le soleil était déjà bien haut, et les odeurs de muguet presque fanées. Ecartant ses couvertures, il atteignit la porte de sa chambre, longea le couloir, parvint jusqu'à l'entrée du salon. Il n'alla pas plus loin. Dans la grande pièce à vivre, deux voix discutaient, avec des intonations tout à la fois animées et contenues, comme prises dans un débat violent que l'on cherche à rendre discret.

« Et tu vas accepter ? faisait Hermione.

- C'est une proposition de poste permanent au philharmonique de Viennes. Biens sûr que je vais accepter.

- Le Royal Philharmonic Orchestra est prêt à t'engager quand tu le souhaites, aussi. Pourquoi tu irais te perdre en Autriche ?

- Et si ça me plaît ?

- Moi, je crois plutôt que tu cherches à t'éloigner de Londres, et d'un jeune garçon en particulier.

- Tu dis n'importe quoi.

- Mais enfin Draco, ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! Tu le regardes avec un air qui frise l'adoration, il faut vraiment être aveugle pour ne rien comprendre ! Pourquoi ne lui dis-tu pas tout simplement ce que tu ressens ? Non mais regarde-toi ! Tu es beau à se damner, gentil, charmant, pas ce qu'il y a de plus con non plus, pour quelles raisons te dirait-il non ?

Il y eut un soupir qui retentit.

- C'est plus compliqué que ça, figure-toi…, grommela Draco

- Mon œil, oui ! le coupa la jeune femme. Tu es juste trop lâche pour avouer à Harry que tu es amoureux de lui.

Replié dans son coin, Harry eut le souffle coupé. Bien qu'il sût pertinemment que rien de bon ne ressortirait de cela, il ne put s'empêcher de tendre davantage l'oreille à ce qui se racontait.

- Hermione, arrête ça, s'il te plaît. J'ai mes raisons, qui sont aussi les siennes, et qui ne te concernent absolument pas.

Le garçon s'appuya contre le mur, les jambes flageolantes les pulsions de son cœur avaient pris une ampleur extrême, au point que sa respiration se faisait elle-même lourde et résonnante. Il porta la main à sa bouche, et ce geste couvrit quelque peu le bruit étourdissant de son souffle cependant il était trop tard : dans la pièce d'à côté, le silence était revenu, et Harry ressentait d'ici le poids de leurs deux regards dirigés sur la cloison derrière laquelle il se tenait.

Après quelques secondes de cette pause pesante, la jeune femme lança d'une voix distincte, qui s'adressait autant à lui qu'à Draco.

- Il est temps que je rentre chez moi. Merci pour l'aspirine, trésor. »

Puis retentit le claquement du battant de la porte d'entrée.

Durant un moment encore, Draco demeura dans le salon, debout, pensif. Harry en profita pour reculer à pas de loup dans sa chambre. Comme s'il se fût agi d'un signal entre eux, lorsque sa serrure cliqueta maigrement dans l'ambiance calme de l'appartement, Draco prit le chemin de sa propre chambre.

L'après-midi passa, lourde d'une gêne muette et persistante entre les deux garçons. Le soir venu, ils se mirent à table pour dîner, et le silence qui planait au dessus d'eux n'était entrecoupé que par le tintement des couverts sur la vaisselle. Harry n'y tint plus du tout. Il abattit sa fourchette sur le bord de son assiette à ce geste, Draco se crispa.

« Je vous ai entendus, toi et Hermione, ce matin.

Le musicien releva vers lui une expression mal à l'aise.

- Je sais. J'espérais que tu n'en parlerais pas.

L'adolescent rougit.

- Elle a dit que…, murmura-t-il.

Il laissa le reste de sa phrase en suspens, car les mots régressaient malgré lui tout au fond de sa gorge.

- Je sais ce qu'elle a dit.

- Et c'est vrai ? fit-il d'une voix minuscule.

Mais tandis que Harry se préparait à essuyer sa colère, Draco lui offrit un sourire serein.

- Oui, confirma-t-il - et en disant cela, il affichait un air résigné, et dans le même temps insensiblement radieux, qui serra un nœud dans les entrailles de Harry.

Celui-ci s'était raidi sur sa chaise. Une vague de panique lui montait au cerveau, et empêchait à toute pensée de se former à l'intérieur de sa tête. Son corps, sous l'effet de la tension, s'était mis à trembler. Il sursauta quand Draco prit ses mains dans les siennes, par-dessus la table cependant, il conserva son regard résolument baissé sur ses genoux.

- Je comprends très bien ce que tu ressens, ce n'est pas grave, tu sais, chuchotait le jeune homme. J'aurais souhaité ne pas t'embêter avec ça, je sais parfaitement que ce n'est pas moi que tu aimes, mais ce n'est pas grave, vraiment, ne t'en fais pas…

Les yeux de Harry lui piquaient désormais furieusement. Sa bouche articulait toute seule des paroles d'excuses, machinalement, sans qu'il eût même la moindre idée de pourquoi il demandait si ardemment pardon. Comme il ne relevait toujours pas la figure, Draco empoigna doucement son menton, et la lui redressa.

- Hey, Harry, fit-il encore avec tendresse. Ce n'est pas grave… »

Puis il ouvrit les bras, invitant le garçon à s'y réfugier. Soit qu'il perçût la nécessité de refouler pour cette fois uniquement cette espèce d'instinct primaire qui le poussait à se garder loin du contact des autres – exception faite de Severus -, soit que, tout comme Draco, il en eût lui-même besoin, Harry consentit à se laisser encercler par d'autres bras.

Il se leva, contourna le coin de la table à manger, et, maladroitement, à demi effondré sur les cuisses du jeune homme, il enlaça son cou. Draco referma ses bras autour de lui, le pressa contre sa poitrine. Il avait l'impression d'étreindre un oisillon, tant la carrure du plus jeune lui paraissait frêle aussi ne le serrait-il pas trop. Ce simple rapprochement l'émouvait indescriptiblement, l'étourdissait presque, et il se sentait plus que jamais épris de ce garçon fragile, palpitant sous ses doigts, dont la respiration brutale et saccadée chatouillait sa gorge et témoignait sa nervosité. Harry continuait toutefois à s'excuser, alors Draco se permit de lui embrasser la pommette.

Ce fut à cet instant précisément que Severus apparut sur le seuil, sa valise en main.

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Il est impossible, pour un homme amoureux, de voir l'objet de ses désirs dans d'autres bras que les siens, et de ne pas en éprouver une morsure insoutenable au niveau du cœur, quelle que soit la raison qui eût pu amener une pareille circonstance. Or le professeur était un homme irrémédiablement amoureux. Et ses sentiments, qu'il avait volontairement réduits au silence, se manifestèrent avec une force extrême, à la vue de Draco, embrassant Harry sur la chaise. Il lui semblait avoir déchaîné, du fond de son être, une bête furieuse maintenue, muselée, entravée depuis trop longtemps, qui le ravageait désormais de l'intérieur avec une puissance dévastatrice. Ce baiser devant lui n'avait rien d'un jeu, Severus ne le savait que trop bien. Draco aimait Harry, il l'aimait, et le lui montrait, posait ses lèvres près de l'œil de l'adolescent tout doucement, impunément, et l'autre ne disait rien, ne se débattait pas, alors que ce privilège de l'avoir contre soi n'était jamais revenu qu'à lui, à lui seul, jusqu'à présent. L'épisode du réveillon du Nouvel an se rappela à sa mémoire. Il pâlit.

Il ne sut dire de quelle manière il réussit à franchir presque naturellement les quelques mètres qui le menaient à sa chambre, ne parvint pas plus à se souvenir de ce qu'il lança aux deux jeunes personnes dans le salon, ni ce qu'on lui répondit en retour. Peut-être les avait-il brièvement salués, puis prétexté une fatigue pesante pour s'éclipser. Peut-être s'étaient-ils inquiétés de son teint blême, et peut-être avaient-ils tenté de se justifier, ou peut-être même ne l'avaient-ils tout simplement pas remarqué. Il se retrouva donc assis sur son lit, fixant sur son mur ses yeux absents, sa valise défaite, ses affaires rangées. Cela, comme tout le reste, s'était fait mécaniquement, et il n'en conservait aucune trace dans son esprit.

Il demeura longtemps ainsi, quoiqu'il fût incapable d'estimer la moindre mesure du temps qui s'écoulait. Il supposa s'être endormi une poignée d'heures car il s'aperçut à un certain moment qu'il n'était plus assis, mais allongé au travers de son matelas. Derrière sa fenêtre, le ciel finit par blanchir. Les premiers rayons de soleil vinrent frapper son œil vitreux et eurent sur lui l'effet d'une décharge électrique secouant tous ses membres. Il remua, se redressa, reprit enfin vie. Il se dit : « Il ne m'aime pas, et alors ? Il ne me doit rien », mais cette réflexion ne parvint pas à lever de sur son cœur l'énorme poids qui s'y était logé.

Ni Harry, ni Draco n'auraient su distinguer le changement qui s'était opéré chez Severus, pour cette raison que le professeur consacra toute son énergie à masquer son trouble, à se conduire le plus normalement du monde. Ils ne se doutaient certainement pas de la jalousie qui le rongeait, de même qu'ils n'auraient pu deviner que Severus n'arrivait plus à soutenir calmement le regard de Harry qu'en se répétant en lui-même : « Il ne me doit rien ».

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Draco s'absenta toute la journée du lendemain, et une bonne partie de la semaine suivante. Hormis ceci, rien ne semblait différent d'auparavant. Vernon Dursley, apprit Harry, avait écopé d'une peine de vingt ans de prison, tandis que celle de Petunia Dursley s'était réduite à dix-huit ans, en plus d'une amende conséquente au profit de l'adolescent. Dudley Dursley allait, quant à lui, intégrer une maison de correction. Harry ne s'en préoccupait pas, en réalité. Ce qui lui importait était que ce chapitre fût définitivement clos, et qu'il n'eût jamais à en reparler.

Le samedi qui suivit, Draco prit Severus à part mais avant cela, il s'assura soigneusement que Harry était bien dans sa chambre. Il fit asseoir son parrain sur une chaise, s'installa lui-même en face de lui, puis tira un papier de sa poche et le lui tendit. C'était une enveloppe décachetée. Severus la prit, lentement, avec suspicion, mais ne l'ouvrit pas.

« Lis, enjoignit pourtant Draco.

Le professeur obéit. Au fur et à mesure qu'il parcourait la lettre, ses sourcils se fronçaient, et ses iris de cendre disparaissaient sous le plissement de ses yeux. Quand il eut fini, il releva sur le jeune homme son visage interloqué.

- Tu… Tu pars à Viennes ?

Draco acquiesça.

- Dans dix jours, précisa-t-il. Tout est prêt.

- Mais… Pourquoi ?

Severus ne comprenait pas. Pour quelles raisons son filleul avait-il organisé ce qui ressemblait en tout point à une fuite ? Il le vit hausser une épaule, et la laisser mollement retomber, alors qu'il lui répondait, laconique :

- Bof… Envie de changer d'air. »

Le professeur s'apprêtait à le questionner davantage, mais le regard suppliant que lui lança Draco à cet instant le dissuada de poursuivre la discussion.

Harry ne fut mis au courant que le soir, et il ne saisit pas plus que Severus ce qui motivait le départ du violoncelliste. Il en conçut une profonde affliction, et rien, malgré tous les efforts déployés par Severus et Draco, rien ne put le consoler. Draco, toutefois, demeura inflexible : à la date dite, il quitta l'Impasse du Tisseur, son instrument en main, pour l'aéroport de Londres Heathrow.

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S'il y eut un inconvénient majeur pour Severus à ce départ précipité, ce fut bien de se retrouver seul, en tête-à-tête, avec Harry - ce garçon aux yeux plus tristes que jamais, et qu'il ne cessait de désirer au fond de lui-même. Il eut tout le loisir de se rendre compte à quel point Draco constituait, quand il vivait avec eux, un garde-fou involontaire et efficace. Il lui était en effet infiniment moins facile d'évoluer à proximité du garçon qu'il aimait alors qu'il n'y avait plus de tierce personne aux alentours, capable d'empêcher l'intimité, et de faire planer sur ses désirs l'ombre du scandale. L'image de son jeune hôte sans cesse s'imposait à lui, et se superposait à celle du baiser qu'il avait surpris. C'était une sorte de manège cruel où cette attirance, parvenue à son faîte à cause de leur nouvelle solitude, tantôt le submergeait entièrement, lui soufflant des paroles obscènes qui le laissaient tremblant de désir, tantôt se trouvait anéantie, abattue par le souvenir que Harry n'était pas à lui, et ne le serait sans doute jamais.

Il se mit à avoir des insomnies, durant lesquelles il s'asseyait sur un fauteuil, près du lit de Harry, et regardait dormir le garçon. Parfois, celui-ci s'éveillait, soit qu'il fit un cauchemar, soit qu'il ressentit simplement sa présence insistante jusque dans son sommeil, et scrutait Severus d'un œil trouble, avant de se rendormir. Le professeur le contemplait, des heures et des heures, admirant son visage céleste, le petit grain de beauté qu'il avait sur le cou, sa peau translucide, sa chevelure noire qui contrastait gracieusement avec la blancheur de la literie. De temps à autre, il prenait sa main et la serrait dans la sienne, en éprouvait la douceur, la chaleur. Quelques fois encore, il se penchait au-dessus du lit, et déposait un instant ses lèvres sur le front paisible de l'adolescent. Ces attouchements légers ne paraissaient pas perturber son sommeil. Severus se justifiait de ce comportement en se disant que c'était là des adieux qu'il lui faisait, parce qu'une fois que Harry se rendrait compte qu'il devrait faire un choix, ce serait Draco qui l'emporterait. Et puis il se promettait chaque nuit que ce serait la dernière. Mais invariablement, il revenait la nuit suivante.

Il y eut un soir, cependant, où tout ne se déroula pas d'après cette nouvelle habitude. Severus avait tenu deux semaines. Le lundi de la semaine suivante, une sorte de digue céda en lui, balayée par la pression sans cesse croissante à laquelle le soumettait sa double position de protecteur et d'homme désespérément amoureux. C'est ainsi qu'au lieu de se restreindre à baiser simplement le front de l'adolescent endormi, comme il avait coutume de le faire, il obéit à cette voix, longtemps muselée, qui lui intimait d'oser, d'oser plus. Sa bouche descendit le long du visage de Harry. Son haleine se répandait en longs traits saccadés sur sa peau lisse. Quand elle se fut arrêtée au niveau de celle du garçon, Severus se pencha un peu plus en avant, et leurs lèvres se rencontrèrent. Le professeur se sentit à cet instant l'égal d'un dieu son cœur, dans sa poitrine, battait avec une espèce d'allégresse indicible, roulait, tambourinait, explosait il lui sembla même, tout à coup, que le monde revêtait des couleurs plus vives. Enfin, il embrassait Harry, et cette seconde lui parut la seule véritable qu'il ait jamais vécue.

Au début, il ne prêta pas attention aux légers tressautements sous son abdomen. Il ne s'aperçut pas qu'il était monté de lui-même sur le lit de Harry et qu'il s'était mis de telle sorte que son corps entravait celui d'en-dessous - il ne s'en rendit pas compte, du moins jusqu'à ce qu'il soit repoussé avec toute la violence dont le garçon, maintenant éveillé, était capable.

Severus cligna des yeux hébétés, à demi redressé sur les genoux. Son cerveau lui paraissait s'être liquéfié à l'intérieur de son crâne. Il se sentait à l'instant incapable de se fixer sur une autre pensée que celle du baiser, et des sensations merveilleuses qu'il lui avait procurées. De nouveau il se pencha vers Harry, tout en élevant ses deux poignets minces au-dessus de sa tête avant d'être encore frappé par eux. Sa bouche rencontra celle du garçon pour la seconde fois, et y demeura d'autant plus longtemps qu'il mit la même application à l'embrasser qu'à l'empêcher de bouger. Sous lui, Harry se tortillait comme une anguille. Soudain, son pied trouva un peu d'élan et s'enfonça dans le ventre du professeur, l'écarta légèrement, puis repartit avec plus de force ce dernier coup détacha totalement Severus du corps du garçon.

Une seconde, ils se considérèrent mutuellement, Severus recouvrant peu à peu ses esprits, Harry, les yeux écarquillés, stupéfait, haletant. Puis brusquement, l'adolescent bondit et atteignit la porte en trois enjambées. Instinctivement, Severus allongea le bras afin de le retenir, mais il ne put se saisir que de la manche de son pyjama, et il suffit à Harry d'une seule secousse pour se débarrasser de sa poigne. Et alors que le professeur se préparait à se lancer à ses trousses, le garçon lui jeta un tel regard de peur et de trahison qu'il demeura cloué sur place – ce ne fut qu'en entendant résonner le claquement de la porte d'entrée qu'il put de nouveau réagir.

Severus s'élança à son tour dans les couloirs de l'immeuble. Du haut de son palier, il vit brièvement la silhouette de Harry, pieds nus, qui dévalait silencieusement les marches jusqu'au rez-de-chaussée, comme un fantôme dans l'obscurité, se retournant parfois pour constater qu'on le suivait. Severus était derrière lui, et tentait de le rattraper, mais son cœur à lui battait trop vite, et ses jambes étaient trop flageolantes. Quand il parvint à la porte d'entrée du bâtiment, celle-ci se refermait déjà. Il la poussa avant qu'elle ne claque, sortit dans la rue, balaya les alentours du regard, cependant, il n'y avait rien, pas la moindre trace de Harry, à peine quelques passants qui pressaient le pas. Le petit spectre s'était évaporé.

Le professeur sentit la nausée l'envahir tandis que sa conscience refaisait lentement surface. Tous les gestes qu'il avait exécutés plus tôt revenaient à sa mémoire, dansaient devant ses yeux, torturaient abominablement son esprit par leur atroce signification. Son corps tout entier se raidit jusqu'à devenir plus rigide qu'une statue de pierre.

Subitement, son regard fut attiré par le reflet de lui-même que projetait la vitrine d'un magasin d'en face, et aussitôt il cessa tout à fait de respirer, car ce double avait le visage de Quirrell, ses yeux victorieux brillants de connivence, et son rire faux, si faux, qui écorchait ses oreilles et semblait lui susurrer une sorte de ritournelle infernale : « Toi et moi, nous sommes pareils… »

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Il avait erré durant trois heures, pour atteindre finalement un petit jardin d'enfant, à vingt kilomètres environ de l'Impasse du Tisseur. Ce quartier, il le reconnaissait même dans la nuit noire : il y avait vécu presque seize ans. Il s'était quelques fois demandé ce que cela lui ferait de retourner ici, de retrouver tous ces lieux associés à son enfance misérable. Aujourd'hui, il avait la réponse et ce n'était pas de la peur qu'il ressentait, ni des réminiscences qui ressurgissaient. Juste cette masse sombre dans son corps qui, s'éveillant, montait du fond de son ventre et s'insinuait partout en lui, cherchant à s'échapper, suintant par tous les pores de sa peau. Tous les souvenirs qu'il avait de cette époque gonflaient en lui, ardents, bouillonnants, le brûlant de l'intérieur, et ne le faisaient plus tant souffrir, mais au contraire, lui insufflaient une rage extraordinaire.

Il s'aperçut qu'il tremblait - toutefois, ce n'était pas à cause du froid. Le souvenir de son passé, de ses humiliations, de sa propre passivité face à tout cela, générait en lui une fureur invincible, et cette fureur crispait ses membres et ses entrailles jusqu'au tremblement. Il s'avança vers un banc. Ses pieds blessés saignaient un peu, et le bout de ses doigts et de ses orteils bleuissaient à vue d'œil. En s'asseyant, il se rappela fugitivement une nuit d'hiver qu'on l'avait obligé à passer dehors parce qu'il était rentré trop tard. Il ne neigeait pas, mais le sol était gelé et il s'était résolu à récupérer dans la poubelle de vieux journaux pour s'allonger dessus, comme le faisaient les sans-abris. Sa mâchoire se tendit davantage en y repensant. Il remonta ses genoux et les entoura de ses bras, essayant de se réchauffer.

Il réfléchissait à ce qu'il allait faire ensuite. Bien sûr, il partirait, si possible très loin, dans un endroit avec du sable, la mer et du soleil. Il se débrouillerait : il pouvait travailler dur et accomplir à peu près n'importe quelle tâche. Il veillerait surtout à ne plus accorder la moindre confiance à qui que ce soit. Se faisant cette réflexion, le visage de son professeur lui revint en mémoire. Il eut du mal à déglutir, car une boule lui obstrua soudain la gorge. Il refoula ses larmes, malgré toute l'envie qu'il avait d'éclater en sanglots, et la masse sombre grossit un peu plus encore. Ses épaules tressautèrent.

C'était décidé, il partirait. Mais avant cela, il lui fallait récupérer une dernière petite chose.

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Les premières lueurs du jour trouvèrent Severus, pâle, désorienté, arpentant chaque coin de Londres où aurait pu se rendre Harry, et aussi infructueux dans ses recherches que s'il s'était mis en quête de la pierre philosophale. Quand il vit blanchir le ciel à l'horizon, il se figea d'un coup, prenant la mesure de tout le temps qui s'était écoulé, de toutes les heures perdues à chercher en vain, et vacilla. Il était sur le point de se décourager. Repérant une cabine téléphonique au coin de la rue, il s'y dirigea à pas maladroits sa tête était lourde d'angoisse et de fatigue, et se balançait mollement sur ses épaules. Il s'engouffra dans la cabine, prit le combiné et composa le numéro de la police après avoir introduit quelques pièces dans la fente. A l'autre bout du fil, une voix grave lui répondit. Ils échangèrent quelques phrases, que Severus oubliait au fur et à mesure qu'elles étaient prononcées. L'agent de police finit par raccrocher, et lui demeura une minute encore debout dans cette cage exiguë, le téléphone entre les mains, les yeux dans le vague.

Enfin, il sortit. Il se sentait accablé, pris de vertige. Il continua néanmoins à marcher, sans réellement se soucier de l'endroit où cela le conduirait c'est ainsi que, laissant ses pieds le guider, il se retrouva bientôt face à une grande bâtisse, un lycée - et ce lycée était Poudlard. Il examina sa façade, de bas en haut, l'air consterné. De tous les endroits qu'abritait Londres, n'y en avait-il pas d'autres bien plus susceptibles de lui apporter un réconfort, ou mieux, Harry ?

Mais voici que fusa tout à coup un éclair noir à travers l'une des vitres de l'établissement. Le professeur songea d'abord qu'il s'agissait d'une de ces hallucinations dont il avait tant souffert cette nuit, croyant discerner Harry derrière chaque garçon qu'il croisait, sous chaque amas de ténèbres d'un renfoncement obscur. Aussi ne se précipita-t-il pas sur-le-champ. A force d'avoir refermé sa main sur du vide, il ne faisait plus confiance aux messages que lui renvoyaient ses yeux. Cependant, lorsqu'il aperçut une seconde fois ces cheveux de jais, toute hésitation s'envola, alors que, dans le même temps, un espoir insidieux renaissait. Il s'élança.

Dans les couloirs, il ne rencontra presque personne : la plupart des élèves étaient en classe à cette heure de la matinée. Il furetait de tous côtés, murmurant « Harry », à voix basse, comme une supplique, une formule magique qui le ferait apparaître. Soudain, il se souvint de cette habitude qu'il avait de se rendre sur le toit avec la jeune Anita Parks lors du déjeuner et à cet instant, il se sentait tellement désespéré, et à court de ressources, qu'il gravit les étages mécaniquement, la gorge sèche, certain d'être à nouveau déçu. Pourtant, en poussant la porte du local qui débouchait sur le toit, il vit que le garçon était là.

Accroupi devant une dalle démise, il lui tournait le dos. Sa silhouette gracile repliée sur elle-même s'imprima comme une image sacrée sur sa rétine. Le soulagement débordait en lui. Il fit un pas en avant.

« Harry…, souffla-t-il.

L'interpellé sursauta, perdit l'équilibre, bascula sur le côté. Il leva la tête vers Severus et parut se raidir, le regard agrandi par une sorte de terreur diffuse qui transperça l'enseignant comme une flèche meurtrière. Celui-ci fit un pas de plus, tendant la main vers le garçon, et répétant une seconde fois :

-Harry…

C'est alors qu'il repéra, dans le creux découvert par la dalle descellée, un objet dont il n'avait pas eu conscience jusqu'à présent car le corps de Harry l'avait dérobé à sa vue. Il resta un instant stupéfait, puis fit mine de le rejoindre.

- Harry, qu'est-ce que c'est qu…

Severus n'eut pas l'occasion de finir sa phrase, cependant : déjà les mains de l'adolescent avaient plongé dans la cavité et en ressortaient, pointant l'arme en direction de sa poitrine.

- T'approche pas de moi ! cria Harry.

Le professeur s'immobilisa, devant le canon du revolver qui le jaugeait, frémissant. Il observa Harry, dont les belles prunelles étincelaient comme jamais auparavant, brûlant de peur, de colère, et des accusations que sa bouche taisait, et qui se déversaient ailleurs. Il ne lui connaissait pas ce regard si vivant, si percutant, mille fois plus ensorcelant dans la rage que dans la rêverie. S'il n'eût pas honte de ces pensées, il se souvint en revanche que tout ce qui avait pu les amener sur ce toit, à s'affronter l'un l'autre, était de sa faute, et qu'il lui fallait réparer cela, dût-il pour cela finir le thorax perforé par une balle.

- Harry… Harry, pardonne-moi, articula-t-il en esquissant un autre pas en avant, en dépit de l'arme dirigée vers lui.

- Ne t'approche pas de moi ! réitéra le garçon.

Mais il tremblait, et ce fut lui qui recula pour s'éloigner de l'adulte.

Severus avança de nouveau.

- Je… Je ne sais pas ce qui m'a pris, balbutia-t-il. Je n'aurais jamais dû… Je te jure que je n'ai jamais voulu te faire du mal !

- ARRETE CA !

Harry avait baissé la tête en hurlant ces dernières paroles. Il lâcha d'une main le revolver et avec, il essuya ses yeux : seulement alors, Severus se rendit compte qu'il s'était mis à pleurer. Harry recula encore. Ses jambes butèrent contre le petit parapet qui s'enroulait sur tout le périmètre du toit. Comprenant qu'il était coincé, il jeta un coup d'œil en contrebas par-dessus cette rambarde. Puis il s'y hissa, sous l'œil horrifié du professeur. Debout, il le dominait complètement.

- Harry, que fais-tu, bon Dieu ? Descends… Descends de là !

Severus s'apprêta à accourir près de lui, mais l'arme remonta un peu plus au niveau de sa tête et l'en dissuada. Harry, face à lui, tremblait de plus en plus violemment.

- Tout… Tout était bien, hoqueta-t-il, les larmes dévalant abondamment ses joues. Tout était si bien, et toi, tu… Pourquoi t'as fait ça ? Alors que moi je… je…

Le reste de ses paroles se fondit dans ses sanglots. Severus, quant à lui, était trop obnubilé par la crainte que le garçon ne tombât, pour se morfondre davantage sur sa propre culpabilité, et il occupait tous ses efforts à faire en sorte que rien de tel ne se produise. Il suppliait Harry :

- Tout ce que tu veux, Harry, tu me diras tout ce que tu as sur le cœur, dès que tu seras descendu, tu pourras même me tirer une balle dans la poitrine si c'est ce que tu veux, je le mérite de toute façon, mais descends, je t'en prie, descends…

Et il progressait doucement jusqu'à lui, qui semblait de moins en moins assuré – si tant est qu'il l'eût été à un moment donné. Le revolver, qu'il ne tenait plus qu'à peine, s'abaissait lentement en tremblant, pendant que son visage livide à l'expression blessée et confuse remontait rencontrer le sien. Il fut près d'obtempérer.

Mais à cet instant, un évènement survint, qui fut l'apparition d'Anita Parks à l'entrée du réduit communiquant avec le toit, et son exclamation lorsqu'elle reconnut les deux personnes qui s'y trouvaient. Harry, surpris, pressa la détente par inadvertance. Un coup partit et sous l'impulsion du tir, il se trouva désarçonné, et bascula de l'autre côté de la balustrade.

A suivre.

Voilà qui clos l'avant-dernier chapitre de cette fic. Plus qu'un épilogue ! Courage, moi !

Petites RARs pour conclure :

Deldal5 : Merci pour ces encouragements ! Ca fait toujours du bien… )

Dadoumarine : Merci beaucoup d'avoir pris le temps de laisser un message ! Je ne suis pas sûre de pouvoir répondre à toutes les attentes qui semblent transparaître de ta review, mais j'espère que la suite te satisfera tout de même. A bientôt ! =)