Bonjour, chers lecteurs !
J'ai le plaisir de vous offrir aujourd'hui le chapitre quatre de ma fiction ! Nous rentrons ENFIN dans le vif du sujet et j'espère que ça vous paraîtra bien. Parce que oui, figurez-vous que j'ai des doutes... C'est dans ce genre de cas-là qu'on peut se rendre compte que c'est la première fois que je touche à ce genre d'histoires... En tout cas, j'espère que vous apprécierez ce long chapitre ! Car oui, il est beaucoup plus long que les autres ! Je vous ai fait un petit cadeau pour pardonner mon temps de publication pour les prochains chapitres =p
En tout cas, ce dont vous n'avez pas à douter, vous, c'est que j'adoooore toujours autant vos reviews ! N'hésitez donc pas à m'en laisser d'autres ! Merci encore à vous !
Allez, je vous laisse lire, maintenant =)
Disclamair :
La plupart des personnages sont à M. Kishimito, mais j'y ai mêlé de mon imagination, surtout pour les personnages secondaires. L'histoire se déroule en France, par soucis de maniaquerie. Ainsi, au moins, je suis sûr de connaître le système scolaire.
Chapitre 4 :
Conséquences.
Jeudi 4 septembre
Retour aux bonnes vieilles habitudes. Aujourd'hui, c'est mon réveil qui, à force de hurlement, va me sortir de mon lit. Je n'ai vraiment pas envie de bouger et même Akamaru ne semble pas suffisamment motivé pour grogner. Résultat des courses : lorsque je décide finalement de me lever, j'ai huit minutes de retard et je dois tout faire dans la précipitation. Je me suis donc brossé les dents en toute vitesse, je n'ai pas pris le temps de me coiffer - ce qui ne change pas grand-chose, de toute manière - et, horreur, je n'ai pas eu le temps de prendre un petit déjeuner digne de ce nom.
Maintenant, je suis dehors et je baille à m'en décrocher la mâchoire. Ne pas avoir l'estomac rempli me met dans un une sorte d'état second, comme s'il me manquait quelques heures de sommeil. Il faut croire que ce qu'on voit tous les jours à la télévision est vrai : le petit déjeuner apporte de l'énergie pour tenir jusqu'au repas ! Cette constatation purement philosophique étant faite, mon regard se porte loin devant moi. Seulement, je nage encore un peu dans le brouillard et il me faut une petite dizaine de secondes avant de me rendre compte que quelqu'un vient de sortir d'une rue sur la gauche et que cette personne marche à pas rapide devant moi. Lorsque je retrouve mes esprits, Gaara m'apparait soudainement et, accompagné d'Akamaru, je le rattrape et me mets à son niveau. Forcément, il nous a entendus arriver et n'est pas surpris de me voir à ses côtés.
- Salut, dis-je en calant mon rythme de marche au sien.
- Salut, répond-il sans quitter de vue le chemin devant lui.
Sa réponse s'est faite sur son ton neutre habituel mais une hypothèse vient de naître dans mon esprit. En trois jours, mon chien lui est rentré dedans, je l'ai manipulé pour l'inviter à notre table et mes amis l'ont quasiment forcé à accepter une invitation pour une fête remplie d'inconnus. Est-ce que, pour ces raisons, il pourrait en avoir marre de ma présence ? Ce serait légitime. En fait, le problème, c'est qu'il reste toujours totalement de marbre. Son visage ne pourrait pas être un peu plus expressif ?!
…
J'inspire un grand coup. Après tout, ce n'est pas de sa faute. C'est moi qui ai un peu forcé les choses. La culpabilité et moi n'ayant jamais faits bon ménage, mon cerveau me dicte tout seul la marche à suivre.
- Je suis désolé pour hier, commencè-je, sans plus de cérémonie. J'ai l'impression que nous t'avons un peu forcé la main. Si tu ne veux pas venir samedi, nous ne nous vexerons pas.
Son regard daigne enfin quitter la route devant lui et il me dévisage un court instant avant de se concentrer une nouvelle fois sur le trottoir devant nous.
- Tu t'inquiètes trop, affirme-t-il. Je sais qu'il est difficile de déchiffrer une émotion sur mon visage mais j'ai trouvé votre présence plutôt… amusante.
Une vague de soulagement s'empare de moi, même si je ne suis pas certain que sa réponse soit vraiment un compliment. D'ailleurs, je ne sais pas trop si je dois le remercier ou autre alors je préfère rester silencieux.
- Et puis il est trop tard, maintenant, enchaîne-t-il en constatant mon mutisme. J'ai déjà demandé à mon frère s'il voulait bien m'emmener. Il vient d'avoir son permis et il a tout de suite dit oui.
Cette dernière réponse balaie mes doutes et je commence à croire que Gaara nous apprécie vraiment, et ce même si nous sommes une peu envahissants et bruyants.
- Alors c'est sûr, tu peux venir et tu passes la nuit avec nous ?, m'informè-je en guise de confirmation.
- Si vous voulez toujours de moi.
- Oh, de ce côté-là, tu peux être sûr qu'Ino ne changera pas d'avis. Quand elle a une idée en tête…
- J'avais cru comprendre.
- Tu verras, ça va être fun ! On prépare cette fête depuis plus d'une semaine. J'ai même l'impression que notre vie ne tourne qu'autour de ça, en ce moment.
Il acquiesce d'un petit bruit indescriptible et se mure à nouveau dans le silence. S'il y a une chose que j'ai déjà bien comprise à propos de lui, c'est qu'il faut soi-même alimenter la conversation si on ne veut pas l'étouffer dans l'œuf. Contrairement à moi qui ne supporte pas le silence, il n'a aucun mal à rester calme pendant plusieurs heures d'affilées. Je le sais, parce que je vois très bien, pendant les cours, qu'il ne s'adresse à personne. En fait, à bien y réfléchir, en dehors de moi, je ne suis même pas sûr que quelqu'un au lycée s'intéresse vraiment au personnage. Enfin… maintenant, Shikamaru et les autres s'intéressent aussi à lui mais ce n'est pas venu naturellement. Remarque, je suis plutôt hypocrite de dire ça ; si Akamaru ne l'avait pas percuté avant-hier, je suis sûr que je ne l'aurais jamais abordé de moi-même non plus.
En repensant aux évènements qui ont fait que nos deux vies se soient croisées, je ricane, peut-être un peu plus fort que ce que je l'aurais voulu. J'ai beau être certain qu'il l'a entendu, il réagit exactement comme je m'y étais attendu et ne demande rien. Cependant, puisque je ne sais pas quoi dire et que je passe déjà assez pour un idiot sans le faire exprès, je préfère donner des explications quand celles-ci sont logiques.
- Je repensais à la manière dont nous nous étions rencontrés. Finalement, ce n'était qu'un superbe coup du hasard !
Il reste silencieux et continue de marcher, comme si je n'avais rien dit, durant quelques secondes, puis reprend le fil de la conversation :
- Je ne crois pas à ce genre de choses.
- De quoi ?, m'étonnè-je un peu, pas sûr de bien comprendre de quoi il parle.
- Le hasard, la chance, le destin, … Ce sont toutes des choses en lesquelles je ne crois pas. Nous sommes les seuls à diriger notre avenir et tout ce qui arrive n'est dû qu'à nous.
Oulah. Je n'avais jamais entendu Gaara parler autant d'un seul coup. Enfin, si mais jamais avec une conviction pareille, un ton aussi sec. Je ne sais pas encore en quoi exactement mais il est évident que tout ça doit avoir un rapport avec son histoire, son passé… Sa cicatrice, même… ? Qui sait ?
- Je comprends ce que tu veux dire, ajoutè-je.
Le carrefour où nous nous rencontrons étant à mi-chemin entre le lycée et ma maison, le dialogue est coupé court lorsque nous arrivons et que, emporté par l'enthousiasme, Akamaru aboie pour attirer mes amis. Après les salutations d'usage, les filles apprennent à leur tour que Gaara habite tout près de chez moi et comprennent les raisons de notre arrivée commune. Là où je me dis qu'elles sont un peu tête-en-l'airs, c'est que je suis sûr qu'il le leur avait déjà dit hier, pendant le repas. De deux choses l'une : soit elles n'ont pas fait le lien entre l'adresse et le lieu, soit elles n'ont pas vraiment écouté la réponse.
…
Dans tous les cas, je préfère ne rien dire parce que je sais que je finirai par me faire frapper. Ça parait évident à mes yeux : je serais bien incapable de leur reprocher quelque chose sans y mettre un ton qui ne leur plairait probablement pas.
La surprise passée, Ino va directement attaquer notre sujet de prédilection ces temps-ci et Sakura va mal contenir sa joie - oui, oui, c'est un doux euphémisme pour dire qu'elle va ressembler à une adolescente en furie - lorsque Gaara va leur confirmer sa venue. En fin de compte, ce jeune homme s'adapte plutôt bien à notre groupe. Forcément, il n'est proche de vraiment personne - puisque celui qui doit en savoir le plus sur lui est moi et que je ne connais aucun détail sur sa vie - mais en l'espace d'un jour, il aurait été difficile de faire mieux. Il ne parle pas beaucoup mais il ne s'enfuie pas, au moins. Il va même passer le week-end avec nous ! D'ailleurs, à ce propos, je viens de me rappeler de quelque chose.
- Au fait, Sakura.
- Oui ?
- Je voulais savoir… Est-ce que tu pourras passer me prendre pour aller chez Ino, samedi ? Je ne veux pas demander à Hana de ressortir la voiture juste pour moi.
Elle a seulement le temps de réfléchir à la proposition et d'ouvrir la bouche qu'une réponse vient d'ailleurs.
- Mon frère peut te prendre.
Sakura et moi nous tournons dans la direction de Gaara pendant que Shikamaru et Ino continuent de discuter dans leur coin tout en jouant avec mon chien. Enfin, c'est vrai pour la blonde surtout ; Shikamaru ne voudrait pas se fatiguer de si bonne heure le matin, même pour un chien qu'il apprécie beaucoup.
- Si tu viens jusqu'au carrefour où nos chemins se croisent, on pourra te prendre au passage, ajoute Gaara devant nos mines interrogatives.
- Oui, c'est une bonne idée, confirme Sakura. Ça évitera à mes parents de faire un bon détour.
Là, dans l'immédiat, l'idée me paraît tellement évidente que je me trouve bête de ne pas y avoir pensé tout seul. Ou alors… c'est tout simplement parce que je me voyais mal lui demander un service. Oui, en fait, je trouvais plus raisonnable de demander un service à une amie de longue date comme Sakura qu'à Gaara. Par contre, s'il se propose, c'est différent.
- Akamaru pourra monter dans la voiture ?, demandè-je, incertain.
- Tu n'auras qu'à prendre une couverture à mettre en-dessous de lui pour que mon frère n'ait rien à redire.
- D'accord, on fait ça comme ça, déclarè-je après un instant de réflexion. Il faudra juste que tu me dises comment s'appelle ta rue exactement parce que je n'ai pas relevé, la première fois.
Il hoche la tête positivement et la sonnerie retentit. Tous les cinq, nous nous dirigeons donc vers notre salle de cours et, comme tous les jours depuis plusieurs années, Akamaru rentre chez nous.
Tout le reste de la journée va passer très vite. Comme prévu, Gaara va manger avec nous et le soir, en sortant des cours, nous allons même faire le chemin ensemble. Notre discussion à tous est pour le moment totalement centrée sur la fête de samedi et nous devenons de plus en plus surexcité au fur et à mesure que ce jour approche. Finalement, c'en est à se demander si Shikamaru n'avait pas tort : on aurait presque l'impression que notre vie tourne autour de cette journée ! Il faut dire aussi qu'entre les voyages des uns et les absences des autres, nous n'avons pas pu nous voir souvent durant les grandes vacances… Il est de notre devoir de nous rattraper !
…
Oui, je suis d'accord. Je m'emporte un peu. Surtout qu'en y réfléchissant, nous n'avons rien prévu de spécial. On va juste être tous ensemble dans une grande maison, sans parent pour nous empêcher de la démonter. D'ailleurs, à ce propos, Ino a particulièrement insisté sur le « Vous ne repartirez pas de chez moi avant que tout soit nickel ! ». Le regard qu'elle a lancé dans ma direction en prononçant cette phrase était si… horrible, que je ne risque pas de l'oublier. Comme si j'étais du genre à mettre le bazar chez mes amis !
…
Bon, d'accord, peut-être un peu. Mais je ne repars jamais sans avoir aidé à ranger. Et ça, c'est véridique ! Enfin bref, tout ça pour dire qu'il faudrait être aveugle ou idiot pour ne pas se rendre compte que notre seul et unique centre d'intérêt en ce moment est cette sortie. D'ailleurs, je pense qu'il vaut mieux y passer directement. Le vendredi qui vient n'est pas assez important pour qu'on s'attarde dessus. D'autant plus qu'il n'y a rien eu de spécial et que nous allons passer pour des dingues, tant notre excitation grimpe en flèche.
Samedi 6 septembre
- Tu es prêt, Kiba ? Il est bientôt l'heure pour toi de partir.
C'est Hana qui vient de s'adresser à moi. Elle est dans l'embrasure de la porte de ma chambre et tient cette fois encore une tasse de café dans les mains. Même si elle le nie, je suis sûr qu'elle est droguée à la caféine. Elle ne peut pas s'empêcher d'en boire un toutes les deux ou trois heures et je ne vous raconte pas ce qu'elle serait prête à faire pour avoir sa dose.
- Oui, tout est prêt, dis-je en montrant du doigt un sac posé sur mon lit. Je suis en train de faire les devoirs que je n'aurai pas le temps de faire plus tard.
En effet, je suis assis à mon bureau, une tonne de livres et de cahiers ouverts devant moi.
- Tu arrives à travailler dans ce désordre… ?, me demande-t-elle avec un regard sceptique.
- Bien sûr !, retorquè-je. Shikamaru te dirait que c'est une question d'entraînement.
- Je vois… Enfin, je voulais savoir si tu avais pris quelque chose à boire ou à manger.
Je lui jette un regard interrogateur en haussant un sourcil. Devant cette réaction, elle se sent obligée de m'expliquer.
- Peut-être que c'est trop pour ton petit esprit étriqué mais ça ne se fait pas d'arriver chez des amis les mains vides !
Ah, oui… J'ai honte de l'avouer mais c'est un détail qui, dans l'excitation, m'a complètement échappé.
- Bref. J'ai été faire les courses ce matin et comme je savais que tu n'y aurais pas pensé tout seul, j'ai acheté un petit pack de bières pour vous.
- Je t'adore !, m'exclamè-je. Qu'est-ce que je ferais sans toi ?
- Tu serais probablement perdu, c'est évident, ajoute-t-elle en me gratifiant d'un large sourire. Pas de folie ce soir, hein !
- Bien sûr que non, conclus-je tandis qu'elle s'éloigne déjà.
Elle se moque de moi, comme ça, mais je sais parfaitement qu'elle s'inquiète pour moi et que mon petit confort lui importe vraiment. D'ailleurs, un coup d'œil à mon portable me confirme qu'elle a raison : quatre heures moins le quart. Il est l'heure de commencer à me préparer puisque je dois retrouver Gaara dans quinze minutes. Je laisse mes affaires en plan et je réveille Akamaru, allongé juste derrière moi.
- Allez, sac à puces ! On va chez Ino.
Comme si le mot était magique, il se lève d'un coup en m'entendant prononcer le prénom de mon amie. Décidément, ils s'entendent vraiment bien, tous les deux, et ça n'est pas un amour à sens unique.
Maintenant persuadé que mon chien me suivra, je ne fais plus attention à lui et prends mon sac. Je vais à l'étage inférieur et mes yeux partent à la recherche de ce que ma sœur a préparé pour moi. Je ne cherche pas très longtemps car le pack de bières dont elle parlait est posé en évidence sur la table. Je le prends et l'enfonce de force dans un sac qui m'empêche de la refermer pour me montrer son désaccord. Ce qu'il ne sait pas, ce sac, c'est que c'est moi qui décide !
…
Ah ! J'ai réussi ! Il a une forme un peu bizarre à cause d'un trop plein plus qu'évident mais j'ai gagné ! … Et non, vous ne rêvez pas. Je suis vraiment en train de me battre avec un sac et j'ai vraiment tiré une certaine satisfaction pour avoir gagné. Bref ! Maintenant que ça, c'est fait… Que me reste-t-il à faire ? Ah oui : la couverture pour mettre dans la voiture. Je remonte dans ma chambre et tire d'un placard une vielle couverture dont je me sers quand il fait trop froid seulement. Je la mets sur mon épaule et, après un dernier coup d'œil à ma chambre pour m'assurer que je n'ai rien oublié, me décide enfin à y aller.
Je… dois avoir l'air ridicule.
À force de trop en mettre dedans, mon sac a une forme bien trop ovale pour que je le mette sur mon dos et je me trimballe avec une vieille couverture sur le dos. Je suppose que si j'avais eu six ans, on aurait pu croire que je me prenais pour Batman, Zorro, ou n'importe quel autre héros de bandes dessinées avec une cape mais là… j'ai simplement l'air d'un idiot.
Heureusement, j'arrive rapidement au point de rendez-vous et je peux tout déposer, devant mon chien qui affiche un air perplexe. Je le vois chercher du regard et je devine qu'il recherche Ino. Il doit trouver bizarre que je reste assis à ne pas bouger au coin de la rue. En fait, il va même geindre et essayer de me forcer à me relever en me poussant. Je le trouve vraiment mignon quand il fait ça. Pas assez sadique pour le laisser mariner encore longtemps, je souris et tente de lui expliquer.
- Ne t'inquiètes pas. Nous allons toujours voir Ino, Akamaru. Quelqu'un vient nous chercher et nous y allons ensuite.
Je pose ma main sur sa tête et lui ébouriffe les poils. Je ne suis pas totalement sûr qu'il ait vraiment compris mais il aboie et remue la queue, tout heureux. À ce propos, quelle heure est-il ? Je regarde sur mon portable et constate qu'il ne reste que quelques minutes à attendre. Pour patienter, je ferme les yeux et laisse la chaleur du soleil me relaxer.
[…]
Un bruit de voiture qui s'arrête tout près de moi me fait rouvrir les yeux. Un peu plus et je me serais peut-être endormi… Ce n'est pas la première fois que je m'en rends compte mais le soleil a vraiment un effet bizarre sur moi. Enfin, loin de moi ce sujet, je vois Gaara qui sort de la porte passager avant d'une 306 grise en assez bon état, malgré l'âge qu'elle doit avoir. Je me lève et lui tends la main.
- Bonjour, Akamaru, ajoute-t-il, après les salutations d'usage, en tapotant la tête de mon chien.
Je suis… surpris. Surpris de voir qu'il agisse de la sorte avec mon animal. Rares sont ceux qui prennent le temps de parler ou de s'occuper de mon fidèle canin. Par contre, rien que de voir l'état de joie dans lequel cela plonge Akamaru, je ne vais pas me plaindre.
- Depuis quand parles-tu aux chiens ?, plaisantè-je.
Ses yeux émeraudes quittent mon chien et se posent sur moi.
- J'ai remarqué que tu tenais beaucoup à lui, un peu comme à un meilleur ami. Je me suis dit que ce serait te manquer de respect que de l'ignorer.
… Si tout à l'heure j'étais surpris, je suis maintenant totalement éberlué. Il a une manière de réfléchir tellement hors norme qu'il me déroute complètement.
- Tu devrais mettre la couverture sur les sièges arrières, me conseille-t-il sans me laisser le temps de rétorquer quelque chose.
- … Ok.
J'attrape ladite couverture posée à mes pieds et ouvre la portière arrière. Puisqu'il a l'air de trouver sa manière de réagir totalement normale, je préfère ne pas m'attarder sur le sujet.
- Salut !, me lance joyeusement un jeune homme à l'avant de la voiture que la surprise m'avait empêché de remarquer.
Il n'a pas l'air beaucoup plus vieux que nous mais je n'aurai jamais pu deviner un quelconque lien de fraternité avec Gaara. Il est brun, le teint beaucoup moins pâle que son frère et, surtout, il a l'air beaucoup plus sociable.
- Bonjour, répondè-je. Merci de bien vouloir nous emmener.
- De rien. Tu es Kiba, n'est-ce pas ? Moi, c'est Kankurô.
- Enchanté, dis-je avec un ton enjoué en installant le vieux plaid sur toute la longueur des sièges. Excusez-moi si mon chien pose problème.
- Ah !, s'exclame-t-il. Ne me vouvoies pas, on dirait que je suis vieux ! J'ai seulement dix-neuf ans, tu sais.
Sa remarque me fait sourire mais il ne peut pas le voir, étant donné que je suis penché derrière son siège, en train de me battre avec une couverture rebelle.
- Et puis ne t'inquiètes pas : cette voiture est vieille et elle ne craint pas les poils de chien !
Décidément, son caractère est aux antipodes de celui de son frère. Enfin, j'exagère peut-être un peu mais il ne laisse pas du tout la même impression. Maintenant que j'ai fini de tout mettre en place, je ressors de la voiture, range mon sac dans le coffre, et invite Akamaru à monter. La taille de l'animal couplée au peu de place dans la Peugeot l'oblige à se serrer un peu mais j'arrive tout de même à trouver une place à côté de lui. Akamaru a la tête posée sur mes genoux et je m'amuse à lui ébouriffer les poils. Dans cette situation, il ne peut pas gagner contre moi puisqu'il est incapable de bouger. Je profite !
Gaara s'installe à nouveau à l'avant et nous partons. Durant tout le trajet, le dialogue va en réalité se contenter d'être un monologue de ma part. J'y explique où tourner pour arriver à bon port. Le chemin n'est d'ailleurs pas très long et nous mettons un pied au sol dix grosses minutes après être repartis.
J'ouvre à peine la porte qu'Akamaru se propulse hors de la voiture et se mets à courir en rond pour se dégourdir les pattes. Je devine facilement que ça devait sérieusement le démanger.
- Et bien !, s'exclame Kankurô après un sifflement d'admiration. Ta copine ne doit pas avoir de problème d'argent, Kiba.
Gaara ne dit rien mais son regard se porte lui aussi sur le domaine des Yamanaka.
- Non, effectivement, confirmè-je.
En fait, sans aller jusqu'au grand manoir stéréotypé, Ino vit dans une grande maison entourée par un jardin loin d'être négligeable. J'aimerai vivre dans un endroit pareil mais pour une raison bien précise : nos chiens. Je suis sûr qu'Akamaru comme les différents canidés de ma sœur seraient ravis d'avoir un espace vert aussi grand pour se défouler.
En nous entendant arriver, Ino vient nous accueillir, accompagnée par Shikamaru et Sakura. Il semblerait donc que nous soyons les derniers. Pourtant, je suis sûr que nous ne sommes pas en retard, ou peut-être de quelques minutes seulement. Kankurô reste dans la voiture et salue brièvement tout le monde cependant même que Gaara le présente aux autres. Il ne reste pas longtemps avec nous et, après nous avoir souhaité une bonne soirée, il repart. J'espère de mon côté qu'il retrouvera son chemin facilement.
Après nous être tous salués, nous nous décidons enfin à tous pénétrer dans la grande demeure. Avec tout ce que j'ai sur le dos et la couverture d'Akamaru, je suis beau dernier, Shikamaru ayant refusé de m'aider avant même que je le lui demande. Quel lâcheur… ! À peine entré, je remarque que rien n'a changé depuis la dernière fois que je suis venu. La décoration est toujours très sobre et tout est plutôt clair, souvent du blanc. La plupart des meubles sont quant à eux en bois massif et je suis sûr qu'il y a autant d'argent dans leur salon que dans toute ma maison. Dans le hall, j'interpelle la maîtresse de maison.
- Où est-ce que je dois poser mes affaires ?
Oui parce que je ne veux pas forcément dormir mais là, mes affaires commencent à me sembler lourdes, vraiment lourdes… !
- J'ai préparé la chambre à l'étage, celle où tu as déjà dormi une fois. Par contre, ajoute-t-elle en regardant Gaara, ça ne te dérange pas de dormir sur le canapé-lit du salon ?
- Attends, Ino, intervient aussitôt Shikamaru. Puisque nous avons besoin de tous les lits, je propose de prendre le canapé. Comme je le disais, je dors bien où que je sois. Ça ne me dérange pas de laisser la place dans la chambre à Gaara.
- Bon, c'est décidé, alors !, rétorque Ino sans laisser le temps à l'intéressé de répliquer. Kiba, tu lui montres le chemin ?
- D'accord. On revient tout de suite.
- Nous serons dans la cuisine. Sakura et moi étions en train de faire un gâteau pour ce soir lorsque vous êtes arrivés.
- Très belle initiative !, m'emportè-je en prenant les escaliers juste en face de l'entrée. Gaara, tu viens ?
Il me confirme d'un mouvement de tête qu'il me suit et, ensemble, nous traversons le long couloir du deuxième étage. Au vu du nombre de portes, je suis obligé de jeter un coup d'œil dans chacune des salles jusqu'à, à mi-chemin, retrouver celle qui nous est attribuée. À l'image du reste de la maison, c'est une grande salle toute de blanc décorée. Je prends le lit une place le plus près de l'entrée et invite Gaara à prendre le deuxième. Tandis que je pose le plaid d'Akamaru et que je sors les bouteilles de mon sac - j'ai d'ailleurs eu beaucoup de mal à le rouvrir… -, je décide d'instaurer un échange. Il faut dire que je n'aime toujours pas les silences. Quand je suis seul, par exemple, il n'est pas rare que je me parle.
- Alors ?, commencè-je. Tes impressions ?
- La maison d'Ino est gigantesque.
- N'est-ce pas ? Je me rappelle de la première fois où je suis venu ici… J'ai ouvert de grands yeux et je n'ai pas cru à ce que je voyais jusqu'au moment où Ino en a eu marre de ma tête et m'a frappé.
Inutile de le préciser mais je n'ai d'ailleurs pas attendu très longtemps… Tiens, en parlant d'attendre, nos affaires sont vite déposées et nous quittons la chambre ensemble.
Le chemin du retour s'est fait dans le silence, étant donné que je n'ai rien à dire. Lorsque nous avons rejoint les autres dans la cuisine, nous y avons vu Ino en train de menacer Shikamaru avec une spatule en bois recouverte de pâte. Je ne sais pas ce qu'il avait bien pu lui dire mais ça ne devait pas avoir beaucoup fait plaisir à notre hôte. Comme lui l'avait déjà fait nombre de fois pour moi, je sauve Shikamaru des griffes de la belle blonde en l'interpellant pour lui demander où je peux ranger les boissons que nous a achetées ma sœur. Devant ma maigre participation, Ino en arrive tout de même à oublier notre ami et me désigne du doigt un immense frigo dans le style américain. Rien que de l'ouvrir me fait bizarre… il est si immense ! Je suis certain qu'il ne rentrerait même pas dans ma propre cuisine.
À peine ai-je refermé la porte du frigo que j'entends des cris qui s'élèvent derrière moi. Je me retourne pour constater qu'une fois encore, Shikamaru a mis Ino dans une rage folle. Je souris devant sa capacité à la rendre dingue en moins de cinq minutes - dire « quinze secondes » serait même plus exact -. Il faut l'avouer : notre géni excelle dans ce domaine.
- Kiba !, me hurle Ino. Tu ne voudrais pas emmener Shikamaru et Gaara dans le salon ?! Je ne vais jamais réussir à faire ce gâteau si le Nara ici présent reste là. Il va me rendre folle !
Sa dernière phrase était parfaitement inutile… Tout le monde - et Shikamaru en premier - est facilement arrivé à cette constatation depuis longtemps. Je suis certain que ça n'aurait pas pu échapper même à Gaara. Seulement, ce qu'Ino n'a pas compris, c'est que Shikamaru fait exprès de la rendre folle. À tous les coups, il se dit qu'elle le laissera tranquille durant la soirée s'il passe son temps à l'énerver dès le début de l'après-midi. Connaissant Ino, je me demande d'ailleurs si ce n'est pas la meilleure solution… Enfin, là, dans l'immédiat, l'idée de miss Yamanaka me plaît bien alors…
- Ok, affirmè-je. On va t'emprunter quelques trucs pour s'occuper.
- Merci, Kiba… ! Les jeux de sociétés sont rangés dans le meuble juste à côté de la télé.
Sans lui répondre, je fais signe aux deux autres hommes de la salle de me suivre. Avec un large sourire satisfait, Shikamaru se lève et me devance, tandis que Gaara est plus calme et passe après moi.
Arrivés dans l'immense salon meublé comme le reste de la maison, je me dirige directement vers le placard qu'elle m'avait décrit. À l'intérieur s'y trouvent différents jeux de sociétés tous flambants neufs, pratiquement jamais utilisés.
- Alors ?, demandè-je aux deux autres. Vous voulez jouer à quelque chose en particulier.
- Qu'est-ce que tu as à nous proposer ?, s'informe Shikamaru.
- Les grands classiques. Enfin, étant donné que nous ne sommes que trois, il vaut peut-être mieux qu'on joue aux cartes ou aux échecs. Un truc qui ne nécessite pas d'être nombreux, en somme.
- Sors les deux.
Docilement, j'obéis à mon ami et prends les différents paquets de cartes et la belle boîte de jeux d'échecs tout en bois. Shikamaru est déjà installé - non, je dirais plutôt avachi - sur le canapé en cuir du salon et me montre du doigt la petite table juste devant lui. Gaara, assis juste à côté de lui, se tient déjà un peu mieux. Je pose les jeux sur la table et tire un grand fauteuil pour pouvoir m'asseoir en face d'eux.
- Très bien !, m'exclamè-je en me frottant les mains. Gaara, quels jeux connais-tu ? Je connais Shikamaru depuis assez longtemps pour connaître son point de vue sur le sujet, mais toi ?
- Parmi ceux que tu as déposé devant toi… Je peux dire que je sais jouer aux échecs, au tarot et à certains jeux de cartes.
- Sympa… !, s'emporte à son tour Shikamaru. Ça vous dit de jouer au tarot ? On est trois. C'est juste ce qu'il faut.
Cependant même que Gaara acquiesce d'un mouvement de tête, une grimace s'empare furtivement de mes traits. Je sais pertinemment que je ne pourrai pas gagner contre Shikamaru à ce jeu-là. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé ! Si on devait faire les comptes… je pense qu'on doit être environ à deux cent victoires pour lui et aucune pour moi. En fait, dès qu'il faut réfléchir un minimum, Shikamaru devient imbattable. Enfin, puisque je ne suis pas mauvais perdant, l'enthousiasme reprend vite le dessus.
- Va pour le tarot !, dis-je en m'emparant des cartes. J'espère que tu n'as rien contre perdre, Gaara, parce que Shikamaru ne va pas nous faire de cadeau !
- Où serait l'intérêt ?, plaisante l'intéressé. Si je suis intelligent, il faut au moins que ça me serve à ridiculiser mes amis aux jeux de société.
Je ne peux retenir un rire pendant que je commence à distribuer les cartes.
La partie commence.
[…]
- Nous en avons fini avec le gâteau, déclare Sakura en se laissant tomber lourdement sur le canapé, entre Shikamaru et Gaara. Le temps qu'il cuise, nous pouvons nous joindre à vous ?
Ino m'imite et tire un fauteuil pour s'installer du même côté de la table que moi. De son côté, Akamaru, qui colle aux baskets de notre amie s'installe entre elle et moi. La langue dehors, il a l'air de s'amuser comme un fou. Je soupçonne aussi Ino de lui avoir fait lécher la pâte qui restait sur la spatule qui lui servait d'arme tout à l'heure.
- Pas de problème !, affirmè-je. Je commençais à désespérer de perdre si facilement.
En effet, nous avons enchaîné plusieurs parties et Shikamaru les as toutes gagnées, qu'il soit dans une équipe ou qu'il soit seul. Cela dit, je dois admettre que Gaara n'est pas mauvais non plus. Je pense même qu'il est meilleur que moi. En plus, sans parler de sa manière de jouer, je suis content de voir qu'il se décontracte un peu plus au fur et à mesure que les minutes défilent. En outre, il a fallu voir ses traits se détendre pour que je me rende enfin compte qu'ils ne l'étaient pas arrivant ici. Un semblant de sourire victorieux a même étiré ses lèvres lorsqu'il a réussi à tromper Shikamaru dans une des parties. Il faut l'avouer : j'ai beaucoup aimé aussi ! Voir sur le visage de notre ami la surprise de constater un élément inattendu est génial ! Sûrement que le masque impassible de Gaara l'a empêché de deviner ce qui se tramait dans sa tête… Enfin bref ! Tout ça pour dire que Shikamaru a subi la plus lourde défaite que j'ai jamais pu voir - ce qui ne l'a hélas pas empêché de gagner la partie tout de même -. Malheureusement, il ne s'est fait avoir qu'une seule fois et a intégré dans ses paramètres la manière de jouer de Sabaku, à la seconde même où il s'est fait avoir.
De retour dans le présent, je commence à ranger les cartes pendant que notre hôte part chercher un jeu plus amusant qui se fait à plusieurs : Taboo. C'est une sorte de jeu assez marrant dont le but est de faire deviner aux membres de notre équipe certains mots, sachant que ceux qui permettraient trop facilement de deviner sont notés sur une liste et interdits d'utilisation. J'ai toujours trouvé ce jeu spécialement drôle, particulièrement lorsque nous sommes obligés de rappeler de bons souvenirs pour faire comprendre aux autres ce dont on veut parler.
- Est-ce que tout le monde est d'accord avec ce jeu ?, demande Ino en ramenant la boîte.
- Bien sûr !, répondè-je aussitôt. Je propose de faire les filles contre les garçons. Ce sera plus facile pour tout le monde !
- Moi, ça me va, approuve vigoureusement Sakura.
Evidemment… Elle et Ino se connaissent aussi bien que Shikamaru et moi. Du coup, c'est forcément plus simple pour nous de comprendre ce que l'autre veut dire. J'espère cependant que ce jeu ne va pas exclure involontairement Gaara. Déjà que le principe même est de parler… Si en plus, nous ne faisons que parler de nos souvenirs communs, ça risque d'être un peu problématique.
- Je prends cette absence de réponse des autres comme un oui ?, redemande Ino.
- Tu fais bien, rétorque Shikamaru. Tant qu'il n'y pas besoin de faire trop de sport, je suis d'accord.
- Et toi, Gaara ?
- Je veux bien essayer. Je ne connais pas.
- Demande à tes équipiers de t'expliquer pendant que je déballe le jeu, enchaîne Ino en alliant le geste aux paroles.
Puisque Shikamaru explique certainement bien mieux que moi, je le laisse faire et je m'affale dans le siège. Pour un peu, je pourrai dormir ici ; ils sont si confortables les fauteuils, chez elle !
Heureusement, on ne m'en laisse pas le temps et la partie commence plutôt vite. Comme je l'avais pensé, Shikamaru a parfaitement expliqué les règles et Gaara a tout de suite compris comment ce jeu fonctionne. Je ne suis pas habitué à l'entendre parler autant mais on peut au moins avouer qu'il sait trouver les bons mots quand il parle. Je me demande comment quelqu'un qui parle si peu peut avoir autant de vocabulaire pour dire la même chose ! Certes, il n'égale pas Shikamaru mais venant du petit géni, je trouve ça bien moins impressionnant.
Plusieurs fois durant la partie, nous sommes tous partis dans un gros fou-rire commun. J'ai même entendu Gaara rire pour la première fois. C'est… étrange ? Je ne sais pas trop comment décrire ça mais en tout cas, j'ai vraiment été heureux de savoir qu'il s'amuse avec nous. Quand je repense au jeune homme qu'il est pendant les cours, je me dis qu'il doit vraiment prendre du plaisir à être ici. J'avoue que jusque là, j'avais eu un peu peur de ses réactions mais il semble que mes craintes aient été infondé.
Notre partie ne dure pas très longtemps puisqu'une petite demi-heure plus tard, les filles se sont levées pour aller s'occuper du gâteau. De notre côté, Gaara et moi avons rangé tout le foutoir que nous avions mis en jouant, sous le regard inquisiteur de Shikamaru. Le Nara aurait pu nous aider mais non, il juge plus important de s'allonger sur le canapé et nous dire que notre travail est mal fait. Je sais qu'il blague et ça me fait sourire mais je suis sûr qu'Ino aurait été capable de le tuer pour si peu.
Le groupe de nouveau réuni quelques minutes plus tard, nous cherchons ce que nous pourrions faire avant le repas, dans une petite heure et demi.
- J'ai une idée !, s'exclame soudainement Sakura. Si on allait dehors ? Il fait encore beau et il y a du soleil. On pourrait se lancer dans une guerre de pistolets à eau !
Ouais… ! En voilà une proposition que je trouve excellente ! Seulement… j'ai peur d'avoir l'air idiot si je montre autant d'entrain face à cette idée. Après tout, ce ne sont pas les gamins qui jouent à ce genre de jeux… ? En tout cas, que ce soit pour d'autres raisons ou pas, tout le monde reste silencieux face à cette idée.
- Pourquoi personne ne répond… ?, demande Sakura d'une toute petite voix.
Bon, au risque de paraître vraiment stupide, je me lance.
- Moi, j'adore cette idée ! Seulement, j'ai peur qu'on ait un peu passé l'âge.
Devant ma réaction, les autres se dérident enfin.
- Mais non, commence Shikamaru, il ne faut pas le voir comme ça. Dis-toi que c'est une parfaite occasion pour faire marcher tes neurones et coincer les autres dans un piège que tu leur aurais tendu. Sérieusement, même s'il faut courir, je suis pour cette idée. J'avais peur de paraître un peu enfantin mais puisque nous sommes au moins trois à penser la même chose… L'honneur sera sauf.
Ino affiche un large sourire que je qualifie de démoniaque. Je suis sûr qu'elle est en train d'imaginer le Nara complètement trempé parce qu'elle aurait réussi à le coincer contre un mur. Je serai elle, je ne me ferai pas trop d'illusion mais sait-on jamais. Elle jette un coup d'œil à Gaara - pour s'assurer qu'il n'est pas contre l'idée non plus - puis se lève.
- Puisque vous avez l'air d'accord, je vais chercher les pistolets à eau ! Attendez-moi ici. Finalement, enchaîne-t-elle en me regardant, peut-être que nous n'aurons pas besoin d'attendre pour vous faire subir les pires atrocités…
Son regard… fait vraiment froid dans le dos. Sérieusement, je pense qu'elle devrait postuler pour jouer une grande psychopathe atteinte d'un dédoublement de la personnalité dans un film. En tout cas, une chose est sûre : son intervention a jeté un froid sur toutes ses cibles potentielles. Lorsqu'elle disparaît de notre champ de vision, Sakura s'approche de Gaara et reprend le fil de la conversation comme si de rien n'était.
- Tu dois nous prendre pour des demeurés, non ?, plaisante-t-elle.
Il hésite quelques secondes sur la manière de répondre, puis se lance.
- Non, affirme-t-il avec un certain aplomb. Je n'ai moi-même jamais joué à ce genre de jeux dans ma vie puisque j'ai toujours vécu dans des régions froides en toutes saisons.
- Vraiment ?, s'étonne la jeune femme aux cheveux roses. Et bien… si entre les mains des enfants, les pistolets à eau sont des jouets… Entre celles d'adolescents comme nous, elles deviennent de véritables armes ! Tu vas vite te rendre compte qu'on ne plaisante pas ! Ino a vraiment prévu d'essayer de noyer Shikamaru et, peut-être, Kiba.
Je déglutis difficilement. Si elle a raison, nous allons vraiment passer un sale quart d'heure ! Néanmoins, l'intelligence de Shikamaru devrait nous permettre de nous en sortir sans trop de dégâts. À la remarque de Sakura, Gaara préfère cependant ne pas répondre et ses yeux émeraudes s'attardent sur notre petit géni et moi. Probablement imagine-t-il ce qui pourrait nous arriver de pire puisqu'un très faible sourire étire ses lèvres.
Ino revient vers nous à cet instant, les bras chargés de nombreuses armes à eau.
- Apparemment, les groupes sont déjà faits, déclare Shikamaru. Ce sera donc Ino et Sakura contre Kiba et moi. Gaara se mettra aussi avec nous, alors ?
Ino se décharge de ses affaires, réfléchit quelques secondes, et répond.
- Je suis d'accord mais dans ce cas, je veux qu'Akamaru soit de notre côté ! Trois hommes contre deux jeunes filles pures et innocentes comme nous, ce serait injuste, non ?
En entendant les adjectifs qu'elle utilise elle-même pour se décrire, je manque de m'étouffer. Par contre, après mûre réflexion, je pense qu'effectivement, le jeu sera plus intéressant avec cette organisation.
- Je n'ai rien contre. De toute manière, si tu le lui demandes, il devrait plus ou moins t'obéir comme à moi.
- Parfait, dit Ino en se frottant les mains. Maintenant, répartissons-nous les armes !
Comme elle vient de le dire, nous nous emparons chacun d'un pistolet à eau et sortons dans le jardin. En parfait hôte, Ino ouvre la marche pour nous montrer le tuyau qui nous servira à remplir nos armes.
- Concernant les règles…, ajoute-t-elle, nous jouerons jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'aller manger. Ceux qui seront les plus trempés seront ceux qui auront perdu la partie. Comme nous jouons en équipe, nous faisons une moyenne, évidemment.
Tout le monde acquiesce plus ou moins en même temps et nous arrivons enfin au tuyau d'arrosage qui nous servira de chargeur de munitions. Les uns après les autres, nous remplissons nos armes. Après un dernier rappel des règles, nous nous séparons en deux groupes. Akamaru n'a pas l'air de vraiment comprendre ce qui se passe mais il part sans rechigner avec Ino. Cependant, je suis tout de même certain qu'il a réalisé que quelque chose de spécial allait se passer. Il sera probablement notre adversaire le plus difficile à contrer… S'il nous saute dessus, nous serons complètement trempés avant d'avoir eu le temps de comprendre le pourquoi du comment.
Le jeu commence.
Pendant longtemps, aucune opération spéciale ne va être vraiment orchestrée. Notre but premier à nous, les hommes, est d'éviter de se retrouver coincé sous Akamaru. Jusque-là, nous nous sommes d'ailleurs débrouillés comme des chefs. Car oui, je sais que c'est cruel de lui faire ça mais mon chien déteste se prendre de l'eau sur la tête et il suffit de l'arroser un peu pour qu'il s'intéresse à quelqu'un d'autre. La plupart du temps, nous nous cachons dans des endroits stratégiques en attendant que les filles passent et nous les arrosons. De leur côté, nos deux amies font plus ou moins la même chose et, alors que l'heure du repas approche, nous n'avons pas encore vraiment de vainqueur. L'idée de stratégie semblant lui échapper totalement, Ino a donc décidé d'opter pour une nouvelle tactique : elle essaye de nous faire passer pour des peureux qui passent leur temps à se cacher. Etonnamment efficace sur notre petit géni, ces remarques acides finissent par lui donner une énergie que je ne lui ai jamais vu. Pour le coup, le côté drôle du jeu passe au second plan et Shikamaru commence à réfléchir à une stratégie qui nous apportera la victoire à coup sûr. Si jusque-là nous avons beaucoup ri, il semblerait qu'Ino ait réussi à sortir Shikamaru de ses gonds.
Plusieurs minutes plus tard, il nous fait part de son plan, à la fois simple et efficace. À un endroit bien précis de la maison, le jeune Nara nous a demandé de nous cacher. Contrairement à d'habitude où nous faisions ça sans vraiment planifier quoi que ce soit, il veut cette fois que nous nous mettions en formation triangulaire de sorte à ce qu'une fois les filles à l'intérieur, on ne puisse pas les rater. L'arme maîtresse de cette opération sera donc la patience puisqu'il nous faudra attendre jusqu'à ce que nos deux ennemies soient toutes les deux dans notre piège.
Heureusement pour nous, le silence environnant et le fait que nous ayons disparu de la circulation inquiètent nos deux amies et elles se sont rassemblées, tous leurs sens à l'affut. Akamaru les accompagne aussi, la langue dehors, tout content de pouvoir jouer dans ce grand jardin. De mon côté, je retiens difficilement quelques petits ricanements en les voyant tomber dans notre piège. À mes yeux, elles sont déjà d'ailleurs assez coincées pour qu'on puisse sortir tout de suite mais Shikamaru a bien spécifié qu'il fallait attendre de le voir pour sortir de nos cachettes. Personnellement, je suis monté dans un arbre duquel je peux redescendre en sautant et Gaara est quant à lui derrière un autre arbre, un peu plus loin.
Et puis… le moment tant attendu arrive enfin. Shikamaru sort de sa cachette et mitraille Ino avec son arme à eau. Par réflexe, les deux jeunes filles font demi-tour et partent en courant… exactement où Shikamaru le voulait : sur nous. Gaara et moi apparaissons donc soudainement à la vue des autres et les filles se retrouvent coincées sous une pluie de jets d'eau. Des petits cris stridents s'échappent de leur gorge mais elles sont déjà totalement trempées lorsqu'Akamaru réagit et se précipite sur moi, la langue dehors, les yeux pétillants de joie. Gros comme il est, je le vois arriver de loin et je le mets en joue. Rapidement, je lance quelques jets d'eau qui le ratent et je le vois dangereusement approcher de moi. Je tire une dernière salve au moment où je suis sûr de ne pas le rater !
…
Noooon ! Je n'ai plus d'eau ! Quel imbécile ! J'aurai dû vérifier mes réserves avant de commencer l'opération ! Mon pistolet tire dans le vide et je ne peux rien faire pour empêcher Akamaru de me sauter dessus. Instantanément, je me retrouve le dos au sol, incapable de bouger. Ino n'en a pas raté une miette et elle accourt vers moi aussitôt que je suis allongé dans l'herbe. Sakura la suit à son tour et je deviens la cible de plusieurs tirs avant même d'avoir pu dire ouf. Je hurle qu'elles sont en train de tricher à qui veut bien l'entendre et je vois Gaara qui arrive à mon secours en moins de deux. Cela dit, je suis déjà plus trempé que tous les autres réunis et je sens notre défaite pointer le bout de son nez. Comprenant que mon pistolet est vide, Ino ordonne aussitôt à mon chien de s'attaquer à Sabaku et je me retrouve enfin alléger d'un poids lourd. Les filles rigolent comme des tordues devant ma déchéance et j'avoue ne pas pouvoir m'empêcher de les accompagner. Je suis trempé, certes, mais je ne me suis pas autant amusé depuis longtemps.
Hélas, notre amusement à tous va vite s'envoler quand, complètement pris dans le jeu, Akamaru ne va pas se retenir et va faire un plaquage sur Gaara. Notre nouvel ami, en essayant d'esquiver le chien, ne va réussir qu'à dévier de sa trajectoire et, en tombant à la renverse, sa tête va heurter de plein fouet un arbre. Comme il ne se relève pas immédiatement et que sa voix ne parvient pas jusque nous, une certaine panique s'empare du groupe et nous nous précipitons tous à ses côtés. Ino s'agenouille immédiatement à côté de lui en arrivant.
- Tu vas bien ?!, demande-t-elle, un peu affolée.
Le teint encore plus pâle que d'habitude - chose que je croyais impossible -, Gaara met ses deux mains sur son front et je me réjouis déjà de voir qu'il ne s'est pas assommé. Je ne sais pas pourquoi mais cette idée s'était imposée à mon esprit d'elle-même et je me sentais affreusement mal. Une petite épine enlevée du pied, j'attends donc la réponse du blessé.
- J'ai mal au crâne.
Oui, ça, c'est évident. Seulement, je pense que ça ne s'apparente pas du tout à ce qu'on peut communément appeler un mal de tête ou une migraine. Ce doit être bien pire. Shikamaru s'approche à son tour de Gaara et l'oblige à se mettre assis.
- Viens, appuie toi sur moi. Je vais t'emmener à l'intérieur. On peut considérer que la partie est finie.
- Exact, déclare Ino, un peu plus calme maintenant. Kiba, tu peux récupérer les armes en rentrant ? Je vais aller chercher quelques glaçons et Sakura les enroulera dans une serviette pour les poser sur la blessure de Gaara.
En voyant que le blessé n'arrive même pas à se mettre debout tout seul, un pincement au cœur s'empare de moi et je ne remarque le regard insistant de notre hôte qu'une petite dizaine de secondes après.
- Je… oui. Je vais faire ça.
Gentiment, Sakura se propose déjà pour aider Shikamaru à porter Gaara jusqu'au canapé du salon - quand on est une montagne de muscles, c'est difficile d'être transporté par une seule personne - et mon regard ne les quitte pas avant qu'ils soient hors de mon champ de vision.
Akamaru est resté près de moi, les oreilles baissées en signe d'excuses. Même si je ne me sens pas mieux que lui, je force un sourire et lui tapote la tête.
- Ce n'est pas ta faute, Akamaru. Nous nous sommes tous laissés emporter par le jeu.
Malgré mes paroles réconfortantes, mon chien ne cesse de geindre et je ramasse les armes restées sur le sol lentement, comme si je redoutais de voir Gaara en piteux état.
Pourtant, moins de cinq minutes plus tard, je pénètre à mon tour dans le salon. Gaara est allongé sur le canapé et avale un médicament que vient de lui tendre Sakura. Ino, quant à elle, passe en trombe devant moi, une serviette roulée en boule dans les mains. Je devine qu'il s'agit de la serviette pleine de glaçons dont elle parlait il y a quelques minutes puisqu'elle la pose derrière la tête de Gaara. En approchant, je m'incruste dans la discussion en cours.
- … appelles un médecin ?, demande Shikamaru.
- Non, ça ira, réponds Gaara avec les deux mains appuyées sur ses yeux fermés. J'ai juste un peu mal au crâne.
En voyant son visage toujours aussi pâle, je me doute qu'il souffre vraiment plus que « juste un peu » mais je n'ajoute rien. Tout le monde autour de moi réagit comme il le faudrait mais, pour une raison inconnue, je n'arrive pas à me débarrasser de ce pincement au cœur et mes capacités de réflexion sont en stand-by.
- Tu es certain ?, insiste notre ami. Sans vouloir te vexer, tu fais peine à voir.
Comme pour confirmer ses dires, Gaara se redresse et se met en position assise. Il tient la serviette pleine de glaçons appuyée contre son crâne mais son masque impassible empêche de savoir à quel point il peut aller mal.
- Oui, affirme-t-il enfin pour répondre à Shikamaru. Pourquoi est-ce que vous ne mangeriez pas ? Je vais aller me reposer dans ma chambre et je redescendrai quand ça ira mieux.
Cette fois, c'est au tour de Sakura de s'inquiéter. Elle s'assied sur le canapé, à côté de lui, et pose une main chaleureuse sur son épaule.
- Tu ne préfères pas rester là ? On pourrait t'aider si tu as besoin de quelque chose…
Son ton trahit une certaine angoisse qui n'a échappé à personne. En fait, je pense qu'elle se sent un peu responsable de ce qui est arrivé. Pourtant, c'est notre faute à tous et Gaara le sait.
- Merci de t'inquiéter mais je te jure que ça ira. Je préfère m'allonger dans une salle sans aucun bruit.
- Bon…, reprend Ino. Je vais mettre la table… C'est dommage que tu ne puisses pas manger avec nous, j'avais commandé du fromage à raclette. Tu es certain de ne rien pouvoir avaler ?
- Oui, confirme-t-il en essayant de se lever.
Malheureusement, il n'est pas en aussi bon état qu'il veut bien le faire croire et est rattrapé de justesse par Shikamaru et Sakura. Vraisemblablement, il ne tient pas debout tout seul.
- Si tu veux absolument monter, tu vas devoir nous laisser t'accompagner jusque-là.
Gaara ne répond rien mais je devine que c'est parce qu'il doit se rendre à l'évidence : Shikamaru a raison.
- Je vais l'accompagner, proposè-je. Je suis le seul à savoir où est notre chambre exactement.
Le jeune Nara acquiesce d'un mouvement de tête.
- Viens prendre ma place.
Je m'exécute et m'approche pour poser le bras de Gaara autour de mon cou. Etant donné qu'il est sensiblement plus grand que moi, je ne suis pas obligé de me baisser pour ce faire et ça m'arrange plutôt.
- Je vais le lâcher, Kiba, m'informe Sakura. Je vais aller aider Ino.
Je lui fais savoir que j'ai entendu en prononçant un petit bruit indescriptible et elle s'éloigne de nous. De mon côté, je soutiens Gaara du mieux que je le peux et, ensemble, nous commençons à gravir les escaliers.
Comme je l'avais prévu, l'ascension s'est faite plutôt difficilement car Gaara semble avoir perdu tout sens de l'équilibre. Nous traversons ensuite le couloir dans un silence qui, pour une fois, m'est préférable. Dans cette situation, je ne vois absolument pas ce que je pourrai dire et je suis certain qu'il serait totalement inutile que je m'excuse. Quand bien même je le ferais, il ne trouverait à me répondre qu'un vague « Ce n'est pas ta faute ».
Lorsque nous pénétrons dans la chambre, il me force à le lâcher et continue à s'avancer en se maintenant au mur. Avoir besoin d'assistance semble le déranger et il préfère tout faire tout seul, même si je ne demande qu'à l'aider. Akamaru nous a suivi jusqu'ici et son regard suit les déplacements de Gaara avec une certaine appréhension. Je devine qu'il se sent responsable de l'état de Sabaku et qu'il s'inquiète pour sa santé.
Ma pensée rejoignant celle du chien sur au moins un point, je m'avance dans la salle et me poste devant Gaara, prêt à l'obliger à s'appuyer sur moi contre sa volonté. Seulement, voilà…
- Gaa… Gaara ?!
Il ne me répond pas. Son état a encore empiré depuis que nous sommes partis. Durant le trajet, je n'ai pas osé le regarder dans les yeux et je viens seulement de remarquer sa situation. Il transpire à grosses gouttes, de la transpiration sûrement dû à une douleur qu'il essaye de nous cacher. Son teint pâle a aussi carrément viré au fantomatique, ce qui ne fait qu'accentuer les traits noir autour de ses yeux. Pire que ça, ses yeux sont comme… vides. Un aveugle n'aurait pu avoir le regard plus absent que lui et c'en est effrayant. Je commence à prendre peur au moment même où il tombe en avant. Fort heureusement, j'ai eu le réflexe de m'approcher et de le rattraper. Cela ne suffit cependant pas à me soulager puisque son corps tout entier est dans un état léthargique et je m'efforce de ne pas crouler sous son poids. Réfléchir, réfléchir… Et vite ! Je hurle les prénoms de Shikamaru et Ino en priant pour qu'ils m'entendent d'ici. J'espère que notre petit géni saura quoi faire et je me dis qu'il faut prévenir la personne chez laquelle nous sommes.
... Je sais, c'est stupide mais mon cerveau ne fonctionne plus correctement ! Mon cœur est prêt à exploser sous l'effet de la panique et je n'arrive pas à réfléchir correctement. Ce n'est qu'en voyant Akamaru inquiet dans l'embrasure de la porte qu'enfin, une idée lumineuse me traverse.
- Akamaru ! Va chercher Ino ! Vite !
Qu'il ait compris ou pas, mon chien se propulse hors de la chambre et je l'entends aboyer en s'éloignant.
Je me concentre à nouveau sur ce qu'il serait logique de faire, maintenant. Malgré ma panique et mon cœur qui tambourine dans ma poitrine assez fort pour que je n'entende plus que ça, je remarque un signe plutôt réconfortant : dans mon cou, je sens le souffle de Gaara qui semble plutôt régulier. En outre, sa tête, en tombant, a effectivement fini dans mon cou et j'ai moi-même mon propre visage appuyé contre son épaule pour essayer de l'empêcher de basculer d'un côté ou de l'autre. Hélas, ce brave jeune homme fait son poids et mes jambes commencent à trembler. Il faut que je trouve un moyen pour ne pas tomber.
Je n'ai pas le temps de me perdre plus longtemps dans mes pensées que j'entends des bruits des pas de course dans le couloir. Ino est la première à passer la tête par la porte et une exclamation horrifiée s'échappe de ses lèvres. Malgré tout, elle ne panique pas comme je l'ai fait moi et s'approche rapidement, suivie de près par Shikamaru et Sakura.
- Que s'est-il passé ?!, demande-t-elle en toute hâte.
- Je ne sais pas !, hurlè-je, pris de panique. Il s'est évanoui d'un coup ! Aidez moi à l'allonger sur le lit !
Je n'ai pas besoin de le dire deux fois car ma peur en serait presque palpable et tous les autres s'approchent de moi pour m'aider. Doucement mais sûrement, le corps de Gaara quitte mes bras et on le dépose sur le lit. Même s'il n'est plus sur moi, mes jambes tremblent encore sous l'effet de la panique et c'est dos au mur que je m'appuie pour essayer de regagner un peu mon calme.
- Je vais appeler une ambulance !, annonce Ino en se dirigeant derechef vers la sortie.
- Pense à leur dire qu'il s'est cogné la tête en tombant, au cas où il faudrait qu'on fasse quelque chose, lui conseille Shikamaru.
Notre amie acquiesce d'un signe de tête et s'éclipse aussitôt de la chambre. Je vois Shikamaru en train de vérifier si le cœur de Gaara bat encore et s'il respire. Avec notre expérience, c'est probablement tout ce qu'on peut faire mais j'aurai été incapable d'y penser tout seul. Depuis qu'il est sur le lit, les battements de mon cœur se sont un peu apaisés mais il est évident que je suis toujours très inquiet ; Sakura s'approche de moi et exécute le même geste que tout à l'heure en posant une main sur mon épaule.
- Tu… tu vas bien, Kiba ?, demande-t-elle, hésitante.
- Je… j'ai eu très peur sur le coup… mais ça va un peu mieux, maintenant.
- Ne t'en fais pas. Nous faisons du mieux qu'on le peut. Il va s'en remettre.
Comment fait-elle pour en être si sûre d'elle ?! Gaara vient de prendre un sérieux coup à la tête et il s'est évanoui, bon Dieu ! Remarque… Shikamaru n'a pas l'air très inquiet non plus. Est-ce parce que je suis le seul à avoir perçu son regard juste avant qu'il ne perde connaissance que je réagis de la sorte… ? Ou alors…
- J'ai eu les pompiers !, nous annonce fièrement Ino en me coupant dans mes pensées. Ils arrivent dans cinq minutes.
[ … ]
Les cinq minutes les plus longues de ma vie. J'ai eu l'impression de revivre tous les pires jours de mon existence durant ces cinq petites minutes. En partant, les pompiers ont déclaré que Gaara était entre de bonnes mains et qu'il ne fallait pas s'inquiéter. Loin de me rassurer, ces paroles n'ont eu aucun effet sur moi. Après tout, ne disent-ils pas ça à tout ceux qu'ils aident ? C'est une obligation pour eux d'agir de la sorte.
Etant donné que nous n'étions pas de sa famille, aucun de nous n'a eu le droit de l'accompagner à l'hôpital. Nous les avons regardés partir depuis le seuil de la porte dans un silence imperturbable.
Les faits ont beau avoir été les mêmes pour tout le monde, ce dont j'ai été le seul à faire l'expérience me plonge dans un état de stress qui bloque ou saccade toutes mes fonctions motrices élémentaires. Alors que les autres ont tous quitté le seuil de la maison, mon regard refuse de quitter le virage depuis lequel notre ami est parti.
Ne reste dorénavant en suspend plus qu'une seule et unique question : que s'est-il passé… ? La réponse… Même mon cerveau engourdi par la peur est capable de me murmurer qu'elle risque de changer le cours de ma vie. Pourquoi ? Impossible de le savoir… Tout du moins… pour le moment.
Fin du chapitre quatre !
Alors... ? Vous allez me taper pour avoir fait du mal à Gaara... ?
Quand je repense à Nanarusasu qui affirmait qu'Akamaru était un gentil chien... Hum hum... Tu le penses toujours, ma chère... ?
Non, plus sérieusement. Si j'ai besoin de votre avis, c'est pour la manière dont les sentiments de Kiba sont retranscrits. C'est de ça que je parlais tout en haut. Vous savez, quand j'affirmais que c'était là qu'on voyait que je m'attaquais pour la première fois au domaine des sentiments... J'ai peur que : ça ne soit pas du tout crédible ou que ça soit trop bizarrement tourné. À la limite, ça pourrait aussi être tout bonnement mal fait.
Je vous serais donc reconnaissant de me laisser votre avis dans vos reviews !
La suite... Je ne sais pas quand ! Encore désolé de vous faire poireauter... Promis, je n'abandonnerai pas cette fanfiction !
P.S. : suite aux reviews constructives que j'ai pu recevoir, j'ai modifié les quelques dernières lignes. J'espère que cette fin vous apparaîtra comme meilleure =)
