CHAPITRE 4
Allen était assis, ses yeux ne quittant pas sa « patiente ». Lenalee, à demi couchée sur la banquette, regardait dehors, les yeux emplis de doute et d'espoir. Le paysage passait à grand vitesse, la plupart des détails lui échappaient et la nuit qui se teintait de noire n'y arrangeait rien. Reposant un regard sur Allen, la jeune fille lui adressa un petit sourire forcé tandis que la maudit n'était pas dupe.
« Ça va aller, Allen, ne t'inquiète pas.
-Tu es sur ?
-Oui, oui. Je m'inquiète juste pour Lavi et Kanda.
-C'est vrai que lorsqu'on les a quitter, Kanda avait l'air particulièrement d'un meurtrier. Lança Allen.
-Allen ! Je pensais surtout à l'innocence. J'espère qu'il n'y aura pas d'autres akumas...
-Ne t'inquiète pas, ils savent se défendre »
Lenalee acquiesça lentement et referma ses yeux. Se laissant emporté par le sommeil, elle songea une dernière fois au deux jeunes hommes qu'ils avaient laissés a Hambourg pour récupéré l'innocence car elle était blessée. Allen avait insisté pour la ramené tout de suite et Mina s'était proposée de les raccompagner. Ils avaient acceptés. Maintenant, elle était bloquée en arrière...
[…]
Kanda ouvrit les yeux doucement. Assis sur le rebord d'une chambre surchauffé, il s'était perdu une fois de plus dans ses pensées. Pourtant, il savait qu'il était temps, maintenant que la nuit était passé et le soleil levé depuis suffisamment longtemps pour être à heure décente. Tournant lentement la tête, il regarda Lavi, endormi sur le lit. Sans un bruit, le brun se laissa glisser sur le sol, attrapa Mugen et se dirigea vers le porte. A peine avait-il posé sa main sur la poignée que la voix du roux s'éleva dans la chambre silencieuse :
« Où vas-tu ?
-Récupérer l'innocence. Reste la !
-C'est ca ! »
Lavi se mit assis sur le lit, un sourire moqueur sur les lèvres. Étrangement, il avait retrouvé toute sa joie de vivre et semblait être redevenu le même qu'avant. Kanda, lui, était redevenu... froid ? Distant ? Pas vraiment, il semblait juste renfermé quelque chose en lui. Il avait changé, sans vraiment le vouloir. Il cachait se changement par son ton toujours aussi froid.
Lavi se mit debout et sa jambe -maintenant bandée- lui fit mal. Sans rien montrer, il bouscula le brun et sortit de la chambre. A peine avait-il fait trois pas qu'il chancela. Ce fut une main blanche qui le retint par son éternel écharpe. Le remettant sur pied, Kanda passa le bras gauche du roux sur son épaule et l'aida à avancer, en silence.
Grâce à l'habileté du chauffeur du taxi qu'ils avaient pris, les deux jeunes hommes avaient pu traverser la ville au plus vite, évitant les embouteillages. Ils étaient maintenant devant le château et avancèrent vers l'entrée.
« Holà, vous deux ! Personne n'a le droit d'entré sans autorisation!
-Nous sommes attendus par Mademoiselle Anna. Lâcha froidement Kanda.
-Vous êtes...? Heu... Le regard de Kanda arrêta le garde. Je vous accompagne jusqu'au salon, Lady Anna viendra vous y recevoir. »
L'homme, armé et pourtant apeuré, jeta un drôle de regard aux deux jeunes hommes. Kanda soutenait toujours Lavi qui semblait s'épuiser lentement mais tenait bon. Ils entrèrent dans le château, le garde les précédant. Il les mena jusqu'à un petit salon d'apparat où il leur dit de patienter et se retira.
Kanda aida Lavi à se poser dans un des confortables fauteuils de la pièce, puis regarda autour de lui. Ils s'étaient perdus tous les deux dans le silence, lorsque la porte du côté nord de la pièce s'ouvrit à la volée. Anna avança à grands pas, s'arrêta et lâcha, un grand sourire sur les lèvres :
« Kanda ! »
La jeune fille fonça droit vers le japonais et l'enlaça en souriant. Kanda, mal à l'aise, lui lança un demi sourire, tandis que Lavi perdait son sourire et regardait ailleurs. Après avoir tenté de la calmer -en vain- Kanda repoussa doucement la jeune fille et la regarda dans les yeux. Prenant un air sérieux, il demanda :
« Tu as bien gardé le gobelet comme je te l'avais demandé?
-Oui. Regarde ! Elle sortit l'innocence de sa poche avec un sourire
-Anna... Pourrais-tu me le remettre. Temps que tu l'auras ici, ta famille et toi vous ferez attaquer. Tu vas risquer la vie des tiens à cause de cet objet. Nous en avons besoin, nous. C'est... une chose de grande valeur pour nous.
-Tu...? »
Anna s'interrompit et remarqua enfin la présence de Lavi. Fronçant les sourcils, elle serra le gobelet plus fort dans sa main et recula. Ses yeux firent plusieurs fois l'aller-retour entre les deux jeunes hommes avant qu'elle demande d'une voix froide :
« Où sont Allen, Mina et Lenalee?
-Ils sont repartis. Répondit Lavi.
-Vous allez aussi partir, n'est ce pas? Insista la brune
-Oui... »
La brune recula encore avant de s'arrêter et de les regarder froidement. Son visage, d'habitude si plaisant et doux se transforma. Ses traits se durcirent et son regard s'assombrit. De la jolie petite fille qu'ils connaissaient, il n'en restait plus rien. Remettant le gobelet dans sa poche la jeune fille lâcha, un sourire sadique sur les lèvres :
« Alors vous repartirez sans ce gobelet !
-Anna tu...
-TAIS-TOI ! Si tu le veux vraiment ce fichu gobelet, reste avec moi, Kanda.
-Quoi ?! Lâcha le japonais
-Tu m'appartiens ! TU M'APPARTIENS ! Tu n'as pas le droit de partir ! Je te l'interdis ! »
Elle venait de révélé sa véritable face. Petite fille gâtée par ses parents, elle n'avait jamais connu l'échec. Tout ce qu'elle voulait lui appartenait. Tout, même un être humain ! Kanda fronça les sourcils et la colère qui l'habitait depuis quelques jours déjà ressortie. Il ouvrit la bouche pour dire ses quatre vérités à la petite peste qui lui faisait face, mais un ombre passa devant lui. Lavi s'était levé à une vitesse incroyable et s'avança vers la jeune fille en boitant. Lorsqu'il fut devant elle, il lâcha d'une voix glacial :
« Il ne t'appartient pas, idiote ! »
Sa main se leva et il lui assena une gifle de toute ses forces. Le bruit retentit dans toute la salle alors que le corps d'Anna tombait par terre. Inspirant à fond, Lavi la regarda droit dans les yeux et reprit la parole :
« Tu es quelqu'un d'écœurant Anna. Jamais personne ne t'aimera si tu reste comme ca ! On ne possède pas un humain, c'est impossible !
-JE VAIS TE TUER ! Hurla la jeune fille, blessée dans son amour-propre. »
L'attrapant par le col, Lavi la redressa et continua de la fixé. La jeune fille se mit à hurler aux gardes. Comprenant que le temps leur était compté dans la battisse, Lavi récupéra de force le gobelet et laissa retomber la jeune fille par terre. Se retournant, il regarda Kanda qui était resté figé. Sans attendre qu'il réagisse, il l'attrapa par la main et le força à se mettre en route, fulminant. Dans leur dos, Anna continua a hurler, invectivant les gardes qui n'arrivaient pas, insultant Kanda, menaçant Lavi. Elle semblait prise de folie. Brusquement des objets se mirent à exploser sur le passage. Sans se retourner, Lavi sut qu'Anna était en train de leur jeter tout ce qui lui passait sous la main.
Alors qu'une lampe explosa a sa droite, Lavi entendit un bruit caractéristique siffler dans l'air. Lâchant brusquement le nippon qui semblait toujours totalement bloqué, Lavi fit volte face. Ce qu'il avait comprit était vrai. Tentant d'esquiver au plus vite, il bougea sur la droite. Pas assez pourtant. La lame d'un couteau de chasse de collection -un de ceux qui devait, à l'origine, surement être accroché au mur- se planta dans sa chaire. Lavi étouffa un cri en tombant au sol. Son mollet, déjà blessé, lâcha une vague de souffrance. L'origine du tsunami qui lui secouait la jambe était la lame du couteau. Les yeux fermés, Lavi tenta de vaincre la douleur. Alors qu'il se préparait à bouger, il se sentit quitter le sol. Ouvrant les yeux, il découvrit Kanda. Ce dernier l'avait hisser sur son dos et regardait Anna. Sans un mot, il reprit son chemin vers la sortie...
La souffrance s'était presque arrêté. Quelques répliques du tsunami persistait, certes, mais c'était largement supportable. Lavi, plongé dans le noir de l'inconscience, se sentit assez fort pour remonter à la surface. Tirant sur ses paupières, il lutta pour les ouvrir...
La chambre était plongée dans la lumière douce d'une lampe de chevet. Le plafond dessinait des ombres et le silence était total. Respirant doucement, le jeune homme fit le point sur ce qu'il s'était passé. A vrai dire, il ne se souvenait plus de rien, si ce n'était qu'ils étaient sortis du château sans difficultés et qu'il s'était endormi sur le dos de Kanda. Le prénom, à peine prononcé dans son esprit, lui fit l'effet d'une décharge électrique. Bondissant sur le lit, Lavi se mit assis.
La chambre était déserte. La lumière de chevet restée allumée prouvait que quelqu'un avait du passé... Il l'espérait. Regardant sa jambe, il découvrit que la lame n'y était plus figée et qu'un nouveau bandage avait été posé. Inspirant à fond, le jeune homme alla jusqu'au bout du lit et regarda autour de lui. Il remarqua alors un bout de papier posé à côté de la lampe. Se redressant soudainement, mut par l'espoir, la douleur calma brusquement sa joie. C'est en clopinant qu'il alla jusqu'à la table de chevet et récupéra le mot. Hésitant un instant, il regarda la papier plié en deux. Puis, retrouvant son courage enfantin, il sourit et l'ouvrit. Ses yeux se posèrent sur les quelques mots griffonnés à la va-vite.
« Nous partons demain. Retourne te coucher, Baka ! »
Lavi eut un petit rire. Refermant sa main sur le papier, il le glissa dans sa poche et regarda autour de lui. Le soir était déjà bien avancé, vu la luminosité ténue il estimait l'heure vers 21h30, 22h. Éteignant la lumière de la lampe, Lavi resta un instant dans le noir, tiraillé puis soupira et se dirigea en clopinant vers son lit. Retirant ses habits tachés, il enfila une chemise propre et son pantalon d'exorciste avant de se diriger vers la porte.
Une fois dans le couloir, le jeune homme hésita un instant puis choisit de fermer à clé sa chambre. Il repassa ensuite la clé dans sa poche et traversa le couloir en s'appuyant contre le mur. Certes, avant, il avait mal, mais après la blessure infligée par Anna, c'était intenable. Couché la douleur était tenable. Assis, un peu moins mais toujours. Mais debout, et marchant, c'était vraiment une torture. Comme si la lame du couteau était toujours dans les chaires et meurtrissaient inlassablement les muscles. Étouffant un juron, Lavi réussit à atteindre la porte qu'il avait comme but. S'appuyant contre le mur, à la droite du battant, il sentit ses forces déclinées. Tout compte fait, il n'était pas du tout remis. Respirant à fond, il tenta de vaincre la douleur avant de frapper à la porte.
Lorsque celle-ci s'ouvrit, Lavi força toute souffrance à quitter ses traits et s'appuya contre le battant pour tenir debout. Adressant un grand sourire à l'hôte de la chambre il attendit en souriant. Kanda, les cheveux toujours attachés, mais simplement vêtu d'un marcel et d'un jogging noirs, le détailla, suspicieux. Puis, croisant le regard du roux, lâcha froidement :
« Va te coucher, Lavi !
-Je ne suis pas fatigué !
-Bien sur, tu es tellement blanc que tu ferais peur à un fantôme.
-Je vais bien !
-Arrête de faire l'enfant et obéit, baka ! Ce n'est pas un jeu ! »
Lavi baissa les yeux sans répondre. Il savait que ce n'était pas un jeu. Il avait vu suffisamment de souffrance autour de lui pour savoir que rien n'était jamais un jeu. Pourtant, ce soir, il aurait aimé que c'en soit un. Pour qu'aucun des actes et des paroles proférés n'ait un sens demain. Jouer...
« Je vais bien. Murmura Lavi.
-Arrête, Lavi ! »
Repoussant froidement mais doucement le roux, Kanda tenta de l'obliger à retourner d'où il venait. Tout ce qu'il réussit à faire fut de faire reculer le roux qui devint très pale lorsque plus rien n'était suffisamment proche pour qu'il s'y raccroche. Jetant un regard presque affolé au brun, Lavi inspira à demi avant de s'effondrer dans le couloir.
Kanda se mit en mouvement brusquement. S'approchant du roux, il le releva sans difficulté et le fit entrer dans sa chambre. Lavi était inanimé. Fermant la porte d'un grand coup de pied, il traina le roux sur son lit puis le secoua en lui mandant de se réveiller. Rien ne se passa. Se préparant à le gifler à nouveau, le roux ouvrit de grands yeux en inspirant une grande bouffée d'air, comme s'il avait été en apnée.
« Oh purée... Souffla Lavi
-Baka ! Je te jure tu es vraiment une andouille pas finie !
-Merci pour tant de gentillesse Yu, j'adore.
-Tais-toi ! »
Se redressant lentement en position assise, Lavi s'appuya contre le mur où le lit était collé et regarda la chambre. Elle était identique à la sienne et pourtant il ne l'aimait pas. Ici, comme dans chacune des chambres de ces hôtels, on ne ressentait pas la présence de son hôte. Il avait l'impression de perdre ses repères. Détournant ses pensées en même temps que ses yeux, Lavi posa son regard sur Kanda. Appuyé contre un mur, les yeux fermés, le brun semblait en pleine méditation.
« Tu m'en veux à ce point ? Demanda le roux en souriant
-Tu m'exaspère, tais-toi.
-Yuuuuuu !
-Ne m'appelle pas comme ça, Baka !
-Quand tu cesseras de m'appeler idiot alors. »
Lavi s'étira en gardant son regard fixés sur le japonais. Ce dernier, comme sentant les yeux braqués sur lui, se redressa et ouvrit les paupières. Croisant le regard émeraude de son coéquipier, il détourna les yeux et s'avança vers la porte. Il posa la main sur la poignée alors que Lavi l'interrogeait :
« Où vas-tu ?
-Dans ta chambre, je veux dormir !
-Tu ne peux pas, je l'ai fermée à clé. Souris Lavi
-Donne les !
-Non.
-Lavi...! Souffla le japonais d'un air mauvais »
La roux détourna les yeux et regarda le plafond. Son visage prit un aspect boudeur tandis qu'il faisait semblant de ne pas voir la menace qui se profilait. Alors qu'il s'attendait à voir Kanda s'énerver, sortir de ses gond et tenter de le tuer avec son précieux Mugen -comme à chaque fois- il entendit la voix du nippon s'élever, las :
« Tu veux m'emmerder, n'est ce pas ?
-Non mais...
-Quoi alors ?!
-Jvptrseu... Marmonna le roux
-Quoi ? Lâcha le brun, visiblement à bout de nerfs
-Je veux pas être seul... »
La colère de Kanda retomba d'un seul coup. Tournant les yeux vers un Lavi gêné et faussement intéressé par une toile d'araignée dans un angle de la chambre, il réfléchit à ce qu'il avait dit. Lâchant un soupire énervé, le brun le repoussa brusquement vers un coin du lit et se laissa tomber sur la partie droite. Couché, les mains derrière la tête, les yeux fermés, il garda le silence alors que Lavi le regardait d'un air ahuri.
Un long silence se posa alors dans la chambre. Baignée dans la lumière douce de la lampe du plafond, on aurait pu croire les deux jeunes hommes endormis si Lavi n'avait pas eut les yeux grands ouverts, fixés sur Kanda, et ce dernier les mains agitées de tic nerveux.
« Merci...
-Quoi encore ?!
-Merci. Articula le roux, plus fortement
-Si tu parles encore, je me barre !
-Pas merci d'être resté... Enfin si mais bon... Dans tous les cas tu n'as nulle par ou aller alors... Nan, merci pour hier et aujourd'hui. Merci de m'avoir sauvé. Merci de m'avoir porté jusqu'ici. Merci d'avoir pris soin de moi...
-...
-Désolé...
-...
-Je n'aurais jamais du dire que tu étais le seul qui ne serait pas venu me sauvé hier matin. Je n'en pensais pas un mot mais j'étais en colère...
-...
-Yu ?
-...
-Ah nan, me dis pas que tu dors, c'est impossible de s'endormir si vite !
-...
-Réponds bordel ! »
Ouvrant lentement les yeux, Kanda braqua son terrifiant regard noir sur la plafond. Respirant également, comme endormi les yeux ouverts, il garda le silence. Lavi se calma en croyant se simple mouvement, prouvant qu'il avait entendu ses paroles. Alors qu'il s'apprêtait à se taire, enfin, pour toute la soirée et la nuit a venir, la voix de Kanda s'éleva, voix feutrée, presque douce :
« Qu'est ce que j'ai fais pour que tu t'en prenne comme ca à moi.
-Rien, je...
-C'est un jeu ? Ouais surement après tout.
-Mais...
-Dès fois, je me demande pourquoi tu es le seul à oser... oser faire ca... Tu es surement un peu suicidaire, non ?
-Nan...
-Alors pourquoi ? Murmura le Brun
-Je t'... J'aime le... »
S'approchant du japonais, le bookman se pencha vers lui en plongeant son regard dans le sien. Alors que son visage n'était plus qu'à un centimètre de celui du nippon, il sentit deux main se poser sur son torse. Surpris, il s'arrêta. Une pression se forma contre sa cage thoracique et il comprit que le brun le repoussait lorsque la distance entre eux augmenta. Les sourcils froncés, le brun le repoussa jusqu'à l'autre bout du grand lit -mon dieu qu'il le trouva grand- et se leva. Contournant le matelas, il alla jusqu'à la fenêtre. Sa main se tendit vers le carreau qu'il ne toucha pas :
« Dors Lavi, tu ne sais même plus ce que tu fais.
-...
-Je ferais comme si je n'avais rien vu, maintenant, je ne veux plus t'entendre...
-TA GUEULE ! Hurla Lavi, hors de lui, le cœur en pièce.
-...
-Tu n'as pas le droit de tout choisir ! Tu n'as pas le droit de faire comme si ! Je ne suis plus un enfant, arrête de me prendre pour un gamin, c'est dégueulasse.
-...
-Tu aimais Anna, c'est ca?
-Non, cette fille était une... peste, et encore le mot est faible.
-Alors quoi ?!
-...
-YU ! C'est quoi le problème ?!
-CESSE DE JOUER AVEC MOI ! Cesse de jouer avec mon cœur... avec ma vie...arrête...! »
La voix de Kanda se brisa et le silence reprit sa place. La tête penchée en avant, le corps légèrement recourbé, le brun semblait ne plus être là. Le chagrin qui avait cassé sa voix l'avait emporté ailleurs. Il se réfugiait dans l'apathie pour ne pas montrer sa faiblesse, comme toujours. Alors qu'il se laissait emporté, alors qu'il se perdait doucement, que la douleur de son cœur si forte d'un seul coup acceptait de s'atténuer avec l'apathie, deux bras se refermèrent autour de lui. Le corps chaud de Lavi se posa contre son dos et le ramena à la réalité.
Les yeux posés sur le sol, le corps tendu, les mains tremblante, Kanda tentait en vain de comprendre. Il était dépassé. Que ce passait-il ? Pourquoi le jeu prenait des airs de torture ? Combien de temps Lavi continuerait-il ainsi ? Plus rien n'allait et il se sentait mal rien que d'y penser. Alors que le souffle saccadé du roux caressait son cou, Kanda prit conscience d'un nouveau bruit dans la chambre. Sanglot.
