Coucou bande de gens :D Désolé pour ce retard, j'ai eu un début de semaine chargé, vive la philo \o/ Il risque d'ailleurs d'y avoir également un peu de retard pour le prochain chapitre, à cause de cette foutue philo par ailleurs. Mais bon, il y a le BAC à la fin, donc j'peux pas zapper x) Merci à Saku-Chan06, laptiteannaelle, Jeheanne Aureliannis et Donnegail pour leurs petits commentaires qui m'ont fait énormément plaisir :D J'espère que cette nouvelle petite journée vous plaira !
26 Novembre 2014.
Cher Journal,
Le pire est passé. Mes parents sont enfin partis. Ils sont arrivés ce matin, avec Mycroft, et un énorme bouquet de fleurs. Je l'ai entassé avec les autres sur le meuble télé. Il paraît qu'ils ont une pièce remplie de bouquet de fleurs pour moi à l'hôpital. Qu'est-ce que je vais en faire sérieusement ? Et je n'ose même pas imaginer celle qui s'accumule à Baker Street. Mrs Hudson va certainement me faire payer la facture d'eau pour toutes celles qu'il aura fallu arroser. Bref. J'arrive à remarcher à peu près normalement, j'en ai profité pour passer deux bonnes heures dans la douche ce matin, pour me décrasser. J'ai repéré une tâche jaune, le long de ma cuisse, un des symptômes auquel je vais devoir m'habituer...
C'est là que je les aient vu, depuis la fenêtre, dans leur horrible petite voiture rose que Mycroft leur avait offert à Noël, qui détruit les yeux de n'importe qui ayant le malheur de poser les yeux dessus. Ma mère était déjà en train de pleurer en rentrant dans ma chambre. J'ai arrêté de compter les "Oh mon Dieu je t'aime" à cent. Je sais que Mycroft a continué lui, baillant dans son coin à s'en décrocher la mâchoire. Un vrai pot de fleurs.
A la base, ils ne devaient rester que deux petites heures. Je me suis simplement enfermé dans mon palais mental, au calme, là où ils ne viendraient pas m'embêter. Et il a fallu que Mycroft remarque que j'étais plus pâle que d'habitude, alors qu'il n'avait pas sorti un mot depuis son arrivée. Et voilà, impossible de les arrêter de parler. Je suis presque sûr qu'il l'a fait exprès. Il était dans un coin de la chambre, me souriant sadiquement, feignant de lire un livre. Il jubilait ce salaud.
Et pendant ce temps, ma mère me parlait de ses recettes de clafoutis, de chatons, de mon père, de ma relation avec Mycroft qui se dégradait, par ailleurs, ce dernier surveillait mes réponses avec un peu trop d'attention. La seule fois où j'ai évoqué mon monstre intérieur, ma mère a fondu en larmes, et mon père m'a dit de me taire. Réduit au silence alors que je suis la principale victime dans cette affaire.
Bien sûr, je ne me suis pas laissé faire. Juste un petit "de toute façon, quand je serai mort, plus personne ne me dira de me taire", et ma mère qui refond une fois de plus en larmes, hurlant que je ne l'aimais pas, et elle a quitté la chambre dans le même état, suivi de mon père. Dans le fond, Mycroft a raison, les sentiments ne sont pas un avantages, ils ne font que souffrir.
Et je ne vous parle même pas du savon que ce dernier m'a passé juste après leur départ. Comme quand j'avais encore six ans. J'avais pris l'habitude de sécher les cours. C'était tous les jours la même chose. Mycroft me déposait, je me cachais le temps qu'il s'en aille, derrière un muret assez haut, et après je partais me balader en ville. Un matin, je suis sorti un peu trop tôt, je me dirigeais vers l'épicerie quand il m'a bondit dessus. J'ai passé les pires dix minutes de toute ma vie. Quand on est gosse, on se croit intouchable. C'est toujours douloureux quand on se fait prendre. Il m'a traîné à l'école en me vociférant dessus. Mais il n'a rien dit aux parents. Il m'a juste fait promettre de ne plus recommencer, un câlin et c'était fini.
Pourquoi j'ai raconté ça ? Parce que Mycroft a changé. Moi aussi, certes. Nos relations sont tendues en ce moment, elle est très loin l'époque où je pouvais parler librement avec lui, en le considérant comme mon grand-frère. Maintenant, nos engueulades sont froides, les enjeux ont changé également. Je ne suis plus un enfant, pas plus que je ne le considère encore aujourd'hui réellement comme mon frère. Il n'est plus rien d'autre qu'un connaissance, on se cache derrière des masques pour éviter les affrontements, rien de plus. Je ne peux pas lui pardonner de m'avoir abandonné, il y a bien longtemps, pour ses études chéries.
Mycroft m'a reproché mon comportement envers mes parents, jusque là, rien de bien nouveau. Puis il m'a dit que si personne n'était à mon chevet dans mes derniers jours, je n'aurais plus qu'à m'en prendre à moi-même. Et il est parti.
Ces paroles m'ont hantées tout le reste de la journée. Peut-être n'était-ce pas plus mal, dans le fond. Si je disparais alors que mes relations ce sont éloignées, le passage à autre chose se fera plus simplement. Mais je sais d'avance que je n'en aurais pas le courage. Parce que je ne peux pas faire ça à John, à Charlotte, même à Lestrade ou Molly, dans le fond.
John est venu me voir d'ailleurs, dans la soirée. Il n'est pas resté longtemps. Mais je me suis confié à lui. Beaucoup. On a décidé que quand je sortirais après-demain, j'irais chez lui et Mary. Dans le cas contraire, il se pourrait que je tue Mycroft. Puis lui aussi est reparti, pour s'occuper de sa famille.
Qui sait, tout s'effacera peut-être demain.
Bonne nuit,
SH.
