Disclaimer: Je n'ai pas fait ce manga...j'suis pas Yana Toboso.
Genre: Romance, Friendship
Personnages: Vincent Phantomhive, Diederich, Alexis Midford, Tanaka, Frances Phantomhive
Rating: Pour tous
Partie IV: Tentation
Vincent se tenait devant la tombe, les épaules tremblantes. Son visage ne reflétait rien. Sa main était serrée dans celle de sa petite sœur. Celle-ci pleurait sans pouvoir s'arrêter. C'était quand même leur mère. Ils étaient trop jeunes. Vincent avait 14 ans. Frances avait 11 ans. Ils étaient trop jeunes pour supporter ça. La petite fille sanglotait, se blottissant contre son frère. Même les mains sur leurs épaules ne les rassuraient pas. Il était pâle, les traits tirés. Personne ne parlait, tous avaient la tête basse et beaucoup priaient tandis que fossoyeur rebouchait la tombe.
L'adolescent ne voulait pas montrer sa souffrance, pas devant les personnes présentes ici. Il devait être fort.
«Je vais être sous peu le chien de garde.»
«Je serais bientôt un homme de l'ombre.»
«Je dois être fort.»
«Je ne dois pas pleurer...»
Un matin à l'école, on était venu le chercher. Et Tanaka lui avait dit cette nouvelle. Il avait prit l'adolescent avec lui, le ramenant au manoir. Il avait été accueillis par Frances qui s'était jeté dans ses bras. Et Undertaker qui était là. Son père qui était effondré.
Son enfance venait de se terminer.
Définitivement.
Vincent avait tout juste 15 ans. Agenouillé devant la reine, il reçut le titre de comte de Phantomhive, suite à la mort de son père. Il devait le chef de famille, le chien de garde, un puissant et terrible noble. La reine avait dit qu'il pouvait finir ses études à Weston, mais qu'il devrait exécuter ses missions quand même. Il en avait été soulagé, aimant ses années à l'école.
Tanaka pouvait s'occuper de sa sœur, et il y avait les précepteurs également.
Mais cette fois ils étaient seuls.
Il faisait chaud, il était habillé de noir, avec des décorations. En sortant du palais, il chercha par habitude le fossoyeur mais ne vit personne.
L'argenté avait disparue depuis quelques temps.
Étrange.
Désormais il n'était plus un simple adolescent, il était comte, il était chien de garde. Il devrait vivre avec l'obscurité maintenant.
«Ma vie est toute tracée...»
15 ans.
Sur le point d'entrer en troisième année à Weston.
Il n'avait plus de possibilité de changer de voie.
Diederich ajusta le col de son uniforme.
Les quelques jours de congés n'avaient rien eu d'agréables.
Réveillé à coup de bruits forts ou d'eau glacée le matin par son serviteur. Ouvrant les yeux en sursaut, frigorifié par l'humidité et par le courant d'air provoqué par la fenêtre ouverte.
Obligé de travailler du matin au soir.
A peine le temps de se reposer.
Des exercices physiques le reste du temps.
Une nourriture sans plaisir, de l'eau froide pour se laver.
Aucun plaisir. Il fallait qu'il soit dur, fort, froid.
Il n'était pas à l'Angleterre pour être dorloté.
Son père qui l'accablait de reproches, par télégrammes et par lettres, était ferme à ce sujet et le majordome-précepteur chargé de son éducation respectait cela à la lettre.
Il revenait à l'école fatigué et un peu amaigri mais au moins au niveau.
«Habitues-toi à un rythme dur, quand tu seras soldat, c'est tout ce que tu auras»
Son père lui cherchait aussi une fiancée parmi la noblesse allemande. Une fille qu'il pourrait conseiller afin qu'elle appuies ses propositions sur son fils. Une alliée plus qu'une personne qui plairait à son héritier. Quelqu'un qu'il pourrait contrôler, quelqu'un qui ne serait pas l'amie de son fils.
Il était juste là pour obéir après tout.
Et pour prolonger la lignée.
Rien de plus.
Il avait 15 ans, et se sentait toujours aussi seul. Certes il avait des amis et un Fag mais ce n'était pas vraiment des vrais relations de confiance, plus des personnes avec qui rire et plaisanter. Mais des amitiés qui se finiraient avec l'école. Sauf peut-être Midford. Et ce n'était pas tant que ça. Même s'il était heureux, entouré, qu'on l'acclamait depuis l'année derrière où sa victoire à son second tournois de criquet avait été éclatante. Il était admiré par les plus jeunes, félicité par les plus vieux et le préfet de sa maison commençait à lorgner sur lui. Mais pas de vrais amis.
De toute façon, il retournerait en Allemagne non?
Les mots de son père résonnaient. «Des amis anglais? A quoi bon, ce n'est pas intéressant. Tu t'en fera dans l'armée allemande. Des vrais allemands. Ne te mêle pas à ces nobles snobinards qui aimaient trop la France.»
Le jeune homme avait presque peur de lui avouer qu'il parlait parfaitement français maintenant. Trois langues, sans compter le latin. Son accent ne gênait pas la compréhension, restant juste assez pour rappeler son origine.
Il était heureux de revenir à l'école.
Là-bas, pas de réveil à coup de sceau d'eau glacée, ou de sons forts dans les oreilles, ou sa couverture tirée si brutalement qu'il en tombait lourdement au sol. Non il était réveillé par une douce secousse à l'épaule par un camarade s'il ne se réveillait pas lui-même.
Il mangeait à sa faim, pouvait s'amuser un peu. Pouvait passer du temps à l'extérieur, juste assit là à ne rien faire. Lire ce qu'il voulait, faire ce qu'il voulait...il n'était pas ce qu'on voulait qu'il soit, il était lui-même. Juste lui.
Ici, il pouvait savourer la brise sur son visage. Ne rien faire.
«Tiens tiens, Diederich, tu lis? Alors que tu es à la Green House?»
Il frémit et releva les yeux de son livre. Un élève de la Blue House se tenait devant lui, souriant d'un air joueur. Vincent Phantomhive. Un garçon de son âge. Arrogant, se croyant supérieur, se moquant des règlements, disparaissant parfois sans que personne ne fasse rien. Ça c'était depuis quelques semaines. Revenant parfois fatigué...Non pas qu'il était inquiet. Il se demandait juste ce qu'avait l'anglais de si intéressant pour avoir de tels privilèges dans une école où tous les élèves étaient censés être égaux!
«Être bon en sport ne veut pas dire qu'on ne sait pas lire. Seuls les idiots associent muscles et absence d'intelligence.
- Aww...mon DeeDee va mordre?»
Il jeta un regard mortel à son interlocuteur. «Et ne m'appelle pas par mon prénom ou par un quelconque surnom ridicule, c'est contre le règlement.
- Halàlà tu es bien dur...et tellement amer...comme la bière chez toi.»
Une provocation.
Gratuite.
Il aurait aimé crié un bon coup sur l'insolent, voir le frapper -ça ferait tellement de bien- mais il remarqua un préfet un peu plus loin.
Les paroles de son père... «Si tu n'es pas préfet fils, tu le regretteras amèrement.»
Se battre n'était certainement pas une bonne idée dans l'état actuel des choses. Pas du tout même.
Il se leva. «Et moi je ne pensais pas que les anglais étaient si...» Il évalua Vincent de la tête aux pieds d'un œil critique «...si...
- Si quoi?»
Sourire narquois «...arrogants. Mais après tout quand on possède le plus grand empire au monde on a forcement la grosse tête. Toi surtout, à te croire au dessus des règlements. Tu passes encore les portes?» Et il s'éloigna d'un pas vif, n'osant pas jeter un regard en arrière, craignant une riposte peu aimable.
«C'est assez petit ça Diederich~»
La patience du noble allemand arriva à ses limites et il se retourna, souriant d'un air moqueur et s'approcha lentement jusqu'à ce que son visage soit tout prêt de celui de l'anglais «Petit? Je suis petit en repartie peut-être...mais toi vu ton physique et ta face de jolie fille, tu dois être petit ailleurs...»
Il était allé trop loin.
Il allait le payer.
Vincent Phantomhive était connu pour ses vengeances sournoises et cruelles.
L'anglais eut un air surpris pendant un instant -rougit même- puis sourit, amusé. Il leva une main et caressa la joue de l'allemand, s'approchant pour lui susurrer à l'oreille, d'une voix chaude et presque rauque «Tu veux vérifier ce que tu avances Dee?»
Passant par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, le germanique prit littéralement la fuite.
Il entendit le rire de son insupportable ''rival''.
Mort de honte, il allait l'éviter quelque temps..
...Jusqu'à ce que l'autre le bloque quelque part, comme toujours.
Vincent sortit un poignard et le plaqua sur la gorge de sa victime «Je n'ai pas bien entendu...qui est ton maître?»
Le criminel cracha une insulte.
Le noble haussa un sourcil moqueur «Et bien...» Il écrasa un point bien précis de son fin genoux, faisant glapir de douleur son prisonnier. Celui-ci avait littéralement changé de couleur sous la souffrance de son bas-ventre. «Je peux te les écraser plus que ça...ou les couper...qu'est-ce que tu préfères? Je peux être très inventif tu sais?»
L'homme répugnant siffla une injure. Vincent échangea un regard ennuyé avec Tanaka. Mais le captif n'en avait pas fini «Désolé jolie gueule, je ne dirais rien...mais si tu veux...on peux faire autre chose. T'as un joli petit c...»
Un hurlement lui échappa quand Vincent, de sa main libre, lui brisa un doigt. Il réussit cependant à faire basculer le noble pour se relever et tenta de fuir. Tentative naïve, désespérée ou avec un réel espoir? A voir. Mais il courut vers la sortie, vers son arme au sol...
Il n'en eut pas le temps.
La détonation ébranla la pièce vide.
Et l'homme s'écroula, mort.
«Tanaka, tu l'as tué!
- Il était dangereux jeune maître!
- On ne sait pas qui est le commanditaire.
- Nous avons retrouvé les jeunes filles, c'est l'essentiel.»
Vincent se redressa, époussetant son veston de l'école. «Je vais devoir demander à mon fag de nettoyer ma veste. Elle est sale.
- Heureusement qu'il ne pose pas de question.»
Le jeune homme gloussa.
«Tu as raison mon vieil ami, les il les sont sauvées et elles vont bien...presque toutes. Scotland Yard va arrivé et vont les emmenés à l'hôpital.
- Certaines sont enceintes.
- Malheureusement. Mais je pense que leurs familles seront heureuses de les retrouver en bonne santé de toute façon.»
Il avait un air triste en disant cela, comme s'il se souvenait des bons moments avec ses parents et sa sœur. Celle-ci grandissait, embellissait du haut de ses 12 ans. Elle était déjà extrêmement doué à l'épée, même si elle ne pourrait jamais le battre. Elle excellait dans beaucoup de domaines, son frère ayant voulu qu'elle ait une éducation complète. Même des choses normalement réservée aux garçons, personne n'avait osé dire non au comte de Phantomhive.
«Jeune maître?
- Oui?
-Ne faites plus ça!
- Plus quoi Tanaka?
- Vous savez bien! Ce que vous avez fait la dernière fois! Vous ne l'avez pas refait cette nuit mais...
- C'est parfois la meilleur façon d'obtenir ce qu'on veut mon ami. Je sais me faire désirer. Et obtenir ce que je veux. Je sais les maîtriser avant la limite. Tu n'as pas à t'en faire!
Séduire sa cible.
Se laisser aller un peu.
Se faire désirer.
Il savait qu'il était magnifique, désirable, beau...et qu'il était un être qu'on voulait quelque soit son sexe, selon ses préférences.
Il se sentait parfois sale.
Mais jamais il n'avait laissé l'un de ces gens aller jusqu'au bout...
Diederich ouvrit la porte et se figea, Vincent avait plaqué un camarade au mur et l'embrassait à pleine bouche. Il en resta bouche bée, stupéfait. Pas outré non. Mais il ne pensait pas que monsieur parfait ''je suis beau et je suis au dessus de vous simples mortels indigne de mon respect et que j'écrase de son pied en vous regardant mourir comme des insectes''' ait une vie sexuelle.
Il toussota sèchement et vit l'embrassé qui sursautait en voyant qu'il était là. Le pauvre garçon devint rouge vif, mort de gêne et de honte d'être surpris en pleine activité homosexuelle à une époque où ce n'était pas bien vue.
«Von...Wolf, c'est pas ce que...
- Sisi c'est ce que je crois, tu l'embrassais à pleine bouche.» dit froidement l'allemand. Agissant plus par sadisme que par agacement et frustration.
Vincent bailla et fit, dans un ton chantonnant «Mon mignon DeeDee ronchonneur est jaloux je crois.
- Jaloux Phantomhive? Je n'ai pas spécialement envie que tu m'embrasses...ou être embrassé par l'autre-là.»
Le désigné passa par toutes les couleurs et s'enfuit, claquant la porte derrière lui. Il n'y reviendrait certainement pas.
L'anglais haussa un sourcil «Quel dommage, il était bien mignon. Tu m'as vraiment gâché mon petit plaisir. Diederich, vas-tu en assumer les conséquences?
- Pfff.
- Tu n'en dirais rien, n'est-ce pas?
- Ce que tu fais de ...» Son visage prit un air méprisant «...tes fesses ne regardent que toi. Amuses toi derrière les portes closes, cela m'est égal.»
Le comte eut un grand sourire «Tu dois être frustré Diederich.
- Tu serais surpris.
- Cela m'étonnerait. Prude et timide comme tu es.
- Ho? Fantasmerais-tu sur mon corps...Vinnie?» il s'approcha, posant une main sur le mur à côté de la tête du britannique. «Cela m'en a tout l'air mon cher ~» Avant que l'autre ne puisse dire quoique ce soit, l'allemand l'embrassa. Un simple baiser sur ses lèvres. Une caresse. Un frôlement. Assez pour sentir la douceur des lèvres fines, qu'il hume son odeur. Il recula et sourit «Mais je ne passe pas après quelqu'un...et je ne couche pas avec des»...il pinça les lèvres «Gens qui écartent les cuisses régulièrement...»
Et il partit sans un regard en arrière.
Mort de honte, et ne comprenant pas ce qui lui avait prit.
Sans voir les yeux d'or qui s'illuminaient.
Sans savoir qu'il venait de passer, aux yeux de son ''rival'' du statut de ''type amusant à ennuyer'' au statut de ''proie''. L'anglais passa sa langue sur ses lèvres «Je sens que je vais m'amuser! Tu seras tout à moi un jour meine Diederich!» Il rajusta son col, sans aucune honte «Et c'est qui toi te donneras à moi...ça ne sera pas drôle sinon.»
Pervertir ce grand prude serait follement amusant.
Le faire s'effondrer dans ses bras.
Le transformer en petite chose suppliante obéissant à tous ses désirs...
Fantastique.
A Suivre
Prochain chapitre "Le Miracle Bleu"
