Et voilà, le début de la fin pour Las Noches : l'arrivée d'Inoue ! Et ensuite, celle de Super-Fraise, Quatre-yeux, Mister-Muscles, et leurs amis Shinigami... Enjoy !

Alors, comme d'habitude... Céladon, qu'est-ce que c'est ? C'est une couleur entre le bleu azur, le vert, et le gris. Le bleu est pour moi symbole de tristesse, le vert, de changement, et le gris... De malheur. Céladon, c'est donc une transition entre ces différents états de fait...

Chapitre 3

Céladon

Akane leva une énième fois les yeux vers le ciel nocturne du Hueco Mondo. Après le départ de Grimmjow, elle avait dormi d'un sommeil agité. Elle ne se sentait pas bien. Elle aurait voulu y aller. Agir. Se battre. Oh, comme le combat lui manquait ! Le vrai combat, le désir, le besoin d'écraser l'adversaire, de le tuer, de se venger…

Elle secoua la tête. Pas encore, se répétait-elle. Pas encore.

Elle eut du mal à trouver le sommeil, guettant le moment où les Arrancars reviendraient de mission. Elle les avait entendus passer dans le couloir devant sa chambre, et entendre Grimmjow râler contre Ulquiorra l'avait singulièrement rassuré.

Elle détestait Las Noches. Mais il fallait avouer qu'elle aimait bien ce cinglé bleu.

Au bout d'un moment, vaincue par l'épuisement, elle avait finit par sombrer dans un sommeil sans rêves. Et lorsqu'elle s'était réveillée, malgré ses blessures encore en voie de guérison, elle se sentait à peu près d'attaque.

Elle avait alors chipé quelques provisions avant de quitter Las Noches en catimini. Bien sûr, elle ne pouvait pas quitter le Hueco Mondo, mais elle pouvait toujours parcourir le désert… Ou plutôt, comme elle le faisait souvent, aller sous le désert.

Sous les dunes et le sable se trouvait une forêt de roc. Les arbres minéraux faisaient toujours plus de cinq cent mètres de haut, et c'étaient l'extrémité de leurs rameaux qui transperçaient parfois la surface du désert. Dans la forêt souterraine, la Forêt des Menos Grande comme l'appelaient les Hollow, on ne trouvait que des Gillian et de simples Hollow. Pas assez expérimentés pour dissimuler leur approche, et donc facilement repérables.

C'était ici qu'Akane brisait son Sceau et s'entraînait.

Elle avait passé trois longues heures à s'exercer, s'interrompant fréquemment lorsqu'elle détectait l'approche d'un Hollow. Elle ne tenait pas à ce que les alliés d'Aizen connaissent son Bankai… Ni les autres choses que son Sceau cachait. En fait, Aizen lui-même ignorait son Bankai. Il savait bien sûr qu'elle l'avait, mais il ne savait absolument pas en quoi il consistait.

Encore une des règles qu'Akane s'était fixée : ne pas révéler son Bankai à son ancien ami, ne pas le laisser connaître ses forces et ses faiblesses. Il en savait déjà beaucoup trop sûr elle.

Sa lignée. Son désir de prouver sa force. La méfiance à laquelle elle avait dû faire face à l'Académie. Sa ténacité qui l'avait amenée à grimper les échelons. Et puis la déchéance, le complot, le piège

Comme toujours lorsqu'elle évoquait ces souvenirs, une boule de rage et de haine enflait dans son ventre, et Akane agrippa d'un geste nerveux la petite clef d'argent qu'elle portait en pendentif.

Pas encore, se récitait-elle comme un mantra. Pas encore.

Au bout d'un long moment, la colère décru. Comme un montre qui, un instant agité, se rendort lentement. Elle secoua la tête. Contrairement au Vizards, elle avait été seule pour faire face à la trahison de la Soul Society. Il s'en était fallu de peu qu'elle ne sombre dans la folie.

Parfois, même, elle se demandait si elle ne finirait pas par en devenir folle.

Chassant ces pensées parasite, elle reprit le chemin de Las Noches.

Pour rentrer, Akane se faufila par les anciens passages. Ce chemin l'obligeait à passer par le labo de ce taré de Szayel-Aporro, l'Espada n°8, mais elle ne croisait personne à par lui. Et Szayel avait beau être un fou dangereux doublé d'un pseudo-scientifique à tendances destructrices, il lui devait quelques retours d'ascenseurs depuis qu'elle avait obtenu d'Aizen qu'il octroie à ce cinglé un bâtiment entier pour en faire son labo.

Elle n'avait certainement pas fait ça par générosité. Elle avait juste besoin qu'il lui soit redevable, afin de pouvoir profiter de ses passages secrets.

Elle grimpa un interminable escalier, et arriva enfin à la trappe métallique qui donnait directement dans le bureau (si ça pouvait s'appeler un bureau) de l'Espada. Elle poussa le panneau et accéda enfin à l'intérieur, où elle se hissa avec un grognement d'effort.

Szayel, assit derrière sa table de travail, ne leva pas le nez du document qu'il rédigeait.

- En vadrouille, Fubuki ?

- Encore, oui. Ulquiorra est revenu avec l'humaine ?

- 'Sais pas. J'ai autre chose à faire, vois-tu.

Akane haussa les épaules, s'agenouilla sur le plancher et referma la trappe. Par-dessus le panneau, elle replaça un tapis rose et rouge, qui avait glissé lorsqu'elle avait ouvert le passage, puis promena un regard blasé autour d'elle.

La première fois qu'elle avait mit les pieds dans cette pièce, elle avait eut l'impression de faire un malaise. Tout, absolument TOUT était rose. C'est simple, si Akane connaissait, sa première réaction aurait été « Oh mon dieu ! Barbie-Land existe donc ? ». Cependant, comme à l'époque elle ignorait encore l'existence même de la Barbie, elle s'était contentée de retenir un fou rire hystérique qui l'aurait définitivement brouillé avec Szayel. Or, elle avait trop besoin de lui pour couvrir un minimum ses fugues pour se permettre un tel geste.

Depuis, le temps avait passé et elle avait apprit à faire taire les commentaires plus ou moins moqueurs qui lui venaient à l'esprit lorsqu'elle entrait ici. N'empêche, Szayel était vraiment bizarre. Même Kurotsuchi avait des goûts moins farfelus.

Bref.

Elle se leva, et quitta le bureau sans un salut. Elle ne faisait que passer, par ici. Szayel tolérait ses passages et se taisait, c'était suffisant. Elle ne l'aimait pas. Elle n'allait pas non plus se forcer à tailler une bavette avec lui.

L'humaine qu'Ulquiorra devait ramener était sans doute déjà arrivée.

Elle couru presque pour arriver à temps dans la salle du trône d'Aizen. Elle allait entrer par la porte dérobée. Cette entrée donnait accès à l'espèce d'estrade géante sur laquelle siégeait Aizen. Ce cube de marbre approchait les sept mètres de haut, et comme il était adossé au mur du fond de la salle, un passage permettait à Sôsuke d'accéder directement à sa place, sans se taper la grimpette depuis la salle jusqu'en haut de son trône. Bref, cette porte était bien cachée dans l'ombre, invisible, et si elle était discrète, Akane pourrait surgir dans le dos d'Aizen et se tenir en retrait pour observer toute la scène par-dessus l'épaule du maître des lieux.

Bon, il ne fallait pas avoir froid aux yeux. Mais à condition de masquer son reiatsu et de rester muette comme une tombe, Akane savait qu'Aizen tolérerait sa présence près de lui.

Après tout, ce n'était pas la première fois.

Akane poussa la porte et entra sur la pointe des pieds. Cachée par les ombres denses qui masquaient toute l'estrade (sauf l'endroit où siégeait Aizen, évidemment), la Shinigami s'avança afin de pouvoir observer ce qui se passait en bas. Aizen tourna brièvement les yeux vers elle avec un mince sourire, qu'elle ne lui rendit pas.

Elle s'avança un peu plus. S'il s'autorisait à la regarder, ça voulait dire qu'en bas, ils ne le regardaient pas, lui.

Elle pencha la tête et retint une exclamation.

Une fille rousse (l'humaine, sans aucun doute), appliquait une étrange lumière dorée sur le dos de Grimmjow. A l'endroit où se trouvait jadis le 6. La brûlure était en train de s'effacer, et le tatouage se régénérait progressivement. Frappée de stupeur, Akane observa son ami Arrancar…

Son bras.

Son bras gauche était revenu.

Elle se mordit la joue pour retenir un juron ébahi. Bordel, c'était possible ça ? Tous les Espada fixaient l'opération avec un mélange de stupeur et de répulsion, presque de la peur. Luppi, lui, semblait fou de rage.

Et lorsque Grimmjow le transperça, Akane faillit se pincer pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas.

Ce n'était pas le fait de voir mourir Luppi qui la choquait, elle avait vu bien pire. Non, ce qui la stupéfait, c'était la facilité avec laquelle Grimmjow l'avait tué.

Luppi n'égalait certes pas le niveau de Grimmjow, mais il aurait pu être le n°7. Grimmjow était donc devenu plus fort, beaucoup plus fort, pour être capable de l'écraser si vite. Sa haine obsessionnelle pour Kurosaki avait donc eut au moins un effet positif… Il s'était entraîné comme un taré.

« Peut-être même assez pour que je recommence à me méfier de lui », songea Akane sans le quitter des yeux. « Peut-être même assez pour que je me souvienne… Qu'allié ou non, il est un Hollow. »

Certes, Grimmjow était un Arrancar. Un être évolué. Mais avant cela il avait été un Hollow, un monstre de violence et de colère. Cette facette de lui-même existait toujours. Elle ferait bien de ne pas l'oublier.

Alors qu'il laissait éclater sa joie sauvage, exultant, les yeux fixés sur Aizen, Akane eut la désagréable impression que c'était elle qu'il regardait.

oOoOoOo

Inoue Orihime. Humaine. Son pouvoir se nommait les Six Fleurs et logeait dans ses espèces de barrettes ridicules en forme de flocons. Grâce aux Six Fleurs, elle pouvait nier la réalité, la rejeter. Elle était ainsi capable de supprimer ainsi les dommages subis par un objet qu'elle voulait restaurer, ou bien de matérialiser un bouclier afin de repousser ce qu'elle refusait.

Akane ferma les yeux, se souvenant de l'horrible cicatrice dans son dos. Peut-être que Inoue pourrait la soigner. Mais elle n'avait pas le droit de lui révéler son existence. Et puis, même si l'humaine guérissait la blessure, la souffrance des souvenirs ne s'effacerait jamais.

Jamais.

Cris, sanglots. Sachiko hurlait, appelait à l'aide, frappait. Ils étaient six autour d'elle. Sept avec elle-même, Akane, qui sentait la vie la fuir par la plaie béante de son dos. Mais elle n'était pas morte. Elle agonisait, mais elle pouvait voir. Elle ne pouvait pas bouger, mais elle voyait, elle voyait et elle aurait préféré mourir plutôt que de voir ça.

Six hommes. Deux étaient masqués, leurs visages couverts par des cagoules, et les quatre autres avaient perdues dans la bagarre. C'étaient ces quatre là qui les avaient agressées en premier. Sachiko et Akane étaient fatiguées, elles étaient allées boire un verre ensemble, et l'alcool avait étouffé leur vigilance Ils leurs étaient tombés dessus alors qu'elles traversaient une rue déserte.

Pas pour les voler, les violer ou quoi que ce soit du même style. Non. Juste pour les massacrer. Le plus violemment et le plus cruellement possible.

A nouveau, la jeune fille sentit une la colère revenir. Un tigre, un dragon, une créature sauvage et meurtrière qu'elle enchaînait au plus profond d'elle-même, mais qu'elle ne pouvait tout simplement pas supprimer.

Elle ne pouvait pas effacer cette colère. Jamais.

Car elle ne pourrait jamais leur pardonner.

Coups. Cris. Hurlement.

Sachiko luttait mais ils étaient six et elle était seule.

Elle était seule parce qu'Akane avait prit un coup de sabre en travers du dos, un coup de sabre à sa place, et qu'elle s'était écroulée. Sachiko se battait. Sachiko les entraînaient loin d'Akane, loin de la ruelle sombre. Sachiko se battait, mais elle perdait. Elle allait perdre. Mourir. Pour avoir soutenu Akane, pour avoir été son amie, les six hommes la haïssaient. Pour avoir été loyale, Sachiko était condamnée.

Akane étouffait. Elle voulait se battre. Protéger Sachiko. Mais elle ne pouvait pas. Elle aussi était condamnée. Sa blessure, dans son dos, était atroce et la condamnait à une longue agonie, la condamnait à voir sa meilleure amie se battre et succomber peu à peu.

A sa place.

Et Sachiko hurla, appela à l'aide en vain. Encore et encore.

Et Akane refusa de s'évanouir pour échapper à la souffrance. Encore et encore.

Encore et encore.

Jusqu'à ce que la gravité de la blessure d'Akane vienne à bout de sa résistance. Jusqu'à ce qu'elle ne sente plus le sang chaud ruisseler dans son dos, jusqu'à ce qu'elle perde l'usage de ses sens et s'évanouisse. Consciente que ce que Sachiko avait enduré, jamais elle ne pourrait se le pardonner. Consciente qu'elle aurait du tout subir à sa place. Consciente aussi que, pour sa faiblesse, son impuissance, elle serait condamnée à porter le poids de cette faute.

Jusqu'à sa mort.

Jusqu'à sa mort. Car elle n'était pas morte et ça avait sans doute été ça, le pire. De survivre. De survivre et de comprendre.

Le coup qu'ils lui avaient asséné était parfait. Elle aurait dû mettre des heures à mourir, vidé de son sang et de sa souffrance. Alors pourquoi ? Pourquoi avait-elle survécu ?

Les mains d'Akane se crispèrent sur le rapport.

Pourquoi n'était-elle pas morte ce jour-là ? Pourquoi s'était-elle réveillée dans ce fossé boueux, guérie et indemne, à côté du cadavre de Sachiko ? Pourquoi ?

Pourquoi, à part pour se venger ?

Alors elle avait accepté de vivre. Vivre avec la douleur, avec le désespoir, l'humiliation, la colère. La haine. Et en faire une force.

Akane avait été la seule à survivre. Elle s'était extirpée de la fosse, malade et affaiblie. Elle s'était mise en route vers le Seireitei. Au passage, elle avait apprit que cela ne faisait même pas vingt-quatre heures qu'elle avait disparu, mais qu'elle était déjà considérée comme une déserteuse.

Cette nouvelle lui avait tiré un cri de rage. Malgré tous ses efforts, le Seireitei ne l'avait donc jamais vraiment accepté. Au premier prétexte, ils la condamnaient.

Très bien. Elle agirait sans eux.

Elle avait erré dans le Rukongai trois jours. Puis, à un bar, elle avait retrouvé les quatre sans cagoules et les avaient tués. Elle avait aussi reconnu le cinquième au reiatsu de son sabre (le même reiatsu qui subsistait sur la blessure de Sachiko, tuée elle aussi d'un coup de sabre dans le dos) et l'avait tué aussi. Tous. En une seule fois. Elle n'avait pas fait de quartier.

Cinq meurtres.

Dans une violence inimaginable. Devant des dizaines de témoins. Elle, qui était considérée comme une déserteuse puisqu'elle n'avait pas reparue au Seireitei depuis cette nuit fatidique, commit un véritable massacre. Quelque chose de tellement cruel et sanglant qu'elle n'eut même pas de procès.

Depuis la disparition de ceux qui deviendraient les Vizards, un an plus tôt, elle était seule. Personne ne pouvait la soutenir, tous ses amis proches avaient disparus avec les Hollowfiés. La Chambre des 46 l'avait condamnée. Plusieurs Shinigami, plusieurs Capitaines, même, connaissaient la vérité. Avaient-ils prit sa défense ? Si oui, pourquoi ne les avaient-ont pas écouté ? Elle l'ignorait.

Ils l'avaient trahie, c'était tout ce qu'elle savait.

Le Capitaine de la 6° Division de l'époque, Ginrei Kuchiki, avait plaidé sa cause devant la Chambre des 46, lui laissant volontairement assez de temps pour s'échapper. Kuchiki avait toujours eu le sens de l'honneur. Il avait toujours su ce qui était juste. Akane avait vengé son honneur et celui de Sachiko. Elle ne méritait pas de mourir pour ça. Il l'avait su, il l'avait compris. Et il l'avait aidée.

Depuis ce jour, Akane avait une dette envers les Kuchiki.

Mais elle avait tué cinq personnes. Ils étaient six responsables de son malheur, de leur malheur.

Le dernier courrait toujours.

- Pas encore, murmura-t-elle pour elle-même. Pas encore…

Elle soupira, puis se replongea dans son dossier avec lassitude.

Akane, bouclée dans sa chambre depuis qu'Aizen était venu en personne lui annoncer que le Shinigami remplaçant avait pénétré dans son palais, était en train de lire le dossier sur Inoue. Il fallait dire qu'elle n'avait pas grand-chose à faire, à part se morfondre ou ruminer de sombres pensées.

Les Espadas se préparaient à faire un massacre, les Arrancars crapahutaient frénétiquement dans les couloirs, en bref tout le monde se préparait pour l'offensive d'Aizen. Akane, elle, non. Elle était toujours une prisonnière, après tout. Et donc, sa seule occupation était de lire les rapports sur les envahisseurs… Dont Inoue Orihime.

Ces dossiers, c'était Ichimaru qui les lui avait donnés. Pourquoi ? Elle l'ignorait. Ce type l'agaçait, mais elle n'arrivait pas à le cerner. Enfin, bref, elle avait de la lecture, elle n'allait pas s'en plaindre…

Avec un claquement sonore, sa porte s'ouvrit à la volée.

Sans lever les yeux sur son invité intempestif, elle lâcha d'un ton cinglant :

- On frappe avant d'entrer !

- Estime-toi heureuse que j'ai pas défoncé la porte !

- Grimmjow ? s'étonna Akane en levant les yeux de sa lecture. Qu'est-ce que tu fous là ?

L'Espada lorgna d'un air indiscret dans la direction du rapport, qu'Akane ferma et balança négligemment sur sa table de chevet –qu'elle manqua, et donc le dossier s'écrasa par terre. Elle jura, faisant ricaner le Sexta, et lui adressa un regard mauvais.

- Qu'est-ce que tu me veux ?

- Devine.

- T'es ici à cause de Kurosaki ?

- Ouais.

- Il est dans Las Noches depuis un moment. T'es pas à sa poursuite ?

- Nan, Ulquiorra m'a ordonné d'rester dans ma chambre.

- Comme un gosse pas sage. Et laisse-moi deviner, c'est pour ça que t'es là ?

- Ouais. Tu sais dissimuler ton reiatsu et utiliser le Shunpo à tel point que t'es invisible. Et dans la pagaille, personne se rendra compte de ton absence. J'veux que tu trouves Kurosaki, et que tu t'arrange pour que j'me le fasse avant Ulquiorra.

- … S'il te plaît.

- Hein ?!

Avec l'air satisfait que procure une revanche facile, Akane se laissa tomber sur son matelas, toujours bras croisés. L'expression narquoise gravée sur son visage s'accentua devant l'air sidéré de l'Espada, qui était en train de se demander s'il avait bien entendu :

- … Quoi ?

- « S'il te plaît ». Il s'agit d'une formule de politesse qu'on ajoute souvent à sa demande lorsqu'on sollicite l'aide de quelqu'un. Tu veux essayer ?

- Tu…

- … Espère te fous de ta gueule c'est vrai, ricana Akane. Je déconne, je vais y aller.

Grimmjow grogna, et Akane se leva d'un bond. Enfin un peu d'action.

- Tu as un émetteur pour que je te contacte ?

- J'ai même mieux que ça.

Devant la Shinigami sidérée, Grimmjow sortit deux denreishinki de sa poche. Il en garda un et posa l'autre sur la table basse qui se trouvait entre lui et la Shinigami, et cette dernière bondit sur le téléphone, contemplant l'objet comme s'il s'était agit d'un lingot d'or.

- Où tu l'as eu ?

- J'les ai piqués à des Shinigami que j'ai butés, et j'les ai filés à Szayel pour que ces bidules me servent à quelque chose.

- Quelque chose du genre ?

- Localiser les Shinigami et les Hollow. Dans le monde réel, et le Hueco Mondo.

- Rien que ça ! Et il l'a fait ? Gratos ?

- Non, j'ai dû le menacer de révéler à Aizen qu'il essayait de pirater son réseau informatique pour capter toutes les vidéos de surveillances de la salle de contrôle…

- … Et ça aurait pas plu à Sôsuke, ça, puisque lui, Ichimaru et Tôsen sont les seuls à avoir le droit d'être omniscients de la sorte. Wow, Szayel a du faire la gueule.

- Nan, il était très content de faire mumuse avec ces trucs. Bref, prends le tien et vas me chercher ce connard de Shinigami roux.

- Ça marche. Sois sage en m'attendant.

Saisissant son denreishinki, elle se volatilisa grâce au Shunpo. L'Arrancar aux cheveux bleus râla pour la forme, puis se dirigea vers sa propre chambre, où il se résigna à attendre en tournant comme un lion en cage. Ou plutôt comme une panthère en cage. Heureusement pour sa patience (très) limité, il n'eut pas à attendre longtemps, car son portable bipa au bout de dix minutes seulement. Il décrocha d'un geste brusque :

- Il est où ?

- Il est dans le secteur 87, au 7° étage. Et il est en train de se faire démonter la tête par Ulquiorra.

- Merde ! Trop tard !

- Tu te décourage facilement, tu sais ? J'ai un plan.

Grimmjow se raidit, attentif. Il entendant, en bruit de fond, le fracas caractéristique d'un combat musclé, et il lui sembla même entendre la voix d'Ichigo qui hurlait « Getsuga Tenshô ». Effectivement, Kurosaki était dans la panade.

- Un plan ? Tu vas assommer Ulquiorra ?

- Désolée de te décevoir, mais… Non. Je vais attendre que ce maudit Quatra ai éclaté le Shinigami, et ensuite tu te ramène.

- Kurosaki mort, ça m'intéresse pas.

- Tu oublie un truc mon vieux… L'humaine, la rousse, Inoue Orihime, elle peut te le ressusciter. Alors comme Kurosaki a l'air de ne plus en avoir pour très longtemps, tu va te mettre en route dès maintenant pour aller la chercher dans ses appartements. Avec un peu de chance, tu va tomber sur Loly et Ménoly venus l'emmerder, ils rôdaient près de sa chambre quand j'y suis passée. Tu sauve l'humaine de leurs sales griffes, tu la ramène, elle sauve la Fraise et t'as ton combat.

- … Tu veux que je sauve l'humaine ?

- Oui, espèce de crétin. T'as horreur de jouer le rôle du gentil, je sais, mais t'as pas le choix.

- Ouais. J'raccroche, j'vais chercher Miss Rouquine. Profites-en pour mater la fin du match.

Et il coupa la communication.

Le reste se déroula exactement comme Akane l'avait suggéré. Il chassa Loly et Ménoly, sauvant Inoue, et la ramena au lieu désigné par la renégate. Comme l'humaine avait les yeux bandés et était étroitement ficelée dans un drap, elle ne pouvait rien voir et rien entendre. Ni le chemin qu'ils empruntaient, ni Akane qui rejoignit Grimmjow à mi-parcours pour lui expliquer qu'elle allait piquer le Garganta portatif de Szayel pour essayer de s'enfuir, au cas où Aizen perdrait.

Ce qui fit perdre son sourire de taré à Grimmjow.

Lui-même ne savait pas pourquoi ça lui fichait tellement le moral en boule, de savoir qu'Akane se ferait la malle si jamais ça dérapait. D'un autre côté, tout le monde ferait de même. Mais elle, plus que tout autre, elle voulait s'en aller. Se venger du Seireitei, même s'il ne savait pas pourquoi.

Et ça ne lui plaisait pas.

A moins que ce qui ne lui plaisait pas, ça soit le fait que ce soi lui, et lui seul, qu'elle prévienne de ses projets. Un peu comme si c'était à lui qu'elle avait choisit de faire ses adieux. Hum… Et ça, en fait, c'était pas désagréable d'être l'Arrancar choisit entre tous…

Il secoua la tête, furieux contre lui-même. Bon sang, elle allait se casser, merde ! Il devait être en colère ! Ah, déjà ça allait mieux. Il allait se taper Kurosaki et ensuite la vie serait parfaite.

Avec un peu de chance, Aizen se ferait buter par le Gotei, en plus.

oOoOoOo

Akane pesta lorsque le sol trembla, et tapa une énième séquence chiffrée sur l'ordinateur.

A deux cent mètres sur la droite et dix mètres au-dessus, à la surface, Szayel était en train de se battre contre deux des intrus. Un type aux cheveux rouges et un Quincy. Ah, les Quincy…

Au début de son exil, cent ans plus tôt, Akane avait fraternisé avec les rares survivants. Un peu. Assez pour passer leur rendre visite quand elle était dans le coin et leur apporter des nouvelles fraîches de la Soul Society, où elle passait souvent grâce à des Seikamon clandestines. Akane ne demandait rien, à part l'occupation de la chambre d'amis pendant une nuit ou deux, et elle fournissait des informations précieuses. Même si les Quincy ne l'avaient jamais acceptée (comme tout le monde en fait), ils l'avaient toujours tolérée.

Bref.

Akane compatissait donc au sort du jeune Quincy qui allait servir de hamster à l'Arrancar pseudo-scientifique croisé Barbie. Mais bon, il l'avait cherché, aussi. Quand à l'autre adversaire de Szayel, le Shinigami bizarre, qu'il se démerde. Elle n'en avait rien à faire s'il clamsait.

Il était un Shinigami. Ça suffisait pour que son sort l'indiffère.

Elle les haïssait tous.

Elle réussit à mettre le dernier code, et le dossier se déverrouilla. Levant un poing en signe de victoire, la renégate tapa l'objet de sa recherche. Le Garganta portatif. Un gadget qui ressemblait à un bracelet de cuir clouté d'argent, un bijou gothique quoi, et permettait à quiconque d'ouvrir un passage. Seul problème : au bout de quatre-vingt-huit Garganta, le petit bidule rendait l'âme.

Szayel avait toujours adoré le chiffre 88…

Taré jusqu'aux pointes roses de ses cheveux de tapette. Tant pis, quatre-vingt-huit, c'était largement suffisant.

Akane connaissait assez Szayel pour connaitre tous ses mots de passe (« 10.000roses-rouges », « glaceàlaframboise88 », etc.) et elle en savait assez sur les ordinateurs pour réussir à débloquer l'accès à la cachette du Garganta portatif. Quelques instants plus tard, un tiroir du placard en fer à sa droite se déverrouilla avec un clic métallique. Avant de récupérer l'objet, elle tapa le code de sécurité. Ainsi, une alarme ne se déclencherait pas quand elle prendrait le bracelet.

Code juste. Session valide.

Avec un soupir de soulagement, elle attrapa le Garganta portatif, quitta la pièce en Shunpo, et ne le mit à son poignet que lorsqu'elle fut à l'extérieur. Son taux d'adrénaline chuta brusquement et elle sourit d'un air idiot… Avant de se flanquer une gifle mentale.

Elle n'était pas encore sortie d'affaire.

La jeune fille se massa les tempes et commença à chercher le reiatsu des combattants. Evidemment, avec le Sceau qui bridait ses pouvoirs, elle avait beaucoup de mal. Mais elle finit par tous les localiser.

Yammi roupillait. Quel boulet, ce n°10 ! Un incapable fini… Enfin, c'était pas plus mal. Il était moins bruyant quand il dormait.

Aaroniero Arleri était mort. Parfait, elle n'avait jamais pu le blairer. La Shinigami qui l'avait combattu devait être morte aussi. Tant mieux. Deux nuisances de moins dans l'Univers.

Szayel était en train de s'amuser au-dessus. Ça avait commencé depuis un petit moment, et apparemment ils en avaient encore pour un bout de temps. Assez pour qu'elle puisse s'enfuir.

Somarie Le Roux… Hum, il se dirigeait vers l'endroit à Aaroniero était mort. Ils ne s'étaient pas trop fréquentés, mais Somarie était quelqu'un de très respectueux et il devait vouloir s'assurer que la meurtrière du n°9 était bel et bien morte. Elle cru sentir un reiatsu familier près de lui, mais cette impression s'évanouit si vite qu'elle cru avoir rêvé.

Grimmjow…

Elle rouvrit les yeux.

Grimmjow était en sale état. Elle sentait son reiatsu diminuer comme une bougie qu'on essaye de souffler. Grimmjow avait perdu. Il n'était pas encore mort mais Kurosaki l'avait battu.

Elle referma les yeux en expirant profondément.

Grimmjow était hors-jeu. Grimmjow, sa plus ancienne connaissance, son meilleur ennemi Espada. Si jamais elle tombait sur Kurosaki, elle lui éclatait la tête.

Et pas juste parce qu'il était un Shinigami.

Nnoitra était justement avec Kurosaki et Grimmjow. Il voulait sans doute se faire le vainqueur. Akane, pour la première et dernière fois de sa vie, était de tout cœur avec ce taré borgne.

Ulquiorra, ce n'était même pas la peine d'y penser, il était encore bloqué pour une demi-heure.

Hallibel, Barragan et Stark, eux, étaient avec Aizen, et attendaient le début des festivités.

Parfait. Elle avait le champ libre. Elle allait enfin pouvoir quitter cette prison.

Il fallait juste qu'elle récupère certaines affaires, et elle pourrait partir. Juste quelques trucs. Ça ne prendrait pas longtemps. Des vêtements, un peu de provisions, du matériel de premier soin… Elle avait tout ça dans sa chambre.

Mais bizarrement, ses pas la portèrent vers le désert où Grimmjow agonisait.

Elle passa en Shunpo pour arriver plus vite sur les lieux. Lorsqu'elle y parvint, Kurosaki, Inoue et Nnoitra s'étaient déjà bien éloignés. Elle sentit également le reiatsu d'un Capitaine. Après un instant d'épouvante, elle comprit que le Gotei 13 avait seulement dépêché dans le Hueco Mondo quelques têtes brûlées. Ils ne venaient pas pour elle. Ils ne savaient même pas qu'elle était là.

Et de toute façon, le Capitaine en question devait être très occupé avec l'Espada n°5.

- Ils ne sont pas là pour moi, lâcha-t-elle dans le silence. Pas encore. Pas encore…

Elle expira profondément, soulagée, avant de s'agenouiller près de Grimmjow.

Le Sexta Espada était dans un état lamentable. Il était couvert de sang, et seule son étonnante résistance lui avait permit de continuer à respirer jusqu'à maintenant. Il avait au moins trois ou quatre blessures mortelles. Avec un grondement de rage, Akane reconnu la forme courbe et cruelle d'une entaille provenant de la faux de Nnoitra.

Le sale enfoiré, il avait essayé de le tuer.

Elle avait passé vingt-deux ans dans ce trou maudit. Elle en avait vu mourir, des Hollow, ici et dans le monde réel. Mais ses amis Arrancars, c'était différent. Stark, Hallibel et sa facción, Grimmjow… Ils étaient des Hollow, ils étaient les ennemis héréditaires des Shinigami, ses ennemis héréditaires, mais… On n'y touchait pas.

Si Nnoitra s'en sortait, elle allait lui péter son sourire trop plein de dents.

Avec une grimace d'effort, elle souleva Grimmjow. Il pesait son poids, lui ! Filer en Shunpo jusqu'à sa chambre lui paru dramatiquement casse-gueule, tant le corps inerte de l'Arrancar menaçait de tomber. Elle arriva avec soulagement jusqu'à son antre, reporta ses bagages à plus tard, et posa ses mains illuminés de Kidô sur les blessures de son ami.

- J'me demande bien pourquoi je fais ça, d'ailleurs, chat de gouttière pervers…

oOoOoOo

Grimmjow avait mal partout. Même ouvrir les yeux et quitter son état d'inconscience béate lui était douloureux. Il cligna des paupières, parce que c'était le seul geste qu'il pouvait effectuer sans avoir l'impression que ses membres réclamaient à grand cris leur indépendance, et jeta un regard inquiet autour de lui. Si ses souvenirs étaient exacts, il s'était fait massacrer dans le désert. Alors qu'est-ce qu'il fichait dans une chambre ?

Près du lit où il était étendu, une besace rebondie et un long manteau noir, ainsi qu'un baluchon grossier, attendaient leur propriétaire. L'Espada fronça les sourcils (et le regretta aussitôt parce que les égratignures sur son visage le piquèrent). Quelqu'un partait en voyage ?

- Yo, t'es réveillé ? Parfait.

Il tourna la tête malgré les protestations de son cou, et put voir Akane claquer la porte de la pièce. Elle laissa tomber à ses pieds un manteau noir identique au premier, ainsi qu'un second sac, plus petit. La Shinigami sembla se concentrer un instant, et Grimmjow devina qu'elle scrutait les reiatsu qui les entouraient. Quant à lui, il se sentait bien incapable de faire de même.

Elle rouvrit les yeux, l'air soucieux, rejoignit le lit à grands pas pour passer une main illuminée de bleu au-dessus du corps de l'Arrancar.

- Ça ira, diagnostiqua-t-elle. Tu va avoir une cicatrice de plus en travers de la poitrine et j'ai du ressouder quatre côtes, mais tu survivras. T'es capable de marcher ?

- Tu me prends pour qui ?

Grimmjow aurait voulut ne pas avoir à parler. Sa voix était rauque, cassée, sifflante, méconnaissable. Lentement, chacun de ses os se récriant contre cet effort, il se redressa jusqu'à s'asseoir au bord du lit.

Tout son corps était bandé. Il aurait pu postuler pour le rôle de la momie dans un film, aurait dit Akane si elle n'avait pas été aussi tendue. Il portait toujours le même hakama salement amoché, mais elle lui posé une veste neuve sur les épaules. L'Espada porta une main à son crâne douloureux et leva les yeux vers elle, comme s'il venait seulement de se souvenir de ce qu'elle avait dit plus tôt :

- T'étais pas partie, toi ?

La renégate se mordilla les lèvres, ennuyée.

- C'était mon intention. Mais j'ai changé d'avis. Unohana Taïcho et Kurotsuchi sont de sortie, avec deux autres rigolos, et toute l'Espada se s'est fait passée à la moulinette.

- Hein ?

- Je recommence : il y a quatre Capitaines à Las Noches et l'Espada entière a été massacrée. Je ne sais pas ce qui se passe dans le monde réel, mais même si Aizen gagne, je ne vois pas pourquoi il laisserait en vie ceux qui n'ont pas pu protéger son palais. Donc, je me casse, mais je t'emmène et j'embarque Neliel par la même occasion.

Grimmjow se demanda brièvement si il n'avait pas reçut de coup sur la tête durant son combat. A moins que ce soit Akane qui ait perdu la boule ? Parce que là, ce qu'elle disait n'avait strictement aucun sens. Qu'elle l'emmène, d'accord, il était même tout à fait pour puisque la Shinigami était sa meilleure assurance-vie. Mais…

- Neliel ? Neliel Tu Oderschvank ?

- Ouais. Celle qui a disparu. Elle n'est pas morte.

- Mais pourquoi elle n'est pas revenue alors ? Elle aurait pu buter ce connard de Nnoitra…

- Je sais. Mais elle est amnésique. Et elle a aussi perdu ses pouvoirs.

- Comment une Espada pourrait perdre ses pouvoirs ?

Akane attrapa le baluchon et alla se placer derrière un paravent blanc sur lequel sa silhouette se découpait en ombre chinoise. Grimmjow vit l'ombre commencer à se déshabiller, et son regard se fixa sur le paravent comme s'il espérait y percer un trou par la force de sa volonté.

Echec. Il en fut réduit à écouter les explications d'Akane qui se changeait.

- J'ai discuté avec ses facción pendant que tu dormais. Persche et Dondochakka m'ont raconté que Nnoitra avait tendu une embuscade à Neliel, et qu'il a partiellement brisé son masque en la frappant à la tête. Elle a survécu, mais elle a perdu la mémoire, et son reiatsu a presque disparu. Elle a aussi perdu son apparence pour prendre la forme d'une enfant.

La silhouette de la Shinigami, qui avait ôté ses vêtements blancs et enfilait à présent ce qui semblait être un short très court, désigna un coin de la pièce. Là, dans un fauteuil, une gamine vêtue d'une tunique verte dix fois trop grande dormait à poings fermés. L'Espada sursauta et la détailla, ébahi à la fois de ne pas l'avoir découverte plus tôt et de ce qu'il voyait. Son stigmate rouge sur les joues, son masque, ses cheveux verts… On aurait dit la fille de Neliel.

On aurait dit Neliel.

Akane, qui enfilait à présent un long vêtement, peut-être une tunique, continua à parler :

- Neliel s'appelle à présent Nell. De temps à autre, elle retrouve sa véritable forme et ses souvenirs, mais elle reste encore bloquée dans son corps d'enfant. Persche et Dondochakka sont de simples Hollow maintenant, puissants certes, mais des Hollow. Aizen a perdu Las Noches, le Gotei 13 va faire le ménage dans le Hueco Mondo, et ils savent qu'ils ne peuvent plus protéger Nell pour le moment. Donc j'ai proposé de la prendre avec moi.

Grimmjow retrouva la parole et se tourna vers le paravent.

- Et tu va jouer les baby-sitters.

- Ouais.

- Pour protéger une gamine Arrancar qui a perdu tout ses pouvoirs.

- Ouais.

- Pourquoi ?

- Parce que j'en ai envie, merde, j'ai pas à me justifier.

Grimmjow ricana et se mit à grimacer de douleur. Akane, habillée à présent, quitta son paravent pour se planter devant lui et lui lancer l'un des deux manteaux.

Elle n'avait gardé de ses anciens vêtements que sa pince à cheveux d'ivoire et d'argent, qui retenait ses cheveux derrière son oreille droite, ainsi que son collier avec la clef. Elle portait à présent un short en jeans noir, une tunique aux manches courtes rouge sombre, et un blouson de cuir brun. Ses pieds étaient chaussés de sandales de cuir, et elle avait posé la bandoulière de son Zanpakutô à son épaule. Elle portait le Garganta portatif au poignet.

Grimmjow haussa un sourcil. Ce n'était pas une tenue de Shinigami, c'était des vêtements du monde réel. Etait-ce là qu'elle comptait se rendre ? Elle fuyait vraiment pour de bon ?

- Au fait, Akane.

- Hum ?

- Pourquoi tu m'as sauvé ?

Akane, qui s'était tournée vers Nell pour la prendre, marqua un temps d'arrêt. Finalement, elle haussa les épaules, prit la gamine endormie dans ses bras, et pivota vers l'Arrancar aux cheveux bleus.

- Je compte me battre. Ça t'intéresse ?

- Quand ?

- Pas encore, promit Akane. Mais bientôt. Bientôt.

Alors, le mot technique du jour… Les denreishinkisont les téléphones portables spirituels des Shinigami. Ouais, je sais. Dur, hein.