Et voilà, comme promis je vais maintenant poster deux chapitres par semaine. Ce sera un le mercredi ou le jeudi et un autre le week end, histoire de faire avancer l'histoire plus vite. J'espère que ce rythme un peu plus soutenu vous conviendra ! Voici donc le quatrième chapitre, déjà. J'espère qu'il vous plaira ! Vous avez été un peu plus nombreuses à lire mais aussi à commenter, alors merci beaucoup, c'est ce qui me motive à poster régulièrement !

Swangranger : Quelle fidèle lectrice tu fais ! Hazel est particulière en effet haha, je suis contente de voir qu'elle vous fait à tous de l'effet. Merci pour ce mot adorable ! Voici la suite.

Maxine3482 : Merci ! Je suis contente que l'histoire te plaise. En effet, Hermione est encore confuse, mais peu à peu elle retrouve finalement celle qu'elle était avant, le chemin est juste long. Merci pour ton commentaire.

Math'L : Ahah, j'aime tellement vous voir vous poser des questions. Pour maintenir le suspens, je préfère ne pas répondre, mais j'aime soulever des questionnements. Merci pour ta review.

JudorangeHp : Ahah, vos désirs sont des ordres ! Hazel soulève pas mal de questions et vous fait à toutes de l'effet dis donc. C'est une belle théorie que je ne démonte ni n'approuve, je te laisserai le découvrir au fil des chapitres. Merci pour tes commentaires !

Leolili : Moi j'aime bien Ange haha ! Mais tu as raison, il sait très mal s'y prendre avec Hermione. Je suis ravie que ce chapitre t'ai plu en tout cas et je te remercie pour tes commentaires toujours longs et bien construits ! Voici donc la suite.

Lili Orya : Aaaah très bonne question pour les OC haha, mais je ne répondrai pas et te laisse le découvrir au fur et à mesure bien sûr. Ton message me touche énormément, car c'est vrai qu'il y a des millions de dramiones alors si je sors du lot à tes yeux c'est vraiment génial.

Miss Lolote : Je suis ravie que leur lien te plaise ! Hazel est particulière hein ? je n'en dis pas plus, je vous laisse le découvrir, voici la suite et merci pour ta review.

Bonne lecture !


Jamais le temps n'était passé aussi vite depuis que Drago était venu s'installer au Square Grimmaurd. L'année qui avait suivi la mort de Livia avait été la plus longue et la plus sombre de toute sa vie. La douleur avait suspendu le temps et son cœur avait déversé sa souffrance comme un volcan recrache sa larve, brûlante et dangereuse, provoquant des dégâts pour la plupart indélébiles.

Drago ne souffrait pas moins, mais il avait appris à vivre avec la douleur, et c'était peut-être pire. Il se sentait parfois anesthésié, fiévreux, malade, mais rarement heureux. Malgré tout, il y avait une chose qui avait le mérite de faire sourire Drago, de temps en temps. C'était les progrès d'Hermione.

Elle ne parlait toujours pas, mais elle délaissait de plus en plus son fauteuil roulant. Il lui arrivait de tenir une heure entière sans avoir à tourner les énormes roux de sa chaise, et ses efforts étaient toujours un peu plus récompensés. Il ne savait pourquoi mais la voir avancer, pas à pas, faisait du bien à Drago. Peut-être parce que lui-même ne se sentait pas capable d'aller de l'avant, et qu'alors, il vivait ce bonheur par procuration, au travers d'Hermione.

Cette dernière se sociabilisait de plus en plus. Elle participait désormais aux dîners, et aidait parfois Molly à faire la cuisine. Elle assistait à toutes les réunions et avait même tenté quelques petits sorts de première année, juste pour le plaisir de sentir sa baguette vibrer sous ses doigts.

—Huuuum, maman, che ragoût est un déliche, s'exclama Ron en enfournant une cuillerée de sa seconde assiette de ragoût dans sa bouche.

—Ne parle pas la bouche pleine, Ronald, répliqua sa mère, exaspérée. Hermione a coupé tous les légumes, elle m'a beaucoup aidé.

Tous les regards se braquèrent sur Hermione qui avait baissé les yeux sur son assiette et rougissait à vue d'œil. Ron posa une main chaleureuse sur son épaule.

—Heureusement que les femmes ont le gène de la cuisine !

Ce qui semblait être de prime abord un compliment semblant être tombé comme une insulte dans l'oreille d'Hermione. Elle redressa brusquement la tête et jeta un regard noir à son meilleur ami qui ne semblait pas comprendre qu'on ne le félicite tout bonnement pas pour son compliment.

—C'est un peu macho, Ron. Il n'y a pas de gène de la cuisine, juste des hommes fainéants, expliqua patiemment Ginny.

Elle avait un petit air maternel qui fit sourire Hermione et Drago. On aurait dit une mère qui expliquait à son fils qu'on ne peut tenir de tels propos. Elle ferait une très bonne mère, Drago en était certain, quant à Potter, il se mettrait au pli, comme tout le monde devant les femmes de la famille Weasley.

Le repas suivit son cours. Les conversations allaient bon train, mais Ron et Harry, assis côte à côte, se lançaient des regards silencieux. Drago observa leur petit manège un moment. C'était comme si Ron poussait Harry à faire ou à dire quelque chose. Ce dernier ne semblait pas vouloir s'y résoudre, mais finalement, à la fin du repas, quand tout le monde eut terminé sa part de tarte à la mélasse, Harry prit la parole.

—Bien, cela fait deux mois que Drago est rentré, et… Depuis son retour, on ne s'est pas encore vraiment penché sur cet étrange marchand d'âme, commença-t-il.

—Parle pour toi, grogna Drago.

Harry fit comme s'il ne l'avait pas entendu.

—Je pense qu'on devrait se pencher sur le sujet, puisque visiblement, on n'est pas plus près de tuer Nagini que d'embrasser Voldemort.

Un petit rire secoua l'assemblée. C'était étrange, songea Drago, de voir les gens rire à propos de chose si funestes. On parlait là de plus grand mage noir de tous les temps et de son terrible serpent qui n'était rien d'autre qu'un bout de son âme, mais la situation était telle que les membres de l'Ordre préféraient en rire que d'en pleurer. Et puis de toute façon, Drago avait déjà trop pleuré ces derniers mois.

—On commence par où ? demanda Georges en portant quelques miettes de pain à sa bouche.

—Et bien, j'en ai parlé avec Minerva, et on pensait commencer avec les souvenirs de Dumbledore. Peut-être qu'il y a quelque chose en rapport avec le marchand d'âmes…

—C'est probable, murmura Ginny. Cet homme a vécu si longtemps et a rencontré tellement de monde qu'il y a peu de chance qu'il n'ait jamais entendu parler de ce marchand.

Tout le monde acquiesça. Ginny avait raison, et secrètement, Drago espérait trouver une véritable mine d'or dans les souvenirs de Dumbledore.

—On sait comment ça marche ? Cette magie ? demanda soudainement Ange, resté silencieux jusqu'ici.

—Pas vraiment, répondit Potter. On sait que c'est une entité magique, peut être un objet ou de l'énergie qui commande aux âmes. D'après le livre que Drago a traduit, cette magie peut rassembler les âmes déchirées, comme celle de Voldemort, mais aussi dissocier une âme.

—Quel est l'intérêt de dissocier une âme ? souleva Georges.

—On ne sait pas vraiment. Le livre parle des âmes malades, expliqua Drago, il s'agirait de dissocier la partie morte de l'âme pour laisse l'autre vivre en paix, c'est assez complexe…

—Je pourrais jeter un coup d'œil au livre ? demanda Ange d'un air supérieur.

Comme s'il pouvait mieux comprendre la complexité de la chose, comme si son cerveau était plus à même de comprendre ce que Drago n'avait visiblement pas assimilé. Ce dernier lui jeta un regard mauvais avant de déclarer :

—Non, tu as assez de travail comme ça à l'infirmerie, inutile de te surcharger de travail.

La voix de Drago était calme et froide, mais chacun sembla comprendre qu'il n'appréciait pas Ange outre mesure. Ce dernier eut un petit reniflement dédaigneux mais n'ajouta rien. Au lieu de ça, il se pencha vers Hermione, lui prit la main, et l'aida à se lever, puis ils quittèrent la salle sans un mot.

En les voyant ainsi, Drago eut la désagréable impression de voir un marionnettiste avec sa poupée. Ange ne demandait jamais à Hermione son avis. Il avait décidé qu'il voulait se lever de table, alors il avait pris Hermione avec lui. Drago se jura d'en toucher deux mots au médecin, quand l'occasion de présenterait et espéra ardemment qu'Hermione retrouve la parole et sa fougue d'antan pour le remettre à sa place.

Drago dormit très mal cette nuit-là. Ses songes furent hantés par des silhouettes encapuchonnées, des boules d'énergie qui réparent les âmes et les yeux larmoyants de Livia. Et sa voix qui résonnait encore et encore dans sa tête, cette voix si douce et pourtant meurtrière qui disait « Tout est de ta faute, Drago. »

Il fut réveillé en sursaut par une main qui lui secouait l'épaule. Quand il ouvrit les yeux, il tomba nez à nez avec Ginny qui s'était reculée, surprise par son soubresaut.

—Doucement, murmura-t-elle. Je crois que tu faisais un cauchemar.

Sa voix douce eut le mérite d'apaiser Drago qui reposa sa tête sur l'oreille en soupirant. Il était en sueur, et il ne savait même plus pourquoi. Son rêve s'était envolé et s'il gardait une impression désagréable il ne parvenait plus à se souvenir ce qui l'avait mis dans cet état. Ginny s'était installée sur le rebord de la fenêtre pour ouvrir les volets et aérer la pièce.

—Quelle heure est-il ?

—C'est le début de l'après-midi, j'étais venue vérifier que personne ne t'avait tué dans ton sommeil.

Drago eut un sourire en coin.

—Tu aimerais bien !

—Et devoir organiser tes obsèques ? Je préfère encore embrasser un scrout.

Drago balança un oreiller à travers la pièce mais il tomba mollement deux mètres avant Ginny et celle-ci éclata d'un grand rire franc, manquant de tomber par la fenêtre.

—Déconne pas, sinon c'est toi qu'on va enterrer.

—Certainement pas. Allez lève-toi gros feignant, tu viens avec moi.

—Et je viens où, avec toi ? demanda Drago en réprimant un bâillement.

—Faire des courses. Noël est dans deux semaines et je veux acheter des décorations pour la maison des Black.

—Potter est d'accord ?

—Seulement si tu m'accompagnes. Tu verras, ça va être super de décorer cette vieille bâtisse de boules et de guirlandes multicolores.

—Ce n'est pas le travail des elfes de maison ?

—Non, c'est le travail de Drago Malefoy. Alors bouge toi.

Son ton ne tolérait aucune remarque et de toute façon elle ne laissa pas à Drago le temps de se plaindre. Elle quitta la pièce comme une tornade rousse en lui criant de s'habiller pendant qu'elle l'attendait en bas.

Quelques instant, Drago imagina se recoucher et se rendormir, mais il eut le pressentiment que Ginny ne l'entendrait pas de cette oreille et n'hésiterait certainement pas à lui jeter son désormais célèbre sortilège de chauve-furie.

Quand il fut enfin prêt, Drago descendit les escaliers et retrouva Ginny qui avait enfoncé un béret vert sur sa tête et enfilé un manteau de laine.

—Tu comptes passer incognito ? se moqua-t-il en enroulant une écharpe autour de son propre cou.

—En effet, sourit-elle. On va dans le Londres moldu.

Drago en perdit son latin. Bien que ses préjugés racistes sur les moldus avaient beaucoup évolué depuis qu'il était adulte, il ne s'était jamais aventuré dans le monde moldu pour autre chose que ses missions pour l'Ordre. C'était donc la toute première fois de sa vie qu'il ferait des courses dans les grandes surfaces britanniques moldues.

—On transplanne où ?

—Dans l'arrière-boutique d'Hazel.

Ginny s'approcha de Drago et lui prit la main, tandis qu'il se laissait porter par la magie de son amie. Il ne savait pas où se trouvait cette boutique, alors il se laissa guider par la rouquine qui le tenait fermement. Il n'était pas enchanté de retrouver Hazel, elle ne lui avait pas vraiment manqué, mais malgré tout, il était heureux de sortir de la maison des Blacks.

L'arrière-boutique d'Hazel était poussiéreuse et en désordre. Les quatre murs de la pièce étaient recouverts d'étagères bancales sur lesquelles des livres tanguaient dangereusement. En s'approchant, Drago remarqua qu'il ne s'agissait que de livres moldus. En y réfléchissant, Hazel lui avait dit une fois qu'elle était bouquiniste dans le Londres moldus. Ça ne l'étonnait pas vraiment, cette fille était une bizarrerie à elle toute seule.

Ils quittèrent l'arrière-boutique et entrèrent dans une vaste pièce lumineuse aux couleurs pastel, tout aussi envahie de livres. Dans un coin, quelques canapés bigarrés accueillaient des clients, plongés dans leur lecture, tandis qu'Hazel leur proposait une tasse de thé.

Elle semblait dans son élément. S'il avait été objectif, Drago aurait trouvé Hazel parfaite. Elle semblait bien moins envahissante, plus douce et moins directe, dans cet univers de livre. Comme si l'odeur du papier et des reliures de cuire avait apaisé ce qu'elle était vraiment : insupportable.

—Vous êtes là ! sourit-elle en s'approchant d'eux.

Elle embrassa Ginny sur les deux joues mais eut le bon coin de ne pas trop s'approcher de Drago à qui elle adressa malgré tout un sourire rayonnant.

—Si vous trouvez votre bonheur dans mon humble boutique, servez-vous ! Un peu de thé ?

—Non, merci Hazel, mais nous sommes pressés, nous avons des tas et des tas de guirlandes lumineuses à acheter !

Ginny lança un regard amusé à Drago qui se voyait déjà porter des dizaines de sacs pleins à craquer de babioles de noël.

—Bien ! On se voit plus tard alors.

Drago n'eut aucun répit durant les deux heures qui suivirent. Dans le monde moldu, personne ne les connaissait, et Drago vérifiait régulièrement qu'ils n'étaient pas suivis, aussi, quand Ginny se sentit pleinement en sécurité, elle n'hésita pas une seconde à passer de boutique en boutique, sans laisser le temps à Drago de respirer. C'était à croire qu'elle n'était pas enceinte, son ventre ne semblait pas peser plus qu'une plume, elle trottinait, riait et hésitait devant les centaines de boules de noël qu'elle avait sous les yeux.

Bientôt, Drago se retrouva avec cinq sacs à chaque bras, et quand il sembla évidement qu'il n'avait plus de place pour porter quoi que ce fut d'autre, Ginny décida qu'il était temps de rentrer et d'installer toute cette décoration. Heureusement pour Drago, elle avait déjà convenu de le faire avec Molly et Hermione, et il échapperait à cette tâche ingrate pour lui, amusante pour elle.

Ils rebroussèrent donc chemin, d'un pas lent, en discutant de tout et de rien jusqu'à atteindre la boutique de Hazel qui semblait s'être bien remplie. En face de la boutique, sur une petite place, se tenait une roulotte de diseuse de bonne aventure. La devanture disait « Le future est dans votre âme ». Ginny y jeta un œil, intriguée, et s'approcha sans vraiment s'en rendre compte. Drago la suivit et observa d'un œil sceptique les tarifs annoncés sur un petit tableau noir, à l'entrée de la roulotte.

—Vingt-cinq livres pour lire le futur et trente pour vous dire qui est votre âme-sœur ? C'est du vol, se moqua Drago.

—Ca dépend, tu considères que c'est du vol, si après tu vies heureux avec la femme de ta vie jusqu'à la fin de tes jours.

Drago ne dit rien. Il aurait donné tout l'or du monde pour vivre à nouveau heureux avec son épouse jusqu'à la fin des temps. Malgré tout, son scepticisme l'emporta et il se contenta d'hausser les épaules.

—Si c'est une moldue, c'est sûrement du vol.

—Entrons, on sera fixé.

—Très peu pour moi.

—Oh, allez, s'exclama Ginny avec un sourire ! Qu'est-ce que tu as à perdre ?

—Vingt-cinq livres, grogna Drago.

Mais Ginny ne semblait pas lui demander son avis. Elle le prit par le bras et l'entraîna jusqu'à la roulotte. Quand elle frappa trois coups secs sur la petite porte, une voix grave leur répondit d'entrer. L'intérieur de la caravane était étroit et étouffant. La pièce ressemblait énormément à la salle de classe du Professeur Trelawney : la lumière tamisée, des châles suspendus aux murs et de l'encens qui donna immédiatement la migraine à Drago. Il se sentait déjà suffoquer.

Au fond, des petits poufs avaient été disposés autour d'une table ronde sur laquelle trônait une boule de cristal. En s'approchant, Drago et Ginny virent peu à peu une silhouette se distinguer et ils furent étonner de tomber une jeune femme qui devait avoir à peu près leur âge. Elle était très pâle et avait de longs cheveux ondulés d'un noir de jais. Ses grands yeux verts scrutaient l'intérieur de sa boule d'un air concentré.

—Bonjour, murmura-t-elle de sa voix basse et étonnamment grave. Asseyez-vous, je vous attendais.

Drago et Ginny se jetèrent un regard amusé. Ni l'un ni l'autre n'avait jamais été très doué en divination. Même s'ils savaient qu'il s'agissait d'une branche très nébuleuse de la magie, ils savaient que de vrais médiums existaient dans le monde magique. Cependant, cette phrase dite dans son ton le plus mystérieux avait l'art de sonner faux aux oreilles des deux sorciers.

Tous deux prirent malgré tout place sur deux poufs en face de la voyante.

—Je suis Mona.

—Ginny, se présenta la rouquine. Et mon ami Drago.

—Donnez-moi votre main, dit-elle à l'intention de Drago.

Celui-ci la regarda d'un œil méfiant, mais étendit quand même le bras au-dessus de la petite table que les séparait. Elle s'empara de sa main et la tira légèrement vers elle pour la mettre dans le peu de lumière qu'il y avait dans l'habitacle.

—Et la boule de cristal c'est pour décorer ? grogna-t-il.

Mona ne prit pas la peine de répondre. Elle avait légèrement penché la tête au-dessus de la main de Drago et la regardait d'un air concentré. Ce contact dérangea Drago, ses mains pourtant douces, lui donnaient l'impression de toucher quelque chose d'interdit, d'accéder à des choses que seul Drago connaissait. De son indexe oblong, elle suivit l'une des nombreuses lignes qui ornaient sa main et murmura :

—Je vois…

—Laissez-moi deviner ? Je vais mourir d'ici peu dans d'atroces souffrances ? se moqua Drago.

—Pas que je sache.

—Alors qu'est-ce que vous voyez ?

—Que vous vivez dans le faux.

—Mais encore ?

Drago commençait à s'agacer. Cette fille ne le connaissait ni d'Adam ni d'Eve, elle le mettait mal à l'aise et il y avait de grandes chances qu'elle n'ait même pas de réel don divinatoire. Mona dut sentir son agitation, car elle laissa tomber son masque de mystère et murmura d'une voix plus froide et sèche que celle qu'elle avait utilisé jusqu'ici.

—Vous croyez en des choses qui ne sont pas réelles. Vous vivez depuis des années dans le faux, on vous a menti, on vous a fait croire des choses…

Drago renifla d'un air méprisant. Ces phrases vagues pouvaient être assimilées à tout un chacun. Et puis, elle ne lui apprenait rien. Il avait été élevé dans la haine des moldue, la suprématie des sang-purs et l'adoration d'un mage noir, alors oui, il avait été dans le faux. A côté de lui, Ginny avait un petit sourire moqueur qui signifiait qu'elle pensait la même chose que lui.

—Vous croyez-vous en être sorti, n'est-ce pas ? Mais vous êtes complètement aveuglé par…

—Ca suffit, grogna Drago en retirant sa main brusquement.

Subitement, lorsqu'il brisa le contact, il se sentit plus léger.

—A moi ! s'exclama Ginny. Je suis sûre que je suis dans le faux aussi.

C'était elle qui avait voulu entrer dans cette vieille roulotte, mais à présent, elle semblait bien s'amuser à se moquer de Mona. Celle-ci ne semblait pas y prêter attention. Elle était calme et taciturne, et quand elle attrapa la main que Ginny lui tendait, elle ne sembla pas vexée du sourire amusé que lui lançait la rouquine.

—Vous allez être maman…

—Vraiment ? sourit Ginny, ironique.

—Une petite fille, n'est-ce pas ?

Ginny acquiesça. Elle avait une chance sur deux, et elle était tombée juste, ça ne signifiait toujours rien. Pourtant, au fond d'elle, Ginny se sentait mal, elle n'aimait pas l'idée d'entendre une inconnue parler de son bébé. Elle n'aimait pas aborder le sujet en dehors du quartier général et encore moins dans le monde moldu.

—Il faudra faire attention, le danger rôde. Il se peut que vous ne soyez pas maman très longtemps…

Choquée, Ginny retira subitement sa main de celle de la pseudo-voyante.

—Vous dites n'importe quoi, s'exclama Drago.

Il était hors de lui. Qu'elle lui dise qu'il soit dans le faux, qu'elle lui raconte n'importe quoi, c'était une chose, mais on ne dit pas ce genre de chose à une femme enceinte. On ne lui dit pas qu'elle ne sera pas mère longtemps. Et puis d'abord qu'est-ce que cela signifiait ? Que le bébé allait mourir ? Ou bien que Ginny allait mourir ? Peu importait, ce n'était que des balivernes.

Drago s'empara de la main de Ginny et la poussa vers l'extérieur. Avant de descendre lui aussi, il se tourna une autre fois vers Mona, qui affichait une mine satisfaite.

—Vous vous croyez peut-être drôle, mais vous ne l'êtes pas.

Et sans ajouter quoi que ce soit, Drago quitta la roulotte. Cette fille faisait froid dans le dos. Comment pouvait-on sourire de la sorte en annonçant une aussi mauvaise nouvelle ?

Sur le chemin du retour, Ginny resta extrêmement silencieuse. Toutes les tentatives de Drago pour la faire sourire échouèrent lamentablement, et la situation ne s'arrangea pas lorsqu'ils rentrèrent au Square Grimmaurd.

Potter était installé à la table de la cuisine et lisait d'un air contrarié la Gazette du Sorcier. Le quotidien était tombé entre les mains d'un partisan de Voldemort, et elle ne donnait plus que des informations erronées, voir complètement imaginées.

Drago déposa tous les sacs de courses sur la table et s'installa à côté de lui, tandis que Ginny prenait place en face. Elle ne parlait toujours pas et avait le regard dans le vide. Elle semblait réfléchir ou peut-être ressassait-elle ce qu'elle venait d'entendre ?

—Avec tous ces sacs, j'imagine que la maison de Sirius va ressembler à celle du père noël, sourit Harry en levant le nez de son journal.

—Ouais, grogna Drago. J'ai fait ma B.A., je te laisse accrocher les guirlandes.

Harry leva les yeux au ciel mais finit par hocher la tête. Après tout, il adorait noël.

—Dire que noël est déjà dans trois semaines. Notre dernier avant de devenir parents, ajouta-t-il en tendant la main vers Ginny d'un air protecteur.

Mais sa femme ne l'avait pas vu, elle était complètement plongée dans ses pensées. Quand elle sentit la main de Harry sur la sienne, elle sursauta brusquement.

—Ça va ? demanda Harry, surpris ?

Ginny ne répondit pas. Avant même que qui que ce soit pu réagir, elle éclata en sanglot. C'était un spectacle misérable et poignant. Ginny était toujours si forte, celle sur qui on pouvait compter, et voilà que ses beaux yeux se remplissaient de larmes. Harry se retrouva à côté d'elle en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Il semblait complètement désemparé et déstabilisé.

—Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai dit quelque chose qui n'allait pas ?

Il était totalement alarmé, et la situation aurait pu être drôle – le grand Harry Potter perd ses moyens devant une femme enceinte – mais les sanglots de Ginny enlevèrent à Drago toute envie de rire. Sa gorge nouée l'empêchait visiblement de parler, aussi ce fut Drago qui prit la parole.

—On est allé voir une voyante, pour rire…

—Ce n'est jamais drôle, la voyance, répliqua Harry.

Il savait de quoi il parlait, une prophétie avait régit sa vie entière.

—C'était chez les moldus, Potter, elle devait avoir autant de pouvoirs divinatoires que toi et moi.

—Qu'est-ce qu'elle vous a dit ?

—Je suis sûr qu'elle disait ça comme ça, on se moquait un peu d'elle, ça a dû la vexer.

—Drago… menaça Harry.

Il ne voulait pas inquiéter Harry, Ginny était déjà dans un lamentable état, il n'était pas nécessaire de mettre le futur père dans le même bateau. Mais les pleurs de Ginny redoublaient, et Harry ne savait pas quoi faire, alors Drago lâcha le morceau.

—Elle a dit que Ginny ne serait pas mère longtemps.

Un silence s'abattit dans la pièce.

—Mais ça ne veut rien dire, qu'est-ce qu'elle en sait, cette fille ? tenta Drago.

Harry s'assit finalement à côté de Ginny et la prit dans ses bras. Doucement, il la berça, la serrant contre lui comme si elle avait été le plus beau trésor du monde. Drago se sentit soudainement de trop dans cette cuisine, comme le voyeur pervers d'un couple qui voudrait être seul.

Ginny et Harry avaient vécu beaucoup de choses, surmonté beaucoup d'obstacles, mais aujourd'hui ils étaient heureux, et Drago les enviait pour ça. Il aurait aimé être heureux lui aussi, il aurait aimé serré Livia dans ses bras, et poser ses mains sur son ventre rebondi. Il aurait aimé parlé au bébé, à son fils ou à sa fille, mais il ne le ferait jamais.

Drago décida de les laisser tous les deux et quitta la cuisine à pas de loup. Il était encore dans le couloir quand il les entendit ajouter :

—Ginny, ne t'en fais pas pour ça, cette voyante n'en savait rien, tenta de la rassurer Harry.

—Qu'est-ce que tu en sais ? hoqueta Ginny entre deux sanglots.

—Parce que nous sommes en sécurité ici, je m'occuperai de toi et de notre fille. Il ne vous arrivera rien.

—Oh, Harry, et si… si il se passait quelque chose d'horrible, comme pour Livia et Drago…

Drago sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. Elle avait raison, personne n'était à l'abris. Il l'avait cru lui aussi, mais quand il était rentré ce soir-là, il avait vite déchanté : personne n'était hors de danger. Alors, il entendit Harry prendre la décision que lui-même aurait dû prendre depuis longtemps.

—Je ne veux plus que tu sortes du Quartier Général, Gin, murmura Harry d'une voix douce. Il te reste un mois de grossesse, tu vas le passer ici, au calme. Il ne faut pas t'en faire, ce n'est bon ni pour toi, ni pour le bébé. Fais-moi confiance, chérie, tout va bien se passer.

Et Drago de se dire qu'il aurait aimé être l'auteur de ce beau discours. Dans une autre vie, avec une autre femme, il aurait aimé prononcer ces paroles, promesses de sérénité et de bonheur. Parce qu'il savait qu'Harry mettrait tout en œuvre pour maintenait Ginny et sa fille en vie. Tout comme Drago l'aurait fait, s'il ne s'était pas cru au-dessus des lois.


Voilà voilà ! J'espère que ce chapitre vous a plu, on n'y voit pas trop Hermione, mais c'était quand même important, il fallait poser quelques éléments. J'espère que la relation entre Drago et Ginny vous plait, parce que c'est la première fois que je fais ça et moi, j'aime bien haha. Voilà, n'hésitez pas à commenter, en attendant le chapitre suivant, ce week end ! Je vous embrasse, et surtout portez-vous bien.