The red moon
Disclaimer : les personnages appartiennent à Stéphanie Meyer, sauf certains qui viennent tout droit de ma propre imagination débridée.
Remarque : Cette fanfiction met en scène des relations amoureuses entre hommes, donc si cela ne vous plait pas, passez votre chemin.
NdA : Salut salut!
Me revoila pour le 4e chapitre de ma fanfiction qui, on peut le dire, est surtout un chapitre qui sert de transition. Pour cette raison et pour ne pas vous laissez sur votre faim, je vais publier le chapitre suivant demain ou après demain. ;) N'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez, un petit commentaire ça fait toujours plaisir!^^
Bonne lecture :D
Chapitre 4
Alice Cullen se massait les tempes en grimaçant.
- Rien, je ne vois rien ! Siffla-t-elle, énervée.
Assise à la table de la cuisine depuis plusieurs heures déjà, la jeune femme essayait d'avoir une vision sans obtenir de résultat. Mais elle ne voulait pas abandonner. La chose inconnue qu'elle cherchait mettait peut-être sa famille en danger, elle se devait de la découvrir.
Jasper prit une chaise et s'assit à côté d'elle.
- Tu en fais trop ! On ne te demande pas non plus de passer tes journées à ça. Tu vas finir par attraper une migraine.
- J'ai déjà une migraine, soupira Alice.
- Alors arrête, insista Jasper. Allons plutôt chasser…
- Je n'ai pas faim.
- Sortons faire un tour, dans ce cas, dit le vampire en attrapant sa bien aimée par le bras.
Il n'eut aucun mal à la sortir de la maison malgré ses protestations tonitruantes. Alice gesticula dans tout les sens avec mauvaise fois, jusqu'à ce que Jasper ne l'attrape par la taille et la lance sur son épaule sans ménagement.
- Qu'est-ce que tu peux être agaçant, quand tu t'y mets, bougonna-elle.
- Moi aussi je t'aime mon cœur, rétorqua Jasper avec un sourire.
Un soleil froid brillait haut dans le ciel bleu parsemé de nuage. Ses rayons n'arrivaient pas à réchauffer l'atmosphère dont la température ne dépassait pas zéro degrés.
Alice ne regretta pas d'être sortit, et sa migraine se calma légèrement. Elle marcha avec Jasper dans la forêt en bavardant pendant plus d'une heure avant de rentrer au pavillon.
Les Denali venaient de finir leur installation provisoire. Ils avaient presque tout perdu, à part quelques bibelots retrouvés au milieu des restes calcinés de leur maison.
Soudain, Alice se figea. Un bourdonnement bien connu dérangeait son esprit, signe que son don cherchait à se manifester. Alice ouvrit son esprit pour recevoir la vision.
Une image apparut dans son esprit. D'abord trouble, elle se précisa lentement.
La jeune femme survolait la montagne. Elle reconnut sans peine les Alpes, un lieu où elle était déjà allée à plusieurs reprises.
Soudain, sa vision changea et elle se retrouva au milieu d'une foule de vampires. Alice observa une gigantesque panthère au pelage doré qui feulait méchamment se transformer soudainement en humain.
La jeune femme fit aussitôt la parallèle avec les loups garous de la réserve. Panthère garou ? songea-t-elle, surprise. Au milieu des vampires ?
Elle comprit vite que ce félin n'était pas le seul garou en apercevant un loup qui ressemblait furieusement a Sam. Il ne semblait pas gêné par la proximité des vampires. Etait-il seulement méfiant ?
L'image disparut et trois s'enchaînèrent rapidement. Alice ne les comprit pas.
Puis, une dernière image. La jeune femme aperçut une gigantesque assemblée devant un promontoire, avant de revenir à la réalité.
Éprouvée par sa vision, elle se laissa choir sur le sol, analysant ces images troublantes.
- Alice qu'as-tu vu ? Questionna Jasper.
Il s'accroupit à côté de sa bien aimée et la fixa d'un air soucieux.
La jeune femme remarqua avec surprise que la totalité de son clan était rassemblée autour d'elle et la regardait. Elle avait pourtant eu l'impression que sa vision n'avait durée qu'une seconde…
- Qu'est-ce que c'était que tous ces vampires ? demanda Edwards en fronçant les sourcils.
- Et des panthères et loups garous, précisa Alice. J'ai vu… Les Alpes d'abord. Puis, je me suis retrouvée dans une foule de vampires. J'ai cru voir Sam parmi eux, mais je ne pourrais l'affirmer. Et ensuite, j'ai vu un rassemblement d'au moins cinq cent personnes. Je crois qu'il ne s'agissait que de vampires et de garous…
- C'est impossible, déclara Carliste, troublé. Qu'est-ce qui pourrait pousser cinq cent vampire à se rassembler ?
- Et des garous, répéta Alice.
- Encore plus étrange, fit remarquer Rosalie. Déjà, il faudrait admettre que les Quileutes ne sont pas les seuls loups garous, et ensuite vous voyez vous, des loups garous et des vampires ensembles ?
Un silence révélateur s'installa.
- Oh, ne vous emballez pas. Mes visions sont loin d'être fiables…
- Ça ne change rien. Ce rassemblement est une éventualité à envisager.
- En ferons nous partis ? Demanda Renesmée.
Alice haussa les épaules.
- Je ne l'ai pas vu. J'ai cru reconnaître Sam, comme je vous l'ai dit.
- Et bien, Alice, je pense que ta vision soulève plus de questions qu'elle n'en résout, s'esclaffa Carliste.
- Normal, puisqu'elle ne répond pas du tout aux interrogations qu'on c'est posé, rétorqua la jeune femme. On ne sait toujours pas d'où viennent tous les vampires qui migrent aux Etats Uni et au Canada.
- Il faut que nous en parlions aux Quileute, soupira Bella. Je crois qu'on est pas prêt d'arrêter de s'inquiéter.
- C'est à cause de ton incroyable don pour attirer les ennuis, plaisanta son mari.
La jeune femme lui donna une petite tape sur l'épaule en souriant mais la plaisanterie ne parvint pas à détendre l'atmosphère.
Caïus attendit patiemment que les vampires présents dans la salle du trône se calme. Il venait de terminer son rapport et tous les Volturi s'étaient mis à parler en même temps. Aro, qui avait pourtant déjà entendu une partie de l'histoire, racontée par les quatre vampires que Caïus avaient envoyé plus tôt, semblait troublé par le récit de son frère.
- Avant de prendre une décision, nous devons examiner les informations récoltées, déclara faiblement Marcus.
Aro acquiesça.
- J'aimerais me retirer dans mes appartements, intervint Caïus.
Il n'avait pu se laver en rentrant et comme tous ses gardes, il portait encore sur lui l'horrible odeur qu'il avait pris pour pouvoir se promener en toute impunité près du camps des loups garous. Ses habits étaient déchirés et ses cheveux ébouriffés. Enfin bref, il n'avait rien de très royal pour le moment.
- Vous me ferez part de vos découvertes lorsque je reviendrai, dit le vampire avant de se diriger vers la sortie. Ah, et j'imagine que tous les gardes qui m'ont accompagné souhaite eux aussi prendre un bain. Faites donc travailler les autres.
Sinon la salle des trônes va sentir horriblement mauvais pendant des semaines, ajouta-t-il pour lui même.
Le vampire arriva rapidement aux appartements qu'il partageait avec sa femme. Il ne fut pas surpris de les trouver désert, étant donné qu'Athenodora était dans la salle des trônes.
Il laissa tomber ses vêtements au milieu du salon, souhaitant se débarrasser le plus vite possible de ces immondices, avant de se diriger vers la salle de bain. Le fondateur ignora son reflet dans le miroir et entra dans la douche. Dès que l'eau se mit à couler sur son corps, il se détendit.
Tout le monde était rentré saint et sauf. Un énorme poids qu'il n'avait même pas eu conscience de porter disparut soudain de ses épaules et il souffla de soulagement. Mais cette histoire n'avait pas fini de faire parler d'elle…
Caïus frotta son corps jusqu'à la disparition de toute odeur suspecte et lava plusieurs fois ses cheveux blonds. Il sortit ensuite de la douche, apaisé.
Comme d'habitude, il s'énerva sur ses cheveux en démêlant les nombreux nœuds qui s'étaient glissés dedans, puis il retourna dans le salon. Ses vêtements sales et déchirés avaient été remplacés par des propres.
Caïus apprécia le contact du tissus frais sur sa peau. Il ne bougea pas pendant plusieurs minutes, savourant simplement le fait d'être chez lui. Tout aurait été parfait si sa gorge ne le brûlait pas violemment. Il n'avait pas mangé depuis plusieurs jours et sa soif commençait à devenir insupportable.
Le fondateur se résolut à retourner vers la salle des trônes et vers tous ses problèmes. Aro avait sans doute pris connaissance de tous les documents à présent.
- … attendre la lune rouge, entendit-il en entrant dans la salle.
- C'est dans quatre mois ! Il nous reste encore un peu de temps.
Caïus se racla la gorge pour attirer l'attention des vampires de la salle.
- Alors ? questionna-t-il.
- La plupart des documents sont des plans de bataille. Ces montres comptent bien attaquer les vampires, marmonna Aro d'un ton lugubre. Ils veulent se venger de leur mise à l'écart depuis des milliers d'années, et de leur progressive déchéance aussi. D'après un registre de recensement, ils sont plus d'un millier…
Caïus ne fut même pas surpris. Il se contenta de fermer les yeux d'un air résigné.
- Et qu'attendent-ils ? Pourquoi n'ont-ils pas attaqué ?
- La lune rouge. Ils attendent la lune rouge. Ce jour là, ils seront au sommet de leur force. Ils comptent s'éparpiller sur les cinq continents pour tuer tous les clans de vampires, et les monstres comme les amis loups des Cullen.
- La lune rouge augmente leur force ? Je pensais qu'il s'agissait d'une légende !
- Apparemment pas…
- Donc, qu'est-ce qu'on fait ? questionna Caïus.
Le silence s'installa dans la pièce.
- Je vois, soupira le vampire.
- C'est assez compliqué à gérer comme situation, fit remarquer Aro. Comment agir ? On ne connaît ni leur force, ni leurs techniques.
- On ne peut rien faire, ils sont trop nombreux, trancha Marcus.
- Oui, mais si on ne fait rien, on va tous mourir, rétorqua Caïus.
- Alors dis nous quoi faire, mon frère.
Caïus leur jeta un regard incrédule. Il était rentré en étant persuadé que ses frères – plus agés – aller trouver la solution miracle, mais il n'en était rien.
Il resta silencieux. Il n'avait rien à proposer. De plus, la soif dévorante qui occupée toutes ses pensées l'empêchait de réfléchir correctement.
Aro dut s'en rendre compte, puisqu'il repoussa la séance au lendemain.
- Nous vous avons gardé quelques mets de notre dernier repas, indiqua le fondateur avec un sourire indulgent. Ils sont aux cachots.
Un frisson d'anticipation parcourut Caïus et ses yeux devinrent noirs comme l'encre. Il se glissa parmi les vampires qui sortaient de la salle.
Bientôt, des hurlements retentirent dans tout le château.
Le protecteur s'arrêta soudain et regarda autour de lui.
Il se trouvait au milieu d'une plaine de plusieurs kilomètres de diamètre entourée de montagnes escarpées.
Ici, c'est parfait, pensa-t-il, satisfait.
Seth était accroupi dans la neige froide sous sa forme de loup, les oreilles plaquées en arrière. Caché dans les fougères, il attendait…
Soudain, il bondit en avant et percuta un vampire de plein fouet. Celui-ci tomba au sol et roula sur plusieurs mètres. Avant qu'il n'est pu esquisser le moindre geste, Seth l'écrasa de tout son poids. Il retroussa les babines sur ses longs crocs et grogna méchamment.
Le vampire se mit alors à enchaîner des phrases incompréhensibles à toute vitesse en gesticulant dans tous les sens. Surpris, Seth cessa de grogner. Son attitude moins menaçante n'arrêta pas l'individu pour autant.
Ce dernier continuait inlassablement de parler, affolé.
Comprenant que ce vampire n'était pas un danger, Seth l'attrapa par le t-shirt et le traîna jusqu'à la réserve, où la plupart des loups garous devaient se trouver.
Il déposa le corps aux pieds de son chef et haleta pour reprendre son souffle, épuisé par l'effort qu'il venait de fournir. Sam et deux autres loups arrivèrent quelques instants plus tard en grognant méchamment.
Qu'est-ce que c'est que ce vampire ? questionna Jacob.
Trouvé sur notre territoire, déclara solennellement Seth. Je lui ai tendu une embuscade et il s'est fait avoir comme un bleu.
Sam dispute parce que tu l'as ramené ici, dit Jacob.
Il n'avait pas l'air méchant…
Et alors ? c'est très facile de jouer la comédie, rétorqua son chef.
Personne n'était là lorsque je l'ai capturé, se défendit le jeune homme. J'aurais dû attendre que l'un de vous se transforme pour l'informer ?
Oui, répliqua Jacob. Qu'est-ce qu'il baragouine ? demanda-t-il en reportant son attention sur le vampire.
Ch'ais pas, il parle une autre langue.
Comme la dernière fois, fit remarquer Jacob, soudain plus intéressé par l'individu devant lui.
Ce dernier fit mine de se redresser mais Sam lui lança un grognement d'avertissement. Le vampire répondit par d'autres paroles incompréhensibles.
Les Cullen seront peut-être à même de le comprendre, suggéra Seth. Edwards m'a dit un jour que son père comprenait plus de quarante langues différentes !
Sam grommela.
Seth savait qu'il n'aimait pas s'en remettre aux vampires.
Les habitudes ont la vie dure, soupira Jacob en écho à ses pensées.
Seth approuva.
Son chef de meute se chargea de transporter le vampire récalcitrant jusqu'au Cullen et Seth ressentit une pointe de jalousie en remarquant que celui-ci n'était même pas essoufflé en arrivant là bas.
Lorsque leur captif aperçut d'autres vampires, il leur fit de grands signes et leur lança des appels.
Cet individu était vraiment loufoque.
- pomogite mne! Cria-t-il.
Bella et Alice jetèrent un coup d'œil perplexe au vampire.
- Qu'est ce qu'il dit ? demanda Bella à son mari qui venait d'arriver.
- Je ne sais pas, je ne parle pas Russe. Carliste si.
Le vampire blond arrivait d'ailleurs. Il chercha aussitôt à engager la discussion avec le vampire paniqué mais ce dernier continuait de crier.
En désespoir de cause, Emmett lui donna un gros coup sur la tête.
Le russe se calma aussitôt et leur jeta un regard ahuri.
Quelques personnes retinrent un sourire et Seth secoua légèrement la tête pour exprimer son amusement.
- kto ty ? demanda le vampire.
Carliste répondit d'un ton apaisant. Puis, il lui poser une question auquel l'étranger répondit d'un ton triste. Edwards retint une exclamation surprise et son père devint grave.
- Que ce passe t-il ? demanda Alice.
- Je sais la raison de ta vision Alice, murmura Edwards d'un ton atone. Ce rassemblement, c'est pour faire face à une armée de loups garous.
Seth le regarda d'un air incrédule.
Une armée de loups garous ?
- Pas des loups garous comme vous, expliqua le vampire. Des vrais loups garous. Des enfants de la lune.
- Une armée ? répéta Bella d'un air horrifié.
- Oui, apparemment ils ont chassé tous les vampires de Russie. Ceux-ci ont été obligés de migrer vers d'autres contrées.
- Pour ça qu'on c'est fait attaquer ! s'exclama Emmett en comprenant soudain. Quelques clans Russe sont réputés pour être de vrai machine à tuer. Ils cherchaient un nouveau territoire.
- Et plutôt que de s'en créer un, ils ont voulu nous prendre le notre, compléta Rosalie d'un ton furieux.
- Les Volturi le savent-il ? questionna Jasper.
- Sommes-nous concernés par la menace ? Demanda Bella.
- Il me semble évident que nous sommes menacés par cette armée. Sinon, Alice n'aurait pas eu cette étrange vision.
Démunis face à une situation qui les laissait perplexe, les vampires aux yeux dorés et les loups restèrent silencieux durant de longues minutes.
- Attendons de voir comment les choses évoluent, décida finalement Carliste. Avec un peu de chance, nous aurons bientôt des nouvelles de nos amis Volturi. Ils ont beau être les pires des usurpateurs, ils ne resteront pas sans bouger face à une telle menace.
- Qu'est ce qu'on fait du vampire ? demanda Jacob en redevenant humain.
Seth se retransforma lui aussi.
- Laissez le tranquille, il a l'air sympa, plaida le jeune homme. Dites lui de sortir de notre territoire, voilà tout.
Ce vampire était un drôle d'énergumène mais il n'était pas dangereux. Carliste et Sam approuvèrent les paroles du second de Jacob.
- Au fait, Seth. Bon travail, le félicita son chef.
Le jeune homme rosit de fierté et sourit gaiement à l'assemblée. Il se mit alors en tête de raconter à tout le monde la manière avec laquelle il avait tendu un piège à ce vampire maladroit.
Aleksei ne broncha pas lorsqu'un pied botté renversa le contenu de son seau sur le sol. A quatre patte, il n'aurait de tout manière rien pu faire. L'eau arrosa ses genoux et ses mains gercées.
Le jeune homme releva la tête pour poser ses yeux gris sur l'immense colosse qui le surplombait de toute sa taille. Un conseiller général. Un des spécimens les plus féroces…
- C'est toi qui est chargé de nettoyer la salle du conseil, n'est ce pas ? gronda le géant.
Aleksei hocha la tête en signe d'acquiescement.
- Alors comment ce fait-il que l'odeur y soit insupportable ? hurla-t-il.
- Je suis désolé, je suis pourtant sûr d'avoir tout nettoyé correctement la dernière fois, murmura le jeune homme en rentrant sa tête dans ses épaules.
- Tu n'es qu'un incapable ! Trop faible pour être un bon combattant, trop stupide pour être un bon stratège, et même pas capable de tenir un balais correctement.
Aleksei baissa la tête et attendit que l'orage passe. Il ne comprenait vraiment pas ce qui avait pu arriver. Il n'avait pourtant sentit aucune odeur suspecte lorsqu'il était sorti de cette tente tout à l'heure.
- Je vais aller nettoyer ça, marmonna-t-il d'un ton neutre.
- Maintenant ! rugit le colosse avant de quitter la tente.
Aleksei soupira en regardant le sol inondé par l'eau sale. Il était bon pour tout recommencer.
Le jeune homme se redressa et ramassa son seau. Il replaça une mèche de cheveux noir derrière son oreille d'un air distrait puis sortit de la pièce en prenant soin d'éviter d'aggraver les dégâts.
Il se dirigea vers la tente du conseil d'un pas lourd. Comme à son habitude, il marcha les yeux baissés vers le sol, souhaitant se fondre dans la masse des passants.
Lorsqu'il souleva les battants du pavillon du conseil, Aleksei se figea brusquement et se sentit rougir de honte. Une vingtaine de conseillers au visage hautain braquèrent leurs yeux sur lui durant une seconde avant de retourner à leur débat.
Les joues en feu, Aleksei chercha des traces expliquant la présence de cette horrible odeur qui le prenait à la gorge.
Après quelques minutes de recherche vaine, il se résolut à donner l'illusion de nettoyer une tache quelconque. Il posa donc son seau sur le sol et commença à frotter au hasard des taches imaginaires.
La honte menaçait de le submerger à chaque instant.
Le nettoyeur maudit encore une fois ce corps trop faible à l'origine de son humiliation constante. Il aurait dû devenir un loup garou fort et puissant. Ses parents avaient dépensés beaucoup d'argent dans son éducation pour qu'il se démarque des autres.
Mais voilà, même s'il y mettait tout son cœur, son corps ne suivait pas. Et comme si cela ne suffisait pas, sa dyslexie l'avait toujours empêché d'apprendre à lire.
Son maître de combat avait finit par l'envoyer chez les nettoyeurs. La tache au combien humiliante confiée aux incapables comme lui.
Son attention fut attirée par les propos des conseillers. Ils parlaient de la guerre approchant.
- … Ne vont pas rester sans rien faire ! Dès qu'ils auront connaissance notre présence ici, ils réagiront et…
- Mais que veux-tu qu'ils fassent ? Tu oublies que les vampires ne se déplacent que par petit groupe. Nous les anéantirons un à un, voilà tout.
- Ne vous montrez pas trop sûr de vous, nos légendes disent que les vampires nous ont déjà défait une fois par le passé, et même s'ils n'ont gardé aucun écrit de cet événement, il se pourrai qu'il aient un botte secrète…
- Même nous, nous ne savons presque rien de cette ancienne guerre qui nous a opposé, comment pourraient-ils découvrir des informations ? Elles ont disparu. Et sans elle, les vampires ne peuvent rien…
Aleksei, captivé par le discours des conseillers, avait tourné les yeux vers eux et les regardaient maintenant fixement sans travailler.
Il croisa le regard sombre d'un des hommes présents et comprit qu'il était tant de quitter la pièce. Ce qu'il fit sans attendre.
Le jeune homme caressait le doux rêve de devenir le héros de cette guerre à venir. Peut-être qu'ainsi, ses parents seraient fiers de l'appeler « fils. ».
Aleksei se débarrassa de ses équipements de nettoyage dans la tente prévue à cet effet avant de se diriger vers une cantine. Il jeta un coup d'œil envieux au terrain d'entraînement où se tenait en ce moment même un cours de lutte et manqua de percuter une jeune louve. Il s'excusa précipitamment avant de continuer sa route.
Le jeune homme zigzagua adroitement entre les nombreux passants et disparut dans une immense tente aux couleurs flamboyantes.
Après avoir patiemment attendu son tour, il attrapa un plateau repas déjà préparé et chercha ensuite une table libre.
Aleksei n'avait jamais eu d'ami. Ici, où l'apparence comptait plus que tout, personne ne voulait être l'ami d'un nettoyeurs. Et lui-même refusait la compagnie des autres nettoyeurs, pour ne pas que les loups garous se moquent de ses fréquentations.
Le jeune homme espérait se sortir de cette situation dégradante et devenir un vrai soldat, fort et puissant comme son père…Pour se faire des amis, il n'avait pas d'autre choix que de devenir plus fort.
Le loup garou posa sa sacoche verte à côté de lui et commença son repas sans entrain.
Quelques minutes après son arrivée, un groupe d'adolescents décida de s'inviter à sa table.
Aleksei reposa sa fourchette d'une main tremblante et fit face à Dereck et sa bande de chien. Le jeune homme ne pouvait pas s'enfuir, coincé entre le groupe, le mur et la table.
- Qu'est-ce que tu veux, Dereck ? soupira Aleksei d'une voix qu'il espérait ferme.
- Pourquoi ce ton si froid avec nous ? demanda celui-ci, faussement étonné. N'es-tu pas content de nous voir ? Ce n'est pas habituel pour toi d'avoir de la compagnie, tu devrais en profiter.
Aleksei l'ignora. Il subissait depuis toujours les quolibets de ces adolescents, et avait appris à les ignorer.
Le nettoyeur se leva finalement et se dirigea vers la sortie, son plateau entre ses mains. Un des garçons lui fit un croche-patte et Aleksei s'étala sur le sol, éparpillant le contenu de son plateau dans la cantine.
Le jeune homme se redressa sans un mot, les yeux rivés vers le sol. Un cuisinier l'attrapa par le bras et lui fit signe de sortir de la cantine, le regard emplis de compassion. Sans le remercier, Aleksei quitta la tente. Il s'adossa un instant contre celle-ci et observa la coupure qui traversait la paume de sa main. Il avait dû se réceptionner sur son couteau en tombant.
Avisant ses vêtements salis par la nourriture, il décida de se rendre aux bains. Il se déshabilla prestement, jeta un coup d'œil méprisant à son reflet dans une glace, dénigrant son corps trop maigre et sans muscle, avant d'entrer dans l'eau.
Il prit garde à ne pas s'approcher du milieu du bassin où des charbons brûlants maintenant l'eau à une température agréable.
Il barbota longtemps, ruminant les derniers événements de la soirée. Loin d'être rasséréné lorsqu'il sortit de l'eau, le jeune homme se sentait maussade. Il avait simplement envie d'aller se coucher, alors qu'il lui restait encore la moitié de la nuit devant lui.
Mais ils avaient encore beaucoup de chose à faire avant d'avoir fini sa journée.
Courage, se dit il. Dans quatre mois tout sera fini et tu pourras retrouver une vie normal.
Il voulait voir les vampires défaits et avait hâte que les loups garous leur montrent qui étaient les plus forts, mais une fois la guerre finit, il comptait bien retrouver une vie simple. Voilà plusieurs années à présent qu'il était coincé ici. Ces parents avaient été dans les premiers à s'installer dans ce campement et ils y étaient restés depuis.
Jane soupira en regardant Audrick pour la énième fois. Assise devant une partie d'échec avec Felix, son attention avait été attirée par le vampire qui se trouvait à l'autre bout de la pièce, plongé dans un roman apparemment palpitant.
Audrick dut sentir le regard de Jane sur lui, puisqu'il releva la tête et croisa son regard. Il s'empourpra aussitôt et se reconcentra sur son livre.
Agacée, Jane le foudroya du regard.
Elle reporta ensuite son attention sur Felix pour lui faire une remarque sur sa lenteur à jouer, lorsqu'elle vit que le vampire la regardait.
- Tu connais Audrick ? questionna-t-il.
- Il faisait parti de mon groupe l'autre jour, expliqua Jane en haussant nonchalamment les épaules.
- C'est quelqu'un de sympa. Il est plus fort qu'on ne pourrait le penser au premier abord. Je l'ai eu dans mon équipe une fois. On serait tous mort sans lui… Même s'il a fait tellement de gaffe que j'ai cru que j'allais le tuer moi même avant la fin de la mission.
Jane jeta un regard intrigué au vampire.
- Pourquoi tu me dis ça ?
- Parce que tu sembles t'intéresser à lui…
Jane éclata de rire.
- Non, bien sur que non. Pas moyen.
- Pas assez royal pour toi, sourit Felix d'un air amusé.
- Exactement, rétorqua Jane avec suffisance.
Alec les rejoignit à cet instant, coupant court à leur conversation. Jane sentit aussitôt l'odeur de sa soit disant petite amie sur lui et pinça les lèvres. Elle était très jalouse d'avoir à partager son frère. D'ailleurs, Elle avait déjà mis plusieurs plans en place pour faire souffrir cette femme…
- Arrête Jane, dit Alec. Tu ne lui feras pas de mal parce que ça me rendrait très triste.
La jeune femme soupira d'un air ennuyé mais ne fit pas de commentaire.
- Bon Felix, tu te dépêches de bouger ton fichu pion ? Sinon on devra retourner dans la salle du trône avant que j'ai gagné, dit Jane, agacée.
- Qu'est ce que vous pensez que nos rois vont décider ? questionna Alec.
- Aro va chercher à leur tendre un piège, Marcus préfèrera rester là à attendre et Caïus voudra les attaquer directement pour en faire de la charpie, ricana Felix.
- ça m'étonnerai, le contredit Jane. Caïus a très bien vu que nous mourrions tous si nous attaquions.
- Bah, on est le clan de vampire le plus fort du monde, ce n'est pas une bande de loups garous galeux qui va nous arrêter, fanfaronna le garde.
- Tu dis ça parce que tu n'y étais pas, marmonna Alec. Je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie, avoua-t-il.
- Si on les attaque, il nous anéantisse, point final, déclara Jane. Ça ne marchera pas. Si on reste ici à rien faire, on va tous mourir et je ne vois pas comment tendre un piège à un millier de loups garous.
- En gros, peu importe ce qu'on choisit, on est mal, soupira Alec.
Les deux autres acquiescèrent en silence.
Felix bougea enfin sa dame tel que Jane l'avait espérée et elle lui prit avec son cavalier en souriant d'un air moqueur.
- échec et mat, claironna-t-elle.
Felix gémit de dépit et s'adossa dans son fauteuil.
- Tu m'énerves à toujours gagner comme ça, grogna-t-il.
- C'est parce que je suis plus intelligente que toi, voilà tout, dit elle avec un sourire angélique.
Le garde lui jeta un regard meurtrier qui alluma une lueur dangereuse dans les yeux de Jane. Tout deux se défièrent du regard durant plusieurs secondes.
- Bon ça suffit là, siffla Alec. On a d'autres problèmes à régler que des combats entre gardes. La séance va reprendre, allons y.
Les trois vampires quittèrent leur fauteuil et se rendirent rapidement jusqu'à la salle du trône pour assister à la suite des discussions. Leur avenir dépendaient de ce débat, il le savait parfaitement.
Mais loin d'être inquiété, la perspective d'un combat sanglant excitait Jane. Enfin un peu de nouveauté dans ce monde parfaitement réglé ! voilà qui allait être amusant.
