Chapitre 7
La scène de fermeture
Naruto tenta de rejeter Madara. Mais il était plus fort. Ses bras fragiles et fins ne pouvaient rien faire face au torse menaçant de l'homme, qui se serrait à lui. Il tenta de pousser un cri. Mais une main l'empêchait de produire le moindre son. Il sentit une pression le long de sa gorge : on l'étouffait. Ses yeux se mirent à pleurer. Madara cessa d'exercer sa force et poussa Naruto. Il s'écroula au sol, toussant. Madara le chevaucha aussitôt, l'immobilisant sans aucun problème. Le jeune garçon fixa, de deux yeux angoissés, apeurés et presque révulsés le regard de l'étoile du club.
-Tu peux crier. Personne ne t'entendra. Personne ne viendra te sauver. Tu entends cette musique ?
Il marqua un silence, aussitôt couvert par les basses assassines du club.
-Ce soir, tu es sous l'eau, Naruto-kun. Et personne ne remarquera les bulles à la surface, lorsque tu hurleras à la mort.
Madara serra brutalement les poignets de Naruto qu'il plaqua sauvagement sur le sol.
-Non…Non…
Naruto exerçait toute la force dont il était capable pour rejeter son attaquant. Mais, lorsque sa bouche obscène se plaqua contre les veines de son cou, il poussa un cri déchirant. Madara planta ses canines au travers de la délicate peau de Naruto : il se mit à saigner, mais l'assaillant avait sembla t-il été habitué à ce mode d'opération. Il ne saignait pas assez pour une hémorragie, mais assez pour souffrir. Ainsi, la plaie était d'autant plus effrayante. Le sang coula le long des lèvres de Madara.
-Pourquoi faites-vous ça…Madara… ?
Doucement, Madara releva le visage vers sa victime.
-Pourquoi est-ce que je vais te violer ?
Naruto hocha la tête, le regard vide, les lèvres entrouvertes. Des larmes coulant le long de ses splendides joues.
Des joues brisées. Comme celles des enfants qu'on punit.
-Nous verrons bien sa réaction lorsqu'il comprendra que tu n'es qu'une traînée, qui se laisse faire.
Madara sourit. Naruto prit peur, son cœur défaillait en son torse. Il refusait. Non. Il ne voulait pas qu'on le touche, pas là. Non, pas ces doigts là. Pas cette langue, beaucoup trop longue. Il cessa toute résistance lorsqu'il comprit qu'il ne gagnerait pas. Il se mordit les lèvres si fort qu'un filet de sang s'échappa, et s'écoula sur la moquette rouge de la loge.
Madara avait déshabillé Naruto avec violence, et celui-ci en avait profité pour tenter de s'enfuir, rampant sur le sol avec rapidité. Il donna une puissante gifle au jeune garçon, qui s'écroula. Naruto, nu, gémissant et faible face à la puissance de Madara, convoitant l'espoir de pouvoir trancher la gorge d'un renard un peu trop familier à son goût.
Madara bloqua toute possibilité à Naruto de s'enfuir. Sur le sol même, il menaçait Naruto de son sexe. Le jeune homme, les sourcils froncés, pleurant et tremblant subissait une torture d'autant plus forte que son assaillant se faisait lui-même languir. Le sadisme du grand danseur était à couper le souffle. Alors, il le prit.
Naruto serra les poings et hurla. Une fois de plus, il tenta de se débattre : peine perdue.
-Je t'ai pourtant dit qu'il était inutile de crier, comme ça, mais tu peux continuer c'est agréable.
Without emotions
Without feelings
Orochimaru ouvrit la portière à Sasuke. Il sortit, regardant attentivement tout détail de ce bâtiment. Les lumières à l'étage. Le néon. Les gens qui rentraient. Orochimaru poussa la porte, et il le suivit.
Sasori, Deidara et Gaara venaient de terminer leur prestation. Sasuke reconnut vaguement le jeune garçon qui était avec eux. Il ne se rappela pas de son nom, mais son visage lui rappelait quelque chose. Il ne chercha pas plus loin. Il s'assied dans un canapé de cuir aux côtés de son nouveau patron, sans rien dire. Il scruta toute la foule. Il ne reconnut personne d'autre. Il ne voyait rien. Il se sentait comme happé dans un tourbillon d'inconnus, d'hommes pervers. Il n'était pas de ce monde. Sa tête lui tournait, il n'avait pourtant pris aucune drogue, bien qu'Orochimaru lui ait proposé de la cocaïne dans la limousine. Il avait refusé. Il utilisait le fait que cet homme ait besoin de lui pour assouvir son propre besoin de savoir. La vérité, avait dit l'homme, la vérité se trouve derrière ces grandes portes teintées. Le Vinyle Rouge t'apportera la réponse, la vengeance et la résolution à tous tes problèmes.
If you want it in your ass as I spit in your face
Face down on the floor holding you by your neck
Madara baisait Naruto comme un dingue. Comme s'il s'agissait d'un objet, non. Il était devenu l'objet. Naruto se mordait toujours les lèvres, et c'était un véritable massacre. Il ne saignait plus, sa bouche pissait littéralement du sang. Il avait du s'ouvrir quelques veines. Il soufflait, brutalement, désarticulé, face contre terre. Madara donnait des coups de reins violents, et sa verge entrait et sortait de Naruto dans un rythme horrifiant. Les lèvres entrouvertes, ce dernier était en état second, en proie au vicieux plaisir qu'il se donnait là dans cette loge. D'un geste, il bloqua d'avantage de le bassin du jeune renard.
Do you feel like a wreck?
Well that's life, kiddo
Now shut up and swallow
Shut up and swallow
Madara jouit brutalement. Il continua de donner quelques impulsions assassines, puis cessa. Il s'extrait, cessa son emprise sur Naruto qui s'écroula, la respiration entrecoupée. Il ne bougea plus, les poignets bleuis, le sang s'écoulant hors de sa bouche. Il toussa et ne bougea plus, comme paralysé. Quand à Madara, il s'observa dans le miroir, remettant sa chemise. Il se passa un linge le long de ses joues rougies par le sang de Naruto. Il sourit.
-Voilà. Petite étoile. Je vais voler ta place pour cette fois-ci. Le patron n'aimerait pas qu'on prenne du retard sur scène. Je sais bien que tu aimes les sucettes, mais je vais devoir les sucer à ta place.
Il rit faiblement.
Allez.
Il se retourna vers Naruto, s'accroupit, et caressa ses cheveux.
-Crois moi, ce n'était pas uniquement pour faire du mal à Itachi-sama.J'ai aimé.
Il se redressa, poussa la porte et rejoint la scène.
Itachi descendit de ses appartements. Il traversa le couloir, et rejoignit le bar. Il croisa Sasori, Deidara. Gaara venait de finir sa dernière présentation scénique, il pouvait donc quitter les lieux. Une veste en cuir sur les épaules, il quitta les lieux, adressa un léger geste de la tête à Itachi qui lui rendit. Sasori et Deidara avaient eux aussi fini. C'était au tour de Naruto de présenter le Lollipop Burlesque Showet, ensuite ce serait à Madara de clore la soirée. Cependant, ils étaient de service au bar, et servaient les clients.
-Deux verres de saké, Deidara, lança Orochimaru.
Deidara se retourna et lança un regard à l'homme. Il aperçut un jeune garçon à ses côtés, très beau et curieusement ressemblant à son patron. Il songea que la famille Uchiwa était vraiment trop nombreuse, soupira et prit la commande. Itachi resta en retrait. Là où il était, il ne pouvait voir son frère. Il pouvait seulement contempler la scène.
Il était très pressé de voir cette représentation, car il l'avait innové pour Naruto. Après plusieurs demandes, Itachi avait trouvé la parfaite solution. Il croisa les bras et attendit. Les projecteurs se braquèrent alors sur la scène. Une lueur faible balaya le parquet et le reste du club fut plongé dans le noir. Les enceintes se mirent à trembler, sur scène, une dizaine de sucettes aux proportions de toutes les couleurs étaient disposées.
Madara apparut, et les rideaux s'écartèrent d'un coup. Un piano vieilli se fit entendre. L'ambiance de la scène se fit d'autant plus charnelle que le son incitait aux gestes raffinés d'une danseuse burlesque des années cinquante.
It's quite an elaborate scheme
Madara sourit et se dirigea vers les montagnes de sucreries. Il se pencha, profil au public, et se saisit d'une de ces sucettes étrangement grandes. Il portait une chemise de dentelle rouge foncée, qui lui arrivait en dessous les genoux.
The fine art of poisoning
Alors, il rejoint une sorte de trône, placé au milieu de la scène et croisa les jambes. Il commença à lécher la confiserie, lançant des regards suggestifs aux clients. En douceur. Lentement. L'érotisme n'était pas le mot. C'était un jeu dangereux avec la mort qu'il proposait.
The dose to comatose
Slyly administered
Alors, Itachi ouvrit grand les yeux. Que s'était-il passé ? Pourquoi Madara avait-il pris la place de Naruto ? Ce n'était pas son spectacle. Il lança des regards à Sasori et Deidara, ils savaient. Il s'approcha d'eux.
-Et puis, toi-même t'as entendu ce raffut dans les loges, dit Deidara.
Itachi s'arrêta lorsqu'il arriva devant Deidara.
-Qu'as-tu dit ? demanda t-il.
Deidara ne dit rien.
-Rien d'intéressant.
-Dis-moi.
Il se saisit d'une coupe de vin, et la bu lentement. Quelques gouttes rouges coulèrent le long de ses joues, de son cou. Le piano, en bon compagnon accentuait chaque mouvement de Madara, et le transformait en un élément de danse, d'une danse sensuelle, de charme.
Deidara jeta un regard vers la scène.
-Tu as parlé de raffut. Dans les loges.
Sasori baissa le regard, et Itachi se mit à courir vers le couloir qui menait à la scène, et bien sûr aux loges. Il ouvrit avec violence la loge de Naruto et se figea.
Orochimaru se leva du canapé.
-Non, non, ce n'était pas prévu.
-Je connais cet homme, monsieur, dit Sasuke.
-Non…Non !
Une panique, une angoisse indescriptible habitait le visage de l'homme. Ses fentes, en guise de narines s'était dilatées, ses deux yeux de serpent vibraient tant sa tension artérielle explosait. Il ne comprenait pas. Ce n'était certainement pas à Madara de danser… Non. Il se souvenait très bien du moment où Itachi en personne lui avait demandé des sucettes pour le Lollipop Burlesque Show de Naruto. Il se souvenait aussi très bien de ce qu'il avait fait ensuite. Orochimaru était allé voir une de ses vieilles connaissances. Il avait confectionné ces sucettes là, qu'il voyait dévorées par Madara.
Des sucettes empoisonnées.
Sur scène, Madara continua ses gestes suggestifs et écarta les pans de sa chemise.
Not for the frail of heart
The vengeful must play their part
A friend to the bitter end
Or so they say
Madara, cependant sentait ses muscles se détendre. Il se sentait défoncé. C'était comme quand il prenait de la cocaïne, quand ça remontait au travers de ses sinus, jusque dans ses veines trop faibles et à ses hémisphères. Il ignorait si c'était la chaleur ou Naruto, qui l'avait mis dans ces états là. En fait, il continua de danser, suçant, léchant et dévorant ses sucettes, amoureux de la scène, du public qui bandait devant lui. Il pouvait mourir pour cet endroit, pour ce parquet sous ses pieds. Pour ce piano rétro qui le rendait encore plus sexuel. Pour les notes qui s'évaporaient dans l'air rouge du club.
« Ce n'est pas comme ça que ça devait se passer. »
Orochimaru prit son visage en ses mains. Sasuke haussa les sourcils.
-Que se passe t-il ?
-L'homme…Que tu vois…N'est pas celui que je voulais te montrer…
-Vous m'avez emmené ici pour rien ?
-Il est forcément ici. Tu n'as qu'à patienter, d'accord ?
Sasuke fixa le visage de l'homme à ses côtés. Quelque chose allait de travers. Et il ne comprenait rien.
Itachi s'accroupit. Il prit Naruto dans ses bras, il était conscient. Il n'émit aucun son, mais contempla son patron. Ce dernier, pétrifié le serra à lui.
-Naruto-kun…Naruto-kun, putain qu'est ce qui s'est passé ici…
Ses yeux se portèrent aussitôt vers le sang qui coulait d'entre ses lèvres.
-Tu saignes beaucoup, viens. Je vais t'emmener à l'hôpital d'accord ?
Itachi porta Naruto. Il était léger, nu. Il se saisit du yukata orange qu'il avait fait importer du Japon pour lui, et l'habilla. Enfin, il le reprit de nouveau dans ses bras, poussa la porte de la loge.
Alors, Naruto chuchota quelque chose. Mais Itachi n'entendit pas. Il répéta, d'une voix plaintive.
-C'est Madara, murmura Naruto les yeux brillants.
Itachi s'arrêta. Il posa son regard sur l'expression bouleversée de Naruto.
Itachi haïssait profondément Madara.
Alors, Madara se leva de la chaise. Il chancela.
Nice and slow
Misfortune will flow
Madara lança la sucette dans la foule. On se précipita. Il fixa les projecteurs, recula, esquissa un faible sourire et s'écroula. Il partit en arrière et son corps heurta le sol. La musique continua. Sasori se rua sur scène, et les clients se regardèrent, outrés. Certains se mirent à quitter la pièce, aussitôt. D'autres regardaient attentivement, comme si cela faisait partie de la représentation.
Peril in the nursery
It seems a tainted pastry
One bite what adreadful fright
She was such a delicate little dish
Sasori porta son oreille aux lèvres de Madara, entrouvertes. Pas de souffle.
-Deidara, cria t-il, viens.
Deidara posa aussitôt la bouteille qu'il tenait au bar et se précipita sur scène.
-Il ne respire plus, dit Sasori.
Le serveur blond écarta le jeune homme et plaça ses mains contre le thorax de Madara. Il appuya une fois, deux fois, et porta ses lèvres à celles de l'homme. Il souffla. Mais. Bientôt, Deidara cessa ses gestes. Surtout lorsque Sasori se saisit d'une des sucettes. Il lécha son doigt, parcourut la sucrerie et le goûta.
-Poison, murmura Sasori. On l'a empoisonné.
Les yeux de Deidara s'ouvrirent en une stupeur effroyable. Il scruta le visage de Sasori, puis celui de Madara.
-Il est mort, murmura t-il.
Sasori hocha la tête.
-Une dizaine d'homme ne pourraient même pas survivre face à la dose qu'il vient d'avaler. C'est sans espoir.
Nice and slow
Misfortune will flow
But who will know?
Alors, Orochimaru se leva. Sasuke ne comprit pas.
-Cet homme est mort, s'exclama t-il.
Il ne bougea pas. Alors, Sasuke se leva.
-Je m'en vais !
Alors.
Ca arriva.
Prologue
Et ce fût tout.
Sasuke aperçut cette grande silhouette, habillée d'un costume. Il vit son visage. C'était le même que le siens, à quelques exceptions. Oui. Ses grands cernes invraisemblables. Cette finesse qu'il n'avait pas. Sa façon de marcher, et cette présence qu'il n'avait toujours pas acquise à son âge. Il n'avait vraiment pas changé, au fond. C'était toujours le même grand homme. Il ne comprit pas. Il n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il voyait. Et, lorsqu'il aperçut Naruto dans ses bras, son cœur s'arrêta tout simplement de battre. L'instant visuel qu'il vivait supprimait toute notion de vie, toute autre mémoire qu'il avait de cette existence. Il ne pensait qu'à ça. C'était comme une espèce de gravure à vif, au creux de son plexus solaire qui l'empêchait de respirer, de vivre de réfléchir. Il vit la main d'Itachi qui serrait Naruto dans ses bras, et le regard de Naruto, rivé vers lui. Pendant quelques secondes, il cru qu'il allait s'effondrer à genoux. Mais, rien. Seulement le vide.
C'était donc ça. La vérité.
Un flot de flashes lui venaient dans la tête. Mais il n'y avait aucune représentation concrète de ce qu'il voyait. C'était un tourbillon de coups qui l'assenaient de droite à gauche sans le laisser en paix. Bien que cet instant ne dura que deux ou trois secondes, Sasuke su que c'était l'instant crucial, qui scellerait son existence, et sa relation avec Naruto. Le visage de Naruto se tourna vers lui. Il ferma ses deux yeux bleus, puis les ouvrit lentement. Il reconnut Sasuke. Il était loin d'être amnésique. Et pourtant, il ne réussit à bouger ses lèvres ou l'expression de son regard. Il s'accrocha d'avantage à Itachi, et celui-ci ne remarqua pas la présence de son propre frère. Il voulait seulement gagner la sortie. La vision du sang sur le visage de Naruto perturba Sasuke. Il ne se demandait même pas pourquoi il était dans cet état là.
Il ne se demandait rien. Mise à part peut-être…
Pourquoi était-il là, en ce moment, dans les bras de son frère ?
Itachi passa à côté de Sasuke, et ce moment sembla durer des années, et des siècles pour le jeune Uchiwa qui imprima chaque seconde comme une brûlante claque. Itachi jeta un regard vers la scène et observa la silhouette inanimée de Madara au sol, Sasori et Deidara l'entourant. Il n'afficha aucune expression, et du même pas décidé se mit en tête de rejoindre sa voiture. Sasuke fronça les sourcils. Sa peau blêmit, il les observa quitter le club, et lorsque la seule chose qu'il pu voir fut le dos d'Itachi, Sasuke s'assied avec lenteur, de nouveau sur le canapé. Orochimaru exaspéré traîna Sasuke à l'extérieur après une vingtaine de secondes.
Alors. Ca se terminait comme ça. Et ce fût tout.
On décrocha le néon du Vinyle Rouge de la façade propre et brillante. On ne la nettoya plus comme avant. Orochimaru était patron désormais. Itachi Uchiwa avait quitté le club et ses appartements, laissant tout derrière lui. La police le recherchait, mais tout indiquait qu'il avait simplement quitté le pays. Les mêmes procédures avaient été entreprises pour Naruto, qu'on présumait parti avec lui. Le jour de la fermeture définitive du Vinyle Rouge, un corps fut entreposé dans une ambulance. Le corps de Madara avait été recouvert de la tête au pied, et ses yeux rouges ne s'étaient plus jamais ouverts. Les sombres affaires des clubs érotiques, libertins. Ces lieux de débauches à faire frémir les hommes les plus sages. En vérité, on n'avait jamais entendu parler d'une pareille affaire d'empoisonnement. La police n'approfondit pas les causes du décès de Madara. Lorsqu'on prit conscience de ses trafics de cocaïne, le plus étrangement du monde, les regards se portèrent moins vers les autopsies. Tout s'évaporait lorsque la morale était en danger. La petite et douce morale.
Sasuke dansait désormais pour Orochimaru. Le Vinyle Rouge avait laissé place au Snake Eyes Club.La troupe de l'homme n'avait rien de bien intéressant. En vérité, la clientèle que le Vinyle Rouge avait perdue ne revint plus acclamer les lieux. Désormais, une nouvelle vague s'était amassée autour de l'endroit. Différente.
Sai, Sasuke, Neji et Kiba étaient désormais les danseurs du night-club. Et, ce soir là, Sasuke dansait.
When apple leaves fall
You may feel something in your
mind's eye
Sasuke chantait. Il portait une main au micro, les yeux baissés, dans le vide. Il était devant la scène, pendant que Neji effectuait de grands gestes gracieux et parfaits. Cela correspondait à une sorte de danse du ventre. Les néons rouges et les projecteurs chauds avaient laissé place à une ambiance bien plus hivernale : les lueurs étaient blanches, et la plupart des jeux de lumière penchaient du bleu au vert. C'était un environnement pour les reptiles.
When apple leaves fall
We will have to say good bye
When the earth drinks in squall
Your mind will be dry
Sasuke bougeait lentement son bassin, de droite à gauche observant les clients. Il était rare qu'il présente des spectacles aussi purs et restreints. Il avait l'habitude de montrer son corps, et il aimait ce genre d'occasion. C'était pour lui un moyen de remplir sa part du contrat d'une façon un peu moins embêtante. Il s'était engagé auprès d'Orochimaru. Désormais, il gagnait sa vie d'une façon plus que convenable. Il avait déménagé, ici dans les appartements qui appartenaient désormais à son patron. Parfois, il lui demandait de le sucer, et il acceptait. Il ne menait pas une vie difficile. Seulement peut être, une existence regrettable. La musique s'évanouit, et il quitta la scène.
Tout le monde quitta la scène.
Il revit Naruto un jour. Et ce fut la dernière fois. Il était venu, lui avait sourit. Et Sasuke n'avait rien dit. Il s'était figé, les basses profondes avaient explosé ses tympans. Il avait aussi croisé le regard de son frère, qui avait saisi Naruto contre lui, et une fois de plus l'avait emporté ailleurs. Il les avait regardés, une seconde fois. Et ce fut tout.
Il ignorait d'où il venait. Mais il savait où il allait. Sur scène, acclamé par de vieux pervers, une fois de plus.
Sous les projecteurs perturbants de la scène, s'illumine
Quelque part entre leurs cuisses et le vinyle,
Le bondage à la cire et quelques amphétamines,
Les esclaves de la danse sont en ville.
Itachi approcha un briquet de la cigarette que Naruto tenait entre ses deux lèvres. Il tira une bouffée. Il laissa sa tête contre lui.
« Nous ne sommes rien »dit-il lentement.
« Comme tout le monde. Mais nous, nous le savons. »
Les guêpières couvrent les ventres adoucis,
Et accueillent en leur sein rebondi,
Les cris de jouissance dans la nuit.
Les voiles couvrent leurs bustes chauds,
Et leurs langues fougueuses,
S'entremêlent pendant le show.
En ce lieu, oublie cette chose étrange
Qu'on nomme « Amour ».
Ici, nous bannissons les anges
Les Enfers sont tout autour.
Et si un jour, des ailes te poussent
Fuis ce royaume aux délices de chair,
Prend ce renard, et dans ta course
Ne te retourne jamais vers notre repaire.
