Chapitre 4 : Enfin…

Je me suis alors souvenu que Vincent avait un portable, qu'il garde allumé et consulte régulièrement, depuis que j'ai crisé… J'ai sorti à toute vitesse mon portable et ai composé son numéro, que je connais par cœur à force de le faire. Après un temps qui m'a semblé infini, un « bip » a enfin fini par raisonner dans mon oreille. Puis un autre. Une musique prés de moi m'empêchait de bien entendre, et j'avais peur de ne pas réagir si Vincent décrochait. J'ai regardé autours de moi, pour voir d'où venait cette musique gênante et m'en éloigner au maximum, avant de me rendre compte que cette musique n'était autre que la sonnerie du portable de Vincent. Cette sonnerie juste à lui. Je me suis alors dirigé là d'où semblait venir la sonnerie, c'est-à-dire une ruelle juste à côté. C'est là que j'ai vu Vincent, dos à un mur, les yeux rivés sur son portable.

« Généralement on appuie sur le bouton vert pour répondre. Le regarder fixement ne le fait pas décrocher automatiquement… » Je l'ai regardé avec surprise ; je ne l'avais pas entendu venir, et c'était bien la première fois. « Pourquoi es-tu sorti sans me prévenir ? » Je n'ai pas su comment répondre. Lui dire la vérité ? Lui mentir tout en sachant qu'elle ne serait pas dupe ? J'ai, comme à mon habitude, opté pour le silence…

Un silence de marbre s'est installé, comme chaque fois que j'attends une réponse importante de Vincent. En règle générale, je n'ai pas assez de patience pour obtenir la réponse, mais à cet instant, une patience infinie m'avait envahie, et, comme s'il l'avait ressenti, Vincent m'a répondu. « Tu avais l'air de bien t'amuser. » Bien m'amuser ? Attendez là, il me fait une crise de jalousie ? Monsieur Valentine, jaloux de mes amis ? « Vincent ? » Pas de réponse. « Vincent Valentine ! » Il a enfin levé sa tête vers moi, mais n'a pas décroché un mot de plus. Parfait. Il avait décidé de se taire ? J'en ferai de même… C'est du moins ce que je croyais.

J'ai regardé Marlène et sa mine encore plus en colère que d'habitude. J'ai immédiatement su qu'elle ne pourrait pas se taire, et que j'allais en prendre plein la face si je ne m'expliquais pas… Mais, moi, Vincent Valentine, physiquement vingt sept ans, psychologiquement bien plus du double, était incapable de faire verbalement face à cette petite fille à peine majeure…

Au moment précis où j'allais exploser, lui dire tout ce que j'avais sur le cœur, il a entouré mes épaules de ses bras et m'a serré contre lui. Son odeur qu'il a toujours nié avoir m'a immédiatement apaisée. Ce câlin était sa manière de demander pardon… Et qui aurait été assez cruel pour ne pas lui accorder ? « Tu ne devrais pas être jaloux, c'est toujours toi mon préféré.. »

Jaloux ? Moi ? De ce petit… mioches ? Pourquoi l'aurais-je été ?! Bon… Peut être un peu, mais vraiment pas beaucoup… Je n'avais pas le temps de m'abaisser à de telles idioties… Ou juste un peu, pour elle, parce que je l'aimais… bien, je l'aimais bien… Je dois admettre qu'avant cette rencontre avec son ami, je pensais que Marlène n'avait pas de prétendants, et cette découverte m'a fait l'effet d'un poignard dans le cœur. Un poignard que l'on tournerait bien profondément, avant de le retirer avec violence...

Il n'a pas répondu, mais j'ai vu qu'il réfléchissait. Cherchait-il à savoir si je lui mentais ? Son esprit avait-il déjà dévié vers Lucrecia ? Si elle n'était pas déjà morte, je crois qu'à cet instant la jalousie m'aurait poussé à la tuer.

J'ai serré Marlène plus fort encore je crois, et lui ai dit de s'accrocher à moi, ce qu'elle à fais, comme si elle s'accrochait à la vie. Je l'ai ensuite amené « by cape » vers l'endroit le plus beau que je connaissais : sur le clocher de l'église. Vu l'heure qu'il était… Le coucher de soleil serait surement magnifique. Il le fut. Plus encore que je le croyais.

Je l'ai bien tenu pour ne pas tomber, jolie excuse n'est-ce pas ? Alors que j'avais fermé les yeux pour profiter de l'instant, j'ai senti que Vincent avait cessé de bouger, et ai senti un petit vent frais me caresser le visage. J'ai lentement levé les yeux sur un spectacle qui ne m'avais jamais été donné de voir. Les lumières de la ville s'allumaient les unes après les autres et les étoiles commençaient à peine à apparaitre. L'horizon luisait comme s'il était en feu, et la couleur intense de cette lumière semblait devenir de plus en plus forte au fur et à mesure que le temps passait, que le soleil se couchait, que ma main se rapprochait de celle de Vincent…

Comme elle était légèrement en avant par rapport à moi, je crois que je l'ai plus regardé elle que le spectacle qui se déroulait devant moi.

C'est sa main dans la mienne que mon anniversaire s'est enfin passé… normalement ? Rien n'est plus anormal que Vincent. Vincent est l'homme le plus cher à mon cœur. Reste encore à lui faire comprendre…

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Merci pour les coms ^^
Désolée de pas y avoir répondu avant, euh, j'ai eu quelques empêchements… J'vais essayer de poster la suite dans pas trop longtemps, promis ^^ Merci de me lire *s'incline humblement*
Prochain chapitre : tentative de faire comprendre des choses importantes et difficiles à dire à Vincent le bouché de la partie du cerveau qui s'occupe des sentiments :P (Quoi c'est pas claire ?! Tentative de déclaration de la part de Marlène quoi !!)