Chapitre 3 : Tiraillée entre deux mondes

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Merci à nero94 et à Isa-lys pour suivre ma fic'

Fandestana : merci et ravie de combler tes attentes !


Je suis perdue dans ce bleu céruléen. Cet océan sans vague, apaisant et rassurant m'observe, me contemple, m'admire et me prend en son sein.

Je n'ai jamais été aussi rassuré qu'en cet instant.

Ma tête est emplie de ses mots, de ses attentions, de ses sourires, de tous ce qui le fait lui, l'homme que j'aime. Cet écrivain, ce père, ce fils, ce partenaire qui toute ma vie sera à mes côtés.

Les oiseaux zinzinulent autour de moi, le soleil réchauffe mon cœur et mon esprit.

Je ne suis pas sûre mais je pense que c'est le bonheur… Cette chose que l'on recherche sans cesse dans une quête frénétique quasi furieuse. Je le touche du doigt, je l'approche.

Soudain, un éclair zèbre le ciel, les nuages noirs recouvrent le ciel bleu, le vent se lève, les oiseaux se cachent. Le monde retient son souffle.

Je ne comprends pas, je ne comprends plus.

Qu'est-ce qu'il se passe ? Je tourne, je me retourne…

Un bruit siffle à mes oreilles, tout s'accélère. Des images, des sons, des cris, des hurlements...

Rick tombe au sol.

Un trou rouge au niveau du cœur, il est mort.

-Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !

Beckett se réveilla en sursaut, bondit de son lit et se cogna dans sa commode. Les sens encore en alerte, chahutés, elle perdit l'équilibre mais se rattrapa in extremis. Se heurtant une nouvelle fois au meuble, elle chercha à tâtons l'interrupteur qu'elle finit par trouver.

Accrochée au chambranle de la porte, elle pleurait à chaudes larmes.

Si pour l'Homme la mort est une destinée, une crainte fondée à laquelle aucun individu ne peut échapper, la mort d'autrui est tout aussi terrassante. Kate ne dérogeait pas à la règle. Elle redoutait de voir son dernier jour arrivé, comme tout le monde mais, sa plus grande hantise était que son partenaire perde la vie. Son être lui criait, lui hurlait qu'elle ne surmonterait et ne supporterait pas une telle épreuve. Elle n'était pas croyante et encore moins pratiquante or, elle remerciait Dieu ou toute autre force surnaturelle, irréelle pour avoir mis Castle sur sa route. Tel un ange gardien, sa mission était de la protéger, de l'aider et il avait réussi. Alors… Si, on lui reprenait ce don du ciel, elle n'aurait plus la force de se battre, de vivre. Grâce à lui, elle avait eu droit à une seconde naissance où un certain bonheur se dessinait à l'horizon.

Toutefois, ce mauvais rêve venait de raviver sa plus profonde, sa plus secrète et sa plus intime peur : perdre l'homme dont elle était amoureuse.

Séchant ses larmes à l'aide de son pyjama, elle ne supportait plus ces insomnies, ces réveils agités où ses nerfs en pelote agitaient son esprit.

C'était trop dur.

Elle regagna la cuisine et par la même occasion, son amie de circonstance. Sincèrement, elle pensait que les deux verres partagés avec son coéquipier suffiraient à la désinhiber mais ce ne fût pas le cas. Sa raison, trop présente devait être anesthésiée, dépourvue de toute logique, de tout sens. Elle engloutit donc un verre, puis deux, puis trois… La bouteille entière y passa.

Elle était ivre. Pas une once de clairvoyance, pas une lueur sensée n'éclaircissait le visage de Beckett. Sans surprise, elle s'effondra sur le canapé pour rejoindre les vignes de Bacchus.

Elle aurait pu appeler un médecin, Lanie ou tout simplement Castle mais l'âme solitaire qu'elle était, mêlée aux effluves de l'alcool ne pouvaient faire le poids.

(…)

Couchée ou plutôt perdue dans les coussins de son sofa, un filet de bave s'échappait de sa bouche. Elle n'avait plus rien d'attirant, de sexy ou de charmant. Les paupières papillonnantes, Kate émergeait peu à peu. Un bruit étrange et désagréable retentissait dans sa tête. Seulement, ce n'était pas le marteau piqueur, ami habituel des lendemains arrosés, c'était plus strident. Une sorte de tohu-bohu aigu et sourd à la fois.

Ouvrant les yeux difficilement, elle tenta de se redresser avant de s'échouer lamentablement contre le dossier du canapé. Agressée par les premiers rayons du soleil ainsi que ces sons détestables, elle réussit à tenir sur ses jambes. Les sourcils froncés et une main tenant son crâne, elle reconnut la sonnette de la porte. Faisant ami-ami avec la table basse, le comptoir et enfin le meuble de l'entrée, elle regarda à travers le Juda, l'énergumène qui osait la déranger.

-Merde Lanie, pesta-t-elle intérieurement.

Elle connaissait sa meilleure amie et surtout l'entêtement dont celle-ci pouvait faire preuve. Alors que Kate songeait à s'éclipser loin de la porte et à ne pas ouvrir, elle fut stoppée par les avertissements du docteur.

-Katherine Beckett ! Si tu oses me laisser dehors, je fais défoncer la porte.

Craignant qu'elle ne mette à exécution sa menace, la jeune femme obtempéra.

-C'est bon Lanie, j'arrive, dit-elle en ouvrant.

-Pas trop tôt !

-Je t'en supplie, arrête de crier.

-Tu as bu ?

-Non, je suis passée sous un train, ironisa-t-elle.

-Je vais jouer ma rabat-joie mais dans ton état et avec les médicaments, une cuite n'est pas recommandée.

-Lanie !

-C'est bon girl, je sais… Tu es assez grande pour te gérer toute seule.

-Tu l'admets, c'est déjà bien.

-Petite curiosité. Avec qui as-tu partagé tes verres ?

Kate pâlit à vue d'œil face à cette interrogation. Comment avouer à sa meilleure amie que l'on s'est saoulée toute seule ?

-Maddy, mentit la jeune femme.

-Ben dis-moi. Vous n'y avez pas été de main morte.

-Les souvenirs, les anecdotes….

-…Et la gueule de bois, conclut la métisse.

-Si j'étais toi, j'éviterais les leçons, grinça la lieutenant.

-Je vais faire comme si je n'avais rien entendu.

-Tu comptes rester pour me faire la morale ou tu comptes partager avec moi tes croissants ?

-Ok pour les croissants mais d'abord va te changer. Tu ressembles à une épave.

-Tu es une véritable amie Lanie.

Une aspirine avalée et apprêtée confortablement, Kate s'était accoudée au bar aux côtés de son amie.

-Comment tu te sens ? Mise à part ta cuvée ? Rajouta la métisse.

-Fatiguée.

-Des douleurs ?

-Je pense que je ne suis pas prête de retrouver le terrain et encore moins de courir, gémit-elle.

-Ma belle, c'est normale. Après ce que tu viens te vivre, il va falloir du temps pour que ton organisme retrouve sa force et son endurance.

-Je sais mais tu me connais…

-Oh que oui. Katherine Beckett, la tête brulée, inconsciente et têtue.

-C'est ma fête aujourd'hui, se plaignit la brunette.

-Que veux-tu j'aime bien te taquiner.

Les deux copines savouraient tranquillement les douceurs apportées par la légiste quand cette dernière décida d'aborder un sujet sensible.

-Alors avec Castle, vous en êtes où ?

-Il est passé hier.

-Je croyais que tu étais avec Maddy ?

-Oui, oui, se reprit Kate. Il est venu me voir le matin.

-Et alors ?

-Alors quoi ?

-Vous avancez ?

-Oui, petit à petit on se découvre à deux.

-Tu te sens comment… Je veux dire avec tes émotions, celles de Castle…

-C'est étrange je suis à la fois excitée mais aussi terriblement effrayée. J'ai l'impression de découvrir quelque chose de nouveau.

-Ne serait-ce pas le mot que tu crains de dire et que tu évites depuis le début de notre discussion ?

Beckett la toisa du regard.

-Pas la peine de jouer la dure à cuire avec moi. Je te connais. Tu as amoureuse Kate. Tu aimes Rick. Je pense qu'il est l'homme avec lequel pour la première fois, tu te sens capable de lâcher prise.

-Tu crois ?

-Dis-moi que tu te fous de moi…, râla la légiste.

-Non, c'est juste que… J'ai l'impression de me perdre.

-Je fais confiance à Castle pour te guider, sourit-elle.

-Oui… Répondu la jeune femme, repensant à la soirée qu'elle avait passé avec Rick. C'est dingue mais hier quand on s'est retrouvé c'était comme si je le redécouvrais. C'était la deuxième fois que l'on se retrouvait dans les bras l'un de l'autre et si tu savais à quel point je me suis sentis à ma place.

-Pardon !? S'exclama la métisse. D'une, j'apprends que tu te laisses aller dans les bras de ton écrivain et de deux, ce n'est pas la première fois. Tu me dois des explications, girl.

Katherine réfléchit et se laissa aller aux confidences.

-La première fois que nous nous sommes retrouvés dans les bras l'un de l'autre, c'était sur le trottoir devant mon immeuble quand je suis partie chez mon père.

-Oh, c'est trop romantique.

-Lanie !

-Quoi, j'ai le droit de rêver.

-Bref. La deuxième fois, c'était hier pour nos retrouvailles. Il s'est retourné dans mon entrée et je n'ai pas pu m'empêcher de le rejoindre. Il m'avait manqué.

-Trois ans ! Trois ans, répéta la latino, pour que tu oses enfin lui laisser la place qu'il lui revient.

-C'est pas tout, fanfaronna la brunette telle une adolescente en proie à son premier amour.

-Continue ou je te scalpe.

-Avant de repartir, au loft il m'a embrassé sur la joue. Lanie, c'était … merveilleux. J'avais l'impression de vivre comme si Pearl Habor se jouait en moi. C'était une explosion d'émotions et de ressentis. Ses mains m'électrisaient et sa peau… Sa peau, s'emporta-t-elle, chaude, ferme, rassurante.

Lanie demeurait sans voix. Elle avait l'habitude de ces discussions entre filles, de cette admiration que Beckett portait à Castle mais ce dont elle n'avait pas l'habitude c'était ce bonheur communicatif presque contagieux.

-J'adore te voir amoureuse. Tu rayonnes la joie de vivre.

Cependant, si Lanie voyait la partie visible de l'iceberg, le bien être apparent de la détective la partie submergée se révélait beaucoup plus complexe, plus sombre.

-Comment tu comptes faire au 12th avec ses émotions ?

-J'ai demandé à Rick que l'on reste Castle et Beckett avec le vouvoiement tant qu'on est au bureau.

-Tu déconnes, s'exclama la métisse. Il a accepté ?

-Oui, pourquoi ?

-Pourquoi. Tu me demandes, pourquoi ? Rick est fou de toi, vous vous accordez maintenant des petits moments à deux et tu mets encore une barrière entre vous. Tu ne penses pas que tu pourrais au moins accepter prénoms et tutoiement.

-J'ai peur, se contenta de répondre la lieutenant.

-Je sais et je peux comprendre après tout ce que tu as vécu mais n'oublie pas, il reste un homme.

-Lanie, qu'est-ce que tu veux dire ! S'énerva Kate. Si je ne couche pas avec lui, il va se casser car si c'est ce que tu penses c'est que tu le connais vraiment mal.

-Je ne parlais pas de ça. Castle voudrait peut-être prendre soin de la femme qu'il aime et vis-versa.

-Tu pense que je devrais…

-…Lui laisser du lest ? Oui.

(…)

La dernière semaine de récupération de Beckett était quasiment écoulée : seul le week-end la séparait de la reprise.

Conformément aux dires des docteurs, elle s'était reposée ou du moins, elle avait tenté. Ses nuit étaient toujours agitées par des cauchemars térébrants et de nombreuses douleurs lui rappelaient sans cesse, cette maudite fusillade. C'est donc avec une logique implacable mais déplorable que les verres de vin firent leur apparition dans le quotidien de la jeune femme. Corollaire du syndrome post-traumatique dont elle souffrait, l'alcool se révélait un moyen d'oublier, de s'oublier.

Malgré sa lente mais néanmoins, réelle descente aux enfers, elle avait tenu parole. Tous les matins, elle téléphonait à Rick. Bien plus qu'une promesse qu'elle tenait, c'était une manière de le sentir près d'elle, à son écoute… Une sorte de bouée de sauvetage, la sortant de sa solitude pesante. Car, oui, il n'était pas passé la voir. Alexis, souffrant d'une grippe, il devait rester à son chevet. L'écrivain s'était platement excusé, cherchant par tous les moyens de se faire pardonner son absence mais c'était une cause perdue. Kate ne pouvait accepter ses excuses elle ne lui en voulait pas le moins du monde. Elle l'avait donc rassuré elle appréciait autant l'écrivain, le père, le partenaire et l'ami qu'il était.

La sonnerie de son portable retentit lui arrachant une grimace. Son corps plus qu'imbibé de liqueur, enivrait son esprit, loin d'être un modèle de lucidité à cet instant.

-Hey Kate ! Je ne te dérange pas ?

-Salut Rick ! Non pas du tout.

-Je souhaitais savoir si… Je pouvais passer te voir. J'avais des courses à faire pour Alexis et comme je ne suis pas loin de chez toi… Pourquoi pas…

La crainte et l'hésitation de son coéquipier la faisait sourire. Elle ne comprenait pas comment un homme public si charismatique pouvait perdre si facilement ses mots et ses moyens.

Revenant au cœur de la conversation, sa conscience la tiraillait. D'un côté, elle ne pouvait et ne voulait pas manquer une chance de retrouver son écrivain mais de l'autre, son n'était pas propice pour recevoir son futur petit-ami. Toutefois, l'ivresse chassant ses interrogations, elle se dit qu'elle aurait largement le temps de se refaire une beauté et un esprit avant qu'il ne débarque.

-Pas de soucis, ma porte te sera grande ouverte. Tu comptes être là dans combien de temps ?

-Dix minutes, lâcha-t-il.

Kate crut s'étrangler avec sa propre salive. DIX MINUTES ! Comment pouvait-elle être prête en si peu de temps ?

-Tu es toujours là ?

-Oui, oui… A toute à l'heure, s'empressa-t-elle de raccrocher.

-D'acc…

Castle n'eut le temps de finir sa phrase que la communication avait déjà été coupée. La surprise put se lire sur son visage mais après tout, il connaissait assez bien Kate pour savoir qu'elle ne se perdait jamais dans des futilités.

Deux gobelets à logo vert dans les mains, il était impatient que la propriétaire des lieux lui ouvre la porte.

-Hey Kate !

-Bonjour Castle !

-Tu es malade ? Tu te sens bien ? S'enquit l'écrivain en jugeant la mauvaise mine de sa muse préoccupante.

-Oui… Euh… Non. Ne te fais pas de soucis pour moi.

-Kate, ton état n'a rien de normal. Tu transpires abondamment, à l'écoute de ta respiration erratique j'en déduis que ton rythme cardiaque est élevé et …

-Je te coupe tout de suite, docteur mamour, railla la jeune femme. Je viens de ranger et nettoyer mon appartement, et si infime que soit l'effort, mon corps n'a pas apprécié. Mes douleurs sont encore trop présentes.

Ils se regardaient désormais dans le blanc des yeux, essayant pour l'un de déceler la véracité des propos échangés et pour l'autre, de garder le cap de la dissimulation. En effet, si elle avait masqué les marques les plus visibles de son alcoolisation, les effets secondaires n'avaient pas échappé à l'œil attentionné de son équipier.

Un sourcil arqué, Richard restait songeur voire perplexe. Se remettre d'une balle dans le buffet ne se faisait pas en un mois mais il lui semblait que Katherine lui cachait quelque chose.

-Tu comptes rester dans le couloir ?

-Non.

Il s'empressa donc de rentrer tandis que Kate refermait la porte, non sans relâcher la pression dans un souffle. Mentir de la sorte ne lui ressemblait pas. Avouer à son ami qu'elle s'était mise une cuite toute seule, encore moins. Certes, c'était un accident mais la vérité s'avère toujours plus compliquée à formuler que des mensonges.

-Tiens, ton café.

-Merci, tu veux t'asseoir, dit-elle en pointant du doigt le sofa.

-Avec plaisir… Si tu savais comme je suis content de te voir.

Beckett le regarda, attendrie par ses mots et sa moue d'enfant qui faisaient de lui, cet homme hors du commun.

-Heu… Je ne voulais pas dire ça… Je voulais juste dire que rester une semaine au chevet d'Alexis, ce n'était pas la joie… Alors venir te rendre visite, c'est agréable, balbutia-t-il.

Kate s'amusait grandement de la situation dans laquelle Rick s'embourbait tout seul. Elle pouvait sentir sa détresse croitre à chacune de ses explications.

-Aïe…Hum… Ne te méprend pas… Je ne suis pas venu chez toi uniquement pour échapper à ma fille… Tu n'es pas une échappatoire… Enfin, tu vois ce que je veux dire…

-STOP Rick ! Calme-toi, j'ai compris.

-Je commençais à m'enfoncer ?

-Oui, c'était amusant et mignon.

-Tu t'es payé ma tête en fait.

-Je n'oserais pas… De toute manière, j'aime bien te regarder chercher tes mots.

-Le comble de l'écrivain.

La jeune femme acquiesça tout en sirotant son café qui l'aidait fortement à émerger.

-Je suis désolé, il faut que je rentre auprès d'une rousse impatiente, dit-il en agitant son iPhone.

-Déjà ? S'étonna de demander Kate, elle-même.

-Qu'est-ce que tu veux… Les femmes de ma vie savent me faire tourner à leur avantage.

-Nous te le rendons bien, riposta-t-elle sans même se rendre compte de la bombe qu'elle venait de lâcher. Les effluves de l'alcool avaient au moins le don de désinhiber complètement les pensées de la lieutenant.

-Toutefois, si tu es partante tu pourrais passer dimanche soir, au loft.

Beckett prit le temps de la réflexion juste pour la forme car, sa réponse était toute trouvée.

-D'accord mais… Si cela ne te dérange pas, je préférerais que l'on passe la soirée chez moi.

-Je n'y vois aucun inconvénient.

Les invitations envoyées et acceptées, Kate ouvrit la porte. Son empressement n'avait rien d'anodin. Elle savait que plus il tarderait à partir moins elle résisterait à son envie de le serrer dans ses bras. Ce n'était pas l'acte en lui-même qu'elle craignait, c'était d'elle dont elle avait peur. Elle ne sentait pas le vin comme une ivrogne se convainc-t-elle de croire mais parfum, gel douche et shampooing avaient tout de même pris une place important dans sa mise « en beauté ».

Bribe de conscience ou réelle réaction d'alcoolique, la frontière était mince. Car, malheureusement pour elle, l'alcoolisme est un fléau qui se cache à son propre esprit mais aussi aux personnes de l'entourage… Attitude d'une femme enivrée ? Attitude d'une femme en convalescence ? Seule le futur pouvait le dire.

-A dimanche soir ! Lâcha-t-elle.

-A dimanche, répondit-il en l'étreignant contre lui.

Ce qu'elle craignait, venait de se produire. Toutefois, la force de ses bras et le baiser qu'il venait de déposer au sommet de son crâne, la rassurèrent. Rick ne semblait pas avoir remarqué une quelconque fragrance de vignes. C'est donc rassurée et apaisée, qu'elle passa ses mains dans le dos de son partenaire.

-Je te laisse, chuchota-t-il.

Castle prit donc congé de sa muse qui l'observa jusqu'à ce que les portes de l'ascenseur ne le dissimulent complètement.

(…)

Cette soirée était la dernière avant qu'elle ne regagne ses quartiers au 12th et elle avait décidé de ne pas tomber dans les méandres de l'alcool. Elle convoitait plutôt les méandres de Rick où envers et contre tous, elle se sentait à l'aise, détendue et en paix.

Cette bulle de quiétude tant fantasmée et espérée éclata au ding du micro-onde.

-Un café ?

-Quelle question Lieutenant ! S'amusa l'auteur.

-Des biscuits pour accompagner ?

-Si tu en as, je ne suis pas contre.

Elle se hissa donc sur la pointe des pieds et tenta d'attraper les derniers cookies de sa cuisine, mais cette extension lui lança un pic au niveau de son flanc gauche. La douleur fut si vive et si soudaine qu'elle ne put retenir un cri.

-Ça va ? S'enquit Castle en accourant à ses côtés.

-Oui, ne t'inquiète pas. Je n'aurais pas dû m'étendre.

Secouant la tête de désapprobation, il était persuadé de retrouver la Beckett et non la Kate des jours précédents. Pliée en deux contre le plan de travail, il la regardait essayer de faire bonne figure alors que les traits de son visage dévoilaient l'inverse.

Elle tâchait de reprendre des forces quand elle sentit deux bras musclés autour de sa taille. Le corps massif de son partenaire derrière-elle venait de la faire prisonnière en la ceinturant. Tout d'abord, surprise, elle se détendit immédiatement.

-Relève-toi tout doucement et souffle.

Katherine s'exécuta jusqu'à ce que son dos, bien droit, s'accole au corps de Castle. Il dégageait une telle chaleur qu'elle décela une première amélioration.

-Je vais exercer de légères pressions le long de ton ventre, chuchota-t-il. Normalement, cela va t'apaiser mais si tu ressens une douleur, n'hésite pas à me faire signe.

Il la vit acquiescer en fermant les yeux. Il débuta donc des pressions circulaires si douces qu'elles s'apparentaient plus à des caresses qu'à autre chose. A l'affut des réactions du corps de sa muse, il approfondit le contact par des pressions verticales partant de la limite de son jean pour remonter juste au-dessous de sa poitrine. Il s'appliquait à faire courir ses doigts sur l'abdomen de Kate dans l'espoir de faciliter sa circulation sanguine et respiratoire. L'homme devait s'en sortir plus qu'honorablement car, Kate se sentait de mieux en mieux. Elle appréciait le souffle chaud de Rick dans son cou et sa manière si respectueuse avec laquelle, il laissait ses mains valser sur son ventre.

Si la première intention de l'écrivain était d'apaiser les douleurs de sa coéquipière, il faisait désormais naître une sensation douce et agréable dans le corps de cette dernière. Pour rien au monde, elle ne désirait mettre un terme à ce moment.

-Tu te sens mieux ?

-Oui, murmura-t-elle comme pour ne pas briser l'instant.

Lorsqu'il commença à faire glisser ses mains pour s'éloigner, elle entremêla ses doigts aux siens et garda leurs mains sur son ventre. Pour la première fois depuis les funérailles, elle se sentait sereine plus rien ne la bousculait, plus rien ne l'effrayait. Elle se recula davantage et déposa sa tête contre le torse de Rick.

Attendri par cette vision de Kate, baissant les armes, il ne pouvait que se réjouir de la voir ainsi. Cependant, il aurait préféré qu'elle ne traverse pas cette terrible épreuve afin de se laisser aller dans ses bras. Les synapses de Castle ne fonctionnant plus, il se permit d'accoler sa joue à celle de sa partenaire.

Liés de la plus belles des manières, la terre semblait s'être arrêtée pour observer la représentation même de l'Amour.

-Je ne dirais pas que la situation est désagréable mais si tu veux prendre ton café chaud…

-Ok, souffla-t-elle.

Il déposa un baiser sur sa tempe et se saisit des cookies qu'il ne remercierait jamais assez pour lui avoir permis d'approcher davantage sa dulcinée.

Dégustant leurs cafés, ils se regardaient à la dérobée tels deux adolescent amoureux.

-Alors prête à retrouver le poste demain ? S'enquit Castle.

-Je pense qu'il est grand temps que je retrouve mes repères.

-L'ennuie était si pesant que ça ?

-Je pense que tu me connais assez, pour avoir la réponse.

-Pas faux.

-En parlant du travail, je voulais qu'on aborde le sujet de la nouvelle tournure que prend notre partenariat.

-Ne t'inquiète pas, j'ai retenu la leçon. On ne change rien, pas de tutoiement et pas de familiarité.

-Ça tombe bien que tu me parles de ça. J'ai changé d'avis. J'ai réfléchi et je me suis dit que jouer un rôle devant les gars ne serviraient à rien. Et puis, si on veut … Avancer, il va bien falloir que l'on finisse par briser mes remparts, déclara-t-elle, le sourire aux lèvres et le regard fixé à celui de son partenaire. Plus elle l'observait moins elle savait distinguer la myriade d'émotions qu'elle apercevait dans ses pupilles. Une alliance de bonheur, de joie, d'envie, d'excitation et quelque chose de plus profond, de plus secret, de plus intime. Une lueur étrange qu'elle ne connaissait pas au nuancier de son écrivain mais qu'elle finit par reconnaître : la peur, la crainte qui venait à l'instant même de se matérialiser par une gouttelette dévalant sa joue.

L'émotion se mêlant aux larmes, les larmes se mêlant aux émotions, Kate s'approcha de lui et déposa ses doigts sur son visage pour effacer les traces de son trouble. La main calée sur sa pommette, front contre front, yeux dans les yeux, les larmes de Castle virent leurs homologues naitre dans les yeux de la jeune femme. Perles de réjouissance ou de souffrance passée, ils n'en avaient que faire. Ils supprimèrent l'espace qui les séparait encore, pour s'embrasser. Lèvres contre lèvres, ils pleuraient. Aucun des deux ne bougeait. Le simple et chaste contact de leurs bouches suffisait à prouver l'amour qu'ils se portaient.

Happant la lèvre inférieure de Rick en reculant son visage, elle se sépara de lui pour saisir ses mains en entrelaçant leurs doigts.

-Je suis désolée.

-Pour…ça ?

-Oui.

-Tu regrettes ? S'affola-t-il.

-Non, loin de là, sourit-elle. Seulement, pour l'instant, je ne peux pas t'apporter plus.

-Kate, ce n'est pas grave. Je te le dis et je te le répète, j'attendrais le temps qu'il faudra pour que tu sois en paix avec des sentiments. Et pour ce baiser, nous devrions en faire un appel à notre futur, le point de départ d'une nouvelle vie.

-Tu trouves toujours les bons mots, s'émut Katherine.

-C'est mon métier.

Ils se sourirent de concert et reprirent la soirée sur un ton plus léger mais tout autant empli d'amour et d'allégresse.

(...)

Les radios n'annonçaient que sept heures trente mais New-York était déjà en ébullition. Big Apple était une de ces villes où la frénésie de la finance, de la bourse et de l'immobilier ne permettait pas la pause ou la flemmardise. Le travail y était omniprésent, pourchassant chaque habitant au moindre coin de rue.

Se mêlant aux flots des véhicules incessants des périphériques, une Crown Victoria vint finalement s'échouer devant le precinct du 12th. Assise derrière son volant, la conductrice profitait du calme de son habitacle car d'ici peu, elle viendrait participer à l'agitation collective. Observant l'immeuble, où pendant des années elle avait travaillé, elle remarqua pour la première fois, que c'était ici qu'elle se sentait le mieux. Un mois de repos, un mois sans mettre le pied au travail et elle ressentait semblablement à la première fois, une légère appréhension. Ce sentiment la perturbait. Inexplicable et incompréhensible, elle n'aurait su expliquer cet état d'âme.

Fin prête, elle se dirigea comme des milliers de fois vers l'entrée du poste quant au loin, elle distingua une carrure qui comme elle, prenait la direction du 12th. Plissant les yeux pour soi-disant mieux voir, elle reconnut le physique et la démarche de cette personne. Parmi des foules et des foules, elle pouvait affirmer que c'était lui.

Maintenant assez proche, ses théories devinrent vérités quand elle remarqua que l'individu portait deux cafés.

-Bonjour mon Lieutenant !

Un incoercible sourire se dessina sur le visage de la jeune femme alors qu'elle se saisissait de son gobelet.

-Bonjour et merci Rick !

-A ton service.

-Tu es tombé du lit ce matin, railla-t-elle.

-Très drôle. Figure-toi que je venais simplement accompagner ma partenaire pour son retour au travail. Et si par hasard, elle avait besoin de soutien, je me ferais un plaisir d'être une épaule sur laquelle, elle pourrait se reposer.

-Always.

Cette promesse scellée par ce simple mot, ils regagnèrent le poste, épaule contre épaule, tels deux amis se taquinant.

-C'est toujours aussi calme ? Demanda l'écrivain.

-Oui. Le matin est une sorte de moment où chacun de nous se prépare à la journée qu'il va affronter.

Castle se stoppa net dans le hall, ressassant les dernières paroles de Beckett. Si pour lui venir ici était un moyen de faire germer des idées pour ses ouvrages, il en oubliait parfois que tous ces officiers faisaient face quotidiennement à la déviance humaine pour nourrir et voir grandir leurs enfants dans un monde qu'ils espéraient meilleur.

-Tu viens Castle ?

Pris en flagrant d'élit de prise de conscience, il se dépêcha de s'engouffrer dans l'ascenseur où Katherine l'attendait.

Maintenant tous deux emportés par l'intimité de cet espace confiné, Rick s'enquit de l'état de sa muse.

-Tu te sens comment ?

-Légèrement stressée mais heureuse de revenir.

Muets et murés dans cette cage d'acier, ils profitèrent des derniers instants de quiétude qui les enveloppait, avant que les portes de l'ascenseur ne s'ouvrent.

Castle, debout derrière sa muse, l'encourageait silencieusement à sortir.

Une main, grande, chaude et bienveillante se déposa dans son dos. Sans même se retourner, elle savait qu'il était là, qu'il était présent et qu'il la soutiendrait.

Le brouhaha éternel du poste se figea pour laisser place aux applaudissements. Toute l'équipe de la criminelle saluait le retour et la bravoure dont avait fait preuve leur supérieure. Bien plus que lui rendre hommage, c'était un moyen de glorifier sa force et son travail.

Mal à l'aise face aux regards admirateurs de ses collègues, elle ne caressa pas la bague de sa mère où elle puisait d'habitude ses forces, elle songea simplement à Rick. Pour elle, elle n'était pas ce héros qu'elle voyait dans les yeux de son équipe car son écrivain revêtait nettement mieux ce costume. C'était grâce à lui, si aujourd'hui, elle se tenait là. Instinctivement, elle se retourna vers lui et trouva son regard protecteur posé sur elle.

Tel un mentaliste sondant l'esprit des gens, Rick dut lire dans ses pensées –ce qu'elle savait maintenant possible- car elle put lire sur ses lèvres un « Always ».

Toujours l'un derrière l'autre, ils se dirigèrent vers son bureau qu'elle retrouvait enfin.

Cette deuxième maison lui avait manqué.

Sa chaise vieillissante, épousant à la perfection son corps qui émettait un léger bruit quand elle tournait dessus. La famille d'éléphant qui, figée dans le temps et dans l'espace, animait son bureau. Ce petit bout de bois, orné d'une plaque en formica où trônait fièrement son rang de lieutenant et enfin la deuxième chaise accolée à son bureau plus qu'utile, c'était un symbole de leur connexion.

-Comment vous allez Boss ? S'enquièrent Esposito et Ryan.

-Je me sens mieux, sourit-elle pour rassurer ses deux collègues qui n'en demeuraient pas moins de vrais amis se souciant de son état.

-Et toi Castle ? S'enquit l'irlandais.

-Mieux que jamais.

-Je vous pose la question même si je devine par avance la réponse. Mon enquête est toujours close ?

Les Bros se regardèrent dans un accord tacite, ils acquiescèrent.

-Ce n'est pas votre faute les gars.

-Tu vas voir Gates ? L'interrogea Ryan.

-Oui. Tu viens Rick ?

Les deux bros les regardèrent, stupéfaits.

-T'as remarqué ? Demanda Espo à son collègue.

-Comment louper ça.

-Tu penses qu'ils sont ensemble ?

-Je ne sais pas… Si c'est le cas, nous ne sommes pas dans la confidence.

-Tu as vu comme ils sont proches, plus tactiles et que dire du tutoiement et des prénoms.

-Après tout, cela fait maintenant trois presque quatre ans qu'ils se tournent autour.

-Oui mais pourquoi ils ne nous l'ont pas dit.

-Tu connais Beckett, elle apprécie que sa vie privée reste privée.

-Oui mais là, on parle de Beckett et Castle… Ensemble, s'exclama le latino.

-Si tu vivais une vraie histoire d'amour, tu comprendrais que ce sentiment peut et se savoure mieux à deux qu'aux yeux de tous.

Esposito ne répondit rien mais les mots de Ryan résonnaient méchamment vrai.

A quelques pas de là, Beckett et Castle faisaient leur rentrée.

-Bonjour Madame ! Saluèrent le duo de choc.

Victoria Gates leva les yeux de ses dossiers pour enfin découvrir les deux enquêteurs les plus productifs de New-York. Si elle avait mené sa propre enquête sur les deux partenaires, elle ne les avait jamais vu en chair en os et pour dire vrai, elle ne s'attendait pas à ça. Le duo était plus qu'atypique : une femme élégante, menue, grande, et élancée, et un écrivain de grande renommée. En somme, l'archétype d'un couple de célébrités mais en rien, deux inspecteurs.

-Lieutenant Beckett. Monsieur Castle.

-Je venais vous déposer ma reprise de travail.

-Merci mais asseyez-vous.

Les deux coéquipiers obtempérèrent.

-Je pense que vos collègues vous ont déjà prévenu mais je tiens ce poste d'une manière bien différente que celle du Capitaine Montgomery. Je vous mets donc en garde. Je ne supporterai pas l'insubordination ni les vendettas, ni les personnages haut en couleur, conclut-elle en regardant fixement l'écrivain.

-Je vois très bien, rétorqua sèchement Beckett qui n'appréciait définitivement pas le ton employé par la nouvelle capitaine.

-Vous pouvez disposer.

-Puis-je récupérer mon insigne et mon arme ?

-Pour l'insigne oui mais pour l'arme vous devez tout d'abord, passer la requalification.

-Sans vouloir vous offenser, je sais manier une arme, je n'ai pas besoin du stand de tir.

-Je crois que je ne me suis pas bien fait comprendre. Mes ordres sont indiscutables, Lieutenant.

Beckett fronça les sourcils de colère et regagna son bureau non sans râler.

Gates venait de jouer la capitaine autoritaire et adepte des règlements mais elle n'en restait pas moins humaine. Ces précédents postes l'avaient contraint à devenir cette femme froide et distante, évitant à tous prix, les familiarités et les rapprochements. D'autant plus que les deux spécimens sous ses ordres semblaient en proie à une véritable dévotion l'un envers l'autre. D'ailleurs, elle soupçonnait qu'ils se tramaient quelque chose de bien plus personnelle qu'ils ne laissaient paraitre. S'ils ne formaient pas déjà un couple, cela ne serait tarder, songea-t-elle. Cette façon dont ils se comprenaient sans un mot, dont ils se défendaient et dont ils se regardaient, prouvait qu'ils étaient bien plus que de simples coéquipiers.

-Elle m'énerve déjà, rouspéta Kate.

-Que devrais-je dire, elle me hait, s'indigna Castle.

-C'est pas grave. Moi, je t'aime bien c'est le principal.

Alors qu'ils discutaient sans même s'apercevoir de la tournure de leur conversation, Javier et Kévin les regardaient, bouches grande ouvertes et dépourvus de sons.

-Qu'est-ce qu'il vous arrive les gars ?

-Vous avez remarqué que vous vous tutoyez et que vous vous appeliez par vos prénoms ?

-Ah ça !

-Qu'est-ce qu'ils peuvent être sensibles ! Plaisanta Castle.

-Aurions-nous loupé quelque chose ? Demanda Esposito à l'affût de la moindre information croustillante.

-Non, simplement après quatre années de partenariat, il était temps que nous arrêtions les ronds de jambes.

Abasourdis par l'aplomb du duo, Esposito et Kevin regagnèrent leur bureau tandis que Beckett reprenait la paperasse tout en guettant les regards amoureux de son équipier.

Cette première journée de paperasse touchait à sa fin. Grâce aux nombreux dossiers qu'elle avait remplie, lu et corrigé, son esprit n'avait pas été embué par son malaise et son mal-être. Et si elle devait être franche, une dernière chose et pas des moindres avait égayé sa journée : Rick, son partenaire et désormais « ami intime ». Elle lui cherchait toujours un qualificatif il n'était plus simplement son ami, mais il n'était pas non plus son petit-ami et encore moins son amant car, ils n'avaient pas encore franchi cette union intime qu'un couple pouvait partager pour se prouver de la plus belle des manières leur amour charnelle.

-Tu es prête ? L'interrogea Rick.

-J'enfile mon manteau et on file.

Ils sortirent du 12th et arrivés devant la Crown Victoria, Castle ne savait sur quel pied danser.

-Tu me ramènes ? Demanda-t-il d'une voix incertaine.

-Pourquoi es-tu si peu sûr de toi ?

-Je ne sais pas… Tu m'impressionnes, tu me fais perdre mes moyens.

Elle rentra dans la voiture et dut ouvrir la portière du côté opposé pour que Monsieur l'écrivain veuille bien prendre place.

-Tu rentres ou tu souhaites vraiment rester sur ce trottoir, plaisanta-t-elle.

L'écrivain ne se fit pas prier.

Le retour au loft fut silencieux ils n'avaient pas parlé.

Déçu que Katherine ne relève pas la révélation qu'il lui avait fait, il s'empressa de se détacher quand la voiture s'arrêta. Décidemment, il se sentait bien seul dans cette relation.

-Tu sais… Je ne suis pas du genre à me confier et encore moins sur mes états d'âme et mes sentiments mais moi aussi tu me fais perdre mes moyens, mes mots… Mais je voulais te remercier pour cette journée.

Bouleversé par les révélations de sa muse, il déposa sa main sur son visage et l'embrassa sur la joue. Comment avait-il pu penser une seconde que leur relation n'allait que dans un sens ?

-Always.

Alors qu'il reprenait sa place, elle caressa sa joue et dans un mouvement commun, ils s'effleurèrent les lèvres. Ni plus, ni moins.

-A demain, souffla-t-il.

Les yeux pétillants, elle le laissa partir. C'était la deuxième fois qu'ils s'embrassaient mais comme la première fois, elle se sentit pousser des ailes. C'était doux, sans arrières pensées, juste la communion de deux êtres. La seule chose qui la fit sourire, c'est qu'elle allait devoir arrêter de l'embrasser uniquement lors des confessions ou des moments intenses. Si la jeune femme en avait conscience, il lui fallait encore un peu de temps pour être totalement en paix avec ses séquelles.

Debout dans son salon, elle observa les lieux. Malgré la décoration à son goût, ses peintures, ses souvenirs, l'endroit était austère, froid. Il manquait cette étincelle pour animer et égayer l'ensemble. Son esprit se mit à tourner, réfléchir et par expérience, elle savait l'opération nulle. Elle cogitait sur tous ses problèmes et la liste était bien trop longue pour que seule ses épaules frêles ne la supporte.

Son état psychologique bien assez perturbé pour la soirée, elle décida d'éviter la douche et toutes ses conséquences pour se coucher immédiatement. Sauf, que comme d'habitude, le sommeil ne venait pas. L'anxiété qu'elle ressentait durant ses cauchemars ainsi qu'à ses réveils conduisait inévitablement à une peur de s'endormir. Elle était tombée dans un cercle vicieux auquel elle n'arrivait plus à se défaire. Le souvenir de ses cauchemars entraînait son cerveau à ne pas revivre ses peurs et donc à ne pas dormir pour éviter tout choc supplémentaire.

Kate se leva et sans même hésiter, elle ouvrit une bouteille avec ce bruit caractéristique du bouchon qui saute et elle but une bouteille de rouge.

Ivre, elle s'endormit.


C'est terminé ! Je ne sais pas comment vous percevez les troubles de Kate, ses changements d'humeurs et d'attitudes mais je suis curieuse de le savoir donc n'hésitez pas à me laisser un petit message avec vos impressions.

A dimanche prochain