Chapitre 3 :Bienvenu à Paris !

Mélanie parvint enfin à rattrapper Mila qui était arrivée première au premier étage de la Tour Eiffel. Elle admirait le paysage quand Mélanie, le teint cramoisie, alla la rejoindre.

- T'en as mis un temps, se moqua Mila.

- La prochaine... pfff... on utilise... l'ascenseur, souffla sa meilleure amie en se tenant les côtes.

- Je déteste les ascenseurs, grimaça Mila, j'ai toujours peur qu'il se coince ou que les câbles se cassent...

Mélanie éclata de rire.

- Mais voyons Mil', les accidents mortels causés par un ascenseur sont rarissimes. Par-contre, les insectes...

Elle frissonna et reprit :

- Allez, le sommet nous attends... et on y va en ascenseur !

Et c'est ainsi que Mila garda les yeux fermés pendant que leur ascenseur les conduisait tout en haut de la Tour. Mila en sortit rapidement, soulagée de sortir de cette " boîte de conserve " et s'avança pour regarder en bas.

- La vaaache ! Ce qu'on est haut ! s'exclama t-elle ravie.

Elles entendirent des clochers sonner 10 heures, Mila regarda sa meilleure amie et lui tendit la main d'un geste élégant.

- Ma chèèèère, roucoula t-elle d'un ton exagéré, je vous souhaite un très bon anniversaire, 11 ans ce n'est rien du tout à ce qui vous attends et patati et patata.

-Mila, ria Mélanie, c'est mal de se moquer... bien que tu fais des imitations comme personne.

Elles éclatèrent de rire. Puis, elles s'intéressèrent aux jumelles qui se trouvaient à la disposition des touristes. Après avoir fouillé leur poches pour en retirer de la monnaie afin de pouvoir les utiliser, elles les glissèrent dans la fente destinée et purent admirer Paris. Malicieusement, Mila fit pivoter ses jumelles vers sa meilleure amie avant de s'écrier :

- Aaaah ! Horreur ! Un monstre géant attaque Paris !

Mélanie se tourna vers elle et, s'apercevant que le monstre c'était elle, elle poussa un cri de rage.

- Tu vas voir toi !

Elle se mit à la poursuivre pendant plusieurs minutes ; Mila était tout aussi rapide qu'elle en plus d'être agile. Comme quoi, faire de la danse peut-être bénéfique. Essoufflées, elles s'appuyèrent contre les rambardes, Mila fit même une reprise du Titanic en grimpant sur l'une des barres et en ouvrant ses bras en croix :

- Mél', je vole !

- Mouais, tu tombes et tu t'écrases, rétorque la brune en repoussant une mèche en rebelle. Et tu ressembles à un as de pique avec tes cheveux dans le désordre.

Mila redescendit en maugréant et arrangea ses cheveux tant bien que mal ; il y eut un léger vent qui soulever ses longs cheveux noirs et ses clochettes émirent un joli son, léger,... Mélanie se retourna et se pencha prudemment au dessus du vide. Houla ! En effet, c'est très haut. Tiens ? Quelque chose attira son attention. Elle retourna aux jumelles et y glissa des pièces. Son comportement étonna Mila.

- Tu peux me dire ce que tu reg...

- Ca par exemple ! s'exclama t-elle, Mila viens voir ! regarde, vite !

Mila regarda dans les jumelles de plus en plus perplexe. Et en voyant ce que voyait son amie, elle comprit aussitôt. Deux boules de lumières bleutées étaient apparues et grossissaient, grossissaient, ... Les touristes, les marchands de souvenirs, les badauds qui se trouvaient aux pieds de la Tour ne pouvaient pas les manquer. D'ailleurs, ils s'étaient figés sur place, comme hypnotisés. Certains utilisaient des portables, des caméras, des appareils photos pour immortaliser l'évènement. Mila put voir un policier crier quelque chose dans son talkie-walkie, sûrement des secours ou d'autres policiers pour qu'ils puissent assister à ce phénomène. A cet instant, le temps limite pour utiliser les jumelles arriva à son terme.

- T'aurais pas des pièces ? demanda Mila.

- Non, j'ai utilisé la monnaie qui me restait dans les poches.

- On fait quoi alors ? On reste ou on descend ?

- Hum... J'ignore de quoi il peut s'agir, réfléchi Mélanie. Personnellement, je ne trouve pas que ça a l'air dangereux.

- Alors on descend, conclut Mila.

Elles se dirigèrent vers l'ascenseur, mais, malheureusement, les portes se refermèrent et il entama sa longue descente. Des touristes paresseux l'avaient appellés. Mila soupira et dit :

- On ira plus vite par les escaliers, surtout si on se dépêche.

- Je suis d'accord, acquiesa Mélanie avant se s'élancer.

Elles descendirent les marches quatre-à-quatre. Elles étaient presque arrivées à la deuxième plateforme - soit au milieu de la tour - qu'une explosion se fit entendre, puis ce fut des cris.

- C'était quoi ça ? demanda Mila d'une voix blanche sans s'arréter de courir.

- J'en sais rien, mais je crois qu'on a bien fait de ne pas prendre l'ascenseur.

Quand elles arrivèrent à la plate-forme, elles se précipitèrent pour voir la raison de l'explosion. Dire qu'elles étaient bouche-bée n'était qu'un doux euphémisme. Leur machoire s'était littéralement décrochée.

- Oh my god, ne put que murmurer Mila.

Une véritable scène de film d'horreur et de science fiction mélangées se déroulaient : les deux boules lumineuses avaient tellement grandies qu'elles formaient deux vortex d'où sortaient des personnes, enfin, l'un des vortex continuait de cracher des hommes aux allures de géants armés de haches, d'épées, de masses et autres armes effrayantes et inconnues. En plus de cela, un gigantesque serpent violet défiait un crapeau tout aussi énorme entouré de fines volutes de fumée. Pire encore, les personnes qui sortaient des vortex commençaient à se battre. Mila les divisa en deux camps : le camp du serpent et le camp du crapaud. Si le camp du crapaud évitait au maximum de blesser les gens qui se trouvaient tout autour d'eux, le camp du serpent ne prenait pas cette peine, au contraire. Une main se posa sur son épaule, elle sursauta et fut rassurée de voir qu'il s'agissait de Mélanie. Cette dernière était blanche comme un linge.

- I-il faut qu'on redescende, bégaya t-elle.

Elles reprirent leur course, non, leur fuite effrénée. Quand elles arrivèrent dans le dernier escalier, le crapeau fut en voyé par un puissant coup de queue du serpent dans le décor, soit sur la Tour. Si, les jeunes filles ne furent pas écrasées par le crapaud, le choc les fit tomber la tête la première et s'écrasèrent lamentablement au pied des escaliers.

- Aieu ! gémit Mila.

- Ouch ! grogna Mélanie, comment ça va Mila ?

- Mal ! T'en poses de ces questions ! Et toi, rien de cassé ?

- Non, juste blessée dans mon amour-propre. Qu'est-ce qui nous est tombé dessus ?

- Euh... je crois que c'était ça, répondit Mila en tendant un doigt tremblant vers le crapaud qui se relevait et qui les avait apperçu.

Ce dernier s'approcha et baissa son énorme tête... où un homme des plus original s'était installé. Jamais elles n'avaient vu un homme avec une telle dégaine : de longs cheveux blancs attachés en queue de cheval, pourtant elles lui donnaient dans les 40 ans et des vétements comme elles n'en n'avaient jamais vus. L'homme leur fit un grand sourire :

- Bonjour ! Comment ça va ?

Elles le regardèrent sans rien dire, au même moment le crapaud s'adressa à lui :

- Jiraya, on ferait mieux de retourner au combat.

Les jeunes filles le regardèrent, incrédules, se regardèrent, regardèrent de nouveau le crapaud...

- Kiiiiiiaaaaaah ! hurlèrent-elles avant de se sauver aussi vite que si le diable en personne s'était lancé à leurs trousses.

- Un crapaud nous a adressé la parole, un crapaud nous a adressé la parole, un crapaud nous a adressé la parole,... répéta inlassablement Mila, sous le choc.

Et, comble de malchance, des hommes du camp des serpents les aperçurent de loin et s'avancèrent vers elles à pas de loup ; Mila se tourna vers Mélanie :

- Mél, cours chercher la police, l'armée, le FBI, les Men in Black, n'importe qui, moi il faut que je retrouve Ted et Isabella.

Avant que Mélanie ne s'oppose à sa décision, elle disparu dans la cohue. Mélanie tenta en vain de la rejoindre quand une main se posa brutalement sur son épaule.

- Tu es bien loin de chez toi, ma jolie, dit la voix grave d'un mercenaire.

Mélanie se crispa et malgré elle, pensa "et c'est reparti ".