Auteur : verityburns ( u/2494960/verityburns )

Titre : The Road Less Traveled (Le chemin le moins fréquenté)

Genre : Romance/Humour

Résumé : Sherlock se rend compte que la vie amoureuse de John implique un niveau de risque inacceptable... et si il rencontrait une femme plus tolérante que la moyenne et finissait par se marier ?

Pairing : Sherlock/John

Rating : M

Disclaimer : L'univers appartient à ACD et aux créateurs de la série, et l'histoire à verityburns.

Avertissements : Traduction & fic slash assez graphique (traitant de relations amoureuses et sexuelles entre garçons).

Merci encore à clina pour sa review!

Hop le chapitre 4, avant que ça ne fasse plus d'une semaine ^^ Par contre désolée, je crois que verity est adepte des cliffhangers...


Chapitre 4 : Rendez-vous

POV John

La dernière semaine avait été l'une des plus bizarres de ma vie et, sachant que j'avais passé ma jeunesse avec une sœur alcoolique, lesbienne et diva, c'était dire.

Depuis que j'avais défendu Sherlock devant Lestrade et compagnie, son comportement était devenu de plus en plus étrange. C'était comme si on avait appuyé sur un interrupteur dans son cerveau et que j'étais soudainement passé de bon ami et collègue à une sorte de doudou personnel. C'était à peine s'il pouvait passer une heure ou deux sans me toucher d'une manière ou d'une autre et sans être bizarrement attentionné, enroulant sa propre écharpe autour de mon cou avant qu'on sorte et cessant même l'une de ses expériences les plus nocives quand je m'étais plaint en disant que les fumées me donnaient mal à la tête.

N'ayant jamais été respectueux de l'espace vital et de le vie privée, il se tenait à présent constamment juste un peu trop près, lisant par-dessus mon épaule ou s'appuyant contre moi sur le canapé. Quand il ne me touchait pas, il se contentait de me fixer franchement, m'observant comme si j'étais un puzzle particulièrement intéressant qu'il n'avait pas encore réussi à résoudre. Il était clair que le fait que j'ai pris verbalement sa défense avait vraiment touché une corde sensible – j'avais été re-catégorisé quelque part dans son immense cerveau et on dirait qu'il ne savait pas vraiment quoi faire de moi.

J'avais pensé à essayer de lui parler de la notion de comportement inapproprié, mais le simple fait de me demander comment engager cette conversation gênante avait suffi à m'en dissuader. À la place, j'avais agis en accord avec mon genre et avais pris la ferme décision d'ignorer le problème jusqu'à ce qu'il disparaisse – avec un peu de chance, il résoudrait le quelconque problème mental que ma loyauté lui avait causé et nous pourrions retourner à la normale et nous écarter de ces insinuations perturbantes à propos de douches communes.

ooo

Toutes ces pensées tournoyèrent dans ma tête quand la main de Sherlock effleura ma joue au restaurant. Je regardai autour de moi… nous étions entourés de couples. Nous n'étions pas assis à côté des fenêtres pour avoir une couverture pendant que Sherlock gardait un œil sur quelque chose dans la rue. Il n'avait l'air d'observer aucun des patrons ou des membres du personnel – en effet, son regard s'était à peine détaché de moi pendant tout ce temps, et il avait à peine tourné la tête pour commander la nourriture. Il avait réellement mangé un repas, ce qui indiquait comme j'aurais dû le réaliser plus tôt qu'il n'était pas au milieu d'une affaire. Ses actes durant la semaine passée – les contacts, l'invasion de l'espace vital, l'attention, c'était comme si ma perception était secouée dans un globe de neige et qu'au moment où les flocons retombaient, le tableau avait totalement changé…

« Est-ce que c'est un rendez-vous ? » lui demandai-je.

Il eut l'air blessé. « Eh bien, nous sommes tous les deux, » fit-il remarquer, « et nous sommes sortis ensemble, » ajouta-t-il ensuite, avant de me présenter l'air le plus abattu que j'avais jamais vu. « Tu ne t'amuses pas ? »

Il me regarda avec ses grands yeux, qui en vérité semblaient être devenus vitreux; il avait l'air si dévasté. C'était comme si j'avais écrasé son chien pour ensuite reculer et lui repasser dessus.

J'ouvris la bouche, ne sus pas quoi dire, et la refermait. Cela sembla me convenir puisque je recommençais. Peut-être deux fois. Finalement, je réussis à sortir un pathétique, « Mais tu as dit que tu étais marié à ton travail ! »

« Nous nous étions à peine rencontrés quand je t'ai dit ça, John, » marmonna-t-il, baissant les yeux pour peut-être la première fois de la soirée. « Comment aurais-je pu savoir à ce moment-là ce que tu finirais par représenter pour moi ? »

Ce que je finirais par représenter pour lui ? Oh, seigneur ! Je n'étais pas équipé pour faire face à cette conversation en étant assis à une table tranquille au milieu d'un restaurant romantique.

« Est-ce qu'on peut rentrer maintenant ? » lui demandai-je, un peu désespérément, me demandant comment diable j'allais gérer ça.

« Absolument ! » s'exclama-t-il, faisant un grand sourire et demandant l'addition, la lueur dans ses yeux me rendant plus qu'un peu nerveux.

Le chemin de retour fut extrêmement inconfortable. Une fois, quand j'étais ado, j'étais entré dans notre salle à manger pour trouver la fille sur laquelle j'avais flashé pendant des semaines assise à la table le rouge aux joues. C'était un peu avant que je me rende compte que ma sœur était sous la table, et qu'elle n'y était pas descendue pour chercher ses lentilles de contact. Ouais, cette marche était bien plus inconfortable que ça.

Une fois que nous eûmes quitté le restaurant, avançant rapidement pour échapper à la main que Sherlock persistait à poser dans le bas de mon dos, je paniquai soudain à l'idée qu'il allait essayer de me prendre la main, ou de faire quelque chose de tout aussi inapproprié. Je mis rapidement mes gants, puis plongeai mes mains au fond de mes poches, marchant à vive allure, mais ses longues jambes me rattrapèrent en seulement quelques pas.

Il haussa un sourcil face à mon attitude défensive, puis fourra son bras sous le mien et m'attira fermement contre lui. Je baissai la tête, priant pour que nous ne rencontrions pas quelqu'un que je connaissais, et essayant de me pincer furtivement pour m'assurer que ce n'était pas une réalité alternative bizarre dont mon subconscient avait rêvé après que j'aie mangé trop de fromage pour la soirée. Mais non – j'étais bel et bien en train d'être remorqué à la vitesse de l'éclair par mon génie de colocataire fou, qui semblait avoir découvert les émotions pour la première fois de sa vie et n'avoir aucune idée de ce qu'il devait en faire.

Lorsque nous fûmes arrivés à l'appartement, j'hésitai un moment, puis je me souvins que j'étais anglais et me dirigeai tout droit vers la bouilloire. Je marquai une pause, envisageant de boire quelque chose de plus fort, ce dont j'avais sans aucun doute besoin, mais changeai d'avis car j'aurais besoin d'avoir toutes mes facultés pour gérer le dernier délire de Sherlock.

Alors que j'allais vers l'évier, bouilloire en main, je vis Sherlock accrocher son manteau de son habituel geste dramatique avant de se retourner et, il n'y a pas d'autre mot, de me prendre comme proie. Je contournai la table par le chemin le plus long pour remettre la bouilloire sur le feu, mais il continua de me suivre, alors je fis de nouveau le tour, faisant mine d'aller chercher des tasses propres. La situation devenait clairement ridicule et après un dernier tour il s'arrêta en soufflant, s'appuyant contre l'autre côté de la cuisine et me regardant d'un air contemplatif.

« Du thé ? » proposai-je, de mon ton le plus normal possible, qui ne tromperait personne.

« S'il le faut, » répondit-il avec désobligeance. Il continuait de me fixer, mais au moins était immobile avec un obstacle solide entre nous.

Je tentai de mettre de l'ordre dans mes idées avant de poser son thé devant lui et de m'appuyer contre le plan de travail, enserrant ma propre tasse.

« Sherlock, » commençai-je, puis mon esprit, peu coopératif, se vida. Je réessayai. « Écoute, je sais que ce qui est arrivé la semaine dernière, avec cette histoire d'"être de ton côté", a l'air de t'avoir… » Je m'arrêtai, essayant de trouver une façon plus gentille de formuler mis complètement à côté de la plaque, avant de me décider pour, « affecté. »

Il haussa légèrement les sourcils, mais ne dit rien.

Je développai. « Manifestement, tu n'as pas l'habitude d'avoir quelque chose qui ressemble à des amis et je pense que peut-être te rendre compte que tu as maintenant, en fait, quelqu'un qui est prêt à prendre ta défense, a causé… » De la folie ? Du dérangement ? De la psychose ? « De la confusion. »

Il avait sans aucun doute l'air confus maintenant, alors peut-être que j'étais sur la bonne voie. « Si tu n'es pas habitué aux sentiments d'amitié et de loyauté, alors il se pourrait que tu les prennes à tort pour quelque chose d'autre. Après tout, l'affection a beaucoup de formes et, si tu n'as pas beaucoup d'expérience, tu peux facilement t'emmêler les pinceaux et les mélanger un peu. »

Je m'arrêtai avec hésitation, mais ensuite son visage s'éclaira avec la compréhension – j'y étais ! « Tu ne crois pas que tu devrais prendre un peu de temps pour réfléchir à ce que j'ai dit, avant de faire quoi que ce soit d'autre ? Essayons de revenir à la normale pour un moment, hein ? »

Il était tout à fait rayonnant maintenant et je me détendis un peu, sirotant mon thé et espérant que le pire était passé et que nous pourrions mettre cet incident derrière nous et ne jamais, jamais en reparler.

« C'était fantastique, John, » déclara-t-il, pendant un étrange instant de renversement des rôles. « Bien raisonné, logiquement déduit et démontrant une fois de plus quel véritable ami tu es, ne voulant pas que je me précipite dans des actes que je pourrais finir par regretter. »

Je terminai mon thé et me déplaçai vers l'évier pour rincer ma tasse, soupirant de soulagement et essayant de laisser la fatigue de cette soirée s'en aller avec l'eau sale.

« Il y a juste une chose que tu as négligée, John. » Je levai les yeux avec panique lorsque sa voix se rapprocha – il chassait encore et cette fois je n'avais nulle part où aller, puisqu'il m'accula contre le plan de travail.

« Tes déductions, » dit-il, son bras droit surgissant pour empêcher ma tentative de déplacement sur le côté, « bien que bien pensées, » continua-t-il, son bras gauche se levant pour me garder en place, « sont, comme d'habitude, » il se pencha en avant, ses yeux exerçant une sorte d'hypnose sur moi, « complètement, » son regard tomba sur ma bouche, « et parfaitement, » ses lèvres n'étaient qu'à un centimètre des miennes à ce moment-là et je pouvais sentir son souffle sur mon visage, « fausses, » termina-t-il, avant de supprimer la distance.