Titre : Cicatrices
Auteur : Antinea
Disclaimer : les personnages appartiennent à J.K. Rowling et autres maisons d'édition…
Couple : HD, à venir
Note : chapitre 3, qui comme promis est plus long que le 2...
Chapitre 3
Harry se réveilla avec le très désagréable sentiment de ne pas savoir où il se trouvait.
Les tentures vertes et or tendues sur les murs ne ressemblaient certainement en rien aux murs blancs de St-Mangouste qu'il avait eu le plaisir de voir et de revoir chaque matin ces dernières semaines...
Et, pour rendre les choses encore meilleures, il avait la gueule de bois.
Se levant précautionneusement du lit immense et, il devait bien l'avouer, très confortable, il s'avança de quelques pas dans la large pièce qu'il se mit à observer. Lit à baldaquin, tables de chevet de chaque côtés, armoire imposante, coiffeuse dans un coin, tentures au mur... le tout dans des tons vert et or. Définitivement pas Sainte-Mangouste, ni sa chambre à Place Grimmault, encore moins chez les Weasley...
Il n'était probablement pas prisonnier, vu que le luxe qui l'entourait, et puisque de toute façon la guerre était terminée...
Alors qu'il tentait de répondre à la question, pourtant simple, de son emplacement, il se remémora soudain de ce qui l'avait amené ici...
Chez Draco Malfoy.
oOo Falsh-back de la veille oOo
Il n'en pouvait plus. Presque un mois qu'il était cloîtré à Ste-Mangouste, avec rien d'autre pour s'occuper que les visites des uns et des autres.
Il était à deux doigts de l'explosion.
Il avait réussi, une fois seulement, à déjouer la surveillance du personnel médical pour se rendre aux funérailles de Dumbledore. Hermione et Ron avaient été fâchés, (sans parler de la crise d'hystérie que l'infirmière en chef lui avait fait à son retour) mais avaient néanmoins compris son désir de rendre, comme tout le monde, un dernier hommage au sorcier.
Des tests sans fins étaient effectués chaque jour sur lui. Quel intérêt puisque tous les médicomages admettaient ne rien pouvoir faire pour lui à ce jour ? Il voulait juste maintenant qu'on le laisse tranquille. Hélas, personne ne semblait comprendre son désir.
Le monde sorcier était plus ou moins encore en pagaille. Des mangemorts courraient encore les rues, et il n'y avait pas suffisamment d'aurors pour leur courir après.
Les élections pour le poste de Ministre de la Magie allaient bientôt avoir lieu. Pour Harry, cela signifiait que tous les jours, -ou presque-, il devait subir les visites d'hommes politiques désireux de s'affirmer au pouvoir. Ils pensaient sans doute que celui qui aurait l'approbation du survivant avait le plus de chances de devenir ministre... Oh, certains avaient peut-être les meilleures intentions du monde. Mais Harry, lui, s'en moquait. Tout ce qu'il voulait, c'était un peu de paix. Qu'on le laisse tranquille, qu'il puisse panser ses blessures en solitude...
Mais non, tous les jours, c'était un vrai cirque. Harry Potter par là, Harry Potter par ci... Certes, il avait éliminé Voldemort. Mais il ne l'avait pas fait seul, et ça tout le monde semblait l'oublier très commodément...
Le défilé avait commencé quelques semaines auparavant, lorsque Cornélius Fudge était venu le voir pour, soi-disant, s'enquérir de son rétablissement. Harry avait été si dégoûté par les manières mielleuses de l'incompétent qu'il s'était fait un plaisir de lui rabattre son caquet en sussurant quelques réflexions bien placées. Accessoirement il avait laissé entendre que Draco Malfoy, lui, avait ses faveurs et que Fudge ferait bien de s'en rappeler s'il voulait gagner celles du survivant...
Après son départ, Harry avait déchanté et s'était sentit nauséeux. Il avait fait exactement ce qu'il s'était promis de ne jamais faire. Utiliser sa renommée pour atteindre des objectifs personnels. Jouer leurs jeux de pouvoir. Enfin, une chose au moins sortirait de cet entretien. Les chances de Malfoy de retrouver son patrimoine avaient été multipliée par dix.
Merci qui ? Merci Harry, encore une fois.
Oui il était amer.
Oui il en avait marre...
La voix d'Hermione résonnant dans le couloir le fit soudain sortir de ses pensées. Supposant que son amie était venue le voir, il se leva avec l'intention de la rejoindre. Toute excuse était bonne pour quitter ne serait-ce qu'une seconde sa chambre blanche. Une deuxième voix se fit alors entendre, et il arriva à la porte juste à temps pour voir Hermione et son médicomage entrer dans une pièce au fond du couloir.
Vérifiant que le passage était libre de tout témoin, il se déplaça rapidement, avec l'agilité que des années de guerre lui avaient donné, et s'approcha de la porte, s'accroupissant et y collant son oreille pour espionner la conversation. Il savait que le personnel de l'hôpital ne lui disait pas tout concernant son état de santé. Ce n'était pas vraiment des mensonges, oh non, juste... des omissions. Pour son bien, bien entendu. Il entendit la voix de son médicomage, feutrée, qui faisait part à Hermione des dernières nouvelles.
- Les dommages physiques... Et bien, ceux qui ont pu être guéris l'ont été. Maintenant, il y a certaines cicatrices que seul le temps pourra adoucir, et il est très peu probable qu'elles disparaissent jamais.
Harry serra les poings. Il le savait déjà, mais cela faisait toujours mal à entendre...
- Nous le gardons ici principalement pour les dommages faits à son esprit, continua l'homme. Harry Potter est... hum... disons instable, tous les tests psychologiques que nous lui avons fait passer le prouvent.
- Mais avec du temps...
- Certes, le temps est un facteur clé dans sa guérison. Mais nous ignorons également l'ampleur du champ d'action du dernier sort lancé par Vous-savez-qui. Nous ne savons pas ce qu'était ce sort, mais les recherches avances, et...
Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir adjacent et il se dépêcha de regagner sa chambre à pas de loups.
C'est en le laissant enfermé avec d'autres malades qu'ils espéraient qu'il aille mieux ? Ils ne voulaient tout simplement pas perdre le vue le sauveur. Qui savait, dans l'état d'esprit où il se trouvait, ce qu'il serait capable de faire ? songea t-il cyniquement.
Que des hypocrites...
Son instabilité, à son avis, n'était pas tant dûe à Voldemort qu'au fait d'être enfermé ici.
Quelques minutes plus tard, Hermione le rejoignit, boîtant légèrement. La cheville droite de la jeune femme avait été brisée, mais rien que le temps et la magie ne pouvaient totalement guérir. Elle lui adressa un petit sourire et s'installa face à lui.
- Alors, comment tu vas ?
- Comment veux-tu que j'aille ? rétorqua t-il sombrement.
Elle ne se laissa pas démonter et répondit :
- Je veux que tu ailles mieux...
- C'est impossible.
- C'est possible, rétorqua t-elle avec force, tu dois juste prendre patience et laisser faire le temps. Laisser faire les médicomages, aussi, le docteur m'a dit que tu étais loin d'être un patient modèle.
- Heureusement. Un patient modèle pour eux ressemblerait davantage à Neville, marmonna t-il.
- Oh, Harry... Ne dis pas ça...
Le silence s'installa, pesant.
- Ron n'est pas là ? finit-il par dire.
- Il... Il avait rendez-vous au ministère. Pour une place d'auror. Tu sais que beaucoup sont morts dans les derniers combats...
Harry savait. Et il pensait qu'il aurait mieux fait de faire partie du lot...
- Je n'aurais pas du survivre.
- Tu dis n'importe quoi, enfin ! Bien sûr que tu devais survivre, et heureusement que tu l'as fait. J'aurais été inconsolable, sinon...
- D'autres aurait davantage mérité...
- Arrêt ça !
La colère commençait à poindre dans la voix d'Hermione.
- Il te reste encore beaucoup de choses à faire, Harry !
- Comme quoi ?
- Reconstruire ta vie, peut-être ?
Il ria. Jaune.
- Ma vie ? Je n'en avais déjà pas avant, Hermione. A moins que tu considères que s'entraîner nuit et jour, élaborer des stratégies, rassembler des informations, se méfier de tout le monde, ça c'était une vie ?
Hermione secoua la tête.
- Tu peux encore choisir une carrière, te marier, avoir des enfants...
Harry renifla dédaigneusement.
- Mais bien sûr. Avec le visage que j'ai ? Les gens ont du mal à me regarder en face. Ils sont dégoûtés par ce qu'est devenu le Survivant... Je crois bien qu'il n'y a plus que les type du genre de Fudge qui essaient de me plaire.
- Les gens te regardent parce que tu es le survivant. Cela n'a rien à voir avec... avec...
- Tu vois, même toi tu n'arrives pas à en parler...
Sa voix se fit murmure et il se détourna d'Hermione.
La jeune fille secoua la tête en le regardant, désolée.
- Tu as ta place ici, dans ce monde... chuchota -elle.
Quelques minutes passèrent, et voyant qu'Harry s'était définitivement renfermé sur lui-même, elle finit par se lever.
- Tu sais, c'est la beauté intérieure qui compte, Harry. Je... je repasserais demain, ok ?
N'obtenant aucune réponse, elle s'en alla.
Harry prit sa décision. Il allait partir. Où, il l'ignorait encore, mais il était hors de question qu'il reste ici une minute de plus. Il n'allait pas rester là à attendre qu'on se serve de lui comme une vulgaire marionnette, que ce soit par des politiciens ou des docteurs... Il n'allait pas jouer leur jeu, et il allait reprendre sa vie en main à sa façon, selon ses propres règles...
Il reviendrait quand il en aurait envie, songea t-il.
SI il en avait l'envie.
Et ainsi, adieu les regards emplis de pitié, d'horreur, et de fausse compassion...
Quitter Sainte-Mangouste n'était pas plus difficile que de s'échapper d'une planque de mangemorts, et Harry avait déjà fait ça. Pour transplaner, il suffisait juste de sortir du bâtiment ou de se trouver aux urgences, là où les sorciers amenaient leurs blessés.
Puisque les sorties, fenêtres et autres, étaient gardées par des barrières magiques que nul ne pouvait traverser sans en avertir le personnel, il opta pour les urgences.
Il emprunta un fauteuil roulant et se recroquevilla dedans, drapant une couverture autour de ses épaules qui lui couvrait une bonne partie du menton. Baissant la tête, il imita le comportement des quelques malades trop souvent touchés par des cruciatus (pas suffisamment cependant pour finir comme les Londubat) : secoués de spasmes, marmonnant à soi-même, fuyant le contact des autres.
Sa stratégie fut payante, personne ne songea à lui demander des comptes à un quelconque moment. Surtout, personne ne le reconnu.
Il arriva enfin à l'aile de l'hôpital qui gérait la plus occupée, sentant les barrières magiques se dissoudre à cet endroit. En un centième de seconde, il disparu.
Il s'arrêta à Place Grimmault, prit quelques affaires personnelles (sa cape d'invisibilité, une cape normale, quelques vêtements ...) et de l'argent, et repartit sans trop savoir où il voulait se rendre.
Il atterrit, il ne se souvenait plus comment, au Chaudron Baveur où, à l'abri des regards sous sa cape, il s'était mis à se cuiter consciencieusement.
Il ne savait pas comment il avait fait, dans un état d'ébriété aussi avancé, pour arriver chez Malfoy.
Il ne savait pas comment il en était arrivé à la décision de VENIR chez Malfoy.
Quant à ce qu'il avait bien pu lui raconter pour le convaincre de le laisser passer la nuit ici...
Il ne VOULAIT pas le savoir.
Dès qu'il verrait Malfoy, il le remercierait et s'en irait. Point barre.
oOo Fin du flash-back oOo
Il s'étira longuement. Il avait visiblement dormi dans ses vêtements, mais une âme charitable lui avait tout de même ôté ses chaussures. Il rêvait d'un bain, et d'une potion anti-gueule de bois. Soupirant, il se dit que rester dans cette chambre ne ferait rien avancer, et il se décida à s'aventurer dehors. A peine venait-il d'ouvrir la porte qu'un elfe de maison apparu devant lui.
- Melly est au service de Monsieur. Monsieur veut-il quelque chose ?
Harry, surpris, contempla la petite créature. Evidemment que Malfoy avait des elfes de maisons... Il se souvenait même vaguement d'en avoir maltraité certains la veille au soir.
- Heu... une potion contre le mal de tête ?
- Sur la table de nuit de Monsieur.
Harry se retourna et aperçut effectivement la fiole et le verre posé sur le meuble. Il avait été trop pris par ses réminiscences pour s'en rendre compte avant. Faisant demi-tour, il empli le verre et en avala rapidement le contenu, grimaçant à cause du goût détestable. Fort heureusement, elle était diablement efficace.
- Autre chose monsieur ?
- Je voudrais prendre un bain...
Un geste de la créature et une porte, jusqu'ici invisible, s'ouvrit. Harry s'avança et découvrit dans une somptueuse salle de bain, une baignoire emplie à ras bord d'eau parfumée.
oOo
Harry soupira de bien-être. Draco Malfoy savait recevoir. Après un bain délectable, l'elfe l'avait conduit dans une salle à manger, où un petit déjeûner gargantuesque l'attendait. Il s'était régalé de fruits exotiques et de patisseries fines à ne plus pouvoir boutonner ses pantalons.
Personne ne lui avait fait la moindre remarque ni demander quoi que ce soit. Il n'avait pas eu à subir la ronde des médicomages et infirmières, le cirque des politiciens, ni les étouffantes attentions de ses proches.
C'avait été une matinée merveilleuse.
Finalement, Harry Potter n'était pas si pressé de partir.
oOo
Au bout de deux heures à peine, Harry était déjà moins heureux.
Il avait erré dans le manoir pendant un bon moment, réalisant que mis à part le terrier et Place Grimmauld, il n'avait jamais mis les pieds dans une autre demeure sorcière. Les pièces étaient emplies d'artefacts étranges le laissant souvent profondément perplexes, au milieu d'autres objets plus familiers, notamment les innombrables tableaux de centaines générations de Malfoy. Finalement, au bout de deux heures, l'impression d'avoir tout vu et de ne plus pouvoir être surpris par rien s'était installé, exigeant qu'il trouve une occupation.
De plus, une seule chose l'avait profondément irrité durant ses déambulations. Le manoir Malfoy possédait un nombre affolant de miroirs.
S'ennuyant à mourir, il décida de se mettre à la recherche du maître de maison. Le seul problème étant qu'il avait visité une bonne partie du manoir sans y apercevoir une seule fois le blond. Las d'errer sans but, il appela Melly, qui apparut bruyamment.
- Monsieur Harry Potter désire t-il quelque chose, Monsieur ?
- Où est Malfoy ?
L'elfe sembla hésiter à répondre, une expression indéchiffrable sur sa figure. Elle finit néanmoins par répondre :
- Le maître se trouve dans les jardins, Monsieur.
Ah. Il pouvait toujours chercher le blond au manoir. Il se demanda si Malfoy s'était exilé là-bas pour l'éviter.
- Emmène moi là-bas.
L'hésitation apparut de nouveau, mais Melly obéit néanmoins. Harry la suivit jusqu'à l'extérieur de la demeure, et jusqu'à un endroit à l'arrière où, au détour d'un massif de fleur, il aperçut son hôte.
- C'est bon, tu peux me laisser.
L'elfe disparut promptement. A plusieurs mètres de Harry, Draco Malfoy était installé sur ce qui devait être la version sorcière du transat, à l'ombre sous une tonnelle fleurie, une expression pensive sur le visage. Une table en bois mettait à sa portée une bouteille et un verre.
Harry entreprit de s'approcher à pas de loups, voulant continuer à observer le blond à son insu autant qu'il le pouvait. A quelques mètres, une voix le surpris et le fit s'arrêter.
- Potter.
Il resta un instant interloqué, puis rejoignit le jeune homme.
- Comment savais-tu que c'était moi ? lança t-il nonchalamment.
- J'ai placé des barrières magiques tout autour de moi.
Harry fronça les sourcils. Il ne les avait pas sent... Draco reprit, la voix dédaigneuse.
- Sérieusement, Potter, tu es le seul être humain au manoir à part moi, et tu es tellement gros qu'on t'entend venir à des kilomètres.
Harry était sûr de ne pas avoir fait de bruit. Mais considérant la situation de Malfoy, ses sens s'étaient certainement déjà affinés pour compenser la perte de sa vue. Regardant autour de lui, il chercha un objet à transfigurer en chaise. N'en trouvant pas, il transforma un arbuste et s'assit dessus. Le silence s'installa, incomfortable. Malfoy jouait avec son verre, le visage orienté droit devant lui. Harry ne le voyait que de trois quart. Finalement, il finit par s'éclaircir la gorge et marmonner :
- Merci pour le... euh... tout.
Draco balaya ses remerciements d'un geste insouciant de la main.
- Ne me remercie pas. Ce n'est pas comme si tu m'avais laissé ou non le choix de te recevoir.
Harry fronça les sourcils. Qu'avait-il bien pu dire à Malfoy ? Se pouvait-il qu'il ait parlé de son entrevue avec Fudge ? Il allait dire quelque chose lorsque Draco le devança.
- Tu peux rester ici quelques temps, je suis sûr que personne ne pensera à te chercher chez moi ; mais ne prends pas racine quand même, je n'aime pas ta compagnie.
- C'est réciproque, marmonna le brun.
Néanmoins, il considéra sérieusement l'offre de Draco. Quoi qu'il ait pu dire au blond, il avait véritablement besoin d'un endroit où se poser, histoire de mettre un peu d'ordre dans sa vie-inexistante- et dans sa tête...
Si Malfoy lui offrait l'asile, il n'allait pas refuser. En attendant, le silence s'installa, aucun des deux ne sachant quoi dire à l'autre.
Pris d'une impulsion subite, Harry s'avança dans son siège et tendit la main, s'emparant de la bouteille pour en avaler une gorgée... Gorgée qu'il recracha presque aussitôt, la gorge en feu.
- Bonté divine, Potter, n'as-tu donc vraiment aucun savoir vivre !
Le visage de Draco s'était tourné vers lui et était crispé en une expression de dégoût et d'indignation. Harry toussa.
- Merlin, qu'est-ce que c'est que ce truc ?...
Il regardait la bouteille d'un air éberlué. Il n'avait jamais rien gouté d'aussi fort...
- Ceci, Monsieur-je-ne-connais-pas-l'expression-"bonnes-manières", est du rhumenfeu... Ca se boit en petite gorgée. Oui, ça arrache, mais c'est fait pour être dé-gus-té...
Malfoy leva son verre en un toast ironique, et secoua la tête, un sourire méprisant aux lèvres.
- Vraiment, Potter...
Harry se contenta de conjurer un verre et se resservit. Cette fois-ci, il prit son temps pour apprécier le liquide. L'effet était vraiment fort, il sentait déjà des bouffées de chaleur le prendre. Il se demanda pourquoi Draco n'avait pas l'air plus ivre que ça.
De verre en verre, il se sentait se détendre. La voix traînante de Maloy vint mettre fin à son moment de calme.
- Plus d'un mois à Sainte-Mangouste... Finalement remis, Potty ?
Harry serra les dents.
- Les médicomages ne peuvent plus rien faire pour moi. Autant qu'ils laissent tomber.
- Hm. C'est si terrible que ça, alors ?
Il semblait indifférent, et Harry se crispa.
- Estime toi heureux de ne pas pouvoir me voir… lança t-il, la voix débordant d'amertume.
- Je préfèrerais avoir encore mes yeux et être obligé de subir ta vue nuit et jour que de vivre dans le noir constant, alors même que je peux sentir la caresse du soleil sur mon visage… rétorqua Draco dans un accès amer d'agitation qui le laissa le souffle court.
Harry se renfrogna. Certes, il ne souhaitait la cécité à personne, néanmoins...
- Sans doute, mais...
- Je t'en prie, Potter, lâcha Draco d'un ton exaspéré, ne t'apitoies pas sur ton sort, tu ne peux pas être plus laid que ce que tu étais déjà auparavant...
Harry renifla cyniquement. C'était bien une réponse digne de Malfoy, ça. Il ne put s'empêcher de dire :
- Serais-tu prêt à parier ?
Pour toute réponse, Draco se leva et s'approcha du survivant. Levant les mains à l'aveuglette, il trouva le visage d'Harry, qui se statufia. Fermant les yeux pour ne pas voir l'expression de dégoût qu'il était sûr de voir apparaître sur les traits du blond une fois qu'il aurait compris l'ampleur des dégâts, il attendit le verdict.
Les doigts fins se mirent à errer sur le visage et palpèrent les traits avec une certaine douceur, plutôt inattendue... Son front, l'arcade sourcillière, le tour de sa mâchoire, son nez...
La joue gauche, un peu piquante, parce que recouverte d'une barbe de deux jours...
La joue droite, recouverte de tissu cicatriciel.
Les doigts ne ralentirent pas dans leur paresseuse exploration.
- C'est bien ce que je disais, déclara finalement Malfoy en ôtant ses mains. Aussi laid qu'avant, Potter.
Etrangement, Harry se sentit réconforté.
oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
à suivre.
Povre Ryry et Drackie... Ce n'est qu'arrivé au fond du lac qu'on peut donner l'impulsion pour remonter. Selon vous, sont-ils suffisamment enfoncés ?
je suis pas sûre...
désolée si j'ai laissé traîné quelques fautes.
Les reviews me font plaisir et me poussent à écrire. Donc, allez-y à coeur joie...
