Bonjour

Voici la suite, toujours plongé dans le passé de nos doubles.

Merci pour vos reviews, ils m'ont bient motivé à écrire la suite.

Bonne lecture

Chapitre 3 : Ce sont des personnes dangereuses

Huit ans plus tard

Les jumeaux couraient à travers les couloirs de la demeure, se prenant les pieds dans l'épais tapis de velours. L'heure de la leçon était depuis longtemps passé, mais aucun des deux élèves n'était en classe. Comme toujours, ou presque, ils étaient en retard. Mais pour leur défense, il fallait bien admettre que ces cours étaient d'un ennui mortel.

Alors qu'ils arrivaient en bas de l'escalier et s'apprêtaient à faire un dérapage contrôlé sur le carrelage, Harry s'arrêta et se pencha en avant pour refaire ses lacets. Devant lui, Seamus s'arrêta et se mit à danser d'un pied sur l'autre comme s'il avait envi d'aller aux toilettes.

« Allez, dépêches-toi ! Ce vieux fou va encore s'énerver si on arrive en retard à son cours. »

« Mais on est en retard, » riposta le brun qui s'emmêlait dans ses fils. « Attends-moi ! »

Pour toute réponse son frère grogna, mais il ne bougea pas. Jamais il n'aurait pu partir et le laisser seul. Harry se redressa et la course reprit de plus belle, les emmenant toujours plus loin dans les entrailles de la maison.

Il existait entre ces deux là une loyauté et un amour sans faille. Ils étaient leurs seuls amis. Ils n'avaient pas besoin de rechercher la compagnie des autres enfants puisqu'ils étaient déjà deux. Pourtant, leur père leur avait présenté de nombreux autres enfants « bien nés », des compagnons de jeu issu de la bonne société et acceptable pour leur condition. Rien n'y faisait, ils les rejetaient tous.

La nuit, avant de s'endormir, ils passaient de longues heures à se raconter leurs futures vies. Bien sûr ils possédaient chacun leur propre chambre. Le manoir était bien assez grand pour que chacun de ces habitants ait ses appartements. Ça ne les empêchait pas de se retrouver en cachette une fois leurs parents couchés. Harry se couchait dans le lit de son frère où il finissait toujours par s'endormir.

Seamus, l'aîné de quelques minutes d'après les papiers, deviendrait à sa majorité, à dix-sept ans dans leur monde, gouverneur à la place de leur père. Il aurait une belle femme, choisi par ses parents, et au moins deux enfants. Des jumeaux, comme eux, pour qu'ils puissent connaître le même bonheur de grandir avec un ami. Il ferrait construire des routes, des écoles. Il bâtirait des aéroports, des gares à profusion pour favoriser le commerce et faire de sa ville la plus prospère du pays. Et son frère serait toujours là pour l'aider.

Bien sûr Harry aussi se voyait marié à une splendide jeune femme et père de plusieurs enfants. Il deviendrait le conseillé de son frère et le guiderait dans tous ses choix. Ils allaient former une équipe de choc que rien ni personne ne pourrait arrêter.

Ils ne s'imaginaient pas une autre vie que celle qu'ils s'étaient tracés dans le secret de la nuit. Comment le destin aurait-il pu les séparer ?

Ils arrivèrent enfin devant la double porte du bureau où les attendait leur professeur. Seamus les ouvrit sans frapper et pénétra dans la pièce, son petit frère sur les talons. Devant eux se tenait un vieil homme à barbe blanche. Cet homme semblait sans âge. Une paire de lunette en demi-lune reposait sur le bout de son nez, lui donnant un air un peu fou. Ses vêtements ne faisaient que renforcer cette impression. Il ne portait jamais le classique costume noir qu'appréciait tant leur père, mais toujours des costumes bariolés. Un jour il était vêtu de jaune, la semaine d'après en rouge. Aujourd'hui son costume était en soie violette et sa cravate d'un étonnant vert pomme.

Les enfants ne comprenaient pas pourquoi leurs parents avaient engagé cet homme pour devenir leur précepteur. Cela faisait déjà deux ans que le célèbre professeur Dumbledort de l'université de Londres, plusieurs fois diplôme des plus prestigieuses écoles du pays, venait dans le manoir quatre après-midi par semaine pour leur donner cours. Il leur apprenait l'algèbre, la lecture, l'écriture, et même un peu d'histoire et de physique quand il avait le temps. Dans chacun de ses cours, il essayait de mettre un peu de moral et de philosophie. Un autre professeur, beaucoup moins diplômé que lui, venait pour leur éducation physique, une troisième pour la partie artistique tandis qu'un quatrième s'occupait de leur apprendre les langues étrangères.

Chacun d'entre eux se faisait payer une petite fortune pour ces quelques heures de travail, mais ce n'était rien comparé à la fortune qui dormait dans les coffres du manoir. Après tout, leurs parents étaient les maîtres de la ville, ils avaient donc le droit à la meilleure éducation possible.

« En retard, encore, » fit simplement remarqué le professeur alors que ses élèves s'installaient à leurs bureaux sans un mot d'excuse. « Vous devriez montrer un peu plus de respect pour la chance que vous offre votre père. Vous savez que beaucoup d'enfants n'ont pas ce privilège et doivent tout apprendre par eux-mêmes. »

« Oui, les esclaves, » lâcha Seamus avec dédain. « De toute façon ils n'ont pas besoin de savoir tout ça pour travailler. »

Le professeur Dumbledort fronça le nez mais fit mine de ne pas avoir entendu la remarque du jeune homme. C'était la meilleure chose à faire s'il ne voulait pas perdre sa place et il le savait.

Le blondinet lança un regard en coin à son jumeau qui pouffa de rire entre ses mains. Sans plus attendre le cours commença. Pour calmer les esprits, il distribua une série d'exercices de mathématique, espérant concentrer ces jeunes esprits sur autre chose.

La première partie de l'après-midi ce passa sans encombre, mais bien vite les garçons furent lassés de résoudre des problèmes parlant de sceau d'eau et de baignoire percée à remplir. Les hommes qui avaient rédigé ces exercices ne devaient pas avoir de domestiques à leur service !

Seamus délaissa rapidement sa feuille et se mit à regarder le plafond à la recherche d'un mauvais coup. Profitant de l'inattention de son professeur qui semblait perdu dans la contemplation du mouvement des feuilles des arbres, il se pencha vers son jumeau.

« Tu veux qu'on rigole un peu ? » demanda le blond en souriant.

« Avec plaisir, c'est d'un ennui mortel aujourd'hui. »

Ce qu'ils entendaient pas « s'amuser » c'était bien sûr l'entendre parler des esclaves et le mettre en colère. Tout en prenant un air horriblement sérieux, Seamus posa LA question qu'ils avaient mise au point.

« Dites professeur, notre père dit que les esclaves sont stupides et méchants… et que c'est pour ça qu'ils sont esclaves. Parce qu'ils ne sont bon qu'à ça. C'est vrai ? »

Le professeur Dumbledort fronça les sourcils. Son élève le narguait, comme lorsqu'il était entré dans la salle. Il savait que pour son propre bien il ferait mieux de ne pas répondre. Mais d'un autre côté, s'il ne disait rien c'était comme approuvé les paroles du père des enfants. Ce n'était pas son rôle de les éduquer sur le grave sujet des esclaves. Mais s'il ne le faisait pas, qui le ferait ?

« Pour être tout à fait honnête, je dois dire que je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce que dit votre père, même si je le respect, » commença le professeur en prenant toutes les précautions possibles. « Les sorciers sont comme nous… ils disposent juste de pouvoirs qui nous dépasse. Je suis sûr que nous pourrions tous vivre ensemble. Après tout, ce sont aussi des humains. Ils ont les mêmes capacités intellectuelles que nous et éprouvent eux aussi des sentiments. »

Les jumeaux s'entre-regardèrent, cherchant quelque chose à lui répondre.

« Mais papa dit aussi que si les sorciers étaient libres de faire ce qu'ils veulent, ils nous tueraient tous. C'est dangereux. »

« Harry… Harry, il ne faut pas prendre toutes les paroles de ton père comme de l'or, » répliqua l'homme en secouant la tête. « Je pense qu'ils ne nous tueraient pas. Bien au contraire, on pourrait tous vivre ensemble. Ils ont beaucoup à nous apprendre et pourraient nous rendre d'immenses services si on leur laissait leurs pouvoirs. »

« Ce que vous dites est complètement faux ! »

Les trois personnes présentent dans la pièce se tournèrent vers la voix en sursautant. Le visage du professeur se figea devant celui, sévère, de son patron. Si après ça il parvenait à garder son travail, ça serait un vrai miracle.

« Les sorciers sont des fous dangereux. Je pensais vous parler de ça plus tard les enfants, quand vous serez plus grands, et plus à même de comprendre ces choses. Savez-vous pourquoi nos ancêtres ont choisis de faire de… ces êtres maléfiques des esclaves ? »

Les enfants secouèrent négativement la tête. Ce sujet était tabou chez eux.

« Il y a plus de cent ans, les sorciers ont commencé à se battre entre eux. A l'époque, nous, les gens normaux, ne savions pas que ce genre d'individus existait. Ils vivaient cachés de nous, se déplaçant sur des balais volants ou à travers des cheminés. Des personnes honnêtes n'éprouvent pas le besoin de se dissimuler de la sorte ! Rendez-vous compte, ils se battaient entre eux ! Ils s'entre-tuaient ! Quel genre de monstre faut-il être pour tuer ainsi les siens ? »

« Ils cherchaient simplement à nous protéger ! » les défendit le vieux professeur. « Certains d'entre eux voulaient nous attaquer, mais ils n'étaient qu'une minorité. Les autres nous ont simplement protégé. »

Monsieur Finigan secoua tristement la tête, comme si la naïveté de cet homme l'affligeait.

« Mensonge ! On ne peut pas croire un mot de ce qui sort de la bouche d'un sorcier ! Ce sont des barbares, croyez-moi les enfants ! Des fous, des monstres… S'ils se tuaient entre eux, imaginez ce qu'ils pourraient nous faire ! Grâce à nous, et aux puces qu'on leur implante dans la tête, ils sont en sécurité. On se protége, et en même temps on les protége d'eux-mêmes. C'est ce qu'il y a de mieux. »

« Je ne suis pas d'accord avec vous. Si on leur enlevait leurs puces… »

« Ils nous tueraient, voilà tout ! Ce serait un véritable drame, pour nous comme pour eux. »

Le professeur Dumbledort serra les dents et murmura un « bien » avant de récupérer ses affaires. Arrivé à la porte du bureau, il se tourna vers son ancien patron et ses enfants.

« Inutile de vous dire que je démissionne de mon poste. Je ne resterais pas un instant de plus dans cette maison. Mais si un jour l'un d'entre vous désire avoir une vraie discussion sur le sujet, ma porte lui serra toujours ouverte. »

Il sans rien ajouter, ignorant le regard stupéfait du gouverneur, il quitta la maison. En faisant cela, il savait qu'il n'y reviendrait plus et que les enfants n'entendraient plus jamais quelqu'un parler en bien des esclaves.

Effectivement, dès le lendemain Monsieur Finigan avait embauché un nouveau maître pour ses enfants. Cet homme était petit, gros, semblant ne pas posséder de cou et véritablement très désagréable à regarder. Sa formation en temps qu'enseignant était très limitée. Lui, c'était plutôt un entrepreneur. Mais monsieur Dursley avait le bon goût de haïr les sorciers tout autant que son nouveau patron, si ce n'est plus encore. De plus, il avait un enfant du même âge que les jumeaux avec qui ils pourraient s'amuser.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Draco pleurait. Les bras croisés autour de ses genoux repliés contre lui et la tête cachée dans ses mains, le petit garçon pleurait toutes les larmes de son corps. Grand pour son âge, Draco était un garçon très fin, presque maigre. Ses longs cheveux blonds tombaient sur ses épaules, lui donnant un étrange côté féminin. Une fois par mois environ, son compagnon de galère les lui coupait, mais dès le lendemain ils avaient repris leur longueur habituelle… et ce à cause de la magie qui vivait en lui. Malgré la puce implantée dans son cou, le petit blond avait régulièrement des « sursaut » de magie. Quand il était trop en colère et qu'il ne parvenait plus à contrôler ses sentiments, ses pouvoirs se déclanchaient tous seuls. Presque immédiatement après, sa puce remplissait son office et sa tête devenait un véritable champ de bataille. Et voilà pourquoi encore une fois il se retrouvait là à pleurer.

Un peu plus tôt dans l'après-midi, alors qu'il était occupé à coudre des vêtements, un des contremaître s'était approché pour se moquer de lui. Comme toujours, il le traitait de fille et lui des faisait des propositions salaces. Très crûment, il lui demandait s'il aimerait « la » sentir. Il ne se passait pas une journée sans qu'un de ces hommes pour qui il travaillait ne vienne le provoquer. Certains faisaient simplement ça pour l'humilier, mais d'autres étaient beaucoup plus sérieux et attendaient simplement le bon moment pour le coincer dans un coin de l'usine. Jusqu'à présent il était parvenu à rester calme, refoulant très loin au fond de lui ses envies de vengeance.

Mais aujourd'hui, c'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Sans même s'en rendre compte, il avait commencé à faire voler des objets autour de lui. Comme si une tornade c'était déclanchée dans l'atelier, les machines à coudre et les sacs de tissus s'envolèrent et tournèrent autour de lui avant de se diriger vers son contremaître. C'est alors que sa puce s'était déclanchée.

La douleur qui lui avait traversé la tête était si forte qu'il s'écroula sur le sol, à genoux, la tête entre les mains. Sa victime profita de ce moment de faiblesse pour lui assener un violent coup de pied dans les côtes, le faisant tomber sur le dos.

Draco avait crié en se roulant sur le sol. Impossible de savoir si c'était les décharges de la puce où les coups toujours plus violents de l'homme qui le clouait au sol. Alors qu'il croyait mourir sous la douleur, une voix avait traversé son esprit brumeux. C'était son compagnon l'infortune qui l'appelait et s'interposait entre lui et son bourreau. Les coups cessèrent et ont le traîna jusqu'à sa chambre.

Je jeune garçon sécha ses larmes en regardant tristement le mur. Il était toujours seul dans sa cellule de cinq mètre carré, attendant son sauveur qui se faisait attendre.

La porte face à lui s'ouvrit enfin. Ron entra dans la chambre en tâchant de rester le plus droit et le plus digne possible. Mais en réalité, son dos le faisait incroyablement souffrir. Il ne voulait pas montrer sa faiblesse à l'homme derrière lui. Draco se leva et se jeta dans les bras de son ami, de son frère.

« Ron ! Tu vas bien ? »

Le rouquin serra rapidement son frère contre lui avant de se dégager pour fermer la porte en grimaçant. Enfin seuls, Ron put s'asseoir sur l'unique matelas en se massant le dos.

« Tu n'aurais pas dû faire ça, » le sermonna le blond en prenant un tube de crème apaisante qui traînait dans un coin de la chambre avant de masser le dos de son ami et tenter de calmer la douleur.

« Dray, tu sais bien que toi tu ne survivrais pas à une telle chose, » répondit le rouquin en soupirant. « Dis, comment va ta tête ? Tu as mangé au moins ? »

Draco lui sourit tendrement. Il lui mentit en lui disant qu'il allait très bien, que la puce ne lui faisait plus mal et qu'il avait sagement mangé tout son plateau. Si Ron sut qu'il mentait, il n'en montra rien. Entre eux, c'était ainsi depuis toujours. Ron le protégeait et Draco faisait en sorte qu'il ne s'inquiète pas trop pour lui.

Alors qu'ils n'avaient que deux ans, les deux garçons s'étaient retrouvés par hasard ensemble dans la même chambre de l'orphelinat. Ron y était depuis la révolte de ses parents, depuis longtemps séparé de ses frères, Draco venant d'y arriver après la mort de sa mère.

Quand ils eurent cinq ans, ils furent vendu à la même industrie textile où ils partagèrent une fis de plus la même chambre. Ils avaient passé leurs vies ensembles, ne pouvant compter que sur eux. Et même s'ils n'avaient pas les mêmes parents, ils étaient comme des frères et se considéraient comme tels. Ils ne s'imaginaient pas un jour être séparés. Chaque fois qu'ils entendaient leur maître parler de vendre des esclaves, ils craignaient de se retrouver seul. Rien n'imposait à leur maître de les vendre ensemble… Si un jour l'un d'eux venait à être vendu, ils savaient qu'ils ne se reverraient jamais.

Le massage finit, Ron s'étira et s'allongea sur le matelas. Draco le regarda un long moment avant d'aller éteindre la lumière. Il aurait aimé lui aussi pouvoir le protéger, mais c'était toujours Ron qui venait à son aide et qui prenait les coups à sa place. Lui, il savait très bien contrôler ses pouvoirs, et même quand on le battait à mort comme aujourd'hui, pas un seul acte magique n'arrivait.

Le blond s'allongea aux côtés de son ami et remonta la couverture sur eux deux, tâchant de lui en laisser le plus possible.

« Dors bien Ronnie, » murmura Draco en pensant que l'autre dormait déjà.

« Toi aussi petit prince, » lui répondit son frère en le faisant sursauter. « Tâche de ne pas faire de cauchemars. Si jamais, réveille-moi. »

« D'accord… »

La gorge serrée face à l'amour que lui portait son ami, incapable de le lui dire, il le prit dans ses bras pour partager la chaleur de leurs corps. C'est ainsi qu'ils s'endormirent, deux enfants blottis l'un contre l'autre.

OoOoOoOoOoOoOoOoO

Et ils grandirent, chacun de leurs côtés. Harry et Seamus bercés par l'illusion de la supériorité des hommes « normaux » et apprenant à haïr les sorciers, ces êtres mauvais et bon à rien. Ron et Draco tâchant d'oublier ce qu'on faisait d'eux et qu'ils n'étaient rien de plus que des objets qu'on pouvait séparer ou casser à tout moment.

Ca vous a plus ? Oui, non ?

Une review pour me motiver à écrire la suite ?