Disclamer : L'univers HP appartient à JKR, il n'y a que la présente histoire et les OC qui soient sortis de mon petit cerveau.
Rating : M
Correctrice: Love Gaara of the Sand
Petit mot de moi : Bonjour !Merci à clemsn. Bonne lecture. W.
Note : Dans cette fic je prends en compte ce qui s'est passé à la fin du tome 6 et je donne des explications à ma sauce parce que c'est moi qui écris donc je fais ce que je veux ! muahahahaha ! PAS DE SPOILER DU TOME 7.
- Illusion ? -
CHAPITRE 4 : MAUVAISES INTENTIONS
- June !
June, assise sur un banc dans la cour, leva la tête de son livre et vit Dave Fanton, un Serdaigle de septième année, s'avancer dans sa direction.
- Excuse-moi de te déranger, mais je ne me débrouille pas très bien avec le sortilège de Repousse flammes. Et j'ai entendu dire que tu y arrivais, je me demandais si tu ne pourrais pas m'aider ? Si tu es d'accord.
June trouva surprenant que ce cancre notoire de Fanton, s'intéresse enfin à ses études au bout de sept ans. Mais comme disait le proverbe :
« Mieux vaut tard que jamais. »
- Bien sûr, répondit-elle, on peut même s'y mettre ce soir après le dîner, si tu es libre ?
- Oui, pas de problèmes, répondit-il visiblement satisfait, je te remercie.
- Tu verras, ce n'est pas compliqué. Disons 20H30, dans la salle numéro 4, près de la bibliothèque.
- O.K., à toute à l'heure.
Et il repartit.
.o0O0o.
Il était 16H, et June n'avait plus cours, tout comme Luna. Elles passèrent donc leur fin d'après midi ensemble, à discuter de tout et de rien (surtout de rien, puisque Luna était connue pour ses conversations plus loufoques les unes que les autres). Mais June s'en moquait, elle aimait les gens « différents », elle les trouvait beaucoup plus intéressants que les autres. D'ailleurs, elle aussi était considérée comme quelqu'un de « bizarre ». Elle entendait souvent des filles chuchoter sur son passage :
« Elle n'a pas d'amis, pas étonnant tu as vu la tête de déterrée qu'elle a. »
Ou :
« Elle parle à Loufoca Lovegood, ça ne m'étonne pas. »
Ou encore :
« Si elle veut avoir un petit ami, il faudrait qu'elle se fasse arranger. »
Mais June s'en fichait, elle avait remarqué que ce n'était que des filles qui souffraient cruellement d'un manque d'intelligence, des pimbêches. Tout à fait le genre de filles qui se jetaient dans les bras de Drago Malefoy.
Luna et June dînèrent également ensemble. Elles s'assirent côte à côte à la table des Serdaigle. Au moment du dessert, June remarqua que Jackie Flanders, assise en face de Luna, regardait cette dernière avec insistance. Puis elle lâcha :
- Hey, Lovegood, qu'est-ce que tu fais ?
Luna, surprise par cette question, regarda Jackie en écarquillant les yeux à la manière d'un hibou.
- Ben, je discute, cela ne se voit pas ? répondit-elle avant de reporter son attention sur June, comme si jamais personne ne l'avait interrompu.
June entendit Jackie dire à sa voisine :
- Elle est de plus en plus folle cette fille !
A la fin du repas, les deux Serdaigle montèrent l'escalier de marbre et se séparèrent à proximité de la bibliothèque.
- Il faut que je te laisse, je dois aider Fanton.
- D'accord, répondit Luna. Tu reviendras à la salle commune vers quelle heure ? J'ai des graines de Suffox, c'est très rare, je voulais te les montrer.
- Je ne sais pas, cela dépendra du degré de motivation de Fanton, 10 H, peut-être 11H.
- Ah, Luna sembla déçue. Je t'attendrai jusqu'à dix heures. Je ne dois pas me coucher tard, j'ai un test de Métamorphose demain matin.
- D'accord, répondit June. Alors peut-être à tout à l'heure.
Luna prit la direction de la tour des Aigles en sifflotant et June, celle de la salle numéro 4.
Dave n'était pas encore arrivé. Elle en profita pour écarter les tables, à l'aide de sa baguette magique, dégageant ainsi un espace au milieu de la classe.
Elle s'assit, en tailleur, sur le bureau et reprit la lecture de Les plantes : des racines à la pointe des feuilles, de A.B.C. Delphinium.
- Excuse-moi d'arriver en retard, mais je ne trouvais plus mon bouquin de...Potion.
Effectivement, Dave avait quinze minutes de retard, mais June, trop absorbée par son livre, n'avait pas prêté attention à l'heure.
- Eh bien maintenant que tu es là, on va pouvoir commencer. Sors ta baguette et place-toi devant le bureau.
Il s'exécuta.
Il eut un mouvement de recul, lorsqu'une gerbe de flamme s'éleva du sol, à deux mètres devant lui.
- Ne t'inquiète pas, ce n'est pas un vrai feu, tu ne risque rien, le rassura June. C'est parfait pour le sortilège de Repousse Flamme. (Ils se mirent à rire.) Bon, place toi face au brasier, tends le bras et lèves ta baguette. Voilà. Et d'un geste souple du poignet, tu tournes ta baguette et tu l'abaisses. Comme ceci, et tu prononces la formule Répilfocus.
Elle accompagna le geste à la parole. Sous l'effet du sortilège, les flammes reculèrent d'environ deux mètres et se recroquevillèrent sur elles mêmes.
- Feu Follet ! s'exclama June et les flammes artificielles reprirent leur taille et leur place initiale.
- A toi maintenant.
Dave se plaça en face des flammes, à une distance respectable.
- Répilfocus, dit-il sans conviction.
Le feu ne bougea pas d'un millimètre.
- Il faut y mettre un peu plus d'énergie, lui dit doucement June, sans cela ça ne marchera pas.
Pendant plus d'une heure, Fanton recommença, sans grand succès, June l'aidant du mieux qu'elle pouvait.
Vers 22 H, elle mit fin à la séance.
- Je ne crois pas que j'y arriverai.
- Mais si, dit-elle, on peut recommencer demain soir, si tu veux et samedi, jusqu'à temps que tu y arrives.
- Oui, je crois que ce sera plus qu'utile.
- Eh bien, même heure, même endroit.
- A demain.
Lorsqu'elle se retrouva seule, June s'effondra sur le bureau.
« Ce type est un cas désespéré », pensa-t-elle malgré elle.
Après avoir remis les tables en place, elle prit la direction de sa salle commune. Luna n'y était plus. Elle avait du monter se coucher, et c'était très bien ainsi, car June était exténuée et n'aurait pas supporté un exposé sur les graines de Suffox.
Le lendemain, se passa sans problèmes, et Dave réussi même à faire reculer le brasier artificiel.
Mais la journée de samedi se déroula d'une toute autre manière. Tout d'abord, June trouva un cadavre de souris dans son chausson (petit cadeau de Noun, qui fit la sourde oreille quand sa maîtresse lui adressa une remarque grossière), puis Luna se retrouva à l'infirmerie, car June lui avait accidentellement marché sur les doigts. En effet, June n'avait pas vu la main de son amie, qui était affalée à plat ventre sur le sol de la salle commune, en train de chercher une mystérieuse chose sous un fauteuil.
Lorsqu'une étagère d'encyclopédies explosa à la bibliothèque, Madame Pince l'accusa et la mit dehors sans ménagement. Puis, dans le parc, elle atterrit la tête la première dans une flaque de boue, après s'être prit les pieds dans l'ourlet décousu de son pantalon.
Mais le pire, survînt le soir.
Pour la troisième fois consécutive, June entra dans la salle numéro 4 et alluma le brasier artificiel. Quelques minutes plus tard, Dave entra. June trouva son attitude étrange. Il était encore moins concentré que d'habitude mais surtout ses yeux étaient animés d'une lueur qu'elle qualifia d'effrayante. Au bout d'un quart d'heure, Dave baissa sa baguette et se tourna vers June. Elle eut un très mauvais pressentiment.
- Bon écoute, lâcha-t-il, j'en ai marre. C'était amusant au début, mais en fait, je me contrefiche de ce sortilège. Comme du reste d'ailleurs. C'est toi que je veux.
- Pardon ? demanda June abasourdie. De quoi tu parles ?
Elle aurait pu trouver cette déclaration directe et un peu cavalière assez drôle voire touchante parce que maladroite mais le ton et surtout les expressions faciales de Fanton lui donnèrent envie de tout sauf de rire.
- Joue pas à la Sainte Nitouche avec moi, reprit-il, je sais quel genre de fille tu es. Par devant tu te fais passer pour une intello coincée, mais par derrière tu es du genre à coucher avec n'importe qui.
- Mais…mais ça ne va pas. Tu délires !
- Arrête ! (il s'avança vers elle) Tu peux tomber le masque avec moi. Je ne vois pas pourquoi je n'y aurais pas droit.
- Tu es complètement malade !
Il la coinça contre le bureau en ricanant. Elle avait de plus en plus peur. Elle était bloquée et il était plus grand et beaucoup plus fort qu'elle. Alors que June commençait à paniquer, il plaqua violemment sa bouche contre la sienne et posa ses mains un peu partout sur son corps.
- Mais arrête, lâche moi ! Tu me fais mal ! Réussit-elle à dire.
- J'aime ça les sauvageonnes, souffla-t-il à contre son oreille.
Il s'appuya contre elle de plus belle. June sentit le bord du bureau lui rentrer dans les cuisses.
Il commença à déboutonner son chemisier. Il prenait son temps. Apparemment, il avait envie de s'amuser.
- Lâche-moi !
Elle se débattait du mieux qu'elle pouvait, mais elle savait qu'elle ne pourrait pas résister encore longtemps.
Drago Malefoy était installé à la table des Serpentards, entouré de ses « amis » et de groupes de filles qui gloussaient en lui jetant des regards amoureux. Il y était tellement habitué, qu'il n'y prêtait plus attention.
- Tu as terminé le devoir pour demain ? L'interrogea Zabini, alors qu'il dégustait son Pot-au-feu.
- Quel devoir ?
- La dissertation de Botanique, répondit Blaise sur le ton de l'évidence.
- Quoi ? Quelle dissertation ?
- Ne me dis pas que tu as oublié.
- Oh non ! Je n'y pensais plus. Merci de gâcher mon dîner, Zabini, siffla-t-il.
- Oh mais de rien. Ce fut un plaisir.
Drago se dépêcha donc de finir son assiette.
Il devait absolument terminer ce devoir pour le professeur Chourave, puisqu'il apportait des points supplémentaires pour les ASPIC. Il s'agissait d'une dissertation de cinquante centimètres sur « Les propriétés magiques des fleurs des champs ».
« Quel sujet stupide », pensa-t-il. « Je suis obligé de me dépêcher pour de vulgaires fleurs des champs. »
Il sortit donc, de la Grande Salle avant les autres, passa prendre son sac à la Tanière et se dirigea vers la bibliothèque pour finir ce fichu devoir de Botanique.
Il allait y entrer, lorsqu'il entendit un bruit sur sa gauche. Il vit une porte entr'ouverte à quelques mètres devant.
« Arrête de rêver », se dit-il, « ce doit être Peeves. »
L'esprit de nouveau concentré sur sa dissertation, il entendit sans trop comprendre:
« Mais arrête, lâche-moi ! Tu me fais mal ! »
Il mit quelques secondes avant de percuter. Il s'approcha finalement à grand pas de la salle et en poussa silencieusement la porte.
« Lâche-moi ! »
Dave colla de nouveau sa bouche contre celle de June, plus pour la faire taire que pour l'embrasser. Il malaxa durement ses seins. Elle eut un sursaut de surprise et de répulsion sous ce contact. Elle n'arrivait plus à réfléchir. Elle ne pouvait que balbutier des supplications et attendre la fin de cette torture.
Violer ! Il allait la violer, et elle ne se défendait déjà plus. Son corps tout comme sa tête ne répondait plus. Des larmes chaudes commençaient à couler le long de ses joues, alors qu'il lui léchait la peau du cou, ce qui donnait à June la nausée, et lui déboutonnait son jean.
D'un coup, tout s'arrêta. Deux mains pâles et puissantes saisirent les épaules de Dave et le tirèrent en arrière.
- Lâche-la !
Dave se retourna et se retrouva face à face avec un Drago Malefoy hors de lui.
- Ne me touche pas, sale Serpentard, elle est à moi, siffla Fanton avec des yeux de dément.
Il essaya de frapper Drago, mais ce dernier esquiva et plaqua l'agresseur contre le mur.
- Je te préviens, le menaça Drago, si tu reposes tes sales pattes et tes yeux de pervers sur elle, je te ferais éclater la cervelle.
Dave ricana.
- J'ai peur. (Il se pencha pour regarder June.) Sale traînée, tu es à moi, tu m'entends, et je finirais par t'avoir, dit-il mauvais avant de revenir à Malefoy. Quant à toi, prends un ticket comme tout le monde.
A ce moment là, le Serpentard lâcha Fanton et lui balança son poing droit en plein visage. Fanton hurla, le nez en sang. Il partit en courant.
June avait assisté à toute la scène, figée, toujours appuyée contre le bureau, le chemisier ouvert, la respiration haletante. Drago se tourna et s'approcha d'elle. Elle reprit conscience et rabattit vivement les pans de tissus sur son soutien-gorge en rougissant.
- Ça va ?
- Ne m'approche pas, cracha-t-elle, je sais ce que tu veux de moi, alors là je suis une proie facile.
- Dis pas de conneries. Tu aurais préféré que je le laisse s'occuper de toi.
Elle baissa la tête. D'un coup elle se trouvait idiote.
- Excuse-moi (ses jambes flagellèrent, elle s'effondra sur le sol de la classe). Je suis stupide, murmura-t-elle plus pour elle-même que pour Drago. Ce type est un vrai cancre, j'aurais dû me douter qu'il se fichait pas mal de mon aide.
Maintenant, elle était parcourue de violents frissons. Drago passa sa veste autour des épaules tremblantes de June. Deux secondes plus tard elle perdit connaissance.
Drago la porta jusqu'à l'infirmerie.
- Cette petite est en état de choc, constata Madame Pomfresh. Que s'est-il passé, jeune homme ?
Le Serpentard n'hésita pas, il lui raconta le peu qu'il avait vu de la scène. L'infirmière pâlit.
- Par merlin, quelle horreur ! Il faut absolument en informer le directeur. (Elle regarda June.) Pauvre petite. Je ne peux rien faire de plus pour elle. Elle a besoin de calme et de sommeil. Je la garde ici pour cette nuit.
A grands pas, Madame Pomfresh se dirigea vers la sortie de l'infirmerie en maugréant, comme si elle avait oublié la présence de Drago. Elle était bien décidée à avoir une discussion avec Dumbledore au sujet de cette histoire.
- Je savais, disait-elle, qu'il se passait des choses très peu catholiques dans cette école, mais là… une tentative de viol…non mais… . C'est un SCANDALE !
La porte se referma doucement sur l'infirmière, déjà loin, et le calme se fit de nouveau.
Le Serpentard se tourna vers June et la regarda. Elle était pâle et, par instant, son corps était encore parcouru de frissons.
A ce moment là, il n'avait plus aucune trace de désir pour elle dans le regard. Non, c'était quelque chose comme un mélange de haine et une envie de meurtre envers Fanton. Il voulait la venger.
Au moment où Drago partait, June murmura un faible « merci », avant de retomber dans les ténèbres.
Heureusement pour lui, Fanton n'eut pas l'audace de venir faire soigner son nez.
.o0O0o.
Drago ne parla à personne de ce qui s'était passé. Il ne trouvait pas utile que tout le monde sache. En tout cas ce n'était pas à lui de dire quoi que ce fût.
Même lui, qui pourtant aimait le plaisir de la chair par-dessus tout, n'avait jamais songé à abuser de quelqu'un. La violence, les cris de la victime, tout ceci lui rappelait trop les souffrances que sa mère avait subies pendant tant d'années. Lui rappelait trop son père.
Drago passa près de deux semaines à tourner dans le château comme un ours dans le seul but de mettre la main sur Fanton mais bizarrement jamais leur chemin ne se croisa.
June passa la fin du week-end à l'infirmerie. Madame Pomfresh était aux petits soins, et Luna eu du mal à entrer. Puis, quelques jours durant, elle eu peur, elle ne supportait pas de se retrouver seule, et en même temps, elle n'aimait pas être prise dans la foule, et sentir les autres la frôler.
Elle remarqua, que personne ne lui portait plus d'attention qu'à l'ordinaire. Visiblement, ils ne savaient pas. Et c'était très bien ainsi. Elle n'avait pas envie de lire de la pitié, ou bien du dégoût dans leurs regards. Et puis elle avait peur de le croiser Lui.
Après plusieurs jours, elle retrouva son calme à peu près comme avant. Cette vitesse de rétablissement psychologique l'effraya, elle avait pensé garder le traumatisme - même profondément enfoui - pendant des mois. Mais après tout ce n'était son rôle de souffrir.
Depuis, June et Drago ne s'étaient pas reparlés. Peut-être étaient-ils trop gênés à cause de la délicatesse de la situation dans laquelle, ils s'étaient trouvés.
Mais au moins maintenant Drago ne la harcelait plus.
.o0O0o.
Par une nuit orageuse d'octobre, Drago ne pouvait trouver le sommeil. Il s'aventura donc dans les couloirs de Poudlard, malgré l'heure tardive. Il grimpa dans les étages et arpenta le château désert, sans prêter attention à la direction qu'il prenait. Il pensait à tout un tas de choses à sa mère, toujours en captivité, à son père et à ses lettres de menaces hebdomadaires ainsi qu'à sa courte vie déjà fichue en l'air.
Au détour d'un couloir, il aperçut une ombre immobile. Par réflexe il se cacha dans un renfoncement avant d'arriver à la conclusion que s'il avait s'agit de Rusard sa position immobile ne pouvait signifier qu'une chose: il se trouvait face à des indices qui n'avaient de sens que pour lui et donc il serait en train de souffler et de pester contre tous les élèves du château leurs prédécesseurs et leur descendance réunis ! Or aucun bruit ne venait troubler le silence de la nuit. Il sortit donc de sa cachette - tout de même sur ses gardes - et approcha. Il eut un soupir de soulagement en reconnaissant June. Elle était installée sur toute la longueur du rebord d'une haute fenêtre, une jambe dans le vide, son chat lové au creux de son ventre. Elle regardait le ciel zébré d'éclairs à travers le carreau. Elle ne prêta pas attention à Drago lorsque celui-ci approcha. Seul son chat posa ses prunelles jaunes et perçantes sur lui.
Au bout de quelques minutes de silence il s'apprêtait à partir, pensant que le mutisme de June lui signifiait qu'il n'était pas le bienvenu.
- Pourquoi tu ne parles pas ? dit-elle soudainement d'une voix calme la tête toujours tournée vers l'extérieur. Si tu es là, c'est bien parce que tu as quelque chose à me dire.
En effet, il voulait lui poser une question depuis un moment déjà, mais il n'avait pas osé.
- C'est…euh…à propos de l'autre jour…
- A propos, excuse-moi, j'ai été stupide de dire que tu voulais profiter de ma faiblesse. Je ne le pensais pas.
Elle l'avait enfin regardé en disant cela.
- Oh oui, je me doute que tu devais être en état de choc. Ce n'est pas grave. Mais ce n'est pas de cela dont je voudrais te parler. (Il semblait hésiter) Tu te rappelles quand…quand tu m'as giflé, tu as dit que tu dévoilerais mon secret. Est-ce que…
- Non, je ne bluffais pas.
- Qu'est-ce que tu entendais par « ton petit secret » ? S'enquit-il pour la forme car ses sourcils froncés d'inquiétude indiquaient qu'il connaissait déjà la réponse.
- Ne joue pas à cela, s'il te plait, dit la jeune fille. Tu sais très bien de quoi je parlais.
Mais il ne broncha pas, attendant la suite.
- Trahison !
Ses craintes étaient confirmées, elle le savait.
- J'ai remarqué que malgré tout ton cinéma de « Serpentard gosse de riche », tu n'étais plus vraiment le même.
- Comment tu sais ça ? Tu m'espionnes ?
- Non. Je n'ai pas que ça à faire. Je me sers de mes yeux et de ma tête, c'est tout. Tu n'es pas aussi à l'aise que tu veux bien le faire croire. En tout cas je suis ravie que tu commences à en faire autant. Ne t'inquiète pas, je ne dirais rien. Tu n'as pas parlé de…ce qui m'était arrivé, alors… voilà. Nous sommes en quelque sorte « quittes ».
- Merci.
Il était soulagé. Il avait cru l'espace d'un instant qu'elle dévoilerait son secret pour se venger du harcèlement qu'il lui avait fait subir, en début d'année.
- De rien. Je trouve cela courageux de ta part, de tourner le dos à ton père.
« Elle sait également que mon père est derrière tout cela », pensa-t-il.
- Oui, dit-il, même si je l'ai en partie fait par lâcheté et par peur.
Il considéra ce qu'il venait de laisser échapper et s'en voulu de se montrer aussi faible.
- Parfois la lâcheté et la peur peuvent conduire sur de meilleurs chemins, dit-elle songeuse.
- Pourquoi, est-ce que tu es si…sympathique avec moi. Je ne crois pas mériter ta gentillesse, ni ta reconnaissance.
June sourit faiblement, mais ne répondit pas. Noun, d'un bond souple, sauta au sol et disparut dans l'obscur couloir, permettant à sa maîtresse de descendre de son perchoir.
- Tu n'es pas très bavarde, remarqua Drago.
- Ce soir, tu l'es assez pour nous deux.
Ils rirent faiblement.
- Il faudrait peut-être songer à aller se coucher, dit Drago.
- Oui, tu as raison.
Drago se sentait plus léger que d'habitude. Il avait l'impression que cette conversation l'avait libéré et qu'il avait trouvé, en la personne de June, une confidente sûre bien qu'il ne la connut pas. C'est pourquoi, il s'inclina devant une June étonnée, en lui tendant la main.
- Miss Lackluster, permettez-moi de vous accompagner jusqu'à votre salle commune. Il n'est pas très prudent pour une jeune fille de se trouver seule dans les couloirs à cette heure tardive.
Pour la première fois, June ri franchement devant Drago.
- Avec plaisir, Mr Malefoy.
Elle posa sa main sur celle que lui tendait le jeune homme, en s'inclinant légèrement, et sans savoir pourquoi, ils furent parcourus d'un frisson. Ils ne dirent plus rien.
L'entrée de la salle commune des Serdaigle était masquée par un immense tableau, représentant un chêne millénaire, un chat tigré sur une branche, en train de regarder avec envie, les oiseaux picorant au pied de l'arbre.
Ce fut seulement au moment de se dire au revoir qu'ils s'aperçurent que les mains étaient toujours liées. Ils se séparèrent le rouge aux joues. Puis Drago après un petit sourire gêné tourna les talons.
- Drago !
- Oui ?
- Je…je voulais te remercier pour ce que tu as fais, quand Fanton a essayé de…
- De rien. Même si c'est difficile, ni pense plus. D'ailleurs, Fanton s'est fait renvoyé.
- Ah… Bonne nuit. Cattus Glutus.
Et elle disparut derrière le tableau.
A suivre…
Voilà !
Bisous.
Wiktorila.
