Bonjour! C'est la Poisse incarnée qui vous parle, j'ai enfin réussi à trouver un moyen pour publier la suite, entre problèmes de connection, problèmes personnelles, maladies et examens divers...
Un gros bisous à ma princesse pour sa correction, et puis pour être là aussi.
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Chapitre Quatre
Et nous en sommes arrivés là
S'il y a une chose pour laquelle Harry Potter était doué, c'était survivre. Il était un excellent joueur de Quidditch, était brillant en Défense Contre les Forces du Mal, et un bon élève. Mais la seule capacité qu'il se reconnaissait était d'avoir un instinct de survie digne d'un immortel.
Snape, lorsqu'il était encore en vie, clamait haut et fort que la raison pour laquelle Harry n'était (malheureusement) pas mort, était qu'il était trop borné pour arrêter de respirer, et que même si cela arrivait un jour, il ne mourrait sans doute même pas. C'était vraiment dommage pour Snape qu'on ne puisse pas dire la même chose de lui, et peut-être dommage pour Harry qu'il ne soit pas mort.
L'esprit humain, sauf en de très rares circonstances, se bat pour survivre quelles que soient ses chances. Et Harry n'était rien de plus qu'humain, contrairement à toutes les rumeurs qui avaient circulé depuis qu'un petit garçon à peine capable de marcher eût défait le plus grand Seigneur des Ténèbres depuis Herpo l'Infâme ou Salazar Serpentard, ou une demi-douzaine d'autres sorciers célèbres des paquets de chocogrenouilles. Harry se battit donc pour survivre.
La folie est, avant toute chose, un mécanisme de défense. Lorsqu'une personne ne peut plus supporter le monde qui l'entoure, l'esprit se retire, ainsi il ou elle n'a plus besoin de le faire. Et le monde d'Harry était très, très difficile à supporter.
Il fit donc la seule chose qui lui était possible. Il devint, vraiment, vraiment dingue.
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Voldemort détestait les psys avec toute la passion de quelqu'un qui a lui-même été traité de fou un nombre incalculable de fois. Et pourtant il était là, prêt à dégainer le fameux bloc-notes et à installer Harry sur l'obligatoire divan.
Harry avait du pouvoir, et il n'était pas assez idiot pour ne pas le voir. Une puissance magique qui, pour être honnête, dépassait de loin la sienne. Un pouvoir qui pourrait écraser les pauvres imbéciles assez fous pour s'opposer à lui d'un seul coup, un coup de maitre.
Un pouvoir qu'il pouvait -qu'il allait- contrôler.
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Mais d'abord il devait guérir Harry. Et ce faisant, trouver les outils propres à le contrôler.
« En quelle année sommes-nous ? » Mieux valait commencer simplement. Il devait forcer Harry à arrêter de faire des bonds dans le passé, il devait le faire exister dans le présent.
« L'année du sacre de notre majesté Lord Voldemort le Troisième, » murmura Harry en mâchonnant la cigarette toujours entre ses lèvres. Harry venait de fumer pendant deux jours sans discontinuer. Il ne dormait pas, les potions de sommeil sans rêve n'avaient aucun effet sur lui. Le filtre de mort-vivante l'avait à peine fait bailler.
« Nous sommes en 2003. »
« Ah vraiment ? De plus en plus curieux. Je n'habite plus avec les Dursley, Alors ? »
« Qui sont les Dursley ? »
« Mes putains de derniers parents vivants. Tu devrais le savoir. Tu les as tués. »
« Si je les ai tués comment peuvent-ils être tes derniers parents encore vivants ? »
Harry grogna, soufflant un nuage de fumée qui forma des signes grossiers. « Tu n'as pas tué les Dursley espèce de sale con. Je dois encore y retourner chaque été, 'pour ma protection' comme il dit. Je ne vais pas les pleurer du tout. J'ai été un peu triste, vraiment. Je suis même allé à l'enterrement. "Poussière tu redeviendras poussière"… et toutes ces conneries. »
Voldemort plissa les yeux d'exaspération. « Nous sommes en 2003. Ton oncle et ta tante sont morts. Je les ai tués. Ils vivaient aux alentours de Londres, dans un des 'Home Counties'. »
« Gay go up and gay go down, Pour sonner les cloches de la ville de 'London'. Voici une chandelle pour brûler ton lit, voilà une hache pour te couper le kiki ! Couic, couac, couic, couac, hop c'est fini ! »
C'était plus frustrant encore que ne l'avaient été les bégaiements et les pleurnicheries de Quirrell.
Il ne pouvait pas s'en empêcher. S'il devait jouer au psy il n'allait pas faire le boulot à moitié. En plus, la foutue phrase tournicotait dans sa tête depuis un quart d'heure entier.
« Et qu'est-ce que tu ressens ? »
Harry laissa tomber sa cigarette alors que sa bouche s'ouvrait sous le choc. Ses yeux s'ouvrirent en grand et il parut hésiter. Puis, soudainement, son visage subit un autre changement, ses yeux se plissèrent jusqu'à ne plus être que deux fentes et ses sourcils se froncèrent dramatiquement. La cigarette s'embrasa sur le sol de pierre, sa lumière rivalisant avec les flammes de colère dans les yeux d'Harry.
« Qu'est-ce que vous en avez à faire de ce que je ressens ? Personne n'en a rien à faire. Personne ne m'aime, personne ne prend le temps de me connaitre. Aussi longtemps que je tue Voldemort, ils sont contents. Ce n'est pas grave ce qu'ils me font, n'est-ce pas ? Je suis juste un stupide petit insolent la-célébrité-n'est-pas-tout d'enfant gâté. Je ne connais absolument rien en potions, mais ça n'est pas grave, puisque je ne vais pas tuer avec des potions. Allez, et ne dites surtout pas à Snape d'être juste avec moi pour que je puisse apprendre. La haine c'est bon pour Potter, ça lui donne quelque chose sur quoi concentrer sa magie. C'est encore mieux que Snape ait été mangemort. Apprenez-lui à les détester, tous les détester. Oh, je les déteste tous. Chacun d'entre eux. Alors ne faites pas semblant d'en avoir quelque chose à faire, ne faites pas comme si j'étais important, je ne le suis pas. »
Les yeux d'Harry, qui s'étaient remplis de larmes à mesure qu'il parlait, laissèrent s'échapper un torrent alors qu'il ouvrait la bouche sur un cri à briser les tympans. La cigarette explosa dans un nuage de substances toxiques et cancérigènes. Les torches s'enflammèrent dans un rugissement, emplissant la pièce de lumière et de chaleur. Le vent hurla, froissant les robes de Voldemort et éparpillant les papiers de son bureau.
Voldemort fixa le jeune homme sanglotant devant lui avec un sentiment proche de l'émerveillement. Une explosion de magie brute, incontrôlée, avait produit ceci. Imaginez ce qu'il adviendrait lorsque ce pouvoir serait canalisé, quand une baguette serait utilisée afin de diriger et contrôler la magie, quand ce serait intentionnel.
« Je t'ai dit une fois qu'il y a beaucoup de similarités entre nous, Harry. Le fait que nous soyons tous deux orphelins, notre apparence, le Fourchelang, et un certain plaisir à briser les règlements. Et aussi le fait que nous étions tous les deux censés être des sauveurs. J'aurais dû battre Grindelwald, tu sais ? Il y avait une prophétie, une prophétie qui disait que j'étais spécial. Mais Dumbledore devait m'empêcher de croire cela, s'il voulait pouvoir me contrôler. Alors il m'a envoyé dans cet orphelinat, ou il s'est au moins assuré que j'y resterai. Personne ne voulait du pauvre Tom Jedusor, le monstre. Tout comme personne ne voulait du pauvre Harry Potter, le monstre. »
« As-tu déjà réfléchi, Harry, à pourquoi Dumbledore désirait te placer chez ton oncle et ta tante ? Des dizaines de familles auraient sûrement réclamé à cors et à cris le privilège d'élever le garçon-qui-a-survécu, celui que l'on considérait déjà comme un sauveur. C'était pour qu'il puisse être celui qui te secourrait, qu'il soit le seul sur qui tu t'appuierais. »
Il savait qu'il était en train d'extrapoler, et que toute l'histoire sur Grindelwald et lui était juste ridicule. Mais s'il pouvait seulement établir une relation avec le jeune homme, lui faire penser qu'il était aimé, qu'il avait quelque chose qui vaille la peine qu'il soit sain d'esprit, alors il serait à lui.
Harry hoqueta bruyamment, et s'essuya le nez du revers de sa manche. « Faites pas semblant d'être mon ami. J'ai des amis, des vrais. J'ai pas besoin de quelqu'un qui me veut juste pour mes pouvoirs ou ma célébrité. »
« Bien sûr que non, Harry, » répondit-il d'une voix mielleuse, réfléchissant à toute vitesse. « J'espérais que nous pourrions avoir une relation un peu plus… intime que cela. » Une relation qui signifierait qu'Harry tomberait amoureux de lui, et par la suite écouterait tout ce qu'il dirait. Une relation qui impliquerait certains rituels interdits, des rituels jamais mentionnés à Poudlard. Des rituels infiniment… plaisants. « Tu es magnifique, tu sais cela ? »
« Nan, j'le suis pas. » répondit Harry d'une voix désolée. « J'suis un monstre. Une saleté de monstre, moche et balafré. »
« Oh non, Harry. » Ronronna Voldemort, caressant gentiment la joue du jeune homme. « Tu es adorable. Je n'ai jamais vu personne d'aussi spécial, d'aussi absolument ravissant que toi. »
« Vraiment ? » Les yeux d'Harry étaient pleins d'espoir.
« Vraiment. »
Vraiment, son pouvoir était absolument délicieux.
à suivre...
Laissez-moi un petit commentaire, please.
Sky
